Macron : un big bang et des couacs #cdanslair 12-05-2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 3:13OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce couac est un couac entre Emmanuel Macron et François Bayrou ?
- 4:13OuverteRéponse partielle
La politique c'est l'art de composer ?
- 7:11RelanceRéponse partielle
Si on dit qu'il ne cède trop facilement, on dira qu'il est mou, qu'il est faible. Si il passe en force, qu'il est trop tranchant, quel est votre sentiment ?
- 10:42OuverteRéponse directe
Vous avez vu des images d'Emmanuel Macron cette semaine ? Que fait-il ?
- 17:21RelanceRéponse partielle
Accord d'appareil nié, puis avoué. Discussion de marchands de tapis pour les circonscriptions. Où est le changement annoncé ?
- 33:59OuverteRéponse directe
Que peut espérer Jean-Luc Mélenchon à ses législatives ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:37PrésentateurFait
« Les engagements pris par Emmanuel Macron sont tenus. En tout cas pour ce qui concerne ses 418 ou 428 premiers candidats aux législatives. »
- 2:43PrésentateurFait
« Il avait dit 50% de sociétés civiles, 50% de femmes. L'engagement est tenu. »
- 3:46PrésentateurChiffre
« Un groupe parlementaire c'est 15 députés. »
- 4:46PrésentateurChiffre
« François Bayrou estime qu'il est un faiseur de roi. Il estime qu'on doit lui rendre tout ce qu'il a apporté, en l'occurrence 6%. »
- 14:51Invité politiqueFait
« M. Bayrou a eu l'occasion de le dire sur le plateau de France 2 le 22 février. Il n'y a pas d'accord d'appareil. »
- 17:41PrésentateurFait
« Quand il faut bâtir une majorité, on fait comme d'habitude. »
- 17:53PrésentateurFait
« Il y avait un deal entre Bayrou et Macron, sur un nombre de circonscriptions. »
- 19:50PrésentateurFait
« Bayrou n'a rien obtenu en échange. »
- 34:49InvitéFait
« Nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahis pendant 5 ans. »
- 34:55InvitéFait
« Nous allons tourner la page des gens qui ont imaginé la déchéance de la nationalité. »
- 37:03PrésentateurFait
« Jean-Luc Mélenchon évite d'affronter le Front National. »
- 37:07PrésentateurFait
« À Marseille, le FN est surtout implanté dans les quartiers nord. »
- 37:52PrésentateurFait
« Quand on regarde la circonscription, c'est une circonscription de gauche. »
- 38:51PrésentateurFait
« Le seul problème pour lui, c'est que celui qui est en train de remplacer le PS actuellement, c'est quand même plutôt en marche avec Emmanuel Macron. »
- 39:29PrésentateurFait
« Jacques Chirac a commencé par être parachuté en Corrèze avant de devenir l'archétype de l'élu corrésien. »
- 39:36PrésentateurFait
« Alain Juppé était parachuté à Bordeaux. »
- 39:39PrésentateurFait
« Raymond Barre avait été parachuté à Lyon. »
- 39:43PrésentateurFait
« François Hollande parachutés en Corrèze. »
- 40:10PrésentateurFait
« Il y a une charge symbolique très forte dans cette élection, pas seulement parce que c'est Marseille, mais parce qu'au fond, il va affronter le Parti Socialiste dans un de ses bastions. »
- 40:23PrésentateurFait
« L'obsession de Jean-Luc Mélenchon dans cette élection présidentielle, c'était de prendre la place du Parti Socialiste, de faire du front de gauche la principale force d'opposition de gauche. »
Temps de parole
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- ?3 %
- Invité3 %
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Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Les lendemains de fête sont parfois difficiles. Ainsi, quatre jours à peine après avoir remporté la présidentielle, Emmanuel Macron doit affronter une première crise politique. Un désaccord de fond avec son allié François Bayrou au sujet de la première liste d'investiture aux législatives présentée par le mouvement En Marche. Rien d'insurmontable, a priori. Mais la colère de Bayrou gâche un peu l'opération nouveau visage du président tout juste élu. Cette campagne des législatives ne sera de toute façon pas facile. Mais ce n'est rien à côté des tout premiers défis qui attendent Emmanuel Macron.
La nomination d'un Premier ministre dès lundi et d'un gouvernement dans la foulée. Si les choses sérieuses commencent pour le chef de l'État, que dire des partis vaincus ? Le Front National est en crise ouverte. Après le départ de Marion Maréchal Le Pen et les menaces de Florian Philippot, la droite cherche à éviter l'implosion. Le PS est en ruine. Et Jean-Luc Mélenchon s'est lancé dans un pari compliqué à Marseille. Ce premier couac, je le disais, entre Macron et Bayrou ne doit pas cacher la réalité. C'est bien un big bang politique qui s'est produit dimanche dernier. On en parle avec nos invités ce soir. Jean Garrigue, vous êtes historien, spécialiste de la vie politique.
Vous présidez le comité d'histoire parlementaire et politique. Vous enseignez à l'université d'Orléans et à Sciences Po Paris. Votre dernier livre, Élisée Circus, s'est publié chez Talendier. Mathieu Croissando, vous êtes directeur de la rédaction de l'Obs. Votre magazine propose cette semaine un numéro spécial Macron Président, les 100 avec qui il veut réformer la France. Cécile Cornulet, vous êtes éditorialiste politique aux Echos. Votre édito aujourd'hui est consacré à Emmanuel Macron avec ce titre. La méthode forte ne marche pas. Guillaume Tabard, vous êtes éditorialiste politique au quotidien. Le Figaro qui fait sa une sur les législatives. Face à Macron, la droite résiste.
