François Ruffin réagit aux critiques sur sa BD - #QuelleEpoque 23 mai 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:19OuverteRéponse partielle
François Ruffin, vous avez reçu énormément de critiques sur cette BD, principalement venant de vos anciens collègues de la France Insoumise, qui vous ont taxé d'être paternaliste, voire pire, carrément raciste.
- 6:37RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous leur répondez ?
- 8:16RelanceRéponse directe
Mais malgré tout, vous reconnaissez des maladresses sur cette planche.
- 10:27OuverteRéponse directe
Si vous êtes élu président de la République, est-ce que vous pourrez prendre des gens qui vous traitent de racistes aujourd'hui dans votre gouvernement, par exemple ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00PrésentateurFait
« C'est à l'Arcom, autorité de régulation, de faire son travail. »
- 2:14PrésentateurPromesse
« Pour que CNews soit fermée parce que c'est une machine à fabriquer de la zizanie dans le pays. »
- 3:40InvitéFait
« Et dans votre région, on a vu combien ça a été difficile pour vous d'être élu. Parce qu'ils sont... c'est un tsunami. »
- 4:02PrésentateurChiffre
« Trois fois, nous avons inversé les statistiques. Et nous avons, voilà, gagné. »
- 4:48PrésentateurFait
« « Ruffin est un raciste complexé qui se donne des airs de porte-voix du peuple, mais transforme des femmes de la Courneuve en figurantes de son récit paternaliste. » »
- 6:25PrésentateurFait
« « Cette BD montre bien qui est Ruffin, un type raciste et un but de lui-même qui adore endosser le rôle de sauveur blanc. » »
- 8:52PrésentateurChiffre
« Nous avons reçu plus de 100 000 signatures en moins de 15 jours de soutien sur nos présidents. »
- 9:03PrésentateurChiffre
« Nous avons fait un meeting à Lyon avec plus de 3 000 personnes. »
Temps de parole
- Présentateur54 %
- Présentateur 225 %
- Invité17 %
- ?4 %
≈ 15,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Je parle de cette BD. Par exemple, il y
a
des scènes. Il y a plusieurs scènes. C'est des scènes vues, c'est des choses vues. Mais à chaque fois, vous apparaissez. Exemple de cette scène où il y a des femmes voilées. On a 4-5 femmes voilées avec leurs enfants qui veulent aller dans un bar, prendre une glace avec les enfants. Le serveur va les refouler parce qu'elles sont voilées. Donc elles vont être là, mal avec leur môme, etc. « Maman, pourquoi y
'est
-elle-a-pas voulu nous servir ? Parce qu'on est arabe, etc. » Vous racontez ça dans la BD. Et puis soudainement, vous surgissez, vous improvisez un dialogue entre eux.
Mais ça n'a rien de...
Non, non, ce n'est pas
par rapport à vous. C'est sur les
solutions pour réparer.
Je reçois une lettre du maire de la Courneuve
qui
me dit « Il y a eu un souci qui s'est passé dans votre ville, M. Ruffin. On sait combien vous êtes un républicain. Donc je vois qu'il y a ça qui s'est passé à Amiens. Je fais quoi ? Je vais voir les maires de la Courneuve. »
C'est ce que vous racontez. Elle vous raconte ça. Et ensuite, vous allez voir.
On va essayer de voir s'ils peuvent se parler avec le restaurateur.
Et donc, vous
organisez... Non, mais c'est intéressant. La question est de savoir si ce n
'est
pas un peu simple d'imaginer qu'en les faisant... Parce qu'effectivement, dans votre livre, la fin est belle. Ils se parlent. Et grâce au dialogue, ils vont dans le bar et ils les servent, etc.
Je ne
dis
pas que ça marche tout le temps. Je pense qu'on va avoir le droit à une scène où ça ne marche pas, dans le train, par exemple. Mais quand c'est possible, quand on se dit « Bon, est-ce que c'est du racisme profond de la personne ? Est-ce qu'il y
a
eu une incompréhension ? Est-ce qu
'il
y
a
eu un malentendu
?
»
D
'abord, on va vérifier. En fait, ce que je vois, c'est que les femmes de la Courneuve, elles ont été en souffrance. Parce qu'elles se sont senties à ce moment-là,
elles
se sont dit « Mais on n
'est
pas françaises. »
D
'habitude, on se sent française. Et à ce moment-là, au moment où on refuse simplement de nous servir un verre, on ne se sent pas françaises. Je vais rencontrer le restaurateur. Je me dis « Bon, je vais tomber sur un facho. » Bon, ben voilà, ça va être dur, mais je vais comprendre. Et je vois quelqu'un qui est lui-même en souffrance. Parce qu'il a senti qu'il y
a
quelque chose de pas bien qui s'est passé. Dans ce « Qu'est-ce que vous faites ? » Ben oui, j'interviens en me disant « Bon, est-ce que ça va pouvoir se rencontrer ? » Il y a plein de cas où ça ne marche pas comme ça. Et je veux dire qu'un antiracisme humain du quotidien, il faut évidemment conjuguer un antiracisme avec des mesures. Pour
qu'il y ait
des cellules d'accueil dans tous les commissariats sur les questions du racisme. Pour que CNews soit fermée parce que c'est une machine à fabriquer de la zizanie dans le pays. Donc il faut, à mon avis, un antiracisme de l'humain, du quotidien, quand ça peut être réparé, conjuguer avec un antiracisme politique et qui prend des mesures.
Vous soyez président, vous fermeriez CNews donc
? Oui,
je l'ai déjà dit. Mais
elle est où la liberté
d
'expression
? Mais ce n'est pas la liberté d'expression. CNews a signé une convention qui, ou sur laquelle il s'engage, sur le pluralisme d'opinion. Or, tout montre, vous le savez, qu'il n'y
a
pas de pluralisme d'opinion à CNews et que c'est une machine à, en vérité, fabriquer une pensée d'extrême droite. Vous savez qu'on ne traite pas la presse papier de la même manière qu'on traite les médias audiovisuels. Et donc il y
a
une obligation de garantir...
C'est à l
'Arcom de vérifier
ça.
C'est à l'Arcom, autorité de régulation, de faire son travail.
Mais
si je peux me permettre, et après je vais donner la parole à Hugo, qui va parler de la polémique et du moment où vous êtes attaqués dans cette BD. Le réparateur, aujourd'hui, pour beaucoup de Français, c'est le Rassemblement National. C'est Jordan Bardella ou Marine Le Pen, non ? Ce n
'est
pas François Ruffin ou la gauche qu'ils appellent ?
En
tout cas, le Rassemblement National est un parti qui porte très mal son nom.
C
'est le parti du déchirement national. C'est le parti qui va faire que les Français seront triés selon qu'ils sont des vrais Français ou des pas vraiment Français. Des Français avec tous les titres ou des Français de papier. Et pourtant, les
sondages les donnent à 35%. Et dans votre région, on a vu combien ça a été difficile pour vous d'être élu. Parce qu'ils sont... c'est un tsunami.
C'est un tsunami et je suis encore là.
D
'accord ? Et je le dis, ça fait partie des croix que je coche dans mon CV. Trois fois. Trois fois alors que vous savez qu'à l'élection présidentielle ou à l'élection européenne, c'est Bardella et Marine Le Pen qui arrivent largement en tête. Trois fois, nous avons inversé les statistiques. Et nous avons, voilà, gagné. Et donc, je le dis bien ici pour dire aussi aux Françaises et aux Français, il n'y a pas de fatalité. Nous pouvons l'emporter.
Alors, Hugo, parce qu'ensuite, je suis sûre qu'ils ont, eux deux, une petite question obligée.
Le contraire. Obligée.
Hugo. Oui, François Ruffin, vous avez reçu énormément de critiques sur cette BD, principalement venant de vos anciens collègues de la France Insoumise, qui vous ont taxé d'être paternaliste, voire pire, carrément raciste. Cette accusation vous a été formulée.
Par exemple, sur ce passage de la BD dont on a un peu parlé, qui se déroule à la Courneuve, où on voit une femme voilée se rendre auprès de la police, eh bien, au sujet des femmes de la Courneuve que vous mettez dans votre bouquin, le maire LFI de la Courneuve, Ali Diouara, a tweeté, je cite, « Ruffin est un raciste complexé qui se donne des airs de porte-voix du peuple, mais transforme des femmes de la Courneuve en figurantes de son récit paternaliste. » Fin de citation. Il y
a
aussi un autre passage de la BD qui fait polémique. C'est celui-ci, où on vous voit dans un train essayer de régler une situation tendue entre des agents de sécurité de la SNCF et une passagère, une femme noire, qui n'est pas en règle. Si ce passage fait autant parler, c'est à cause de ce personnage qui s'indigne de la manière dont les agents traitent la passagère. Dans votre BD,
il
est dessiné sous les traits d'un homme maghrébin. Or, il a témoigné sur les réseaux sociaux, ce monsieur, et il s'avère qu'il n'est pas maghrébin. Il s'appelle Félix Barès. On le voit ici, sur cette image. Et il vous accuse d'avoir modifié la réalité pour la faire correspondre à ce que vous vouliez raconter. En gros, un homme politique blanc qui se pose en sauveur face à des personnes noires et arabes. Il dit aussi que la scène de la BD ne correspond pas vraiment à ce qui s'est passé et que vous vous mettez en avant, alors que, selon lui, ce n'est pas vous qui avez réglé la situation.
Par exemple, il dit que vous l'avez représenté en étant énervé sur les dessins, alors qu'il assure avoir été calme. Ou encore que c'est lui qui a payé l'amende de la dame, et pas vous, contrairement à ce que vous montrez dans la BD. Alors, il dit que vous l'avez remboursé ensuite, mais que c'est lui qui a payé d'abord. Alors, il faut préciser que, selon le journal L'Opinion, Félix Barès, qui témoigne contre vous, est un Français converti à l'islam qui aurait tenu des positions ambiguës sur le djihad en estimant que cette guerre au nom de l'islam pouvait être, je cite,
«
spirituelle, politique » ou encore « un combat guerrier en ultime recours. Pourquoi pas ? » Fin de citation. En tout cas, ce passage de la BD a inspiré la députée à LFI, Arcilia Soudet, qui a tweeté, « Cette BD montre bien qui est Ruffin, un type raciste et un but de lui-même qui adore endosser le rôle de sauveur blanc. » Raciste, sauveur blanc, ce sont des insultes, des
attaques extrêmement violentes. De vos anciens amis,
de vos anciens amis. Qu'est
-ce que vous
leur répondez
? Écoutez,
d'abord, moi, je ne suis pas en conflit avec Félix. Je pense que tous les deux dans ce train, où il faut revenir sur ce qui se passait. Il y avait quatre agents de la Sûreté ferroviaire qui cernaient une femme noire. Et moi, je ressentais une humiliation. Lui s'est levé le premier pour dire, «
Voilà,
ce n
'est
pas normal ce qui se passe. » Ça a fait monter encore plus en tension. Ensuite, il a traité les agents de ferroviaire de chien, ce qui n
'a
pas contribué à régler les débats. Et je suis intervenu pour essayer que… En fait, je voyais quasiment dans ce wagon une allégorie de notre pays. C'était la fièvre en direct. Et je ne veux pas ça.
Je
ne
veux
pas ça pour mon pays. Et donc…
Mais malgré tout, vous reconnaissez des maladresses sur cette planche.
Vous vous êtes exprimé. En particulier,
il y a une case. Je ne
sais
pas si vous voulez la montrer à plus près. Mais il y a une case où je dirais, je ne me reconnais pas. Je ne me reconnais pas. J'ai l'air d'avoir… Je bombe le torse. Oui, je bombe le torse.
C'est
celle-ci. J'ai comme un air supérieur. Et en face, lui,
il
se présente avec… C'est ça. Il
se présente avec quelque
chose qui est de l'ordre de la soumission. Il dit dans la vidéo dans laquelle il a témoigné, il a mis en scène ma soumission en tant que maghrébin.
Alors
que
je
ne suis pas maghrébin et que je n'étais pas dans une position…
Je vous
dis, je le dis, quand on fait une œuvre, il y a toujours une réception. Et il faut entendre les critiques quand elles sont légitimes. Cette critique-là me parait parfaitement légitime. Et si je pouvais enlever cette vignette et la remplacer, je le ferais. Et je n
'ai
pas envie d'être… Vous voyez, un politicien qui vient dire « J'ai raison, j'ai raison, j'ai raison » et qui ne reconnaît rien, qui s'enferme dans ses certitudes, dans une posture derrière son
arbre. Mais
du coup, on peut se demander si c'était une bonne idée de faire une BD, en fait. Parce que de représenter les personnages, c'est selon ce que vous avez vu, puisque vous avez validé. Vous avez validé
le
dessin qu'ils en ont fait. Vous l'avez validé, courbé, etc. Alors que dans un livre, on n'aurait pas vu ça. Vous auriez raconté l'histoire. Peut
-être
qu
'il
aurait contesté, mais c'est moins visible.
Mais peut-être. Mais enfin bon, moi, je souhaitais tenter la BD et je suis fier d'avoir fait cette BD. Et maintenant,
on
ne va pas quand même se raconter d'histoire.
Tout
ça s'inscrit dans un moment politique. J'ai présenté ma candidature en janvier. Nous avons reçu plus de 100 000 signatures en moins de 15 jours de soutien sur nos présidents.
– Il y a
un traité de raciste par des gens avec qui vous travaillez
encore il y a des fois.
Et nous avons fait un meeting à Lyon avec plus de 3 000 personnes. Derrière, Jean-Luc Mélenchon déclare sa candidature. Il est évident qu'il y
a
un objectif qui est de tout raser. – Mais quand ils vous traitent de raciste, qu'est-ce que vous leur répondez ?
– Je voudrais qu'on voit la photo
d'il
y
a 10 ans. Quand même, parce qu'il y a des mémoires. Voilà, vous êtes là, vous êtes…
– En 2017. – En
2017.
–
Vous savez, même quand j'étais à l'intérieur du groupe, le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne supposais pas des bons traitements tous les jours. Donc, mon sujet n'est pas là.
Mon
sujet n'est pas là. Je pourrais vous parler longtemps des méthodes pour nuire et pour salir. Je pourrais épiloguer sur les 3 000 procureurs sur Twitter. Mais mon sujet n'est pas là. Mon adversaire n'est pas ici. Mon adversaire est très clairement Jordan Bardella et le Rassemblement National. C'est-à-dire, j'ai toujours dit, qu'il fallait ouvrir un chemin d'espoir entre l'extrême droite et l'extrême argent. Et en plus, aujourd'hui, on a une extrême droite et une extrême argent qui fusionnent avec des milliardaires réactionnaires. –
Enfin là, vos
anciens amis de LFI sont plus agressifs avec vous que ne le sont les politiques de droite ou d'extrême droite. – Eh bien, je ne leur rendrai pas cette agressivité. Parce que je pense que ce n
'est
pas ça qu'il faut pour le pays.
–
Vous tendez l'autre joue.
–
Je pense… Non, je ne tends pas l'autre joue. Mais je pense que ce qu'il faut aujourd'hui pour le pays, ce n'est pas déchirer. Ce n
'est
pas fracturer. – Si vous êtes élu président de la République, est-ce que vous pourrez prendre des gens qui vous traitent de racistes aujourd'hui dans votre gouvernement, par exemple
? –
Je ne mets pas tous les élus insoumis dans le même sac. On a quelques porte-voix vocaux et qui sont aguerris à ce genre de pratiques. Maintenant, ce n
'est
pas le cas de tous les insoumis du pays. – Sous-titrage
ST' 501