Macron prépare sa rentrée... Hollande, son retour ? #cdanslair 16.08.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 26 %Attaque 44 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:34OuverteRéponse directe
Brigitte Macron a parlé du travail d'Emmanuel Macron pendant ses vacances. Que signifie "adapter sa détente au travail" ?
- 4:36OuverteRéponse directe
Brigitte Macron est-elle un moteur de la communication macroniste ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Jérôme Fourquet, la popularité de Brigitte Macron est-elle confirmée par les sondages ?
- 7:50OuverteRéponse directe
Le président a perdu des points dans les sondages, notamment parmi les électeurs de droite. Quelles en sont les causes ?
- 12:22OuverteRéponse directe
Jérôme Fourquet, quelle est la réalité de ce décrochage à droite et quelles en sont les causes ?
- 15:29OuverteRéponse directe
Faut-il s'attendre au fameux virage à gauche de ce quinquennat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:18PrésentateurChiffre
« Vous avez publié un sondage en juillet où la cote de popularité de Macron perd 8 points. »
- 4:12PrésentateurFait
« Il a dit « il adapte sa détente au travail ». »
- 8:37InvitéFait
« C'est magnifique, il a beaucoup de travail, donc il travaille, il se détend, donc il est en pleine forme. »
- 8:43InvitéChiffre
« En juillet, il affiche seulement 34% d'opinions favorables. »
- 8:48InvitéChiffre
« Il perd même 9 points chez les sympathisants des Républicains. »
- 13:23PrésentateurFait
« Avec la position très alambiquée d'Emmanuel Macron au moment de l'Aquarius saison 1, début juin, en disant, on n'accueille pas le bateau, mais on va prendre une partie des gens qui sont dessus. »
- 26:53PrésentateurPromesse
« Il avait promis quand même la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires la première année. »
- 26:57PrésentateurChiffre
« On sort avec 1 600. »
- 27:27PrésentateurChiffre
« Enfin, on est quand même aux alentours de 9,2% de la population active qui est au chômage. »
- 30:56InvitéFait
« La future réforme ne touchera pas les pensions déjà liquidées, bien entendu. »
- 31:04InvitéFait
« Il n'est pas du tout non plus question de supprimer les pensions de réversion. »
- 34:30PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a pris beaucoup de risques pendant la campagne en disant, je ne vais pas augmenter l'âge du départ à la retraite. »
- 36:12PrésentateurFait
« Rappelez-vous la CSG, qui ne nous toucherait que les retraités les plus aisés. »
- 36:15PrésentateurChiffre
« On avait appris qu'était aisé un retraité à partir de 1 600 euros. »
- 39:51PrésentateurFait
« Emmanuel Macron s'est présenté comme le président du pouvoir d'achat. »
- 40:14PrésentateurFait
« La France est un des derniers pays occidentaux à ne pas pratiquer ce mécanisme. »
- 41:44PrésentateurFait
« Son projet s'appelait Révolution. »
- 43:32Locuteur non identifiéFait
« Il a réussi la réforme de la SNCF, que personne n'avait réussi avant lui. »
- 44:21PrésentateurFait
« Y compris à l'abolition des pensions de réversion. »
- 47:07InvitéFait
« Je ne vais pas faire d'autres comparaisons, mais il est possible de gagner deux fois. »
- 47:21InvitéFait
« Il y a une vraie attente. Beaucoup de gens espèrent son retour. »
- 49:17PrésentateurFait
« C'est incroyable ce tract Hollande 2022. »
- 54:50PrésentateurFait
« Le chômage ne baisse plus et l'inflation repart. »
- 54:54PrésentateurFait
« Mon successeur est mauvais en économie. »
Temps de parole
- Présentateur75 %
- Locuteur non identifié8 %
- ?5 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
≈ 36,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à tous. Dernier jour de vacances pour Emmanuel Macron. Et la rentrée s'annonce compliquée pour le chef de l'État qui chute dans les sondages, notamment parmi les électeurs de droite. Or, le président doit engager plusieurs réformes difficiles, à commencer par la réforme des retraites, avec notamment des craintes concernant la retraite de reversion, que touchent près de 4 millions de veuves en France. Des difficultés qui donnent des ailes et peut-être des idées à son prédécesseur, François Hollande, qui continue de dédicacer son livre à tour de bras et qui envisagerait, pourquoi pas, dit-on, un retour en 2022.
Alors c'est le sujet de cette émission, de ce C'est dans l'air, que nous avons décidé d'intituler ce soir « Macron prépare sa rentrée et Hollande son retour ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir sur ce plateau Yves Tréard, éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro, le Figaro qui titre aujourd'hui « Réforme des retraites, une rentrée sous haute tension ». Nous accueillons Caroline Fontaine, vous êtes journaliste politique à Paris Match. Dans le numéro de cette semaine, on peut retrouver d'ailleurs un article consacré aux vacances studieuses d'Emmanuel Macron à Brégançon.
Nous accueillons Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP. Vous avez publié un sondage en juillet où la cote de popularité de Macron perd 8 points. Et enfin Jean Garrigue, historien, spécialiste de la vie publique. Vous présidez le comité d'histoire parlementaire et politique et vous enseignez à l'Université d'Orléans et à Sciences Po Paris. Première question, hier on a vu Brigitte Macron donner des nouvelles un petit peu de son mari Emmanuel. Et elle a eu cette phrase assez alambiquée pour expliquer le travail. Il a dit « il adapte sa détente au travail ».
Je
ne
sais
pas, ça veut dire quoi ? Adapter sa détente au travail. Ça veut dire que le travail est plus important que la détente. Ça devrait vouloir dire ça. C'est un peu normal quand on est président de la République, on n'a pas de vacances. Bon si, c'est tout à fait concevable qu'on se retire, qu'on soit un petit peu en retrait de la vie active, publique. Mais c'est tout à fait normal que le président de la République, il a été au téléphone aujourd'hui avec Recep Erdogan, le président turc. Il a eu Poutine pendant ces derniers jours. C'est tout à fait normal, le monde continue à tourner. Simplement, on ne peut pas imaginer, si vous voulez non plus, qu'il le fasse trop savoir.
Donc il essaye d'être à peu près, si vous voulez, discret.
Il
y en a un qui n'avait pas compris ça. Un !
François
Hollande, son prédécesseur, première vacance, il va à Brégançon. Et il se promène, même s'il travaillait très vraisemblablement lui aussi. Mais il a eu deux torts. Un, pendant le mois de août,
il
y a des indices et des indicateurs économiques très mauvais qui étaient tombés en pagaille sur le chômage, sur le commerce extérieur, sur l'essence et tout. Et il n'y avait pas un seul communiqué de l'Elysée pour essayer de relativiser ou pour dire « je m'en occupe ». Et puis deuxièmement, il y
a
eu ces photos de Paris Match qui étaient ravageuses.
Avec le
polo trop long. Le polo, on va dire mal hâtifé, où il était mal hâtifé sur la plage de Brégançon. Et ça, ça a eu un effet,
disons,
assez négatif dans l'esprit des Français. Il n
'y a
pas eu de couac cette année à Brégançon. Ça,
c
'est plutôt... Il y a eu une petite polémique sur la piscine, mais il n
'y a
pas eu de couac.
Oui, mais enterré tout de suite, parce que la
première image a été lue avec Thérèse Abbé en train de travailler. Oui, puis ça aurait été une fausse polémique, mais il a raison. Enfin, un président, il est là pour travailler. On sait qu'il est toujours connecté aux problèmes de l'heure. Et Emmanuel Macron, il a voulu renouer avec une vraie présidentialité de vacances, s'inscrivant d'ailleurs dans la continuité de la plupart de ses prédécesseurs qui bossaient, qui en même temps s'accordaient des bains de foule et des bains de mer. Mais la grosse erreur, évidemment,
c
'était celle de... La grosse erreur d'image,
c
'était celle de François Hollande. Et on voit très bien de quelle manière, une fois de plus, Emmanuel Macron essaie de se mettre positionné en regard, justement, de ce qu'ont été les erreurs de ses prédécesseurs.
Il a beaucoup
appris à l'Élysée, au fond. Il a beaucoup. Enfin, oui, il a beaucoup appris des erreurs de
François
Hollande. Il y a aussi, puisqu'il y
a
eu ce problème de la canicule il n
'y a
pas très longtemps, Jacques Chirac, en 2003, se voit reprocher lui aussi de ne
pas
être très présent au moment de la canicule. C'est surtout le ministre de la Santé de l'époque, Matéi, qui subit les foudres de l'opinion et de la presse. Mais on reproche aussi à Chirac de ne pas avoir été suffisamment réactif. Caroline Fontaine,
du
coup, si on a vu Emmanuel Macron accorder quelques bains de foule, mais du coup, il ne donne pas beaucoup à la presse pour nourrir les articles de Paris Match. Il n'y
en
a pas beaucoup de croustillants, non ? Ah
non,
il disait l'article, il y a beaucoup de choses. Bon, tant mieux, il restaure.
Si
? Si, non, oui, dans un sens, c'est aussi ce qui permet d'éviter les couacs. Et puis,
c
'est
ce qui
permet aussi de le montrer tel qu'il aime qu'on le voit, c'est-à-dire avec un peu de hauteur.
Et
puis, il a bien compris qu'il fallait en effet qu'il soit au travail, d'autant plus qu'il s'annonce pour lui une rentrée difficile.
Donc, voilà. Il a vu Brigitte
seule. Alors ça, c'était calculé, vous croyez, si on est pour Brigitte Macron ?
Tout est toujours un peu calculé, j'imagine.
Le vélo,
le sport ?
Bah oui, le scooter des mers.
Ah oui, on l'a vu sur un jet-ski.
Voilà, exactement. Oui, il faut quand même donner un peu.
Ça fait pas une image un peu bling-bling, ça, le scooter des neiges, non ? Le scooter pas des neiges
des mers, pardon ? Ça serait vraiment étonnant.
Brigitte Macron, c'est quand même un moteur de la communication, en tout cas de l'intime macroniste. Je veux dire que c'est quand même, elle est très populaire.
