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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 19 mai 2022 29 min

Edith Cresson - Un monde, un regard (08/10/2021)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] elle est entrée dans l'histoire en devenant la première est encore aujourd'hui la seule femme première ministre de france elle est restée aux commandes pendant presque onze mois sous la présidence de françois mitterrand entre 91 et 92 un moment de sa vie qu'on lui rappelle systématiquement et qui éclipse peut-être tout ce qu'elle a fait par ailleurs son combat pour une europe plus forte et plus solidaire par exemple sa fondation qui a permis de créer des dizaines d'écoles de la deuxième chance sa mission d'élu local en tant que maire de châtellerault pendant 14 ans les arcades du pouvoir les connaît par coeur c'est une partie de son monde depuis près de 60 ans elle va nous le faire découvrir de l'intérieur bienvenue dans un monde un regard bienvenus edith cresson et merci d'avoir accepté notre invitation c'est un peu vrai ce que je disais on vous ramène systématiquement à cette période de votre vie à cette courte période vous avez été premier ministre oui c'est le seul pays disons parmi les pays comparables à la france ça se passe comme ça il ya une femme premier ministre portugal longtemps avant moi on n'a pas posé des questions de ce genre quand madame thatcher a été premier ministre au royaume uni je sais pas je sais bien que c'est pas la même le même système parce que au royaume uni le premier ministre et élu alors qu'en france la constitution veut que le premier ministre soit nommé par le président n'empêche que j'avais été élu comme vous l'avez rappelé le maire député conseiller général j'avais été cinq fois ministre et la seule chose dont on parle encore maintenant la preuve c'est ça donc quoi d'après vous n'ont cessé ceux spécifiquement français c'est un phénomène spécifiquement en france ce qu'on appelle le pouvoir entre guillemets doit appartenir aux hommes on ne sait pas pourquoi mais enfin c'est comme ça et quand il ya une exception à cette règle ça prend des proportions extraordinaires moi j'ai vu tout entendu sur ce sujet est encore la preuve ça continue donc j'aimerais bien qu'un jour les choses se normalisent que la france soit comparable à ce qui se passe dans les autres pays pays disons comparable pays européens on n'a jamais vu mais vous avez bien conscience d'être encore aujourd'hui un symbole pour beaucoup de femmes politiques aussi puisque c'est à la fois un succès et peut être un échec parce que ça a été très bref et on va y revenir mais c'est aussi un succès d'avoir été vous êtes encore la salle aujourd'hui femmes premièrement je ne sais pas si c'est un succès je sais que la seule chose que je sais c'est que j'avais quitté le gouvernement avant et j'avais créé une entreprise c'était après la chute du mur de berlin j'avais créé une entreprise pour aider les entreprises françaises à s'installer dans les pays de l'est j'avais fait ça avec didier pineau valencienne ça marchait très bien et jusqu'au jour où françois mitterrand m'a appelé pour me dire qu'il souhaitait que je sois premier ça j'ai commencé par refuser les dix noms pourquoi parce que j'avais pour moi c'était une page qui est tournée et je faisais des choses qui me semblait utile ce qui m'intéresse dans la vie c'est de faire quelque chose qui est des résultats est premier ministre on n'est pas utile d'autres ces parcours n'est pas utile c'est pas ça c'est qu'il y avait beaucoup de concurrents c'est à dire que tous ces messieurs voulait être premier ministre surtout que c'était là le deuxième mandat de françois mitterrand c'était la deuxième partie du deuxième mandat donc la pire période puisque on s'acheminait vers la fin et tout ces messieurs étaient enragés à l'idée que ne serait pas pour rien mais des vitrines avec ça en tête donc je savais que j'aurai beaucoup d'ennemis à l'intérieur et que ce serait extrêmement difficile c'est pour ça que j'ai refusé il a tellement insisté il était malade star donc j'ai fini par accepter vous avez le sentiment d'avoir dû en faire dix fois plus que les autres et que notamment les autres zones de vous et vous est ressorti endurci de cette expérience un dur sinon je crois pas mais parce que c'est exactement ce que je pensais qu'ils allaient se passer enfin pas à ce point là oui pourquoi pas à ce point là qu'est ce qui a été qu'est ce qu'il ya des pommes dépasser votre votre image à notre comportement notre trahison permanente le fait qu'il parlait aux journalistes y raconter des mensonges c'était c'était terrible donc c'est vrai que c'est je savais que cela serait terrible mais c'était encore pire que ce que je pense vous parlez d'une expérience qui a été difficile et on l'entend notamment parce que vous étiez entouré d'hommes qui voulaient votre poste qui ne voulait pas d'une femme première ministre est ce qu'à un moment donné vous vous ai demandé si vous vous aviez peut-être fait des choses avec maladresse avec une est-ce que vous aviez une part de responsabilité dans le fait que ce soit bref 11 mois ou que les choses se soient mal passé oui certainement je dois faire des maladresses mais le problème n'est pas là je suis pas la seule donc pour une femme on pardonne absolument rien et on invente surtout des choses qui sont totalement fausses on ne prêtait des propos que je n'avais jamais tenues qu'est ce que vous auriez malfait vous pensez à quelque chose quand je vous demande si temps je ne sais pas je ne sais pas mais certainement j'ai dû faire des choses que dire des choses qu'il fallait pas mais on ne s'occupe pas si vous voulez les journalistes surtout mais ils étaient amis certains journalistes sont amis avec des hommes politiques et marchent ensemble et donc ce que je faisais du tilt n'était jamais on n'en parlait jamais donc on cherchait toujours les choses négatives et quand on cherche on trouve j'ai la main edith cresson comment vous y est devenu à la politique comment l'étudiante hec que vous étiez se décide un jour à se dire tiens je vais y aller je vais me lancer moi aussi on en est là c'est très simple quand j'ai fait à ce sujet j'avais une amie qui s'appelle paulette de craine et dans le père était un ami de françois mitterrand et elle m'a raconté que pendant la guerre quand elle était petite un jour on sonne à la porte elle va ouvrir elle voit un jeune homme qui lui dit dis à ton père que françois morland et la morlande se défendant de résistance et donc après hec elle a travaillé avec lui et c'est elle qui m'a fait venir qui m'a dit tu devrais venir cet intéressant ça s'était longtemps avant 81 et je travaillais au parti socialiste j'étais chargé la jeunesse des étudiants et j'ai beaucoup appris donc ça m'a intéressé ensuite on a envoyé à châtellerault côté réputée imprenable on va y venir à cette expérience d'élu local mais peut-être j'ai lu vous allez me dire si je me trompe ou pas j'ai lu que c'était aussi un discours de pierre mendès france sur la jeunesse qui vous avez décidé qu'ils vous qui vous avaient motivé pour entrer en politique c'est vrai ou pas oui une figure importante j'avais beaucoup d'admiration pour plus en inde et france c'est vrai oui pourquoi qu'est ce qui fait que ces policiers l'ont lui qui vous aident et fassent plusieurs raisons d'abord parce qu'il s'intéressait avec un ami il n'y a pas beaucoup d'hommes politiques qui s'intéresse vraiment à l'économie qu'il avait beaucoup de bon sens il me semble que c'est très courageux ah oui j'avais de l'admiration dans l'ue parler d' hec vous parler d'économie se sont pas forcément les sujets qu'on traite à la gauche pourquoi le parti socialiste oui mais ça compte l'économie on le vit aujourd'hui bien sûr donc à toute une mode dans la classe dominante politique française pendant très longtemps par exemple on disait que l'industrie c'est fini je sais pas si vous vous souvenez l'industrie c'est fini maintenant c'est les services les complètement idiot parce que chaque emploi industriel créé trois emplois de service et puis s'il ya pas de l'industrie il ya pas de recherche on ne progresse pas eu aujourd'hui on est dans une phase de révolution industrielle totale et si on est mauvais dans ce domaine là il est évident qu'on peut pas exister et on existe dans le rapport de force internationale que quand on a une certaine puissance économique longtemps à cette expérience d'élu local que dont je parlais en introduction maire de tueur est d'abord puis de châtellerault 1977 puis 1983 6 ans puis 14 ans d'expérience c'est pas rien comment s'est passé comment la greffe a pu prendre à l'époque on aurait pu parler de parachutage peut-être même qu'on a parlé de parachutage et finalement la grèce va prendre oui bien sûr c'est ce qu'on appelle un parachutage mais enfin je n'étais pas la seule et quand je suis arrivé à châtellerault j'ai été séduite par cette ville c'est une ville ouvrière c'est la région qui pendant la guerre a été la plus résistante dans l'ouest de la france il ya une manufacture d'armes il y avait une population ouvrière très très intéressante est d'ailleurs la première fois que je me suis présenté à l'élection le maire de la ville mais si la blinde terre gelée battu sur sa ville de châtellerault pas dans l'ensemble de la surface fétiche cas du premier coup mais je les battues sur sa ville donc je me suis dit il ya quelque chose à faire ici et j'ai eu un sentiment j'ai pas de d'affection vis-à-vis de cette ville sa population vous avez été vous même surprise par ce sentiment c'était pas votre univers s'était pas votre milieu je connaissais pas du tout chapellan je savais à peine où c'était et quand on m'a envoyé là effectivement j'ai eu comme une espèce de révélations ça m'a beaucoup touché qu'est ce qui vous a touché chez eux j'ai le courage de ces gens cette population ouvrière qui était très impliqué s'intéresser à la politique qui était plutôt évidemment plutôt de gauche et des gens très courageux vous savez à poitiers était une ville universitaire on dit chatellerault c'est une ville ouvrière avec un petit peu de distance moi je disais je suis très fier d'être le maire de lille aurélien et j'ai beaucoup aimé élire une femme n'a semble-t-il pas été un problème pour eux pas un sujet à aucun moment de cette expérience d'élu local on vous a renvoyé au fait que vous étiez une femme et que peut-être vous étiez moins compétente qu'un homme absolument pas alors la différence de la classe politique à châtellerault ça n'a posé absolument aucun problème jamais jamais se poser plus de problèmes à paris elle est d'un an femme est d'être une femme achète je savais quand une femme arrive à l'assemblée nationale vous savez bien comment ils sont il insulte enfin c'est à tel point que l'actuel président de l'assemblée nationale après une décision c'est à dire ceux qui l'insultent les femmes on va leur prendre la moitié de leur rémunération du mois suivant cette relation vous avez à paris m'intéressent j'ai envie de creuser un tout petit peu parce que vous avez été aussi celle qui a décidé de transférer l'ena à strasbourg c'est que vous avez été dans cette démarche de décentralisation cette démarche de décentralisation comme vous dites elle était dans le programme commun de la gauche et il n'y a pas que les noms on parle de l'ena mais il ya eu des dizaines aide and administration qui ont été décentralisés parce que y'a pas de raison que ce soit à paris et il faut aussi que d'abord ça irrigue le le tissu local et puis les gens adhèrent mieux à l'administration dont il voit effectivement les membres donc c'était dans le programme commun de la gauche et donc je n'ai fait qu'appliquer le programme et parmi toutes ces décentralisations y avait effectivement l'ena pourquoi strasbourg l2 strasbourg est une ville symbolique très belle d'ailleurs qui est un symbole dans l'histoire française et d'autre part parce que le parlement européen siège partiellement strasbourg je pensais que ces jeunes seraient comme sa familiariser avec une réalité locale et européenne on le dit peu et les français le savent peu mais votre monde c'est aussi et c'est même surtout j'ai envie de dire l'europe j'ai retrouvé évidemment votre discours de politique générale du 22 mai 81 11 vous faites de l'europe une priorité pour vous il fallait et je vous cite faire réussir la france dont l'europe de 1993 et dans le monde l'an 2000 est-ce qu'elle a finalement réussi cette europe cette france dans l'europe partiellement mais c'était l'objectif en tout cas de françois mitterrand est d'ailleurs de ses prédécesseurs aussi le construire l'europe la france seule évidemment pèse mais pas suffisamment et la construction européenne a été poursuivi par tous les présidents de la république et françois mitterrand lui a fait franchir une étape supplémentaire avec le traité de maastricht qui développait les politiques communes dans beaucoup de domaines beaucoup de domaines différents par exemple domaine éducatif avec le programme erasmus qui permet à des étudiants de circuler en toute l'europe de connaître mieux leurs homologues et puis pour françois mitterrand c'était effectivement un objectif majeur je peux le comprendre pour la france c'est très important c'est pour ça que c'est toujours un peu difficile parce qu'il ya quelquefois des décisions qui se prennent à l'unanimité quelquefois des pays comme actuellement certains pays à l'est qui sont un peu réticents et encore cohérente cette europe est ce qu'elle est la cohérence que vous souhaitiez cette europe quand on voit effectivement des vrais contradictions des vrais pays qui parfois ne partagent même plus nos valeurs effectivement je pense à la pologne je pensais à la hongrie elle marcherait europe elle fonctionne pour vous oui elle marche mais ça n'est pas facile je pense que peut-être faudrait-il sur ce gratin objectif se limiter à quelques pays peut-être pas avec tout le monde c'est à dire d'abord cessé d'élargir l'europe et est ce qu'on l'a trop élargi cette europe elle est élargie pour une raison objective ces pays sont européens et par ailleurs certains pays de l'est sont entrés peut-être un peu rapidement dans l'union européenne c'est le chant c'est l'école qu'il souhaitait ça et je me souviens que au moment où on a discuté de la monnaie unique qui est quand même un symbole très important françois mitterrand voulait la monnaie unique et les allemands ils savaient qu'ils étaient réticents parce qu'il tenait aux marques qu'ils étaient menés très forte très fort et donc ce moment là françois mitterrand a demandé à col de ne pas faire voter les allemands sur la monnaie unique parce qu'ils savaient qu'ils voteraient contre et cole en a profité en disant oui je les ferai pas voter sur la monnaie unique mais je voudrais que les pays de l'est de l'europe en tout de suite en or ces pays n'était pas prêt du tout mais pourquoi est ce qu'ils ne voulaient c'est parce que c'était des sous traitants pour l'industrie allemande des sous traitants relativement bon marché il y avait un calcul alors oui il y avait un calcul bon alors c'est un donnant-donnant le françois mitterrand et bien sûr ça va tout ça et il a accepté donc c'est vrai que ces pays à cause de ça sont en train peu rapidement dans l'union européenne ll vous inquiète cette europe aujourd'hui on peut se poser des questions oui mais enfin il faut continuer il faut essayer de la fortifier et on voit bien aujourd'hui les états-unis la chine bon mais ce sont des pays unique ciblées avec plusieurs pays c'est toujours plus difficile c'est pour ça que je pense que dans certains domaines peut-être faudra-t-il faire des accords sur des points limitées est-ce que parmi les sujets qui vous préoccupent il ya l'environnement je vous pose la question parce que là aussi dans ce discours de politique générale de 1991 vous dit la notion d'environnement ne doit plus rester extérieur au processus de production mais s'y intégrer là on est en 1991 ce sont des phrases qu'on entend encore aujourd'hui ça veut dire que vous avez presque était visionnaire en disant 191 mais ça veut dire aussi que c'est toujours pas fait non bien sûr mais c'est un grand un vrai travail mais c'est vrai que j'ai toujours été sensible aux problèmes d'environnement et à l'intérieur du parti socialiste j'étais chargé de l'agriculture avant avant la création des partis socialistes il est là ce qu'on appelle la convention des institutions républicaines et j'étais chargé de l'agriculture et l'environnement donc ça veut dire que c'est une préoccupation qui même avant 81 habitaient déjà ce qui constituerait plus tard le parti social vous étiez seul à penser à l'environnement à l'époque un sentier seul ou pas c'est un combat qui paraissait non je ne me sentais pas seule la preuve c'est que j'avais ce titre donc c'était accepté par l'ensemble du parti oui sauf que parfois il ya des titres qui sont honorifique mais qui ne servent pas à grand chose et c'était peut-être moins évident qu'aujourd'hui mais c'était quand même déjà une préoccupation qu'il existait un effectif mais comment vous la voyez cette question aujourd'hui alors qu'elle est devenue majeure elle est majeure très difficile heureusement que les états unis maintenant tu un peu évolué mais depuis trump qui niait l'existence de ce problème mais c'est sûr qu'il faut s'y atteler d'une façon très très sérieuse est un problème extrêmement difficile parce qu'on connaît mal les effets de certaines décisions et donc il faut apporter une attention à mon avis encore plus grande à ce problème d'environnement aujourd'hui parmi vos combats signé aussi ces écoles de la deuxième chance est ce que vous pouvez nous en parler vous auriez aimé vous avoir une deuxième chance c'est pour ça que vous savez moi je veux dire des écoles de la deuxième chance sont faites pour les jeunes qui n'ont rien appris à l'école et donc y en a beaucoup j'ai vu beaucoup de jeunes sortis de leur période scolaire ils savaient à peine lire bon donc quand j'étais à la commission à bruxelles j'ai fait un groupe de travail et on a décidé de faire les écoles de la deuxième chance c'est à dire des écoles où pourrait aller les jeunes qui n'ont rien appris et où d'une période qui peut durer de six mois un an avec des stages en entreprise on ne réussirait alors faire obtenir les les données de base lire écrire compter et puis un peu de connaissance du monde économique et j'ai réussi à ce que le parlement européen vote cette décision cette décision était assorti d'un budget qui était attribué à chacun des pays de l'union européenne les au pays je l'aurais donné l'argent mais pour la france je les gardais en disant je vais le faire moi-même parce que si je donne ça l'administration ça va être mort et donc je cherche une municipalité que ça intéresse j'ai trouvé marseille est le nerf de la cei monsieur gaudin était très intéressé par le sujet et je lui ai donc donné l'argent pour le prototype puisque cet argent était destiné à faire un prototype de ces écoles dans tous les pays il a eu son école gratuite et à cause de ça grâce à cela j'ai pu faire venir des municipalités de partout voir comment ça fonctionnait et donc beaucoup d'autres villes on crée des écoles de la deuxième chance et aujourd'hui il y en a évidemment beaucoup il ya à peu près 16 ou 18 mille jeunes aux parents qui passent par ces écoles et avec un résultat positif à plus de 70% edith cresson d'un petit rituel dans cette émission c'est ce qu'on appelle ou ce qu'on va après la séquence photo j'ai plusieurs photos à vous entrez vous allez me dire laquelle vous avez envie de commenter dans un premier temps j'ai celle ci avec simone veil et jacques chirac j'ai aussi celle ci avec françois mitterrand vous lui souffler à l'oreille peut-être allez vous nous dire ce que vous lui souffler à l'oreille à l'époque et j'ai aussi celle ci à vous proposer alors ce sont trois de vos ministres des figures politiques absolument majeur encore aujourd'hui que vous avez vous même lancé j'allais dire dans l'arène politique et peut-être que vous en tirez une certaine fierté laquelle avez vous envie de commenter dans un premier temps peut-être celle avec simone veil bon ils sont toutes intéressantes effectivement simone veil gelé connu c'est une femme remarquable très intéressante première présidente du parlement européen très discrète jeter au parlement européen quand elle était présidente enfin c'est toute une histoire je veux dire toute une légende si on veut donc j'ai beaucoup de sympathie et d'amitié bon simone weill est d'allier des bonnes relations oui le train très bonne relation très bonne relation vous diriez qu'elle a été un modèle qu'on aime part d'une certaine façon et elle a été un modèle je peux pas me comparer mais c'était une femme du fait de l'expérience terrible qu'elle a eu dans sa jeunesse je crois qu'on sorte de cette épreuve certainement tout à fait différent donc ça ne peut pas comparer avec les banquiers n'a pas connu ça une femme politique aussi qui a oeuvré peut-être un modèle en politique absolument une deuxième photo alors elle et elle est intéressante cette photo elle nous a paru à la fois sympathique et peut-être avec un certain sens vous aviez l'oreille attentive de françois mallinjoud par la lorraine peut-être que là des gens avec je souhaite pas qu'ils entendront la fin avant c'est sûr vous vous cachez vous lui souffler à l'oreille souvent vous aviez vous pouviez me confier des choses lui conseiller des choses il vous écoutait il était attentif à ce que oui les couteaux ils étaient attentifs à tous les gens que les buts par là et ça veut pas dire qu'ils faisaient toujours ce que c'est quand même le conseiller mais oui il était très attentif et là aussi quelles étaient vos rapports vous entendiez bien humainement vous étiez lucide l'un et l'autre sur la raison pour laquelle il vous avez nommé premier ministre c'était france était dit rien c'est à dire que quand il m'a nommé premier ministre dans la discussion que nous avons eue il m'a dit je veux qu'une femme était premier ministre avant la fin de mon mandat et je me dis peut-être qu'il aurait fallu y penser plus tôt parce que la deuxième partie de deuxième mandat c'est la pire période évidemment parce qu'ils sont tous à vouloir la place et puis le président moins d'autorité dans la fin du deuxième mandat surtout qu'en plus c'était très malade donc je lui ai dit ça et il a senti vos difficultés misogynie ce sexisme auxquels vous étiez qu'on a inventé la santé associés en parlant des journalistes qui nantais comme il pouvait edit il ne vous lâcheront jamais ils le savaient qu'il a sous-estimé le côté machiste à la fois de la classe politique et journalistique parce que ça marche ensemble et voici donc ces trois ministres ces trois personnes qui ont été dans notre gouvernement dominique strauss kahn martine aubry jean yves le drian vous ressentez une certaine fierté de les avoir lancés de voir qu'ils sont encore importants absolument c'est moi qui ai réussi à faire nommer martine aubry et dominique strauss kahn le drian s'est pas uniquement moi c'est à dire françois mitterrand avait dans l'idée mais ça n'a pas été simple d'imposer martine aubry par exemple s'il s'agit est très facile il ne connaissait pas mais enfin je lui ai expliqué qu'ils s'étaient parce qu'elles travaillent avec moi déjà j'avais chez des groupes de travail quand j'étais ministre des affaires européennes et pour réfléchir aux affaires européennes et j'avais fait venir des gens d'un peu partout après une certaine expérience pour me conseiller en avait des groupes de travail on travaille ensemble elle en faisait partie et j'avais je l'avais remarqué à cette occasion et donc jusqu'à ce que vous aimiez chez elle son sérieux sans sa rigueur voilà une très grande rigueur beaucoup de sérieux beaucoup de conviction aussi beaucoup de sagesse on a une autre séquence dans cette dans cette émission c'est la séquence archives puisque les archives nationales nous faut un bonheur chaque semaine de nous transmettre sinon un original au moins une copie d'un document historique on a pensé à celui ci pour vous et là vous êtes avec boris elstine c'est une photo prise à l'occasion d'un déjeuner en l'honneur du président de la fédération de russie en est alors en 1992 vous êtes aux côtés de roland dumas ministre des affaires étrangères à quoi vous pensez à ce moment là qu'est ce qu'elle évoque pour vous cette photo les liens avec la russie ouais je pense que nous devons avoir des liens avec la russie quel que soit ce qu'on peut éventuellement reprocher le gouvernement russe je pense que surtout depuis la chute du mur de berlin depuis la fin on peut dire de l'union soviétique la russie traditionnellement on est une alliée de la france et je pense que c'est une erreur de sous-estimer l'importance de la russie dans la configuration mondiale les états unis la chine l'europe avec toutes les difficultés qu'on a puisque c'est pas un seul pays il faut arriver à s'entendre et nous devons tendre la main on a vu la russie même avec une russie avec un vladimir poutine aux commandes ont elles mêmes avec poutine devant à mon avis c'est la russie cet angle les russes c'est un très grand peuple qui a évolué en dehors du système mondial à cause du système communiste mais quand on voit en russie et moi j'y suis allé souvent on est surpris par le niveau ces gens parler les scientifiques remarquables des artistes magnifique il ya une vie intellectuelle intéressante et je pense que dans ce qui se passe actuellement encore une fois avec les états unis la chine l'europe devrait avoir des liens avec la russie un mot de roland dumas qui est aussi à vos côtés ce jour là là aussi une personnalité politique qui vous a marqué roland dumas ou enfin j'en ai pas de très bonnes relations avec lui pourquoi c'était quelqu'un [Musique] enfin jeu c'était très difficile très difficile quand j'étais ministre des affaires européennes déjà il était ministre des affaires étrangères et la vie à ses collaborateurs de ne pas me donner d'informations donc une raison pour laquelle j'ai quitté le gouvernement et puis après il a fait deux trois coups tête c'était très difficile de s'entendre avec lui c'était quelqu'un qui travaillait surtout pour lui-même est ce que vous êtes une des rares ministres avant démissionner effectivement c'est extrêmement grave il avait un problème avec vous en particulier il avait un problème avec tous les gens dont il pensait qu' il pouvait empiéter sur son territoire dans les affaires européennes considéré que ça faisait partie des affaires étrangères et donc je n'avais pas d'informations il avait interdit à son cabinet nous donner des informations donc c'était très difficile un drôle de monde en ce monde politique tel que vous le décrivez monde difficile très difficile c'est un milieu où à part certaines exceptions il a quand même des exceptions heureusement mais les gens ont tendance à travailler pour le même edith cresson une dernière question qui est en lien avec ce lieu magnifique dans lequel nous sommes aujourd'hui nous sommes entourés de quatre statues il représente 4 vers et argent qui sont magnifiques la sagesse la prudence la justice est derrière moi l'éloquence est ce qu'il ya une de ses vertus qui vous parle plus que les autres dans laquelle vous vous reconnais que la justice pourquoi parce que c'est un élément très important ce très difficile de définir ce qu'est la justice mais c'est que chacun soit reconnu en fonction de ce qu'il est réellement et non pas en fonction de ce qu'on raconte sur lui et je pense que la justice est une vertu fondamentale occuper sa place de jouer son rôle d'exister et les pieds pas c'est le contraire de cette pièce de mépris que l'on rencontre assez souvent quand vous parlez on a l'impression que vous parlez aussi un peu de votre parcours à vous on a été injuste avec vous vous auriez vous avez été victime dune c'est arrivé je suis pas la seule j'ai pas la seule sarah merci infiniment régressons d'avoir été avec nous dans ce grand entretien sur public sénat merci nous avoir livré un peu de votre monde est en tête votre regard sur le monde merci à venir si c'est la fin de cette émission se retrouve très vite sur public sénat [Musique] je [Musique]

Edith Cresson - Un monde, un regard (08/10/2021) — Edith Cresson · Pourquijevote