Edwige Diaz : "Les Français veulent savoir où passe leur argent !" (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Est-ce que vous dites, stop, il faut que chacun retrouve ses esprits ?
- 0:54RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'en disant cela, vous n'attisez pas aussi quelque part un ressentiment qui peut conduire à une forme de violence ?
- 1:48OuverteRéponse partielle
Vous ne faites plus confiance dans la justice, les Français ne doivent plus faire confiance dans leur justice ?
- 3:02OuverteRéponse partielle
Neuf condamnés sur dix à une peine au-delà de cinq ans de prison ont une exécution provisoire de leur peine. Ça ne devrait pas être le cas pour les politiques.
- 4:39RelanceÉludée
Les magistrats qui jugent les politiques sont politisés en fait ?
- 5:02OuverteRéponse directe
Pourquoi ce durcissement, Edwige Diaz ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« Moi déjà, je vais vous dire que je condamne toutes les personnes qui ont menacé les juges. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Je considère que dans notre état de droit, la violence n'a pas sa place. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Non, parce que je crois que tout le monde sait qu'une partie des juges, des magistrats, sont politisés. »
- 1:24Invité politiqueFait
« De fait, ils sortent de leur neutralité, de leur impartialité, et ils prennent une position politique, donc on ne trahit aucun secret. »
- 2:41Invité politiqueChiffre
« Et vous voyez j'ai été retrouver des chiffres, il y a quelques, en 2008 c'était deux Français sur trois qui avaient confiance en la justice, l'année dernière c'est un Français sur deux seulement qui a confiance en la justice. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Je pense quand même vraiment que l'exécution provisoire, et là en plus qu'on envoie M. Sarkozy directement en prison, je veux dire c'est vraiment une atteinte à la présomption d'innocence. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Mais voilà, je pense que dès lors qu'il y a des conséquences dramatiques, vous voyez, sur Marine Le Pen, là elle a été condamnée à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, et en fait, quelque part, on prive le peuple français de s'exprimer. »
- 5:26Invité politiqueFait
« Monsieur Lecornu a été nommé parce qu'il est prochissime d'Emmanuel Macron, c'est peut-être le dernier macroniste qui reste autour d'Emmanuel Macron, et donc nous ne nous ferons pas avoir par ces déclarations. »
- 6:15Invité politiqueFait
« Bon, qu'il n'y ait pas d'augmentation des impôts, voilà, avec Marine Le Pen, nous l'avons dit, c'était notre ligne rouge. »
- 6:21Invité politiqueFait
« La France fait partie des pays les plus taxés du monde, que ce soit les contribuables ou que ce soit les entreprises, donc il existe dans notre pays une asphyxie fiscale. »
- 7:10Invité politiqueFait
« Et puis, pardon, sur l'aide médicale d'État, nous ne voulons pas des petits aménagements, l'aide médicale d'État, nous voulons la transformer en aide médicale d'urgence. »
- 7:19Invité politiqueFait
« Parce que là, aujourd'hui, l'aide médicale d'État, vous vous rendez compte qu'il y a dans notre pays des Français qui n'arrivent plus à se soigner, parce qu'ils n'en ont plus les moyens, donc ils renoncent à avoir une bonne santé. »
- 7:45Invité politiqueChiffre
« Oui, en fait, c'est ce qui est budgétisé, mais au final, ça coûte beaucoup plus. »
- 13:46Invité politiqueChiffre
« Précéément, elle pourrait rapporter 8 milliards d'euros. »
- 18:15Invité politiqueFait
« Les Français se sont rendus compte qu'ils ont été trompés l'année dernière. »
Temps de parole
- Edwige Diaz64 %
- Présentateur15 %
- Invité14 %
- Présentateur 26 %
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Bonjour Edwige Diaz, on va évoquer dans quelques secondes les premières pistes de Sébastien Lecornu, la réponse avec vous du Rassemblement National, les propositions que vous faites aussi. Avant cela, l'actualité de ces dernières heures, c'est Nicolas Sarkozy, l'ex-président qui réagit à nouveau à sa condamnation à de la prison ferme, et aussi ses menaces contre la justice, menaces de mort, menaces d'agression pour les juges qui ont rendu leurs décisions. Est-ce que vous dites, stop, il faut que chacun retrouve ses esprits ?