Sans
doute plus populaire que lui. Donc, c'est assez normal qu
'on
la mette en avance. Jérôme Fourquet, vous confirmez, Brigitte Macron ? Le sondage IFOP qui avait été fait pour Paris Match, justement, qui montrait qu'elle avait une bonne cote de popularité. Et puis, pour rebondir sur ce qui vient d'être dit, vous rappelez aussi les photos dans Paris Match, au moment du lancement de sa campagne, où on voit le futur couple présidentiel sur des plages. Alors là, c'était de l'Atlantique. Et ça avait fait couler beaucoup d'encre. Et ça avait pas mal servi dans la mise sur orbite de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. Brigitte Macron, qui a été un sujet central de l'actualité dans le désert médiatique l'année dernière,
parce
qu'on était en plein débat sur savoir s'il fallait lui donner un statut reconnu, écrit, et finalement, ça avait fait une petite polémique, une vaguelette, je dirais. Et du coup, l'Élysée et surtout Emmanuel Macron, qui avait promis ce statut, est revenu en arrière. Et on a eu le droit à communiquer en fin d'année, en fin d'été, pour nous dire, finalement, rien ne change. Et voilà, le budget qui lui sera alloué sera de 440 000 euros par an, ce qui était le budget qu'avaient toutes les Premières Dames par le passé. Mais on l'entend très peu, Brigitte Macron. Oui, mais je
pense que... On l'entendait
beaucoup plus... Jérôme
a
raison, mais on n
'a
pas besoin que... Enfin, je pense qu'elle sait précisément où est sa place. Contrairement à d'autres, Madame, la première compagne de François Hollande voulait réinventer la fonction présidentielle. Et bon, ça a plutôt échoué. Et puis, on sait que la première épouse aussi... Enfin, l'épouse de M. Sarkozy, quand il est arrivé à l'Élysée, prenait beaucoup de place. Elle aurait dû prendre beaucoup de place parce qu'elle avait fait toute sa carrière politique... Elle avait fait la carrière politique de son mari sans négliger les mérites de celui-là. Et Cécilia n'a jamais... Enfin, pas Cécilia. Carla Bruni n'a jamais outrepassé non plus ses fonctions. Elle est restée très discrète.
Alors,
en tous les cas, on en a parlé. Le président de
la
République a perdu des points dans les sondages durant cet été, notamment parmi les lecteurs de droite. Donc, on peut se demander si ce n'est pas la fin de l'idyle entre Emmanuel Macron et une partie de la droite. Plusieurs enquêtes, on l
'a
dit, confirment la baisse de popularité. Alors, entre l'affaire Benalla, le manque de résultats économiques, les politiques fiscales, il faut dire que les déceptions s'accumulent. De quoi revigorer les élus républicains et assombrir les derniers jours du couple Macron à Brégançon. C'est un reportage de Mathieu Lignot et Stéphane Lopez.
Au
fort de Brégançon, le crédo d'Emmanuel Macron, c'est la discrétion. Mardi, c'est la première dame qui s'arrête devant les caméras pour donner des nouvelles d'un président en vacances, mais studieux. C'est magnifique, il a beaucoup de travail, donc il travaille, il se détend, donc il est en pleine forme. Pourtant, Emmanuel Macron est à la peine dans les sondages. En juillet, il affiche seulement 34% d'opinions favorables. Il perd même 9 points chez les sympathisants des Républicains. Exemple, au Touquet, un bastion de la droite depuis près de 10 ans.
L
'année dernière, beaucoup se sont laissés tenter et ont voté Emmanuel Macron. Un an après, pour certains électeurs, le vernis craque, le président des soies.
Les
mutuelles augmentent, le gazoal augmente, tout augmente. Donc pour moi, je pense que c'est non, on est mal parti, sauf qu'on a supprimé l'ISF. Enfin, je ne
suis
pas d'accord du tout avec la politique. Je ne
suis
pas contente du tout, parce que, bon, notre retraite a vraiment baissé. J
'ai entendu Hollande qui disait à une certaine époque que Macron n'était pas le président des riches, mais des très riches. Je pense que de ce côté-là, il n
'a
pas tout à fait tort.
Le Touquet, c'est aussi la deuxième ville d'Emmanuel Macron.
Il
y vote et sa femme y possède cette résidence secondaire. Daniel Fasquel est le député de la circonscription. Pour cet élu, les Républicains, les doutes de l'électorat de droite
sont
une bonne nouvelle.
M.
Fasquel, ça va ? Ça va et vous ? Très bien. Bon, bientôt, retour à la mairie dans un an et demi. Car sa victoire aux législatives l'année dernière n'a pas été facile.
Je
gagne au Touquet-Paris-Plage de 30 voix. Donc le Touquet-Paris-Plage est resté une commune attachée aux députés, aux maires que j'étais à l'époque, mais également aux Républicains, même si c'était avec un score serré. Et je pense que dans ce contexte-là, de gagner au Touquet, c'était déjà en soi un vrai véritable exploit. Et si les élections avaient lieu aujourd'hui, je suis convaincu que ce ne serait pas 30 voix, mais ce serait plutôt 300 voix, si ce n'est plus d'écart. Croissance décevante. Affaire Benalla. L'opposition de droite espère reprendre des couleurs face à Emmanuel Macron. Reste encore à savoir comment.
M.
Macron est aujourd'hui en situation d'échec, à charge pour nous maintenant d'être le réceptacle de ceux qui sont déçus de la politique de M. Macron. Et là, on a encore du travail à faire, puisque les Républicains sont encore convalescents aujourd'hui. Mais d'ici 2022, on a encore 4 ans devant nous pour construire un projet, conforter l'équipe. Réunir la famille des Républicains, pas une chose facile. D'autant qu'Emmanuel Macron compte bien cacher leur été.
Le
journal Le Canard Enchaîné révèle que le président a invité le 2 août des figures de la droite à l'Elysée. Christian Estrosi, Alain Juppé et Jean-Luc Moudinck. Des maires de grandes villes Nice, Bordeaux et Toulouse jugés Macron compatibles.
Car
du côté de La République En Marche, les élections municipales sont déjà en ligne de mire. On a fait pas mal d'événements qui parlaient des préoccupations nationales et il faut revenir plus
sur le
territoire. Pour ces militants En Marche du Touquet, on ne s'inquiète pas des mauvais sondages.
Ils
n'ont aucun doute, la politique du président va payer et les électeurs vont revenir. Oui, il faut y croire, il faut faire confiance, il faut continuer de faire confiance. C'est vrai qu'on ne peut pas être d'accord sur tout, mais après l'avenir dira qu'il
y
a raison. Si les réformes mises en place fonctionnent, normalement elles devraient fonctionner dans le temps, et les réformes qui sont à venir relancent l'économie, créent de l'emploi, on remet les gens à l'emploi, tout derrière découlera. Le volet social découlera naturellement, les Français vont s'y retrouver, il faut juste qu'il soit passé en fait. Le Touquet, une ville symbole. Le parti des Républicains organisera dans la station Balnéaire son campus d'été,
au
début du mois de septembre.
Alors Jérôme Fourquet, quelle est la réalité de ce décrochage à droite et quelles en sont les causes
? La
réalité, c'est les chiffres que vous avez rappelés, que vous avez indiqué dans le reportage, c'est une baisse de
8
à 10 points de la popularité du président de
la
République dans l'électorat
ou
les sympathisants des Républicains.
Ce
que nous on a constaté à l'IFOP, c'est que cette baisse intervenue cet été,
l
'essentiel du mouvement de baisse avait eu lieu avant l'affaire Benalla. Donc les causes de cette baisse, en tout cas à droite, ne sont pas en majeure partie imputables à cette affaire.
Si
on parle un peu trivialement, pour un électeur de droite, de base, le fait que quelqu'un vienne prêter main forte à des CRS quand des manifestants d'extrême-gauche jettent des canettes sur ces mêmes CRS n'est pas là pour les choquer ou les traumatiser, autre mesure. Donc la baisse, elle est préalable à ça. Nous, on a détecté deux foyers d'insatisfaction ou explicatifs. D'une part,
de
manière très significative, la question de l'immigration. Avec la position très alambiquée d'Emmanuel Macron au moment de l'Aquarius saison 1, début
juin,
en
disant,
on n'accueille pas le bateau, mais on va prendre une partie des gens qui sont dessus. Et en même temps, on critique l'Italien et le Hongrois pour ayant des positions qui sont tout à fait contraires aux valeurs humanistes et européennes. alors même que nous-mêmes, la France, nous refusons d'ouvrir nos ports. Donc il y a pas mal d'électeurs de droite pour qui cette question de l'immigration est centrale,
qui
se sont un peu demandé de quoi ils retournaient. Et puis l'autre élément peut-être explicatif de cette baisse du soutien à droite, c'est qu'on sortait de la séquence
de
la réforme de la SNCF
qui
avait valu à Emmanuel Macron un soutien massif
de
la part de l'électorat de droite qui trouvait enfin à ses yeux un président courageux, capable d'entamer cette grande réforme qu'aucun prédécesseur d'Emmanuel Macron classé à droite
n
'avait eu la volonté de faire. Et pourquoi il n
'en
a pas profité du coup de cette réforme
?
Il en a profité sur le moment. Au mois de mai,
et puis c'est retombé en juin.
