Wauquiez : à nous deux Macron ! #cdanslair 11.12.2017
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 45 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:25OuverteRéponse directe
La droite a donc un nouveau patron ?
- 2:40OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'il peut tirer une légitimité de cette élection ?
- 6:43RelanceRéponse directe
Mais comment est-ce qu'il peut tirer une légitimité de cette élection ?
- 13:29OuverteRéponse directe
Pourquoi l'image dont jouit Wauquiez est-elle si déplorable ?
- 15:25OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il vous fait penser à Jacques Chirac ?
- 26:56OuverteRéponse directe
Son pari, c'est de siphonner les voix du Front national ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurChiffre
« Laurent Wauquiez a été élu dans un fauteuil avec près de 75% des voix et une participation honorable. »
- 2:31PrésentateurChiffre
« Dans un parti qui aujourd'hui a à peu près 150 000 militants à jour de cotisation au 30 novembre, il a su mobiliser 100 000 militants. »
- 11:06PrésentateurFait
« Laurent Wauquiez n'a jamais perdu une élection. »
- 13:34IntervenantFait
« Oui, d'abord il faut souligner qu'il a encore un déficit de notoriété. »
- 27:01IntervenantFait
« Moi, j'en suis convaincu parce que pour le coup, Wauquiez est souverain au centre droit. »
- 29:29PrésentateurFait
« On est globalement d'accord, mais il passe à autre chose rapidement. »
- 30:16PrésentateurFait
« Vigilance pour Jean-Pierre Raffarin, victoire sans surprise, dit mollement Alain Juppé. »
- 36:39PrésentateurChiffre
« 66% trouvent qu'Édouard Philippe est formidable. 53% que Macron l'est aussi. »
- 38:56PrésentateurChiffre
« Le groupe qui compte 100 élus sur les 100 élus il y a à peu près 45% de nouveaux. »
- 39:35IntervenantFait
« C'est clairement une ligne incarnée par Laurent Wauquiez mais très clairement là pour le coup on a eu une élection assez chimiquement pure. »
- 39:46IntervenantFait
« La ligne Wauquiez elle est dans l'héritage du Nicolas Sarkozy le second Nicolas Sarkozy celui de 2010-2012 donc plutôt la ligne très identitaire. »
- 40:01IntervenantFait
« Ce sont les adhérents et pas les sympathisants et encore moins les français. »
- 40:11PrésentateurChiffre
« Les Républicains c à 9% chez les adhérents aujourd'hui. »
- 40:37PrésentateurFait
« Laurent Wauquiez il a su aussi s'abonder se corriger pendant la campagne par exemple il a réglé quelque chose qui lui était il était l'un des derniers la question du mariage pour tous il ne veut plus abroger Réau-Tobira. »
- 40:56PrésentateurFait
« Il a donné une interview pendant la campagne interne où il est entre ce qu'il dit dans son livre en 2014 où là vraiment il verse dans un euroscepticisme très important et inédit à droite pour un homme qui aspire à la fonction présidentielle il est revenu à une défense d'une troisième voie l'Europe des nations. »
- 46:48IntervenantChiffre
« Il a lancé plus d'une quarantaine de comité de soutien à son mentor. »
- 1:01:33PrésentateurFait
« Je considère que c'est un chemin de libération je me suis enfin libéré de ce carcan européen. »
Temps de parole
- Présentateur62 %
- Intervenant25 %
- ?4 %
- Intervenant 23 %
- Intervenant 32 %
≈ 23,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir
à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. La droite a donc un nouveau patron. Laurent Wauquiez a été élu dans un fauteuil avec près de 75% des voix et une participation honorable. A 42 ans, il se retrouve à la tête d'un parti polytraumatisé et asséché par la politique d'Emmanuel Macron. 'est peu de dire que le plus dur commence avec des ténors de droite en embuscade qui refusent de lui prêter main forte et qui sont restés muets pour la plupart. Depuis hier soir, Laurent Wauquiez va devoir se trouver un chemin pour récupérer les déçus du FN sans froisser toutefois les modérés de son parti.
Son sujet aujourd'hui est d'être le visage et le nom de l'opposition à Emmanuel Macron. Wauquiez, à nous deux Macron, c le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris-Mages. Votre édito Jeudi politique est à retrouver toutes les semaines sur le site du journal Catherine Ney. Vous êtes éditorialiste politique sur Europe 1. On peut également vous lire dans les colonnes de Valeurs Actuelles. Raphaël Baquet, vous êtes grand reporter au journal Le Monde. À la une de votre journal cet après-midi, largement élu, Wauquiez doit maintenant rassembler. Nous y reviendrons dans un instant.
Brice Tinturier, êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Apparaître mercredi, votre nouveau baromètre Le Point. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer
à
Ceci dans l'air en direct. Alors ça y est, la droite a un nouveau patron ? Oui,
elle l
'attendait. Oui, elle a un nouveau patron. J'allais dire que c'est presque une chance d'avoir Wauquiez pour la droite aujourd'hui, qui est dans un sale état, d'avoir quelqu'un qui en veut autant, qui a tellement voulu ce poste, alors que finalement il n avait pas grand monde pour s'y coller. Il y en a plein qui ont renoncé, alors peut-être qu'ils pensaient que Wauquiez était imprenable, mais c'est vrai que pour la droite, d'avoir un champion de 42 ans, au terme d'un parcours où il a coché presque toutes les cases, il a été ministre, alors il est un peu, j'allais dire, dans le parcours classique. C'est un peu le contraire de Macron.
Lui, il a vraiment fait, alors il a fait les mêmes études, mais politiquement, il a fait le parcours très classique. C'est une chance pour la droite d'avoir Wauquiez aujourd'hui. Maintenant, le plus dur commence, vous l'avez dit, on va en parler, mais il a fait une bonne campagne, il été méthodique. Il ne s'est pas trompé, il n'a pas sous-estimé ses adversaires. Il gagne et finalement, il a mobilisé plus que ce que tout le monde imaginait. Alors évidemment, 100 000, ce n pas non plus extraordinaire.
C'est beaucoup moins que les
fois
précédentes.
C'est moins que les fois précédentes, mais dans un parti qui aujourd'hui a à peu près 150 000 militants à jour de cotisation au 30 novembre, il a su mobiliser 100 000 militants,
comme
quoi la droite n'est pas morte. On va voir maintenant, c'est à lui, il a toutes les cartes en main pour essayer de rassembler, comme vous le dites justement. Catherine Ney
?
Oui, ce qui était intéressant, c'est que dès le mois de juillet, on disait que ce sera lui. Parce que ni Bertrand, ni Pécresse n'avaient le courage d'y aller, ou ne l'envie, ou le craignaient, je ne le sais pas. Mais en tous les cas, il était presque donné vainqueur, puisque ceux qui étaient ses contradicteurs, c'est-à-dire Maël Decalan et Florence Portelli, n'étaient pas quand même à sa hauteur. Ce n'étaient pas des adversaires, enfin a priori, très dangereux. Il n'empêche, eh bien, il a fait une vraie campagne.
Parce qu'il savait qu'il ne voulait pas réitérer le non-exploit de Fillon, qui avait cru que les dés avaient roulé, qu'il le gagnerait, qu'il n'avait pas fait campagne contre Copé, et qu'il s'est fait avec les résultats que l'on sait. Donc lui, il a fait plus de 80 réunions, et il s'est donné vraiment à fond. Et c'est en cela que beaucoup le comparent à Chirac, en ce sens qu'il a la même volonté de vaincre, le même abattage, la même volonté d'y aller, la même absence d'état d'âme, mais, disent tous ceux qui le connaissent, malheureusement pas le même sang, la même générosité, le même côté sympa, voilà. Et c'est sur ce registre-là qu'il a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de progrès
à Nous y reviendrons
sur sa personnalité, qui est très contestée, et avec des choses parfois très rudes qui sont dites, et qu peut lire dans les papiers ici ou là, sur la personnalité de Laurent Wauquiez. Raphaël Baquet, on a choisi d'intituler cette émission « À nous deux, Macron ». Son sujet, ça va être aujourd'hui, d'être le premier opposant à Emmanuel Macron.
Ce
qui est intéressant, c'est que jusqu'ici, la droite, est pourtant le groupe d'opposition le plus important, s'était laissée dépassée par la France Insoumise, qui paraissait l'opposant majeur et en chef à Emmanuel Macron. Donc là, on revient à quelque chose de plus normalisé, si je puis dire. C'est-à que la droite est vraiment, comme son nombre à l'Assemblée l'indique, et comme son poids dans le pays l'indique, elle est vraiment le premier opposant. Et effectivement, elle a un chef qui peut l'incarner, chef controversé. Et ça, c'est rare d'avoir quelqu'un qui réussit à la fois une élection assez spectaculaire et sans aucune contestation possible.
Et en même temps, on voit qu'il n'est pas aimé, mais ce n pas seulement un problème affectif. Il ne suscite pas l'adhésion des militants. Il partage quand même pas mal l'électorat. Enfin, si tant est qu'une partie de ceux qui le contestent ne sont pas déjà partis au fond chez Macron. Oui, c'est ça. Est-ce qu'il y un patron pour la droite ? Mais est-ce qu'il reste une droite organisée qui aurait besoin d'un chef de droite ? Vous voyez ce que je veux dire ? Est-ce que tout l'électorat de droite ne se retrouve pas au fond dans la politique telle qu'elle est menée par Édouard Philippe, Bruno Le Maire et les ministres qui sont issus des rangs du Parti Les Républicains ?
Non, pas toute la droite. C'est justement tout le pari de Laurent Wauquiez. Il a opéré la bascule générationnelle. C'est important. C'est terminé pour Juppé, pour Fillon.
C'est
terminé ?
Enfin,
c'est terminé. Ils ne reviendront plus au pouvoir au premier plan. Là, on a un renouvellement et un nouveau leader. Donc la droite a un leader clairement identifié
et
qui opère cette bascule générationnelle. Il a un positionnement aussi.
C
'est un peu différent d'un contenu, mais il a un positionnement politique et il est donc sur ce segment de la droite qui, justement, ne se reconnaît pas dans le macronisme, qui n'est pas de centre-droit, qui est moins européenne, qui est beaucoup plus attentive aux enjeux identitaires qu'aux enjeux économiques. Ça existe et c'est ce qu'incarne Laurent Wauquiez. Le troisième point aussi, c'est qu'il y un leader, il a un positionnement. Il y a du temps. Je crois que c'est important. Parce qu'il est élu maintenant pour cinq ans. Donc il a la durée devant lui.
Non seulement il a 42 ans, donc il peut se projeter sur un temps long, mais il a aussi du temps pour aller jusqu'à l'élection présidentielle à venir et même un peu au-delà. Donc il va véritablement être celui qui incarne cette droite non soluble dans le macronisme. Alors ça ne veut pas dire que ça va être facile. Je crois qu'on l déjà tous dit. On va y venir. Il faudra qu'il ouvre peut-être un peu, qu'il rassemble. Mais en tous les cas, bascule générationnelle. Le leadership, positionnement et temps. Ça fait quatre éléments que n'avait plus la droite depuis longtemps.
Mais comment est-ce qu'il peut tirer une légitimité de cette élection ? Catherine Nel le disait très justement il y un instant. J'imagine qu'il pas un d'entre vous qui était stressé à l'annonce des résultats en disant qu'il peut y avoir une surprise. On savait très bien. Il n pas eu tellement de matchs sans être désobligeants avec ceux qui sont présentés face à Laurent Wauquiez. Donc est-ce qu'il en tire une légitimité sur son parti ? C'est sûr qu'il n avait pas de surprise et que la seule surprise qu'il aurait pu avoir, ce serait éventuellement d'être mis en balotage. Et il ne'a pas été. La bonne surprise pour lui, c'est finalement cette participation un peu plus élevée.
Même s'ils avaient sans doute habilement expliqué qu'il y que 50 000 votants. Finalement, il y en a eu deux fois plus. Mais quand même, ça montre qu'il a su mobiliser. Catherine le disait. Il a fait une vraie campagne. Il est allé sur le terrain. Là où il peut bénéficier et se servir de cette élection comme un levier, c'est qu'il va, j'allais dire, achever la bascule générationnelle sans doute avec une équipe autour de lui où on verra des nouveaux visages. Parce qu'il y des nouveaux visages à droite. Alors on les connaît peu, ils ne sont pas beaucoup dans les médias encore. Mais c'est vrai que la droite, on dit Chanderwil, mais c'est aussi la droite qui change de tête complètement.
Il y en a plein, ceux qui ont perdu la primaire, mais il y aussi les anciens ministres qui sont partis dans le privé ou ailleurs. Et là, on va avoir une nouvelle génération avec Wauquiez. Donc Wauquiez va construire cette droite, sans doute moins européenne, sans doute moins libérale, sans doute moins bourgeoise, plus identitaire. Mais il va construire le Wauquiezisme, si on peut employer
ce néologisme. Ce
qui est intéressant, c'est de voir qu'Emmanuel Macron, lui, considère que c'est un adversaire très sérieux. Parce que
?
Justement, d'abord parce qu'effectivement, il est jeune aussi. Il n'a que deux ans de plus que Macron. Il est jeune. Maintenant, son élection est incontestable. Il a quand même été très bien élu. Donc, même s'il n'est pas toujours aimé, même s'il est controversé au sein de l'électorat, il est quand même très solidement arrimé. Et on voit bien qu'Emmanuel Macron, lui, considère que c'est son adversaire. Il le prend au sérieux. Il le prend très au sérieux. Et il considère déjà que c'est celui qu'il va affronter, effectivement, lors des prochaines élections présidentielles. Alors, ça fait bien longtemps que la droite n'avait pas célébré la victoire à une élection.
Celle-ci était écrite à l'avance avec près de 75% pour Laurent Wauquiez. Et une participation un peu plus forte qu'attendue. Cela suffisait hier soir à redonner le sourire aux militants réunis dans une salle du 15e arrondissement. Des militants forcément emballés par le crédo du nouveau patron. Laurent Wauquiez l'a une nouvelle fois martelé. La droite est de retour. Barbara Steck, Stéphane Lopez. Laurent Wauquiez, plébiscité,
élu avec près de 75% des voix dès le premier tour. Une victoire nette, sans appel. Merci. Oh, mais c'est génial que tu sois là. Merci mille fois. C'est hyper gentil. T'inquiète, on va y arriver. Merci, merci Michel.
Pour les militants réunis hier soir autour de leur champion, l'heure est à la fête. Une nouvelle page s'ouvre enfin.
Aujourd
'hui, c'est une nouvelle ère, un nouveau départ et qu y a beaucoup de choses à reconstruire. Donc on peut faire confiance à Laurent Wauquiez qui a su justement conquérir toutes ces personnes
qui
étaient là en attente d'avoir un nouveau chef. La droite de retour, c'était son slogan. Donc il va vraiment falloir que la droite soit de retour.
C
'est une victoire, c'est une grande victoire. Parce qu'on
a tout
à reconstruire et vraiment presque 100 000 votants,'est formidable.
Malgré une participation plus forte que prévu, moins d'un adhérent sur deux a participé au scrutin. Laurent Wauquiez devient à 42 ans le nouveau patron d'une droite affaiblie. Après une victoire facile, le plus dur commence. Rassembler et incarner une opposition forte face à Emmanuel Macron.
Nous
allons tout reconstruire.
Nous
allons tout renouveler avec des nouveaux visages.
Et
surtout, nous allons tirer les leçons
de
nos échecs.
C
'est une droite renouvelée qui se lève aujourd'hui.
Une
droite qui assume ses valeurs.
Une
droite sereine,
qui
ne se cachera plus dans les petits renoncements.
Elle
sera franche,
elle
sera déterminée,
elle
sera droite.
Droite comme sa trajectoire. Laurent Wauquiez n'a jamais perdu une élection. Major de l'ENA, maire, député, ministre, président de région, il gravit un à un les échelons.
C
'est aux côtés de Jacques Barraud que Laurent Wauquiez fait ses débuts en politique. Jacques
Barraud, le centriste, européen convaincu, lui offre son réseau, sa circonscription.
Mais
l'héritier va très vite se choisir un autre modèle.
Avec
Nicolas Sarkozy.
Et
au fil des années, Laurent Wauquiez
devient le porte-drapeau d'une droite musclée.
Pour
moi, la principale injustice dans notre pays,
c
'est que celui qui travaille n'est pas un véritable écart avec celui qui bénéficie des minimas sociaux. Assistana, identité, immigration deviennent ces thèmes de prédilection.
En
rupture, parfois avec une partie de la droite.
A
commencer par ses adversaires dans cette élection. Hier soir, après
l
'annonce des résultats, malgré la défaite, Florence Portelli continue
de garder le
sourire. Très
critique envers Laurent Wauquiez tout au long de la campagne, elle compte bien continuer à faire entendre sa voix.
Moi,
je reste avant tout libre et indépendante. Je ne dois rien à personne et je ne demande rien. Je demande juste le respect des militants. Nous serons très très vigilants parce que ce parti a besoin de se réformer. Il y des priorités. La priorité n'est pas la présidentielle, mais au travail sur la ligne et sur la réforme du parti. Nous y travaillerons ensemble.
Autre grand perdant de la soirée, Maël de Calan. Le jupéiste fait moins de 10%. Une lourde défaite pour la ligne de droite modérée et pro-européenne qu'il incarne.
Quand un parti rentre dans l'opposition, il a le choix de s'ouvrir ou de se refermer.
Et
je voudrais simplement, pour conclure, dire ma conviction que c'est en s'ouvrant que les républicains pourront être utiles à la France. Merci beaucoup.
Là
est tout l'enjeu pour Laurent Wauquiez. Rassembler sa famille politique. Et pas de temps à perdre. Depuis ce matin, le nouveau président des républicains a pris ses quartiers au siège du parti et consulte en vue de constituer sa nouvelle équipe.
Il
a gardé sa parca rouge,
sa
marque de fabrique. Alors cette question, pourquoi l'image dont jouit Wauquiez est-elle si déplorable, même auprès d'une bonne partie des sympathisants de droite ? Brice Tinturier, est-ce qu'il des enquêtes qui montrent que les sympathisants de droite ont une mauvaise image de Laurent Wauquiez ?
Oui, d'abord il faut souligner qu'il a encore un déficit de notoriété. Il faut commencer par ça. Il n'est pas connu par 100% des Français. pendant longtemps d'ailleurs, sa notoriété et sa visibilité ne montaient pas. Ensuite, il a une image qui est très contrastée et qui peut être négative, y compris auprès de beaucoup de sympathisants de droite parce qu'il est perçu comme quelqu'un dans le volet négatif qui est prêt à tout dire et qui a changé de positionnement. Ce qui n'est pas tout à fait exact. Il y a deux Laurent Wauquiez, ça c'est clair. Mais depuis 2010, il a clairement rompu avec les attaches plutôt du centre.
C'est là où il est parti sur cette idée de l'assistanat comme cancer de la société. Là, il y un moment de rupture extrêmement fort. Donc il s'aliène aussi une partie de la droite par ces termes. Et puis un deuxième moment important, c'est ses prises de position sur l'Europe où il prend aussi beaucoup de champs à partir de 2010 avec son enracinement originel. Mais depuis 2010, en gros, il est assez cohérent. Il est sur ce positionnement de la droite forte, dans l'héritage plutôt du sarkozisme. Donc il cliche beaucoup. On l'accuse d'être extraordinairement opportuniste. Il l'est comme tout politique, j'ai envie de dire. Mais il a une cohérence dans le positionnement qu'il a choisi.
Et il s'y tient, moi je trouve, depuis 6-7 ans.
Donc il a une image à construire avec les Français.
Vous
parliez du temps tout à l'heure.
Il a une image à construire. Il a aussi à faire des choix. C'est-à-dire qu'il a pris un créneau qui, forcément, est clivant. Forcément, lui alienne aussi une partie des électeurs de droite. Notamment cette frange importante du centre droit et qui est beaucoup plus proche des positions d'Emmanuel Macron. Mais auprès de son noyau, qui est certes restreint, là il a une bonne image. Donc tout l'enjeu pour lui va être de ne pas se laisser enfermer uniquement dans ce noyau ou de l'élargir en captant les électeurs du Front National. Je crois que c ça son pari.
Nous allons revenir sur sa ligne politique, mais sur le personnage, Catherine. Est-ce qu'il vous fait penser à, vous disiez tout à l'heure Jacques Chirac, est-ce qu'il y du Sarkozy dans Wauquiez, dans le tempérament ? Il est plus proche de Jacques Chirac, d'abord par la stature, par le fait que, vous savez, Juppé disait de Chirac qu'il m'a beaucoup menti. Quand on rencontre des gens qui ont travaillé avec Wauquiez, disent, oh là là, qu'est-ce qu'il a pu me mentir ? Alors je ne sais pas pourquoi, je n'en connais pas les raisons, mais c'est quelqu'un pour beaucoup dans le parti qui disait, c'est quelqu'un qui n'est pas fiable, on n'irait pas avec lui à la chasse au tigre.
Bon, personne, enfin à la fois tout le monde connaissait son ambition, et personne à la fois ne croyait en lui, mais lui seul croyait en lui-même. Donc, et dans le fond, il a
gagné aussi. Et
? Depuis très longtemps, et il a gagné, faute de combattants, parce que je l'ai dit tout à l'heure, mais le fait que Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand qui aurait pu très bien prendre la présidence du parti, qui aurait été sans doute élu, n'ont pas voulu. Donc eux aussi lui ont laissé la place, vous voyez. Mais moi je trouve qu'aujourd'hui, la difficulté, enfin une des difficultés pour lui, il va définir ce qu'est le Wauquiezisme, c'est que les anciens dont parlait tout à l'heure Brice et Kion, bon c'est une génération et partis, et bien si vous les prenez un à un, eux ils disent, ils se laissent, ils montrent qu'ils sont séduits par Macron, à commencer par Nicolas Sarkozy.
Certes Nicolas Sarkozy a tout fait pour qu'il soit élu là, mais je veux dire, Sarkozy, quand il parle de Macron, voit qu'il est, il trouve que c'est lui en mieux, enfin il n jamais dit ça, mais enfin bref, qu'il a réussi.
Juppé lui aussi,
ce sont des gens qui sont chloroformés par Macron, il y a Juppé bien sûr, il y a François Baroin qui a même dit, qui a même dit, mais moi je pense que Macron sera le candidat de la droite dans 4 ans. Regardez Borloo qui travaille avec lui, donc tous ces grands anciens, ils sont macronistes, vous voyez ? Bruno Jébi ?
Je pense qu'il emprunte sur la forme et sur le style beaucoup à Jacques Chirac, je suis d'accord avec Catherine, on n'imagine pas le mal qu'il se donne, c'est quelqu'un qui est capable de faire des heures de bagnole, de faire traverser la France, arriver à 4h du matin, chez lui au puits, c'est absolument incroyable, Brice Ortefeuille a une formule, la différence avec Jacques Chirac, 'est qu'à l'époque Jacques Chirac lui rentrait en avion quand même, c'était à l'époque il y avait des avions privés, et Wauquiez fait la même chose mais sans les avions en voiture.
Encore qu'au début de sa carrière, Chirac allait Il se donne un mal, on
n'imagine pas. Après, c'est vrai qu'il y a ce style, il va saluer tout le monde dans la salle, de manière un peu mécanique, peut-être avec moins d'empathie, en revanche, il emprunte sur le fond beaucoup plus à Nicolas Sarkozy, avec qui il a eu des hauts et des bas, et il s'est rapproché vraiment de lui à la faveur de la campagne de la primaire.
Et maintenant, Sarkozy, le coach, hier soir il l appelé, ce matin il l'a appelé pour préparer le 20h, enfin il lui suggère les quelques bonnes idées, et surtout, il lui dit, rassemble, c'est lui qui lui a dit, ce serait une bonne idée de proposer à Valérie Pécresse d'être la présidente du Conseil national, ce qui est le Parlement du parti, c'est lui qui lui dit, parce que Wauquiez, quelque part, il est plutôt dans le côté bulldozer, et non, ne rien lui donner. donc, il y a quand même, bon, du coup, c'est un petit peu un mélange des deux, mais il n'en reste pas moi qui va devoir maintenant inventer son personnage, et je trouve qu'il manque vraiment, par contre, d'imagination et de créativité.
Il est un peu personnage politique à l'ancienne, je trouve qu'il n'y a pas chez Wauquiez ce qui a sans doute surpris et séduit chez Macron, il n a pas cette inventivité, a un homme de sa campagne, c'était vraiment plan plan à l'ancienne, et quand il dit, je vais faire quelque chose de nouveau, bon, ce n pas très nouveau, donc insincérité, manque de créativité, alors tout ça, ça peut s'améliorer, mais bon, c'est un peu les
points faibles. Baquet,
l'intéressant de cette phrase, il va falloir qu'il invente son personnage, à part son CV.
Il l'a
beaucoup inventé, pourtant.
Il l'a beaucoup inventé, vous allez me dire ce qu'il a inventé. Parce'à
vrai dire, ce qui est frappant chez Laurent Wauquiez, c'est sa dualité, puis sa capacité à mentir, alors évidemment, le mensonge en politique, on pourrait en faire des thèses, mais c'est assez courant. Mais lui, vraiment, il ment franchement. Il ment très franchement sur lui-même, sur son passé. Il a raconté qu'il avait été un compagnon de route de Mère Thérésa, ce qui était complètement faux. Il a raconté beaucoup de choses. De la même façon, cette façon de parler faussement populaire, alors qu'il est vraiment le symbole même, le produit même de l'élite. Donc, y a chez lui une part de dissimulation qui est probablement à la source aussi de la forme d'abord
des
amours qu'il provoque au sein du parti, puis peut-être de l'incompréhension ou en tout cas du doute qu'il suscite dans l'opinion publique.
Donc, il ça beaucoup.
Il a aussi une brutalité qu'on retrouvait, en tout cas chez Nicolas Sarkozy, dans années 90. Il peut être très brutal comme lui.
Dans le rapport de
force politique ? Oui, il menace ses adversaires très clairement. Alors ça, Sarkozy le faisait tout autant. Donc, il a ce côté menteur,
incroyablement plastique, évidemment, politiquement. Et ça, évidemment, ça gêne, surtout au sein du parti. Ça a beaucoup gêné les barons. Et de la même façon, les débuts de son ascension, 'est-à-dire dans la route, Jacques Barraud, qui était vraiment un démocrate
chrétien,
bonne pas, toujours gentil. Vous savez, ce genre d'homme compatissant. Et à la fin, Jacques Barraud a quand même expressément dit qu'il ne fallait pas que Laurent Wauquiez s'exprime à son enterrement. Donc, vous voyez que
tout ça, 'est dans l'état d'esprit, c'est dans la mémoire des barons de la droite, mais qui, en même temps, ne lui ont
absolument pas barré la route et qui l'ont laissé aller à l'élection sans présenter un candidat contre lui. Ce ne pas la première fois qu'un homme politique s'affranchit des idées de son mentor. On lui fait effectivement toujours ce reproche qui est de dire qu'il est né avec Jacques Barraud et puis aujourd'hui, fait du
Wauquiez inspiré par...
François Fillon s'était affranchi aussi des idées de Philippe Seguin et s'en est expliqué et ça ne lui a pas porté préjudice. Donc, moi, je ne crois pas que ce sera cela qui portera éventuellement préjudice à Laurent Wauquiez. L'insincérité, c'est effectivement plus important parce que ce n pas que l'insincérité au dépositionnement successif. Encore une fois, il peut tout à fait, et il le dit, affirmer qu'il a évolué progressivement, la critique de l'assistanat, etc., etc., la nécessité pour les classes moyennes aussi de retrouver du pouvoir d'achat, tout ça et son cheminement. Et ça peut passer, mais c le personnage.
C'est effectivement beaucoup plus l'homme où on se demande mais qui est-il vraiment ? Est-ce qu'il est sincère à chaque fois qu'il avance quelque chose, indépendamment du contenu ? Et puis, je rejoins tout à fait ce qui a été dit là, c la créativité. Ce qui manque encore aujourd'hui, c'est quand même un contenu. Je disais qu y un positionnement, qu'il y un leader, qu'il une bascule générationnelle, mais il a aussi beaucoup de slogans et de slogans qu'on a entendus depuis 10 ans que la droite puisse être fière d'elle-même, s'assumer elle-même. Très bien, mais « and so what ».
Qu'est que ça veut dire derrière à part des slogans qui font plaisir à la France la plus à droite de l'électorat, ce qui existe. Donc, il réaffirme qu'il est là et qu'elle est là. Il faut ensuite être capable de commencer à avoir un début de programme.
Pour boucler la boucle sur le personnage, Raphaël Baquet disait qu y a un gap entre ce qu'est son CV et la façon dont il s'exprime et cette volonté de faire populaire qu'on ne retrouve pas du tout chez Emmanuel Macron qui
assume qu'il est un
lettré
et qui savoir.
c'est un agrégé d'histoire, c'est quand même un énarque, mais normalien. Normalien. ses proches disent que'est un normalien qui a assez peu lu, curieusement. Et ça, on le retrouve un peu dans ses discours parce que c'est vrai, comme le disait Brice, il s'exprime par cliché et il ne cherche pas à faire... Il n'y a pas le grand discours fondateur de Vauquiez. Il n jamais eu un moment où il a laissé percer quelle était son âme. Alors, quand il dénonce, quand il dit de Macron qu y un désert de l'âme, chez lui aussi, il y a un désert de l'âme. On ne le sent pas. Et donc, on attend. On attend s'il est capable, justement, de révéler ce qu'il a dans ses tripes, s'il a un cœur...
C'est aussi un faux
provincial,
par exemple. Pardon ? C'est aussi
un faux provincial. Il tient un discours où il fustige l'esprit parisien contre la province.
Il dit
que Emmanuel Macron a la haine des territoires. a utilisé
cette phrase.
a passé toute sa jeunesse dans le 7e arrondissement. Il a fréquenté le grand lycée parisien. Donc, si vous voulez... Et ça n'empêche pas d'avoir des racines et d'aimer les régions. Mais, si vous voulez, il y a quelque chose chez lui de toujours... Il en fait trop dans le mensonge. 'est ça le problème. Personne ne lui en voudrait de dire qu'il est très important de penser aux régions, de ne pas toujours être centralisateur. jacobin, au contraire, je veux dire, vraiment, ce serait très légitime. Il en fait toujours quelque chose comme s'il était le porteur de la province contre les parisiens, parisiens qui seraient les autres. Il en fait un calcul politique. Oui, il un calcul politique.
Mais dans
son parcours, même si, effectivement, il a passé sa jeunesse, ses études à Paris, il rompt dans son parcours en s'installant au Puy, quand même. C'est-dire qu'il y a un enracinement à un moment au Puy où il découvre quelque part la vie de... Il s'installe, hein. s'installe avec femme
et enfant
là-bas. Et franchement, le Puy,'est pas facile d'accès pour un homme politique. Donc, du coup, il a un peu connu cette vie
d'aller-en que des
amis au Puy-en-Velay ? Non, non, non. C'est très jolie ville.
Voilà. Mais oui.
Non, mais il y a un enracinement et ça a joué dans sa transformation. Brice, tout à'heure, disait, il y a deux Wauquiers et je pense que dans son parcours, la deuxième partie de son parcours est très imprégnée de cette deuxième vie en province, finalement, à travers
le Puy. Comme ça. Oui, Et s'il le disait
comme ça, ce serait plus vrai. À travers la région Rhône-Alpes-Auvergne dont il essaie de faire aussi une marque de fabrique dans son parcours. Et dernier point par rapport à ce que disiez Chirac-Sarkozy, souvenons-nous quand même de Jacques Chirac, Facho Chirac.
Ils n'étaient pas aimés non plus.
Mais qui a retourné son image incroyable.
Et qui n'était pas un grand
orateur
non Et qui
n'était pas un grand orateur. Et on a attendu aussi pour avoir des discours étoffés qu'on a retenus. Donc voilà, il est aussi au début de son parcours. 42 ans, c'est le plus jeune chef d'un parti, enfin grand parti de droite
contemporain.
Brice Atourier.
Et puis, si on a dit qu'il clivait, qu'effectivement, il est sur un segment de la droite. Du coup, l'espèce de mantra que tout le monde agite aujourd'hui, c'est de dire qu'il doit élargir. En même temps, vous pouvez très bien soutenir que le seuil de qualification à l'élection présidentielle s'étant considérablement abaissé avec une France insoumise qui a un niveau élevé, avec un Front national qui est loin d'avoir disparu, avec un Macron qui pourrait faire aussi des scores extrêmement conséquents. Tout ça vous divise l'électorat en blocs quasiment équivalents et il faut faire quoi ? 20%, quelque chose de cet ordre-là.
Et 20%, vous avez plutôt intérêt, en tous les cas aujourd'hui, à vous agréger un socle solide plutôt que de chercher à être au centre un peu de tout. Je pense que c'est le calcul de Laurent Wauquiez et il n'est pas faux. Sa stratégie, elle est cohérente. Donc il a beaucoup plus intérêt à être sur un segment solide et très identifié. Ça ne plaît pas. Ça ne plaît pas à beaucoup de Français et à une grande partie de la droite. Mais c'est cohérent et il a le temps, encore une fois, devant lui pour ensuite, en fonction des circonstances, éventuellement ajuster.
Son pari, c'est de siphonner les voix du Front national. C'est le seul espace dont il dispose, c ça
?
Moi, j'en suis convaincu parce que pour le coup, Wauquiez est souverain au centre droit. Il faudrait quand même qu'il fasse beaucoup de choses et il diluerait ce sur quoi il a été élu. En revanche, Wauquiez cherchant à capter les voix du Front national, c'est beaucoup plus cohérent. Et ce qu'il y parviendra, c'est une toute autre affaire parce que l'électoire du Front national, il a déjà entendu cette petite musique avec Nicolas Sarkozy il a une douzaine d'années et il en a été profondément échaudé. Donc je ne suis pas certain qu'il veuille comme ça céder aux sirènes d'un nouveau leader de droite qui utiliserait ce même thème. Mais l'objectif, je crois, c'est celui-là.
La droite type Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé, etc., elle est effectivement beaucoup plus proche d'Emmanuel Macron que potentiellement d'un retour vers Laurent
Wauquiez.
D ce qui est intéressant, c'est que son premier discours hier soir où il s'opposait à Emmanuel Macron, on voit bien sur quel thème il s'oppose à
Lui, il a dit à fois
passif sur la question de la délinquance, complaisant sur le communautarisme et manquant de fermeté sur l'intégrisme islamique. Donc c'est tout à fait les thèmes qui sont les plus prégnants au Front National et c'est les électeurs de Marine Le Pen, c'est l'immigration qui est leur problème numéro un. Est-ce que ce sont des thèmes aussi sur lesquels, pardon de le dire comme ça, ce n pas tellement le terrain de jeu d'Emmanuel Macron
?
Ces sujets
-là en
particulier, ce n pas des sujets sur lesquels il a cœur à s'exprimer ? Surtout Emmanuel Macron a préempté maintenant le centre. Donc cet espace-là n'existe pas pour Laurent Wauquiez. En revanche, effectivement, le Front National et Brice a raison peut être encore très méfiant, mais le Front National traverse une crise, une crise de leadership et donc effectivement, on voit bien que Marine Le Pen ne s'est pas relevé encore de la présidentielle. Alors peut-être qu'elle y parviendra, peut-être que Marion Maréchal Le Pen va arriver de son côté, mais enfin pour l'instant, il y a un doute.
Il a un espace pour lui,
c'est
ça que vous voulez dire.
doute sur le
leader du
Front
National et donc il y a un espace pour
un
autre... A fortiori, dans la mesure où Emmanuel Macron a une politique économique, des réformes économiques qui séduisent une partie de cet électorat modéré et notamment l'électorat de la droite jupéiste, on va dire,
très satisfait... des
républicains sont séduits par Macron. Absolument. Donc ça oblige, pour l'instant, peut-être que ça changera, mais pour l'instant, ça oblige Laurent Wauquiez à fabriquer du clivage sur d'autres espaces culturels, régaliens, identitaires. En tout cas, il est obligé de fabriquer du clivage sur d'autres secteurs que sur les réformes économiques où lui-même disant bon, on est globalement d'accord, mais il passe à autre chose rapidement parce que là, il ne
pas
cliver. Un des thèmes de prédilection de Laurent Wauquiez, c'est les racines. Et quand il agite cette idée des racines, il est très en phase avec ce que disent au Front National beaucoup de leaders et beaucoup d'électeurs, on n'est plus chez nous en France. Et ça lui permet aussi de s'opposer pour le coup là frontalement à Emmanuel Macron en jouant ou en essayant de construire une opposition entre celui qui incarnerait les racines et donc l'identité et toute une série de choses qui iraient avec face à celui qui incarnerait au contraire la mondialisation et une forme de cosmopolitisme ou de multiculturalisme.
tout cas,
le cap politique en vous écoutant
attentivement,
il est assez clair
et il a
peu d'autres options. Et pourtant, ça pose des problèmes en interne, on va le voir dans un instant. Depuis hier soir, les réactions des castiques du parti sont surveillées de très près. Vigilance pour Jean-Pierre Raffarin, victoire sans surprise, dit mollement Alain Juppé, des mots choisis, mesurés parmi eux, certains sont restés muets. C'est le cas de Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Christian Estrosi. Un silence qui pourrait compliquer le défi du rassemblement pour le nouveau président des Républicains. Romain Bessnenou et Stéphane Lopez.
Ça
commence mal pour celui qui veut rassembler son camp et faire oublier les querelles internes.
Depuis
l'élection de Laurent Wauquiez hier, les ténors, les Républicains brillent par leur absence et leur silence assourdissant. Pécresse, Bertrand, Estrosi, aucun d'entre eux n'a daigné féliciter ou même commenter la victoire de leur nouveau chef. Seul Alain Juppé, pourtant lui aussi hostile à la ligne Wauquiez, s'est fendu ce matin seulement d'un tweet peu enthousiaste. Élection sans surprise à LR. Très nette victoire de Laurent Wauquiez,
à
lui de jouer maintenant avec sa génération. Pourtant hier, dans l'équipe du nouvel homme fort de la droite, on y croyait à l'unité du parti.
Laurent
Wauquiez a
déjà
entamé le rassemblement de cette famille politique. Il a eu des soutiens issus des différents courants de la droite, des libéraux comme des conservateurs. Je crois qu'il a montré sa capacité à rassembler, sa
capacité
à plaire et être à l'écoute des militants malgré tous les commentaires catastrophiques que nous avons sur lui. Quand je regarde les idées, franchement, moi je ne pas les grandes différences qu'il peut y avoir entre Valérie Pécresse et moi par exemple. Xavier Bertrand ? Xavier pareil. Je crois qu'il faut arrêter les problématiques d'égo. Il faut maintenant travailler tous ensemble. Il y un président, il est légitime et chacun doit venir apporter sa pierre à l'édifice. Hier, Laurent Wauquiez a même appelé sans les nommer les ténors récalcitrants du parti à le rejoindre.
Je
veux aussi dire
aux
personnalités qui n'ont pas voulu s'engager dans cette campagne que je respecte leur choix. Je crois au rassemblement.
Ce
qui se joue maintenant dépasse nos destins personnels.
Il
faut reconstruire la droite.
Ils
ont du talent.
Et
bien aujourd'hui, quand on a du talent, il faut le mettre au service de notre famille.
Dans
la même ligne, Éric Ciotti tend la main à Valérie Pécresse et Xavier Bertrand dans l'objectif d'une reconstruction de la droite autour de Laurent Wauquiez.
Moi,
je suis optimiste sur l'avenir. Ce qu'a construit Laurent Wauquiez est fort. Laurent Wauquiez est une personnalité de grand talent issue de la méritocratie républicaine. Il est enraciné dans nos territoires. Il a démontré chez lui au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes, partout où il a exercé des responsabilités, il a réussi. Et il a réussi notamment à rassembler et à fédérer bien au-delà de son camp. Puis c'est un homme de conviction. Je crois qu'aujourd'hui, on a besoin de confusion. on a besoin de conviction.
Sa
conviction, Jean-Pierre Raffarin, lui, l'a forgé dans la confusion justement de la dernière élection présidentielle.
Il
ne pardonne pas à Laurent Wauquiez de ne pas avoir appelé à faire battre le Front National.
Pour
moi, le choix Macron était évident contre Le Pen. Et quand j'ai vu que Laurent Wauquiez se battait pour une position ambiguë, voire de non-participation au vote, tout ceci a été pour moi une fracture. pense que la ligne du Front National, c'est une ligne qu'on ne doit pas franchir. Et là, il y a eu ambiguïté. Donc sur ce sujet-là, il a essayé de corriger depuis. On sera extraordinairement attentifs et vigilants qu'on ne peut pas accepter.
Dans
cette guerre interne chez les Républicains, plane surtout la prochaine élection présidentielle de 2022. Wauquiez, Pécresse, Bertrand, chacun place ses pions et se positionne dans l'objectif d'être le candidat de la droite face éventuellement à Emmanuel Macron.
Et
nous reprenons notre discussion avec cette question. Risque-t-on de voir une partie des ténors républicains rejoindre La République en marche si le discours de Laurent Wauquiez est trop à droite
? Ça
fait partie des choses qu'on a dites, peut-être même sur
Toplaso, sur l'idée de dire
s'il est élu, le parti explose. C'est ce que beaucoup avaient imaginé que dès le lendemain de son élection, beaucoup partiraient. Alors on va voir. Pour l'instant, on a vu le tweet d'Alain Juppé, ce n pas quelqu'un qui va partir demain, quitter demain les Républicains. Peut-être le fera-t-il au moment des Européennes. C'est sans doute ce moment-là qui sera clé pour les Républicains. Mais objectivement, il y eu beaucoup de départs au moment de l'élection. Des élus peu connus. On n'a pas vu le nombre de petits élus qui ont quitté à ce moment-là, qui n'ont pas renouvelé leur... Et puis il y a eu surtout les ministres qui sont partis.
Et puis depuis, c'est vrai que ça s'est plutôt tari le départ. Alors est-ce que ça va repartir ? Il y a eu le maire d'Angers qui a indiqué qu'il allait quitter les Républicains quelques jours avant l'élection. mais pas d'autres. Donc pour l'instant, Laurent Wauquiez, en fait, c'est à lui aussi d'ouvrir dans les jours qui viennent, d'ouvrir les bras et de tendre la main, notamment vers Pécresse et d'autres. On sait que Xavier Bertrand de toute façon ne veut rien entendre. Donc lui, il va vivre sa vie en dehors du parti et il explique à tout le monde en privé que les partis sont morts, ça ne sert plus à rien. Donc Xavier Bertrand a clairement choisi sa voie. Et il a renoncé à son ambition
?
Ah non, absolument pas. Lui, il explique aussi qu sera candidat au premier tour
de'élection présidentielle de 2022.
Mais il a choisi une autre voie. Les autres élus, moi je pense qu'ils ne sont pas partis pour l'instant. Et la tentative de créer un petit parti pour absorber ses élus, les Républicains, bon, pour l'instant, ça ne fait pas grand succès. C'est quand même singulier ce à quoi on assiste. Une élection interne d'un parti politique qui a quand même une histoire avec des ténors assez identifiés qui clairement font la tête au lendemain de l'élection de Laurent Bouquet. Le tweet d'Alain Juppé ne'est même pas franchement marqué par l'enthousiasme. Jean-Pierre Raffarin qui explique qu'il est en gros sous surveillance. Les autres qui ne réagissent pas.
Toutes les figures un peu marquantes pour l'opinion publique à droite sont totalement absents au lendemain de cette élection. Mais oui, parce que je vous le disais tout à l'heure, toutes ces grandes figures y compris Raffarin sont séduites par Emmanuel Macron et ça c'est un problème. Regardez par exemple les électeurs républicains. 66% trouvent qu'Édouard Philippe est formidable. 53% que Macron l'est aussi. Et donc c'est vrai que Wauquiez pour un Européen comme Raffarin c'est vraiment quelqu'un qui n'est pas fréquentable. Pareil pour Juppé.
Et Nicolas Sarkozy tout en le soutenant en lui donnant des conseils et bien ce n pas un opposant Emmanuel Macron qui fait tout d'ailleurs pour le cajoler, le consulter, l'inviter à dîner, Brigitte téléphone à Clara. Enfin vous voyez il y une espèce de proximité. À Carla pardon. Il y a une proximité comme ça. Il y a un entretien et il est très fort Macron pour ça. Vous voyez l'entretien des relations avec les uns les autres. Donc si
les choses
se passent comme ça pourquoi est-ce qu'ils ne claquent pas la porte et qu rejoignent
la République en marche ? Parce que'envie politique
est derrière eux quand même. Mais oui. Tous ces hommes là qu'on vient de citer. Donc
c
'est même s'ils vont devant les micros dire toute la réticence qu'ils ont à l'égard de Laurent Wauquiez en même temps ça n'a pas tellement de conséquences.
Ça
serait plus embêtant s'il y avait une hémorragie de quadra ou qu'un
quadrinaire. Elle n'aura pas lieu
c'est ça que vous nous expliquez
? Pour
l'instant en tout cas elle n'est pas très visible. Non mais ce
qui est très crois que le vrai
rendez-vous ce sera les européennes parce que pour l'instant imaginez qu'une Valérie Pécresse claque la porte comme vous le disiez. pense que ça ne serait pas compris par ses électeurs pas en l'état actuel. Si en revanche au moment des élections européennes parce que ça c'est un thème important pour l'électorat et bien au sein de la droite il y des propositions ou des positions de Laurent Wauquiez qui véritablement permettent de dire à une Valérie Pécresse ou à un autre là ce n'est plus possible et nous sommes objectivement plus proches d'Emmanuel Macron vous aurez une vraie raison de partir.
Donc c'est pas
exclure
pour les
deux
Pour Laurent
Wauquiez c l'élection la plus difficile parce
que
justement
s'il est trop anti-européen il va effrayer une partie de son électorat et on a bien vu que c'était là-dessus aussi que Marine Le Pen avait buté. Donc il va devoir
justement... assez le
Front National pour le coup ne se
jettera pas. sa place. Catherine Né.
Quand on se dit sur qui il peut compter comme appui alors c'est vrai que les anciens qui représentent le monde ancien finalement sont plutôt pour Macron. Tous les députés qui ne se sont pas représentés enfin j'en connais beaucoup qui disent la même chose. En revanche le groupe qui compte 100 élus sur les 100 élus il y a à peu près 45% de nouveaux. Or ces nouveaux-là ils veulent en découdre. Ils ont envie
de
s'opposer à Emmanuel Macron. Ils ont envie que la droite existe. Et ça ce sont des nouveaux sur lesquels peut-être s'il joue bien s'il s'est laissé duire parce qu'aussi il faut mettre un peu de liant il faut mettre un peu d'huile dans les rouages et ça je ne suis pas sûre que c'est un exercice dans lequel il soit encore tout à fait rodé. et bien s'il réussit c'est sur cette génération-là qu'il va pouvoir s'appuyer. C'est une ligne qui l emportée ou c'est un homme ? Est-ce que la clarification qu'on évoque là ensemble ce soir avec cette droite qui risque encore de se déchirer sur la question des européennes est-ce que les choses sont plus claires ce matin ?
Oui
parce qu'auprès des adhérents c'est clairement une ligne incarnée par Laurent Wauquiez mais très clairement là pour le coup on a eu une élection assez chimiquement pure. Il y avait trois lignes qui étaient défendues par trois candidats. La ligne Wauquiez elle est dans l'héritage du Nicolas Sarkozy le second Nicolas Sarkozy celui de 2010-2012 donc plutôt la ligne très identitaire donc c'était tout à fait clair et c'est cette ligne qui a été publicitée par les adhérents. Il ne faut jamais oublier ce sont les adhérents et pas les sympathisants et encore moins les français.
Mais ça veut dire que si on va au bout de votre logique ça veut dire que ce qui reste du jupéisme c'est-à cette droite modérée ouverte dans le parti Les Républicains c à 9% ?
Chez les adhérents aujourd'hui mais il faut bien voir que l'hémorragie qu'il y eu après le fiasco des présidentielles et des législatives c'est essentiellement sur cette frange modérée que Macron a puisé et il a puisé parmi quelques il a fait quelques belles opérations Édouard Philippe Gérald Darmanin Sébastien Lecornu enfin voilà des personnalités qui aujourd'hui siègent dans son gouvernement sur la ligne justement on ne le dit pas assez mais Laurent Wauquiez il a su aussi s'abonder se corriger pendant la campagne par exemple il a réglé quelque chose qui lui était il était l'un des derniers la question du mariage pour tous il ne veut plus abroger Réau-Tobira il en a profité pour purger cette question pendant la campagne je trouve qu'il s'est aussi alors c'est pas encore complètement affiné mais sur l'Europe il a donné une interview pendant la campagne interne où il est entre ce qu'il dit dans son livre en 2014 où là vraiment il verse dans un euroscepticisme très important et inédit à droite pour un homme qui aspire à la fonction présidentielle il est revenu à une défense d'une troisième voie l'Europe des nations franchement quelque chose qui pourrait aller à Juppé par ailleurs et le troisième point c'est sur l'homme il a compris que pendant cette campagne il devait non plus apparaître comme un homme seul mais avoir une nouvelle génération autour de lui et on a vu fleurir des papiers des photos avec des nouvelles têtes ceux qui demain gouverneront le parti avec lui et on va faire la connaissance avec ses proches désormais les jeunes qui sont autour de leur invoquer dans un instant juste un mot est-ce qu'il a le soutien des territoires des élus on dit toujours qu'il y quand même une grande partie des maires des élus locaux qui sont de droite qui sont arrivés aux responsabilités à la faveur des dernières élections qui sont plutôt à droite est-ce qu'il arrivera à s'appuyer là-dessus comme on a vu au moment du congrès des maires de France que c'était une force politique qui pouvait avoir du poids qui pouvait être entendu est-ce que ça fait partie de ses
ambitions
? c'est assez ambigu à la fois lui il est issu il est élu de province mais maintenant il défend une ligne nationale or la base de province qui est très large à mon avis elle risque d'être plus on va s'approcher des scrutins plus elle va être un petit peu tremblante face à la ligne politique nationale défendue par Laurent Wauquiez donc le problème de Wauquiez c'est qu'il va devoir choisir entre le national et le local et franchement vu les ambitions qu'il a il va plutôt essayer de tenir une ligne nationale cohérente et c'est là que les ennuis vont commencer pour lui
il
a tellement opposé aussi les grandes villes les grandes métropoles qui seraient justement en faveur de Macron et lui porte-parole du monde rural ou des toutes petites villes que pour le coup dans un certain nombre de villes moyennes il n'est pas assuré qu'il puisse être le leader dans lequel une majorité d'électeurs va pouvoir se retrouver donc là aussi l'espèce d'opposition presque caricaturale entre les grandes agglomérations qui seraient macronistes qui est faux d'ailleurs quand vous prenez le score d'Emmanuel Macron à la présidentielle il n'y a pas Emmanuel Macron des villes et Marine Deschamps comme on l'a dit parfois il fait aussi Macron un bon score dans le rural moins bon que dans les agglomérations mais bon dans le rural également il a une structure assez homogène mais peu importe Laurent Wauquiez cherche à exacerber cette différence et du coup elle peut lui poser un certain nombre de problèmes pour rassembler justement l'ensemble de la droite au niveau territorial au niveau local
la
réaction officielle du côté de la République en Marche et du gouvernement c'était Christophe Castaner qui lui a dit en gros bienvenue c'est formidable il va enfin y avoir un débat un débat public et un débat politique qu-ce qu'il faut retenir de cette phrase Catherine c'est juste fair play et sympathique ou ça veut dire que le niveau de jeu ça va être de président de parti à président de parti voilà c'est ça c'est à dire c'est à la fois fair play et sympathique et le rabaisser d'un niveau en disant t'es pas encore au niveau de la présidentielle on parlera tous les deux si tu veux bien sachant que lui se dit moi je suis pas le patron je suis simplement délégué donc il le met à son niveau oui en même temps Raphaël Baquet le disait tout à l'heure Emmanuel Macron l'équipe de la République en Marche ont bien compris que cette fois-ci ils avaient quand même un adversaire coriace c'était plus Marine Le Pen qui actuellement peine à être audible Jean-Luc Mélenchon qui finit l'année dans les grandes difficultés qu'on
a c'est
le moins qu'on puisse dire ils savent que là avec Laurent Wauquiez ils ont un gaillard qui va tenir la distance qui on veut qui vise 2022 clairement qui sera ce sera le candidat nouveau quand même s'il va jusqu'au bout de son ambition et par ailleurs il peut porter un message notamment sur les thèmes régaliens qui peuvent gêner quand même Emmanuel Macron donc il ne le sous-estime pas il ne le valorise pas non plus c'est la petite pique de Castaner mais il est mis sous surveillance
par le pouvoir mais son positionnement leur va très bien vous savez qu'aujourd'hui 10% seulement 10% des Français positionnent la République en Marche à gauche donc 90% positionnent la République en Marche soit à droite soit au centre ou au centre droit donc le curseur il s'est totalement déplacé donc pour Emmanuel Macron avoir Laurent Wauquiez comme incarnation de la droite sur un terrain très à droite j'ai envie de dire c'est quand même pain béni même s'il a du talent parce que tous les autres électeurs et tous les autres leaders de droite et de droite plutôt de centre droit ou central et bien ils sont de plus en plus enclins à être aimantés et aspirés par la dynamique Macron donc c'est aussi une bonne chose
Virginie Calmel a précisé qu'il n aurait pas d'alliance pour le moment a-t-elle dit avec le Front National qu'est-ce qu'il faut comprendre là aussi
Il faut
comprendre qu'elle a agafé Ah bon c
'est
ça ?
Pour révéler quelque chose
c'est peut-être une gaffe comme ça mais c'est peut-être aussi quelque chose qui dit ce qui pourrait se produire dans les années à venir Non
moi je voulais souligner que vous savez que Emmanuel Macron il a raté l'entrée à Normale Sup et ça l'a sûrement et là il y un certain respect pour celui qui en revanche a
réussi
Oui moi je suis sûre que ça doit jouer un peu
Allez
je veux tout de suite arriver à montrer une nouvelle génération une nouvelle droite ce sont les mots de Laurent Wauquiez bien conscient qu'il va devoir relever le défi du renouvellement après la vague Macron dans son sillage de nouvelles têtes des profils plus ou moins expérimentés une équipe déjà au service des grandes ambitions de Laurent Wauquiez Marie-Charlotte Duluc et Barbara Steck
Il a laissé Rne marquer des fins de campagne électorale Orane Réagnan 24 ans Benjamin de la galaxie Wauquiez une figure déjà incontournable chez les républicains Conseiller à la région Rhône-Alpes mais aussi président des jeunes avec Wauquiez depuis cet été il a lancé plus d'une quarantaine de comité de soutien à son mentor
et
quand le chef arrive il n'est jamais très loin
on s'engage derrière lui parce que d'abord c'est quelqu'un de profondément humain c quelqu'un qui est très énergique qui nous fait penser parfois aux générations Sarkozy que moi j'ai pas connues mais que j'ai vu à la télé c'est quelqu'un qui a pas de tabou et c'est pour ça que tous les étudiants s'engagent derrière lui tous les jeunes sont derrière lui c'est qu'avec lui on peut parler de tous les sujets on peut parler d'immigration on peut parler de sécurité on peut parler d'identité avec lui il pas de tabou et c ça que les jeunes aiment
l
'ancien attaché parlementaire de Laurent Wauquiez partage les mêmes idées
et
aussi les mêmes ambitions
le
jeune homme lui se verrait bien président des jeunes républicains avec la bénédiction de son Pygmalion
je
veux que dans notre famille politique on
fasse venir à nouveau des jeunes républicains et qu'on puisse avoir la place de nos étudiants la place de tous les jeunes parce que c'est eux qui
donnent
du sens à une famille politique voilà donner sa chance aux jeunes et pour tenir le parti s'entourer d'une nouvelle génération des élus de terrain quadragénaire ambitieux qui constituent désormais sa garde rapprochée lâché par les ténors de son parti tel Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand Laurent Wauquiez compte sur ses nouveaux visages pour gouverner à l'image du député de Lyon Guillaume Larivé
je
crois que c'est un peu à notre génération aujourd'hui
d
'assumer un certain nombre de responsabilités dans la reconstruction de la droite française la droite elle n'est pas en disant très bon état au printemps 2017 ça ne nous a pas échappé on a un gros travail de reconstruction à faire
dans
cette reconstruction du parti le sarkoziste Guillaume Larivé pourrait devenir le monsieur justice de Laurent Wauquiez chargé d'alimenter la nouvelle boîte à idées des républicains
il
faut qu mette à profit cette période d'opposition non seulement pour nous opposer à des initiatives du gouvernement qui ne nous satisfont pas mais surtout pour inventer des solutions pour le pays il faut qu'on soit beaucoup plus créatif beaucoup
plus imaginatif que la droite française ne l'a été ces dernières années
Laurent Wauquiez peut également s'appuyer sur un ancien duo fondateur de la droite forte en 2012 Guillaume Pelletier qui pourrait occuper un poste de vice-président au sein du parti
et
Geoffroy Didier nommé porte-parole du candidat
deux
anciens sarko-boys qui assurent aujourd'hui le service après-vente de Laurent Wauquiez
je
vous demande vraiment dans ce dernier effort électoral de 2017 après une année d'hécatombe
de faire réveiller la droite de donner une victoire claire à Laurent Wauquiez je vous remercie
Geoffroy Didier vice-président du conseil régional d'Île-de-France aux côtés de Valérie Pécresse
mais
aussi soutien d'Alain Juppé pendant la présidentielle
moi
j une différence avec Laurent Wauquiez on n'est pas d'accord sur tout et tant mieux et s'il m'a choisi comme directeur de campagne alors que je travaille au quotidien avec Valérie Pécresse alors que je peux avoir parfois des sensibilités différentes des siennes sur certains aspects c'est la preuve aussi qu'il a d'ores et déjà compris la nécessité de rassembler je crois que malgré tout le respect que je porte à chacun d'eux l'époque du sarcosisme du phionisme et du jupéisme est révolue c'est à nous désormais d'écrire notre propre histoire et d'inventer une nouvelle droite
Place
donc au Wauquiezisme premier test pour la jeune garde les élections européennes de 2019
Cette
question avec qui Wauquiez va-t-il diriger le parti ? Alors avec quelques-uns qu'on a vus ici qui sont des anciens sarkozistes quand même pour beaucoup Oui
alors
effectivement ils puissent dans le vivier dans le vivier sarkoziste Geoffroy Didier qui était son directeur de campagne Guillaume Larrivé qui fut conseiller et qui est maintenant député de Lyon Oui effectivement sans compter Guillaume Pelletier qui lui vient carrément du Front National et est passé par le sarcosisme et maintenant premier lieutenant de Laurent Wauquiez Mais il d'autres personnes qu'on voit Bon d'abord il a Virginie Calmel qui était la prise de l'été qui sera vice-présidente la numéro 2 du parti ça Wauquiez l'a assuré
C
proche d'Alain Juppé Il y a d'autres personnes les élus de province moins connues Damien Abad par exemple qui est promis un poste important ou d'autres députés
vient du centre
Qui vient du centre ou d'autres députés au parcours différent Donc Il est obligé Il est obligé à un moment donné de montrer un autre visage du parti On ne peut plus faire avec des grands-mères très identifiées des parents locaux C'est plus possible de monter aujourd'hui un parti qui ressemblerait
à
ce qu'il y avait avant
D
'abord il n a plus tant que ça Oui
c grands-mères
qui sont locaux qui pourraient incarner quelque chose de fort dans l'opinion et qui auraient encore de la perspective d'avenir On est vraiment sur une bascule générationnelle Et puis l'intérêt aussi pour Laurent Wauquiez c'est de façonner sa génération Tous ces politiques-là vont lui devoir les postes dans lesquels ils vont demain rentrer Et moi ce qui me frappe c'est qu'on sent qu'ils ont faim Quand ils disent il faut reconquérir il faut faire preuve de créativité C'est notre tour Il y a l'idée que c'est notre tour On voit bien une génération qui est en train d'avancer qui est menée par Laurent Wauquiez Je pense qu'il ne va pas s'embarrasser de quelques barons qui voudraient ne pas aller avec lui et que ça va très vite se régler On
apprend à l'instant que Xavier Bertrand fera le 20h de France 2 ce soir donc sans doute qu'il a des choses à dire sur l'élection de Laurent Wauquiez Laurent Wauquiez aujourd'hui c'est le candidat de 2022 il n plus de sujet autour des primaires Ah
ça c'est pas quand même tranché c'est à dire dire que d'emblée
C'est un peu tôt
pardon mais quand on
voit
arriver Laurent Wauquiez avec l'ambition qui est la sienne on se dit c'est son sujet
Oui
mais il y a deux possibilités ou une Valérie Pécresse ou un autre refusera justement de passer à la trappe parce qu'il s'agirait de ça et il se battra pour imposer une primaire ou effectivement on aura une désignation par le président du président qui sera le candidat naturel mais je ne pense pas que tous voudront comme ça laisser leur tour passer et du coup renoncer à une primaire Il a été prudent d'ailleurs il a mis
le sujet de côté il s'est bien gardé de l'évoquer y compris en privé c'est vraiment un sujet sur lequel il ne veut pas du tout s'avancer le Conseil national et les adhérents tranchoncera plus A
'issue
de cette émission j'ai une question est-ce que sa priorité c'est vraiment de rassembler son parti ou est-ce que sa priorité c'est de fixer un cap clair d'avoir dans son viseur le mot est un peu fort mais en tout cas Emmanuel Macron et de s'imposer comme le premier opposant Je
pense que c'est ça même réduit dans un premier temps mais qui a sa cohérence qui séduit une partie de l'électorat s'il amène une génération progressivement à des instances de pouvoir il a le temps pour lui moi j'en reviens à ça il a le temps l'enjeu pour lui c'est d'être le patron incontesté de la droite et c'est ce qu'il est en train je crois de faire
Et
nous passons maintenant à vos questions
Vu
son très faible capital de sympathie en dehors du noyau dur des républicains Wauquiez a-t-il la moindre chance de remporter la prochaine présidentielle ? Alors là
il
a du temps pour construire
une image Il
a du temps mais une image ça ne s'inverse pas du jour au lendemain donc quand on dit est-ce qu'il doit rassembler ça moi je ne crois pas que ce soit sa priorité en revanche est-ce qu'il doit améliorer son image dans l'opinion je pense que c'est un impératif et ce qu'on a souligné en tout début l'insincérité perçue du personnage le sentiment qu'il a une ambition effrénée tout cela il faut maintenant qu'il arrive à le modifier par petites touches et à donner une autre image de lui-même que simplement l'héritier du sarkozisme qui essaye de balayer tous les autres sur son chemin et de capter le pouvoir
D
'autres l'ont fait Il sait tout ça parce que c'est aussi quelqu'un alors bon c'est une banalité quand même chez les hommes politiques de premier plan mais c'est quelqu'un qui regarde énormément les enquêtes d'opinion il est vraiment passionné par ça depuis très longtemps et donc il ne peut pas ignorer les difficultés effectivement et les réserves que suscite sa personnalité D'où l'importance de sa première sortie parce que comme on dit il n'y a pas deux fois la chance de faire une première bonne impression Donc Wauquiez fait-il peur à Jupiter
? On
l'a dit non pas peur il ne faut pas aujourd'hui Jupiter tout va très bien pour lui et le paysage politique tel qu'il l'a décomposé lui va très bien je crois que surtout les débuts du mandat montrent que Jupiter est en train de devenir peut-être le candidat de centre droit de 2022 et'est pour ça que c'est un duel à mort qui est en train de sans doute débuter entre Laurent Wauquiez et Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez il faut qu'il trouve son espace il faut qu'il taille son espace et ça voilà on aura la réponse dans les mois et les années qui viennent il a du temps pour essayer d'y parvenir mais c'est clair que la droite aujourd'hui aura peut-être le choix entre deux candidats Oui et puis il compte sur une lassitude possible pour le chef de l'État dont il profiterait Wauquiez ne va-t-il pas devenir la principale cible du Front National
est
-ce que c'est déjà le cas
? Est
-ce que le Front National
est quand
même très ébranlé donc le Front National doit d'abord se reprendre ses forces c'est ça mais évidemment le FN voit arriver Wauquiez comme enfin ils ne veulent pas que de nouveau se reproduise ce qui s'est passé en 2007 où Nicolas Sarkozy leur avait tendu la laine sur le dos
Bon
courage
quand
même parce que le Front National Brice Tintour il disait tout à l'heure c'est quand même un électorat populaire très identifié quand François Fillon faut-il le rappeler c'est quand même un électorat âgé qui a voté pour lui qui reste quand même très bourgeois et donc ça voudrait dire une mutation en profondeur de cet électorat tout est possible on a vu des vrais miracles dans les élections mais il y a un choix à faire pour comme il a un choix à faire entre le national et le local il a un choix à faire aussi dans les cibles qu'il va privilégier D'ailleurs vous voyez dans votre reportage ça manque de figures très populaires autour de lui on voit
ça
ressemble à des jeunes loups qu'on pourrait d'ailleurs voir à la République en marche donc effectivement il n'y a pas ces figures populaires enracinées qui peuvent éventuellement s'adresser à l
'électorat Ce difficile pour
Laurent Wauquiez c'est que les créneaux ils sont pris moi je trouve le créneau identitaire populaire qui fait de'immigration sa préoccupation numéro un c'est le Front National et franchement ça ne va pas changer du jour au lendemain le créneau pro-européen plutôt sur les enjeux de compétitivité c'est Macron qui est en train de le prendre à une partie de la droite donc il a un petit espace mais tout dépend de sa capacité à faire revenir ou pas un électorat populaire et un électorat du Front National Faire revenir un électorat
commence à tourner les talons ou pas l
'électorat du Front National depuis le débat raté de Marine Le Pen est-ce qu'il y a une forme d'érosion est-ce
qu'il y des doutes qui s'expriment et que vous voyez
d'ores et déjà dans les enquêtes
Oui ce qu'on voit très clairement c'est que la popularité de Marine Le Pen a baissé notamment chez les électeurs LR chez les sympathisants LR mais ce qu'on voit également c'est que les thèmes du Front National sont toujours très présents que l'électorat populaire n'est absolument pas soluble dans le macronisme il n'était pas là au moment de'élection d'Emmanuel Macron il n'est pas plus là aujourd'hui dans l'adhésion au gouvernement donc cet électorat populaire qui est nombreux il est toujours peu ou prou soit dans l'abstention soit au Front National et pas encore si tant est qu'il y aille un jour chez Laurent Bouquier
Les
thèmes quand vous dites les thèmes sont toujours les mêmes ceux qui plaisent aux électeurs du Front National
c'est
le pouvoir
d'achat immigration
immigration islam de plus en plus ce sentiment d'une fragilité ou d'une fragilisation identitaire tout cela reste quand même dans le pays le terrorisme est devenu aujourd'hui la première des préoccupations devant le chômage donc on a quand même un terreau qui je trouve est encore très favorable au Front National ça n'a pas échappé manifestement à Laurent Bouquier mais cet électorat là encore une fois qui est populaire qui a eu le sentiment de s'être fait berner une fois parce qu'il faut il faut le
dire clairement c
'est ce qui s'est passé dans la cassure des électeurs populaires avec Nicolas Sarkozy qui avait cru en lui qui ont eu le sentiment d'être berné je ne pense pas qu'il reviendra aussi facilement que cela chez Laurent Bouquier demain
dans
le fond que pense Marine Le Pen de Laurent Bouquier est-ce qu'elle s'est déjà exprimée sur Laurent Bouquier
?
elle lui a tendu la main
pendant
la campagne essayant de l'étrangler bon le problème de Marine Le Pen c'est aujourd'hui elle pense que son électorat n'ira pas chez Laurent Bouquier et chez les républicains elle pense que c'est un électorat qui est durablement acquis après son problème c'est plutôt il est personnel c'est-à-dire que c'est elle est-ce qu'elle a cette capacité pour le coup à se relancer pour une troisième candidature alors qu'elle a montré un problème de compétence sur le débat de
l'entreprise et
renoncé à être tête de liste pour les européennes elle avait fait ou le Front National avait fait son meilleur score bon elle dit quand même de Laurent Bouquier c'est le seul être vivant qui peut avancer son colonne vertébrale elle a affûté visiblement ces petites phrases quel est le bilan de Laurent Bouquier qu'a-t-il accompli pour les français
alors
est-ce que quand il a été ministre il peu imprimé dans ses passages ministériels secrétaire d'état à l'emploi secrétaire d'état aux affaires européennes ministre de l'enseignement supérieur porte-parole il a peu imprimé il n'y pas un texte qui soit resté accroché à son bilan ce n'était pas un bon ministre
on
ne sait pas il dit lui-même
qu'il a voulu être absolument ministre il
a coché les cases et ensuite il s'est rendu compte qu'il fallait qu'il s'émancipe au fond son passage ministériel c'est quelqu'un qui fait le parcours vous savez qui
coche toutes les cases et puis voilà ministre c'était fait il faut reconnaître que c'est assez difficile on n pas beaucoup d'exemples de se faire un nom sur ce type de ministère là il a fortuit
quand on
est secrétaire d'état oui en revanche là où il a commencé à accrocher c'est quand il a pris conscience d'ailleurs qu'il n'accrochait pas dans l'opinion et qu'il est parti sur les classes moyennes et la critique de la cistana entre guillemets comme cancer de la société c'est là où il y a une rupture et où il marque quand même
il avait
été repris à l'époque par un certain Nicolas Sarkozy sur cette déclaration là allez finalement quelle est la position de Wauquet sur l'Europe
il
a un peu changé alors
il y eu ce livre
en 2011 il fustigeait les eurosceptiques vraiment de façon très très sévère et puis et puis juste un peu après enfin en 2014 en cas il a été vraiment très très contre l'Union Européenne qu'il accusait tous les mots alors il a dit en fait je considère que c'est un chemin de libération je me suis enfin libéré de ce carcan européen donc voilà il a changé en juste ces toutes dernières années au fond il sera peut-être comme Jacques Chirac qui lui aussi était eurosceptique et qui avait à la dur lui avait fait comprendre que s'il était eurosceptique il ne serait jamais président de la République donc là c'est Hortefeux qui lui a dit
un homme d'État
ne
peut pas être
contre l'Europe oui Chirac avait d'abord été anti-européen puis
européen tandis que là ça a été trop frère
Wauquet
est-il un
homme de plus à abattre pour Mélenchon
ils
ne sont pas vraiment sur
les
mêmes sociologies d'électorat donc pas du tout non je ne crois pas que ce soit en termes d'homme à abattre il y a évidemment idéologiquement parlant ils sont aux antipodes l'un de l'autre mais ils sont tellement justement sur des électorats différents que je pense que le souci de Jean-Luc Mélenchon n'est pas Laurent Wauquet pas plus que Laurent Wauquet n'a en ligne de mire prioritairement l'électorat de
Jean-Luc Mélenchon ont un même
sujet c'est Emmanuel Macron
alors ça c'est ce qui ressemble toutes les oppositions tout à fait que
propose Wauquet pour lutter contre le chômage
est-ce qu
'il a lors de cette campagne non justement il a très peu abordé les questions économiques sur le fond il a lui-même dit qu'il était à part la question du pouvoir d'achat il se retrouvait dans le programme de Fillon globalement donc moins libéral sans doute et un peu moins tourné vers les plus de mesures pouvoir d'achat mais il l'a assez peu évoqué et on a du mal à avoir je crois qu'il est resté prudent parce qu'il va sans doute sortir ses propositions plus tard Patrick Buisson a-t-il encore une influence sur la droite notamment sur Laurent Wauquet alors Patrick Buisson c'était ce conseiller de Nicolas Sarkozy
il en a eu avec Laurent Wauquet maintenant au dire de Laurent Wauquet ils ne se sont pas vus depuis plus de deux ans je crois mais il y a idéologiquement en tous les cas une adhésion à ce nombre de thèmes et d'analyses sur la France et sur ce qui peut cliver la droite une
dernière question
qui lui a construit quand même ce corpus identitaire il l'a construit avec lui on n'a plus le temps pour la dernière question une autre fois
merci à vous
tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir je cherche l'heure 23h on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5
à vous -titrage 501