Moi déjà, je vais vous dire que je condamne toutes les personnes qui ont menacé les juges. Je considère que dans notre état de droit, la violence n'a pas sa place. Les juges peuvent être politisés, en tout cas celles qui ont rendu cette décision, mais pour autant, personne ne mérite d'être menacé de mort, donc je veux dire que je condamne avec la plus grande fermeté ces agissements.
Est-ce que quand même, vous venez de dire juges politisés, on peut entendre dans votre parti des juges qui veulent se payer les politiques, ça c'est Sébastien Chenu qui le disait, est-ce qu'en disant cela, vous n'attisez pas aussi quelque part, non pas cette violence, mais au moins un ressentiment qui peut conduire à une forme de violence ?
Non, parce que je crois que tout le monde sait qu'une partie des juges, des magistrats, sont politisés. De toute façon, ils le disent eux-mêmes quand ils écrivent par exemple des communiqués de presse pour appeler à faire barrage au Rassemblement National. De fait, ils sortent de leur neutralité, de leur impartialité, et ils prennent une position politique, donc on ne trahit aucun secret. Après, moi je fais bien la différence entre des juges qui décident de révéler leurs opinions politiques et l'immense majorité des juges qui fait son travail dans la plus grande impartialité, avec beaucoup de respect et qui se contentent d'être la bouche de la loi.
Mais Edith Diaz, quand vous dites par exemple que les juges veulent se payer des politiques, c'est Sébastien Chenu qui avait ses propos, quand vous dites que les juges sont politisés, c'est Marine Le Pen, qu'est-ce que vous dites aux Français aujourd'hui ? Vous ne faites plus confiance dans la justice, les Français ne doivent plus faire confiance dans leur justice ?
Non, non, on n'a pas dit les juges sont politisés, on a dit des juges, ça veut dire pas tous les juges, ça revient à ce que je voulais vous dire. Mais vous dénoncez la République des juges, enfin vous avez des mots très forts. Non, non, mais là c'est caricatural, je dis voilà, il y a une partie de la magistrature qui est politisée, qui le dit elle-même en signant des communiqués de presse pour appeler à faire barrage au Rassemblement National.
Après je vais vous dire, regardez, hier j'étais sur ma circonscription en Gironde, sur le marché de Saint-André-de-Cubzac, et bien en fait les gens sont venus me parler, ils m'ont dit c'est quand même pas normal ce qui se passe, cette exécution provisoire, et bien c'est la négation du second degré de juridiction, et donc c'est par là même la négation de notre état de droit.
Et vous voyez j'ai été retrouver des chiffres, il y a quelques, en 2008 c'était deux Français sur trois qui avaient confiance en la justice, l'année dernière c'est un Français sur deux seulement qui a confiance en la justice, et donc en fait je pense que la politisation d'une partie de la magistrature, et bien jette quelque part le discrédit sur l'ensemble de la profession, et je le dis, beaucoup d'entre eux font leur travail avec beaucoup de responsabilités.
Je peux, Edwige Diaz, aussi vous donner un chiffre, neuf condamnés sur dix à une peine au-delà de cinq ans de prison, ont une exécution provisoire de leur peine. Ça ne devrait pas être le cas pour les politiques.
Non, alors je ne dis pas du tout que les politiques doivent être au-dessus des lois, mais je dis aussi qu'ils ne doivent pas être en dessous des lois. Et c'est vrai que beaucoup de personnes m'ont posé la question, enfin se posent la question, et je l'ai entendu hier sur ma circonscription, c'est est-ce qu'il n'y a pas une justice spéciale pour Nicolas Sarkozy ? Je pense quand même vraiment que l'exécution provisoire, et là en plus qu'on envoie M. Sarkozy directement en prison, je veux dire c'est vraiment une atteinte à la présomption d'innocence, et quand même les gens se disent, mais est-ce qu'il n'y a pas une volonté d'humiliation derrière, puisqu'en plus on sait que M.
