Jordan Bardella et la crise de la Covid-19 : "Ce stop & go pendant des mois va finir par nous tuer"
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et donc voilà, avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le vice-président du Rassemblement National, également député européen. Vos questions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter. Conseil de défense hier, conférence de presse d'Olivier Véran en fin d'après-midi. A lire la presse ce matin, peut-être une prise de parole du président de la République dans les jours qui viennent. Ce matin, il était notre invité à 7h50.
Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, nous a donc confirmé que le couvre-feu à 18h ne freinait pas assez le virus et que le scénario d'un reconfinement peut-être très serré était sur la table. Alors première question, considérant la physionomie de l'épidémie, la circulation du variant anglais. C'est 10% en France, disait Gabriel Attal tout à l'heure. Admettez-vous, Jordan Bardella, qu'un confinement, un reconfinement soit désormais inéluctable ?
Nous, nous défendons également d'autres aspects dans cette prise de décision. Que les médecins appellent aujourd'hui à prendre des mesures de plus en plus strictes, de plus en plus importantes, je dirais que c'est normal, c'est leur rôle, qui est celui sur lequel ils ont d'ailleurs prêté serment. Mais moi, le variant qui m'inquiète aujourd'hui, c'est le variant psychologique. Or, un troisième reconfinement aura évidemment des conséquences psychologiques, sociales et non plus seulement économiques qui seraient catastrophiques sur l'intégralité de la population française.
Vous avez eu ce sondage Ipsos qui est sorti hier et qui nous indique que 40% des étudiants sont dans un état d'anxiété majeure. Qu'une entreprise sur deux pourrait avoir à mettre la clé sous la porte si on se dirige vers un troisième reconfinement. Et puis, d'une manière générale, il y a un climat de dépression et d'anxiété dans le pays qui va évidemment venir s'accélérer avec des suicides dont on parle malheureusement trop peu.
Ce que vous dites est vrai, Jordan Bardella.
Territorialisons au maximum les mesures.
Il n'y a pas de raison qu'on applique la même recette dans des départements comme les Alpes-Maritimes où d'ailleurs le couvre-feu n'a eu absolument aucun impact, nous l'avions dit il y a trois semaines, nous avions dit mais à ce moment-là, on avance le couvre-feu de 20 à 18, qu'on nous donne le motif scientifique, qu'on nous donne les preuves qui nous indiquent que le couvre-feu à 18h va avoir une efficacité quand nous défendions exactement l'inverse, à savoir qu'un couvre-feu à 18h, et ça nous semblait être du bon sens, allait entraîner un afflux non plus seulement le soir dans les hypermarchés, dans les commerces, mais le midi et le samedi matin, donc ça aurait pu avoir l'effet contraire.
Donc, on est dans la technique de la supplice chinoise qui vise à différer un reconfinement dont tout le monde sait qu'il sera inévitable de la part du gouvernement, et nous, nous l'appelons à prendre en compte ce variant qui est le variant qui nous effraie le plus, qui est le variant psychologique en territorialisant au maximum ces mesures de confinement.
Enfin, pardon, le supplice chinois, c'est une manière de dire que le gouvernement ou le Président de la République essaye de tout faire pour essayer de combiner à la fois ce variant psychologique que vous appelez et le variant économique d'un côté et le variant sanitaire de l'autre. Donc, c'est d'essayer de tout faire pour repousser l'inéluctable.
Il ne faut pas être naïf. Il n'y a qu'un jour, tout le monde savait pertinemment que ce couvre-feu à 18h sur le plan national aurait un impact qui est dérisoire. Il avait été mis en place auparavant dans 15 départements. Il n'y avait quasiment eu aucune efficacité relative uniquement dans 2 des 15 départements. Dans les Alpes-Maritimes, il n'y avait eu absolument aucun impact sur l'infléchissement de la courbe. Donc, tout le monde savait que cela consistait à préparer psychologiquement les Français à un reconfinement. Je dis juste qu'il faut prendre un peu de hauteur sur la gestion de cette épidémie. On a vacciné depuis maintenant un mois.
Le vaccin est évidemment l'une des portes de sortie majeure dans cette sortie de crise. On a vacciné depuis un mois un peu plus d'un million de personnes, du moins injecté un million de doses à des Français qui sont des personnes considérées comme vulnérables. Nous sommes 68 millions d'habitants en France. Est-ce qu'on va attendre 4 ans, 5 ans avant de pouvoir revivre comme avant ? Est-ce qu'on va faire des stop-and-go de manière permanente tous les 3 mois en déconfinant, en reconfinant jusqu'à ce qu'on réussisse à vacciner l'intégralité de l'aventure ?
