Zidane, corruption, criminalité... Romain Molina balance sur Noël Le Graët et la FFF
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:48OuverteRéponse directe
Noël Le Graët a-t-il commis la gaffe médiatique de trop en s'en prenant à Zinedine Zidane ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Pourquoi Noël Le Graët s'est-il montré aussi agressif envers Zinedine Zidane ?
- 4:35OuverteRéponse directe
Pourquoi Noël Le Graët semble-t-il indéboulonnable malgré les scandales ?
- 6:25OuverteRéponse directe
L'affaire Zidane peut-elle entraîner des conséquences pour Noël Le Graët ?
- 6:50OuverteRéponse directe
Quels enjeux spécifiques recouvrent les propos de Noël Le Graët sur Zidane ?
- 8:21OuverteRéponse directe
Pourquoi l'indignation est-elle à géométrie variable selon les scandales ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« En 2022, ils ont encore fait du recel de billets quand même, à la Coupe du Monde, des appels d'oeuvres bidonnés, tout le reste, bon, visiblement, ça passe, ça ne pose pas de souci. »
- 0:10InvitéFait
« Les abus sur mineurs, on n'en parle pas non plus. »
- 0:12InvitéFait
« En gros, tout ce qui est le plus important et qui, là, réellement pourrait épingler ces gens-là pour des conséquences au niveau juridique et également qui pourrait permettre leur départ, on ne le fait pas dans l'audit. »
- 0:30InvitéFait
« On est en train de couvrir, on est en train de se servir des éducubrations de Noël Legrette pour couvrir le reste. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Racisme, propagande du Qatar, soupçons d'harcèlement sexuel et soupçons d'avoir couvert des actes pédo-criminels, tout y passe et Noël Legrette semble toujours autant indéboulonnable à son poste. »
- 7:22InvitéFait
« Il y a du racisme à la Fédé, c'est clair, net et précis. »
- 9:04InvitéFait
« J'ai appuyé dans New York Times sur la culture toxique de la Fédération française de foot, sur des affaires pédocriminales à la FED, et 40 ans d'abus couverts à la FED, incluant notamment ceux-là, et même des relations sexuelles tarifées avec mineurs. »
- 10:34InvitéFait
« Ils n'ont fait qu'une seule fois pour l'affaire d'Angélique Roujas, qui était la responsable du football féminin à Clairefontaine, qui était une coach, qui a été dégagée pour ça. »
- 10:50InvitéChiffre
« Pour tous les autres cas, il n'y a eu aucun déclenchement de l'article 40, ce qui est une infraction au code pénal français. C'est potentiellement 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. »
- 11:17InvitéFait
« La raison, c'est du chantage sexuel dans l'arbitrage, c'est-à-dire, excusez-moi l'expression, mais il fallait soit vous faire, vous avez compris, je suis en S ou en E, pour obtenir des promotions dans l'arbitrage. »
- 15:11InvitéFait
« Regardez Bernard Laporte au rugby. Condamné, mais il est toujours là. »
- 16:57InvitéFait
« Je peux vous dire parce que c'est moi qui je dois gérer les cas à travers le monde de ces gamins et ces gamines dans les centres FIFA qui ont été violés. Et dont certains se sont même donnés la mort et dont j'ai les familles. »
- 17:49InvitéFait
« M. Macron a permis à la FIFA de s'installer, de délocaliser une partie des bureaux à Paris à l'hôtel de la Marine. »
Temps de parole
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En 2022, ils ont encore fait du recel de billets quand même, à la Coupe du Monde, des appels d'oeuvres bidonnés, tout le reste, bon, visiblement, ça passe, ça ne pose pas de souci. Les abus sur mineurs, on n'en parle pas non plus. En gros, tout ce qui est le plus important et qui, là, réellement pourrait épingler ces gens-là pour des conséquences au niveau juridique et également qui pourrait permettre leur départ, on ne le fait pas dans l'audit. Alors, j'imagine que les gens qui font l'audit sont très bien et qu'ils le font très bien. Néanmoins, les consignes qu'ils ont sont scandaleuses.
