Blocage des lycées : "Il y a une volonté d'assimiler le mouvement à des violences urbaines", dénonce la LDH
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse partielle
Le gouvernement doit-il repenser ses instructions en termes de maintien de l'ordre ?
- 0:26OuverteRéponse directe
Votre réaction quand vous avez vu ces images ?
- 1:17ComplaisanteRéponse directe
Vous faites référence aux trois mutilés, je précise.
- 2:13RelanceRéponse directe
Selon vous, on a quand même vu du mobilier urbain dégradé, des incendies... Ce ne sont pas pour vous des violences urbaines ?
- 2:35OuverteRéponse partielle
Il y a aussi eu des personnels de l'éducation nationale qui ont pu être blessés.
- 3:25OuverteRéponse directe
Avez-vous observé ces derniers jours des choses qui vous ont interpellé plus que d'habitude ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49InvitéFait
« Il y a trois mutilés graves qu'il y a eu un très très gros problème, une bascule dans la répression contre ce mouvement social lycéen. »
- 0:59InvitéFait
« Là, en l'occurrence, on voit quand même des fonctionnaires de police qui utilisent leur voiture comme une arme contre des mineurs. »
- 1:03InvitéFait
« c'est illégal, c'est non nécessaire. »
- 1:43InvitéFait
« tout prouve depuis le début de la semaine, enfin depuis le début du mouvement lycéen, que ça n'est pas exceptionnel, qu'il y a eu une répression extrêmement rapide, extrêmement brutale de ce mouvement social. »
- 1:52InvitéFait
« Avec d'ailleurs de la part du gouvernement, cette volonté d'assimiler le mouvement à des violences urbaines. »
- 2:43InvitéFait
« On est signataires de la Convention internationale des droits de l'enfant. L'intérêt supérieur de l'enfant doit primer. »
- 5:29InvitéPromesse
« On l'a déjà dit depuis longtemps, on pense que ces armes ne doivent pas être utilisées en matière de l'ordre, qu'elles ne doivent pas être autorisées pour les fonctionnaires de police. »
- 5:39InvitéFait
« Ce sont des armes mutilantes. »
- 6:34InvitéFait
« Il faut aussi accepter qu'il y ait des mobilisations sociales. Ces mobilisations, elles sont légitimes. »
Temps de parole
- Invité65 %
- Présentateur29 %
- Présentateur 26 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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7h43, c'est l'invité d'ici matin. Alors qu'une nouvelle enquête est ouverte à Dunkerque pour un véhicule de police manœuvrant à vive allure au milieu des manifestants, le gouvernement doit-il repenser ses instructions en termes de maintien de l'ordre ? Nous sommes en direct avec Thomas et Emmanuelle Jourdan-Chartier, la vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme. Bonjour Emmanuelle Jourdan-Chartier. Bonjour. Vous avez vu, j'imagine, à la LDH, les images de cette Jeep de la police qui fonce dans un barrage de poubelles lundi à Dunkerque avec des jeunes manifestants obligés de s'enflir dans tous les coins. Votre réaction quand vous avez vu ces images ?
On était extrêmement choqués, on était extrêmement choqués parce que ça conforte l'impression qu'on a, qui n
'est
pas qu'une impression. Il y a trois mutilés graves qu'il y a eu un très très gros problème, une bascule dans la répression contre ce mouvement social lycéen. Là, en l'occurrence, on voit quand même des fonctionnaires de police qui utilisent leur voiture comme une arme contre des mineurs. c'est illégal, c'est non nécessaire. Tout le monde sait que c'est très dangereux, une voiture lancée à vive allure. Donc, je me réjouis qu'il y
ait
une enquête et qu'il n
'y
ait pas eu de mort.
Vous faites référence aux trois mutilés, je précise. Il y a bien sûr eu Lens en début de semaine, un jeune garçon âgé de 15 ans qui a perdu sa main après un tir de grenade. Il y
a
aussi à Tours un lycéen qui a été blessé à l'œil, un autre lycéen ailleurs en France blessé au niveau de la mâchoire. Si on revient sur Dunkerque, pour coup, tout le monde, jusqu'au ministre de l'Intérieur, dit que ce qui s
'est
passé à Dunkerque n'est pas réglementaire a priori. Mais Laurent Nunez dit qu'il faut considérer qu'il s'agit d'un fait exceptionnel.
Écoutez, moi je pense que tout prouve depuis le début de la semaine, enfin depuis le début du mouvement lycéen, que ça n'est pas exceptionnel, qu'il y a eu une répression extrêmement rapide, extrêmement brutale de ce mouvement social. Avec d'ailleurs de la part du gouvernement, cette volonté d'assimiler le mouvement à des violences urbaines. Alors ça a un impact, y compris sur le type de maintien de l'ordre. On passe sur un autre type de maintien de l'ordre quand c'est des violences urbaines. Les lycéens, tous les observatoires des pratiques policières sur le terrain de la LDH ont pu l'observer. On fait l'objet d'une répression très violente.
Parce que ce n'est pas le cas, il n'y
a
pas de violences urbaines. Selon vous, on a quand même vu du mobilier urbain dégradé. On a vu des incendies touchant des établissements scolaires. On voit comme dans souvent lors des manifestations aussi des personnes qui sont cagoulées. Ce ne sont pas pour vous des violences urbaines ?
Alors en droit, les violences c'est contre les personnes. Quand c'est des poubelles, ça s'appelle des dégradations.
Il y
a
aussi eu des personnels de l'éducation nationale qui ont pu être blessés.