Sarkozy va faire appel, peut-être que son innocence sera reconnue, mais du coup on envoie quand même l'image désastreuse d'un président de la République qui va finir en prison, et c'est quand même l'image de la France qui est abîmée. Alors qu'est-ce qu'on fait ? Vous siégez au Parlement, est-ce qu'il faut revenir par exemple sur ce principe de l'exécution provisoire ?
Ben écoutez, c'est un débat qui pourra peut-être avoir lieu, puisque voilà, c'est un sujet extrêmement complexe, donc on ne peut pas répondre sur un plateau comme ça, mais voilà, je pense que dès lors qu'il y a des conséquences dramatiques, vous voyez, sur Marine Le Pen, là elle a été condamnée à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, et en fait, quelque part, on prive le peuple français de s'exprimer. Si les gens ont envie de voter pour Marine Le Pen, et bien c'est eux qui doivent avoir le dernier mot, et ce n'est pas des magistrats politisés qui ont envie de se payer Marine Le Pen, qui doivent l'interdire, qui doivent interdire aux Français de voter pour elle.
Donc il y a une question...
Les magistrats qui jugent les politiques sont politisés en fait ? Non, c'est pas ça, c'est pas ce que je vous ai dit, je peux vous répéter pour la quatrième fois. Non, mais c'est ce qu'on peut comprendre en vous écoutant.
Non, non, je vous ai dit des juges qui assument, qui signent des communiqués de presse, et je ne veux pas jeter le discrédit sur l'ensemble de la profession qui réalise son travail avec impartialité et neutralité.
On va revenir bien sûr maintenant dans le détail sur le contexte politique et budgétaire. Alors vous avez bien sûr suivi les premières annonces du Premier ministre sur la question du budget, sur la construction du budget, et votre parti, le Rassemblement National, a réagi très vivement à ces premières annonces. Je cite par exemple Jean-Philippe Tanguy ce matin dans la tribune dimanche, qui nous dit « Monsieur Lecornu est le ventriloque d'un scénario écrit par d'autres ». Pourquoi ce durcissement, Edwige Diaz ?
Non, mais parce qu'en fait, nous ne sommes pas dupes. Monsieur Lecornu a été nommé parce qu'il est prochissime d'Emmanuel Macron, c'est peut-être le dernier macroniste qui reste autour d'Emmanuel Macron, et donc nous ne nous ferons pas avoir par ces déclarations. Donc nous attendons très précisément son discours de politique générale, et ensuite nous verrons la déclinaison de ses intentions, et nous espérons qu'il changera et qu'il reprendra les propositions du Rassemblement National, qui sont cohérentes, qui sont constantes, et que nous matérialisons par écrit chaque année à l'occasion de la présentation de notre contre-budget.
Mais pour le moment, un budget de désendettement, pas de taxes Zuckmann, pas de retour de l'ISF, pas non plus de suspension de la réforme des retraites, et en même temps un petit geste sur l'aide médicale d'État, ça, ce n'est pas de nature à vous satisfaire ?
Bon, qu'il n'y ait pas d'augmentation des impôts, voilà, avec Marine Le Pen, nous l'avons dit, c'était notre ligne rouge. La France fait partie des pays les plus taxés du monde, que ce soit les contribuables ou que ce soit les entreprises, donc il existe dans notre pays une asphyxie fiscale, et une question de consentement à l'impôt, mais surtout à la dépense publique. Oui, les Français estiment que leur argent est mal dépensé, et même ils se posent la question, où passe notre argent ?
Mais pardon, on ne comprend pas du coup ce qui ne vous satisfait pas dans cette interview de Sébastien Lecornu ?