Une fois c'est retombé, et ensuite avec la question de l'immigration, ça a un peu brouillé les choses. On peut penser aussi qu'un certain nombre d'annonces controversées, on va sans doute y revenir après dans l'émission sur la modification du statut des pensions de réversion, a peut-être aussi coûté des dégâts. 80 km heure aussi ? Oui, mais c'était déjà acté dans les cours, comme on dirait à la bourse. Mais les pensions de réversion, on a un électorat de droite qui est en bonne partie composé de retraités, et donc là ça a pu déstabiliser également. Effectivement, on va revenir
à... Une fois qu'on
a dit tout ça, on est quand même encore à pas loin de 40% d'électeurs de droite
qui,
un an après l'élection d'Emmanuel Macron, après l'affaire Benalla, conservent leur soutien à Emmanuel Macron. Et c'est quelque chose d'assez inédit. Et on voit bien qu'Emmanuel Macron et son Premier ministre surveillent ça et essayent de maintenir cette cagnotte, si vous voulez, en l'État, en recevant des leaders de la droite pour préparer les grandes manœuvres, pour les européennes notamment. Alors justement, il y
a
une question là. Il veut essayer de conserver ces 40% de droite qu'il soutient encore. Alors, question de téléspectateurs, faut-il s'attendre au fameux virage à gauche de ce quinquennat
? Non, mais
bien sûr que non. Ça, c'est une vue de l'esprit et une vue,
à mon avis, du journaliste. Il n'y a pas des thèmes qui pourraient heurter sur
la
fin de vie ? Il va y avoir une
réalité, puisqu'on a parlé de la réalité de sa baisse dans les sondages. La réalité, c'est qu'effectivement, vont venir à l'ordre du jour, normalement, ce n'est même pas encore sûr,
deux
thèmes qui peuvent
être
compliqués vis-à-vis, pour Macron, vis-à-vis de son électorat de droite. C'est un, celui de la bioéthique, avec
la
fin de vie
et
l'euthanasie, éventuellement en bout de course, quoique ce n
'est
pas encore vraiment sûr, et la PMA, c'est-à-dire la procréation médicalement assistée, ouverte à tout le monde, sans conditions particulières, puisque la PMA existe en France, mais a des conditions très restrictives.
Donc
ces deux thèmes-là peuvent heurter certaines consciences de droite, tout comme d'ailleurs l'Organisation de l'Islam de France,
qui
va nécessairement faire débattre sur la loi de 1905 sur la laïcité, on va regarder un petit peu ce qui est accordé aux musulmans par rapport aux catholiques, enfin il y aura des débats. Ça, ce sont objectivement des thèmes qui peuvent être assez délicats pour Macron à négocier. Néanmoins,
il
n
'est
pas fou, il sait que la gauche est en mille morceaux.
La
gauche, elle a voté pour lui, et elle a fait son élection en grande partie,
elle
est en mille morceaux, et il sait qu'il l'a perdue, parce que la première année, les premiers 18 mois de son mandat, ont été des mois d'une politique de droite.
C'est
une politique économique, plutôt libérale, que jamais un président de gauche aurait pu imaginer. Donc il sait que son socle de soutien, il est à droite. Et donc celui-là, il ne peut pas se permettre de le perdre. Pourquoi ? Parce qu'il continue à faire sa popularité, même si elle a diminué. Et deuxièmement, la droite n'est pas du tout dans le même état que la gauche. Je vous rappelle que les Républicains, ils ont encore
la
plupart des régions,
la
plupart des grandes villes, la plupart des départements,
ils
ont encore des adhérents, ils tiennent le Sénat, et ils ont plus de 100 députés à l'Assemblée nationale. Donc la droite, mais oui, parce que la droite est son premier adversaire. Caroline Fontaine, est-ce qu'elle peut revivre, renaître cette droite à la rentrée, avec un Laurent Wauquiez, qui ça y est, enfin, viendrait le chef de file de l'opposition ? Vous y croyez ?
Laurent Wauquiez, lui, il a longtemps parié sur l'attente. Il s'est dit, je vais attendre que Macron ne s'aille plus, parce que tant que Macron est là sur mon terrain, comme vous l'avez bien dit, je n
'ai
pas d'espace. Donc là, il attend, on les a vus, d'ailleurs, cet été,
ils
sont revenus à la faveur de l'affaire Benalla, en se disant… Pas Laurent Wauquiez. Pas Laurent Wauquiez, mais ces troupes, d'un coup, on les a beaucoup plus entendues, avant, ils étaient plus absents. Alors après, le problème, c'est que, le problème pour Macron, c'est que, oui, en effet, la droite est encore capable de revenir, elle est quand même assez divisée aujourd'hui. C'est vrai qu'il a fait son élection en tuant la gauche, et là, cette année, il a tenté de tuer la droite. Alors, je crois que c'est Édouard Philippe qui a dit, « La poutre bouge encore », c'est vrai que la poutre bouge encore.
Mais il y avait une tentative d'alliance pour les Européennes, et c'est marrant parce que cette élection, dont en général, elle nous intéresse peu, là, elle va être un marqueur incroyable du paysage politique. Elle va peut-être le renouveler à nouveau.
C'est-à-dire, est-ce qu'Emmanuel Macron veut encore faire des prises de guerre à droite ? On parle d'un raffarin
qui pourrait ramener dans son
giron à l'occasion des Européennes, c'est ça, là, ce qu'il va essayer de faire ? Alors, c
'est ça qu'il va essayer de faire,
c'était ce qu'il était en train de faire, Raffarin, Juppé, etc. Mais là, dans une interview au Monde, Jean-Pierre Raffarin dit que peut-être ils iraient seuls, peut-être ils iraient en rentrant chez eux et en retournant des Républicains. Donc, en fait, tout se jouera là, parce que c'est ça l'espace de Macron. Et si Raffarin lance et Juppé parte seul, ça sera la catastrophe pour Macron, probablement.
C
'est-à-dire que si jamais il ne se rallie pas à La République en Marche ? Voilà, ou à Macron. Voilà, ou à Macron. Oui, Jean Garrigue ? Il était, il
y
a quelques mois, il était fortement question, justement, d'une alliance entre La République en Marche et les Juppéistes, la droite humaniste, Jean-Pierre Raffarin, pour les élections européennes, d'une liste unique. Et puis, à la faveur de, justement, d'une décrue de la popularité d'Emmanuel Macron, notamment la rupture avec les territoires, on n'en a pas parlé, mais je pense que ça, c'est un élément qui, pour la droite et pour l'électorat de droite, peut être aussi, je dirais, une épée de Damoclès sur la tête de Macron. En tout cas, à la faveur de ça, il y a eu, voilà, une sorte de mise en retrait de ces projets.
Et on voit bien aujourd'hui qu'au fond, Jean-Pierre Raffarin, on en parlait avant cette émission, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé, font un peu monter les enchères. C'est-à-dire qu'ils ne choisissent plus, en tout cas, ils n'ont pas fait le choix de, soit de former une liste autonome de centristes et d'européistes humanistes de la droite,
ce
qui, à mon sens, serait quand même un très gros risque politique, soit de se rallier à Laurent Wauquiez,
ce
qui, là, pourrait quand même apparaître pour beaucoup comme un contresens, soit la troisième solution initiale d'aller avec Macron. Mais, autant on pouvait se dire, il y a quelques mois, c'est cette dernière solution-là qui est choisie, autant aujourd'hui, ça paraît plus déficit.
Mais justement, alors,
Laurent Wauquiez est-il la personne adéquate pour essayer de rassembler cette droite qui, en fait, comme vous le dites, semble s'éloigner un petit peu de l'orbite d'Emmanuel Macron ?
Il
ne
faut
pas le sous-estimer, Laurent Wauquiez.
On ne l'a
pas vu de l'été, pourquoi d'ailleurs ? À part avec son cheval dans le Parisien. Non,
le Parisien,
c'est peut-être pas une stratégie, mais une tactique, en tous les cas. Et je pense qu'il a eu raison. Je pense qu'il a eu raison, justement, de ne pas aboyer avec les loups dans l'affaire Benalla. Il a pris deux fois la parole, une fois sur Europe 1 et une fois dans le Figaro. Et je pense que c'était suffisant. Il a dit ce qu'il avait à dire. Et l'affaire Benalla, je ne crois pas du tout, contrairement à ce qu'on entend, lit et ce que croit la droite,
et
notamment M. Fesquel, je ne crois absolument pas qu'elle ait fait les affaires
des
opposants de M. Macron. Je pense qu'elle a été mauvaise pour Macron, mais je ne crois pas que, pour autant, il se soit montré tellement géniaux, notamment à l'Assemblée nationale, où les discours étaient convenus. Enfin, leur opposition était très convenue, et on voyait bien, et les Français ne sont quand même pas idiots, ils voyaient bien, les Français, qu'ils essayaient de se faire tous la cerise sur cette histoire, sur une histoire qui n'est pas une affaire d'État, et donc, voilà. Il n
'a
pas participé à ça, Laurent Wauquiez. Et je suis persuadé que Laurent Wauquiez est en train d'infiner, justement, pour la rentrée, sa
ligne.
Il était bon de dire qu'il s'était droitisé, qu'il allait droitiser les Républicains, que... – C'est quand même vrai, non ?
–
Non, mais c
'est vrai. – Avec un virage anti-européen, etc. – Non, mais justement,
il
va garder
tout le discours sur l'immigration, qui était le discours que la droite veut entendre, sans doute que sur la PMA, il va essayer d
'être
pas du tout dans la vague Macron. En revanche, je pense qu'il va trouver un point d'équilibre, justement, et c'est ça qu'il faut qu'il trouve pour lui et pour son parti, sur l'Europe. Parce que l'Europe, ils peuvent se fracasser, mais tout le monde peut se fracasser sur l'Europe. Lui,
il
peut se fracasser entre ceux qui sont eurosceptiques,
plutôt,
et puis très allant sur la construction européenne, et il y en a encore...
– Alain Juppé,
voilà. – Non, non, non,
non,
mais même sans Alain Juppé, à l'intérieur des Républicains, des gens, on va dire, des gens qui sont moins connus, mais qui sont quand même des élus, des grands élus, qui sont très européens, et qui sont prêts à ferrailler. Et Mme Pécresse aussi, il ne
faut
pas l'oublier.
Mais
même pour Macron, si Emmanuel Macron n'arrive pas
à
faire cet axe central avec les Juppéistes, le gouvernement, il risque fort de voler en éclats. Le gouvernement, vous avez un Premier ministre qui est Juppéiste,
vous
avez un ministre de l'Économie qui est Juppéiste, vous avez un ministre du Budget et des Comptes Sociaux qui est aussi
d'un axe
central, on va dire, et puis vous avez une carrière de secrétaires d'État qui sont dans M. Lecornu, tout ça. Ça veut dire que le gouvernement, si jamais il n'arrive pas à faire cet axe central, et qu'il se divise là-dessus, ça va être difficile.
Ça
va être difficile pour lui aussi. Donc il joue gros. Donc il
a
un
intérêt. Tout le monde joue gros, car il a tout à
fait raison. C'est pour la première fois peut-être de l'histoire.