On est en train de couvrir, on est en train de se servir des éducubrations de Noël Legrette pour couvrir le reste.
C'est le sujet dont toute la planète foot, et pas que, parle depuis hier. C'est la polémique qui enflamme déjà une partie de l'opinion publique en France. Noël Legrette a-t-il commis la gaffe médiatique de trop en s'en prenant ainsi à Zinedine Zidane lors d'une interview accordée à RMC ? On en écoute quelques extraits.
– Président Legrette, ça ferait quand même mal au cœur de voir Zinedine Zidane partir au Brésil, non ? – Non, mais il nous a dit qu'il n'était pas un tiré. – Pas moi ?
– Alors, je n'ai rien à ce coup, il faut aller où il veut.
– Non, mais en tant que Français, non ? – Vous avez voulu le mettre où, alors ? – Non, mais dans un club, partir sur une autre sélection, non, ça ne vous ferait pas mal au cœur.
– Non, vous, peut-être. – Écoutez, moi, j'ai un cœur assez gros, mais je l'ai prouvé. Vous, je ne sais pas. Vous, c'est peut-être, je ne sais pas, on n'a pas la même opinion. Il peut aller où il veut, dans un club, il en aurait tant qu'il veut, en Europe, dans un grand club. Sélection, j'y crois, à peine, en ce qui me concerne. Mais vous avez le droit, effectivement, vous, d'avoir un avis tout à fait différent.
– Oui, oui, mais je ne parlais pas forcément d'équipe de France, je parlais de le voir entraîner notre sélection. Il n'a pas tenté de vous joindre, là, ces derniers jours, non, Zinedine Zidane ?
– Certainement pas, je ne l'aurais même pas pris au téléphone.
– Quels enjeux spécifiques recouvrent ces mots à l'emporte-pièce ? Et pourquoi, par exemple, le député François Picmal, député Nups, a demandé la démission, compte demander la démission de Noël Legrette ? Faut-il s'irriter de ce qu'un dérapage médiatique fasse plus parler de lui que les nombreux scandales sexuels et possiblement financiers de ces derniers mois ? Alors, entre-temps, Noël Legrette a présenté ses excuses, mais effectivement, que dire de tous ces scandales qui viennent entacher la plus haute institution du football français, et plus particulièrement celui qui la dirige.
Racisme, propagande du Qatar, soupçons d'harcèlement sexuel et soupçons d'avoir couvert des actes pédo-criminels, tout y passe et Noël Legrette semble toujours autant indéboulonnable à son poste. Pour en parler, je reçois le journaliste d'investigation Romain Molina. C'est parti pour l'entretien express. Bonjour Romain. Bonjour. Vous m'entendez bien ? Parfaitement. Merci beaucoup d'avoir accepté cet entretien. Alors, pour entrer dans le vif du sujet, alors, je l'ai dit tout à l'heure, Noël Legrette depuis a présenté des excuses, mais quand même la première question qui me vient à l'esprit, c'est pourquoi s'être montré aussi agressif d'emblée à la première évocation du nom Zinedine Zidane.
Ce n'est pas spécialement contre Zinedine Zidane. C'est comme ça qu'il parle naturellement aux gens, comme la plupart des dirigeants de la Fédé parlent aux gens. En pleine réunion du comité exécutif de la Fédération, vous avez le directeur juridique, M. Lappert, qui disait « Toi, ta gueule, à Laura Georges, en scène internationale, membre du Comex de la Fédération. » Ça ne choquait personne. Donc, c'est normal. Ils sont complètement hors sol. Et après, il est vrai que… Comment expliquer ? Zinedine Zidane ne voulait pas travailler avec Maud Louvrette.
