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Conférence de presseJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 30 mai 2017 47 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

MÉLENCHON : «M. MACRON EST LE PRÉSIDENT DES RICHES» - Conférence de presse du 30 mai 2017

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 16:01OuverteRéponse directe

    Si je vous entends bien, vous voulez remettre le fond au cœur de cette campagne ?

  • 17:00RelanceRéponse partielle

    Sur quoi ?

  • 18:00FerméeÉludée

    Sur M. Cazeneuve. Est-ce que vous la regrettez tout simplement ?

  • 19:00RelanceRéponse partielle

    LCI : Vous parlez d'homicide, la fois précédente d'assassinat. Assumez-vous la préméditation ?

  • 20:00RelanceRéponse partielle

    LCI : Un homicide peut être un accident. Assumez-vous l'accusation ?

  • 21:00OuverteRéponse partielle

    LCI : Qu'en pensez-vous de l'histoire de la CSG ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Locuteur 2Chiffre
    « nous avions calculé que nous serions présents dans 78% des circonscriptions au deuxième tour »
  • 9:00Locuteur 2Chiffre
    « cette augmentation de la CSG revient à une ponction de 20 milliards d'Euros sur l'économie et sur la consommation populaire »
  • 11:00Locuteur 2Fait
    « le président a prévu de demander la suppression des cotisations maladie et chômage et leur remplacement par une augmentation de la CSG »
  • 17:00Locuteur 2Fait
    « nous avons appelé à ce qu'il n'y ait pas une seule voix pour Madame Le Pen »
  • 23:00Locuteur 2Promesse
    « Réponse, c'est interdiction pour les banques françaises de travailler dans les paradis fiscaux »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, bonjour...

Bon, je profite du fait que je suis à Paris, et pas à Marseille, pour ce point de presse, pour me présenter devant vous et faire ce point que font traditionnellement mes amis qui dirigent de manière opérationnelle la campagne des législatives puisque, comme vous le savez, on a changé notre dispositif : une bonne partie de ceux qui organisaient la campagne présidentielle étant devenus des candidats aux législatives, il a fallu adapter les responsabilités, les prises de responsabilité. Alors, nous sommes maintenant à 15 jours du premier tour les horoscopes, sondages, dont nous sommes saisis, nous placent en situation d'être présents au 2ème tour dans de très nombreuses circonscriptions du pays, sans qu'on puisse évaluer ce chiffre avec certitude, en tout cas dans de très nombreuses circonscriptions. Au demeurant, il y avait un calcul simple à faire : si nos électeurs de l'élection présidentielle se présentaient de nouveau pour voter pour le même programme, représenté évidemment par des candidats différents à l'élection législative, nous avions calculé que nous serions présents dans 78% des circonscriptions au deuxième tour.

Bon, naturellement, une telle décalque ne se fait pas mécaniquement, et on ne s'attend pas à une telle proportion. Cependant, voilà, de ce que nous savons, les choses se présentent bien. Au demeurant, il y a aussi ce que nous observons sur le terrain, sans doute est-ce le résultat du fait que, d'une façon ou d'une autre, beaucoup de nos électeurs -- comme ceux, d'ailleurs, d'autres formations -- ont eu le sentiment de se faire voler un peu l'élection présidentielle dans la mesure où un temps considérable, dans cette élection, a été consacré à des sujets qui n'avaient rien à avoir avec les programmes : ça a été les costumes de monsieur Fillon, puis ensuite les emplois, puis ceci, puis cela...

Bref, il y a eu beaucoup de difficultés à faire entendre les comparatifs de programmes même s'il y a eu des débats télévisés assez utiles, mais qui, du fait même de leur configuration, rendaient assez difficile l'approfondissement de la discussion sur les points du programme. Il y a dans le pays le sentiment que cette élection s'est passée bizarrement et qu'elle s'est achevée par une sorte de vote contraint et forcé, par ailleurs baptisé Front républicain, qui fait que, en définitive, n'importe qui étant candidat contre Madame Le Pen subit immédiatement l'injonction -- enfin, est porté -- en quelque sorte. Madame Le Pen ne sert strictement à rien, sinon qu'à être cette deuxième mâchoire du piège à tuer les débats politiques.

Bon, ça fait que, sur le terrain, il y a un certain sentiment de revanche, on va dire. Et nous, on constate une belle mobilisation autour de nous qui ne se dément pas d'une semaine sur l'autre. Et c'est à ça que j'attribue le fait que, en prévision de ces deuxièmes tours, qui nous confronteraient très souvent soit au Front National -- puisque nous sommes les seuls à les faire reculer, à faire reculer le Front National -- soit à des candidats macronistes, il y a contre nous un tir de barrage qui reprend les anciennes principales et les méthodes dégoûtantes de la dernière période de l'élection présidentielle et de l'entre-deux tours.

C'est-à-dire, ce sont des incriminations personnelles, d'une violence toujours plus grande, qui concernent aussi bien nos concurrents -- après tout, pourquoi pas ? -- mais aussi, et de manière assez surprenante, un certain nombre de médiacrates qui se sont fait une spécialité de nous insulter et de nous invectiver. Apparemment, tout le monde s'y met.

C'est un grand exercice de « Mélenchon-bashing » ainsi que de tout ce qui, de près ou de loin, m'approche. Ceci se fait, je pense, comme plutôt un exercice de fortification du pouvoir macronien, qui n'est pas si stable qu'il en a l'air. Il faut qu'on déploie beaucoup d'énergie à en faire l'apologie quotidienne avec, ici et là, des scènes tout à fait émouvantes d'adulation médiatique car, en vérité, ce que les mêmes sondages nous montrent, c'est que moins d'un Français sur deux souhaite que le président ait une majorité absolue à l'Assemblée, et s'il en est ainsi, c'est parce que tout le monde a bien compris que cet homme, dans sa définition du pouvoir, qu'il a qualifié lui-même de jupitérien, représente une forme de stade suprême de l'autorité personnelle dans la République et que ça nous semble être très imprudent de confier autant de pouvoir à une personne aussi hallucinée d'elle-même.

Alors, bon, plusieurs choses. Après, je me prêterai volontiers à vos questions. La première, c'est que nous croyons qu'il faut que, dans cette élection, on puisse discuter des thèmes qui vont être l'actualité sociale et politique, qui suivront immédiatement les élections législatives.

En effet, comme vous le savez, nous nous présentons non pas comme une force de témoignage, mais comme une force d'alternative, c'est-à-dire que nous entrons dans l'élection législative en proposant aux gens de nous confier la majorité pour gouverner le pays. On pense ce qu'on veut d'une telle ambition, mais on ne voit pas très bien quelle autre ambition l'on pourrait avoir, quand on entre dans une élection, que de la gagner ! Et il nous semble important que chacun comprenne bien que ça n'est pas une affaire de personne de savoir si l'on va faire plaisir au petit prince ou si l'on ne va pas lui faire plaisir.