On
en a eu
un provisoire. Enfin,
pas
mutilés jusqu'à présent. Je pense qu'il faut prendre la mesure du fait qu'il y a trois enfants. On est signataires de la Convention internationale des droits de l'enfant. L'intérêt supérieur de l'enfant doit primer. Jusqu'à 18 ans, on est un enfant. Rien que ça, ça devrait suffire à se dire, ça ne va pas. Cette confusion entre la dégradation et la violence, je pense qu'elle est aussi extrêmement grave. Parce que ça contribue à une espèce de criminalisation de ce mouvement lycéen qui est décrédibilisé, y compris dans ses revendications. Donc,
il
y a là, à mon avis, un énorme
problème en France. Ici Nord, il est 7h47. Nous sommes en direct avec Emmanuel Jourdan-Chartier, vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme. Emmanuel Jourdan-Chartier, la Ligue des droits de l'homme est une association qui est régulièrement présente sur les manifestations. Avez-vous observé ces derniers jours, dans le Nord, dans le Pas-de-Calais, sur les différents cortèges, où vous étiez comme observateur des événements, des choses qui vous ont interpellé plus que d'habitude, plus que dans d'autres mouvements sociaux ? Puisque vous prenez la parole régulièrement sur ces sujets, est-ce qu'il y a eu davantage de choses qui vous ont interpellé
?
Ce qui nous a interpellé, c'est le fait qu'il y ait énormément de monde. Et le cortège, en particulier, non pas hier, mais avant-hier à Lille, était extrêmement impressionnant, très dense. Donc, la Ligue des droits de l'homme, la LDH, elle appelait à se joindre au cortège. Nous sommes en soutien de ce mouvement lycéen. On pense que leurs revendications sont justes, légitimes, qu'on a besoin de ça. Donc, on a surtout observé un cortège qui était très déterminé, mais très festif, très gai.
Le cortège, d'ailleurs, à Lille, la manifestation lilloise de mardi, comme celle d'hier, qui s'est, par ailleurs, là aussi, de l'avis de tout le monde, très bien passée. Pourquoi est-ce qu'il y a certaines manifestations qui se déroulent très bien, et d'autres où on peut voir, effectivement,
les
débordements ?
Alors ça,
très clairement, je n'étais pas à Lille hier, j'étais là avant-hier. Les forces de l'ordre se sont tenues à distance. Les fonctionnaires de police ont fait leur travail de fonctionnaires de police. Ils se sont tenus à distance. Il y a eu vraiment, et je pense que ce n
'est
pas pour rien, c'est un peu partout en France, qu'on voit bien qu'il y a, en tous les cas, une volonté d'une forme de désescalade. Il n'est que tant, compte tenu du premier bilan. Mais là, effectivement, c
'est
des fonctionnaires de police qui se sont tenus à distance. Il n'y a pas eu d'usage de la lacrymogène. Et la manifestation s'est bien passée. Peut-être qu'on doit quand même y réfléchir. Il y
a
un petit côté, quand on veut, on peut. La police des foules, c'est un métier. Le maintien de l'ordre, c'est un métier. Donc,
il
faut des forces spécialisées qui se tiennent à distance, qui soient là pour faire de la désescalade, que l'information circule bien, que les forces de l'ordre n'aient pas des pratiques qui puissent apparaître comme des formes de provocation.
Et
ça se passe bien. Et concernant l'équipement des forces de l'ordre, aujourd'hui, nous faisions référence à ce lycéen lundi qui a eu la main arrachée à Lens. Le temps que l'enquête se termine, l'usage des grenades assourdissantes est suspendu. Décision logique, j'imagine, pour vous.
Est
-ce que vous appelez à abandonner le reste des équipements qui font aussi des balles ? Les lanceurs de balles de défense, la lacrymogène à laquelle vous faites
la référence
? On l'a déjà dit depuis longtemps, on pense que ces armes ne doivent pas être utilisées en matière de l'ordre, qu'elles ne doivent pas être autorisées pour les fonctionnaires de police. On demande le retrait de l'ensemble de ces armes. Ce sont des armes mutilantes.
Il
y a dans le langage, parfois on utilise l'expression d'armes à létalité réduite. Vous vous rendez compte de ce que
ça veut dire ? Comment on fait
pour maintenir l'ordre sans ces équipements ? Parce que c'est ce que vont vous répandre ceux qui... Mais
comment font tous les autres pays européens qui n'ont pas équipé leur police, ni de grenades de désencerclement qui mutilent, ni de lanceurs extrêmement dangereux ? Comment font-ils ? Ils y arrivent. La police des foules, c'est maintenir à distance. Donc effectivement, le canon à eau, ça permet de maintenir à distance la circulation de l'information,
c
'est des pratiques de désescalade. Tout ça, ça a été très bien étudié et documenté par de très nombreux spécialistes. Il y a des tactiques de maintien de l'ordre, il faut des forces spécialisées, entraînées,
il
faut de la distance,
il
faut de la communication avec la foule. Il
n
'y a pas besoin d'avoir un armement de guerre avec des armes qui tuent, en l'occurrence des enfants, pour gérer les mobilisations sociales. Et puis, il faut aussi accepter qu'il y
ait
des mobilisations sociales. Ces mobilisations, elles sont légitimes. Mais une mobilisation sociale, c'est l'utilisation du droit de manifester, du droit de réunion pacifique reconnu par le droit international. Ça peut provoquer des entraves à la circulation, des contraintes. Il peut y avoir des éléments marginaux qui vont commettre des dégradations. Ça ne condamne pas pour autant le droit à manifester, y compris pour des lycéens.
Un droit auquel vous êtes attentif, puisque vous déposez aussi régulièrement des recours contre les arrêtés qui interdisent les manifestations. Merci beaucoup, Emmanuel Jourdan-Chartier, d'avoir accepté notre invitation ce matin pour nous expliquer le rôle de la Ligue des Droits de l'Homme, association dont vous êtes vice-présidente. Bonne journée à vous. Merci.