À la Fédération, vous avez certaines personnes qui avaient contacté, notamment les proches de Zinedine Zidane, pour le sonder quand ça n'allait pas avant le Mondial parce qu'ils sentaient que l'équipe n'allait pas bien, etc. Donc, il y a une espèce de jeu de coulisses également à ce niveau-là. Et puis, bon, Zinedine Zidane et Deschamps se déteste. Un secret de Polychinelle. Il ne s'aime pas. Donc, il y a ça aussi qui rentre en ligne de compte. Notamment parce que Deschamps n'aime pas le meilleur ami de Zidane, Christophe Dugaré, etc., qui le rend bien. Moi, je n'ai pas rentré dans ces débats de clochers. Mais c'est un peu tout ça.
Et puis surtout, c'est que vous avez affaire à quelqu'un qui ne se rend pas compte vraiment de ce qu'il dit.
Oui, on est face à un personnage très, très particulier, manifestement.
On est un personnage qui a le syndrome du vieux monsieur. Et il y a des gens qui en profitent. C'est surtout ça, le véritable. C'est que c'est quelqu'un qui ne sait plus vraiment ce qu'il dit, qui, des fois, perd un peu la tête. C'est une réalité. Qui ne sait même plus son code de carte bleue. Oui. Et on le laisse comme ça, sciemment. Je dirais que le plus pervers n'est pas celui qu'on fait. Je ne veux pas dire qu'il me fait de la peine, mais il y a des gens qui le laissent sciemment alors qu'ils savent qu'ils ne maîtrisent plus rien.
Mais la façon dont vous parlez de Noël Legrette, on a l'impression d'un personnage isolé. Alors que pourtant, je le disais en introduction, il a l'air toujours aussi indéboulonnable.
Alors, il est lâché par Emmanuel Macron. Après, il a toujours des amitiés politiques importantes. À l'époque, Jean-Yves Le Drian, Pierre Moscovici, François Hollande, à l'époque, il l'appelait toujours en direct. Il se vantait toujours devant les journalistes de dire « Ah, moi, je n'ai pas besoin de mon ministre de tutelle des sports, j'appelle directement François Hollande. » Donc, il a toujours été connecté politiquement, mais ce n'est pas que lui. C'est quasiment tous les prénoms de fédérations de football à travers le monde qui fonctionnent comme des États dans l'État. Mais il a toujours des soutiens en interne. Je vais vous donner un exemple.
Quand ça a commencé un peu à sortir les affaires, il y a quelques mois, vous avez plusieurs présidents de clubs en France, notamment à Nice, notamment Reims, qui sont allés le voir en disant « Ah, Noël, il faut que tu réaffirmes ton autorité. » Et donc, eux, ils voyaient un intérêt pour réussir à placer un copain à eux. On n'a rien à cirer du reste. Mais il a toujours des soutiens, même si là, il en a perdu beaucoup parce qu'en fait, les loups crient avec la meute.
Donc, les mêmes mecs qui l'ont protégé pendant des années, là, ils sont en train de retourner leur veste parce que politiquement, il est en train de se faire lâcher par le président et également par l'opinion publique, complètement là. Voir la une de l'équipe. Alors que l'équipe aurait pu, depuis des années, mettre ça en cirque Le Grette, mais ils ne l'ont pas fait sciemment.
Oui, alors la une de l'équipe, pour ceux qui ne l'ont pas vue passer, qui titre, en gros, avec la photo de Noël Le Grette, « Inacceptable » ou « Inadmissible ». Inacceptable.
Il y a eu des abus sur mineurs couverts à Clairefontaine. Enfin bon, bref. Et ça, les gens, les gens, ça ne les choque pas.
On va y venir plus tard à ça parce que, pour l'instant, sur la polémique Zidane, effectivement, on a l'impression que c'est, d'un côté, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, mais aussi, voilà, parce que c'est Zinedine Zidane, en fait, qui a été attaqué. Donc, effectivement, Kylian Mbappé réagit. La ministre Amélie ou Edda Castera réagit aussi. Là, est-ce qu'on peut s'attendre, pour une fois, à des conséquences pour Noël Le Grette ?
À quel niveau ? Parce que là, je comprends, sur le coup de l'émotion, mais légalement, qu'il a dit quelque chose sur Zidane, ça ne justifie en rien qu'il se fasse dégager. C'est le reste.
D'accord, mon doute.
Non, mais si on regarde légalement, on est d'accord que c'est complètement hors sol et que c'est lunaire, comme toutes ses déclarations depuis des années. Mais est-ce que ça justifie légalement ? Je ne parle pas sur le coup de l'émotion, on va parler rationnellement. En quoi ?
Oui, alors, on se souvient aussi.
Mais il y a des dossiers qui veulent le faire sauter depuis longtemps. Mais est-ce que l'État français veut les ouvrir ?
Je ne suis pas persuadé. Mais alors, ce qui est quand même intéressant, c'est que cette polémique Zinedine Zidane, elle fait quand même aussi écho un petit peu à la polémique Karim Azema qu'il y avait eu avant la Coupe du Monde, quand il avait des cartes et des bleus, alors qu'il venait de se blesser. En plus, une blessure dont on disait qu'il pouvait éventuellement revenir en cours de compétition. Est-ce que tout ça peut être aussi en lien avec toutes les accusations de racisme qui visent la Fédération française de football, et Noël Legrette en particulier ?
Il y a du racisme à la Fédé, c'est clair, net et précis. Quand vous avez le directeur juridique, M. Lappert, qui estime que quand une femme noire fait un troisième enfant, vous, de toute façon, vous faites des élevages et que ça passe sans problème. Mais après, oui, ça existe, le racisme à la Fédération française de football. C'est clair, net et précis dans des districts, c'est une réalité. Pareil, ça ne fait pas partie de l'audit commandé par la ministre. Mais il y a un vrai problème à tous les niveaux. C'est nauséabond ce qui se passe déjà à la Fédération. C'est beaucoup plus global. Et après, sur ce qui s'est passé vis-à-vis de Benzema, c'est de l'hypocrisie, des gamineries.
Il ne s'est rien passé, littéralement, à part des jalousies, des histoires. Mais il a été le dindon de la farce. Et de toute façon, ils se sont toujours servis de lui à ce niveau-là, dans le sens que s'il revenait et que ça marche, on allait dire bravo à la Fédé, on l'a fait revenir. Et si ça ne marchait pas, il comptait le planter. Pas spécialement Legrette, mais d'autres. Donc, ça montre un peu l'opportunisme de ce milieu-là et que tout est très politisé aussi.
Oui. Alors, justement, tout est politique, y compris les indignations. Donc là, comme je disais tout à l'heure, on a quand même une indignation à géométrie variable. Là, depuis hier, on ne parle que de ses propos sur Zinedine Zidane. Et comme vous l'avez bien dit tout à l'heure, quand sont sorties justement les accusations par d'ailleurs le même député NUPS, François Picmal, on a parlé donc des pédocriminels couverts par la FFF. Ça n'a ému manifestement pas grand monde. Les accusations aussi d'harcèlement sexuel au sein même de la FFF qui vise Noël Legrette lui-même, ça n'a ému personne. À un moment donné…
Ça, aujourd'hui, je suis méfiant parce que… Moi, ça fait des années que je travaille dessus. J'ai appuyé dans New York Times sur la culture toxique de la Fédération française de foot, sur des affaires pédocriminales à la FED. Et 40 ans d'abus couverts à la FED, incluant notamment ceux-là, et même des relations sexuelles tarifées avec mineurs. À un moment, le ministère de la Justice en est saisi. Le ministère des Sports, rendez-vous compte que l'audit commandé par la ministre des Sports, je veux bien être très gentil, ne fait pas mention de ça. Mais on est au-delà de la honte et du scandale. Il n'y a même pas de mots. Politiquement, personne n'en a parlé.
Vous l'avez dit, il y a un seul début. Un seul. Médiatiquement, il y a eu des reprises. L'équipe a quand même titré qu'en matière d'agression, la Fédération française de foot, c'est la grande muette. Donc, médiatiquement, il y a les gens qui ont fait le beau. Vous n'êtes pas tout seuls. Il y a ce au foot qui en a parlé. Vous avez Blas qui en a parlé. Le média qui en avait parlé parce que vous avez donné la parole à la députée. L'équipe en a parlé. Libération a tout confirmé. Donc, médiatiquement, il y a quand même un consensus, France Info aussi, pour dire qu'il y a un gros problème à ce niveau-là.
Mais à l'intérieur du monde du foot, vous ne verrez personne en parler parce qu'ancien joueur, joueur, joue aux anciennes joueuses, à part Melissa Plaza qui a osé et on l'a presque cramé sur un bûcher dans le football, personne. Donc, c'est une ambiance de gang, de mafia, littéralement. Si vous ouvrez la gueule, on vous coupe la tête. Et politiquement, il n'y a pas un député qui va demander une commission d'enquête ? On parle de la plus grande fédération sportive de France, plus de 2 millions de licenciés et des cas qui relèvent potentiellement.
Je rappelle qu'il y a des gens qui ont été virés de leur poste à la Fédération française de foot parce que la fédération estimait qu'ils étaient un danger à ce niveau-là. Sauf qu'ils n'ont pas répertorié ces actes aux autorités comme le confère l'article 40. Ils n'ont fait qu'une seule fois pour l'affaire d'Angélique Roujas, qui était la responsable du football féminin à Clairefontaine, qui était une coach, qui a été dégagée pour ça. On avait publié d'ailleurs le courrier, je l'avais publié et tout, de M. Legrette au procureur parce que les joueurs avaient menacé de faire grève.
Pour tous les autres cas, il n'y a eu aucun déclenchement de l'article 40, ce qui est une infraction au code pénal français. C'est potentiellement 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. Donc, ce que je demande, c'est bête, mais c'est juste que normalement on est censé être un état de droit et le football n'est pas exempt des lois. M. Legrette, la directrice générale, Mme Ardant et tous les autres. Quand cet été, il dégage le prénom des arbitres de la Ligue de Paris, M.
Galetti, qui était membre FFF, qu'il n'en donne pas la raison et que la raison, c'est du chantage sexuel dans l'arbitrage, c'est-à-dire, excusez-moi l'expression, mais il fallait soit vous faire, vous avez compris, je suis en S ou en E, pour obtenir des promotions dans l'arbitrage et que c'est connu de tous et que ce n'est pas le seul à faire ça et qu'il n'applique pas l'article 40 et que moi, j'ai une personne du ministère de la sport qui m'appelle et je vous dis, vous faites la gueule de qui ? Ça, vous ne dites rien ? Ah oui, mais...
Et qu'il n'y a aucune réaction étatique, excusez-moi, on va être très clair qu'on a un prénom qui s'implique autant dans les dossiers footballistiques et que quand on a un dossier pédocriminel, potentiellement, et que là, normalement, ça nécessite des enquêtes et qu'on ne fait rien, on détourne le regard sur la pédophilie. Donc maintenant, si l'État français, qui est déjà emberléficoté par pas mal de scandales pédophiles depuis des décennies, continue là-dessus, allons-y, très bien. Très bien, magnifique. Et surtout que les gens du foot ne disent rien, c'est magnifique aussi. Parce que si un seul joueur, et là, je l'en conjure, si il y en a un seul qui l'ouvre, c'est fini.
Parce que c'est juste une question d'image, tout simplement.
Ouais. Alors, moi, le point qui m'intéresse, c'est l'audit que vous avez évoqué tout à l'heure. Alors justement, ça aussi, au niveau gouvernemental, au plus haut niveau de l'État, il y a aussi une indignation à la géométrie variable. Amélie Oueda-Castera a réagi sur Twitter aux propos de Noël Legrette concernant Zinedine Zidane. Mais lorsque François Picmal a posé une question orale à l'Assemblée nationale sur la question de la pédocriminalité couverte par la FVF, elle n'a dit mot. Donc là, entre-temps, il y a cette audite, mais comme vous dites, cette audite ne concerne pas le racisme, ne concerne pas le scandale de pédocriminalité, ni les affaires de harcèlement sexuel qui visent Legrette.
