Alain Milon : "Moi, je ne connais pas de maladies incurables"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Merci Stéphane et à tout de suite Alain Milon, je le rappelle, vous êtes sénateur LR du Vaucluse et vous êtes le rapporteur du texte sur la création d'un droit à l'aide à mourir, texte détricoté une nouvelle fois hier soir par le Sénat. On va longuement y revenir dans quelques instants. Mais d'abord on regarde les unes de la presse régionale, une de la presse régionale consacrée dans leur quasi entièreté ce matin à l'antavirus.
On va en regarder trois. D'abord la vôtre, celle de la Provence, antavirus. Quel danger pose la question que pose le journal, l'Est républicain sur la France qui ajuste ses précautions et puis Ouest-France, antavirus.
Comment sont pris en charge les patients ? Alain Millon, vous êtes sénateur mais vous êtes également médecin. Est-ce qu'il faut s'inquiéter aujourd'hui de l'antavirus ?
Je le fus, médecin. Oui, il faut toujours s'inquiéter d'une possible épidémie virale quelle qu'elle soit. L'antavirus, de ce que je sais, parce que je ne suis pas virologue, n'est pas aussi contagieux, ne semble pas aussi contagieux que le Covid et que les coronavirus en particulier.
Donc moi, je pense que les mesures qui sont prises actuellement par la France sont les mesures exactes. Il ne faut pas s'inquiéter plus que ça. On le disait en aparté, il n'y a pas de traitement antiviraux.
Quand on est infecté par un virus, on traite les symptômes, on ne traite pas la maladie elle-même, on attend qu'elle passe. Et donc ici cet antivirus tel qu'il est chez cette dame en particulier, c'est un antivirus qu'elle a pris sur le bateau qui vient d'Amérique latine. Donc il y a semble-t-il deux types d'antivirus, les antivirus américains qui sont certainement ceux qui entraînent des complications les plus sévères et en Europe la ministre le disait, l'antivirus est connu aussi mais il est beaucoup moins grave dans son évolution.
Il y semble-t-il pas du tout létal que le virus américain. Le problème c'est que là on a quelqu'un qui a un antivirus d'origine Amérique latine et donc il faut la mettre carrément en isolement, ça c'est une bonne chose. Et puis il semblerait quand même que les symptômes qu'elle présente sont importants, mais pas graves et que sa vie n'est pas en danger.
Mettons-les en place toutes les mesures nécessaires. À l'heure actuelle, le gouvernement qui au début parlait d'auto-isolement a finalement changé les régulières pour dire que les cas contacts doivent être isolés en milieu hospitalier. Il fallait sévir, il fallait durcir les règles ?
À cause de l'évolution de la maladie de cette dame en particulier. C'est vrai qu'à partir du moment où on voit une évolution qui n'est pas très favorable. Il vaut mieux prendre des mesures beaucoup plus strictes que de continuer à prendre des mesures l'isolement, enfin l'isolement chez soi c'est une bonne chose mais on sait très bien que la quasi-totalité de nos concitoyens ne respecteraient pas ce genre d'isolement.
L'isolement en milieu hospitalier, en milieu fermé comme pour cette dame, là tout le monde surveille qu'elle est bien enfermée et qu'il n'y a pas de risque majeur. Je crois que si le gouvernement prend des mesures extrêmement strictes actuellement, c'est plus parce que d'abord il faut les prendre, mais c'est plus parce que si les mesures étaient moins strictes, elles ne seraient sûrement pas complètement respectées. Et la chaîne de contamination peut être cassée On va parler de l'actualité du Sénat, vous êtes le rapporteur du texte sur l'aide à mourir et le Sénat qui a donc repris hier l'examen des textes sur la fin de vie.
Le texte sur les soins palliatifs a été revoté rapidement, on va y venir. Et concernant le texte sur l'aide à mourir il y avait comme un air de déjà vu avec le rejet Stéphane de l'article clé. Oui l'article clé c'est l'article 2 celui qui devait instaurer l'aide à mourir et en définir un peu les contours.