Olivier Véran s'est engagé à vacciner 70 millions de Français d'ici la fin de l'été.
Encore une fois, tout est brouillon. Moi, j'aimerais, honnêtement, franchement, j'aimerais vous dire que ça va dans le bon sens et qu'on va s'en sortir et je conçois que la décision, en l'occurrence ici, d'un reconfinement ne soit pas évidente à prendre pour l'exécutif. Mais le matin même au Sénat, Olivier Véran dit devant la commission d'enquête du Sénat qu'on pourrait vacciner 15 millions de personnes, ce sont les personnes à risque, d'ici l'été, pour annoncer le soir même, quelques heures plus tard, aux 20h de TF1, qu'on se dirige vers une vaccination de 70 millions de Français d'ici l'été. Ça veut donc dire qu'on va vacciner les nourrissons, les enfants ? M.
Delfraissy lui-même, le président du Conseil scientifique, a indiqué que les propos de M. Véran n'avaient aucun sens et qu'on pourrait au mieux vacciner 29% de la population du Sénat, 40% de la population, pardon, c'est-à-dire 29 millions de Français. Donc vous voyez bien que tout cela est relativement brouillon, qu'il y a beaucoup de gens, et notamment le réseau pharmaceutique qui s'exprime, qui tire la sonnette d'alarme en disant nous pouvons vacciner entre 400 000 et 500 000 personnes par jour. C'est en cours, selon l'opinion, depuis combien de temps ? C'est en cours, en tout cas depuis hier.
Ça fait un mois que la vaccination a débuté, et moi la question que je pose, c'est pourquoi est-ce qu'on est mauvais en tout ? Pourquoi est-ce qu'on a tout raté ? Pourquoi est-ce qu'on a raté l'étape des masques ?
Pourquoi vous dites qu'on est mauvais en tout ?
Parce qu'il y a quelques jours encore, nous avions vacciné moins de personnes que la Bulgarie, c'est-à-dire le pays le plus pauvre de l'Union Européenne, alors qu'on savait...
Oui, mais quand vous comparez, pardon, c'est facile de dire qu'on est mauvais en tout. On peut le dire, on peut dire que tous les matins, on est mauvais en tout. Mais quand vous comparez avec la Grande-Bretagne, qui passe le cap des 100 000 morts, quand vous voyez l'évolution de l'épidémie en Allemagne ces dernières semaines, quand vous voyez ce qui s'est passé en Italie, vous avez l'impression qu'on est les plus nuls ?
Mais je ne joue pas à compter, je ne joue pas à compter. Mais c'est vous qui comparez, c'est vous qui dites qu'on n'est pas bon. Mais parce qu'on a tout raté, et que lorsque vous regardez, il suffit de regarder la vaccination, sur l'intégralité des pays les plus développés de l'Union Européenne, on arrive systématiquement en bas du tableau. Marine Le Pen était sur votre antenne le 13 décembre dernier, c'est-à-dire trois semaines avant le début de la campagne de vaccination. Elle l'a dit, la vaccination...
Marine Le Pen qui a aussi dit qu'elle hésitait à se faire vacciner.
Elle a le droit, elle a le droit.
Vous nous expliquez qu'il faut absolument vacciner, et une responsable politique très écoutée, qui est arrivée deuxième à l'élection présidentielle, dit j'hésite en décembre, j'hésite en décembre.
En décembre, alors que nous avions uniquement les communiqués des laboratoires, et que M. Fischer lui-même, M. Vaccin du gouvernement, a indiqué que pour l'instant, le gouvernement continuait de commander un certain nombre d'études, mais que nous n'avions que les communiqués de Pfizer. Donc pardon de ne pas se faire vacciner sur la base d'un communiqué de Pfizer. Nous avons toujours défendu le libre-arbitre, mais elle était sur votre antenne le 13 décembre.