Elle sera débauchée avec cette droite européenne. Depuis 1979, l
'élection européenne est une élection très
importante, parce qu'elle est un
marqueur de la recomposition ou non du paysage politique. Et nous, on revient à l'ancien qui va, droite-gauche, et hop. Pas tout à fait, mais ce serait une étape supplémentaire qui acterait la véritable profondeur de ce renouvellement du paysage. C'est-à
-dire
qu'il y
a
déjà toute une vague de gens de droite qui sont passés avec armée et bagages dans le camp d'Emmanuel Macron. Et maintenant, il y aurait l'étape 2 pour élargir encore davantage. Emmanuel Macron, il fait le pari, il constat,
que
la société française est plutôt majoritairement eurosceptique, mais que lui peut virer en tête aux européennes s'il est le seul champion du camp minoritaire pro-européen. C'est ça l'idée. Et donc, si jamais Juppé et Raffarin se mettent à leur compte, eh bien là, vous divisez les voies et ça devient compliqué. Pour compléter ce qu'a dit Yves Tréhard, je pense qu'il y a un sujet qui va être très important, à la fois pour la droite et donc pour Laurent Wauquiez, et pour Emmanuel Macron à la rentrée, c'est la question du budget. Parce que c'est un sujet qui est central, la remise en ordre des comptes publics pour l'électorat de droite.
On a vu au Touquet, c'est des gens qui sont très attachés aux questions économiques, à la bonne gestion. Et jusqu'à présent, Emmanuel Macron n'a pas commencé le travail de remise en ordre des comptes publics. Sauf que pour l'électorat de droite,
l
'électorat de droite, il en a eu pour son argent, si vous me permettez l'expression. Il y
a
eu la suppression de l'ISF, la réforme du Code du travail, la réforme de la SNCF.
Et
donc il y avait une image de réformateur qui était accolé à Macron. Maintenant, on va arriver au moment où la croissance diminue avec une remontée sur le haut de la pile de cette question du budget. Et donc ça peut être aussi un axe pour Laurent Wauquiez, avec des gens par exemple comme Éric Wörth, de dire en fait,
vous
électeur de droite qui êtes tenté par Emmanuel Macron, c'est un faux réformateur, c'est un faux réformiste. En fait, ce n'est que le fils caché de François Hollande. Il n'a pas été capable de remettre les comptes en état. Et donc ça,
ça
va être un enjeu très important. Et donc
pour
répondre à votre question précédente, il n
'y
aura pas à mon avis de virage à gauche ou de virage social de Emmanuel
Macron.
Tout au plus, une avancée sur la PMA,
qui
comme sous le gouvernement précédent, peut servir de caution sociétale
et
de gage à donner à une partie de la gauche, en disant voilà, on a fait la PMA, il y
a
des avancées progressistes, mais sur le cœur du logiciel économique et régalien, on est plutôt sur une logique de droite aujourd'hui. Sauf que le problème de réduire le déficit budgétaire, c'est qu'à chaque fois, on est d'accord sur le principe, et puis à chaque fois, on dit, mais il faut plus d'argent à l'hôpital, il va y avoir un plan pauvreté, il
va
y avoir… Et
l'année
dernière, c'est passé parce qu'il y avait une croissance qui était plus forte que prévu, donc on a pu rentrer à peu près dans les clous de ce qui était promis et annoncé à nos partenaires, sans avoir à faire les
efforts de l'hôpital.
Là, on est au pied du mur, et la droite, là, peut essayer d'enfoncer un
coin. Il y a un
axe majeur parce qu'il va y avoir moins de rentrées d'argent puisque la croissance… 0,2, 0,2, on est parmi les plus bas d'Europe,
là. On a fait deux fois…
Et puis, il avait promis quand même la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires la première année,
on sort
avec 1 600, donc on est quand même très très loin du compte, et ça, c'est un point pour la droite. Dans tous les cas, une droite entrepreneuriale, une droite qui paye beaucoup d'impôts. C'est
celle qui a
rejoint, ou qui est tentée par Macron.
C'est celle-là qu'il faut. C'est pour Macron, donc
il faut quand même qu'il continue à la séduire. Et puis, il
y a
le troisième point qui est majeur, que Jérôme a souligné, c'est que les résultats… C'est l'heure de vérité approche pour Emmanuel Macron, de toute manière, parce qu'il y
a
le chômage aussi. Et le chômage, même si les derniers chiffres sont un peu moins mauvais que… Enfin, on est quand même aux alentours de 9,2% de la population active qui est au chômage, quand l'Allemagne, l'Angleterre et d'autres pays… Enfin,
on
a
4-5%. On a 4
-5%. Il a encore 4 ans quand même pour le chômage.
C'est-à-dire,
mais il n'a jamais
donné
de date.
Ah si, 18
mois. C'était au mois d'octobre l'année dernière. Bref, interview télévisée face à 3 de nos confrères. Et il avait dit, vous verrez les premiers résultats d'ici à 18 mois, 2 ans. Alors, puisqu'on parle d'économie, il y a un autre dossier qui pourrait mettre le feu aux poudres à la rentrée. C
'est
la réforme des retraites. Parce qu'après 8 mois de concertation, le gouvernement devrait accélérer et rapidement préciser les contours de sa future loi. Et déjà, un sujet cristallise beaucoup d'inquiétude, celui des pensions de reversion, que touchent des millions de veuves en France et quelques veuves aussi, alors moins nombreux, Espérance de vie au Brilige. C'est un reportage de Maël Carguenou, Maxime Liogier et Dominique Lemarchand.
Devant son album photo,
les
souvenirs de son conjoint rejaillissent.
C
'est avec mes deux fils, les deux garçons, là. Jeannine, 84 ans, et veuve depuis 3 ans.
Son
mari, ingénieur pétrolier, a passé sa vie à parcourir le monde pour son travail, pendant qu'elle élevait leurs 3 enfants à la maison.
Il
aimait beaucoup ses enfants et c'était la raison pour laquelle il voulait toujours que je reste, que je ne travaille pas,
que
je m'occupe des enfants. Résultat,
elle
a mis sa propre carrière entre parenthèses. Dans ma vie, j'ai peu travaillé parce que mon mari tenait beaucoup à ce que je sois avec lui. Et je
l
'aidais, mais bénévolement, je n'ai rien eu.
Et
donc, je n
'ai
pratiquement pas de retraite
du
peu que j'ai travaillé puisque ma retraite se monte à 200 euros. Mais au décès de son mari, Jeannine a demandé à toucher sa pension de réversion. Cette indemnité qui permet aux veufs de toucher une partie de la retraite de leur conjoint. Je touche la retraite, heureusement, de mon mari. Sinon, je serais SDF, si on peut dire. Alors, je touche la retraite de l'assurance vieillesse qui se monte à 754 euros.
Je
touche aussi
la
GIRC
qui
se monte mensuellement à 2024,96 euros.
Et
la troisième
de
l'ARCO
qui
est de 287,01
euros. Soit
un total de 3000 euros par mois.
Comme
Jeannine, un quart des retraités français touche une pension de réversion. Parmi eux, une grande majorité de femmes, souvent plus jeunes et en meilleure santé que leurs conjoints.
En
moyenne, elle touche 607 euros bruts par mois contre 304 euros pour les veufs.
Des
bénéficiaires qui, aujourd'hui, s'inquiètent. La raison de leur crainte, c'est une simple question.
Sur
une note d'intention adressée aux partenaires sociaux en juin, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, s'interroge.
Doit
-on maintenir les pensions de réversion
?
Les syndicats s'offusquent, la polémique gonfle. Face au tollé général, la ministre de la Santé doit se justifier.
La
future réforme ne touchera pas les pensions déjà liquidées, bien entendu. Et les personnes qui reçoivent déjà une pension de réversion ne verront aucun changement. Il n'est pas du tout non plus question de supprimer les pensions de réversion. Il s'agit simplement de repenser un dispositif pour qu'il soit plus juste, plus universel. La part de la solidarité restera la même dans la future réforme. Je vous remercie. Effacer les différences entre les régimes, c'est là toute la complexité de la réforme des retraites.
Et
le gouvernement pourrait bien décider d'harmoniser les pensions de réversion, mais par le bas.
Parmi
les pistes possibles, un nivellement à 50% de la pension, contre 54% aujourd'hui dans le secteur privé, ou encore l'instauration systématique d'un âge minimum et de conditions de ressources pour pouvoir toucher la location.
Des
nouvelles règles qui pourraient à nouveau pénaliser les femmes, dont la retraite est 40% inférieure à celle des hommes.
Dans
la réalité, qui s'occupe des enfants en bas âge
? Les
hommes
ou
les femmes ? Les pères ou les mères
? On
essaye de faire en sorte que les pères s'en occupent. Est-ce que vous croyez qu'on est arrivé à une parité en la matière ? Sûrement pas. Et donc ce que nous pensons, c'est qu'il conviendrait de prévoir qu'on verse des points
de
validation
quand
les femmes ou les hommes s'arrêtent pour s'occuper des enfants et qui viennent augmenter, si vous voulez, les droits à retraite. Et ça contribuerait là aussi à réduire les écarts entre les hommes et les femmes. Des pistes étudiées avec les syndicats dès la rentrée et qui s'inscriront dans le projet de réforme des retraites dont le contenu sera dévoilé au premier semestre 2019.
Alors, question Internet, les veuves ne manifestent pas, ne cassent pas, mais elles votent, attention
! Oui,
le taux de participation aux élections est très fort chez les retraités. Et on sait que les retraités, aujourd'hui, votent plutôt à droite, qu'ils ont voté pour la majorité pour Emmanuel Macron, en
tout
cas une grande partie d'entre eux. Donc c'est quand même un public qu'il faut ménager. Et j'allais dire qu'ils ont pris quelques mauvais coups depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, la hausse de la CSG, etc. Donc là, il y a un vrai problème qui va se poser, sachant que ce système des pensions de réversion, on y reviendra peut-être, c'est un système aujourd'hui qui mérite d'être réformé parce qu'il est très inégalitaire. Pourquoi ? Pourquoi est-il ? Par exemple, sur le plan des taux, c'est 50% pour les fonctionnaires, mais 54% pour les salariés du privé ou les artisans.
