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ChroniqueSébastien Gobert· 27 janvier 2026 14 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & électionsEurope & international

Contre Loukachenko, Zelensky s'unit (enfin) à l'opposition bélarusse

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Sébastien GobertChiffre
    « Donald Trump fondait en grande pompe son conseil de la paix. On sait que ce Conseil de la paix, il a fait flop pour l'instant avec seulement 19 pays, plus les États-Unis qui l'ont rejoint sur une cinquantaine de pays qui avaient été invités. »
  • 4:00Sébastien GobertFait
    « Alexander Lukashenko a été très heureux d'accueillir le déploiement de missile orechnik sur son propre territoire. »
  • 7:00Sébastien GobertFait
    « L'opposition russe va faire son entrée ce jeudi 29 janvier au Conseil de l'Europe. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Vous l'avez sans doute vu il y a quelques jours à Davos, Donald Trump fondait en grande pompe son conseil de la paix. On sait que ce Conseil de la paix, il a fait flop pour l'instant avec seulement 19 pays, plus les États-Unis qui l'ont rejoint sur une cinquantaine de pays qui avaient été invités. Mais on sait aussi que Donald Trump ne reconnaîtra jamais que ça a fait un flop. et pas plus que Alexander Lukachenko, le dictateur du Béarus qui lui y voit une très belle occasion de sortir de son isolement diplomatique et de revenir en Grâce sur la scène internationale.

On a vu Minsk accepter avec beaucoup d'enthousiastes l'invitation qui avait été adressée personnellement à Alexander Lukashenko. Évidemment, sans préciser si le dictateur était prêt à payer 1 milliard de dollars pour une place permanente. Et ça c'est déjà une autre question.

Mais ce qui a été particulièrement intéressant c'est que quasiment dans le même temps, un autre béarusse a connu une évolution diplomatique majeure. C'est-à-dire que Volodimir Zelenski, donc le président ukrainien a rencontré pour la première fois depuis 2020 la leader de l'opposition Sfetlana Tyranovskaya. Et c'est donc un revirement tout à fait notable qui peut potentiellement avoir des conséquences.

Alors parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo donc sur les relations entre l'Ukraine et l'opposition Belarusse ce qui nous amène aussi à parler donc des relations entre l'Ukraine et le Belarusse d'Alexander Lukachenko, mais aussi de la politique ukrainienne et des manœuvres diplomatiques d'Alexander Lukashenko. Cette rencontre entre Volodimir Zelenski et Smlana Tiranovskaya, ça marque vraiment un mouvement à la marge mais ça reste quand même particulièrement important puisque il faut dire et je le rappellerai donc à la fin de la vidéo que ce conflit en Ukraine en fonction de la direction qu'il prend et bien il a le potentiel de redéfinir toute la géopolitique de la région.

Je commence cette vidéo en mentionnant quelque chose d'intéressant concernant les oppositions parce que sinon je vais oublier dans le cadre de la vidéo, c'est que l'opposition russe va faire son entrée ce jeudi 29 janvier au Conseil de l'Europe. Donc on va avoir 15 opposants à Vladimir Poutine qui vont siéger à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour remplacer les dignitaires russes qui eux ont été expulsés du Conseil de l'Europe à partir de 2022. Donc c'est intéressant de noter que dans une intervalle assez brève et bien on a à la fois l'opposition russe mais aussi l'opposition belarusse qui se renforce sur la scène européenne en l'occurrence si on veut parler de l'opposition belarusse donc on parle d'une rencontre qui s'est tenue en marge d'un événement international à Vilnius le 25 janvier pour marquer le 163e anniversaire du lancement de l'insurrection lituano-polonaise de 186 63.