Il a été supprimé avec 151 voix contre et 118 voix pour. Les pour sont ceux qui étaient favorables à la version alternative que vous avez proposée. Alain Milon remplacé aide à mourir par assistance médicale à mourir.
Et parmi les contres, vous aviez à la fois ceux qui étaient opposés farouchement à l'aide à mourir et ceux qui voulaient retrouver une version semblable à celle des députés. Écoutez Bruno Rotaillot, président des Républicains, sénateur et qui faisait partie des pourfendeurs de l'aide à mourir. Lorsqu'on essaie de regarder un peu les pays qui ont autorisé la mort administrée, il y a deux évolutions.
La première c'est que là encore je l'ai souligné, à chaque fois qu'il y avait eu légalisation, la porte était entrebâillée et ensuite elle a été grande ouverte. En clair, les garde-vous ont sauté les uns après les autres. C'est le cas au Canada, c'est le cas en Belgique, c'est le cas en Hollande, etc.
Alors du côté des socialistes, le président du groupe Patrick Caner a lui aussi voté contre cet article 2 mais pour une raison totalement opposée à celle de Bruno Rotario parce que selon Patrick Caner, la réécriture du Sénat, ne va pas assez loin. Il est une démonétisation de tout le travail qui a été fait par l'Assemblée nationale. Donc nous arrivons à la conclusion strictement inverse en termes de vote.
En aucune manière, Nous ne voulons cautionner ce qui est chez vous une moins-value par rapport au texte de Léoné Ticlès. Nous pensons que nous pouvons aller plus loin, mais vous voulez aller moins loin que le texte de Léonet-Ticlès, mais il faut l'assumer. Il fait référence à la loi sur la fin de vie Léonet-Ticlès adoptée en 2016 qui prévoit une sédation profonde et continue pouvant amener jusqu'au déchet dans des conditions là aussi très strictes.
Alors sans cet article 2, ce texte sur l'aide à mourir est vidé de sa substance. Et oui parce qu'il n'y a plus aucun dispositif qui ne définit l'aide à mourir dans ce texte qui n'est pas, sans rappeler le rejet du texte au Sénat en première lecture. C'était au mois de janvier, comme une histoire qui se répète, là aussi après une suppression de l'article 2.
Et à l'issue des débats, la proposition de loi avait été jugée incohérente par les défenseurs et les Les opposants du texte, le Sénat avait donc rendu copie blanche. On voit les résultats à l'époque du vote contre le texte en janvier. Et les sénateurs n'ont donc cette fois-ci encore pas trouvé un compromis possible sur l'assistance médicale à mourir.
C'est ce que vous Vous proposiez Alain Millon, juste pour qu'on comprenne bien. Stéphane, qu'est-ce que ça a changé par rapport au texte des députés ? Alors les députés, ils souhaitent introduire dans la loi la possibilité pour un malade de s'administrer une substance létale dans des conditions très précises, les voilà.
Avoir plus de 18 ans, être français ou habiter en France de manière stable, pouvoir manifester sa volonté de manière libre et éclairée et être atteint d'une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital en phase avancée ou en phase terminale. Au Sénat, c'est là-dessus. Notamment que vous n'êtes pas d'accord sur cette dernière condition, vous préférez restreindre l'assistance médicale à mourir aux patients dont le pronostic vital est engagé à court Les conditions qui sont déjà en vigueur dans la loi Cles-Leonetti dont on parlait, qui date de 2016.
Alain Milon, cette réécriture n'a finalement pas convaincu. L'article a été supprimé. Pourquoi ?
Il n'y a pas de compromis possible sur ce sujet ? Vous le voyez vous-même. Je n'ai pas le sentiment qu'il puisse y avoir un compromis sur un sujet aussi important que celui-là.
