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ChroniqueFonctionnaire territorial· 2 juillet 2026 7 minComplaisantActualité / polémiqueTravail & emploiInstitutions & élections

Bruno Retailleau veut supprimer 5 MILLIONS de fonctionnaires ?!

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    « Bruno Rotaillot a proposé de supprimer le statut de 5 millions d'agents publics. »
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    « On a environ 5,7 millions d'agents publics. Le calcul, il est assez simple. 5,7 millions - 700000, ça donne bah 5 millions de fonctionnaires à qui Bruno Rotaillot veut retirer leur statut. »
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    « Un rapport de la Cour des comptes de juin 2026 contredit cette idée. »
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    « La gestion des contractuels, elle crée des rigidités. Gestion complexe des renouvellements, obligation de faire des avenants avec contrepartie financière au moindre changement de mission. »
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    « Le salaire moyen d'un contractuel est plus bas : 2140 € nets en 2023 contre 2714 € pour un fonctionnaire. »

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Hier, Bruno Rotaillot a proposé de supprimer le statut de 5 millions d'agents publics. Je pense que le statut, ça vaut pour les fonctions régaliennes, policiers, magistrats, mais que sinon c'est le contrat pour avoir une gestion beaucoup beaucoup plus souple. Dans cette vidéo, je vous propose d'analyser cette courte phrase mais qui porte en elle une potentielle révolution dans l'organisation administrative française. L'ex-ministre de l'intérieur dit que le statut, ça vaut pour les fonctions régaliennes. Si on compte large, c'est-à-dire euh bah tous les effectifs hein, des ministères régaliens et pas seulement les policiers et les magistrats comme il l'a pourtant précisé dans la vidéo, on arrive à peu près à 700000 agents. Pour les autres agents publics, ils préconisent donc le contrat

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pour avoir une gestion beaucoup beaucoup plus souple. En France, on a environ 5,7 millions d'agents publics. Le calcul, il est assez simple. 5,7 millions - 700000, ça donne bah 5 millions de fonctionnaires à qui Bruno Rotaillot veut retirer leur statut. On parle là d'agents qui travaillent dans les hôpitaux, qui travaillent dans les écoles, qui travaillent dans des domaines importants dans notre société et dans lesquels il y a déjà des dysfonctionnements graves. On l'a vu récemment avec les affaires sur le périscolaire, sur la ou encore avec les tensions dans les hôpitaux. Pour rappel, le statut des fonctionnaires, il est composé de règles applicables à tous les agents. Contrairement au secteur privé, les fonctionnaires n'ont pas de contrat. Ils sont placés sous un régime de droit

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public qui leur garantit des droits en terme de recrutement, de rémunération, de carrière et cetera, mais il les soumet également à des obligations comme la neutralité, la réserve, l'obéissance hiérarchique et cetera. Ce statut a été cré en 1946 pour l'État afin d'en finir avec les recrutements par copinage euh et puis les euh les révocations pour motifs politiques. Avant guerre, un instituteur par exemple, il pouvait être révoqué pour ses opinions politiques. C'est pour en finir avec ses abus et pour sécuriser le service rendu au public que le statut a été créé. La garantie de l'emploi n'a donc pas été créée pour offrir un privilège aux fonctionnaires, mais pour les protéger des pressions politiques. Dans la fonction publique territoriale, on voit qu'à chaque changement de majorité, par

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exemple une région qui bascule à droite ou à gauche, et bien il y a déjà une vraie valce dans les postes de direction. Sans le statut, la chasse aux sorcières est descendrée à tous les niveaux de poste. Remplacer le statut par le contrat dans les collectivités, c'est fragiliser la neutralité du service public et ouvrir la porte au clientélisme local à chaque changement de majorité. Le statut finalement, il garantit que l'agent, il sert l'intérêt général et non l'intérêt personnel d'un élu. Ce statut, il peut d'ailleurs évoluer avec le temps. On voit avec les lois des années 80 ou celles de 2019 que ça a permis de d'adapter hein euh le service public aux problématiques contemporaines. Mais vouloir supprimer ce statut me semble dangereux. Alors ça c'était sur l'importance du statut en