Donc un moment où les Polonais et les Lituaniens qui vivaient sous le jour russe depuis déjà plusieurs décennies après les partitions de la Pologne ont lancé une insurrection et celle-ci a été la plus longue des insurrections jamais menées contre l'Empire russe donc 1863 1864. On sait que cette insurrection s'est soldée par un échec. On sait qu'elle a aussi nourri les vagues d'migration polonaise notamment vers l'Europe occidentale, notamment vers la France.

Et on sait aussi et donc c'était au cœur des commémorations du 25 janvier que cette insurrection avait été nourrie par les participations euh des peuples qui étaient en train de devenir donc dans la seconde moitié du 19e siècle les Belarusses et les Ukrainiens. Très important parce que une grande partie de cette insurrection s'est déroulée sur le territoire de l'actuel Belarus et elle a été menée par quelqu'un qui s'appelle Constanti Kalinowski qui est aujourd'hui considéré comme un des plus grands héros du Belarus voire même comme le père de la nation. Donc à ces commémorations à Vilnus, on avait les représentants de l'ancienne République des deux nations, donc la Pologne Lituanie, qui marquait encore une fois leur lutte centenaire contre l'Empire russe.

Dans son discours, Vladimir Zelenski a accordé une grande place au Belarus et à l'opposition Belarusse en se montrant particulièrement véhément contre Alexander Lukashenko. Il a dit et je cite que le chien d'Alexander Lukashenko a plus de droits que le peuple belarusse et notamment évidemment après les répressions de l'été 2020. Et tout cela a débouché sur cette rencontre bilatérale entre donc Volodimir Zelenski et Svetlana Tiranovskaya qui est donc la chef de l'opposition belarusse depuis ses élections contestées de 2020 et son départ en exil après les très fortes répressions par le régime.

Pourquoi est-ce que c'est important ? parce que depuis 2020 Volodimir Zelenski avait tout simplement snobé Svetlana Tiranovska. Il n'y a eu qu'une seule interaction, c'était une brève poignée de main en 2023 à Ex la Chapelle en marge d'un autre événement public et il n'y avait pas eu de rencontre bilatérale entre ces deux personnes depuis.

L'explication officielle qui avait été invoquée jusqu'à présent, c'est que pendant sa campagne présidentielle en 2020, Setlana Tiranovskaya avait eu quelques propos dérogatoire vis-à-vis de l'Ukraine et en tout cas, elle affirmait que elle voulait rester dans la droite ligne du Kremelin et donc que cela la rendait suspecte aux yeux de Kief. Mais à partir du 24 février 2022, l'opposition Belarusse et c'est la NA Tiranovskaya a beaucoup évolué sur ces questions en apportant son soutien plein et entier à la cause ukrainienne. Mais ça Kief et donc Volodimir Zenski n'en n'a pas tenu compte.

C'est principalement dû au poids de son ancien chef de cabinet André Ymac qui a imposé un embargo sur les contacts directs avec Setlana Tiranovskaya. Il y avait eu un des contact avec l'opposition Belarusse et évidemment avec l'équipe de Siclan Tiranovskaya, mais pas de rencontre bilatérale. Tout cela sur la base de cette suspicion à l'endroit de SKlana Tyranovskaya, mais aussi avec cette idée un peu naïve que il ne fallait pas titiller Alexander Lukashenko qui avait déjà prêté son territoire pour le lancement de l'invasion russe le 24 février 2022.

Mais donc on se disait si jamais on n'entretient pas des contacts très intimes avec l'opposition Belarusse et bien il n'y a pas de raison que Alexander Lukashenko s'engage plus avant dans la guerre. ce qui a été un calcul tout à fait stérile hein puisque on a vu non seulement que Alexander Lukashenko a continué à prêter son territoire notamment pour des lancements de drones et évidemment pour toute la logistique de l'armée russe. Mais que en plus de ça à la fin 2025 Alexander Lukashenko a été très heureux d'accueillir le déploiement de missile orechnik sur son propre territoire.