Et puis
seuls
les
couples mariés ayant droit et pas les couples paxés.
Exactement.
En revanche, il y a un âge minimum pour les fonctionnaires, qui est 55 ans, et pas pour d'autres catégories. Alors pourquoi est-ce que le gouvernement s'est-il mis en tête ainsi de s'attaquer aux retraites de reversion ? C'est Jean-Paul Delevoye, je vous ai tous vus. C'est une erreur de communication et c'est une erreur de stratégie. D'abord, Jean-Paul Delevoye, il est, il
faut
le dire, haut-commissaire. Il a été nommé haut-commissaire pour justement préparer cette réforme des retraites,
qui est
une réforme qui dépasse le cadre de la réversion, qui est une réforme globale, qui est déjà en soi une réforme immense. Le but, pour nos téléspectateurs, c'est de dire d'avoir un seul régime contre 40 régimes aujourd'hui. Et ça veut dire aussi aligner les fonctionnaires sur le régime, enfin, faire en sorte que fonctionnaires et salariés du privé soient éligibles au même régime. Ça, c
'est
la première chose. La deuxième chose, c'est qu'Emmanuel Macron a pris beaucoup de risques pendant la campagne en disant, je ne vais pas augmenter l'âge du départ à la retraite. Or, tout le monde se pose la question de savoir comment on peut pérenniser cette retraite par répartition, puisque aujourd'hui c'est une retraite par répartition, sans augmenter l'âge du départ à la retraite. Alors, on entend dire qu'il veut s'inspirer des modèles scandinaves avec une retraite par points. Alors, c'est compliqué, mais une retraite...
Attends, le régime est déficitaire jusqu'en 2040. Voilà, qui
serait adaptable en fonction de votre parcours professionnel, de votre vie de famille et tout ça. Troisième chose, c'est que... Eh bien, il y a cette histoire de réversion. Alors bon, Jean a dit beaucoup de choses. Je crois que l'idée, si vous voulez, et l'erreur de Delevoix, c'est d'avoir lancé ça dans le public, alors que
vous
avez un public, notamment de retraités, qui ne peut pas vivre sans cette pension de réversion, d'abord, ils ont compris qu'elle allait le supprimer. Après, ils ont compris que ce ne serait plus pareil. Mais la pension de réversion, c'est vrai, ne correspond plus, dans son calcul aujourd'hui, à notre société actuelle, où on se marie moins, où les femmes, même si c'est loin d'être encore satisfaisant, travaillent davantage que par le passé, où les fonctionnaires, et on veut justement limer des écarts entre fonctionnaires et le régime de réversion n
'est
pas le même pour les fonctionnaires et les salariés du service du public, du privé. Donc, il y a...
Mais il a fait une mauvaise réforme, alors ? Il a fait une
bourde totale, et la réforme n'est pas faite encore. Mais c'est... Parce que quand on dit une réforme plus... Enfin, une retraite plus juste, ça veut dire qu'il va y avoir des gagnants,
et
mais donc des perdants. Alors oui, il y a sans doute un élément qui explique cela, c'est que Jean-Paul Delevoye, comme d'autres avant lui dans ce gouvernement, rappelez-vous la CSG, qui ne nous toucherait que les retraités les plus aisés, ça a fait des ravages, puisqu'on avait appris qu'était aisé un retraité à partir de 1 600 euros. Là, il y a un raisonnement très rationnel et très économique,
alors
que l'opinion publique raisonne sur un autre mode, c'est-à-dire que pour les Français,
le
retraité est majoritairement quelqu'un qui gagne assez
mal
sa vie. On est encore sur l'image du petit retraité, alors que quand vous regardez les statistiques,
le
gouvernement a raison, le pouvoir d'achat est plus élevé chez les retraités que chez les actifs. Et dans cet imaginaire-là, le petit retraité,
la
veuve, est encore moins bien lotie, si vous voulez, que le retraité lambda. Et donc, c'est deux erreurs de suite, au nom d'une espèce de rationalité économique, en disant qu'il faut équilibrer le système, on ne va pas rallonger ou retarder l'âge de départ à la retraite. Alors, on peut jouer de manière assez hypocrite, en disant qu
'on
garde 62 ans, mais maintenant, il faudra X trimestres de plus pour toucher une retraite à taux plein. Donc, on peut garder la retraite à 62 ans, mais de facto, reculer l'âge de départ. Combien il y avait eu de personnes dans la rue en 2010, quand on a... Énormément. 1
,2
millions. Voilà. Donc, il y a déjà eu cette affaire de CSG, avec beaucoup de retraités, qui avaient entendu qu'ils ne seraient pas concernés, puisqu'ils considéraient qu'avec leur niveau de retraite, on ne pouvait pas décemment les classer parmi les plus aisés. Et donc, cette question de reversion, s'il vous plaît, s'il vous plaît, elle vient de nouveau réactiver ses plaies et ses interrogations. Bertrand avait essayé de faire cette réforme dans
les années 2000.
Et
donc,
c'est soit...
Il
n
'y a
pas 36 solutions, soit on augmente les cotisations qui sont payées par les actifs. Mais là, comme il y a la bataille pour le pouvoir d'achat, ce n
'est
pas d'actualité aujourd'hui. Soit on augmente le nombre de trimestres, soit, autre élément, on peut baisser les pensions qui sont versées. Et ça peut être un des éléments de réflexion du gouvernement qui a peut-être lancé des ballons d'essai et qui a tout de suite fait machine arrière quand il a vu la levée de boucliers. Donc, ce big bang des retraites, on le voit, c'est très compliqué. D'ailleurs, cette belle idée de 1 euro cotisé, ouvre les mêmes droits à tout le monde, dès qu'on entre dans la machine, c'est explosif. Vous parliez à l'instant du pouvoir d'achat. Est-ce qu'il
n'y a
pas une autre réforme qui pourrait exploser à la tête du gouvernement
?
C'est cette histoire d'impôt à la source. On a l'impression que plus on avance, plus on découvre des bugs potentiels et plus la réforme se complexifie et on se demande comment tout cela va se terminer. Est-ce que le gouvernement est inquiet ? Est-ce qu'il
y
a des...
Il a de quoi être
inquiet ?
C
'est vrai que plus on avance, plus on découvre... En fait, la réforme des retraites, comme celle-ci, elle touche tous les Français. Donc,
ce
sont deux énormes réformes où on va être tous concernés, y compris les générations futures.
Et
du coup, dans celle-ci de l'imposition à la source qui, au départ, semblait une bonne idée à tout le monde, d'un coup, on s'aperçoit qu'il
y a
des problèmes pour les femmes de ménage, pour ceux qui les emploient, pour ceux qui prennent un congé sabbatique, pour... Enfin bon, ça n'arrête pas.
Avec une fiche de paye rabotée.
Avec les fiches de paye rabotées, les employeurs qui vont connaître, du coup, le salaire du conjoint, et puis, pardon, les petites entreprises qui vont avoir du mal à gérer ça, parce que c'est quand même de la paperasse, etc., etc. Donc, il est là, face à un dossier qui peut l'empoisonner dans tous ses publics. Le public des petits entrepreneurs qui ont quand même été séduits par lui, et puis les familles, tout le monde va être concerné, et potentiellement, tout le monde va être embêté.
Et puis, il
y a
un mauvais signe, c'est que cette retraite retenue à la source, donc, risque d'aménuiser le pouvoir d'achat mensuel. Or, Emmanuel Macron s'est présenté comme le
président du pouvoir d'achat.
C
'est-à-dire que quelqu'un qui touche aujourd'hui
1 200 euros va avoir son... 2 000 euros va avoir son
revenu baissé à 1 800. Tous
les mois, vous allez
avoir
une réduction. Donc, c'est sûr que ça va avoir... Mais bon, il faut quand même aussi relativiser les choses. C'est que la France est un des derniers pays occidentaux à ne pas pratiquer
ce
mécanisme. Donc, il y a un problème de pédagogie, je pense. Il y a un problème aussi de pédagogie, principalement, parce qu'il y a aussi un autre reproche qui est fait, c'est que les entreprises vont connaître tout de leurs salariés, tout leur rythme de vie. Oui, Jérôme Fourquet. Juste deux points là-dessus. Il n
'y
a pas de baisse du pouvoir d'achat effectif, mais il y
a
une baisse
symbolique,
faciale.
Les gens
vont dire, avant, je payais tous les trimestres, et là, on va voir directement...
On est à 2 000 euros, on est à 1 0008. Donc, c
'est très inquiétant pour le gouvernement, parce que ça peut se traduire dans les premiers mois, au moins, par une réduction et un coup de frein sur la consommation. Les Français disent, mais finalement, on m'en prend plus que ce que je pensais, et donc, il est urgent que je réduise mes dépenses. Donc, réforme des retraites, prélèvement à la source, préparation d'un budget qu'on annonce serré, le tout avec un gouvernement affaibli, Macron 2, ça se complique. –
Non, je ne sais pas si le
gouvernement est affaibli. – Non, un exécutif affaibli. – Non, je pense que, sincèrement, c'est vraiment l'heure de vérité.
C
'est-à-dire que, ça va faire 2 ans qu'il est aux commandes, enfin, un an et demi, 18 mois, et c'est vraiment maintenant que ça se joue, parce qu'il faut que ces réformes-là, si elles ne passent pas, ça va être compliqué.