Que se prépare-t-il ? Le président l'a lui-même annoncé ! Sa première préoccupation, ce n'est ni le changement climatique, ni la misère dans le pays, ni aucun de ces problèmes, c'est le Code du Travail.

Cette obsession est, en soi, une signature. Elle montre que le pays se prépare, s'il s'abandonne à M. Macron, à entrer dans une nouvelle phase de dérégulation dont tout indique qu'elle devrait être extrêmement féroce.

Pourquoi ? Parce que la loi El Khomri entre seulement en application et cette loi prévoit déjà des éléments de dérégulation extrêmement profonds par exemple, c'est la négociation par entreprise du temps de travail Il n'y a donc rien qui interdit de penser, -- et d'ailleurs le président l'a dit lui-même -- que d'autres questions touchant l'organisation du travail pourraient, à leur tour, entrer dans ce champ de la soi-disant « négociation entreprise par entreprise », comme, naturellement, la question des salaires, comme la question de la durée du travail, quotidienne ou hebdomadaire, etc., etc., etc.

Donc, c'est un choc extrêmement violent qui se prépare. Ensuite, sur le plan de l'économie et de la possibilité, pour les milieux populaires, de trouver leur compte à la nouvelle situation, nous voulons faire remarquer, et insister, pour qu'on puisse discuter du fait que le président a prévu de demander la suppression des cotisations maladie et chômage et leur remplacement par une augmentation de la CSG. Je demande : Pourquoi est-il impossible de discuter de cette question et du résultat qu'elle aura ?

Et je veux en signaler au moins deux : Le premier, c'est la ponction que cela représente sur la consommation populaire alors qu'il est prouvé, dans toute l'Europe, que c'est cette consommation qui est le vecteur le plus puissant du développement de l'activité. Il n'y a pas de contre-exemple sur ce point. Eh bien, cette augmentation de la CSG revient à une ponction de 20 milliards d'Euros sur l'économie et sur la consommation populaire.

J'insiste sur ce chiffre : c'est davantage que ce que prévoyait Monsieur Fillon avec sont augmentation de la TVA ! Enfin, si pour les travailleurs du secteur privé, le transfert après CSG de ces cotisations du salaire brut vers le salaire net représentera une légère augmentation, qui pourrait parfaitement être immédiatement absorbée par l'impôt, pour tous les autres salariés, je veux dire ceux du secteur public, aussi bien dans la fonction publique territoriale que dans la fonction publique d'État, et pour les retraités, cela représente une ponction pure et simple que nous avons évaluée, pour un revenu de 1200€ mensuel, à 250€ annuels de ponction. Il s'agit donc d'une somme tout à fait considérable, rapportée aux salaires des personnes concernées.

Or, il semble qu'on ne peut pas parler de ce point ! Cette question n'est pas dans le débat, elle n'intéresse pas, comme a eu intéressé en son temps, si vous vous souvenez, c'est-à-dire en 2002, la question de la TVA sociale, qui avait été soulevée, et qui avait été le coeur du débat des législatives de cette année. Alors on ne parle pas de ça, on ne sait pas pourquoi... et, évidemment, nous on souhaiterait qu'on en parle.

J'ai pris là deux exemples qui montrent que nous nous dirigeons vers un choc social d'une violence extrême et que tout se passe comme si nous vivions dans un conte de fées où un personnage, comme l'a dit un hebdomadaire, « séduit le monde », parce que il n'y a pas de dithyrambe assez puissante, semble-t-il, pour qualifier l'action du nouveau chef de l'État...

Ce qui pousse aussi à l'inquiétude, c'est la façon avec laquelle se constitue non seulement le gouvernement, cela, déjà, vous l'avez observé, mais également les cabinets ministériels. Il y a quelque chose de quasi « poutinien » dans cette manière de s'entourer des représentants de tous les oligarques du pays puisque on retrouve, alors comme premier ministre le porte-parole du lobby nucléaire, comme directeur de cabinet de tel ministre, l'ancien directeur-adjoint du MEDEF, comme lobbyiste chargé de l'accompagnement des politiques agricoles telle personne qui s'occupait de la même tâche au profit d'un des lobbies, le lobby du vin en l'occurrence, etc. etc.

On a pointé quelques-unes de ces choses dans le dossier de presse que nous vous remettons. Et pour nous, il y a danger à voir se concentrer dans un système institutionnel qui, déjà, concentre tant de pouvoir sur la présidence, tant de personnes qui sont directement liées aux grands lobbies du pays, et qui, parfois, les personnes étant celles qui étaient chargées des relations publiques, de ces grandes entreprises. Vous avez eu vous-mêmes à connaître de la décision du chef de l'État de choisir qui serait autorisé à l'accompagner dans ses différents déplacements, organisant ainsi lui-même l'action des médias.

Tout ça, on l'a connu ailleurs, et ça n'est pas parce que c'est fait avec le sourire et avec grâce que nous oublions quelle est la signification profonde de cette manière de vouloir tout contrôler, contrôler tout le monde, et d'établir un lien très direct avec les milieux des affaires. Évidemment, comme on sait qu'on va avoir les ordonnances, tout ça donne à ce début une connotation que nous trouvons, nous, très malsaine et nous voulons le dire avec beaucoup de force. J'ajoute que nous avons très mal reçu les premières affirmations, celles de Monsieur Castaner, selon lequel, dans l'hypothèse où Monsieur Macron gagnerait, on n'aurait pas le droit de bloquer le pays, comme il dit, c'est-à-dire d'avoir une action sociale qui participe finalement des formes assez traditionnelles de la démocratie sociale dans ce pays.

Je rappelle qu'une élection n'éteint pas le débat dans un pays. Ce n'est pas un blanc-seing, et ce n'est pas un mandat dictatorial que l'on donne à celui qui a gagné. C'est une autorité, et le pouvoir d'exercer un mandat.

Le mandat impératif, en toute hypothèse, n'existe pas dans notre pays. Prolonger l'état d'urgence, déjà en soi, pose problème; mais vouloir transférer le contenu de l'état d'urgence dans le Droit commun du pays est une grave erreur et entraîne notre système juridique sur une pente sur laquelle nous ne voulons pas le voir aller. Voilà !

Monsieur Macron est le président des riches, et il s'entoure de leurs commensaux. Il prépare une grande fête pour l'oligarchie et c'est le peuple qui va la payer. Il est dur avec les nôtres, et doux avec les autres.