Elle a dit que la vaccination allait être un défi logistique majeur, et qu'il fallait, dès à présent, comme c'était le cas dans d'autres pays dont vous avez parlé, qui ont des meilleurs résultats que nous, et notamment l'Allemagne, soit réquisitionner des boîtes de logistique, donc c'est la spécialité, soit réquisitionner l'armée. Mais quand je vois aujourd'hui que des patrons d'EHPAD sont obligés eux-mêmes, avec leur voiture, avec leur glaciaire, d'aller chercher des vaccins, comme ça a été le cas il y a quelques jours pour un patron d'EHPAD dans les Alpes-Maritimes, elle dit « je suis obligé parce que je n'ai pas d'information de l'ARS d'aller chercher des vaccins ».
Oui, ça pose la question de la débâcle logistique dans laquelle nous sommes plongés, et je dis que maintenant il faut regarder à terme, réfléchir à des alternatives au confinement. On a totalement abandonné la recherche de traitements. Jordan Bardella. On a abandonné, pardon, juste je termine, on a abandonné la recherche de traitements, alors même que l'Allemagne vient de passer commande de 200 000 doses, un traitement qui avait été utilisé par le président américain, pourquoi est-ce qu'on a abandonné la recherche d'un traitement ?
Jordan Bardella, encore deux mots sur le confinement, et ceux qui le contestent, le hashtag vous le savez, « je ne me confinerai pas » a été partagé sur les réseaux sociaux, d'autres appellent à une journée de désobéissance civile. Deux questions, est-ce que vous comprenez ces mouvements-là, pour commencer ? Et deuxième question, est-ce que vous redoutez que les Français ne consentent plus au confinement ?
Oui, je le comprends. Est-ce que ça ne veut pas dire que j'appelle à... Tout le monde doit être responsable.
Est-ce que vous appelez la désobéissance civile ?
Mais je n'appelle pas la désobéissance civile. Mais admettez que depuis un an, les Français, ils ont tout accepté, et qu'aujourd'hui, ils sont rincés. Qu'on a mis à l'arrêt l'économie. Qu'on a mis à l'arrêt des entreprises qui représentaient, pour de nombreux Français, des années de sacrifice. Quand on voit que 45% des entreprises, aujourd'hui, pourraient ne pas rembourser le prêt garanti par l'État.
Quand on voit que des entreprises, aujourd'hui, sont en train de couler, de mettre la clé sous la porte, parce qu'ils ont 1500 euros d'aide, quand ils ont 15 000 euros de charge, qu'ils doivent continuer de payer le loyer, qu'ils doivent continuer de payer le reliquat du chômage partiel, que beaucoup de chefs d'entreprise...
Que beaucoup de chefs d'entreprise, bien sûr,
que beaucoup de chefs d'entreprise sont obligés, notamment des restaurateurs, sont obligés de reprendre des petits boulots le soir. Vous comprenez le désespoir, mais est-ce que vous appelez...
Parce que là, on va probablement aller vers un reconfinement. Est-ce que vous appelez les gens à ne pas se reconfiner, ou il faut respecter les règles ?
Je dis, enfin, c'est ensemble qu'on va évidemment sortir de cette crise, il faut que chacun soit responsable, mais franchement, moi, je dis attention avec la démocratie des experts. Attention avec les projections qui sont faites. Je vous rappelle qu'au mois de novembre, l'Institut Pasteur nous expliquait que quoi qu'on fasse, on arriverait vers 9 000 admissions en réanimation, on en a eu heureusement que 5 000, qu'après les faits, on nous avait expliqué que les Français seraient irresponsables, et que ça serait la flambée de l'épidémie, et qu'on serait reconfinés une semaine plus tard.
Donc je dis, attention avec la démocratie des experts, les médecins conseillent, mais les politiques décident. Et les Français ont été extrêmement résilients depuis le début de cette crise, donc il faut leur faire confiance, il faut qu'on se mette autour de la table pour réfléchir à des alternatives au confinement, parce que ce stop-and-go pendant des mois et des mois, il va finir par nous tuer.
Il y a un médecin expert dont vous vous êtes inspiré, Jordan Bardella, il y a quelques mois, vous étiez à ce micro, le 28 mai dernier, vous vous rappelez ce que vous avez dit ? Didier Raoult, c'est le sanitairement incorrect, il est peut-être à la médecine ce que nous sommes, à la politique, vous rediriez ça aujourd'hui ? Vous avez parlé trop vite.
Non mais j'ai dit que le professeur Raoult avait été conspué, mis sur le banc, mis en accusation, parce qu'il avait eu pour certains le malheur d'essayer de trouver un traitement, qui marche ou non, je ne suis pas médecin pour le dire, sur le coronavirus, et qu'effectivement il avait tout fait pour soigner, tel qu'il avait prêté le serment sur le serment d'Hippocrate.