– En
même temps, j'ai un regard un tout petit peu différent, c'est mon tropisme d'historien, mais je me dis que, si Macron a été élu, malgré tout, le fond du fond, c'est quand même pour faire passer un certain nombre de réformes qui n'ont pas été faites depuis 30 ans en France. C'est son projet, et son projet s'appelait Révolution. Donc, qu'on le veuille ou non, il faut qu'il y aille. Et je pense qu'il ne peut pas gouverner à court terme, il ne peut pas gouverner en se disant, je suis affaibli, la rentrée va être difficile, etc. Il ne peut pas, il n'a pas été élu pour ça, il représente et la droite et la gauche, il n'est pas dans
cette ADN-là. – Il peut y avoir de la
résistance dans la rue, des syndicats,
des
manifs comme a eu Éric Woerth en 2010. – Tout dépend, alors, toute l'histoire des réformes de retraite est une histoire jalonnée depuis 1993, 1995, il y
a
toujours eu, alors 1995, n'en parlons pas, soit Alain Juppé, droit dans ses bottes, il y a toujours eu des fortes résistances sociales. Maintenant, il y a aussi un facteur que, là encore, l'historien est obligé de prendre en compte, c'est qu'une société évolue, les mentalités d'une société évoluent, la conviction que le système de retraite français n'est plus totalement adapté à notre société, à la concurrence mondiale, etc. fait son chemin dans la société française. Donc, c'est aussi un paramètre que quelqu'un comme Macron doit prendre en charge, je pense qu'il
n
'a pas attendu pour le faire, mais si vous voulez, je pense qu'il faut regarder ces choses-là avec de nouvelles lunettes, parce qu'on est quand même entré dans un moment, je ne
dis
pas dans une nouvelle phase, dans un nouveau monde, mais dans une phase politique où un certain nombre de réformes aujourd'hui ne sont plus, comment dirais
-je,
inévitables.
– Et ça se joue
entre lui et les Français, parce qu'il a une chance folle quand même, il a des syndicats qui sont très très faibles, et il a une opposition politique, des oppositions politiques, qui sont très faibles aussi, et qui souffrent de n'avoir aucune idée précise. Et lui, il a la chance justement de pouvoir être, il est le maître des horloges, il est
le
maître des idées, il est
le
maître des réformes, et ça se joue entre lui et les Français.
– Il a réussi la réforme de la SNCF, que
personne n'avait réussi avant lui. – Ça c'est à
son actif, il le met sur
son
blazer.
– En tout
cas,
les
syndicats n'ont pas résisté, alors que jusqu'à présent, personne n'avait réussi à faire
ça. – Il avait osé
même. – Mais il a quand même anticipé les réticences ou l'hostilité à venir, et c'est pour ça que, lors du discours du Congrès, il a tendu la main aux partenaires sociaux, et on va voir ce qu'il lancera notamment vis-à-vis de la CFDT, grande centrale réformiste, qui est en tête aujourd'hui dans le privé, qui jusqu'à présent était totalement snobée par le pouvoir jupitérien, et peut-être que Jupiter, là, s'est dit, que face aux gros morceaux qui se présentaient,
notamment les retraites,
il était essentiel et utile d'avoir peut-être un syndicat qui ne soit pas complètement dans le front du
refus. – Il est d'ailleurs
favorable à la réforme proposée
par Emmanuel Macron en matière de retraite. – D'autant plus que sur la réversion. – Y
compris à l'abolition
des
pensions de réversion. –
Sur la
retraite par points, etc., il y
a
des choses qui sont portées par la CFDT depuis longtemps. Et donc, on verra dans les semaines et les mois qui viennent, si Emmanuel Macron fait un geste en direction de cet allié potentiel pour essayer d'avoir quelques soutiens. – Il n'a pas fait suffisamment au moment de la réforme de la SNCF, mais maintenant, il faut le faire.
–
Alors, il y en a un qui, en tous les cas, peut se réjouir des difficultés d'Emmanuel Macron, c'est François Hollande. L'ancien président poursuit sa tournée dans les librairies avec déjà plus de 100 000 exemplaires vendus de son livre « Les leçons du pouvoir ». Un succès qui donne des ailes à ses supporters au point d'imaginer le retour de leur champion en 2022. Et vous allez le voir, le principal intéressé laisse planer le doute avec un plaisir non dissimulé. C'est un sujet de Juliette Vallon et Clément Voyer.
Au milieu des touristes, en tenue d'été, un ancien
président au teint allé
qui ne résiste pas à un petit bain de foule.
– Monsieur
Hollande,
bonjour. – Ça va bien
?
–
Vous-même ?
–
En
vacances à
Cassis, François Hollande tient à cultiver le lien avec les Français.
–
C'est difficile de ne pas être là où les gens sont. Moi, je suis parmi ces personnes-là qui viennent ici en vacances, comme moi, et qui veulent venir à ma rencontre, quelques fois, ou moi, qui décide de venir vers eux.
Dans ce bar-restaurant, l'ancien chef de l'État est venu dédicacer son livre. Mais l'attente est longue. Avant de pouvoir enfin l'approcher, l'occasion pour François Hollande de mesurer sa popularité.
–
En
tout cas, je suis très content de vous voir. Moi, je fais partie de ceux qui vous regrettent.
– Oui,
merci. – Merci.
–
Voilà. – Mais je vous regrette aussi. –
Je
vous regrette aussi.
–
Il faut revenir.
–
Revenir à un petit refrain entendu plusieurs fois dans le public ce jour-là.
–
Peut-être qu'il
y a
un regard un peu nostalgique vers le
passé
de la part des Français. Ça me fait toujours penser à un vieux victime que disait ma mémé, qui disait « On sait ce qu'on perd, mais on ne sait pas ce qu
'on
gagne. » Et peut-être que les Français commencent à s'apercevoir de ce qu'ils ont perdu en perdant le président Hollande. – Qu'ils reprennent un petit peu de poids dans la gauche, qu'il n
'y a
plus de gauche en France. J'aimerais bien qu'il n
'y ait
une gauche en France. Macron, c'est plus trop la gauche. S'il a déjà été. Moi, Mélenchon, j'y crois pas une demi-seconde. Et voilà, je trouve que le PS, aujourd'hui, il existe plus. Ça vient qu'il y
a
des gens qui le remontent. Il peut le faire. Avec d'autres personnes, mais il peut le faire.
Revenir en politique, une question qui se pose depuis que François Hollande a commencé son Tour de France des dédicaces, il y a 4 mois.
Un
périple ponctué de petites phrases qui laissent planer l'ambiguïté sur la suite de son parcours, comme cette déclaration faite au lendemain de la victoire de l'équipe de France en Coupe du Monde.
«
Je ne vais pas faire d'autres comparaisons, mais il est possible de gagner deux fois.
»
Quelques jours plus tard, sa compagne Julie Gaillet fait elle aussi cette déclaration au journal Le Parisien.
«
Il y a une vraie attente. Beaucoup de gens espèrent son retour.
Hasard du calendrier ou pas, un tract distribué sur les marchés français depuis le début de l'été vient encore plus semer le trouble. Hollande 2022, l'histoire n'est pas terminée. Derrière cette opération, un réseau de jeunes militants de gauche, l'ancien président lui, assure n'avoir aucun lien avec ce coup médiatique.
«
Je ne sais pas exactement d'où ça vient. Moi, je ne suis pas du tout dans cette démarche. Je pense que nous ne sommes pas dans une période électorale. Il n'y a pas d'échéance à venir, notamment présidentielle. Donc ça n'a pas de sens et de portée.
»
Pas de sens selon François Hollande et pourtant à Paris se tisse un réseau autour de l'ancien chef de l'État. Depuis juillet, des réunions se tiennent entre sympathisants hollandais convaincus que le socialiste pourrait incarner une partie de la gauche dans un futur proche, comme l'explique l'un de ses anciens lieutenants.
«
Moi, quand je lui ai parlé de cette initiative, d'une part, lui était rassuré de constater que des jeunes de gauche avaient envie aujourd'hui de s'engager malgré la période difficile. Et aussitôt, il s
'est
proposé pour dire « Voilà, si vous souhaitez,
comme
je lui avais proposé, une rencontre, évidemment, je suis disponible. Vous pouvez compter sur moi. On se voit, on échange, on discute librement.
Après,
la question de la personne, du candidat, de la candidate, ça, ça lui appartient à lui.
Ce
sera à lui de voir de quelle façon il sera peut-être utile.
» Des
militants dans les starting blocks et un ancien président qui laisse volontiers planer le doute.
« Pour l'instant, ce que je fais, c
'est
-à
-dire
aller vers les Français, me suffit pleinement. »
«
Ce qui est sûr, c'est qu
'il
y
aura
une suite.
» «
Il y
a
toujours une suite tant qu
'il
y
a
de la vie. »
« Oui, oui, oui. » «
Voilà, merci
beaucoup. » Une
suite pour François Hollande qui pourrait se dessiner plus clairement d'ici la rentrée si l'ancien président de la République choisit de se rendre à La Rochelle fin août pour l'université d'été du Parti Socialiste.
«
C'est incroyable ce tract Hollande 2022. Est-ce que François Hollande, on peut imaginer qu'il soit totalement étranger ou au moins qu'il ait été mis au courant quand même ? » « C
'est
possible qu'il ait été quand même mis un petit peu au courant. »
« D
'ailleurs, c'est revendiqué
par des
jeunes socialistes. » « Encourager, je ne sais pas. »
«
Ça, c'est le mal français. »
« C
'est-à
-dire
qu'il ne se résolve pas à abandonner le devant de la scène. » On a vu que ça n'avait pas vraiment réussi à Valéry Giscard d'Estaing, à Nicolas Sarkozy. Mais François Hollande, lui, pense que c'est possible. Et c'est vrai, il faut reconnaître que... À la différence d'ailleurs de ce qu'était le... Très différent d'ailleurs pour Valéry Giscard d'Estaing lorsqu'il avait voulu revenir, ou même pour Nicolas Sarkozy, pour François Hollande, dans l'espace politique de l'ex-parti socialiste, c'est quand même aujourd'hui le désert. On peut dire qu'Olivier Faure passe véritablement la rampe. Donc, il y a un espace politique pour lui, de fait.
Parce qu'entre Jean-Luc Mélenchon et La République En Marche, il y a effectivement une France de sociodémocrates, plus ou moins libéraux, etc. Donc, il y a un espace politique et il y a surtout un manque d'incarnation du côté de la gauche. Donc, il y a quelque chose pour
François Hollande. Olivier Faure, il
lui manque quelque chose, là. Olivier Faure est
en interne
et il n
'est
pas suivi par les électeurs
non plus. Il a une politique
de grande qualité, mais quelqu'un qui a de très bonnes idées, etc. Mais, on ne peut pas dire que, pour l'instant, les Français ne l'ont pas à découvrir. Il ne peut pas incarner, pour l'instant, le socialisme.
