Daniel Cohn-Bendit : "Manuel Valls devrait regarder ce qui s'est passé en Italie avec Renzi"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Manuel Valls devrait-il regarder ce qui s'est passé en Italie avec Renzi ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Vous y voyez une sorte de miroir avec Manuel Valls ?
- 4:21OuverteRéponse directe
De quelle façon le PS grec pourrait-il inspirer le PS français ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Vous ne croyez pas à un mouvement populaire ?
- 5:55OuverteRéponse partielle
La faible participation serait-elle la faute du PS ou des autres candidats ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17Invité politiqueChiffre
« qu'est-ce qui s'est passé pour qu'il ait pu réunir 60%, près de 60% des électeurs italiens contre lui ? »
- 4:00PrésentateurChiffre
« La social-démocratie et les démocrates chrétiens, qui n'ont pas fait 11 et 12%. »
- 4:22Invité politiqueChiffre
« Il va se retrouver à 5 ou 6%. »
- 5:41PrésentateurChiffre
« Pour l'instant, je vois aujourd'hui le Parti Socialiste à 45 000 militants cotisants. »
Temps de parole
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France Inter.fr
Bonjour Daniel Kohn-Mendit. Bonjour Patrick Cohen. Un de chute, un de plus, Matteo Renzi. Qu'est-ce qui s'est passé en trois ans pour que celui qui était présenté comme le jeune dirigeant populaire réformiste, qu'est-ce qui s'est passé pour qu'il ait pu réunir 60%, près de 60% des électeurs italiens contre lui ?
Alors, Manuel Valls devrait vraiment regarder ce qui s'est passé en Italie. Parce qu'en fait, Renzi, surtout la dernière année, a gouverné comme Valls, c'est-à-dire par coup de menton. Il n'a écouté personne. Par exemple, sur sa réforme, Monty, Prodi, bon à la fin Prodi, mais Prodi a été très dubitatif sur la qualité de la réforme. Il aurait dû entendre qu'il avait un objectif, c'est-à-dire d'arrêter le bicaméralisme, mais il a rajouté des tas de choses pour faire des compromis qui faisaient qu'il a mis sur la table quelque chose, qui a réussi à unir des tas de gens et pas mal d'intellectuels qui ne sont pas du tout Pépé Grillo.
Si vous prenez le directeur de Microméga, la revue intellectuelle, lui aussi a appelé à voter non. Donc, il a... Si, il a appelé à voter non. Mais c'est possible, c'est possible Bernard Queda, mais à un moment, un moment, il y a quand même quelque chose qui est que Matteo Renzi n'a pas réussi parce qu'avec son volontarisme de sourd et d'aveugle, eh bien, il a été dans le mur. Donc, c'est sa réforme du marché du travail qui l'a condamné ? Non, je ne suis pas d'accord avec ça. Je ne suis pas d'accord avec ça.
Non, c'est sa méthode de gouvernement.
C'est sa méthode de gouvernement parce que la réforme du marché du travail, ça commençait à marcher et il y avait d'autres discussions. Mais il a accumulé les coups de boutoir et à la fin, le système ou même la société n'a pas voulu encaisser tous les coups. Et puis, c'était le chantage, je vais démissionner, si. Et quand quelqu'un qui est mal ou quelque chose disait, je vais démissionner, eh bien, il y a la tentation, disons aussi en Italie, du qualonquisme ou du n'importe quoi. Tu veux démissionner ? Eh bien, on va te faire démissionner.
Et vous y voyez donc une sorte de miroir avec Manuel Valls et sa façon de diriger ?
Oui, je dis que quand on gouverne, il ne suffit pas d'avoir raison. Il faut être intelligent, il faut rassembler. Et si on fait ses erreurs, alors je ne veux pas, comme toujours, reparler de Mme Merkel, mais voilà, elle, elle est même capable de se contre-de dire j'ai fait une erreur et de revenir en arrière. Matteo Renzi, Manuel Valls sont des hommes politiques qui sont incapables, incapables de dire à un moment j'ai fait une erreur. Et ça, je crois que ça se paye très cher.
On a quand même l'impression d'un vaste chamboule-tout quand on regarde un peu l'année 2016. Cameron, Clinton, Sarkozy, Juppé, Hollande. C'est un effet... Von der Bellen. Von der Bellen. Oui, en Autriche.
Oui, oui, oui, oui, oui, oui, en Autriche. Moi, je vous aurais vu vous voir ce matin si l'extrême droite avait gagné. Et puis là, on me dit maintenant, oh bon, d'accord, un vert, 71 ans. Non, non, j'allais y venir à l'Autriche. Alors, moi, je vois, je vois tous les... Écoutez, pardon, il y a moins...
Le président autrichien, il est moins important que le président américain ou que les dirigeants que j'ai cités il y a un instant.
