L'extrême droite israélienne se déchire
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Après lui avoir permis d'accéder au pouvoir, c'était en novembre 2022, la droite la plus extrême en Israël va-t-elle provoquer la chute de l'inamovible Benyamin ? Alors pour bien comprendre l'enjeu, il faut d'abord saisir les règles de cette élection qui se tiendra le 27 octobre prochain. C'est un régime parlementaire avec un système proportionnel.
Ça veut dire que le prochain Premier ministre ne sera pas nécessairement le candidat qui remportera le scrutin, mais celui qui arrivera à rassembler le plus de partis et donc de de députés pour atteindre cette majorité de 61 sièges. La conséquence, c'est qu'en Israël, les petits partis sont faiseurs de rois puisqu'avec seulement quelques élus, ils peuvent faire basculer l'élection. Il y a une deuxième règle à comprendre pour être représenté à la Knesset, c'est l'équivalent de notre Assemblée nationale, il faut rassembler plus de 3,25 % des votes.
Vous êtes en dessous, vous n'avez aucun siège. Vous êtes au-dessus, vous en remportez au moins quatre et vous pesez donc dans les négociations pour désigner le nouveau Premier ministre. Et c'est là où Benyamin Netanyahu a actuellement un problème.
Il a absolument besoin que ses alliés de la droite la plus extrême passent ce seuil d'éligibilité de 3,25 % qu'ils soient donc représentés à la Knesset pour lui permettre de dégager une majorité. Il y a aujourd'hui trois protagonistes. Itamar Ben-Gvir, ministre de la sécurité nationale, c'est un colon raciste, homophobe, condamné à plusieurs reprises notamment pour soutien à un groupe terroriste.
Lui est largement au-dessus de ces 3,25 % et il pèsera donc dans les négociations après le scrutin. Deuxième protagoniste, Bezalel Smotrich, ministre des Finances, un autre colon favorable à l'annexion de la Cisjordanie occupée. Lui flirte tout juste avec cette barre des 3,25 % et il pourrait donc faire perdre le soutien d'au moins quatre députés à Benyamin Netanyahu.
Et puis il y a un homme qui en ce moment met la pagaille à l'extrême droite, Ofer Winter, un ancien général. Il promet notamment de vider la bande de Gaza de ses habitants. Avec son nouveau parti, il pourrait prendre des voix aux uns et aux autres et donc faire perdre l'élection à Benjamin Netanyahu.
Le temps des des grandes manœuvres a donc commencé pour que le Premier ministre évite absolument que les voix ne se dispersent. Le problème, c'est que chaque candidat croit pour le moment en ses chances, chaque candidat veut faire cavalier seul. La date limite des dépôts des listes, c'est le mardi 8 septembre et évidemment, on y verra beaucoup plus clair à ce moment-là.