Bayrou se cabre. Et on vous retrouve également sur Radio Classique. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. C'est pas facile de tout changer en quatre jours. Emmanuel Macron veut refonder la politique. Mais il rencontre déjà des obstacles. Jean Garrigue. C'est le retour aux réalités du terrain. Il faut quand même reconnaître,
pour
ne pas l'oublier, que les engagements pris par Emmanuel Macron sont tenus. En tout cas pour ce qui concerne ses 418 ou 428 premiers candidats aux législatives. Il avait dit 50% de sociétés civiles, 50% de femmes. L'engagement est tenu. C'est vrai qu'il y a une majorité pour l'instant d'anciens ou d'élus sortants du Parti Socialiste qui ancrent quand même plutôt ses candidats dans la gauche, dans la tradition de la gauche. Mais au fond c'est assez normal. Il vient de cette famille politique. Alors là il est confronté évidemment à un couac. Est-ce que ce couac est un couac entre Emmanuel Macron et François Bayrou ?
Est-ce que c'est un couac à l'intérieur d'En Marche entre Emmanuel Macron et son état-major ? Et éventuellement le conseil de sélection de Jean-Paul Delevoye, qui ne s'appelle pas comme ça d'ailleurs. Est-ce que ce sont des promesses un peu à l'emporte-pièce qui n'ont pas été tenues ?
Ce
qu'on sait en tout cas c'est que pour François Bayrou c'est très important d'avoir un groupe parlementaire.
Pour
des raisons à la fois... Un groupe parlementaire c'est 15 députés. 15 députés. Pour des raisons à la fois bassement matérielles. Mais aussi parce qu'il ne faut quand même pas se le cacher, pour François Bayrou l'idée derrière tout ça c'est quand même de recréer un centre dans la tradition démocrate chrétienne dont il est le dépositaire. Il y a quelque chose, je veux dire qu'il
y a
un projet politique aussi derrière ça. Et pour lui c'est important d'avoir une forte représentation parlementaire. Bon alors la politique c'est l'art de composer ?
C
'est l'art de composer bien sûr, c'est l'art de créer en l'occurrence. Parce que tout ceci a un cadre, c'est le fait que ce mouvement n'existait pas encore il y
a
un an, le fait qu'il
n'y ait
aucun député aujourd'hui. Et quand il y
a
une feuille vierge, quand il
y a
une page blanche à remplir, tout le monde se dit je vais essayer d'en mettre le maximum. Si on était dans une négociation classique d'appareil à appareil avec des députés sortants, je pense que les prétentions des uns et des autres seraient moindres. Après c'est normal pour chacun. François Bayrou estime qu'il est un faiseur de roi. Il estime qu'on doit lui rendre tout ce qu'il a apporté, en l'occurrence 6%, puisqu'il a calculé que quand il a rejoint Emmanuel Macron, celui-ci était à 18% dans les sondages. Et il fait l'addition avec son score du premier tour, investiture dans une centaine de circonscriptions.
Il
fait aussi monter les enchères. On est dans un rapport de force classique. C'est de composer, la politique c'est l'art de composer, c'est l'art du rapport de force aussi. Et donc là, il fait monter les enchères. Je pense qu'il a été légitimement déçu et il essaie de mettre tout son poids dans la valence. D'autant que ça se joue maintenant pour lui. Et le rapport de force,
ça
va se tendre assez vite, parce qu'il ne peut pas aller très loin non plus, François Bayrou. On sait que ça serait compliqué pour lui, s'il claquait la porte, de trouver du soir au matin, 577 députés à investir aux législatives. Il n'en a pas les moyens. Donc on est dans un rapport de force. Alors après, ce qu
'il y a
eu des couacs côté Macron, c'est possible aussi. En tout cas, si on regarde les choses politiquement, ce n
'est
pas un mauvais signal que Macron envoie à la droite en essayant de rabaisser un petit peu les prétentions de François Bayrou. C'est surtout le signe d'une profonde demande de renouvellement, on l
'a
souligné. Mais ensuite, d'accord, qui se constitue la semaine prochaine. C'est ça qu'il faut surveiller, c'est les 140 circonscriptions qui vont être attribuées. En 4 jours, il a braqué son principal allié, François Bayrou. Il a aussi humilié Emmanuel Valls. Est-ce qu'il est trop tranchant
? Je
pense que le problème d'Emmanuel Macron, c'est que finalement, il commence par un passage obligé qui est pour lui le plus difficile. La politique. Il a pas arrêté de dire que lui ferait la politique autrement. Or là, comme il est obligé d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale, sinon ce qu'il a fait ne sert à rien, il crée un parti, il fait ses accords d'appareil, et on voit que la politique, même sous Macron, c'est de la politique. C'est des coulisses, c'est des alliances, c'est des couacs. Donc c'est ça qui est très compliqué pour lui. Et en plus, et en même temps, si je pourrais dire, dans cette période, il sait que les premières images vous suivent longtemps, c'est très important.