En fait, on ne va pas se payer de mots, c'est ce que je veux vous dire.
Il pose des bases, et ensuite il dit, on peut discuter et négocier.
Eh bien tant mieux, discutons, c'est pour cette raison que nous ne serons pas, comme la France insoumise, que nous ne le censurerons pas a priori, mais nous allons voir si tout ceci reste des paroles en l'air, comme on y a été habitué avec Emmanuel Macron, ou alors avec les prédécesseurs de M. Lecornu. Et puis, pardon, sur l'aide médicale d'État, nous ne voulons pas des petits aménagements, l'aide médicale d'État, nous voulons la transformer en aide médicale d'urgence.
Parce que là, aujourd'hui, l'aide médicale d'État, vous vous rendez compte qu'il y a dans notre pays des Français qui n'arrivent plus à se soigner, parce qu'ils n'en ont plus les moyens, donc ils renoncent à avoir une bonne santé. Et en parallèle, quand vous êtes un clandestin, c'est-à-dire quand vous arrivez illégalement sur le territoire national, vous avez le droit à une immense palette de soins, et donc du coup, ça constitue une injustice sociale.
L'aide médicale d'urgence qui ferait économiser combien par rapport à ce que coûte l'aide médicale d'État actuellement ? C'est 1,1 milliard 100 millions d'euros ?
Oui, en fait, c'est ce qui est budgétisé, mais au final, ça coûte beaucoup plus.
Ce que nous disait Sébastien Chenu, il y a quelques mois sur ce plateau, sur ce même sujet, il disait que ce sera sans doute quelques millions d'euros d'économie, quelques centaines de millions d'euros d'économie. Oui, oui, c'est ça.
Écoutez, je pense que c'est très marginal, oui. Alors, mais je ne vous dis pas que toutes nos mesures d'économie reposent sur l'aide médicale d'État. Je vous dis que la transformation de l'aide médicale d'État en aide médicale d'urgence, c'est une partie de l'ensemble. Mais oui, bien sûr, déjà au nom de la justice sociale et de la justice en matière de santé, il est normal que les Français soient soignés en priorité dans leur pays. Et donc, oui, il faut réduire la palette de soins. En clair, il faut, si quelqu'un, évidemment, est sur le point de mourir ou a une maladie grave, évidemment qu'on va le soigner.
Vous n'avez jamais entendu l'inverse dans la bouche d'aucun représentant du Rassemblement National. Mais nous considérons qu'il n'est pas normal que les étrangers en situation irrégulière bénéficient d'autant de soins alors que les Français en manquent.
Si on suit votre raisonnement, vous posez une sorte d'ultimatum au Premier ministre. En gros, c'est la rupture ou la censure, si je vous écoute bien. Mais qu'est-ce qui concrètement constituerait à vos yeux une rupture ? Donnez-nous, par exemple, une seule mesure que vous demandez au Premier ministre.
Alors, juste, le budget, c'est un ensemble. Je vais vous en donner plusieurs, si vous me permettez. L'augmentation des impôts, c'est non. La désindexation des pensions de retraite sur l'inflation, c'est non. L'augmentation des charges sur les entreprises, ça n'est pas possible non plus. Et en parallèle, il faut que cette absence d'augmentation d'impôts soit compensée par une diminution des dépenses. En fait, c'est un équilibre, c'est une opération obligatoire si l'on veut faire baisser la dette et la rembourser. Donc, les économies, nous en avons proposé un certain nombre.
Je vais vous les rappeler, des économies sur l'immigration, sur la contribution de la France au budget de l'Union européenne, sur l'aide au développement, sur les énergies intervitantes, sur les agences d'État. Vous voyez, en fait, toute une série de mesures qui n'ont pas été appliquées, qui n'ont jamais été appliquées.
C'est un catalogue, ce n'est pas extrêmement précis.
Si, mais après, je sais que nous n'avons pas beaucoup de temps. Donc, je suis obligée de faire synthétique.
