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interviewyoutube.com· 21 juillet 2022 21 min

Mathilde Panot face à Apolline de Malherbe en direct

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:14
Présentateur

8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Merci d'être à mon micro ce matin. Vous êtes la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Vous êtes également députée du Val-de-Marne. 75 députés qui dépendent donc de vous. Deuxième plus gros groupe. Et puis première formation politique avec l'ensemble de la gauche sous la barrière de la NUPES. Grosse journée politique à l'Assemblée Nationale. Avec ce discours à 15h, la Première Ministre sera face à vous tous. Et vous avez déjà dit qu'il y aurait une motion de censure. C'est-à-dire qu'elle n'a rien dit et boum, vous sortez déjà la motion de censure.

0:47
Mathilde Panot

Oui, parce qu'on veut poser un principe politique. Le principe politique, c'est que le gouvernement dépend, la légitimité du gouvernement dépend de l'Assemblée Nationale. Or, la Première Ministre a annoncé qu'après son discours, elle ne ferait pas ce qui se fait depuis 30 ans de manière ininterrompue, c'est-à-dire qu'elle ne demanderait pas un vote de confiance à l'Assemblée. Donc de fait, elle gouverne par le fait du prince. Pour nous, ce n'est pas acceptable. Et donc, à principe démocratique, qu'elle ne demande pas le vote de confiance, nous déposerons donc une motion de défiance. Une motion de défiance ?

1:19
Présentateur

Mais pardon, c'est un peu un jeu de dupe. Parce que la réalité, c'est que si elle avait demandé ce vote de confiance, vous savez déjà qu'elle ne l'aurait pas eu. Donc vous l'encouragez à faire un geste suicidaire.

1:28
Mathilde Panot

Mais pas du tout. C'est juste accepter le résultat des élections législatives. Vous savez, vous avez en Macronie une sorte de tendance à vouloir fermer les yeux sur le vote des Français et des Françaises. Et il se trouve qu'Emmanuel Macron, son programme politique, a été battu lors de ses élections législatives. C'est-à-dire que la majorité du peuple français a choisi de délire des gens qui sont opposés à son programme politique. Et donc ça, il doit l'entendre. Il ne peut pas faire comme si cela n'existait pas, comme si cette élection n'avait pas existé, et continue à dire, regardez, j'ai été élu pour mon programme. Ce n'est pas vrai. Donc en fait, ce n'est pas un jeu de dupe.

C'est que si nous acceptons qu'il n'y ait pas ce vote de confiance, alors de fait, et que nous ne faisons rien derrière, nous sommes d'accord implicitement avec le fait qu'elle ne demande pas ce vote de confiance, eh bien nous le refusons. Et c'est pourquoi nous déposons cette motion de censure appelée motion de défiance pour faire écho à ce non-vote de confiance.

2:21
Présentateur

Mathilde Panot, on le sent bien, on est quand même dans une situation en fait où tout le monde est perdant. C'est-à-dire de toute façon, il n'y a pas de majorité suffisante pour faire voter les lois, et il n'y a pas non plus d'opposition suffisante pour faire voter une motion de défiance. Parce que vous la déposez, mais vous savez déjà qu'elle ne sera pas adoptée. Ça dépend. Ah bon ?

2:37
Mathilde Panot

Ça dépend. Je veux dire, ça permet au moins à chacun et à chacune de se positionner. Mais probablement, oui, elle ne sera pas adoptée. Mais c'est important de marquer des actes. La démocratie, ce n'est pas accessoire dans notre pays. Et de même que l'opposition, ce n'est pas accessoire dans notre pays. Nous, nous sommes l'opposition. Et nous ne voulons pas être dans une sorte de gloubli-goubli-goubla où finalement, on se retrouve avec... où on devrait accepter le programme politique du président de la République alors que nous avons été élus sur un tout autre programme qui est celui de la NUP avec 650 mesures programmatiques, qui est celui en opposition à Emmanuel Macron.

Et je crois que c'est important en démocratie de continuer à dire qu'il existe d'autres alternatives que celles proposées par le Président.