Andrmac dénigrait aussi aisément euh l'opposition belarusse en la considérant comme très faible et très divisée et il cherchait lui-même à la diviser encore plus en multipliant par exemple des contacts avec le régiment de volontaire Belarusse qui se battait pour l'Ukraine, qui se bat toujours pour l'Ukraine d'ailleurs et qui est nommé en l'honneur d'ailleurs de ce père de la nation belarusse Constantine Kalinowski et donc évidemment privilégier les contacts avec cette unité militaire au détriment de la représentante assez légitime de l'opposition B la Russe en exil et bien ça a encore plus affaibli cette opposition. La configuration a vraiment changé à la fin 2025. D'abord parce que André Germac a dû démissionner de son poste début décembre, aussi parce que Alexander Lukashenko donc il a accueilli avec enthousiasme le déploiement de ses missiles orichniqu donc montrant que il n'avait absolument aucun problème à s'engager plus avant dans les forts de guerre russe.

Mais aussi troisièmement parce que l'administration Trump a entrepris de lever l'isolation diplomatique d'Alexander Lukashenko et de miser sur une normalisation de ses relations avec Minsk. Ça, je ne reviens pas dessus parce que je l'avais bien développé dans ma dernière vidéo sur les tenants et les aboutissants de cette démarche et sur le calcul politique qu'il y avait derrière. Vous pouvez le retrouver dans ma dernière vidéo sur le sujet.

Je vous donne juste un indice. Trump s'en fiche un peu de Lukachenko, mais c'est juste un vecteur pour parler à Poutine. Mais évidemment pour Alexander Lukachenko, c'est du pain béni puisque ça lui permet de revenir en grâce sur la scène internationale.

Alors là, accepter l'invitation pour rejoindre le conseil de la paix, c'était vraiment une espèce de cerise sur ce gâteau pour lui en obtenant la levée de quelques sanctions, par exemple sur la compagnie aérienne Belavia ou encore sur la potasse Belarusse. Et évidemment que Alexander Lukashenko ne veut pas s'arrêter là parce que selon les sources diplomatiques assez bien informées, sa prochaine étape ce serait d'arranger les routes d'exportation de sa potasse et d'autres engrais chimiques. étant donné que les ports de la Baltique ne lui sont plus accessibles, étant donné que la Russie est encore sous sanction, et bien Alexander Lukachenko chercherait à faire inclure dans un potentiel accord de paix entre l'Ukraine et la Russie la possibilité de faire exporter sa potasse via l'Ukraine et donc via les ports d'Odessa.

Et donc ce qui fait que du point de vue de Kief, tout a vraiment changé et ça a permis donc l'organisation de cette rencontre bilatérale entre Volodimir Zelenski et Svitlana Tiranovski. Fondamentalement, le président ukrainien n'a pas fait grand-chose de sensationnel étant donné que Svetlana Tiranovskaya est reconnu comme la représentante légitime par l'ensemble des pays européens. Et donc en fait, il s'est juste inscrit dans une dynamique européenne mais avec plus de 5 ans de retard.

Mais concrètement, cette rencontre peut avoir des effets assez pratiques sur l'intensification des relations diplomatiques entre Kiev et l'opposition Belarusse, potentiellement sur le recrutement de plus de Belarusses pour se battre au côté de l'Ukraine contre la Russie. Mais aussi, et ça ça vient des mêmes sources diplomatiques, Volodimir Zelenski et Splana Tiranovskaya pourrai engager de manière commune des procédures pénales pour faire en sorte que Alexander Lukachenko soit frappé d'un mandat d'arrêt international. Donc il y a toutes ces dimensions qui sont intéressantes à relever évidemment en soi mais aussi parce que elles s'inscrivent dans des recomposition régionale.

Et là-dessus, une autre citation du discours de Volodimir Zelenski à Vilnus ce 25 janvier est particulièrement importante puisque elle dit donc je cite "Je tiens à m'adresser en particulier au peuple belaruse. Vous êtes un peuple européen qui avec tous nos peuples formera une Europe libre et unie, une Europe pacifique, une Europe forte. Vous ne pouvez pas être effacé.