Vous parlez, par exemple, souvent de l'ADEME, dont on sait que le budget de fonctionnement n'est pas celui que vous évoquez. C'est 4 milliards, mais c'est seulement quelques centaines de millions d'euros de budget de fonctionnement.
Vous voyez, je suis arrivée avec le contre-budget du Rassemblement national et qui est disponible sur notre site Internet. Et en annexe, vous avez toute la liste des agences d'État que nous voulons rationaliser, fusionner, faire disparaître, etc. Et il faut aussi qu'on se pose la question de l'utilité de ces agences. Parce que nous, nous ne sommes pas pour supprimer des agences, pour les supprimer. Mais en fait, si elles ne servent à rien, si elles ne se réunissent pas, si elles sont coûteuses et si elles servent, il faut le dire... Il y a beaucoup d'agences qui servent à recaser les ministres. qui ont été remerciés, ou des députés qui ont été battus.
Je peux vous en donner un certain nombre. Emmanuel Wargon à la Commission de Régulation de l'énergie. Bérangère Couillard au Conseil à l'égalité. Clément Beaune au Commissariat au plan. Donc en fait, il y en a beaucoup, vous voyez, des agences. Vous supprimer tout ce que vous venez de citer. Je dis qu'il faut faire un audit. Je dis qu'il faut faire un audit. Si les agences sont utiles, eh bien, gardons-les. Mais si elles sont inutiles, qu'elles ne se réunissent pas, qu'elles coûtent cher, qu'elles font doublon, par exemple, avec un ministère, pourquoi on les garde ?
Ces audits, ils existent déjà, Edwige Diaz. Mathilde Sirot parlait d'un rapport sénatorial. 540 millions d'euros.
Oui, ils audits, d'accord. Mais enfin, du coup, qu'est-ce qu'on a fait de ces audits ? Voilà, à un moment donné, il faut que le Premier ministre se saisisse de cette question. Et que s'il est établi que telle ou telle agence ne sert à rien, eh bien, oui, il faut envisager sa suppression. Pour l'instant, ça n'est pas fait, je le regrette.
Vous restez avec nous, Edwige Diaz. On va continuer cet échange juste après le fil info de 9h moins le quart. Et c'est le retour de Diane Ferschit. Gérald Darmanin condamne sans réserve les menaces envers les magistrats. Le parquet de Paris a ouvert deux enquêtes concernant des messages menaçants adressés à la magistrate qui a condamné Nicolas Sarkozy dans le dossier libyen sur France Info. Le syndicat de la magistrature estime ce matin que Nicolas Sarkozy met également de l'huile sur le feu. Nicolas Sarkozy, qui s'exprime dans le journal du dimanche, il continue de défendre son honnêteté et récuse toute idée de grâce. Il faudrait pour cela qu'il reconnaisse sa culpabilité.
Je me battrai jusqu'à mon dernier souffle, redit-il, ajoutant que toutes les limites de l'état de droit ont été violées. Au moins trois morts, une dizaine de blessés dans une nouvelle attaque aérienne massive sur l'Ukraine. Moscou a lancé des centaines de drones et de missiles sur le pays au cours de la nuit, selon le ministre ukrainien des Affaires étrangères. Il dénonce la destruction d'immeubles résidentiels. L'Iran appelle les pays à ne pas appliquer des sanctions qu'il juge illégales. Sanctions entrées en vigueur cette nuit après l'échec des discussions à l'ONU sur le nucléaire iranien. Elles avaient été levées il y a dix ans. Téhéran qui promet ce matin une réponse ferme et appropriée.
Edwige Diaz, vous êtes toujours avec nous, député de Gironde, vice-présidente du RN. Alors vous nous disiez à l'instant que le Premier ministre ne devait surtout pas, donc on passait par une augmentation de la fiscalité. Pour autant, dans votre parti, dans votre groupe à l'Assemblée, vous avez des propositions de réforme concernant la fiscalité. Et vous proposez par exemple l'impôt sur la fortune financière, un IFI, qui n'est pas l'ISF et qui n'est pas non plus l'IFI qui est en ce moment en vigueur. Et c'est une manière pour vous de protéger quelque part l'immobilier et les propriétaires.