Alors du coup, sur quoi va porter cette audite, ce fameux audit ?
Les SMS, le rubrique de Legrette, tout le monde est au courant. C'est pas un scoop. Après, je fais une différence. Je dis pas que c'est bien. Mais moi, en tout cas, j'ai jamais interrogé une femme qui m'a dit que Legrette m'a touché de manière inrappropriée. Il n'a jamais fait d'attouchement. Il y a des mecs à la FED qui ont fait rapport d'inspection du travail sur M. Varin, toujours en poste, présenté comme un héros en interne qui était condamné par les prud'hommes dans cette affaire-là. Il y a l'affaire M. Eteve, président de la Ligue de la Réunion au cadre de la Fédération française de foot qui met des mains à tout le monde dans les traitants de salopes.
Excusez-moi, vous pouvez retrouver des articles à la Réunion qui en parlent très bien. Ces gens-là n'ont plus eu pas de problème. Donc, M. Legrette, la seule peur que j'ai, c'est que là, vu qu'on veut le lâcher, c'est qu'il y en a qui exagèrent les faits. Est-ce que Noël Legrette propose des plans à trois à tout le monde et, comme dirait un président de Ligue 1, c'est un vieux libidineux ? Oui. Est-ce qu'il y a un espèce de droit de cuissage à la FED ? Oui. Est-ce que c'est un Weinstein ? Je ne crois pas. Ça ne l'excuse pas. Quand on lui dit non, il ne va pas chercher plus loin. J'en ai eu un.
Donc, OK, il y a l'oncloïde sur ça et le deuxième point sur la gestion de la directrice générale, Mme Ardon, qui d'ailleurs va sauter, parce qu'il y a un côté dictatorial et tout. Mais alors, sur les finances, moi, je vais vous dire, 2022, ils ont encore fait du recel de billets quand même à la Coupe du Monde. Oui. Comme en 1998. Des appels d'oeuvres bidonnés et tout le reste, bon, visiblement, ça passe, ça ne pose pas de soucis. OK. Les abus sur mineurs, on n'en parle pas non plus.
En gros, tout ce qui est le plus important et qui, là, réellement pourrait épingler ces gens-là pour des conséquences au niveau juridique et également qui pourrait permettre leur départ, on ne le fait pas dans l'audit. Alors, j'imagine que les gens qui font l'audit sont très bien et qu'ils le font très bien. Néanmoins, les consignes qu'ils ont sont scandaleuses. On est en train de couvrir, on est en train de se servir des éducubrations de Noël Le Gret pour couvrir le reste. C'est un scandale d'État.
Pour vous, l'affaire Zidane, la polémique Zidane sert d'arbres qui cachent la forêt, en fait.
Ils veulent le dégager. Ils cherchent un moyen de le dégager depuis un moment. Et voilà. Là, ils ont trouvé ce que ça achope tout le monde. Donc, on va appeler la démission et tout. On ne peut pas dire qu'ils démissionnent vu les go-killers. Regardez Bernard Laporte au rugby. Condamné, mais il est toujours là. Donc, en fait, le problème, c'est que le milieu du sport est un monde qui essaie d'échapper à toutes les lois possibles et inimaginables, qui est une industrie criminelle, malheureusement, qui était criminalisée et qu'on ne dit rien et que, bien souvent, on s'en sert politiquement.
Donc, il y avait toujours cette idée de dire que si la France gagnait la Coupe du Monde, les gens, elle a fait dire qu'on va être tranquille. Mais bon, là, il a dit quelque chose sur Zidane. Alors, quelque part, tant mieux, ça peut permettre de mettre la look sur tout le reste parce que, malheureusement, la question, c'est qu'ils ont caché tellement de choses qu'aujourd'hui, on ne peut pas savoir jusqu'où va tant qu'il n'y a pas des enquêtes diligentées de manière sérieuse et indépendante, réelle. Parce qu'il y a aussi un autre problème, c'est que M. Legret et d'autres ont beaucoup de connexions politiques. M. Le Drian, M. Moscovici et d'autres.