Il est à la médecine ce que nous sommes, à la politique.
Je sais que ça fait jaser pendant six mois, mais j'ai dit qu'il était sanitairement incorrect, comme nous, nous étions politiquement incorrects. Maintenant, est-ce que la chloroquine fonctionne ou non, son traitement fonctionne, ce n'est pas à moi de le dire. En revanche, il faut effectivement qu'on continue de mettre beaucoup de moyens dans la recherche de traitements, comme le font de nombreux autres pays d'ailleurs.
Allez, ouvrons le... Allez, reconnaissez que vous avez buggé. Oui ? Non ? Vous ne le reconnaissez pas ? Non, je vous dis que nous... Léa vous demande si vous aviez buggé au mois de mai.
Que nous étions politiquement incorrects, comme lui était sanitairement incorrect. Voilà.
Allez, on va passer. Voilà, on va passer au chapitre du séparatisme. Le projet de loi renforçant les principes de la République arrive dans l'hémicycle lundi, lundi 1er février. Neutralité du service public, lutte contre la haine en ligne, contrôle des associations, plus de transparence dans le financement des cultes, lutte contre les certificats de virginité, la polygamie, les mariages forcés. Voilà quelques-unes des mesures que comprend ce projet de loi. L'ERN va-t-il voter ce texte et le soutenir ?
Nous allons présenter, après-demain, Marine Le Pen présentera avec des parlementaires du Rassemblement un contre-projet de loi. Ce texte va dans le bon sens sur un certain nombre de points. Vous avez parlé des certificats de virginité, des mariages forcés, du contrôle des associations. Et d'ailleurs, on se rend compte de quelle manière l'islam politique a entraîné un recul absolument moyen-âgeux et spectaculaire des mœurs et de nos us et coutumes dans notre pays. Le grand écrivain algérien, Boalem Sensal, fait un parallèle entre la situation de la France aujourd'hui et la situation de l'Algérie dans les années 80.
Il dit que les compromissions d'un certain nombre d'élus, la manière dont on a fermé les yeux depuis des années sur la montée du fondamentalisme islamiste, a mis la France aujourd'hui à l'heure islamique. Et je crois que...
Est-ce qu'aujourd'hui, on a ouvert les yeux ? Est-ce que ce texte va dans le bon sens ?
On a du mal, en tout cas, à nommer le mal. Après l'attentat de Samuel Paty et l'effroi que cela avait provoqué dans la classe politique, le président de la République avait eu le mérite de nommer le mal l'islamisme. Mais enfin, il s'est très, très vite dégonflé. Lorsqu'on passe d'un projet de loi contre l'islamisme à un projet de loi qui vise à conforter les principes républicains, qui ne met pas en cause à une seule reprise, pas en cause à une seule reprise dans ce texte, l'islamisme. Camus disait, mal nommé les choses, c'est ajouter du malheur au monde.
Tout est fait pour lutter contre l'islamisme politique. Là, vous jouez avec les mots. Quand on contrôle les associations, quand on...
Non mais d'accord, mais est-ce que l'essentiel... La polygamie, les mariages forcés, Pardon, mais l'essentiel n'est pas fait.
Les certificats de virginité.
Est-ce qu'on ferme les mosquées radicales dont on sait qu'on prêche aujourd'hui la haine de la France, des femmes, des juifs, des homosexuels, de nos valeurs de civilisation ? Est-ce qu'on ferme ces mosquées radicales ? Non. Est-ce qu'on expulse de notre territoire des gens qui sont de nationalité étrangère et qui sont fichés pour radicalisation ? Non. Est-ce qu'on met en place des contrôles ou des restrictions avec les Etats aujourd'hui où l'islamisme est une religion d'Etat ? Non, ça n'est pas fait. Bon. Alors, qu'est-ce que vous proposez ? Donc, l'essentiel n'est pas fait.
Nous manquons encore aujourd'hui d'un certain nombre d'éléments, et notamment d'éléments juridiques, pour permettre, par exemple, aux chefs d'entreprise, on sait que les chefs d'entreprise sont confrontés de manière de plus en plus massive à des revendications politico-religieuses au sein de l'entreprise. Donc, nous allons proposer de permettre que les chefs d'entreprise inscrivent dans le règlement intérieur de leur entreprise la possibilité de la neutralité religieuse, la possibilité de faire entendre la laïcité, et notamment, s'ils le souhaitent, d'interdire le port de signes ostentatoires, comme c'est aujourd'hui le cas dans les écoles.