Il veut être l'anti-Hollande, d'autant plus que Hollande lui fait beaucoup de m'amour. Il veut être tranchant, il veut montrer qu'il décide, qu'il n
'est
pas dans la synthèse, et sans doute que vis-à-vis de Emmanuel Valls, il a laissé ses proches fermer la porte à Emmanuel Valls. Disons que, comme il vient pas de la politique, comme il a besoin de se démarquer de François Hollande, c'est difficile de trouver le bon curseur pour savoir comment traiter ses partenaires. Guillaume Tabard, si on dit qu'il ne cède trop facilement, on dira qu'il est mou, qu'il est faible. Si, évidemment, qu'il passe en force, comme on a le sentiment aujourd'hui, qu
'on
dit qu'il va trop loin, qu'il est trop tranchant, quel est votre sentiment ? Certains, dont nous sommes peut-être, disent qu'il va trop loin, qu
'il
est maladroit. Mais Emmanuel Macron, il s'adresse à l'opinion. Et il ne
faut
pas oublier que je pense qu
'il
a un objectif, trois objectifs, mais qui sont liés les uns aux autres. Le premier, c'est de montrer qu'il incarne vraiment une ère nouvelle de la politique.
Le
deuxième qui en découle, c'est d'obtenir une majorité absolue autour de lui, et non pas à une coalition politique. Et enfin, troisième objectif, pour cela, il lui faut casser les camps. Casser le PS, il l
'a
déjà fait, maintenant il veut casser la droite. Et donc, l'attitude qu'il a à l'égard de Manuel Valls
et
de François Bayrou participe de cet objectif. Parce que Manuel Valls, c'est qui ? C'est le premier ministre sortant de François Hollande. Et Cécile vient de le rappeler, Macron veut se décoller de François Hollande. François Bayrou, c'est qui ? C'est le meilleur ciment de la droite. On l'a vu aux primaires. Pourquoi Juppé a perdu la primaire ? Parce que Sarkozy avait réussi à l'image. Juppé, c'est Bayrou, décidément.
Bayrou, c'est un
épouvantail. C
'est un
épouvantail de la droite. Or, Macron pour l'instant, il veut séduire la droite. Donc, en humiliant délibérément Manuel Valls, il a montré qu'il ne voulait rien devoir à l'ancien régime, si on peut dire.
Et en
prenant, je veux dire, en humiliant de cette manière ainsi délibérément François Bayrou, même s'ils vont sans doute trouver un moyen de trouver un accord, il montre à la droite qu'il n'est pas dépendant de Bayrou. Donc vous, vous avez le sentiment qu'il gère bien son affaire, contrairement à ce qu'on... Je pense que tout ça est très, très calculé.
Jean
Garrigue
? C
'est possible que ce soit calculé qu'il y
ait
un partage des rôles. Parce qu'il y a eu une négociation initiale avec François Bayrou, qui s'est faite sur les hauteurs de la moralisation, de la socialisation de son programme, etc. Et puis ensuite, quand on a mis les mains dans le cambouis, on voit bien que là, effectivement, il y a une image à cultiver, qui est une image d'autorité. On l'a montré d'ailleurs dès la cérémonie au soir du 7 mai. Et puis, une image aussi, je dirais, de renouvellement. Donc François Bayrou, en tant que représentant du vieux monde, de l'ancien monde, lui, il impose de nouvelles manières de faire fonctionner la politique, de faire une nouvelle méthodologie, y compris dans la sélection des candidats.
Ce ne sont plus des négociations d'appareils ou des négociations entre des chefs de clan. C'est une sélection par un comité, etc. d'évaluation. Et puis, c'est un tri à travers. Il faut quand même le rappeler, cette nouveauté d'avoir la moitié des candidats qui n'ont pas de mandat électif. Cécile Candidé. Ce qui me paraît moins calculé, moi, c'est vis-à-vis de la droite. J'ai le sentiment que ça n
'a pas
été aussi vite, le Big Bang, que ce qu'il espérait. Il pensait que son score de 66,1% presque automatiquement provoquerait un afflux de candidatures chez lui. Et en filigrane, ce qu'il y a derrière la conférence de presse d'hier, c'est un échec de ce point de vue-là. S'il donne six jours de plus aux députés de droite pour faire le conso, c'est bien parce qu'ils attendent un Premier ministre de
droite.
D'ailleurs, d'une certaine façon, il se lie un petit peu les mains parce qu'en gros, il admet qu'il n'a pas pu clore sa liste hier. Et il admet qu'il est un peu obligé maintenant de nommer un Premier ministre de droite. Juste une question avant de regarder ensemble le premier reportage. Vous avez vu des images d'Emmanuel Macron cette semaine
? Non,
c'est... Que fait-il ? Il est totalement... On l
'a
vu au Luxembourg, à côté de François Hollande, mercredi. Et on l
'a
vu le 8 mai au... C'est tout. Mais oui. Est-ce que c'est tout à fait volontaire, ça, cette communication minimaliste ? C'est tout à fait volontaire. Emmanuel Macron théorisait un vieux précepte de Jacques Pilan, qui avait été conseillé, on le sait, de François Mitterrand, puis de Jacques Chirac. Il voulait raréfier la parole présidentielle. Il veut faire l'inverse des deux princes et d'un quinquennat, avec
un
président qui a dit beaucoup de choses à beaucoup de journalistes, François Hollande, et puis un président qui commentait perpétuellement son action, qui était Nicolas Sarkozy. Il a tellement théorisé ça qu'il voulait même l'appliquer dès le lendemain du premier tour.