3:19
Présentateur

Gérald de Darmanin, qui était à ce même micro hier matin, vous a qualifié d'ennemi.

3:23
Mathilde Panot

Comment est-ce que vous réagissez à ça ? C'est assez croustillant de la part de celui qui qualifiait Mme Le Pen de trop molle en lui disant qu'il pouvait signer son livre. C'est assez croustillant aussi de la part de celui qui a fait, notamment dans le dernier quinquennat, 21 lois liberticides. Et je crois que les brevets en républicanisme, il va falloir vraiment que La République En Marche arrête avec cette question-là, puisque je crois que le résultat de la politique qui a été menée pendant 5 ans, c'est l'élection de 89 députés du RN. Et donc je crois qu'on peut arrêter tous ces débats sur cette question.

3:57
Présentateur

Mais cela dit quand même, au-delà du mot ennemi et du choix du mot ennemi, l'attitude que vous avez ce matin, c'est-à-dire dire d'entrée de jeu, quoi qu'il arrive on sera dans la défiance, quoi qu'il arrive on sera dans l'opposition, ça fait de vous forcément un peu des ennemis quand même.

4:12
Mathilde Panot

Mais non, parce qu'en démocratie, qu'est-ce qui se passe dans une Assemblée nationale ? Dans une Assemblée nationale, vous faites des débats avec des arguments et des votes. Alors je comprends qu'ils soient un peu nostalgiques du moment où ils avaient des Playmobil qui votaient comme le gouvernement le disait, et où finalement il n'y avait aucune discussion sur rien, aucun amendement n'était accepté, et où finalement c'est eux qui bloquaient absolument tout. Et bien cette fois-ci, le pouvoir passe de l'Elysée à l'Assemblée nationale.

Et je crois que c'est sain dans une démocratie, que d'avoir ces débats-là, que d'avoir des débats, par exemple, on va en avoir sur la déconjugalisation de l'allocation en dulte à du clapet. C'est-à-dire que ça ne dépend pas du revenu du conjoint ou de la conjointe, mais que ça revienne sur la personne porteur de handicap qui peut elle-même avoir cette allocation. Et bien sur cette question-là...

4:58
Présentateur

Voilà, on va revenir sur la question du pouvoir d'achat, c'est le prochain paquet, on va voir ce que vous pourriez voter ou ne pas voter. Mais pardon, je vous prends au mot, vous dites, c'est la démocratie. La démocratie, c'est aussi peut-être d'accepter quand on a perdu. Je voudrais citer Jean-Luc Mélenchon qui déclarait hier, avec 1,5% des voix de plus aux législatives, la NUPES aurait eu la majorité absolue. Mélenchon, Premier ministre, c'était possible. Il va refaire le match combien de temps ?

5:21
Mathilde Panot

Ce n'est pas une question de refaire le match, c'est une question d'analyse de ce qui s'est passé et d'expliquer qu'effectivement, s'il n'y avait pas eu une abstention record qui doit toutes et tous nous interroger et qui nous fait redire qu'il faut impérativement passer à la VIème République avec la Constituante, c'est-à-dire le fait que le peuple réécrive sa Constitution et donc se refonde politiquement, je crois que si on n'analyse pas le scrutin, on ne comprend pas ce qui s'est passé. Et s'il y avait eu 1,5% de plus, effectivement, nous pouvions avoir la majorité absolue. Mais moi, avec Décis, on va être paris en bouteille.

C'est vrai, mais c'est une manière de répondre aussi au fait que nous aurions fait un coup de communication, nous n'y croyions pas, si nous étions tout prêts de pouvoir faire en sorte de changer la politique qui était menée dans ce pays. Et je vais vous dire, nous, nous continuons à aspirer à gouverner. Donc nous, nous continuons… Ce n'est pas fini pour vous, le match n'est pas fini. Écoutez, on est dans un combat politique, évidemment que ce n'est jamais fini. Et quand vous vous retrouvez avec une Assemblée nationale sur laquelle il n'y a pas de majorité absolue et sur laquelle la République En Marche, les macronistes, ont perdu 100 députés quand nous en gagnons 90.

Eh bien, oui, nous continuons de dire que nous sommes la première force d'opposition. Quand vous avez gagné 90, je dis sur toute la gauche, parce qu'effectivement, vous êtes à 75 députés, la France Insoumise. Sur la NUP. Nous sommes la première force d'opposition, la première force de proposition et nous continuerons à le faire parce que, je vais vous dire, lorsqu'il y a des conflits de légitimité, comme cela se passe au niveau de l'Assemblée, vous disiez vous-même qu'il va y avoir peut-être des blocages à des moments sur la question des lois qui pourraient être votées ou même d'ailleurs de ce vote de confiance de la Première ministre. Eh bien, quelle est la solution ?

La solution, eh bien, ça peut être de repasser par le vote. Et donc, c'est une possibilité… Là, vous envisagez la dissolution. Eh bien, nous envisagez la dissolution. Non, on n'espère pas, mais on envisage toutes les possibilités. Et je trouverais ça pas absurde que ça soit au peuple de tranchées lorsqu'il y a des blocages de faits.

7:10
Présentateur

Si vraiment ça bloque et si vraiment aucune politique n'arrive à aboutir, vous dites, on arrivera à contraindre peut-être le président à repasser devant les Français.

7:18
Mathilde Panot

En tout cas, de fait, on a une Première ministre qui gouverne par le fait du prince, ce qui, moi, me pose un problème démocratique. Et je ne crois pas que ça soit accessoire ou quelque chose d'opposition, de façade. C'est juste défendre les principes démocratiques.

7:29
Présentateur

Il a évoqué autre chose, Jean-Luc Mélenchon, hier. Il a parlé d'une grande marche contre la vie chère en septembre. Vous êtes donc dans une logique, soit ça se passera par les urnes,

7:38
Mathilde Panot

soit ça se passera dans la rue ? Non, on a toujours fait les deux. Vous saviez, nous, on disait toujours, un pied dans l'hémicycle et un pied dehors, faire rentrer les luttes dans l'hémicycle, mais aussi faire comprendre à l'extérieur ce qui se passe dans l'Assemblée nationale. Je crois que oui, les Français et les Françaises n'en peuvent plus d'avoir une vie aussi chère qui les étouffe littéralement et avec lequel ils ne savent plus comment terminer le mois. Donc, vous avez aujourd'hui une loi pouvoir d'achat, nous allons en discuter, qui va être discutée, qui n'est que des miettes qu'on va parsemer et qui ne sont pas des mesures pérennes.

On va vous donner un chèque de 50 euros ou de 100 euros une fois et puis après, vous vous débrouillez avec une inflation qui va atteindre 7%.

8:17
Présentateur

Quand on voit par exemple, et là, j'en viens vraiment précisément à ce paquet pouvoir d'achat qui est la première chose qui vous sera proposée en quelque sorte, puisque ce paquet pouvoir d'achat, il sera présenté jeudi en Conseil des ministres, examiné à partir du 18 juillet à l'Assemblée nationale. Dans ce paquet, il y a par exemple l'idée de pouvoir continuer à aider les gros rouleurs les plus modestes. C'est-à-dire, en gros, la barre, ce sera si vous gagnez autour de 1 600 euros net par mois et que vous avez besoin de votre voiture pour aller travailler, vous recevrez une forme d'indemnisation. On ne sait pas encore très bien sous quelle forme.

Mais est-ce que ça, quelque chose dont vous dites pourquoi pas ?

8:52
Mathilde Panot

Non. Non, et nous, on a proposé exactement... Ceux qui touchent aujourd'hui 1 600 euros et qui font 12 000 km, ils seraient quand même bien contents de l'avoir. Je vais vous expliquer. Nous, nous avons proposé hier, avec l'ensemble de l'intergroupe de la Nouvelle Union Populaire, une loi de mesure d'urgence sociale. Cette loi est une contre-loi à ce que propose le gouvernement. Pourquoi ? Je vais venir sur le carburant, mais en général. Allez-y, allez-y. La logique générale du gouvernement, c'est qu'on émiette par-ci, par-là et on fait des mesures qui ne sont pas pérennes. Nous, on veut travailler sur la question des revenus.