Nous ne pouvons pas tous être effacés." Et ça, cette vision pour le futur, elle est particulièrement importante. Ces derniers temps, elle est assez invisibilisée étant donné queon se rallie assez vite au discours selon lequel la Russie est la plus forte sur le terrain, qu'elle est en train de gagner cette guerre et que de toutes les manières, tout cela va se terminer par un accord de paix qui va être imposé par l'administration Trump et que donc une défaite de la Russie et une victoire de l'Ukraine ne sont plus possibles à ce stade de ce conflit.

Mais d'une part, ça n'est pas gravé dans le marbre. L'Ukraine n'est pas en train de gagner cette guerre, mais elle n'est pas non plus en train de la perdre. Et c'est pareil pour la Russie, tant que ce conflit continue, il y a toujours la possibilité que ça bascule, que le rapport de force bascule d'un côté ou de l'autre.

Et si jamais ça basculait du côté de l'Ukraine pour une raison ou pour une autre, ce qu'il faut voir, ce sont les conséquences au niveau régional parce que l'essentiel des observateurs et en particulier les Européens redoutent par-dessus tout une implosion de la Russie en cas de défaite. Mais ça c'est un scénario qui reste vraiment hypothétique parce que il y a des logiques internes à la Russie qui font que pour l'instant la possibilité d'une implosion ou d'une guerre civile, on y est mais vraiment pas du tout. Par contre, ce qui est vraiment très concret parce que là mathématiquement ça découlerait d'une victoire ukrainienne, ce sont les recompositions et les rééquilibrages au niveau régional.

C'est-à-dire que si jamais la Russie était vraiment mise en échec, et bien un pays comme le BRUS retrouverait une opportunité de mettre en place une alternance politique et donc de faire tomber ce régime d'Alexander Lukashenko qui, rappelons-le, est en place depuis 1994. Il y aurait aussi des conséquences sur la transnistrie vis-à-vis de la Moldavie. On sait très bien que la transnistrie est particulièrement affaiblie, particulièrement isolé et si jamais la Russie était mise en échec et si jamais donc l'Ukraine voisine en arrivait à gagner cette guerre et à se stabiliser et à développer son économie, et bien le sort de la transistrie irait dans un sens plutôt que dans un autre.

Évidemment, ça affecterait la geéorgie avec ces deux provinces séparatistes, mais aussi avec son régime dirigé par l'oligarque Bizzina Isvanishvili qui est lui intimement lié à la Russie. Ça aurait aussi un impact sur l'Arménie qui tente tant bien que mal de s'engager sur un chemin d'intégration européenne. Et ça ouvrirait aussi probablement pas mal de portes pour tout ce qui est coopération régionale et intégration régionale donc autour de cette région de la mer Noire qui en ce moment est vraiment paralysée par le conflit et on envoie les conséquences au niveau sécuritaire, au niveau commercial mais aussi évidemment au niveau environnemental.

Et donc c'est aussi ça qui transparaît de cette première rencontre bilatérale entre Volodimir Zelenski et Setlana Tiranovskaya. C'est cette vision pour cette région qui serait débarrassée de ce qu'on appelle aujourd'hui la menace russe et qui serait donc libre de faire ses choix en terme de réforme, en terme de transition économique, en terme de démocratisation, en terme d'intégration européenne et évidemment d'intégration régionale. Et ça c'est une vision qu'il ne faut vraiment pas perdre de vue parce que fondamentalement elle reste au cœur des efforts des Ukrainiens pour lutter contre l'invasion russe.

Évidemment, ils luttent pour leur propre survie et pour leur propre pays d'abord. Mais en tant que puissance géopolitique naissante, ils ont aussi cette vision régionale dont pourraient bénéficier les peuples voisins. Voilà, merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. je file et je vous retrouve très vite.