Oui, Jean
-Fourquet.
Mais,
ce faisant, François Hollande contribue très fortement à compliquer la tâche de son ancien lieutenant. C'est-à-dire que là, vous voyez qu'on fait une partie de l'émission sur lui. Probablement, il va s'inviter à l'université d'été de La Rochelle la semaine prochaine, qui aurait été une occasion médiatique pour qu'on parle un petit peu du Parti socialiste. Et là, toutes les caméras vont être braquées sur Hollande. Alors, est-ce que vous revenez ? Est-ce que vous ne revenez pas ? Donc, il complique très fortement la tâche à ces héritiers du Parti socialiste qui sont en fâcheuse posture. Il rend, sans doute, aussi service à Emmanuel Macron,
en
revenant un petit peu dans le jeu, parce que, comme on l'a dit tout à l'heure, Emmanuel Macron joue du contraste
avec
son prédécesseur. Et puis,
vous
voyez qu'au Parti socialiste, de quoi a-t-on parlé ces dernières semaines dans l'Anderno socialiste ? C'est la tête de
liste
pour les européennes. On revient aux européennes. Olivier Faure a émis l'idée, ou jeté l'idée sur la place publique qu'on pourrait aller chercher une tête de liste en Belgique. Donc, une histoire belge pour les socialistes.
On
prendrait
un
candidat belge
pour conduire la liste française et pas de socialistes.
Voilà, puisque nous,
on est des... Vol Magnette, là, c'est ça, c'est que c'était contre le CETA, là. Voilà,
comme on est des européens convaincus, on va aller chercher, on va incarner ça.
Parce
que personne ne devait y aller en France
?
Ou alors qu'il
y
a beaucoup de gens qui veulent y aller, et donc, il faut mettre tout le monde d'accord en prenant quelqu'un à l'extérieur. Il
y
a M. Moscovici qui a refait un tour de piste. Donc, certains, puisqu'on est encore rue de Solferino, ont dit, peut-être qu'il pourrait aller se présenter, par exemple, en Grèce, là aussi, dans une optique européenne. M. Moscovici a très bien flairé l'affaire et a dit, non, non, la Grèce, c'est pas pour moi. Mais donc, on voit bien qu'il n
'y a
pas de leadership, c'est très, très compliqué. Et on est, alors on peut dire, avec le regard de l'historien, qu'un an et quelques après le Big Bang de 2017, qui a fracassé le Parti Socialiste, donc c'est très compliqué de ressurgir. Mais François Hollande, en s'invitant, contribue à remettre le couvercle sur la marmite. Mais il faut voir aussi la psychologie de François Hollande. François Hollande, et on le voit avec son sourire, c'est un éternel optimiste, François Hollande. Quand il était à l'Élysée, il pensait toujours que les affaires allaient s'arranger, l'économie allaient s'arranger, que demain serait toujours meilleur qu'aujourd'hui ou la veille.
Et là, c'est pareil, c'est-à-dire qu'il est à l'affût. Il ne sait pas faire autre chose que de la politique. C'est un excellent commentateur politique, d'ailleurs, sans doute meilleur qu'acteur. Et il vit de ça. Et là, il jubile de voir que, parce qu'il ne s'y attendait absolument pas, que son livre est un succès pareil. C'est-à-dire qu'il a quand même été congédié. Il a même anticipé son licenciement par les Français. Il reste quand même des commentaires peu flatteurs sur lui. Il ne s'attendait absolument pas à ce que son livre soit
un succès. Oui, mais sa cote,
elle a l'air de remonter,
là. Les Français ont l'air de l'apprécier. Oui, mais pour les raisons que Jean et Jérôme
ont expliquées, c'est-à-dire qu'Olivier Faure n'est pas connu, n'arrive pas à décoller, qu
'il y a un espace. Il n'y a pas cette petite sympathie, non ? Il faudrait
se souvenir aussi que Nicolas Sarkozy,
après sa défaite de 2012, a aussi publié un livre.
Il
y
a
eu beaucoup de succès. Il y avait des fils de 100 mètres.
On est toujours populaire quand on est plus à l'Élysée.
Et on a vu ce que ça donnait à la primaire. C'est-à-dire que l'image qui avait été laissée par la présidente de Nicolas Sarkozy, qui n
'est
pas la même que celle de François Hollande, mais tout ce qui était de négatif a ressurgi au moment de la campagne électorale
de
2017. Oui, Caroline Fontaine.
Oui,
c'est exactement ça. Il ne faudrait pas que François Hollande confonde les bons chiffres de librairie avec des côtes de popularité. Et
puis,
par ailleurs, il semblerait que François Hollande soit aussi animé par des sentiments plus négatifs qui sont le désir de revanche, et puis la volonté de soutenir son bilan. C'est d'ailleurs assez marrant. On parlait de l'impôt à la source tout à l'heure. Dès qu'il
y a
un résultat un peu positif en économie, Hollande dit « c'est grâce à ce que j'ai fait moi ». Ce n
'est
pas du tout grâce à ce qu'est en train de faire le président Macron. Et là, l'impôt à la source qui risque d'être une patate chaude, c'est un leg de François Hollande, là, pour le coup.
Donc
là, il s'amuse à mettre des petites pics contre Emmanuel Macron. D'ailleurs, oui,
il a dit « tiens,
le chômage ne baisse plus et l'inflation repart ».
« Mon
successeur est mauvais en économie ».
En fait,
il
a, d'après ses proches, encore beaucoup de rancœur vis-à-vis de son successeur. Donc il règle un peu ses comptes. Et en même temps, il défend son bilan. Parce qu'aujourd'hui, ce qu'il lui reste à construire, c'est quand même la marque qu'il laissera dans l'histoire. Et là, pour l'instant, ce n
'est
pas quelque chose de très flatteur. Donc je pense
qu'il travaille… C'est trahison, quand vous parliez
de la rancœur, cette trahison, il
a… Il a vécu comme une trahison, là.
Lui,
il
a vécu comme ça. Et du coup, de ça, il en fait ce qu'on est en train de voir.
Et
dans un sens, est-ce que c'est du niveau d'un ancien président de la République ?
Ce n
'est
pas bon pour Emmanuel Macron d'avoir quelqu'un qui n'a qu'une idée en tête, c'est de vous mettre des bâtons dans les roues.
Mais vous
savez, ça va être de plus en plus fréquent maintenant. Parce que les présidents de la République… D'abord, on n'est au quinquennat,
on
n'est plus au septennat. Les présidents de la République sont de plus en plus jeunes. Donc, sauf à ce qu'ils fassent un autre métier en sortant, ce qui est possible. On le voit à
l
'étranger. Les présidents sortant à l'étranger ne gênent pas. Les anciens présidents ne gênent jamais. Vous voyez, M. Obama, il ne dit pas un mot sur M. Trump. Les premiers ministres en Europe, pareil.
Ils
disent, madame… Enfin, tout ce qu'on a vu. Donc, il
n'y a
qu'en France. C'est assez particulier. Où il faut
qu
'ils donnent leur avis. Alors, M. Mitterrand, il n'a pas eu le temps. M. Chirac, il s'est retiré. Mais M. Chirac était très, très populaire. Alors que le dernier mandat de M. Chirac avait été quand même très mal jugé par les Français.
Il
s'est retiré. Il est devenu très populaire. Bien sûr. D'un seul coup, on avait
tout oublié
du roi fédéant que décrivait
Nicolas
Sarkozy. Caroline Fontaine.
François Hollande, il ne sait pas faire grand-chose d'autre non plus. C'est ça aussi son problème. Donc,
c
'est ça ou mourir. Donc,
dans
un sens, d'être là, on parle de lui. C'est ça qu'il veut. Il a envie d'être au cœur de
l
'actualité.
Il est censé avoir créé une fondation, comme le font. D'ailleurs, beaucoup de présidents américains qui, ensuite, travaillent très activement. Jimmy Carter, des activités à l'international. Très énorme. Bill Clinton, etc. Et là, au fond, il pourrait jouer un rôle très positif. Par exemple, puisqu'il est très européen, il pourrait. D'ailleurs, il avait eu des ambitions à ce niveau-là. À un moment, on en avait parlé. Mais voilà, ce seraient des choses positives. Là, on a effectivement l'impression que c'est plutôt un règlement de compte à Ok Corral. Allez, maintenant, on revient à vos questions SMS.
Y
a-t-il encore un PS pour soutenir Hollande ? Est-ce que François Hollande pourrait s'appuyer sur le Parti Socialiste ?
En
tout cas, ceux qui ont pris la tête du Parti Socialiste, la majorité d'entre eux, ne sont pas du tout ravis du tour de piste que François Hollande a entamé. Ils veulent absolument tourner la page. Parce que, comme ça a été rappelé tout à l'heure, on est quand même dans le rétroviseur. C'est-à-dire, on va régler les comptes, on va réhabiliter le bilan. Sauf que les Français,
ce
n
'est
pas leur histoire. L'histoire, aujourd'hui, c'est de regarder devant. Face à tous les enjeux qu'on a, ce n
'est
pas refaire le match et refaire la tragédie grecque. Allons jusqu'au bout du rêve. Pourquoi pas Ségolène Royal ? Est-ce qu'il y
en
a d'autres comme ça qui trépinent, qu'on est comptes à régler ?
Non, je pense que Ségolène
Royal, elle se voit, et elle a des ambitions, évidemment aussi, mais des ambitions internationales, pour le coup. C'est-à-dire qu'elle s'imaginait à un moment qu'elle pourrait être secrétaire générale des Nations Unies. Après, elle a été candidate à divers postes d'agence onusienne. Elle ne se voit pas, sincèrement, quand vous parlez avec elle, vous lui posez la question, vous lui répétez la question, je crois que c'est assez sincère, elle ne se voit pas de destin présidentiel, par exemple. Ce n
'est
plus son affaire.