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lui-même, mais d'un même d'un point de vue économique, il y a des choses à dire. Avec cette phrase. Bruno Retaillot établit un lien logique selon lui entre contrat et gestion plus souple. Or, un rapport de la Cour des comptes de juin 2026 contredit cette idée. En conclusion, le rapport dit qu'il paraît difficile que le statut de fonctionnaire soit exclusivement réservé aux agents publics exerçant des fonctions régaliennes. D'une part, cette notion de fonction régalienne n'a pas de définition univoque. D'autre part, certaines de ces fonctions, notamment en matière de sécurité intérieure et extérieure, sont déjà en grande partie assuré par des agents contractuels. Aujourd'hui, les contractuels représentent environ un/art des effectifs publics avec une forte

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croissance entre 2011 et 2023. On a + 37 % pour les contractuels et - 0,6 % pour les fonctionnaires sur cette même période. Et si on prend l'exemple de la fonction publique territoriale, 69 % des contractuels sont en CDD, donc en contrat précaire. Dans une période où l'attractivité du secteur public est mise à mal, à force de blocage du point d'indice et autres, et bien le fait d'accélérer sur la précarisation de ce secteur paraît aventureux. D'autant plus que l'objectif de monsieur Rotaillot est d'avoir une gestion beaucoup beaucoup plus souple. Or, dans ce même rapport, la cour soulligne que la gestion des contractuels, elle crée des rigidités. Gestion complexe des renouvellements, obligation de faire des avenants avec contrepartie financière au moindre

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changement de mission et cetera. Elle note aussi l'apparition de quasi statut et de grill de rémunération pour essayer de les fidéliser, ce qui crée encore de la rigidité. De plus, les contractuels représentent 77 % des entrées et 52 % des sorties dans la fonction publique. La Cour note explicitement que ce turnover permanent alourdit les charges administratives des employeurs publics par rapport à la stabilité des fonctionnaires. Ça peut paraître contreintuitif dit comme ça, mais le recours au contractuel, c'est pas forcément synonyme d'économie. Certes, le salaire moyen d'un contractuel est plus bas. 2140 € nets en 2023 contre 2714 € pour un fonctionnaire. Mais c'est lié au fait qu'ils occupent des contrats courts et moins qualifiés comme à

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l'éducation nationale par exemple. En revanche, sur les emplois permanents ou en tension, donc dans le numérique ou les cadres, les administrations doivent souvent payer les contractuels plus chers que les grilles des fonctionnaires pour réussir à les recruter. La Cour conclut que la progression de l'emploi contractuel n'a pas été motivée par la recherche d'économie. Pour être honnête avec vous, je suis assez étonné d'entendre cette sortie de Bruno Rotaillot. Il est lui-même sénateur qu'on appelle la chambre des territoires. Il a été président de région. Il est donc tout à fait au courant des réflexions autour de l'organisation de la fonction publique, notamment territoriale. Il connaît probablement ce rapport de la Cour des comptes et d'autres rapports comme celui

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sur le coût du miluille administratif de Boris Ravignon. Et puisque l'idée derrière cette proposition de Bruno Rotaillot est de faire des économies, ce rapport Ravignon propose d'en faire 7,5 milliards d'euros par an à l'ensemble des acteurs publics, dont 6 milliards pour les seules collectivités, en s'attaquant à l'enchevêtrement des compétences et le besoin permanent de coordination. Je le dis depuis longtemps sur cette chaîne, la question du qui fait quoi, elle est primordiale pour une bonne efficacité financière en évitant les doublon mais aussi d'un point de vue démocratique. Mais voilà, ça c'est une autre question qu'on traitera dans une prochaine vidéo. Cette vidéo, c'est la première de sur ce format de réaction à des propositions politiques notamment

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vue de la présidentielle de 2027. Dites-moi ce que vous en pensez. Est-ce que ça vous aide à réfléchir sur le statut de fonctionnaire, sur les économies à faire dans le public ? Bref, sur toutes ces questions qui peuvent vous être posées dans le cadre d'un concours.