Mais est-ce qu'au final ce n'est pas contre-productif et au détriment des entreprises ou des investisseurs ? Non, pas du tout, je ne vois pas pourquoi vous dites cela.
Vous pouvez cibler les actifs financiers. Oui, c'est ça en fait, la spéculation, pour le dire autrement. C'est quoi la spéculation ? La spéculation, c'est quand vous vous enrichissez peut-être anormalement ou alors que vous bénéficiez d'une situation conjoncturelle qui vous fait engranger des super-profits. Par exemple, je pense quand il y a eu les profiteurs de crise, les profiteurs de guerre.
Il y a eu une taxe sur les super-profits.
Oui, mais du coup, elle n'est pas suffisante. Nous, nous souhaitons l'augmenter. Précéément, elle pourrait rapporter 8 milliards d'euros.
Elle vise avec qui cette taxe ?
Je vous le dis, elle vise tous les acteurs de la spéculation. En fait, nous, ce que nous voulons, c'est protéger l'enracinement. C'est pour ça qu'avec notre...
On va être extrêmement concret. Quelqu'un qui a un compte en bourse, qui place de l'argent, ça peut parfois s'élever à quelques dizaines, quelques centaines de milliers d'euros. Pour vous, vous considérez que c'est quelqu'un qui fait de la spéculation potentiellement ?
En fait, oui. Nous nous souhaitons investir dans l'économie réelle. C'est-à-dire que...
Ce n'est pas l'économie réelle, la bourse ?
En tout cas, ça dépend. Ça dépend de quelle entreprise. Ça dépend dans quelle mesure. Ça dépend dans quel calendrier. Tout ça est très particulier. C'est pour ça que c'est très long à développer sur le plateau. Mais en gros, ce que je veux vous dire, c'est que typiquement, on pourrait surtaxer les rachats d'actions. Voilà. Donc là, c'est quand une entreprise va racheter ses propres actions au moment où elle est particulièrement cotée en bourse. Donc, en fait, pour que vous compreniez bien et pour que les personnes qui nous entendent comprennent, nous, nous souhaitons protéger le patrimoine. Nous souhaitons protéger l'enracinement. Nous souhaitons plus taxer la spéculation.
Mais en fait, quand on ne veut pas rajouter des impôts...
Investir en bourse, c'est d'être déraciné. Attendez, attendez, attendez, juste, je veux finir à...
Non, mais voilà, l'enracinement, c'est quand vous investissez dans une TPE, dans une PME, quand vous investissez dans l'immobilier. Ça, vous voyez, c'est l'enracinement. Parce que nous, ce que nous souhaitons pas... En fait, nous, ce que nous souhaitons, c'est opérer un rééquilibrage fiscal. Et d'ailleurs, la taxe que nous souhaitons mettre, donc l'impôt sur la fortune financière, c'est pas un impôt pour alimenter le tonneau des danaïs de la dépense publique. Vous voyez, en fait, c'est de l'argent que nous voulons diriger vers la politique familiale, par exemple. Et en fait, ça rejoint ce que je vous disais tout à l'heure sur la question du consentement à la dépense.
Pardonnez-moi de vous interrompre, mais on a du mal à en comprendre les contours. Parce que vous nous dites, ça pourrait concerner des entreprises, ça pourrait concerner peut-être des particuliers. Et vous nous dites, finalement, investir en bourse, c'est spéculer.
Mais je vous dis, ça dépend sur quelle entreprise et à quel moment. Je vous ai dit tout à l'heure qu'il y avait une question de conjoncture. Donc, si vous investissez dans telles entreprises, à un moment, parce qu'il y a une guerre, parce qu'il y a une crise ou quelque chose comme ça, oui, ça peut faire partie de la spéculation.
Donc, par exemple, ceux qui ont gagné de l'argent en investissant sur Dassault, au moment des tensions en Ukraine, les actions Dassault, Safran, qui sont des entreprises françaises qui ont beaucoup augmenté.
Ça dépend à combien elles ont augmenté, vous voyez. Donc, il faudra adapter en fonction de la croissance des actions. C'est ce que je vous dis, voilà, en fonction de la conjoncture. Donc, pour vous dire les choses, très simplement, nous souhaitons opérer un rééquilibrage fiscal, détaxer l'enracinement, la proximité, le patrimoine, l'investissement dans les TPE, PME. Et nous voulons, en parallèle, taxer les super profits, les rachats d'actions, les surdividendes, tout ce qui fait partie de la spéculation. Voilà, j'essaie de vous le résumer de manière synthétique pour que tout le monde comprenne à votre antenne. Sur le plan parlementaire et politique,
Edwige Diaz, le Premier ministre, semble vouloir laisser beaucoup de place à la négociation à l'Assemblée nationale où vous siégez. Et pourtant, du fait de votre attitude avec votre groupe, il semblerait que les députés du Bloc central n'attendent plus grand-chose de votre part. On écoute Mathieu Lefèvre, qui était à votre place hier matin.
Le Rassemblement national ne veut pas un budget, il veut des élections pour le pays, voire la démission du président de la République. Il y a une forme de parallèle entre les extrêmes qui, dans le fond, rêvent plus de chaos institutionnel que d'offrir au pays la stabilité dont il a besoin. Mais le chaos institutionnel, ce serait une folie pour le pays.
Le chaos pour le pays. Est-ce que vous assumez de vouloir précipiter les échéances à la fois législatives et présidentielles, Edwige Diaz ?
Pour répondre à M. Lefèvre, en fait, les artisans, les architectes du chaos et du désordre, c'est quand même les Macronis, c'est-à-dire la famille politique à laquelle M. Lefèvre appartient. C'est quand même son parti politique qui, l'année dernière, au moment des élections législatives, s'est accoquiné avec la branche la plus radicale de l'extrême-gauche, c'est-à-dire la France insoumise, le nouveau parti anticapitaliste, les écologistes... Et la raison sur le fond, quand vous voulez des législatives... Oui, parce qu'en fait, c'est la seule... Ce sont les seuls moyens, en fait, le seul moyen de sortir de ce blocage qui a été organisé par M.
Lefèvre, c'est-à-dire les macronistes et leurs amis des LR et de la France insoumise et du Parti socialiste. En fait, ce sont eux qui ont bloqué, qui ont tordu le bras à nos institutions, à notre Constitution, pour empêcher Jordan Bardella de devenir Premier ministre.
Et si les législatives ne vous donnent pas de majorité et ne donnent de majorité à personne, ce sera un rebelote ? Il faudra refaire des législatives ?
Alors, je vais vous dire pourquoi je pense que ça n'arrivera pas. Je pense que ça n'arrivera pas parce que, déjà, dans une démocratie, un retour aux urnes est toujours sain. Les Français se sont rendus compte qu'ils ont été trompés l'année dernière. C'est-à-dire que l'année dernière, on leur a dit si le Rassemblement national remporte la majorité absolue à l'Assemblée, eh bien, ça sera la pluie de sauterelles dans le pays. Bon, on voit que la paralysie, que l'effondrement économique, que la perte du pouvoir d'achat, que l'exaspération des Français, c'est le fruit de ces alliances contre nature, de ces alliances de la honte.
Donc, je pense que les Français ne se feront pas avoir une deuxième fois. Et en parallèle, juste, je rajoute, le Rassemblement national et le parti politique préféré des Français, Marine Le Pen a fait ses preuves, Jordan Bardella a fait ses preuves, et nous aussi, les parlementaires. Donc, je dis aux Français, merci de nous faire de plus en plus confiance chaque jour.
Edwige Diaz