C'est vrai que ça engage finalement la conscience de chacun et que le vote est libre, il n'y a pas de consigne de vote dans les partis politiques et sur des sujets aussi importants. Et donc chacun, en fonction de sa conscience, en fonction de son éducation, en fonction de ce qu'il ressent, vote en conscience et en liberté pour ou contre et la proposition de loi telle qu'elle a été votée à l'Assemblée nationale et la proposition de loi telle que nous avons essayé de la mettre en place avec ma co-rapporteure, Mme Bonfanti-Dossa. – Et quand vous proposez cette réécriture vous êtes optimiste à l'idée qu'elle soit votée ou pas parce que j'imagine qu'il y a eu plusieurs formules vous êtes arrêté sur celle-ci il n'y a pas plusieurs formules il n'y a où on est pour, où on est contre où on essaye de trouver quelque chose qui permettrait de faire en sorte que le Sénat sorte un texte là la seule formule que nous avons trouvée on n'est peut-être pas suffisamment intelligent c'est de dire que la loi Claes-Leonetti, c'était la sédation profonde et continue jusqu'au décès.
Et de dire donc, dans ces conditions et en phase terminale, si la sédation profonde et continue ne marche pas, on autorise le médecin avec accord du patient à mettre en place un produit létal. C'était, en somme, la solution que nous avions trouvée pour essayer de trouver un texte sénatorial. Le vrai problème maintenant, c'est qu'il n'y a pas de texte.
Le Sénat n'a pas voté l'article 2. Je rappelle quand même qu'au mois de janvier, ce n'était pas l'article 2 qui avait été mis en cause, c'est à l'article 4. Il avait été supprimé aussi et il n'y avait plus de texte non plus parce que les quatre premiers articles de la loi sont ceux qui qui définissent l'aide à mourir ou l'assistance médicale à mourir que nous avons mise en place.
Les articles suivants sont ceux qui mettent les modalités d'application. Donc, les articles importants, c'est 1, 2, 3 et 4. Le 2 est important parce qu'il déterminait chez Chez nous, on ne parlait plus d'aide à mourir, mais d'assistance médicale à mourir.
Et nous faisions, nous confortions la loi Claes-Leonetti avec l'administration d'un produit létal en fin de vie, ce qui est d'ailleurs la définition donnée par la Haute Autorité de Santé. – Mais ça veut dire Alain Milon que pour vous il fallait de toute façon aller plus loin que la loi Claes-Leonetti, parce que ça aussi ça fait partie des débats, il y a une loi Claes Leonetti, est-ce qu'il faut aller plus loin ou est-ce qu'elle est suffisante ? Pour moi il fallait qu'on aille plus loin pour permettre au Sénat d'avoir un texte, enfin le Parlement est fait de deux assemblées.
Mais si on le font pour les patients, on va venir sur l'avenir du texte, mais pour les patients, pour les Français, pour les c'est est-ce qu'aujourd'hui, la loi Claes-Léonetti est suffisante ou est-ce qu'il faut la faire évoluer ? – À mon avis, pour les patients actuellement qui sont en fin de vie, d'après ce que disent les spécialistes en soins palliatifs, la loi Claes-Léonetti est suffisante. d'un produit létal n'est pas nécessaire puisque la sédation profonde et continue se fait jusqu'au décès.
Donc, la loi Clas-Noiti est suffisante pour les patients en fin de vie. Nous, nous avions simplement dit en plus, on met le produit létal si le patient le demande, est-ce qu'il refuse la sédation profonde et continue alors qu'il est en fin de vie ? C'est tout ce que nous avons dit en plus par rapport à Clastionnetti et différemment de ce qu'a dit l'Assemblée nationale.
On reparlera après de l'Assemblée On va en parler de l'Assemblée nationale, mais vous, on l'a dit, vous étiez médecin ou vous êtes aujourd'hui parlementaire. Est-ce que ça change du coup votre façon de construire ce texte et de travailler sur ce texte ? D'être parlementaire, oui.
Mais d'être médecin, – D'être médecin, non. – Ça n'a pas influencé votre réécriture ? Qui est plus modérée que celle de vos collègues à l'air ? – Qui est beaucoup plus modérée, oui.
Oui, mais non, d'être médecin, tous les médecins, quand on a des patients en fin de vie à un moment ou à un autre, on a tous fait une fois ou deux dans notre carrière l'administration d'un produit létal. À l'époque c'était trois médicaments, l'argactif et l'agor, on mettait ça en place et puis on faisait une injection la seule différence entre ce que nous avons fait à l'époque sous la couverture évidemment de nos patrons et ce qui est fait maintenant c'est qu'à l'époque on le faisait alors que ce n'était pas légal. Maintenant, on légalise finalement l'administration de produits létals pour la fin.
Ce que nous souhaitions, nous les rapporteurs, c'est légaliser l'administration de produits létals en fin de vie. On ne voulait pas aller au-delà parce qu il y a des amendements qui disaient que même à 12 mois de la fin de vie, on peut administrer un produit létal. Je regrette, mais moi je ne connais pas de maladies incurables.
Elles sont incurables à l'instant Si on avait eu cette loi, dans les années 50, la tuberculose était une maladie incurable. Dans les années 70-80, la poliomyélite. Dans les années 80-90, le cancer du sein maintenant par exemple on parle du cancer du pancréas le cancer du pancréas c'est toujours pas une maladie curable mais c'est une maladie dont on prolonge la vie à quatre ou cinq ans alors qu'il ya Quelques années en arrière, le délai maximum, c'était six mois.
On trouve des traitements. Et moi, ce que je crains, c'est qu'en mettant en place une loi telle que celle de l'Assemblée nationale, la recherche se débarrasse des maladies incurables. Ce n'est pas rentable.
Donc, pour l'instant, elles le font parce que dans le temps, ça peut être rentable. Mais si on dit à quelqu'un « Vous avez une maladie incurable », finalement, le mieux, c'est que vous disparaissiez. Je ne suis pas sûr que – Donc en fait, ce n'est pas tant la loi telle qu'elle est écrite aujourd'hui, même par l'Assemblée nationale que vous craignez, ce sont les dérives qu'elle pourrait engendrer ? – Bien sûr, bien sûr. – On se souvient de cette phrase de Bruno Retailleau, c'était lors de l'examen du texte, en première lecture, le risque et le quitte deviennent demain plus faciles de demander la mort que d'obtenir un soin.
Ce n'est pas aller trop loin, c'est ça ? Vous pensez qu'avec cette loi, dans une société future, les malades, les personnes âgées, deviendront un poids pour la La société, c'est un vrai risque. C'est évident.
C'est évident. Ne serait-ce que les personnes âgées, je suis complètement d'accord. Ne serait-ce que les personnes âgées.
À partir d'un certain moment, on s trousse que dans la vie. Les instants qui coûtent le plus cher en matière de santé sont les six derniers mois de la vie. Le reste, ça coûte pas grand-chose pour la plupart.
Après, bon, il y a des maladies, évidemment. Les six Ces derniers mois de la vie sont ceux qui coûtent le plus cher. Quand vous arrivez à l'âge de 90 ans, et que vous êtes en Ehpad, et que vous avez votre voisin qui a 90 ans qui dit « j'en ai marre, j'arrête », etc., on lui fait la piqûre, il s'en va.
On lui dit « écoutez, vous, pourquoi vous ne faites pas pareil ? Et pourquoi il n'en ferait pas ? ».
Moi, je crois vraiment qu'il y a débordement. On le voit d'ailleurs dans les pays étrangers où la mentalité est telle qu actuellement, certains gouvernements, en particulier au Canada, regardent les évolutions et se posent des questions quant à la façon dont ils peuvent modifier la loi pour la rendre plus stricte que ce qu'elle est actuellement. Il y a des débordements qui se font alors bruno rotaillot a parlé de débordement de la pauvreté c'est pas tout à fait vrai c'est des débordements d'abord dans un premier temps d'application de la loi au canada les débordements ont eu lieu avec les personnes les plus riches qui se faisaient euthanasier etc bon et puis progressivement quand même sont venus parce qu'il ya eu des modifications dans la loi les personnes handicapées et puis progressivement les personnes âgées et actuellement on a un problème là-bas, aux Pays-Bas aussi d'ailleurs parce que vous avez vu qu'aux Pays-Bas il y a eu des propositions qui n'ont pas été retenues où on disait à partir de 70 ans après tout vous ne servez plus grand chose c'est vrai d'ailleurs donc vous pourriez disparaître est -ce que ce texte la différence entre ce texte c'est la loi Leonetti alors ça va changer les choses pour les patients ça va aussi changer des choses pour les familles et pour les médecins et pour les médecins ben oui on va revenir dans quelques instants à l'avenir du texte mais on le disait il y avait deux textes, il y a deux textes qui sont examinés le texte sur l'aide à mourir qui a donc été vidé de sa substance en revanche le texte sur les soins palliatifs il a été adopté rapidement hier, est-ce qu'il y a quand même encore du travail à faire il y a une vingtaine de départements dans lesquels il n'y a toujours pas de service de soins palliatifs ?
Honnêtement c'est le travail qu'il faut faire je reviens juste deux secondes sur les soins palliatifs Justement, au Canada, la mise en application de la loi sur l'euthanasie a entraîné une diminution de l'efficacité des soins palliatifs. Et le Canada, qui était en 11e position au niveau Les soins palliatifs, il faut évidemment les mettre partout en place. Et moi, j'avais proposé, mais bon, c'est peut-être parti un peu d'utopie pour l'instant, que les soins palliatifs soient mis en place dès le diagnostic de la maladie, et pas uniquement quand le patient arrive en fin de vie, dès le diagnostic de la maladie, parce qu'il faut évidemment les soins curatifs, mais il faut aussi des gens qui sont spécialisés dans la façon dont vous allez évoluer dans votre maladie.
Et ces gens-là, ce sont les soins palliatifs. Mais pour faire des soins palliatifs sur tout le territoire national, ce qui est l'idéal, il faut aussi former les gens, former les médecins. Ce qui n'est pas suffisamment le cas ?
Pas du tout. La spécialité de soins palliatifs n'est absolument pas choisi par les jeunes médecins. Pour une raison simple, c'est que quand on a 20, 30 ou 35 ans, on n'a pas envie de côtoyer la mort tous les jours.
Donc ce n'est pas suffisamment formé pour les médecins, pour les infirmiers, pour les aides-soignants, parce que c'est un service un soin palliatif. Les psychologues, les psychiatres, c'est un service complet, fait de plusieurs spécialités qui travaillent ensemble pour soulager au maximum le patient. autant au niveau des douleurs physiques que des douleurs psychiques. – Et face aux difficultés, on en parlait dans certains territoires sur ces soins palliatifs, les élus prennent des initiatives, c'est le cas aux Herbiers en Vendée.
Bonjour Christophe Augard, merci beaucoup d'être avec nous, vous êtes le maire des Herbiers, vous avez mis en place un dispositif inédit qui concerne les soins palliatifs implantés au sein d'un EHPAD, expliquez-nous à quoi ça consiste. Exactement, bonjour, merci de votre invitation, on a fait une petite innovation chez nous, avec le soutien notamment de l'ARS qui correspond à un besoin. On s'est rendu compte que dans nos EHPAD on avait à peu près 70 ou 80 demandes par an, notamment d d'accompagnement en soins palliatifs.
Et force est de constater que nos résidents partaient un peu à droite à gauche pour aller se faire accompagner en soins palliatifs, et donc on a essayé de faire un espace d'accompagnement palliatif. alliatifs au sein de notre EHPAD et ça a fonctionné, il est ouvert depuis janvier dernier avec 10 appartements. Il y a de quoi avoir une expérimentation, parce que c'est une expérimentation sur trois ans, mais qui va nous permettre d'accompagner bon nombre de personnes. – Et justement, vous le dites, c'est en place depuis le 1er janvier dernier, on a l'impression à vous entendre que le premier bilan est positif, l'expérimentation pourrait devenir pérenne ? – Alors c'est d'autres souhaits parce que ça fonctionne bien.
Pour l'instant, nous avons depuis janvier accompagné 14 familles, 14 personnes et 14 familles. L'idée pour nous, c'était aussi de permettre à nos personnes âgées de pouvoir continuer ce que ça désire d'abord aux personnes âgées, c'était de pouvoir les accompagner sur place, à proximité de leur environnement habituel, de leur famille, etc., et de ne pas faire des kilomètres dans tous les sens.
Notre souhait, c'est que ce soit pérennisé, donc on est parti sur trois ans. On a beaucoup, beaucoup de demandes d'autres établissements de partout en France. On va d'ailleurs faire un webinaire pour expliquer comment ça fonctionne, parce que ça intéresse énormément les EHPAD des quatre coins de la France.
Alain Millon, que pensez-vous de cette initiative Je vous ai répondu hier, c'est super. Bravo pour ce que vous avez fait. Je pense que c'est une idée qu'il faut développer et qu'il faudrait mettre sur l'ensemble du territoire national et dans l'ensemble des EHPAD.
Mais il faut aller encore plus loin, probablement. C'est vrai que les soins palliatifs doivent se faire en milieu hospitalier, en milieu des EHPAD, pour une raison toute simple, et M. le maire a complètement raison, quand on déplace une personne âgée, on aggrave sa santé, obligatoirement l'environnement est important c'était l'objet de ma thèse en médecine l'influence de l'environnement sur le psychisme de la personne âgée donc l'environnement d'une personne âgée est extrêmement important et dès qu'on la déplace on change tout et on aggrave sa santé.
Ça, c'est un point. Donc bravo pour ce qu'a fait M. le maire.
Il faut le mettre dans les EHPAD, mais il faut aller plus loin. Les soins palliatifs doivent se faire également à domicile. Toutes les personnes âgées ne peuvent pas aller en EHPAD ou ne souhaitent pas aller en d'EHPAD, il faut donc aller et toutes les personnes malades aussi il faut donc les accompagner même à domicile d'où évidemment l'importance du financement des soins palliatifs vous avez vu que la ministre a déclaré qu'elle mettait un milliard sur dix ans, ça ne fait que 100 millions par an.
Un service de soins palliatifs, ça coûte en moyenne un million. Il y a cent départements. On a beaucoup de travail à faire sur les soins palliatifs.
Et avant de s'occuper de donner la mort essayons de maintenir la vie merci merci monsieur le maire d'avoir été avec nous à christophe augard mère des herbiers en vendée on va parler justement de la suite du texte avec ce vote hier au Sénat, parce que Stéphane, le risque pour le Sénat maintenant, c'est de sortir sans texte de cette deuxième lecture et du coup, de ne pas peser dans les négociations face aux députés. – Oui, vous le disiez, Alain Milon, les textes font la navette entre les deux Deux chambres entre l'Assemblée et le Sénat. Après le vote des sénateurs, le gouvernement peut convoquer une commission mixte paritaire.
Sept députés, sept sénateurs pour tenter de trouver un accord sur ce texte. Et pour négocier, il vaut mieux arriver avec un texte dans ses mains, ça paraît assez mal embarqué et vous pourriez vous retrouver avec une copie blanche devant les députés. D'où la volonté qu'avait exprimée le président du Sénat, Gérard Larcher, de voir le Sénat adopter sa version de l'aide à mourir.
C'était avant le rejet de l'article 2. Le risque, c'est aussi qu'en cas d'échec de la commission mixte paritaire, si vous n'arrivez pas à trouver d'accord avec les députés, le gouvernement convoque une dernière lecture, Assemblée-Sénat et qui donne le dernier mot à l'Assemblée national, ce qui éclipserait complètement l'avis des sénateurs dans le texte final. Un texte d'autant plus symbolique pour Emmanuel Macron car il veut en faire la grande réforme sociale de son deuxième quinquennat et les réflexions avaient été lancées en 2022 avec la convention citoyenne sur la fin de vie.
Est-ce que vous pensez, Alain Milon, au vu de tout ce qu'on s'est dit jusque-là, que vous pouvez quand même avoir un texte à amener devant les députés en commission mixte paritaire ? Même incomplet ? – Non, non, je pense qu'il n'aura pas de texte.
C'est ce que j'ai dit hier, d'ailleurs, juste avant le vote. Si vous votez contre l'article 2, vous votez pour le texte de l'Assemblée nationale. Je serai évidemment membre de la commission disparitaire si elle existe et j'arriverai avec, comme dit le poète, mes mains dans les poches crevées.
Je n'aurais rien à dire. Est-ce que vous pensez que le vote de vos collègues sénateurs, il se fait sur des convictions personnelles ou est-ce qu'il y a aussi une portée politique, avec un an de la présidentielle, une volonté de ne pas offrir à Emmanuel Macron sa grande réforme sociétale ? Non, non, non.
Je pense honnêtement que chacun a voté en fonction de ses convictions de personnel. Et c'est d'ailleurs très bien comme ça, c'est normal. Les élections présidentielles, c'est ensuite...
Alors, certains sont peut-être préoccupés par les élections présidentielles, mais peut-être pas obligatoirement pour ce fait. Il y en a même certains qui sont déjà candidats dans votre groupe. Il y en a même certains qui sont déjà candidats.
Oui, oui, oui. Heureusement d'ailleurs qu'il y a des candidats. Sinon, on serait embêté de ne pas avoir de candidats pour les élections présidentielles.
Non mais ça n'a pas joué. Ça n'a pas joué. L'aspect politique n'a pas joué selon vous – Non, non, non.
De ce côté-là, non, pas du tout, je ne pense pas. – Ce texte, il est issu d'une convention citoyenne qui avait voté largement en faveur de la création de cette aide à mourir. – Largement, 70%. – Oui, c'est quand même une majorité assez Il y avait même la question de l'euthanasie dans la Convention sociale.
Est-ce que vous n'avez pas l'impression quand même d'être en décalage, en refusant cette aide à mourir avec les attentes de la société ? D'abord je ne suis pas d'accord pour dire avec les attentes de la société. D'abord je ne suis pas d'accord pour dire avec les attentes de la société.
Quand on regarde les sondages, c'est vrai qu'il y a sept ou huit mois en arrière, 92 % de nos concitoyens étaient favorables à l'aide à mourir. On regarde les sondages actuels, on n'est plus qu'à 52%. Et je ne suis pas sûr que ce qu'on Alors, si on avait donné l'information complète et si nos concitoyens avaient une information complète, ils seraient toujours d'accord pour le faire.
Le problème est simple. On vous pose la question. Vous êtes jeune, cette chance-là.
Je vous souhaite de vieillir, de pouvoir vieillir. Mais si on vous pose la question, vous êtes jeune, quand vous serez vieux, vous serez malade, vous aurez des douleurs partout, vous n'aurez plus aucune envie de vivre. Si on propose de mourir, la réponse naturelle c'est oui bien sûr.
Mais si on vous dit quand vous serez vieux, vous aurez les soins palliatifs, vous serez confortablement installé dans votre maladie, vous ne souffrirez plus ni psychiquement, ni somatiquement, et vous serez entouré. Pourquoi mourir ? Donc ça dépend de la façon dont la question est posée et de ce que l'on propose à nos concitoyens dans le curatifs dans la santé et dans l'accompagnement.
Merci Alain Milon, merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin, rapporteur de ce texte sur le droit à l'aide à mourir. Stéphane, vous revenez dans 20 minutes ?
Alain Milon