Pour la Fédération hospitalière de France, "il faut arrêter de pressurer les hôpitaux publics"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse directe
Cette mesure va-t-elle être expérimentée ?
- 2:45OuverteRéponse partielle
Combien d'établissements concernés par l'expérience ?
- 2:59RelanceÉludée
Le principe de renvoyer des patients non-urgents vous gêne-t-il ?
- 3:35OuverteRéponse directe
L'hôpital français va-t-il aller mieux l'an prochain ?
- 3:52OuverteRéponse directe
Combien d'économies pour les hôpitaux publics l'an prochain ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Le plan santé répond-il aux problèmes actuels ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Les hôpitaux vont être incités à rediriger, à renvoyer vers les médecins de ville tous les patients qui ne sont pas dans une vraie situation d'urgence. »
- 0:31Invité politiqueFait
« Pour chaque patient renvoyé, ils recevront plusieurs dizaines d'euros, une sorte de forfait. »
- 1:20PrésentateurChiffre
« D'après le député Olivier Véran, l'activité des urgences augmente de 3% chaque année. »
- 3:54PrésentateurChiffre
« On demande au minimum 700 millions d'euros d'économies nouvelles. »
- 3:58PrésentateurChiffre
« C'était presque un milliard cette année et c'était autant, plus de 900 millions l'année précédente. »
- 5:45PrésentateurChiffre
« Il a dit lui-même qu'il y a 30% des actes dans notre système de santé qui sont sans doute des actes inutiles. »
- 5:50PrésentateurChiffre
« 30% de 200 milliards, c'est plusieurs dizaines de milliards d'euros qu'on pourrait économiser. »
- 6:21PrésentateurChiffre
« Au 1er janvier dernier, il était de près d'un milliard d'euros. »
- 6:35PrésentateurChiffre
« Plus d'un milliard, certainement. On sera sans doute aux alentours d'un milliard cinq. »
Temps de parole
- Présentateur74 %
- Frédéric Valletoux20 %
- ?7 %
≈ 24,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous, on parle de l'hôpital ce soir dans l'interview éco. Bonsoir Frédéric Valtout, président de la Fédération hospitalière de France.
Vous
regroupez les hôpitaux publics français. Demain, les députés vont voter le budget de la sécurité sociale pour l'an prochain. Et dans ce budget, Frédéric Valtout, il y a notamment une mesure qui concerne les services d'urgence. Ces services qui sont souvent très engorgés, on le sait tous, il suffit d'y être allé une fois. Les hôpitaux vont être incités à rediriger, à renvoyer vers les médecins de ville tous les patients qui ne sont pas dans une vraie situation d'urgence. Pour chaque patient renvoyé, ils recevront plusieurs dizaines d'euros, une sorte de forfait. Est-ce qu
'ils
vont le faire
?
Alors d'abord, ça va être une mesure qui va être expérimentée, parce qu'elle mérite quand même d'être précisée. C'est une mesure nouvelle. On financerait l'hôpital pour des actes qui seraient non faits, pour l'absence d'actes en fait. Normalement, on finance les hôpitaux quand il y a un acte médical. L'absence d'actes amènerait des financements pour renvoyer vers la médecine de ville. Encore faut-il que la médecine de ville, les cabinets de ville soient ouverts, aux heures où on en a besoin. Donc comment va s'organiser la médecine de ville pour ça ? Donc il y
a
beaucoup de questions autour de cet amendement.
C
'est pour ça que la ministre a eu la sagesse de dire on va l'expérimenter sur quelques hôpitaux, et puis on va voir si on le généralise. Donc attendons de voir. En tous les cas, on sait que le problème des urgences aujourd'hui, c'est, j'allais dire, une des maladies de l'hôpital.
C
'est-à
-dire
cette explosion
de la fréquentation. D'après le député Olivier
Véran, l'activité des
urgences augmente de 3% chaque année. Bien sûr, et ça depuis au moins une dizaine d'années. C'est le seul service public en France qui a vu sa fréquentation doubler. Il y a 10 ans,
c
'était à peu près 10 millions de passages aux urgences. On est aujourd'hui à 21 millions de
passages aux urgences. Quel est le problème, Frédéric
Valtoux
? Comment l'expliquez-vous ?
Le problème, il est simple. Aujourd'hui, la médecine de ville est en crise. Il y a de moins en moins, c'est de plus en plus compliqué, par exemple, pour les Français d'accéder à un cabinet de ville. Les généralistes sont eux-mêmes débordés. Les quelques généralistes qui restent sont débordés. Les déserts médicaux, c'est tous les territoires qui sont concernés. Et donc, les gens vont vers les urgences. Et ils vont vers les urgences, d'abord parce qu'ils ont du mal, comme je le disais, à accéder à un généralisme, mais aussi parce qu'ils ont confiance en l'hôpital.
Ils savent que si leur cas est grave, si le cas de leur enfant est grave, si le cas du parent qu'ils accompagnent est grave, eh bien là, il
y
a un plateau technique à l'hôpital. Il
y
a une prise en charge qui pourra être complète. Alors, ils acceptent d'attendre quelques heures, parfois de longues heures, mais au moins, ils savent qu'ils seront pris en charge. Alors, c'est la vertu de l'hôpital d'accepter et de prendre
et
d'examiner tous ceux qui franchissent le palier de la porte. Mais c'est aussi la difficulté de l'hôpital. L'hôpital n'est pas fait, n
'a
pas été conçu pour, j'allais dire, être un centre de premier recours. C'est parce que la médecine de ville, qui est cette ligne normalement de premier recours médical, est fragile aujourd'hui, un genou à terre, eh bien que l'hôpital remplit cette fonction. Mais c'est un des dysfonctionnements de notre système de santé.
Dans
combien d'établissements cette expérience sera-t-elle menée ? Encore une fois, c'est du volontariat.
Alors, je ne sais pas très bien. Ça, le gouvernement le précisera. Ça n'est pas clair
encore aujourd'hui.
Vous souhaitez qu'on tente le coup ou pas ?
Mais il faut, oui,
il
faut l'expérimenter.
Est-ce que le
principe vous gêne
quand même ? De renvoyer
des patients
non-urgents, on va dire.
C'est-à-dire qu
'il
y
a
beaucoup de questions. D'abord, est-ce que c
'est
à l'hôpital, donc de trouver des cabinets de ville, de médecine de ville ouverts pour renvoyer un patient ? Un patient qui sera, entre guillemets, renvoyé, est-ce qu'il va trouver pour autant un médecin qu'il prend en charge ? La responsabilité, s'il y a un problème. Un patient, vous savez, quand vous avez mal quelque part, est-ce que ça peut cacher d'autres pathologies ? Donc, c'est quand même compliqué.
J'entends votre prudence quand même ce
soir. Plus largement, ce budget de la sécurité sociale, vous l'avez vu maintenant dans les détails. Question très simple. Est-ce que l'hôpital français va aller mieux l'an prochain
? J
'ai peur que non. J'ai peur que non parce que, finalement, on est toujours sur un peu la même logique que l'on dénonce et que l'on a été nombreux à dénoncer ces dernières années, qui est une logique d'économie pour les économies pour l'hôpital.
Combien d'économies l'an prochain
pour les hôpitaux publics
? On demande au minimum 700 millions d'euros d'économies nouvelles. C'était presque un milliard cette année et c'était autant, plus de 900 millions l'année précédente. Donc on est sur des logiques d'économie sans qu'on porte les réformes structurelles qui permettraient aux hôpitaux de faire face à ces économies, qui sont justement la question de la permanence des soins. Pèse aujourd'hui sur l'hôpital, on le disait par le biais des urgences, une pression d'activité qui est forte.
Alors il y a tout ce plan santé que le président de la République a présenté il
y
a quelques semaines. Est-ce qu'il répond aux problèmes dont on parle ce soir ?
Le plan santé est intéressant parce qu'il dessine un système de santé qui serait rééquilibré, où l'hôpital serait remis à sa place. L'hôpital, c'est le moment aigu de la maladie. Ce n
'est
pas la consultation chez le généraliste. Il remet en place une ligne de médecine de ville qui permettrait justement de prendre en charge mieux les Français. Il pose la question du financement. Donc le système de santé tel que l'a décrit le président Macron est intéressant. Sauf que c'est un système à 5-6 ans. Et ce qu'on ne voit pas du tout aujourd'hui, c'est comment on va passer du point A aujourd'hui au point B dans 5-6 ans et comment on va accompagner
l'application du système. La question pour vous c'est maintenant. Comment on va dans quelques mois l'année prochaine ? La
crise de l'hôpital c'est aujourd'hui, ce n
'est
pas dans 5 ans.
Et j'ai vu Frédéric Valtou que vous prépariez avec les hôpitaux privés, les cliniques privées, un appel commun au gouvernement, au président de la République avec des propositions. Que proposez-vous
à l
'exécutif ? La crise est grave, la crise est grave, la crise est grave à
l'hôpital. Qu'est-ce que vous proposez pour les prochains mois là tout de suite ? On
propose déjà d'arrêter, de pressurer financièrement le système de santé. On propose aussi que les économies qu'a précisé le président Macron sur les actes inutiles. Il a dit lui-même qu'il y
a
30% des actes dans notre système de santé qui sont sans doute des actes inutiles.
Et
donc 30% de 200 milliards, c'est plusieurs dizaines de milliards d'euros qu'on pourrait économiser pour être réinjectés là où notre système de santé en a besoin. Sauf que dans le plan de financement de la sécurité sociale 2019, on ne voit pas ces mesures-là tout de suite arriver. Et donc on renvoie à 2022, 2021,
2023. Donc vous demandez plus de mesures immédiates
pour
l'an prochain. Exactement,
parce que sinon on ne va plus tenir.
Ça va se passer l'an prochain encore ? Les
établissements sont très fragiles.
Quel sera
le déficit total des
hôpitaux
publics cette année, Frédéric Valtoux
?
Au 1er janvier dernier, il était de près d'un milliard d'euros. On craint qu'il avait déjà doublé en un an. On craint qu'il augmente encore. Et c'est vrai que d'un côté...
Ce sera
plus pour cette année ? Ça sera plus pour cette
année, bien sûr.
Plus d
'un milliard ?
Plus d'un milliard, certainement. On sera sans doute aux alentours d'un milliard cinq. Il ne faut pas le souhaiter. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on est dans une situation où, inévitablement, on va vers ce type de fragilisation des hôpitaux.
Frédéric Valtoux, merci. Président de la
Fédération
hospitalière
de France.
Vous
étiez ce soir l
'invité
de l'interview éco.
Président de la Fédération hospitalière d'un milliard d'un milliard d'un milliard d'un milliard d'un milliard d'un milliard d'un milliard d'un milliard.
Frédéric Valletoux