Je
ne
sais
pas si vous vous souvenez, on ne l'a pas vu, parce qu'il disait ma parole de se raréfier. Et dans son entourage, certains lui ont dit, avant de se raréfier, il
faut
d'abord se faire élire. Donc il faut peut-être voir un peu les choses. Ça traduit surtout un incroyable goût du secret et un incroyable verrouillage de ses proches. De ce point de vue-là, ça force un peu l'admiration et la frustration énorme des journalistes, parce que quand vous avez une élection comme ça, avec beaucoup de gens qui commencent à être dans la boucle, qui montent des majorités, qui passent des deals, des coups de téléphone, d'habitude, pour notre plus grandeur, ça fuit, et puis on peut raconter des belles histoires, faire
un
récit, voilà. Et là, force est de reconnaître qu'on ne sait rien. Alors les proches, beaucoup de proches ne sont même pas dans leur confidence. On peut dire, c'est formidable, quelle belle opération, il tient bien ses troupes. On peut dire aussi, c'est un exercice du pouvoir assez solitaire et une prise de décision qui relève uniquement de lui. Le
gouvernement,
il le fait en tête à tête avec son principal conseiller, qui sera sans doute le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Colleur.
Ils
sont tous les deux dans... Quand il a des messages à faire passer aux personnalités de la droite, c'est par Alexis Colleur. Ils sont tous les deux dans le bureau à préparer la suite. Cette première semaine post-second tour est donc chaotique. François Bayrou est furieux depuis l'annonce des candidats aux législatives. Il estime que son mouvement, le Modem, est sous-représenté. Le président à peine élu veut malgré tout promouvoir ses bébés en marche. Cette nouvelle vague qui doit incarner le renouvellement de la classe politique. Barbara Aztec, Gladys Léafit, Clément Voyer.
Cherazade Boulkroun est un des nouveaux visages de la République en marche.
Hier,
cette chercheuse en biologie de 42 ans l'a appris en même temps que tout le monde.
J
'avais eu une première interview il y a trois semaines. Ça laissait quand même supposer que c'était dans les derniers candidats sur ma circonscription. C'est vrai que là, du coup, de la prendre hier, j'étais vraiment heureuse. Dovis en politique. Cherazade Boulkroun a désormais un mois pour convaincre et se faire connaître.
On
a commencé à me voir parce que j'ai été pas mal sur le terrain, à tracter, à faire des opérations, des choses comme ça, donc depuis quatre mois. Mais c'est vrai que non, j'ai pas un vrai ancrage pour l'instant sur la ville d'Ivry et sur
la
circonscription.
Je
me dis que non, du coup, c'est un challenge de devoir en un mois se faire connaître et du coup, ensuite, essayer de gagner.
Pour
elle, tout commence demain. Elle va retrouver les 427 autres candidats investis pour un séminaire de coaching et de média training.
Une
belle image de renouveau, vite ternie, par les déclarations de François Bayrou.
Quelques
heures après l'annonce de la liste des candidats, le patron du modem laisse éclater sa colère.
La
liste des candidats n'a pas l'assentiment du modem.
Pour
lui, les candidats modem ne sont pas assez représentés. Le contrat ne serait pas respecté. Pourtant, il y a quelques mois, François Bayrou se défendait de tout accord.
Je
n'ai jamais discuté de circonscription avec Emmanuel Macron. Une
déclaration que n'a pas manqué de rappeler ce matin le secrétaire général d'En Marche, Richard Ferrand.
M. Bayrou a eu l'occasion de le dire sur le plateau de France 2 le 22 février. Il n'y a pas d'accord d'appareil. Nous avons dit envoyons les meilleurs d'entre nous pour voir comment ensemble on sélectionne la meilleure équipe de France.
Mais
l'explication est peut-être ailleurs. Dans cette équipe, l'équilibre pour le moment penche plutôt à gauche. Alors le mouvement fait savoir qu'il reste des places à prendre sur l'aile droite.
En
ne révélant qu'une partie de la liste, Emmanuel Macron ménage, jupéiste et le mairiste. Pas de candidat pour le moment face à Bruno Le Maire, qui s'est ouvertement déclaré Macron compatible. Idem pour Franck Riester, Thierry Solaire ou encore Gilles Boyer. Une offre nouvelle,
je peux comprendre que certains s'interrogent et ont encore besoin de quelques jours pour affiner leurs décisions et leurs positions. C'est parfaitement respectable.
Pas
de panique, en apparent chez les Républicains, qui tentent de minimiser.
C
'est petite magouille, petite ficelle. La réalité, c'est ça. On a bien vu qu'il y avait des noms qui ont été mis en pâture, d'ailleurs, avec un certain nombre de collègues, pour qui il n'a jamais été question de s'engager à la fois dans une équipe gouvernementale de M. Macron ou de quitter leur famille politique.
Tout
devrait se jouer après la nomination du Premier ministre.
Si
Xavier Bertrand, un temps pressenti à cette semaine, rassurait ses troupes,
le
maire du Havre, Edouard Philippe, en meeting hier soir dans sa ville, laisse planer le doute.
Je
ne sais pas ce qu'il va faire. Personne ne sait ce qu'il va faire.
Peut
-être choisira-t-il la tradition.
Peut
-être choisira-t-il la transgression.
Et
la seule chose que je dis,
c
'est que s'il choisit la tradition, s'il choisit d'incarner sa majorité politique
dans
l'esprit continu de la famille qui l'a fait élire, eh bien, nous regarderons ça avec respect,
mais
avec distance.
S
'il transgressait, eh bien, il faudrait voir.
L
'heure du choix a également sonné pour quelques ministres de François Hollande. Richard Ferrand a précisé ce matin qu'En Marche était prêt à investir Myriam El Khomri, Stéphane Le Foll ou encore Marisol Touraine, à condition qu'ils renoncent à l'étiquette socialiste.
Question SMS. Accord d'appareil nié, puis avoué. Discussion de marchands de tapis pour les circonscriptions. Où est le changement annoncé ? Mathieu Croissando. Alors, d'accord d'appareil, je ne pense pas qu'il y ait été signé, pour le coup, sa patte. Et pour une raison très simple, c'est qu
'il
n
'y a
pas d'appareil vraiment en marche. On sait que c'est un mouvement qui se constitue, mais il
n
'y
a
pas d'appareil. Après, où est le changement ? Non, il
n
'y a pas de changement. Quand il faut bâtir une majorité, on fait comme d'habitude. Maintenant, on est sûr, il y avait bien un deal, contrairement à la fable qu'on nous a racontée pendant la campagne, il y avait un deal entre Bayrou et Macron,
sur un nombre de
circonscriptions. Vous vous souvenez, vous avez vu, comme
nous tous, le
film diffusé par TF1 lundi soir, on le voit expliquer, il ne demande rien, etc.
Il y a un intérêt à le
dire pour faire mal. Il sait que ça fait mal. Après, on n'était pas dans les coulisses. Peut-être qu'il lui dit que ce n
'est
pas vrai. Le plus amusant, enfin, je ne sais pas si le terme est choisi, mais c'est que ce deal, en fait, il existait déjà pour François Bayrou dans la majorité potentielle d'Alain Juppé.
C
'est-à-dire qu'au fond, il y avait déjà pour François Bayrou l'idée de constituer un groupe parlementaire au cas où Alain Juppé aurait été président de la République. Et finalement, il a essayé de transférer cet objectif dans son alliance avec Emmanuel Macron. Je voudrais rajouter une petite chose. Ce qui est, comment dirais-je, en décalage et transgressif, est de l'ordre de la rhétorique et de la sémantique. Regardez de quoi on nous a parlé. On nous a parlé d'entretien d'embauche. On nous a parlé de former une équipe de France. Il y a là, dans cette volonté de transgression rhétorique et sémantique, la différence que veut marquer En Marche. Guillaume Tabard.
Quand deux responsables politiques discutent entre eux,
il
faut toujours aussi essayer d'imaginer leurs arrières-pensées. Et là, lorsque François Bayrou et Emmanuel Macron ont signé ce deal, en tout cas ce deal implicite, il n'était pas sur le papier, mais il était implicite dans leur tête, qu'est-ce qu'ils avaient chacun en tête
?
François Bayrou, il se disait, vous l'avez dit, je vais faire élire Emmanuel Macron. Il va me devoir sa victoire, puisque je vais lui apporter les 4-5% qui lui manquent pour être en tête au premier tour et donc pouvoir gagner au second. Donc, sa victoire, il me la doit. Emmanuel Macron, lorsqu'il avait en face de lui François Bayrou, il se disait quoi ? Il disait François Bayrou, en gros, il n'est plus rien. Depuis 20 ans, il n'a pas eu d'autre ministère que le ministère de la parole. Et ses troupes parlementaires, c'est zéro, sans parler de ses troupes militantes. Et il dit, si je laisse aller à la présidentielle, il fera 7, 8, 9, 10%. Mais, et après, on l
'a
vu d'ailleurs les autres fois, Bayrou n'a rien obtenu en échange. Donc là, Macron se dit, en fait, c'est moi qui rend un avenir politique à Bayrou, puisque je vais lui donner un groupe et, en fait, le ministère de la parole, je vais lui donner peut-être le ministère de la justice pour faire cette fameuse grande loi de moralisation de la vie politique. Donc, Macron se dit aujourd'hui, c'est lui qui est gagnant, même sans les 100 ou 120 membres, donc je ne lui dois rien de plus. Cette
version me paraît
très plausible.
En effet,
connaissons un peu le plan de son
politique. D'autant qu'il
a fait une faute psychologique, manifestement, il a très souvent, rapporte-t-on, dit à Emmanuel Macron, tu me dois, en riant, mais enfin, quand c'est fait souvent, tu me dois ton élection. Arrêtons-nous aussi sur les mots prononcés par François Bayrou pour justifier cette colère. Que dit-il ? C'est une opération de recyclage du Parti Socialiste, la grande lessiveuse, je ne laisserai pas faire ça. Il n
'a
pas complètement tort. François Bayrou, quand on voit
les candidats...
Sur les sortants qui ont été annoncés hier, il a la même raison.
C
'est une grande opération de recyclage, il y
en
a 24, je crois. Oui, enfin, 150, plus ou moins, tiquetés socialistes dans les 428. Mais, donc, ce n
'est
pas non plus une très grande opération. Après, on sait bien qu'hier, la séquence a été plutôt sur la gauche, parce qu'on ne peut rien annoncer sur la droite, sachant que les accords n
'ont
pas encore été faits. Donc, oui, ça donne une coloration plutôt rose, on va dire, société civile est un peu rose, au contour de cette majorité. Ce qui plaide,
par
la suite, du côté d'Emmanuel Macron, pour un Premier ministre de droite ou de centre-droite, et puis, pour les circonscriptions qui restent, un geste sur la droite. On est toujours
sur une ligne de crête
un peu étroite. La coloration rose et hollandaise, parce qu'il y a quand même la candidature de Gaspard Ganser, conseiller à la communication de François Hollande, c'est un proche du président, sortant, parachuté en Ile-et-Vilaine, le patron de la région bretagne, qui est aussi ministre de la Défense et soutien d'Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian, visiblement, n'était pas au courant.