Parce que, moi, j'ai vu certains députés de la majorité, j'ai vu Mme Berger, par exemple, avec qui j'ai beaucoup de désaccords politiques, mais essayer au moins de prendre en compte cette idéologie dans le cadre du projet de loi, en proposant notamment d'interdire le port du voile dans l'espace public pour les petites filles. Le voile, ce n'est pas juste un vêtement, ce n'est pas juste un tissu, c'est un outil militant d'affirmation politique, de sécession dans l'espace public avec les valeurs de la République. Et lorsqu'on voit effectivement la manière dont un certain nombre de responsables de la République en marche, comme M.
Castaner, que vous avez reçu d'ailleurs, se sont couchés sur ce texte, ça en dit long sur la manière dont on conçoit aujourd'hui la lutte qu'il faut mener contre le fondamentalisme islamiste. Encore une fois, l'essentiel n'y est pas, et donc nous allons proposer, nous, un certain nombre de dispositifs pour mettre au banc de la société si on a possibilité de voter au cas par cas des articles qui vont dans le bon sens, comme le contrôle des financements des associations, nous le ferons.
Mais d'une manière générale, on a un peu le sentiment que le gouvernement a la main molle, qu'il souhaite négocier aujourd'hui avec les islamistes, comme ça a été le cas avec cette charte de la laïcité dont un certain nombre d'associations n'ont pas souhaité la signer, qu'est-ce qu'on fait maintenant avec ces associations ?
On a donc des associations qui ne sont pas des associations républicaines, qui sont des associations islamistes, comme les Miligourus, comme le mouvement Foi et Pratique qui est le mouvement du Tablir, qui est l'une des revendications les plus radicales de l'islam dans le monde, qui sont aujourd'hui organisées, structurées en associations et qui refusent de signer la charte de la laïcité. Eh bien, ces associations, il faut les dissoudre. Donc, comme M. Darman, on a essayé d'avoir la main moche et prennent un certain nombre de mesures
pour lutter contre le fondamentalisme. À dissoudre. Gérard, au standard depuis Nice. Bonjour et bienvenue. Bonjour, merci de m'accueillir. Je vous en prie.
J'aimerais savoir, au point idéologique, en quoi votre mouvement issu du Front National se distingue-t-il de Génération Identitaire et de son positionnement ?
Merci pour cette question. Jordan Bardella vous répond sur le groupuscule Génération Identitaire.
Le Rassemblement National est un mouvement politique qui a vocation à arriver aux responsabilités dans quelques mois et qui accueille en son sein tout Français, sans distinction de race, d'origine, de religion, qui aime notre pays, qui souhaite se battre, qui souhaite la défendre. C'est un message qui est entendu, d'ailleurs, par l'ensemble de nos compatriotes, en dépit des caricatures qui ont été faites pendant de nombreuses années sur le Rassemblement National. Je vous rappelle, d'ailleurs, qu'aux élections européennes, comme aux présidentielles, nous étions en tête, en Outre-mer, auprès de nos compatriotes ultramarins.
Génération Identitaire est une association de jeunes qui militent pour défendre l'identité française, mais qui n'a pas de lien juridique, administratif avec le Rassemblement National.
Alors, on va poser la question différemment de l'auditeur. Et qui fait de l'agite propre, d'ailleurs. Quel point commun vous avez avec Génération Identitaire ?
Je ne sais pas, on n'a pas de point commun avec Génération Identitaire. Génération Identitaire est un mouvement activiste, c'est un mouvement militant qu'on a beaucoup cherché, d'ailleurs, à caricature, à discuter ces derniers jours. M. Darmanin dit les actions de Génération Identitaire me choquent, ce n'est pas ce que dit la justice. Moi, je suis respectueux de l'État de droit. Et je ne dis pas une association, elle m'exaspère, donc je souhaite la dissoudre. Nous, nous sommes très respectueux de l'État de droit.
Donc, quand Génération Identitaire utilise des drones pour surveiller les migrants à la frontière, vous trouvez ça bien ?
Écoutez, la justice, il y a eu un certain nombre de procédures qui ont été engagées contre en justice, notamment par des associations d'extrême gauche. Or, il s'avère que tous ces recours sont tombés à l'eau puisque la Cour d'appel de Grenoble a totalement mis hors de cause Génération Identitaire. Et je ne crois pas que dérouler des banderoles, si vous voulez, avec marqué non à l'immigration soit une mesure à porter atteinte à la sécurité nationale. Donc, il ne faut pas le dissoudre. Et en tout cas, qu'on nous donne à ce moment-là des éléments factuels et juridiques qui peuvent nous permettre de dire que Génération Identitaire menace la sécurité nationale.
Allez, on retourne, s'il vous plaît. Mais oui, quand le gouvernement nous parle de dissoudre Génération Identitaire, j'aimerais bien qu'on nous parle par exemple de la dissolution des milices d'extrême gauche qui, eux, viennent régulièrement dans les manifestations casser, attaquer nos forces de l'ordre et évidemment avec une volonté de saboter et de porter atteinte à l'État et à la sécurité nationale.
On retourne au standard. Serge, depuis Vannes, je crois, la belle ville de Vannes. Oui, tout à fait.
Bonjour, France Inter. Donc, quel message le Front National veut-il faire passer en s'affichant avec Trump qui affichait, qui bafouait la démocratie et allumait même la mèche ? Par ailleurs, la rhétorique de monsieur ce matin Bardella des Yaka Faucon n'est-elle pas la rhétorique des vrais C ? Merci, au revoir.
Merci, j'ai pas compris. La rhétorique de quoi ? Des vrais C ? Non, j'ai pas compris
Manifestement, monsieur ne vote pas pour nous. C'est en tout cas ce que j'ai pu déceler. Vous vouliez dire quoi,
Serge ? Je pense que les Yaka Faucon et la rhétorique des vrais Contres. Ah, des vrais C? Je suis sur France Inter. Ah oui, très bien.
Très bien, merci. D'accord, on n'avait vraiment pas compris. Vous aurez bien compris
que je ne pouvais pas discuter qu'il n'avait pas compris. Oui, mais sur le rapport
à Trump, il y a la question de Serge, il y en a une autre sur l'application France Inter. Le Rassemblement National est un mouvement populiste, admirateur de Trump et Bolsonaro. S'ils étaient au pouvoir, nous serions dans la même situation que le Brésil, les Etats-Unis, etc. No comment, dit notre auditeur.
Vous savez, je pense que ce qui nuit à la raison et au débat, il n'y a qu'à Faucon, mais c'est aussi les caricatures, les approximations et parfois les associations de pensée qui sont faites. Pardon, mais nous, nous avions toujours indiqué que, en tout cas, les idées que portait Donald Trump étaient plutôt bon pour les intérêts français. D'ailleurs, je vous rappelle que M.
Biden a décidé de reprendre un certain nombre de grandes idées qui étaient ceux de la politique de Trump, notamment sur le patriotisme économique, les protections qui étaient accordées aux entreprises et beaucoup, d'ailleurs, s'accordent à dire aujourd'hui que le bilan, notamment économique de Trump et en matière de fiscalité, de baisse massive de la fiscalité a été assez bon pour les États-Unis. Je vous rappelle que les salaires les plus bas depuis 40 ans ont augmenté beaucoup plus vite que les salaires les plus hauts. C'est historique. Aucune guerre n'a été déclenchée par le président Trump. Ce qui concerne les États-Unis sont les affaires internes aux États-Unis et au peuple américain.
Maintenant, moi, j'ai un point de vue français et je ne suis pas citoyen américain.
Question au député européen que vous êtes. Les pays du G7 ont condamné la détention politique d'Alexei Navalny en Russie. Vous condamnez aussi cet emprisonnement. vous demandez la libération de Navalny.
Écoutez, moi, je revendique le droit de Paris à Moscou de pouvoir manifester de manière pacifique et de pouvoir défendre ses idées. Le rapport qui a été présenté par la commission a été plutôt nuancé parce qu'il se fait avec un prisme qui était un prisme anti-russe. Maintenant, M. Navalny a droit effectivement au dialogue. Il a droit à l'expression de ses idées et je défends la possibilité de pouvoir tout dire quel que soit le pays, quel que soit le système politique.
Donc, vous ne demandez pas sa libération ce matin ?