–
Hollande ou pas, combien pèse-t-elle la gauche française actuellement
? –
Elle est variée cette gauche,
parce
qu'il
y a
le Parti Socialiste, mais le Parti Socialiste, bon, il est réduit à la pension congrue, il y a la France Insoumise à côté. – Oui, et puis il
y a
une partie de la gauche, il y a quand même des électeurs de gauche qui aujourd'hui, enfin qui sont partis du côté de la République en marche, il ne
faut
pas les oublier non plus, tout à l'heure on a eu tendance à un peu les occulter, mais la République en marche c'est à droite et à gauche, et à gauche et à droite. Donc il y a aussi des sociodémocrates qui sont du côté d'Emmanuel Macron et qui ne comprennent sans doute pas très bien pourquoi justement il y a cette animosité de la part de François Hollande, parce qu'eux, ils ont été des électeurs aussi de François Hollande.
– Vous avez
les écologistes qui sont encore là, on a Benoît Hamon qui a monté sa propre structure, et donc on a
sans
doute entre à peu près 10-15%, peut-être un peu plus d'électeurs français qui sont toujours dans ce courant de gauche sociale démocrate, mais qui sont aujourd'hui totalement éparpillés en termes d'organisation, il n
'y
a plus de leadership.
–
Quel était l'objectif de la réunion à l'Élysée avec certains maires des grandes villes ? Oui, on en a parlé dans le sujet, la réunion avec Estrosi, Juppé, etc. – C'est les métropoles, c'est-à-dire qu'il y
a
une réforme administrative qui consiste à créer des métropoles autour de grands centres urbains, Toulouse, Nice, Lyon, Marseille, Paris, et il se trouve qu'à la tête de ces grandes villes, c'est souvent des gens qui sont, on va dire, politiquement compatibles avec Macron. C'est M. Moudin qui vient de la droite, c'est M. Estrosi qui vient de la droite, à Toulouse, Estrosi à Nice de droite, Juppé à Bordeaux, de droite. Et l'idée, c'est une idée qui est, politiquement, qui a beaucoup d'arrière-pensée, c'est que là où on peut créer une métropole, on supprime le département. – C
'est
comme à Lyon.
–
Voilà, exactement.
–
Voilà, où Lyon, la ville,
c'est une
ville-département.
– Voilà, et si
vous
faites ça
à Nice, justement, Estrosi qui a l'air
plutôt
assez bien avec M. Macron, mais du coup, vous pédalisez M. Ciotti, qui était longtemps président
du conseil départemental.
–
Oui,
c'est un jeu, je pense que sincèrement, pour les finances publiques,
pour
la clarification du mille-feuille français, territorial français, ça n'a aucun intérêt. –
Ah
bon ? – Non, je crois pas. – On se fait sauter un échelon,
on
fait sauter le département.
–
Oui, mais enfin, c'est pas sur tout le périmètre. Vous voyez, dans le département du Rhône,
le département n
'existe plus dans le périmètre de l'agglomération lyonnaise, mais sur les marges, à Villefranche-sur-Saône ou ailleurs, le département continue d'exister. Mais derrière ça, cette réunion qui s'est faite un peu en catimini, avec le pédigré des personnes qui étaient invitées, on est aussi dans la poursuite de la stratégie de débauchage de cette droite modérée, soit dans la perspective des européennes, soit ensuite dans celle des municipales ou en marche à peu de grands élus sur le terrain.
– Ce
gouvernement n
'a
-t-il pas déjà perdu la bataille du pouvoir d'achat
? –
Non mais ça, ça paraît quand même très difficile de l'attester au bout d'un an. Moi, je suis toujours aussi très circonspect par rapport à ces bilans au bout d'un an, etc. Macron, il conçoit sa politique sur 5 ans. Au moins, laissons-lui ce crédit-là et on ne peut pas dire aujourd'hui que la bataille du pouvoir d'achat soit perdue. Les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qui était espéré, notamment parce que la croissance n'est pas au rendez-vous, en tout cas, est plus faible que ce qu
'on
pensait. Mais ça me paraît quand même très prématuré de parler d'un échec. – Il va y avoir la suppression de la taxe d'habitation qui là, pour le coup, sera concrète. –
Un
tiers en septembre, c'est ça. – Mais qui va attiser la colère de beaucoup.
– Des élus
qui perdent les recettes. –
Quel
était l'objectif ? Ah ben non, ça c'est la précédente question. Alors attendez. CSG, taxe sur le carburant, taux du livret A, inflation qui remonte, ce sont les plus modestes ou les riches qui trinquent ? –
On ne peut pas dire que ça. – On l'a
vu dans le reportage d'ailleurs, des gens disent, c'était la critique de François Hollande, c'est le président des très très riches. Ça fait mal ça dans l'opinion ? – Oui, et c'est pour ça qu'on disait tout à l'heure sur la question des reversions. On avait déjà eu les retraités aisés,
il
y a eu les veuves maintenant, donc dans l'imaginaire collectif, une veuve n
'a
pas de gros moyens, cette petite retraite, donc on va peut-être, le gouvernement réfléchit peut-être, lui en a enlevé encore davantage. Il y
a
eu les 5 euros d'APL. Donc tout ça, ce sont des petits cailloux, des marqueurs qui petit à petit s'installent dans l'opinion et accréditent cette idée d'une politique qui n
'est
pas forcément favorable au plus modeste.
–
Pourquoi n'entend-on plus Mélenchon incarne-t-il encore le principal opposant à Macron ?
– Mais
lui aussi, je pense qu'il réfléchit beaucoup à ce que sera et ce que peut être son avenir. Pourquoi ? Parce qu'en fait, la France insoumise, c'est une congrégation de gens qui sont très différents les uns des autres, qui ne pensent pas toujours la même chose, et que Mélenchon a beaucoup de mal à tenir, qui lui est d'une autre génération, pardon de le dire, mais il est d'une autre génération que la plupart des élus de la France insoumise qui font la une de l'actualité, qui sont d'une autre génération. Et il avait eu une phrase, Mélenchon, qui était vraiment très intéressante,
il
n'y
a
pas très longtemps, dans une interview au journal Le 1, où il avait dit « mon mouvement, il n
'est
ni vertical ni horizontal, il est gazeux ». Mais je dirais qu'il est un peu gazeux. La France insoumise est un peu gazeuse, si vous voulez, et il se demande bien comment il peut exercer un leadership sur cet ensemble. Et deuxièmement, je pense que sur les questions européennes, puisque d'ailleurs les européennes, c'est très confus son discours. On ne sait pas trop, il navigue entre l'euroscepticisme, certainement pas l'euro-béatitude, ça c'est sûr. C
'est
un socialiste qui vient d'une famille très pro-européenne. Il a quand même été ministre socialiste, et le voilà aujourd'hui sur des positions qui sont pour le moins assez eurosceptiques. Et il a avec lui des gens qui sont carrément très hostiles à l'Europe, en tout cas à l'Europe du grand capital, à Bruxelles, etc.
Donc c'est quand même un équilibre très difficile, et évidemment qui rejoint ce que disait Yves sur cette usine à gaz, puisqu'on parlait de gazeux, une usine à gaz, où on voit très bien que des personnalités aussi se distinguent, notamment Ruffin, qui prend de plus en plus, peut-être dans l'opinion publique, une place que Jean-Luc Mélenchon regarde avec un peu de méfiance, on va dire.
Que
pense Macron du nouveau PDG d'Air France payé 3,3 millions d'euros par an, avec quel parachute doré à la sortie ? Il touche trois fois plus que le précédent directeur général, le précédent PDG.
Je ne sais pas si lui sait qui c'est, nous on ne sait pas vraiment qui c'est, personne ne sait qui est ce Canadien qui arrive, en tout cas sa nomination sera validée par le gouvernement. Ils
avaient du mal à attirer quelqu'un ? C'est pour ça
qu'ils ont augmenté
le salaire. Oui, on est mis
x4. Parce qu'il était plafonné en tant qu'entreprise publique
? Oui,
alors ce qui est d'ailleurs assez, il faut quand même expliquer, on n
'est
pas à la SNCF. À la SNCF, c'est une société qui est à capitaux complètement public. À Air France, l'État n'a que 14% des parts. Donc il n'est pas majoritaire, mais il a une voie prépondérante. Deuxièmement, il n'arrivait pas à trouver justement dans le vivier des PDG, et notamment en France d'ailleurs, de patrons qui veuillent aller au-devant, parce qu'ils ont déjà annoncé les salariés qu'ils allaient faire grève pendant 15 jours, grève d'accueil, on va dire, et avec une société qui est très difficile à remettre sur de bons rails, même si elle a encore un rôle à jouer. Donc ils ont eu du mal et c'est pour ça qu'ils ont augmenté le tarif et qu
'ils
sont allés chercher un homme qui est le numéro 2 de l'Air Canada et qui a l'air d'être à la hauteur des ambitions qui sont prêtées à l'Air France. Valls pourrait-il aussi se représenter ? Quelles sont les ambitions de
Manuel Valls ? C
'est lunaire cette histoire. Il peut être maire de Barcelone ? Il a dit qu'il prendrait sa décision au mois de septembre.
Et les Barcelonais, ils
en veulent ou pas ? Vous
le fondeur
? Pour beaucoup de Catalans, ils apprennent que
Valls pourrait être... Mais ils connaissent Manuel
Valls
? Oui, assez peu, mais la question c'est est
-ce
que Manuel Valls connaît si bien Barcelone que ça ? Il a été collé par exemple par vos confrères catalans quand il lui
a
demandé combien il y avait de quartiers administratifs à Barcelone, il ne savait pas. Mais ce qui est intéressant,
c
'est qu'on a parlé de François Hollande tout à l'heure. Valls, lui, semble avoir acté que l'avenir politique en France pour des gens de la génération était très compliqué, qu'une page s'était tournée, que sans doute, il fallait aller regarder peut-être de l'autre côté des Pyrénées. Benalla a-t-il tué politiquement Macron ? Alors vous disiez non,
Yves
Tréhard, vous disiez non. C'est un épiphénomène, on voit très bien dans les sondages ce que montrait le sondage de Jérôme Fourquet,
c
'est que c'était avant l'affaire Benalla qu'il y
a
eu une décrue d'Emmanuel Macron et finalement, l'impact de l'affaire Benalla est minime, comme très souvent les affaires d'ailleurs. Allez, merci beaucoup. C'est la fin de cette émission. Elle sera rediffusée ce soir à 23h20. On se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air. Merci de votre fidélité et à demain.