Donc, bon, il faut faire aussi attention à ce niveau-là.
Mais il y a quand même, tout à l'heure, en début d'interview, je vous posais la question sur le caractère indéboulonnable de Noël Legret. Il y a quand même, alors, effectivement, il y a la question des soutiens politiques, mais les fédérations françaises de football, de tennis, de rugby, etc., sont sous la tutelle du ministère des Sports. Est-ce que le ministère des Sports ne peut lui pas quand même au bout d'un moment dire maintenant, tu en as trop fait, tu dégages ?
Non, ils n'oseront pas parce qu'en fait, et là, on en revient au système footballistique de la FIFA, donc la Fédération internationale de football. Pour ceux qui ne comprennent pas, la FIFA, ils ont la bombache. C'est-à-dire qu'ils ont écrit dans leur statut que s'il y a une interférence politique, ils peuvent suspendre la fédération et donc le football. Donc après, vous ne pouvez plus jouer en équipe nationale. Donc en fait, c'est ce qu'ils font. C'est-à-dire qu'ils ont des prédents de fédération qui votent pour eux-mêmes. Par exemple, pour le cas du prédent en Tunisie, Ouadir Djari, qui est le gouvernement un peu plus, etc. Mais on va menacer le gouvernement tunisien.
Vous lui touchez une oreille, on vous suspend. Je ne sais même pas si c'est légal d'ailleurs. Je ne sais pas si ça pourrait pas être attaqué dans un tribunal international. Ce qui fait que la FIFA, qui est une grande entreprise criminelle, eux aussi qui ont la pédophilie, alors eux, c'est frais pédophilie à la FIFA. Et je peux vous dire parce que c'est moi qui je dois gérer les cas à travers le monde de ces gamins et ces gamines dans les centres FIFA qui ont été violés. Et dont certains se sont même donnés la mort et dont j'ai les familles. Bref, c'est encore autre chose.
Donc cette entreprise pédophile qui est la FIFA est criminelle, va protéger tous ces prédents de fédération à travers le monde, Noël Logret et tout, en menaçant les gouvernements. Et vu que les gouvernements, excusez-moi l'expression, se font dessus, la Pologne, il y a une quinzaine d'années, quand ils ont voulu chercher le mec pour des magouilles financières, menace de la FIFA, et en même temps, c'est un colonialisme 2.0 dans le football. Et donc, pareil, niveau français.
Noël Logret, qui d'ailleurs cherche encore une nouvelle élection tant que représentante de je ne sais pas quel poste à la FIFA, il brigue un nouveau mandat, il a le plein soutien de la FIFA parce que la FIFA a des plans et aujourd'hui en Europe, il y a quand même des fédérations qui contestent le pouvoir de Gianni Fantino, vous avez l'Angleterre, vous avez les pays scandinaves. Le premier soutien de la FIFA, c'est la Fédération française de foot. On rappelle d'ailleurs que M. Macron a permis à la FIFA de s'installer, de délocaliser une partie des bureaux à Paris à l'hôtel de la Marine et si je ne dis pas de bêtises que vous avez plusieurs collaborateurs de M.
Logret, dont Kenny Jean-Marie, qui ont intégré désormais la FIFA à des postes clés. Donc aujourd'hui, on a la FIFA qui est en plein soutien de Noël Logret. En même temps, vu les affaires de la Fédération française et vu qu'ils font pareil, c'est forcément les copains et vous avez l'État qui est au mieux. Mais aujourd'hui, qu'est-ce que pèse une ministre des Sports ? Ça ne pèse rien.
Mais du coup, il y a un espèce de commerce triangulé entre la FIFA, Emmanuel Macron, Noël Logret. Vous me disiez en début d'entretien que Macron avait lâché un petit peu Logret, mais vu que la FIFA, elle continue de soutenir Logret, Macron va peut-être rester, va en fait finalement rester silencieux sur cette affaire.