Oui, mais, mais, mais, mais, mais, c'est la manière de voir l'histoire. Moi, je vois que le monde, Libération, tous avaient titré l'extrême droite aux portes du pouvoir. Et, ben oui, ben oui, et jamais, jamais, jamais un président, l'Autriche n'a eu un président d'extrême droite. Jamais l'Autriche n'a eu un président vert. On fait comme si c'était évident que dans toute l'Europe, il y a 26 présidents verts et que vraiment l'Autriche aurait été le dernier pays à avoir un président d'extrême droite. Enfin, arrêtez, arrêtez.
La défaite en Autriche, ce qui est intéressant, et aussi que la France et l'autre pays peuvent regarder, quand même le problème de l'Autriche, c'est l'effondrement des partis traditionnels. La social-démocratie et les démocrates chrétiens, qui n'ont pas fait 11 et 12%. C'est ça le débat. Et ça, l'Autriche est peut-être petite, mais c'est quelque chose qui est arrivé en Italie, qui arrive en France, etc. Vous allez voir peut-être que vous allez avoir en France un parti socialiste qui va vivre l'aventure extraordinaire du parti socialiste grec. De quelle façon ?
Il va se retrouver à 5 ou 6%. Ah, ça c'est d'une perspective qui vous semble possible.
Mais évidemment que c'est possible. Enfin, vous regardez un peu ces charlatans-là, cette primaire complètement débile, de la manière dont ça va se passer. Enfin, vraiment, vous croyez qu'il y a beaucoup de Français qui vont être fascinés par le débat entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg ? Non mais vous croyez ? Puis alors il va y avoir Ségolène Royal qui va venir de Cuba et qui va dire je vais vous faire une leçon de démocratie. Je vais vous expliquer ce que c'est que la démocratie. Non, je veux dire, il y a un véritable danger aujourd'hui, je ne dis pas, moi je suis un, que la social-démocratie s'effondre. Vous avez vu la salle de la Belle Alliance ?
D'ailleurs, celui qui a inventé le nom de Belle Alliance, ça déjà, il faut le faire. Il paraît qu'il y a des communicants qui se sont payés extrêmement cher. Enfin, moi je veux bien. Mais vous avez vu la salle, elle n'est pas remplie, elle était à moitié vide. C'est pas ça. Donc, ils n'arrivent pas. Il y aura combien d'électeurs ? Peut-être qu'il y aura 200 000, 300 000 à la primaire de la gauche.
Vous ne croyez pas à un mouvement populaire ? C'est ce que disent les dirigeants du PS aujourd'hui, quand Madelis, vous ne pensez pas qu'il y aura un... Est-ce que je suis à l'église ici ?
Est-ce que je crois ou je ne crois pas ? Pour l'instant, je vois aujourd'hui le Parti Socialiste à 45 000 militants cotisants. 45 000 ! Alors évidemment, si vous demandez à Madelis, ils disent mais non, mais non, c'est beaucoup plus.
Et s'il y a peu de gens qui se déplacent, ce sera la faute du PS ou de ceux qui ne veulent pas se soumettre au processus de la primaire, en l'occurrence Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ?
Alors ça, c'est une question... Oui, moi j'hésite. C'est vrai que je comprends que Macron et Mélenchon, disons, ne veulent pas parce qu'ils ne croient plus à cet espace créé par le Parti Socialiste. Et je crois que le Parti Socialiste, quand nous, nous avons lancé nos initiatives, a longtemps hésité. Quand Madelis nous a dit non, non, puis après oui, oui, etc. Donc je crois que...
Votre initiative pour une primaire, de toute la gauche.
Voilà, et qu'à partir d'un certain moment, Mélenchon tout de suite, sans réfléchir, a dit non. Bon, c'est évident maintenant, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon parient qu'ils pourront passer à droite ou à gauche du Parti Socialiste et avoir une partie de l'électorat derrière eux. C'est un pari risqué et à la fin, tout le monde risque de se trouver entre 10 et 12%. Et puis on aura un deuxième tour, Fillon-Marie Le Pen. Donc, la primaire ne sert à rien ? Ben, je ne vois pas pour l'instant, mais alors maintenant, peut-être, là je l'avoue, ils vont nous surprendre. Ça va être un débat intéressant, ça va être un débat riche, où ils vont parler de leurs erreurs, les uns comme les autres.
Et donc, pas de... Moi, si c'est une primaire sur le style, il n'y a qu'à, il n'y a qu'à faire, dira Emmanuel. Mais non, dira Arnaud, il n'y a qu'à, il n'y a qu'à, c'est perdu. Parce que les gens ne vont pas les croire. S'il y a une réflexion, un inventaire de pourquoi, quelles sont les erreurs des uns et des autres, alors ça peut devenir intéressant.
Daniel Kohn-Mendit, invité de France Inter, on vous retrouve dans quelques minutes avec d'autres sujets. et les questions des auditeurs qui nous appellent au 01 45 24 7000, dans un instant, la revue de presse.
Daniel Cohn-Bendit