Vote de la loi immigration, guerre entre le Hamas et Israël, les élections européennes… le 8h30 franceinfo de Mathilde Panot
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Bonjour Mathilde Panot, la loi immigration a donc été votée hier soir par le Parlement, 349 voix pour, 186 contre à l'Assemblée Nationale. Le gouvernement est fier d'expliquer que le texte est passé sans les voix du RN, vous avez perdu ?
Alors déjà il faut quand même pointer le fait que le gouvernement ment sur cette question et je comprends qu'il mente puisqu'ils sont extrêmement gênés d'avoir eu besoin des voix du RN pour faire adopter le pire texte raciste et xénophobe depuis au moins 40 ans dans notre pays.
Dans les chiffres, sans le RN, la loi passait quand même.
Oui, alors ils avaient donc besoin que le RN ne vote pas contre. Donc ils ont eu besoin des voix du RN pour faire passer ce texte. Et je vais vous donner deux chiffres pour que vous compreniez ce qui est en train de se passer. 25% de la majorité, si on prend les trois groupes de la majorité minorité présidentielle, n'ont pas voté le texte. Par contre, 100% des députés du RN, eux, ont voté pour le texte. Donc c'est un texte, le pénis qui est passé hier à l'Assemblée Nationale. Et je crois qu'il faut que chacun et chacune comprennent la gravité du moment de ce que nous sommes en train de vivre et jusqu'à où la Macronie peut aller alors qu'elle est en situation de faiblesse.
Ça veut dire que pour vous, Mathilde Panot, Emmanuel Macron, qui a promis hier de ne pas promulguer la loi si elle était votée avec les voix du RN, doit faire procéder à une nouvelle délibération ?
Moi, j'aimerais le retrait pur et simple du texte, notamment parce que le vote à l'Assemblée Nationale, la semaine dernière, avait rejeté le texte. C'est donc quand une représentation nationale rejette un texte, généralement, dans une démocratie, on retire le texte. Oui, mais la procédure, c'est ensuite de poursuivre les discussions. Et aussi, le ministre qui a porté et qui a engagé sa responsabilité sur le texte, généralement, part avec son texte sous le bras. Donc moi, j'aimerais le retrait du texte.
Mais à minima, puisque la promesse a été faite, oui, il ne peut pas promulguer cette loi, puisque, mathématiquement, la loi est passée avec les voix du RN, mais c'est pire que ça, je vais vous dire. Parce qu'avec les voix du RN, le RN, c'est une chose. Mais surtout, avec dedans, le programme ligne par ligne du RN depuis maintenant 50 ans. Notamment sur la déchéance de nationalité, la remise en cause du droit du sol, la préférence nationale pour les prestations sociales.
Mais aussi les régularisations, c'est ce que met en avant la majorité.
Oui, les régularisations sont réduites à peau de chagrin. On va revenir sur le fond, Mathilde Panot. Pendant le vote hier, donc la majorité s'est fissurée. Au moins six ministres ont envisagé de démissionner hier soir. Pour vous, le macronisme est mort hier soir ?
Je crois que la Macronie qui se disait ni de droite ni de gauche, quand elle a besoin de faire un texte aussi dur, il faut comprendre, ils n'ont pas fait un texte aussi dur juste pour aller chercher les voix du LR. Ils avaient besoin des voix du RN. Dans les chiffres, Mathilde Panot, soyons précis, sans les voix du RN...
Oui, le RN jusqu'alors votait contre, vous êtes d'accord ?
Donc ils avaient besoin que le RN ne vote pas contre.
C'est la raison pour laquelle ils ont eu besoin de ces voix-là.
Je vais vous dire, le macronisme est mort à partir du moment où ils sont obligés d'aller, non seulement chercher les voix du LR pour refaire le vieux monde politique, mais en plus de ça, de faire en sorte que le RN ne vote pas contre la loi. C'est la première fois dans notre République française qu'une loi inscrit la préférence nationale. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la gravité de ce que ça veut dire pour notre pays, de ce que ça veut dire pour la suite. Et moi, je salue celles et ceux qui ont compris que ce n'était pas seulement une question partisane qui se jouait, mais la question de l'enjeu, c'était la question de la France et de la République.
Elisabeth Borne, qui est actuellement l'invité de nos confrères de France Inter, elle parle du sentiment du devoir accompli.
Elle peut rester à Matignon ? Moi, je pense que Mme Borne devrait partir. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron a annoncé un remaniement d'urgence, un remaniement qui aurait lieu en janvier probablement, d'ampleur, pardon. Bon, ben, on va voir. Est-ce que dans son remaniement, il va mettre des ministres des Républicains ? Est-ce qu'il va mettre directement un ministre du Rassemblement National ? Pourquoi pas, vu ce qu'ils sont en train de faire ?
Sur ce mot « devoir » qui est employé ce matin par Elisabeth Borne et par d'autres membres de la majorité, ça peut tenir longtemps, un gouvernement, sur le sentiment du devoir ?
Ben non, regardez. Vous avez le président de la République le plus mal élu de la Ve République, lorsqu'il a été réélu en 2022. Et il avait dit à ce moment-là, rappelez-vous-en, « Je sais qu'un certain nombre de gens n'ont pas voté pour mes idées, mais pour contrer les idées d'extrême droite et ce vote m'oblige. » Vous avez ensuite une première ministre qui, fait rare en démocratie, n'a pas demandé la confiance au Parlement. Puis un gouvernement qui ne cesse de gouverner à coup de 49-3, 23-49-3, et on le voit avec la loi immigration, s'ils ne vont pas chercher les voix du Rassemblement National, ils ne sont rien sans le 49-3. Donc on sait que ça ne va pas pouvoir durer comme ça.
Et moi, je voudrais juste dire quelque chose à celles et ceux qui nous écoutent. Ce texte ne va leur donner aucun droit supplémentaire à l'heure où pourtant la faim disloque le pays, à l'heure où le nombre d'enfants à la rue qui dorment à la rue est en train d'exploser, à l'heure où les gens ont peur de la solitude dans les fêtes de fin d'année. Ce texte n'est qu'une régression sur les droits fondamentaux. Et quand on s'en prend aux droits des étrangers, à la fin, généralement, ça attaque les droits du peuple tout entier.
On va aborder le texte dans le fond dans un instant, mais d'abord sur votre rôle à vous, sur le rôle de la gauche pendant toute cette procédure législative. Hier, dans l'après-midi, Marine Le Pen a pris la parole pour annoncer qu'elle votrait le texte. Et en plus, elle a eu un message pour vous. Écoutez.
La gauche qui vient d'opérer un suicide en direct, puisqu'ils ont contribué, je les en remercie d'ailleurs, à permettre que cette loi qui, encore une fois, prévoyait au départ une nouvelle filière d'immigration massive, eh bien, termine en une loi qui durcit, recerte un peu, un petit pas, mais un peu tout de même, les conditions d'immigration dans notre pays. pour une fois que la gauche est utile à quelque chose.
Je remercie la gauche, dit Marine Le Pen aujourd'hui. Vous avez fait une grosse erreur stratégique avec cette motion de rejet ?
Pas du tout. Alors déjà, je voudrais moi aussi remercier Mme Le Pen pour la clarification politique qui montre que le seul rempart aujourd'hui à l'extrême droite, c'est la force que nous représentons, nous, du côté de la NUPES qui portons l'humanisme. Elle dit que vous avez servi de marche-pied. Ensuite, ah non, ceux qui servent de marche-pied s'appellent les macronistes. Parce que regardez la situation. Lorsque la motion de rejet est adoptée, c'est-à-dire que la représentation nationale vote contre le texte. Dans une démocratie normale, ce que j'ai dit tout à l'heure, on retire le texte. C'est ce qui se passe normalement. Qu'ont fait les macronistes ? Qu'ont fait les macronistes ?
Ils ont décidé de passer en force. C'est eux à ce moment-là... C'est eux à ce moment-là... Attendez. C'est eux à ce moment-là qui servent de marche-pied à l'extrême droite. Pourquoi ?
La motion de rejet, techniquement, renvoyer le texte au Sénat ou à une CMP.
Oui, mais regardez. Si le texte avait été examiné à l'Assemblée avec les pires paroles racistes et xénophobes, il y aurait eu aussi une CMP puisque le travail en commission... Écoutez-moi, le travail en commission qui, lui, a eu lieu dans l'Assemblée donnait un texte déjà différent de celui du Sénat. Donc, quel est le problème ? C'est de ne pas avoir respecté les règles démocratiques. Parce que dans une CMP, pour que tout le monde comprenne... Ce n'est pas démocratique ce qui s'est passé ? Ce n'est pas démocratique ? Je pense qu'il y a des gros problèmes démocratiques, en effet. Il y a sept députés, sept sénateurs qui doivent négocier entre la version du Sénat et la version de l'Assemblée.
Il n'y avait pas de version de l'Assemblée. Donc, quel était le mandat donné aux députés de cette Assemblée ? Le mandat, c'était de dire, nous ne voulons pas de ce texte. Voilà le mandat qui était donné à ces députés. Et je vais vous dire, le problème, c'est que vous savez très bien que ces négociations ne se sont pas tenues dans cette CMP, commission mixte paritaire. Elles se sont tenues dans une commission mixte parallèle, directement à Matignon. Dans quelle démocratie voit-on directement la Première Ministre mener des négociations avec certains députés seulement et pas les autres ?
Eh bien oui, je le dis, c'est un problème démocratique et nous avons fait notre rôle d'opposants sur le fait de rejeter ce texte.
Mathilde Panot, la présidente du groupe La France Insoumise, est avec nous jusqu'à 9h sur France Info. On vous retrouve juste après le fil Info, 8h41. Maureen Suignard.
J'ai le sentiment du devoir accompli, affirme ce matin la Première Ministre Elisabeth Borne. Elle s'exprime après l'adoption du projet de loi immigration hier par le Sénat et l'Assemblée nationale. À l'Assemblée, les Républicains ont voté pour le Rassemblement national aussi. Elisabeth Borne affirme que l'aide médicale d'État ne sera pas supprimée pour les sans-papiers. Elle dit par ailleurs qu'Emmanuel Macron n'a pas reçu la démission du ministre de la Santé. Ce soir, le président va donner une interview. Il sera sur France 5 dans l'émission C'est à vous. Quelle sera la décision du tribunal dans l'affaire du Mediator ?
Près de 8000 victimes attendent la décision en appel de la justice aujourd'hui. Les laboratoires serviers jugés pour tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires pour avoir vendu cet anti-diabétique, souvent présenté comme un coup fin. Le Mediator responsable de graves lésions cardiovasculaires. Des discussions autour d'une trêve. Le chef du Hamas est aujourd'hui en Égypte pour avancer sur la question. Il sera aussi question de la libération des otages alors que 129 personnes sont toujours retenues dans le territoire palestinien, selon l'État hébreu. France Info
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia Toujours avec Mathilde Panot, la chef de file du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. On va parler du fond maintenant du texte. Les Français veulent de la fermeté sur l'immigration. C'est ce que dit Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur. Il dit ce texte est une arme anti-Le Pen. Votre réaction ?
Alors pas du tout, justement. Et d'ailleurs, vous voyez que le Rassemblement National ne cesse de jubiler et d'expliquer partout que la Macronie, et c'est vrai, leur a offert sur un plateau d'argent une victoire idéologique, notamment sur la question de la préférence nationale. Donc non, ce n'est pas une arme anti-Le Pen. C'est une arme de projection de Le Pen qui a été faite. Et je vais vous dire, parce qu'on utilise souvent les sondages sur cette loi immigration, le dernier sondage IFOP qui parle des priorités des Français. En première priorité, à 83% arrive la question de la santé, alors que des millions de nos concitoyens renoncent aux soins.
En deuxième priorité, à 80%, arrive la question de la vie chère, sur lequel on nous a encore refusé à l'Assemblée Nationale il y a quelques semaines, l'encadrement des marges, et donc un prix plancher pour les paysans qui permettait aux gens de re-respirer sur cette question et d'arrêter que certains se gavent sur le malheur du peuple français.
Si on parle de ce texte, et notamment sur la question de la préférence nationale que vous abordez tout à l'heure, sur les allocations, les allocations sociales conditionnées à la nationalité ou à une durée de présence sur le territoire, un certain nombre d'analyses disent que ça existe déjà. D'ailleurs, Gérald Darmanin lui-même donne, pour exemple, le RSA, vous ne le touchez, dit-il, en France, que 5 ans après votre arrivée. La prime d'activité, c'est 5 ans après. L'allocation de solidarité aux personnes âgées, 5 ans après. Voilà, si on écoute le ministre de l'Intérieur, il ne s'agit pas d'une rupture, ce qui s'est passé hier.
Alors, s'il s'agit d'une rupture, et je vais vous dire, lorsque l'on touche à l'universalité de certains droits, c'est aussi ensuite derrière la manière de les détricoter, de mettre des conditions plus dures. On connaît ça par cœur, c'est ce qui s'est passé à chaque moment. Je vais vous prendre un exemple très précis. La question des allocations familiales. Les allocations familiales, elles ont été inventées, non pas, et je vais peut-être vous choquer, mais non pas pour les parents.
Elles ont été faites parce que, dans la Convention internationale des droits de l'enfant, que la France a signée, il est noté dedans que l'enfant doit avoir le droit à ce qui permet une existence digne à chacun des enfants. Donc, c'est fait pour les enfants. Et donc, faire une préférence nationale en quelque sorte triant des enfants les uns des autres selon la nationalité de leurs parents est une chose qui est inadmissible pour nous et qui, je crois, remet en cause profondément le droit des enfants.
C'est ce dont se défend le gouvernement. Le gouvernement dit qu'on fait la différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas. L'exemple que donnait Olivier Dussopt, le ministre du Travail, il disait, « De toute manière, le temps de faire le regroupement familial, ça prend deux ans. » Et puis après, pour les personnes qui travaillent, ça nous amène à deux ans et demi. Et donc, on retombe sur nos pattes. Et donc, pourquoi font-ils cette mesure-là ? Par rapport au délai, pour ceux qui travaillent, c'est plutôt… Bah donc, pourquoi ils font cette mesure-là, alors ?
Vous dites que ça ne servira pas besoin. En fait, il dit concrètement, ça ne change rien. En fait, je vais vous expliquer. Cette loi, donc si ça ne change rien, ne faites pas cette loi. Enfin, je veux dire, c'est quand même simple. C'est pas nous qui la faisons. Non, mais je veux dire… Non, mais c'est le gouvernement. C'est pour m'adresser à eux par cette antenne. Non, mais il faut quand même comprendre. Toute cette loi est basée sur les fantasmes de l'extrême droite. Vous savez à quel point le regroupement familial s'est effondré ces dernières années, au point qu'il représente 10% de l'immigration de ce pays.
Je veux dire, quand les gens se posent et réfléchissent un peu, ils comprennent très rapidement que non, nous n'avons pas de submersion migratoire en France, que la plupart des migrations sont des migrations sud-sud, et que lorsque l'on prend des mesures aussi absurdes que celles de l'aide médicale d'État, sur lesquelles ils se sont engagés, non pas dans ce texte, mais bientôt, au premier trimestre, à le réduire encore, ils comprennent très bien que les microbes, les épidémies, les maladies ne regardent pas les papiers des gens avant de faire leur œuvre, et donc que c'est un problème de santé publique. L'aide médicale d'État, c'est 0,4% des dépenses de santé.
La fraude à l'aide médicale d'État, examinée en 2019, 500 000 euros, soit 0,06% de 0,4%. Et l'Espagne, qui l'avait supprimée, a dû le rétablir devant, 1, la hausse du taux de mortalité des exilés, et surtout, le retour d'épidémies et de maladies. Donc, tout est absurde dans cette loi. Nous n'en avons pas besoin. Le Parti Socialiste, tout comme Emmanuel Macron,
a décidé de saisir le Conseil constitutionnel. Gérald Darmanin lui-même disait qu'il y avait sans doute des mesures qui seraient manifestement contraires à la Constitution. Ça vous donne un espoir que certaines mesures, en fait, sortent de ce texte ?
Évidemment. Alors nous, nous saisirons le Conseil constitutionnel, je le dis. Nous demandons à Emmanuel Macron de ne pas le promulguer conformément à la promesse qui a été faite.
Je précise d'ailleurs qu'Elisabeth Borne, à l'instant, reconnaît elle-même que des mesures sont anti-constitutionnelles.
Oui, enfin, c'est quand même incroyable. On a rarement vu ça quand même. Un ministre qui porte une loi qui explique lui-même que ce qu'il est en train de porter est anti-constitutionnel. Donc, vous voyez jusqu'à quel point leur magouille les porte. Donc, nous savons que nous allons gagner sur des points. Mais je le dis, quel que soit le résultat du Conseil constitutionnel, nous demandons à Emmanuel Macron de ne pas promulguer cette loi. Et surtout, nous, au pouvoir, nous l'annulerons. Parce que cette loi, et je veux vraiment qu'on comprenne ce qui est en train de se passer. C'est une attaque en règle aux droits fondamentaux qu'on n'a jamais vue dans ce pays depuis au moins 50 ans.
Hier, Manuel Bompard, chef de file de la France Insoumise, a appelé à une réunion en urgence de la NUPES. Ça veut dire que ce type d'événement est susceptible de ressouder la gauche ?
Écoutez, je pense que Manuel Bompard a eu raison de faire cet appel au groupe de la NUPES au nom du mouvement de la France Insoumise.
Elle va avoir lieu, cette réunion ?
J'espère. On attend les réponses des uns et des autres.
Mais lorsque vous avez une situation aussi grave que celle que nous sommes en train de vivre dans le pays, et que vous avez des élections européennes qui disent que la seule liste qui pourrait arriver avant celle du Rassemblement national, c'est celle de la NUPES unie, je crois que plus que jamais, il faut se reposer la question de dire, est-ce qu'avec ce qui vient de se passer, c'est-à-dire une loi qui reprend directement des mesures du programme de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen, est-ce qu'on veut qu'au soir des européennes, ce soit le Rassemblement national qui soit la première force du pays, ou est-ce qu'on veut que ce soit l'alternative politique qui soit en tête ?
C'est la possibilité que nous avons si nous allons ensemble aux élections européennes.
Justement, sur les européennes, sauf erreur de notre part, on ne sait pas si c'est Manon Aubry qui va à nouveau conduire la liste ou pas. La décision, elle est prise ?
Eh bien justement, c'est parce que nous sommes force de proposition à la France Insoumise que nous n'avons pas, alors Manon Aubry est chef pour l'instant de notre liste, mais que nous avons dit que nous étions prêts, par exemple, à proposer la tête de liste aux écologistes. C'est pour ça que nous n'avons pas dit... Ils ont déjà leur candidat, qui s'appelle Marie Toussaint. Vous pourriez vous ranger derrière eux ? On n'a pas dit formellement que Manon Aubry serait notre tête de liste, puisque nous espérons encore que les autres parties de la NUPES reviennent à la raison et à la responsabilité, vu ce qui est en train de se passer dans le pays. Et donc, nos propositions sont toujours ouvertes.
La France Insoumise pourrait se ranger derrière les écologistes, derrière la candidature de Marie Toussaint ?
On l'a dit 150 fois, je ne sais pas combien de fois il faut le dire, pour expliquer que nous n'avons pas demandé la tête de liste.
Et ce qui s'est passé hier est susceptible, selon vous, de faire bouger les lignes ?
J'espère que chacun comprendra le danger qui guette le pays.
Mathilde Panot, la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée, vous êtes encore avec nous pour quelques minutes, jusqu'à 9h sur France Info. On vous retrouve juste après le fil Info, 8h50. Maureen Finiard.
Je ne juge pas les députés de la majorité qui n'ont pas voté ce texte, dit Elisabeth Borne ce matin. Un quart des députés macronistes ont voté contre le projet de loi immigration, un projet durci en commission, qui rallonge par exemple les délais pour que les étrangers puissent toucher des prestations sociales. La première ministre affirme ce matin avoir le sentiment du devoir accompli et indique qu'il n'est pas question de supprimer l'aide médicale d'État pour les sans-papiers. Sur France Info, Mathilde Panot, la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée, demande le retrait du texte. L'ex-femme de Michèle Fourniret, Monique Olivier, restera en prison au moins jusqu'en 2035.
Elle a été condamnée à la prison à perpétuité hier avec une période de sûreté de 20 ans. Elle est reconnue coupable de complicité dans l'enlèvement et le meurtre de trois jeunes filles. Le père d'Estelle Mouzin fait part sur France Info de son soulagement. Mieux éclairer les lycéens et réduire le stress, voici l'objectif du ministère de l'Enseignement supérieur. Parcoursup ouvre pour la première fois en avance une phase d'information. Dès la seconde, les élèves vont pouvoir créer leur profil et se renseigner sur les 23 000 formations disponibles.
France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Mathilde Panot, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna est revenue d'un déplacement au Proche-Orient où elle a souligné, je cite, la divergence de point de vue de la France avec Israël dans son droit à se défendre. Elle appelle aussi à une nouvelle trêve immédiate et durable. C'est le discours qu'il fallait y tenir ?
Elle a d'ailleurs rajouté aussi qu'il fallait qu'Israël mette fin à la politique de colonisation, notamment en parlant des 300 Palestiniens qui ont été tués par des colons en Cisjordanie. Je veux pour une fois saluer la prise de parole qui a été faite par le gouvernement qui, je crois, est la première fois que des paroles aussi claires sont tenues vis-à-vis d'Israël. Alors nous, nous ne sommes pas favorables à une trêve puisque nous avons vu ce que créait une trêve, c'est-à-dire qu'une trêve permet ensuite à Israël de nouveau de continuer à bombarder la population palestinienne. Donc nous, nous sommes les partisans du cessez-le-feu immédiat et inconditionnel.
Et je crois que maintenant, la France doit passer des paroles, des paroles qui ont été tenues, aux actes. Et notamment dans les actes, nous demandons qu'il y ait des sanctions qui soient prises contre Israël pour forcer, exiger que ce cessez-le-feu puisse arriver. Il faut augmenter la pression sur le gouvernement d'extrême droite de Netanyahou. Mais sur quel type ? Des sanctions économiques, par exemple. On a déjà fait ça à d'autres moments, dans d'autres guerres, lorsqu'il y avait des violations du droit international.
Mais vous voyez la France aller toute seule sur ce type de sanctions vis-à-vis d'Israël ?
Vous savez, la France n'est pas toute seule. Il y a d'ores et déjà des pays dans le monde qui ont pris des sanctions. Il se trouve que l'Assemblée Générale des Nations Unies a voté à une immense majorité la question du cessez-le-feu immédiat en Palestine, puisqu'il n'y avait que dix États, dont Israël et les États-Unis, dans le monde, qui ont voté contre ces cessez-le-feu. Oui, mais du coup, ce n'est pas passé. Donc, si à l'Assemblée Générale, alors ce n'est pas contraignant, mais à l'Assemblée Générale, il n'y a pas de droit de veto des Nations Unies, contrairement au Conseil de Sécurité.
Au Conseil de Sécurité, effectivement, il y a toujours un blocage des États-Unis auxquels la France pourrait, par exemple, aller discuter.
Parce que là où il faut faire très attention, ce qui est en train de se passer en Palestine, non seulement ça fout droit à notre humanité commune, sur le nombre de morts qui ne cessent d'exploser, sur les gens qui se retrouvent à être assoiffés, affamés, qui se retrouvent aux prises avec des maladies, avec un système de santé qui est en train de s'effondrer, mais il faut comprendre que c'est en train d'enterrer définitivement la possibilité d'une solution politique pour le retour à la paix, et notamment ce qui vient des résolutions de l'ONU, sur la solution à deux États. Voilà la voie de la France qui doit être tenue aujourd'hui.
C'est ce que dit Emmanuel Macron, en parlant de sanctions, la France va prendre des sanctions contre certains colons israéliens extrémistes de Cisjordanie, interdiction du territoire français, gel de leurs avoirs, là aussi, vous applaudissez ?
Alors ça fait, plusieurs États ont d'ores et déjà pris de telles mesures, d'accord, c'est bien, mais moi je demande des sanctions contre l'État d'Israël. Je veux qu'on comprenne. Je demande des sanctions contre le gouvernement israélien. Sinon, comment pouvons-nous faire arrêter ce qui se passe, les crimes de guerre astreux qui se passent ? Vous pensez que c'est les sanctions qui vont arrêter Benyamin Netanyahou ? Écoutez, vous savez, moi je crois à la voie diplomatique. Je crois au fait que lorsque la communauté internationale, des voix comme la France mettent tout leur poids sur le fait d'arrêter des crimes de guerre.
En tout cas, je ne connais pas d'autres manières de faire parce que si vous voulez aller dans une escalade guerrière à tout va, je crois que ce n'est pas ça qui va arrêter les massacres des Palestiniens. Le temps urge sur cette question.
Mathilde Panneau, il y a des sénateurs français autour de Gérard Larcher qui ont décidé de se rendre en Israël aujourd'hui. D'abord, est-ce que c'est leur place ? Et est-ce que LFI pourrait s'associer à ce type d'initiative ?
Alors malheureusement, nous n'avons pas de sénateurs. Ça ne vous a pas échappé. Il peut y avoir une délégation de députés. En fait, nous n'irons pas à côté, par exemple, ce qu'a fait la présidente de l'Assemblée nationale avec d'autres députés. Nous n'irons pas à côté d'une armée ou d'un gouvernement qui aujourd'hui commet des crimes de guerre. Mais ça veut dire qu'il ne faut pas parler selon vous
avec des élus, avec la société israélienne ?
Mais bien sûr qu'aussi. D'ailleurs, nous, nous avons fait une visio juste après le 7 octobre avec des élus de gauche, y compris d'ailleurs qui ont été censurés de la Knesset, c'est-à-dire qui ont été écartés pendant deux mois de la Knesset parce qu'ils avaient tenu des paroles pour la paix. Donc nous, nous continuons à parler avec que ce soit les associations israéliennes, avec des députés de gauche israéliens, pour continuer à porter aussi...
Vous dites qu'il ne faut pas parler aux autorités israéliennes ? Parce que là, les sénateurs qui vont sur place, ils vont voir à la fois le gouvernement israélien, mais aussi...
Je n'irai pas me mettre en scène avec une armée qui commet des crimes de guerre. C'est ça que j'ai dit. Mais parler, évidemment qu'il faut parler. Si je vous dis que je crois à la diplomatie, c'est justement parce que je pense qu'il faut faire cesser ça immédiatement. Et je vais juste alerter sur un point, parce que je ne sais pas ce que va faire M. Larcher là-bas. Mais il faut quand même se rendre compte du zigzag qu'a fait la France sur sa position pendant des semaines et des semaines.
Et notamment quand vous aviez pour la première fois Emmanuel Macron qui prononce le mot « cessez le feu », le lendemain, le ministre de la Défense et avec son homologue de la Défense israélien qui organise justement les massacres qui ont cours à Gaza en lui disant qu'il soutient sans équivoque le gouvernement d'extrême droite israélien. La voix de la France ne peut pas zigzaguer comme ça. Elle doit être claire et elle doit porter la langue de la paix et du droit international.
Mathilde Panot, dans cette actualité très chargée, il y a aussi l'Ukraine. On a peu de temps, donc on ne va pas aller au fond des choses. Mais il faut avoir votre position sur ce qui s'est passé il y a quelques jours. Les 27 ont dit oui à l'ouverture des négociations d'adhésion de l'Ukraine dans l'Union européenne. Est-ce que c'est une bonne chose ?
Alors, pour nous, nous souhaitons qu'il y ait de l'aide, évidemment, qui soit poursuivie pour aider les Ukrainiens face à la guerre que mène la Russie. Par contre, nous ne sommes pas favorables, ce n'est pas juste pour l'Ukraine, nous l'avons dit plusieurs fois, à l'élargissement de l'Union européenne tant qu'il n'y aura pas une harmonisation par le haut des salaires, donc des conditions sociales, environnementales au sein de l'Union européenne. Et je crois que... C'est la même position que le RN, c'est ce que t'expliquais, Jordan Bardella, hier. Écoutez, on a des positions qui, peut-être, peuvent être les mêmes sur des choses, mais qui ne sont pas du tout pour les mêmes raisons.
Je ne crois pas que le Rassemblement... Non, parce que le Rassemblement national, quand vous regardez ce qu'il vote au niveau de l'Union européenne, par exemple, il vote contre un impôt de solidarité sur la fortune au niveau de l'Union européenne, alors que nous, nous votons pour... Non, mais sur l'Ukraine, c'est ce que je disais. Non, enfin, ce n'est pas parce qu'on est contre un élargissement. Mais sur la question de l'élargissement. Oui, on est contre un élargissement. Voilà, vous pourriez dire aussi que le Rassemblement national a la même position que l'FI, mais je crois que ce ne sont absolument pas pour les mêmes raisons.
Mathilde Panot, merci beaucoup d'avoir été l'invité de France Info ce matin, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée.
Mathilde Panot