Il
est furieux. Ça aussi, ça ne fait pas vraiment de nouvelles façons de faire de la politique, quand même, le parachutage. Et là, pour le coup, on peut parler de maladresse, parce que, précisément, s'attirer les foudres de Jean-Yves Le Drian, d'autant plus que le modèle de gouvernance Le Drian au Conseil régional, c'est quand même la référence de ce que devrait être le macronisme, à savoir la conciliation de plusieurs familles politiques, l'éruption de la société civile dans la gouvernance. C'est vrai que ça donne un parfum de parachutage qui est un tout petit peu gênant. On a l'impression que là, pour le coup, il n'y
a
pas eu le contrôle qu'on pourrait attendre. Cécile Cornudet. En tout cas, François Béroux, c'est à dessein qu'il utilise ces mots
recyclage
socialiste, parce que c'est exactement ce que dit la droite. Et au moment où Emmanuel Macron a besoin de séduire la droite, il vient avec les mots, dire, vous avez raison, tout ce que vous avez dit dans la campagne,
c
'est vrai, il recycle le PS. Bon, la société civile, on l'a abordé brièvement tout à l'heure, c'est même un peu plus, c'est 52%, ça dépasse la moitié, issue de la société civile. Il y
a
quelques personnalités, Cédric Villani, le mathématicien, qui est investi dans l'Essonne, Marie-Sara, l'ancienne Torreira à cheval. Alors, cette idée de la société civile, qui revient quand même régulièrement dans l'histoire de la Vème République, c'est une bonne ou une mauvaise idée ? À chaque fois, on se pose la question. Non, ce n
'est
pas une idée neuve. Non.
Parce que
tous les gouvernements, toutes les majorités, là, on nous parle de Marie-Sara, vous souvenez-vous, Claudie Aigneret, entrant dans le gouvernement Raffarin, Francis Mer, Luc Ferry, qui avant d'être ministre, était venu aussi... Philosophe. Donc, le fait de faire appel à des gens qui ne sont pas engagés en politique, ça n'est pas une nouveauté. Ensuite, bonne idée ou pas, on le voit à
l
'expérience. On découvre souvent qu'en fait, la politique, qu
'on
le veuille ou non, c'est un métier.
Je
veux dire que... Être sportif, c'est un métier. Être ingénieur, c'est un métier. Être journaliste, c'est un métier. Et il ne suffit pas d'avoir quelques idées brillantes ou d'avoir du talent pour savoir tout faire. Et souvent, ce qu'on a vu, et c'est peut-être là que ça a pêché, c'est que quelqu'un même de talent venant de la société civile, faire de la politique, c'est convaincre des députés de voter des lois, c'est savoir communiquer vis-à-vis de l'opinion, vis-à-vis des journalistes. Ça, il y
a
tout un savoir-faire et ce n
'est
pas aussi automatique que cela. Et juste un tout petit mot sur le renouvellement. C'est vrai qu'il y a un fort renouvellement dans les listes et dans les candidats présentés par La République En Marche. Il faut quand même savoir que, finalement, cette année, dans tous les partis, il y aura un renouvellement considérable pour une raison simple. c'est que va entrer en vigueur la fameuse loi contre le cumul et que donc tous les partis,
y
compris le PS dans l'État où il est, y compris les Républicains,
vont devoir investir des renouvellements. Et je pense que
depuis 1958, on n'aura pas eu Assemblée autant renouvelée que celle qui va être élue le 18 juin. Guillaume a raison. À un détail près, c'est que généralement, dans les partis traditionnels, que ce soit le PS ou que ce soit les Républicains, le renouvellement s'opère au bénéfice de collaborateurs d'élus ou de gens qui sont dans l'appareil déjà ou dans les collectivités locales depuis longtemps. Donc c'est un vrai faux renouvellement parce que tout ça est assez incestueux. Ce sont des gens qui pensent pareil,
qui
ont travaillé pareil ensemble. Là, c'est vrai qu'il
y a
l'arrivée quand même de nouveaux acteurs sur le terrain. Et juste sur Gantzer, c'est aussi un copain de promo d'Emmanuel Macron. C'est un proche du président sortant. Mais c'est aussi la montée en puissance de cette fameuse promotion Senghor qui fait penser
à l'ENA, qui
remplace la fameuse promotion Voltaire qui avait permis à beaucoup de jeunes techno-socialistes d'accéder au pouvoir en 1981. La droite. Huit candidats de droite sont ménagers puisqu'ils n'auront pas d'adversaires en marche aux législatives. On peut citer Gilles Boyer, ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, Bruno Le Maire, Franck Riester. Mais quand même, Cécile Cornulé, on a l'impression que pour l'instant, la forteresse, elle tient.
La
droite. Il voulait fracturer la droite. Emmanuel
Macron.
Elle tient. Et il y a cette branche-là, Juppéiste et le mairiste, qui tangue, mais qui ne veut surtout pas raviver l'image de l'ouverture Sarkozy 2007 à l'envers. Ils ne veulent pas être dépris. Ils veulent montrer qu'il
y
a un mouvement, qu'ils vont pouvoir peser éventuellement sur la politique menée, qu'il y
a
un accord. Et donc, c'est pour ça qu'ils veulent partir en groupe. Et ils veulent un Premier ministre de droite parce que ce serait ça la grande différence avec l'ouverture de Nicolas Sarkozy. Il y aurait un Premier ministre de droite. Donc, tout le bras de fer est là.
Toute la
question derrière, pardon. Toute la question derrière, ce sera de savoir est-ce que ces gens-là, ce sera suffisant, s'ils basculent, pour dire que la droite est fracturée. Parce que c'est quand même la gauche du parti. Et il y a des piliers. S
'il y a un Premier
ministre de droite, on pourra
quand même dire que la droite est fracturée. Oui, mais ce n'est pas Xavier
Bertrand. Xavier Bertrand,
ça
aurait été vraiment un élément de fracturée. des Républicains. Édouard Philippe, il est quand même marginal aujourd'hui au sein des Républicains. Oui, et
puis si
une personnalité de droite, que ce soit Édouard Philippe, effectivement, ou quelqu'un d'autre, est nommé lundi à Matignon, à la seconde même, ce Premier ministre devient le leader politique des candidats En Marche. Donc, il ne sera plus la passerelle avec les candidats de droite. Il deviendra un opposant aux candidats de droite. Et si, après, le groupe Les Républicains et UDI arrive ou est en tête ou même effectivement nombreux, le fait de venir de droite ne sera plus un avantage pour ce Premier ministre en place. Rappelons juste Édouard Philippe, parce que, bon, ce n
'est
pas le personnage le plus... Connu de la classe politique, maire du Havre, député, mais qui ne l'est plus parce qu'il ne se représente pas les Républicains, très proche d'Alain Juppé. La définition que vient de faire à l'instant Guillaume Tabard est intéressante du rôle, du profil du nouveau Premier ministre. C'est pour ça que Xavier Bertrand n
'a
pas voulu y aller ? Pour ne pas devenir le chef de cette nouvelle majorité ? Oui, oui, parce qu'il serait en quelque sorte l'otage d'Emmanuel Macron. Et c'est vrai qu'y compris d'ailleurs pour cette représentation issue de la gauche dans les rangs d'En Marche, ça serait un petit peu paradoxal quand même que d'avoir un Premier ministre aussi marqué dans l'histoire de la droite. Tandis que Édouard Philippe, lui, il a eu une législature, je crois, il n'a pas un marquage politique. Et en plus, c'est très important, c'est la République des barbus.
C
'est une génération qui arrive au pouvoir, pas seulement dans les médias, il n
'a
pas de souhaité, peut-être
qu'il
ne le
saura
pas. Je crois qu'en nous, on ne fait pas ce genre de... Juste sur Xavier
Bertrand, il n'y va pas pour deux raisons, parce qu'il ne partage pas certaines orientations du programme d'Emmanuel Macron, notamment sur le régalien, la sécurité. Et la seconde chose, c'est parce qu'il nourrit d'autres ambitions. Xavier Bertrand, il souhaite pouvoir accéder un jour à l'Elysée et
il fait que ce n'est pas... Donc il joue l
'après. Alors, attendez. Oui, je voulais revenir sur Édouard Philippe. Pour
compléter,
Édouard Philippe, justement,
il
y a... Et ça a été ainsi... Emmanuel Macron a insisté là-dessus. Ça doit être quelqu'un, enfin, le potentiel Premier ministre est quelqu'un qui n'aura pas, justement, une sorte de parcours fléché vers la présidence de la République. C'est implicite dans ce... Alors, après, les parcours se révèlent. Georges Pompidou était à Matignon et il a choisi ensuite de devenir président de la République. Mais je voudrais rajouter une chose sur le choix de la droite.
On peut se demander si pour un certain nombre de leaders comme Bruno Le Maire et les autres, il n'est pas plus intéressant d'attendre le résultat des législatives et ensuite de constituer un groupe, un groupe parlementaire, ce qui entraînerait une scission au sein des Républicains, un groupe parlementaire qui pourrait être précisément le groupe charnière pour des majorités, au cas où il n
'y a
pas de majorité absolue pour En Marche, être un groupe charnière pour les majorités d'idées ou de textes pour En Marche. Sauf dans les circonscriptions où si vous avez l'étiquette LR, vous allez être battu par un candidat en Marche. Et c'est ce qu'a regardé quelqu'un comme Bruno Le Maire où Emmanuel Macron est arrivé largement en tête dans sa circonscription à la présidentielle. Et puis surtout, la droite, elle est à
la
veille d'une très grosse recomposition. Pas forcément... Elle ne
va
pas être forcément fracturée, mais elle va se recomposer. Et cette sensibilité-là de la droite, c'est qu'elle a perdu la partie. La frange la plus droitière des Républicains l
'a
emportée d'une certaine façon avec la désignation de François Fillon. Alain Juppé lui-même parlait d'une radicalisation de l'électorat de droite. On voit bien qu'elle se reconstruit autour d'un caractère très identitaire, pro-cato, et sur des valeurs sociétales qui ne
sont
pas forcément les mêmes, ou économiques, qui ne sont pas forcément les mêmes que celles que portent les juppéistes. Et donc, en gros, certains commencent à faire le calcul qu'ils n'auront pas d'avenir dans cette recomposition de la droite. Et là, c'est une affaire de timing. Est-ce qu'il vaut mieux aller maintenant et essayer de faire vivre cette
sensibilité
-là dans la majorité ou pas ? Je voudrais quand même avoir votre sentiment sur éventuellement d'autres noms, d'autres profils. Mathieu Croissant d'Ou disait à juste titre « On ne sait rien ». Bon, alors, vous ne savez rien, dites-le quand même,
Guillaume
Tabard. Alors, donc, on ne sait rien, mais on va le dire quand même. Parmi les non-cités, il y
a
Édouard Philippe, on l'a dit, parmi les femmes possibles, puisque Emmanuel Macron lui-même, certes, le 8 mars, avait dit que ça pourrait être une femme, il y en a deux que l'on cite, soit Sylvie Goulard qui est députée européenne.
Mais Modem.
Mais Modem. Mais qui
est
rejoint tout de suite. Voilà, qui est tout de suite à la candidature d'Emmanuel Macron. Elle connaît bien la question européenne, elle est intelligente, elle connaît bien... Inconnue du grand public. Inconnue du grand public. Et surtout,
oui,
elle
a
un problème,
c
'est qu'elle incarne vraiment la ligne, j'allais dire, européenne pure et dure et très ligne commission européenne. Je ne suis pas sûr que dans le climat politique français ce soit l'idéal. Un autre nom, alors c'est quelqu'un on remonte un peu plus loin en arrière, une autre centriste, Anne-Marie Hidrac, fille elle-même d'un député MRP, André Collin, il y a quelques décennies de cela, qui a été ministre sous Chirac, puis présidente de la SNCF et de la RATP, députée centriste.
Donc, voilà, elle a une expérience politique, une expérience d'entreprise, entreprise publique, mais l'entreprise quand même, femme, centriste, mais en même temps, ce n'est pas quelqu'un non plus qui vit dans le paysage politique français.
D'autres noms
à ajouter éventuellement ? Ce qui est intéressant, c'est que c'est à chaque fois des profils de Premier ministre très particuliers. Si c'est un de ces trois noms-là,
très
en retrait, parce
que
normalement, le Premier ministre, il est chef de la majorité, là, il ne sera pas chef de la majorité, et donc du coup, quelle sera vraiment son existence à côté d'un président qui a envie d'exister comme Emmanuel Macron, ce ne sera pas évident. Jean-Paul Delevoye ? Ça pourrait
être un candidat ? Non, Jean-Paul Delevoye. C'est lui qui
préside le fameux comité d'investiture qui a accouché de cette
liste.
ancien ministre de Chirac, ancien patron du Conseil économique et social, donc un profil très consensuel, un homme de réseau, voilà. Sauf que Jean-Paul Delevoye pourrait être gardé sous le coude pour un ministère du Travail, puisqu'il a une très bonne image et une capacité à négocier avec les acteurs sociaux. Bon. Pendant
ce
temps, juste un tout petit mot, il faut bien savoir que dans ce nouveau cours, le chef, il y en a un, il y en a un seul, il s'appelle Emmanuel Macron.
Alors
pendant ce temps, à gauche, c'est la guerre. Le parti socialiste veut sauver les meubles mais se prépare à un affrontement difficile contre les mélenchonistes. Le candidat d'ailleurs, qui a obtenu près de 20% au premier tour, a décidé de se présenter lui-même à Marseille. Il vient défier le socialiste Patrick Menucci, figure de la ville qui a d'ores et déjà déclenché les hostilités. Damien Fleurette et Dominique Lemarchand.
Jean
-Luc Mélenchon débarque à Marseille, parachuté, selon ses détracteurs. Après Hénin Beaumont dans le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, le candidat de la France Insoumise assume.
Je suis en parachuté de la vie. Où que j'aille, on me dit toujours que je ne
suis
pas de là. Alors il faudrait savoir à la fin. Premier pas sur le vieux port,
après une rencontre avec le maire de Marseille.
Il
voulait un bain de foule. Jean-Luc Mélenchon réunit surtout une meute de journalistes, juste sous les fenêtres de la permanence socialiste du candidat sortant Patrick Menucci.
Mais
il le promet, il ne veut pas la guerre.
C
'est normal qu'il le prenne mal puisque j'arrive dans cette circonscription, je n'ai aucune animosité personnelle contre lui. Je le connais de longue date et dans le passé, nous avons beaucoup rigolé ensemble, notamment quand nous sommes allés en Chine ensemble. Et bon, voilà, mais c'est pas, je ne
viens
pas ici à cause de ça. Personne, je ne viens pas, j'ai vu, il veut la guerre,
je
ne trouve un vocabulaire pareil. Je suis désolé, Patrick, je ne viens pas pour toi.
À
quelques
pas
de là, Patrick Menucci surveille de près l'arrivée de son nouvel adversaire. La quatrième circonscription de Marseille, c'est le fief du député socialiste. C'est aussi le quartier de la ville où Jean-Luc Mélenchon a fait son meilleur score au premier tour de la présidentielle, 39% des votes.
Je
veux le remplacer.
C
'est-à-dire que nous allons tourner la page. Oui, nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahis pendant 5 ans. Nous allons tourner la page des gens qui ont imaginé la déchéance de la nationalité. Nous allons tourner la page des gens qui ont fait la loi El Cambri. