Sandrine Rousseau explique son combat en faveur de l'aide à mourir
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ma maman s'est suicidée. Elle s'est suicidée alors qu'elle était en fin de vie, parce qu'il n'y avait pas l'aide à mourir. Elle s'est suicidée dans des conditions abjectes. Son agonie a été insupportable, épouvantable. Et je peux vous dire que c'est pour cela que je milite pour le droit à mourir. Vous utilisez de manière continue les mots euthanisie, suicide assisté. Moi, je voudrais juste vous dire, vous donner un chiffre, M. Edzel, pour vous convaincre de ne plus utiliser ce terme. Les jeunes femmes, les jeunes filles de 9 à 19 ans, depuis 2006, ont vu leurs tentatives de suicide et les suicides augmenter de 570%. 570% !
Et en fait, suicide, pour des gens qui sont sur leurs derniers jours de vie et que vous le confondez avec un problème...
Vous cherchez à instaurer une police de la pensée. En fait, c'est absolument incroyable. À un moment donné, il faut que vous compreniez que votre violence verbale est révélatrice, véritablement, d'une pensée totalitaire. Et je tiens simplement à vous dire une chose, Mme Rousseau. Ce n'est, un, pas à la hauteur des débats. Et vous n'avez en aucun cas le monopole de l'éthique dans cet hémicycle. Je vous remercie.
Je ne voulais pas en parler dans cet hémicycle, mais vous m'y forcez. Et donc, je vais vous le dire. Ma maman s'est suicidée. Elle s'est suicidée alors qu'elle était en fin de vie, parce qu'il n'y avait pas l'aide à mourir. Elle s'est suicidée dans des conditions abjectes. Son agonie a été insupportable, épouvantable. Elle a duré extrêmement longtemps, parce qu'elle a fait ce que vous appelez un suicide libre. C'est-à-dire qu'elle a pris dans sa table de chevet tous les médicaments qu'elle avait gardés depuis des semaines et elle les a avalées d'un coup. Et je peux vous dire que c'est pour cela que je milite pour le droit à mourir.
C'est pour cela que je vous invite à ne pas voter les amendements de suppression. Parce que ce qui s'est passé lors de sa mort, c'est exactement l'inverse de ce que nous voulons là. C'est-à-dire que cette loi, elle permet la sérénité. Elle permet l'organisation. Elle permet de faire en sorte qu'il y ait les proches qui soient à côté et qui tiennent la main des personnes qui sont en train de mourir et qui souhaitent mourir. Et le suicide, c'est tout à fait autre chose. C'est dans une agonie d'une violence que vous ne pouvez pas imaginer. C'est pour cela que je vous ai dit ça. Je ne souhaitais pas en parler dans cet hémicycle, mais puisque vous m'y forcez, ça n'est pas une pensée totalitaire.
C'est une pensée pour tous les proches des personnes qui se sont suicidées.
Sandrine Rousseau