Ils feront ce que veut Macron. Ils aiment les puissants. Donc les grandes puissances, ils ne vont pas trop dire. Si Macron dit on le dégage, ils ne vont rien dire. Aujourd'hui, en plus, c'est une question d'image. Noël Logret, dans l'opinion, il est foutu depuis un moment. Donc c'est politiquement très opportuniste de dire oh là là, c'est scandaleux ce que fait Noël Logret.
Oui, évidemment.
En fait, là on en revient à ce que vous disiez, c'est les gens qui s'offusquent à deux vitesses. C'est bon pour l'image aujourd'hui de s'offusquer. Donc c'est pour ça les loups expliquent. Maintenant la FIFA, quand je vois qu'au Gabon, j'en profite, vu qu'on ne m'invite jamais pour parler de ce genre d'affaires-là, j'en profite. Au Gabon, ils se sont quand même vantés d'avoir fait libérer un mec, M. Mugenghi, prédent de la fédération, qui était au trou depuis six mois pour avoir couvert un réseau pédophile aussi. Son procès arrive bientôt, il est en liberté conditionnelle. Le premier truc qu'ils ont fait, ils l'ont invité au Qatar pour la Coupe du Monde.
Dans les bras de Gianni Infantino et du prédent de la Confédération africaine de football, M. Motsépé. Donc quand vous avez ce système-là qui se vante et qui vous met des pressions, et on a publié ça dans le Guardian, pour faire libérer des gens qui sont quand même accusés de choses terribles et donc de s'interférer dans des enquêtes criminelles,
on en avait parlé longuement lors de notre plateau sur la Coupe du Monde de Qatar. Là, on parlait plus d'un aspect économique, financier, de contrition vis-à-vis des droits LGBT, des droits humains, etc. Là, on parle de choses encore plus graves, c'est-à-dire pédocriminalité, racisme.
Et en Haïti, les plus hauts dirigeants de la FIFA se sont servis. L'un des plus hauts dirigeants de la FIFA, il a même fait un gamin et une gamine là-bas, au centre FIFA. Mais ça, pour rien dire, c'est Haïti, donc les gens s'en foutent. Et la FIFA essaie de couvrir toutes les immondices qu'ils ont fait là-bas où des gens ont failli mourir de leur faute parce qu'ils ont laissé un nom dans leur enquête. Vous n'imaginez même pas, pour ça que moi, j'ai fait dossier à travers le monde, la France, c'est un dossier qui est caractéristique, qui est horrible, mais ce qui se passe à travers le monde dans les fédérations de foot, et à chaque fois, c'est la même politique.
La FIFA va soutenir les gens en place, mordicus. Et les États, souvent, ont peur. Là, on parle quand même de la France, qui est un État sexuel a obtenu la démission de tout le comité de direction. Les gens peuvent retrouver, ils peuvent checker immédiatement ce que je dis. Donc, en Islande, il se passe ça, mais en France, tout le monde reste en poste, comme la patronne du comité olympique français, Madame Enriquez, qui était à l'époque juste président de la Fédération française de foot et qui a sorti aux autorités dans des affaires de harcèlement. Oh non, moi, je ne suis pas au courant, on ne m'a jamais averti. C'est-à-dire faux, c'est un faux témoignage.
Donc là aussi, on pourrait en revenir. Donc, je reviens à ce que je disais. C'est un système. Noël Legret, oui. Mais qu'est-ce qu'il y a derrière ? Et si on ouvre vraiment, et c'est pour ça que l'État ne veut pas observer, parce qu'on a des incointances politiques, et on se rend compte qu'il va falloir mettre un énorme coup de balai. Un énorme coup de balai. Et le coup de balai se fera si vous avez un ou deux joueurs connus, anciens ou actuels, qui en parlent. Là, je suis sûr, et Kylian Mappé, s'il nous écoute, s'il met un mot, je peux vous dire que là, ça va filer droit.
Et normalement, ces gens-là devraient être bannis également de suite à vie par la FIFA pour avoir couvert ce qu'ils ont couvert et plus obtenir des peines sur la justice civile en France. Et on se battra jusqu'au bout pour que justice soit faite.
François Piquemal