Écoutez, il y a une procédure qui est en cours au niveau russe. Je ne connais pas les détails de cette enquête. Je crois qu'il y a une enquête qui est en tout cas engagée contre lui par la justice russe. Donc, je ne me mets pas à la place de la justice russe. Maintenant, je considère qu'il a le droit de manifester et qu'effectivement la manière dont a été réprimée cette manifestation peut choquer.
Au standard, vos propos sur le port du voile font réagir. Hervé, bonjour, bienvenue. Oui,
bonjour. Bonjour France Inter. Monsieur Bardella, vous proposez l'interdiction du port du voile dans les espaces publics ce qui serait une modification des lois sur la laïcité. Seriez-vous prêt à faire donc à étendre cette recommandation pour la kippa ou pour le port d'une croix ostensible dans les lieux publics ?
Bien compris Hervé, merci Jordan. Bardella vous répond
rapidement s'il vous plaît. Nous nous souhaitons étendre de manière très claire la loi de 2004 qui est aujourd'hui en vigueur à l'école sur l'interdiction des signes ostentatoires sur l'intégralité de la sphère publique. Donc évidemment, monsieur, l'intégralité des signes religieux et je ne parle évidemment pas du personnel religieux qui aura évidemment toute la latitude pour pouvoir travailler et pour pouvoir évidemment exercer le culte.
Interdire les signes religieux en entreprise, c'est une de vos propositions.
Donner en tout cas la possibilité aux chefs d'entreprise de pouvoir effectivement faire respecter la laïcité. Interdire tous les signes religieux. Bien sûr, comme c'est le cas aujourd'hui à l'école. C'est une loi qui a été votée en 2004 et qui prévaut aujourd'hui à l'école et qu'on souhaite nous étendre à l'intégralité de l'espace public parce qu'aujourd'hui c'est le voile en l'occurrence qui est le vêtement qui pose problème aujourd'hui parce que c'est un vêtement militant qui souhaite faire sécession avec non plus seulement la République française mais avec la France
en son ensemble. Jordan Bardella, Marine Le Pen est candidate pour la présidentielle. C'est la troisième fois. Comment vous allez faire campagne quand les comptes du parti sont au rouge entre 15 et 20 millions d'euros de dettes et qu'il faut 1. les rembourser 2. trouver 30 millions pour financer les prochaines campagnes les régionales la présidentielle les législatives.
Nous sommes confrontés à un problème qui est maintenant récurrent et que les français doivent savoir c'est l'impossibilité pour le rassemblement national à chaque campagne et nous sommes les seuls concernés à trouver un prêt de la part des banques françaises y compris d'ailleurs des banques européennes. Donc nous devons effectivement faire un certain nombre d'emprunts qui seront remboursés. Nous avons tout un étalement du remboursement de nos dettes qui est prévu. Il n'y a absolument aucun souci à ce niveau-là. Je note juste qu'un sondage qui est sorti ce matin sondage Arris Interactive place Marine Le Pen au second tour à 48% au second tour l'élection présidentielle face à Emmanuel Macron
ce qui veut donc dire
que la victoire est possible que les idées que nous défendons que ce soit sur la fermeté en matière pénale sur le retour au patriotisme économique le localisme la proportionnelle aux élections toutes ces grandes idées sur lesquelles nous sommes entendus depuis des années n'ont jamais été autant d'actualités dans le débat et nous comptons bien effectivement remporter l'élection préhensionnelle.
Dernière question Jordan Bardella vous y allez en Ile-de-France au régional ?
Ma décision est prise nous avons annoncé cette semaine une partie en tout cas de nos têtes de liste régionales et nous ferons connaître la suite dans les prochains jours
ça veut dire quoi ça ?
Vous y allez ou pas ?
Ma décision est prise ?
Ça veut dire que ma décision est prise et que nous ferons connaître cette décision comme celle de l'autre moitié de nos régions d'ailleurs que nous n'avons pas annoncé dans les prochains jours ça fait un an
que Gérald Darmanin vous bloquait sur Twitter c'est plus le cas ?
Oui j'ai été bloqué j'ai dit à vos confrères que j'étais bloqué sur Twitter donc je devais le suivre depuis le compte du Rassemblement National mais plus avec mon compte personnel puisqu'il m'avait bloqué et manifestement les tweets de vos confrères ont aidé puisqu'il m'a débloqué donc je suis content de pouvoir suivre l'activité du ministre de l'Intérieur
Merci Jordan Bardella vice-président du Rassemblement National député européen d'avoir été au micro d'Inter ce matin France Inter
Jordan Bardella