On veut qu'il y ait des choses qui soient pérennes et que ça ne soit pas des miettes par-ci, par-là, avec en plus, je vous alerte là-dessus, une augmentation des loyers de 3,5% au moment où nous sommes en pleine expulsion de beaucoup des familles.

9:34
Présentateur

Les loyers ne seront pas gelés, ils seront simplement plafonés.

9:37
Mathilde Panot

Les hausses ne pourront pas être de plus de 3,5%. Donc, on peut augmenter les loyers de 3,5%. Mais ce qui restera moins que l'inflation. Oui. Enfin bon, excusez-moi, mais vous allez mettre des familles dans des cercles de surendettement qui sont extrêmement graves. Par ailleurs, quand je dis des miettes, je vais vous donner un exemple très concret. Sur les APL, on dit augmentation de 3,5%. 3,5%, je vous parle d'une inflation à 7%. Vous comprenez le problème ? Combien ça coûte à l'État ? 168 millions. Vous savez combien d'économies ils ont fait sur les APL ? Avec la réduction de 5 euros. Sur les 5 dernières années ? Pas seulement, il y a d'autres mesures aussi.

Ils ont fait à peu près 10 milliards d'économies dans le précédent quinquennat. Donc 168 millions, merci mon prince, mais ça va bien. Et pendant ce temps-là, ce qui est insupportable, c'est que pendant qu'il y a 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, vous avez des grands groupes qui se gavent comme Total, qui a fait 5 milliards de bénéfices juste sur le premier trimestre, 16 milliards l'année dernière,

10:28
Présentateur

et distribué 8 milliards de dividendes. Vous êtes d'accord avec le Rassemblement national ? Qui propose de retirer 2 tiers des super-profits, notamment de Total. Écoutez, ça, on le dit depuis assez longtemps.

10:36
Mathilde Panot

J'ai présenté il y a deux ans une loi pour demander à ce qu'on taxe les profiteurs de crise. Cette loi a été refusée par la Macronie. Je suis contente d'entendre que M. Bruno Le Maire demande à ce qu'on taxe ses profiteurs. À cette époque, ils l'ont juste, purement et simplement refusé.

10:54
Présentateur

Je ne crois pas que Bruno Le Maire veuille qu'on taxe les profiteurs. Pour le coup, lui, il préfère que les profiteurs, comme vous dites, aident directement les Français, notamment avec les ristons de Total.

11:01
Mathilde Panot

C'est le Rassemblement national qui, aujourd'hui, est sur votre ligne ? Alors oui, qui est sur la ligne que nous, nous avons défendue. Peut-être. Eh bien, ce n'est pas parce que le Rassemblement dit qu'il pleut qu'il ne faut pas sortir avec un parapluie. Voilà. Donc, je pense que sur cette question-là, la question, c'est de dire, nous, nous voulons des hausses pérennes de revenus. Donc, l'augmentation du SMIC à 1 500 euros. Nous voulons augmenter les retraites pour qu'il n'y ait plus aucune retraite dans ce pays en dessous du SMIC de ce 1 500 euros. Nous voulons le blocage des prix à la baisse. C'est important parce que c'est ça la différence avec ce que fait ce gouvernement.

Ce gouvernement, finalement, fait des ristournes, c'est-à-dire utilise le trésor public pour enrichir le trésor privé. Nous, nous voulons faire le contraire. Nous disons Total a les moyens de baisser les prix. Et nous, nous voulons baisser les prix, les bloquer à 1,40 euros pour que les gens puissent enfin respirer dans ce pays.

11:48
Présentateur

Est-ce que vous soutenez les grévistes à la SNCF aujourd'hui ?

11:51
Mathilde Panot

Bien sûr. Bien sûr, ils demandent des augmentations de salaire. Je pense que c'est extrêmement justifié et que dans un moment, justement, où la vie est aussi chère, il va falloir repenser sérieusement cette question de la répartition entre les salaires et le capital

12:04
Présentateur

au profit des salaires. Je rappelle que c'est une grève préventive. C'est-à-dire que c'est une journée aujourd'hui de négociations en effet salariales, de la direction de la SNCF et les syndicats qui seront ensemble. Et donc, de manière préventive, ils font grève. Ça, vous êtes OK avec la méthode ? Oui.

12:18
Mathilde Panot

Je pense que dans notre pays, on n'a jamais rien obtenu en ne faisant pas un certain nombre de rapports de force. Et avec la grève, vous avez obtenu notamment avec le Front populaire, la question de vos congés payés, l'augmentation des salaires à un moment, la réduction du temps de travail. Et donc, oui, je soutiens l'action aujourd'hui des grévistes de la SNCF qui, par ailleurs, sont menacés du fait de cette ouverture à la concurrence dans leurs conditions de travail et qui est, je crois, nuisible à l'intérêt général.

12:45
Présentateur

Mathilde Panneau, un mot sur l'allocation adulte handicapé puisque de vous-même, vous disiez à l'instant, voilà un des points sur lesquels on voudrait avancer, c'est-à-dire décorréler pour qu'on redise bien de quoi il s'agit. Aujourd'hui, si vous bénéficiez d'une allocation adulte handicapée, si vous êtes en couple, en fonction du revenu de votre conjoint, cette allocation est baissée, elle est donc corrélée au revenu de votre conjoint. Vous voulez décorréler. Est-ce que là-dessus, par exemple, vous pourriez vous mettre tous d'accord ?

Est-ce que vous pensez que c'est un des points sur lesquels il pourrait y avoir une vraie coalition que tout le monde se dise « Allez, ce n'est pas juste, on y va ».

13:14
Mathilde Panot

Écoutez, ça, c'est une des propositions que j'ai faites notamment à la Première Ministre lorsque je l'ai rencontrée. Et c'est une proposition que nous portons maintenant depuis longtemps. Nous avons eu de longs débats sur cette question-là dans la précédente mandature. À chaque fois, le gouvernement l'avait refusée. À chaque fois. Or, il se trouve que l'ensemble des oppositions sont d'accord avec le fait que l'on décorèle les deux et justement que les personnes qui sont porteuses de handicap et qui donc ont l'allocation adulte handicapée puissent avoir en soi cette allocation. Nous allons voir ce que ça va donner dans le débat.

Je vois qu'il n'est pas dans le texte et nous allons gagner ce vote. Je vous le dis, nous allons gagner ce vote parce qu'il n'y a que la Macronie qui est dans une idéologie tellement forte et dans un esprit de blocage justement pour refuser un point qui est un point d'intérêt général. Le frais, mais en effet, ils ne l'ont pas fait pendant le quinquennat. Ni dans ce projet de loi.

14:05
Présentateur

Mathilde Panot, Tahabouaf, journaliste, militant la France insoumise, un temps investi par la NUPES à Vénitieux qui a été soupçonné de violences sexistes et sexuelles et qui a donc fini par retirer sa candidature. Il prend la parole hier sous forme de lettre et il raconte que lors d'une rencontre, d'une discussion entre Tahabouaf, Clémentine Autain et vous-même qui étiez présente à cette réunion, il dit que LFI et en particulier Clémentine Autain auraient voulu maquiller en quelque sorte les vraies raisons de son départ et mettre cet abandon sur le compte d'attaques racistes de la droite et de l'extrême droite.

Clémentine Autain lui aurait demandé, je cite Tahabouaf, de faire un communiqué pour dire qu'il retirait sa candidature à cause des attaques racistes. Vous étiez à cette rencontre, vous êtes donc témoin de cet échange entre Tahabouaf et Clémentine Autain. Quelle est votre version ?

14:55
Mathilde Panot

Alors déjà, je veux dire avec force que personne ne peut croire que Clémentine Autain, qui est une féministe extrêmement impliquée et engagée, personne ne peut croire qu'elle veuille maquiller des accusations de violences et d'agressions sexuelles par des femmes. Par contre, et nous l'avons assumée dès le début, nous avons fait un choix. Nous avons fait un choix en ayant donc une commission contre les violences sexistes et sexuelles et nous sommes un des rares mouvements politiques du pays à avoir ce type de comité.

Ce type de comité prend un principe, qui est un principe, je l'entends, qui est arbitraire, qui est d'entendre la parole des femmes et donc de prendre des mesures conservatoires lorsqu'il y a des accusations. Il y a eu deux accusations contre Tahabou Afs. Nous avons donc pris une mesure conservatoire qui était de lui demander de ne pas être investi, puisqu'il n'était pas encore investi, donc pas désinvesti, mais de ne pas être investi comme candidat puisqu'il y avait ces deux accusations que portaient des femmes. Nous avons assumé que nous obéissons à ce que demandent et que nous respectons ce que demandent les femmes. Et à ce moment-là, ces femmes ne demandaient pas à ce que ça soit public.

Elles demandaient juste à ce que Tahabou Afs ne soit pas investi comme candidat. Et je crois que nous avons raison de respecter les demandes des femmes. C'est une situation qui est difficile, mais nous avons raison, lorsque des femmes nous demandent de ne pas communiquer publiquement...

16:16
Présentateur

Mais ce n'est pas là-dessus que vous interroge, Mathilde Panneau.

16:17
Mathilde Panot

Eh bien si, c'est là-dessus. Non.

16:19
Présentateur

Mais bien sûr que si. Est-ce que Clémentine Autain a, oui ou non, suggéré à Tahabou Afs de dire qu'il se retirait à cause des attaques racistes, ce qui est faux donc, à cause des attaques racistes qu'il subissait de la droite et de l'extrême droite ?

16:30
Mathilde Panot

Nous avons dit à Tahabou Afs que nous ne dirons pas publiquement pourquoi est-ce qu'il n'était pas investi candidat puisque c'était la volonté des plaignantes.

16:38
Présentateur

Est-ce que Clémentine Autain lui a suggéré, est-ce que vous lui avez toutes les deux suggéré, de dire qu'il se retirait parce qu'il était victime d'attaques racistes

16:47
Mathilde Panot

de la droite et de l'extrême droite ? Mais c'est pas... En fait, non, c'est pas ça la question en fait. C'est ma question. Oui, je vous réponds sur cette question-là. Nous avons dit que nous ne dirons pas publiquement pourquoi est-ce que Tahabou Afs n'était pas investi. Ça, j'ai bien compris, c'est la première partie de la phrase.

17:01
Présentateur

Mais est-ce qu'il y a eu une deuxième partie de la phrase qui était, tu devrais par exemple, j'essaie d'imaginer la teneur de la discussion, tu devrais par exemple suggérer que tu te retires parce que tu es victime d'attaques racistes ? Avez-vous prononcé cette phrase ? Moi, non. Est-ce que Clémentine Autain a prononcé cette phrase ?

17:16
Mathilde Panot

Non, mais en fait, je ne sais pas si elle a prononcé cette phrase. A-t-elle suggérer ? Non, nous lui avons dit, nous ne dirons pas publiquement pour les raisons pour lesquelles... J'ai très bien compris ça. J'ai très bien compris. Vous avez dit que vous n'alliez pas de vous-même dire qu'il était suspecté d'agression sexuelle. Pour respecter la parole des femmes. Pour respecter la parole des femmes. Et je crois que c'est ce qui est important dans cette histoire. Mais vous lui avez suggéré donc de donner d'autres causes à son retraite ? Forcément qu'il a donné des causes. Vous lui avez suggéré de dire jusqu'à un moment... Et donc d'en faire un argument politique de manipuler son abandon...

Mais par ailleurs, je continue de dire... Mathilde Fanot, vous ne niez pas cela ? Non, mais écoutez, est-ce que... Attendez, on va remettre les choses sur la table. Ce n'est pas maquiller des accusations de violences sexuelles que de respecter la parole et la demande des plaignantes. Ce n'est pas maquiller. Mais vous en avez fait un argument politique. Alors que vous saviez que ça n'était pas pour ça. Et alors ? Ça ne vous dérange pas ? Oui, nous assumons de respecter la demande des plaignantes. Et vous savez pourquoi les plaignantes nous ont demandé de ne pas le dire publiquement ? Justement parce que Tahabou Afs était victime d'attaques racistes immondes. Et je continue de le dire.

18:26
Présentateur

Ah, et donc beaucoup d'unis, on ne peut pas dire qu'il est sexiste parce qu'il serait victime de... Écoutez, est-ce qu'on n'a pas...

18:31
Mathilde Panot

Non, écoutez, écoutez, non. Donc il y a des gens dont on peut dire « Tiens, lui, on va le dénoncer publiquement, on va le dénoncer publiquement,

18:40
Présentateur

parce qu'il n'est pas... » Écoutez, quoi ? En fait, ça veut dire quoi ? Qu'un homme blanc, riche... Non, vous êtes en train de tout mélanger. Non, c'est vous.

18:48
Mathilde Panot

Non, non, c'est vous qui êtes en train de tout mélanger. Parce qu'il est les victimes de la sacration. Non, c'est les plaignantes qui nous... On ne va pas le jeter en pâture, c'est ça ? Mais en fait, ce n'est pas une question de le jeter en pâture. Est-ce que nous n'avons pas investi ta... Oui ou non ? Est-ce que nous avons pris la mesure conservatoire ? Lui dit que c'est parce que moi, j'ai abandonné. Est-ce que non ? Nous avons décidé de ne pas investir ta voix. Tout à fait, il n'a pas été investi, il n'est pas député. Est-ce que nous l'avons pris cette décision ? Voilà, il n'est pas député. Donc justement, nous avons fait notre rôle.

Et moi, je tiens à dire que je suis fière d'être un mouvement, même si c'est un processus imparfait, même si nous sommes en train de tâtonner sur beaucoup de choses, je suis fière d'être dans un mouvement qui justement prend au sérieux cette question-là. Et nous avons pris au sérieux et nous avons tenu tous nos bouts. Et je ne vous laisserai pas dire ni que Clémentine Autain a couvert des agissements, parce que nous avons pris nos responsabilités.

19:35
Présentateur

J'ai encore deux questions importantes. Il dit d'une part qu'il ne sait toujours pas ce qu'on lui reproche. Lui avez-vous dit ce que vous lui reprochiez ?

19:41
Mathilde Panot

Oui, nous avons dit, mais nous n'avons pas transmis les témoignages, c'est vrai, parce que nous ne pouvons pas transmettre les témoignages dans un esprit de confidentialité. Et vous le savez, il ne se suffit pas juste dans un témoignage d'agression sexuelle de barrer un nom, parce que vous pouvez reconnaître des faits, vous pouvez reconnaître des circonstances. Et donc, nous n'avons pas transmis les témoignages, c'est vrai. Il dit tout cela ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il dit tout cela si c'est faux ? Je pense que Tahabou Afs a le droit de se défendre, a le droit de pouvoir continuer sa vie et d'être dans un moment où il y a une vraie difficulté qu'il ne faut pas cacher.

Et cette vraie difficulté, c'est que pour l'instant, il n'y a pas de plainte en justice. Et donc, nous, nous continuons à faire notre travail pour essayer de convaincre les plaignantes d'aller porter plainte en justice pour que ce processus puisse aller à son terme.

20:28
Présentateur

Il espère, dit-il, pouvoir avoir une procédure juste et équitable où le fondamental principe du contradictoire sera respecté. Mais il semble qu'il en doute.

20:36
Mathilde Panot

Eh bien, nous avons répondu par un communiqué que vous pouvez avoir dans lequel nous lui indiquons que nous pouvons tout à fait le recevoir. Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale. Merci d'avoir répondu. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

20:48
Locuteur

Merci d'avoir regardé cette vidéo !