Voilà ce qui se dessine dans ses premiers pas de gouvernant du pays. Alors, encore un mot, ou plus exactement deux : le premier sera pour évoquer la rencontre avec Monsieur Poutine. Je fais remarquer que le cœur des indignés traumatisés qui m'accusaient d'angélisme lorsque je disais qu'il fallait discuter avec la Russie plutôt que d'organiser un blocus et une montée en puissance d'un retour insensé aux méthodes de la guerre froide, que il valait mieux discuter plutôt que de déployer des troupes comme sont en train de le faire l'OTAN, eh bien c'est exactement ce que fait le président Macro : il discute et, pour la Syrie, il a ouvert le choix de cette hypothèse que j'évoquais devant vous, qui m'a valu à l'époque, d'être traité, là aussi, d'angélique ou d'homme qui n'avait pas de sens des réalités.

Je n'aurai pas la cruauté de rappeler qui, parmi vous, a publié comme titre que les conditions de ma paix en Syrie, c'était la paix de Moscou avec une photo de votre serviteur avec un petit brin d'olivier, tandis que là, on célèbre le dialogue de M. Macron avec M.Poutine.

J'espère que ceux qui signaient ces papiers sauront reconnaître que j'avais eu raison avant tout le monde sur ces sujets. Pour ma part, je n'aurais pas organisé une telle... -- comment dire ? -- démonstration que celle qui a été faite à Versailles.

En effet, s'il ne s'agit pas d'aller dans l'escalade avec la Russie, on ne peut pas non plus considérer et passer à perte et profit tous les évènements qui ont eu lieu récemment, et notamment ceux qui ont eu lieu en Crimée. Je pense que aussi longtemps qu'on n'a pas retrouvé les conditions d'un règlement harmonieux des questions de la paix et de la guerre et des tensions qui existent sur les frontières, une certaine réserve -- même s'il doit y avoir de l'engagement très profond dans le dialogue -- une certaine réserve est de mise. Voilà!

Alors, dans les dernières heures, on me cherche pouille sur toutes sortes de choses...

Ce matin, je me fais traiter de complotiste sur France Inter...

Sur C-News, M. Jean-François Kahn m'a traité de « Doriot », je crois, et ainsi de suite...

Ce sont naturellement des paroles pleines de douceur et d'intelligence tandis que ma remarque, qui a duré une seconde et quart, -- puisque nous avons regardé, dans un discours de 3/4 d'heures, c'était le onzième que je prononçais dans la même semaine -- concernant M. Cazeneuve, me vaut maintenant toutes sortes de montées au rideau, et de manières de me montrer du doigt. Il faut dire que vraiment, cette semaine, ça a battu tous les records de « Mélenchon-bashing » !

Ça a commencé par un article absolument infâme qui se moque de nos morts et de nos rituels, -- alors que, d'habitude, on respecte au moins ça -- dans le magazine du Monde, et ça se poursuit maintenant à la cadence quotidienne d'une invective contre moi considérée comme une figure normale. Alors, si vous voulez, on évoquera cette question de M. Cazeneuve, parce qu'elle a intéressé, mais je veux vous dire que, personnellement, je n'y attache aucun intérêt.

J'attache de l’intérêt à l'affaire de Rémi Fraisse, pas à M. Cazeneuve. Et j'ai évoqué - je voudrais le rappeler je n'ai évoqué cet épisode de la responsabilité administrative d'un ministre qui est le chef de son administration, et donc responsable des actes des fonctionnaires qu'il met en mouvement, que parce que lui-même m'avait dit que j'avais refusé de me prononcer contre l'extrême droite, ce qui n'a pas retenu votre attention lorsque vous avez évoqué la prise de position de M.Cazeneuve à mon encontre.

Le point de départ, c'est qu'il a dit que je ne m'étais pas exprimé contre le Front National, laissant entendre que, en quelque sorte, suivant l'antienne dorénavant répandue dans tout le Parti Socialiste, eh bien, il y aurait une certaine ambiguïté de notre comportement. Il considère que la consigne : Pas une voix pour Mme Le Pen n'est pas une consigne assez claire. En effet, ce que tous veulent, c'est que nous fassions allégeance, comme lui-même l'a fait, M.

Cazeneuve, à M. Macron ! Et voilà ce que nous ne voulons pas faire et ne ferons jamais.

Voilà ! Alors, en effet, dans un discours de 3/4 d'heure, pendant 1 seconde 1/4, j'ai évoqué l'homicide qui a conduit à la mort de M. Rémi Fraisse.

Je tiens à rappeler que M. Rémy Fraisse n'est pas mort dans un accident de voiture, et qu'il n'est pas tombé d'un train. Il a reçu une grenade offensive, et l'utilisation de ce matériel est un problème qui, à l'époque, a été soulevé par de très nombreux observateurs.

Ceux qui veulent en connaître et en savoir davantage, je les renvoie tous à l'enquête qui a été faite par un de vos confrères, en l'occurrence reporter, qui avait travaillé ce sujet très à fond. Je rappelle que nous avons, parmi nos candidats dans la Haute-Garonne, l'avocate des personnes qui ont été interpellées et qui ont été inculpées sur le site de Sivens, ainsi que de la famille de Rémi Fraisse. Eh bien dans ces conditions, j'estime qu'il est normal de ma part, moi qui avait demandé la démission de M.Cazeneuve à cette occasion, comme j'avais pu observer, compte tenu du nombre des évènements auxquels j'ai été impliqué dans ma vie militante, que lorsque Malik Oussekin avait été tué à la suite d'une charge de motocyclistes-voltigeurs, eh bien les ministres concernés avaient démissionné, ce qui n'a pas été le cas dans cet épisode.

J'avais dit, à l'époque, que je souhaitais la démission de M.Cazeneuve. Je rappelle que je n'ai pas été le seul à le dire, et que je n'ai pas été le seul à utiliser les mots que j'ai utilisés dans ce discours.

Je plaide donc ma bonne foi. Je répondais à quelqu'un qui m'interpellais en disant que j'aurais manqué à la République et en lui ripostant que c'est lui qui a manqué à la République dans la mesure où il n'a pas assumé, ce qui est de tradition dans notre pays, surtout quand un évènement d'une telle gravité se déroule. Ce n'est pas tout.

M. Cazeneuve est l'homme qui a inventé la technique de la mise en nasse des manifestations qui ont débouché sur d'innombrables violences pendant les manifestations de la loi El Khomri. Je veux dire ceci : si M.Cazeneuve estime qu'il est juste de me faire un procès en diffamation, eh bien, je l'invite à le faire !

De cette façon, nous pourrons, devant un prétoire, enfin, prendre tous les éléments, toutes les pièces du dossier, des conditions dans lesquelles Rémi Fraisse est mort. Et nous citerons, nous demanderons les témoignages des journalistes qui ont fait des enquêtes sur le sujet; nous demanderons que témoignent ceux qui se trouvaient sur place, et, enfin, il y aura un procès sur les conditions dans lesquelles Rémi Fraisse est mort. J'invite M.

Cazeneuve à la retenue et à ne pas utiliser un extrait de discours pour se donner un rôle et une importance que le Parti Socialiste ne peut plus avoir en face de la France Insoumise. Voilà! Je souhaite que, d'une manière ou d'une autre, chacun, que ce soit dans les médias ou que ce soit sur la scène politique, sur la scène politique, on peut admettre que, des fois, dans les discours des uns, des autres, ou dans les réparties, le ton monte.

Après tout, c'est une démocratie, et la polémique fait partie des figures habituelles de la démocratie, qui plus est quand c'est par revers de balles, si j'ose dire. Mais j'invite à ce qu'on évite de s'en prendre aux personnes, comme on l'a fait à mon sujet, dans des termes sur lesquels je ne peux pas répondre, parce que, quand un journaliste, dans une matinale, me traite de complotiste, comment voulez-vous que je réponde ? Que dois-je faire ?

Quel est le registre dans lequel je peux répondre aux milliers de personnes qui, éventuellement, ont entendu cette accusation insensée ? Quand un magazine m'accuse d'être une secte, parce que, dans un enterrement, là où d'autres récitent des prières émouvantes, parfois avec toutes sortes d'instruments, nous, nous nous mettons en chaîne, et nous chantons une chanson révolutionnaire, comment voulez-vous que je réponde, et comment puis-je défendre l'honneur des personnes qui se trouvaient là, le mien, et celui de l'être que nous avons perdu et qui nous est si cher ? Comment puis-je répondre ?

Je vous adjure de me le dire. Dois-je subir sans ne jamais rien dire, sauf à, sitôt que je réplique, devoir subir les foudres de ceux dont c'est l'intérêt de m'installer dans le paysage comme un exagéré, de manière à préparer, du mieux qu'ils peuvent, un deuxième tour dans lequel ils comptent m'éliminer, non pour mes idées, non pour celles de mes amis, mais pour une étiquette qu'ils m'auraient attribuée, comme ça en devient la mode, de nous traiter de secte, seulement parce que nous sommes cohérents ? Est-ce que nous n'avons pas un programme ?

Est-ce que nous n'avons pas recueilli 7 millions de voix ? Est-ce que nous ne participons pas à tous les instants et les grands moments de la vie démocratique du pays? Est-ce que nous avons jamais manqué à nos devoirs pour défendre la liberté ou combattre l'extrême droite?

Alors qu'est-ce qui, dans ma personne, ou dans celles des gens qui m'entourent, justifie une telle hargne ? Qu'est-ce qui justifie une telle hargne ? Pourquoi sommes-nous pourchassés comme nous le sommes ?

Pourquoi accepte-t-on qu'un humoriste puisse mettre en cause mon porte-parole d'une manière aussi indigne à propos de ses revenus ou de son appartement, sans que nous ayons une seule possibilité de pouvoir répliquer, défendre notre honneur et notre manière de vivre ? Enfin ! Je souhaite, donc, et je demande, poliment, respectueusement, avec déférence, à tous ceux dont c'est la tâche de défendre la sacrosainte vérité médiatique, je vous demande "Lâchez-nous!" Arrêtez de nous agresser sur nos personnes!

Intéressez-vous à ce que nous disons, à ce que nous proposons, à notre campagne, mais laissez nos personnes, nos morts et nos familles, en dehors des vindictes que vous portez contre nous! Vraiment, je ne sais comment exprimer mon indignation! Si je le fais trop, je suis accusé d'être trop violent.

Si je ne le fais pas, c'est la porte ouverte à tous les abus pour qu'ils continuent. Je demande une trêve, une trêve médiatique dans l'injure, contre moi, contre les miens! Je demande qu'on puisse parler de ce qui nous oppose réellement!

Je ne suis pas séparé de M. Macron par des problèmes de personnes; je le suis par des problèmes de programme, de fond et si le peuple français lui donne raison et me donne tord, eh bien je m'y soumettrai. Et à l'inverse, je suis sûr qu'il en ferait autant.

C'est tout ce qui compte dans une démocratie, que l'on soit capable d'accepter de gagner et d'assumer, ou de perdre et de l'assumer également. Ça n'empêchera pas, évidemment, que, dans cette hypothèse, mon combat continuerait. Voilà!

J'espère n'avoir pas mis trop de flamme dans cette conclusion, mais, bon, je suis comme je suis; on ne va pas me changer Je suis un méridional, et c'est comme ça! Bon, avec votre permission, j'enlève ma veste Monsieur, si vous voulez bien vous assoir comme tout le monde ça me ferait très plaisir. Sinon, je ne vous répondrai pas. (Non, c'est là, la chaise!) Oui,il y a un ordre, apparemment!

C'est comme ça, tout le monde doit s'y soumettre Ooh, on ne demande pas tant ! On ne vous demande pas d'obéir Restez debout, monsieur, si ça vous fait plaisir! Non non, mais mettez-vous debout, ça a l'air de vous faire plaisir Mettez-vous debout, ça a l'air de vous faire plaisir Je vous ai invité, j'ai pas demandé d'obéir Bon, c'est bon.Allez, au suivant !

Nan nan, mais si c'est pour créer un incident et tout ça, c'est bon! Ah bon, d'accord Q: Si je vous entends bien, vous voulez remettre le fond au cœur de cette campagne, d'accord? Si c'est possible !

Q: mais c'est vous qui avez lancé cette polémique Sur quoi ? Q: sur M. Cazeneuve.

Est-ce que vous la regrettez tout simplement? Parce qu'aujourdhui...

Ah, d'accord, c'était ça...

Bon, alors : Non Monsieur, je n'ai pas lancé cette polémique Non non non, J'ai fait 11 fois un discours sur le Code du Travail et les conditions de la rentrée scolaire et de l'Education Nationale et, à l'occasion d'un de ces discours pendant une seconde et quart, j'ai répondu à quelqu'un que j'ai pris comme figure emblématique de l'accusation inepte d'après laquelle nous n'aurions pas donné de consigne de vote entre les deux tours de l’élection présidentielle. Et je voulais rappeler, pour les gens qui étaient là, que c'était absolument injuste puisque nous avons appelé à ce qu'il n'y ait pas une seule voix pour Madame Le Pen! Je ne faisais que rectifier et je trouvais insupportable de me faire donner des leçons de république par quelqu'un qui ne s'est pas lui-même astreint à la règle minimale d'un ministre de la république, qui est d'assumer les actes de l'administration, surtout quand ceux-ci ont débouché sur un homicide.

Voila! C'est tout. Je n'ai pas provoqué cette polémique; je n'ai pas voulu de cette polémique; ce n'est pas mon sujet!

C'est M.Cazeneuve qui l'a lancé en se saisissant d'une phrase dont il estimait qu'elle était de nature à provoquer un intérêt pour lui, et qui, maintenant, est en train de découvrir que remettre sur la scène cette histoire de la mort de Rémi Fraisse n'était pas spécialement une recommandation pour le Parti Socialiste. Voilà, c'est tout.

Mais je n'ai pas déclenché cette polémique Je ne l'ai pas souhaitée et je ne la souhaite pas. Q: Bonjour. xxxxx LCI Je remarque que, aujourd'hui, vous parlez d'homicide, la fois précédente, vous aviez parlé d'assassinat Oui, parce que ça me parait être de nature à détendre l'atmosphère Q: Oui, mais est-ce que vous assumez toujours le fait et, donc, qu'il y a eu préméditation?

Là, en ce moment, je parle d'homicide Voilà! Et j'estime que c'est assez dit pour aujourd'hui sur le sujet Alors après, quelle était votre question ? "Est-ce que je l'accuse?" Alors, non Alors...

Oui, je vais répondre à votre question qui est passionnante, parce que, vous savez ce qu'il se passe aujourd'hui ? A quinze jours du premier tour, les gens se demandent "Etait-ce un assassinat prémédité, ou bien..?" Enfin, écoutez, un peu de sérieux !

Un peu de respect pour votre pays! Un peu de sérieux ! LCI: Un homicide, ça peut être un accident Un assassinat, ça suppose qu'il y a une pré...

Voilà, monsieur, vous avez tout compris! C'est pourquoi je parle d'homicide, et si vous en voulez davantage, je n'accuse pas M.Cazeneuve d'être venu lui-même assassiner quelqu'un, enfin!

De grâce! Vous savez pas ce qu'est un meeting ? Vous savez pas ce qu'est un discours qui dure 3/4 d'heure?

Vous savez pas ce qu'est une réplique? Non, il faut que vous vous concentriez là-dessus...

Et à propos, qu'est-ce que vous en pensez de cette histoire de CSG? Vous vous en foutez? Vous ne la paierez pas ?

Parce que vous, les journalistes, vous êtes exemptés pour 30% à la base Alors? Affaire suivante ! Q: Hervé Kempf, euh..

Ben quoi ? C'est pas vrai ? C'est quoi, votre truc, à la base ?

Nous, c'est 20 % l'abattement de base ou 10% Ah ah ah... faites pas comme ça Vous ricanez, mais quand même, je suis un peu informé Allons-y!

Q: Hervé Kempf...

Mais non, mais franchement, quoi ! Qu'est-ce qu'il y a? ...

Mais c'est bien ce que je vous dis ! Ça vous fera moins mal à vous! Je sais bien que ça n'a rien à voir avec la CSG, mais ça a à voir avec le revenu Allez!

Q: Hervé Kempf...

Non, mais écoutez...

Attendez Monsieur! Excusez-moi, M.Kempf J'ai pas envie de me disputer avec vous, quoi!

Alors, donc, essayons de faire en sorte qu'on puisse avoir un échange qui ait du sens! Si vous me...

Vous voyez bien que je ne vais pas passer un point de presse à parler de M. Cazeneuve et d'une seconde et quart dans un discours à quelqu'un qui me dit "Vous provoquez une polémique" alors que je me la fais infliger! C'est quand même ça, la réalité!

Allez-y, M. Kempf! Q: Est-ce que, dans le contexte effectivement, que vous avez rappelé, où M.

Cazeneuve a été ministre de l'Intérieur, a donc eu la responsabilité d'un certain nombre de façons de gérer l'ordre et de maintenir l'ordre, que demain, il y a un rapport d'Amnesty International très critique sur l'évolution du droit de manifester en France, est-ce que vous ne pensez pas que le procès dont vous menace M.Cazeneuve ne serait pas l'occasion, en fait, de faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse alors que le juge d'instruction à Toulouse, les juges d'instructions s'apprêtent à clore l'affaire, et que, justement, le procès que propose M.Cazeneuve permettrait de faire la vérité, et sur ce qu'il s'est passé autour de M.

Fraisse, et sur les conditions de maintien de l'ordre en France ? Monsieur Kempf, c'est évidemment mon point de vue. Sur le moment, j'étais stupéfait, honnêtement, je ne vais pas le cacher, j'étais stupéfait, et je n'avais pas envie de cette polémique Je ne l'ai pas cherchée Ce que je voulais, c'était clore la tentation de me mettre en cause, et je demande qu'on comprenne que je me sens agressé lorsque on met en cause mes sentiments républicains.

C'est peut-être parce que je l'ai montré que c'est devenu un jeu maintenant pour certains, de sans cesse m'interpeller sur le sujet. Et puis, disons que la semaine a été rude pour ce qui est de nos affectes et de... bon, ça a été rude de bien des façons, parce que beaucoup d'entre nous, nous sommes des hommes et des femmes de lutte, de combat et quand vous avez l'impression que vous êtes comme un animal, pris au piège, qui ne peut pas se défendre, parce que les coups pleuvent et vous n'avez aucun des moyens de réponse, bon, c'est clair que ça n'aide pas le moral.

Et puis, hier, rentrant en moi-même, comme on commençait déjà à me poser des questions sur Cazeneuve, une affaire qui me déborde complètement, j'ai réfléchis et j'ai pris contact avec mes amis dans le grand Sud-Ouest pour savoir comment eux ressentaient cette affaire. Et beaucoup ont dit: "Eh bien, que vienne le procès en diffammation! Parce que, précisément, c'est la seule occasion qu'on a d'amener devant un prétoire cette affaire-là, et, donc, d'inviter à témoigner tous ceux qui ont enquêté sur cette affaire; et alors, on verra qu'en effet, M.Cazeneuve est l'homme qui a mis en place des méthodes d'intervention d'une violence extrême, dont les manifestants de la loi El Khomri se souviennent parfaitement, avec - comment dire? - tous les débordements auxquels ont donné lieu ce type de techniques, notamment les nasses, qui étaient une nouveauté qu'on ne connaissait pas." Dans le cas du barrage de Sivens, il a été établi que des grenades offensives avaient été utilisées, et que le commandement de l'opération sur le terrain s'était déroulé en dehors de la présence de tout civil, ce qui rend la forme de l'intervention illégale du point de vue qui est celui de la Loi en France Par conséquent, je ne crois pas que M.Cazeneuve ait à gagner à ce procès.

Mais tout compte fait, je trouve que il pourrait être utile à ce que éclate la vérité, et surtout, que ce soit en quelque sorte dissuasif pour les suivants; c'est à dire que, comme ceux qui s'attendent à la victoire de M.Macron s'attendent à faire déferler leurs méthodes, ils doivent s'attendre également à ce qu'il y ait une réplique sociale et je ne voudrais pas qu'elle se déroule dans les conditions dans lesquelles s'est déroulé toute la scène des lois El Khomri donc, je dis tranquillement ce qui doit être dit Je suis d'accord pour requalifier d'homicide, et je prie qu'on comprenne que, dans un meeting de 3/4 d'heure, il peut arriver qu'un mot de soit pas calibré exactement comme la presse, elle, nous habitue à calibrer les mots très exactement avec précision et soin et, donc, voilà. Quoi, Monsieur? (un journaliste parle d'assassinat) Oui, bon, d'accord; on a compris A vous, Madame !

Mais Monsieur, écoutez: vous devez comprendre que les mots sont importants, en effet. quand quelqu'un meurt, et qu'un dispositif a été mis en place, on peut penser qu'il s'agit d'un homicide et pas d'un accident de la route, d'ailleurs, des accidents de la route sont considérés comme des homicides Je ne vois pas à quoi vous voulez arriver...

A quoi vous voulez arriver? (J: c'est bon) Si vous ne savez pas, taisez-vous! C'est aussi bien!

Ecoutez, Monsieur, c'est bon, je vous ai déjà répondu. J'ai raconté dans quelles conditions avait eu lieu mon discours J'ai dit comment j'avais utilisé mes mots J'ai dit ce que je viens de dire Il me semble que c'est assez Maintenant, peut-être que vous aspireriez que je me mette un sac de cendres sur la tête que je me flagelle, parce que vous vous prenez pour des juges Vous êtes juste un journaliste, Monsieur! Rappelez-vous le!

D'accord ? Donc vous devriez vous poser la question de savoir comment Rémi Fraisse est mort au lieu de venir me demander des comptes à moi ! Q: Jean-Luc Mélenchone, vous avez évoqué le Code du Travail mais pas la loi sur la moralisation politique jlm : Exact !

On a se sentiment que c'est de plus en plus compliqué Le Monde publie cet après-midi de nouvelles révélations sur Richard Ferrand Est-ce que le gouvernement pourra porter cette loi, Et si vous avez un groupe, comment est-ce que vous comptez l'amender ? Ecoutez, s'il y a de nouvelles révélations qui font apparaître que les conflits d'intérêts se multiplient la seule chose qu'on a à dire, c'est que c'est une bonne idée de les empêcher Bon... alors...

Je sais que M. Bayrou a pris contact avec mon équipe pour que je le rencontre puisqu'il rencontre tout le monde J'ai à dire sur le sujet, évidemment Alors je commence par ça ,si vous voulez, avant d'entrer plus dans des détails que je ne connais pas à cette heure La moralisation de la vie publique, c'est le point numéro 2 du programme L'Avenir En Commun Point numéro 1: la réforme des institutions Point numéro 2: la séparation de l'Etat et de l'argent D'accord ? Sur ce point, et pour faire bref, et sans rentrer trop dans les détails D'abord, notre position n° 1, c'est de couper les circuits qui rendent possible la triche, la fraude Je ne parle pas pour l'instant des conflits d'intérêts encore que le conflit d'intérêts neuf fois sur dix, conduit à une utilisation (il faut faire attention à chaque mot, parce que sinon, monsieur va venir la semaine prochaine m'interroger sur la gravité de ceux que je prononce) disons que, quand la loi n'est pas très stable, les contournements sont amplifiés.

Les contournements conduisent toujours à se mettre soit en dehors de la morale, soit en dehors de la loi. Bref. C'est par rapport aux paradis fiscaux que notre attention est la plus concentrée.

En effet, ces paradis fiscaux sont le moyen par lequel la fraude peut prendre toute son ampleur. Et je veux, à cette occasion, attirer votre attention sur le fait que quelqu'un d'autre me fait un procès - il y en aura sans doute d'autres, maintenant, c'est à la mode - c'est la Société Générale, qui, elle aussi, me fait un procès en diffamation pour avoir dit - c'est un mot très grave - que son président, M. Oudéa, mentait. ce qui est un mot très grave En effet, M.

Oudéa a déclaré, devant une commission d'enquête parlementaire, après avoir juré de dire la vérité et toute la vérité qu'il n'y avait aucune activité de la Société Générale dans le paradis fiscal. C'est l'affaire des Panama Paper Et, donc, à cette occasion, j'avais dit qu'il mentait. J'étais pas le seul, d'ailleurs, à l'avoir dit Et ça nous vaut, un an après, je ne sais pas pourquoi un an après, - peut-être parce que ces gens se sentent aujourd'hui des ailes et pensent que l'environnement politique leur est favorable - un procès en diffamation.

Fort bien! Eh bien là aussi, ça sera un procès intéressant, parce qu'on aura l'occasion de mettre à plat comment fonctionnent les circuits de la Société Générale et comment ça fonctionnait avec le Panama Paper. Honnêtement, pour nous, c'est quand même là qu'est le cœur de la difficulté aujourd'hui: ces 85 milliards de fraude fiscale.

Réponse, c'est interdiction pour les banques françaises de travailler dans les paradis fiscaux Réponse, c'est la déclaration d'impôts universelle pour tous les citoyens français Réponse, c'est la nécessité, pour chaque entreprise, de déclarer ses revenus dans le pays dans lequel elle les réalise, etc. etc. Ces points sont rappelés dans la revue de presse.

Quant aux conflits d'intérêts, il va de soi qu'il y a, quand même, de la part des responsables, un peu de jugeote à avoir, quoi ! Franchement, clairement: si vous mettez un ancien lobbyiste d'une entreprise dans un ministère, que voulez-vous ? Il n'y a pas besoin d'être un HEC pour comprendre qu'il va y avoir un problème!

Et c'est, d'ailleurs, la pratique même du lobbyisme qui devrait être discutée dans notre pays. Est-ce que on trouve ça aussi normal que les Nord-Américains peuvent le trouver, ou que les institutions européennes peuvent le trouver? Pour ma part, je ne crois pas.

Et je rappelle que, pour qu'il y ait des corrompus, il faut des corrupteurs. Pour qu'il y ait...

Quand il y a conflit d'intérêts ça veut donc bien dire qu'il y a des intérêts qui sont en jeu et pas simplement des postures personnelles. Vous aurez la surprise, lorsque vous ferez le travail auquel nous nous sommes livrés, qui consiste à passer en revue la biographie d'un certain nombre de gens, qu'ils soient membres des cabinets ministériels ou qu'ils soient candidats à la députation, de découvrir que certains ont effacé leurs pages facebook, certains ont effacé les archives de leurs tribunes qu'ils avaient publiées dans tel ou tel journal... et je vous laisse au plaisir de les rechercher vous-mêmes Je crois que, nous-mêmes, on en a pisté un ou deux ainsi que les gens qui ne publient pas leur nom complet de manière à ce qu'on perde leur trace et ainsi de suite.

Alors voilà, si j'arrive à faire coïncider mon emploi du temps, et vraiment, je demande à M.Bayrou de ne pas le prendre mal si c'est quelqu'un d'autre de mon entourage qui va le voir, il n'y a aucune marque de désintérêt pour la question, ou pour sa personne; c'est simplement que mon emploi du temps est abominable et que le plaisir d'aller lui dire ce qui est écrit dans le programme L'Avenir en Commun, un autre que moi pourrait le faire. Mais je vais tout faire pour y aller moi-même, d'autant que, sur le plan humain, j'apprécie M.

Bayrou, et je sais que, de toutes façons, même si nous ne sommes pas d'accord - et nous ne sommes pas d'accord - eh bien l'échange sera de bonne qualité. Voyez-vous, je veux lui dire une chose: Mon cher François Bayrou, si vous voulez qu'il y ait de bons juges dans le pays, faites confiance au peuple. La mesure qu'il y a à prendre parmi toutes les autres, c'est de donner au peuple le pouvoir de révoquer ses élus.

Et ça, c'est très facile à faire et vous verrez que le peuple le peuple est un bon gardien de ses intérêts." Bonjour M. Mélenchon.

Alexandre Payrou. La Chaîne Parlementaire. Vous parliez tout à l'heure de vos ambitions pour les élections législatives.

Vous parliez de 78 circonscriptions dans lesquelles elle était placée 78% ! 78 %, pardon, d'endroits où vous pourriez être au second tour. Objectivement, à quel nombre de sièges vous vous attendez à l'issue de ces élections législatives ?

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? C'est 289, la majorité, donc, j'aspire à 289. La vérité vraie et ultime c'est que personne n'arrive à chiffrer quoi que ce soit, parce que les repères précédents ne fonctionnent pas.

Par exemple, dans un deuxième tour où nous nous opposerions à un candidat macroniste, ou macronien - je ne sais pas comment on dit - personne n'est capable de dire en quoi consistent réellement les reports de voix, c'est à dire, est-ce que, massivement, tous les gens de droite se mettent à voter pour le macronien tous les socialistes pour, ou bien est-ce que ça se partage, dans quelles proportions ? Les observateurs sont incapables de le dire donc, on travaille sur deux bases. La première, c'est la projection des résultats de la présidentielle, en sachant que c'est une projection qui est fragile.

Donc au moins pour une raison, qui devrait porter certains analystes à la prudence, c'est que il y a moins de candidats présentés par La République En Marche qu'il n'y en a de La France Insoumise. Ils ne sont pas présents dans toutes les circonscriptions. Et vous verrez qu'à la fin, c'est à dire au recollement final, vous n'avez pas d'étiquette "Majorité présidentielle".

Par conséquent, ça va être la grande tambouille à la sortie de tout ça parce que des gens vont être au pas en "Majorité présidentielle" entre les deux tours, qui n'y sont pas au premier. Vous savez qu'il y a un grand nombre de circonscriptions où il y a plusieurs candidats qui se réclament de la majorité présidentielle. Hier soir, j'étais à Evry, bon, en plus de M.

Valls, il y en a un autre, je crois, et puis là, à côté, pareil, il y en a un ou deux, et à chaque fois, il y a plusieurs candidats. Donc, ce qui est à peu près certain, c'est qu'entre les deux tours, des gens vont se déclarer membres de la majorité présidentielle, ce qu'ils n'auront pas dit au premier tour. Qu'est-ce que ça donne, tout ça, en sièges ?

Personne n'en sait rien Et, donc, je suis bien embarrassé pour vous répondre Il y a des jours où je suis au sommet de la félicité parce qu'on m'amène des paquets de circonscriptions qu'on a gagnées; le lendemain, on me dit qu'il y a eu un sondage moins bon, et les alarmistes font des soustractions partout...

Je ne sais pas vous répondre, Monsieur. Ce que je sais, c'est que la situation, tout mon raisonnement est basé là-dessus, alors, d'accord, je me suis trompé quelques fois, c'est clair, mais je ne me suis quand même pas trop trompé sur ce que j'ai pu dire sur le dégagisme et je pense que le dégagisme va prendre des tournures assez spéciales au moment de ces élections législatives. Voilà!

Par la force des choses c'est comme ça. On le sent dans le pays, hein? Les gens n'ont pas fait tout ce qu'ils ont fait pendant cette élection présidentielle pour le seul plaisir de reconduire les rites du passé!

Je ne le crois pas. Après, bon, voilà, je suis comme vous; c'est la vie qui va trancher, puis j'observerai, et ma culture politique, sans doute, va faire un bon en avant après des épisodes aussi stupéfiants que ceux que nous avons vécus. Madame Besse Desmoulières, peut-être, qui a levé la main Bonjour.

Raphaëlle Besse Desmoulières du Monde. Sur l'affaire Richard Ferrand, est-ce que vous estimez que sa situation est encore tenable au gouvernement ? Ecoutez, je suis bien embarrassé, parce que je suis comme tout le monde, c'est à dire, j'ouvre le journal, j'apprends des rebondissements je vois bien que...

Pfft ça sent la carabistouille, c'tte affaire, hein ! Bon, mais non, mais c'est l'avocat qui a dit ce qu'il y avait à dire! Honnêtement, je n'y avais pas pensé, moi j'avais pas vu où était l'arnaque Au début, j'étais comme tout le monde, à dire: "Eh ben oui, quand même... après tout... un contrat...", bon, mais "Ce sont des affaires privées", dit le gouvernement.

Alors, vous essayez de ne pas être une brute, donc, vous réfléchissez; vous savez bien que la polémique, des fois, peut conduire un peu plus loin; puis l'avocat, il fait la réponse qui dit: "Mais au lieu de faire tout ça, ils n'avait qu'à acheter, eux, directement!" Et dans ce cas-là, ah oui, c'est vrai! Je me suis dit "Ben, c'est vrai, c'est vraiment une arnaque!" Bon, alors voilà!

Ma conversion est récente, hein? Ça date d'hier, et d'avoir lu le journal "Le Parisien", et d'avoir lu le...

Alors que, peut-être je vois, il y en a qui sourient parce qu'ils sont plus malins que moi, mais moi j'ai pas vu l'arnaque, au départ. Je me disais, c'est un procédé un peu grossier Bon, alors à partir de là, franchement, moi ça m'arrange qu'il reste cloué sur sa croix. Parce que, imaginez qu'il nous dégage et on n'aurait plus rien à dire pendant les 10 prochains jours, pour plein de gens.

Donc, là, pendant dix jours, ça nous laisse une excellente vitrine du macronisme réel: le numéro 1, le gars qui a tout à organiser, et qui a pris des grands airs pour dire que, dorénavant, ça serait plus comme auparavant et qu'on allait voir ce qu'on allait voir...

Le résultat, c'est que c'est lui qui se fait prendre la main dans le pot! Bon, pour nous, c'est pas le plus mauvais cas. Ce qu'on ne souhaite pas, par contre, c'est qu'on recommence le cirque du costard de Fillon pendant quinze jour, quoi, et qu'on soit, pendant quinze jours, tous à se gratter la tête sur le fonctionnement du Crédit Mutuel de Bretagne, et combien vaut un mètre carré loué, bon, il y a des sujets plus palpitants... mais vous avez raison de dire que il ne fallait pas jouer les chevaliers blancs, si la cape n'était pas aussi blanche que ce qu'il en avait dit.

Mais bon, ça fait nos affaires. C'est comme le procès Cazeneuve: c'est une bonne chose; ça fait réfléchir; ça montre que les gens qui se croient très malins ne le sont pas autant qu'ils en ont l'air! Oui, bonjour.

Bernard Adam. Sud Radio J'aimerais revenir seulement sur les déclarations de M. Cazeneuve, ce matin, sur France Inter qui vous demande de faire vos excuses.

Qu'est-ce que vous avez envie de dire par rapport à ça? Vous faites vos excuses ? Oui oui, j'ai vu ça.

Il dit qu'il retirerait sa menace de procès en diffamation. Mais, entre temps, mes amis m'ont tous téléphoné et alerté qu'il y a un nombre considérable de gens que ce procès en diffamation intéresse. Alors, bon...

Moi, je ne veux pas...

Je ne suis pas Cazeneuve: Je ne prends pas un air de notaire de province ou de bedot du curé pour agresser les autres. M. Cazeneuve dit de moi que j'ai manqué à la république, et que je n'ai pas pris position contre l'extrême droite.

C'est un menteur, et il le fait dans l'intention de me nuire sur une allégation qui est calomnieuse. Mais moi, je ne veux pas le calomnier. Donc, si dans un discours, un mot à paru excessif, ou que, comme on vient de me le rappeler à l'instant, compte tenu de la définition du mot, ce mot n'est pas adapté à ce que je veux dire, je suis prêt à en utiliser un autre.

Voyez-vous, quand je faisais du Latin, avant que le gouvernement l'interdise, il y avait un cas de traduction. C'était "Caesar pontem fecit", ce qui veut dire (ou "fessit", si vous voulez) César fait un pont. Alors, on interpellait nos jeunes intelligences et on nous disait: "Croyez-vous que César ait fait lui-même le pont?" Alors...

Non. Alors on nous disait: On ne doit pas traduire "César fait un pont" On traduit : "César a fait faire un pont". Voilà!

Alors, dans le cas qui nous occupe, je crois que le mot "homicide" est plus adapté à décrire ce que je voulais mettre en cause c'est à dire que cet homme n'a pas assumé la responsabilité qui était la sienne, étant chef de son administration, c'était à lui d'assumer la situation, notamment l'usage de grenades offensives dans les conditions dans lesquelles cela a été fait, et que c'était totalement injuste d'imputer le gendarme qui a tiré cette grenade parce que il l'a fait dans le cadre d'un ordre qui lui avait été donné, et que la chaîne du commandement - il a été établi assez clairement par le reportage de Reporters, que je vous invite à lire (c'est un de vos confrères, donc vous ne pouvez pas dire que c'est moi qui écrit, et il ne m'est pas toujours favorable des fois, il m'est très défavorable); Alors, par conséquent, on peut considérer que on peut s'appuyer sur cette enquête. Et pour ne pas le gêner, je dirais qu'il y a eu d'autres enquêtes de faites, sur le moment-même et autour, de plusieurs journaux, qui ont montré qu'il y avait une situation qui n'était pas normale, et que, donc, c'est au responsable politique d'en assumer. Donc, je veux dire que celui qui me fait la leçon de république doit commencer par balayer devant sa porte.

Quand lui était au pied du mur, il n'a pas assumé sa responsabilité républicaine qui eut été de démissionner, dans cette circonstance. Voilà! Et à l'époque, je l'ai dit, et je n'ai pas été le seul, hein ?

Donc, si M. Cazeneuve souhaite une amnistie, pour ça, il faut qu'il y ait d'abord un procès. Voilà!

Alors, s'il y a un procès en diffamation, eh bien, j'irai au procès en diffamation je plaiderai la bonne foi, et j'expliquerai le sens des mots que j'ai utilisés, et ceux qu'il vaut mieux utiliser. Je pense qu'il vaut mieux parler d'homicide, à cette heure, et je propose à M. Cazeneuve qu'on en reste là.

Mais s'il veut faire un procès en diffamation, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?, eh bien j'irai! Moi, je ne me sauve pas quand il y a des procès et quand je suis convoqué.

La preuve, je suis convoqué par le juge pour la Société Générale, eh bien j'y vais. Et, en attendant, nous allons faire la fête à la Société Générale vendredi et samedi prochains pour qu'elle se souvienne bien qu'avec nous, il n'y a pas de coup sans riposte. J'ai pas dit un mot de trop, là, les copains ?

Eh ? Ah, ben, chacun va y aller de son imagination: la dernière fois, on a été distribuer des biscuits pour expliquer aux clients de la Société Générale à quel genre de banque ils appartenaient! Alors, il y a des gens que ça choque, hein, tout ça; Enfin, on fait des choses comme ça des pancartes, des affiches...

Q: Est-ce qu'il y aura un lieu précis? Ben, on demande à nos amis dans chaque ville d'aller devant la Société Générale, naturellement, on le fait pacifiquement; je m'empresse de le dire, et c'est pas la peine de nous tirer des grenades offensives parce que, après, ça donne lieu à des circonstances que les mots peinent à décrire...

MÉLENCHON : «M. MACRON EST LE PRÉSIDENT DES RICHES» - Conférence de presse du 30 mai 2017 — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote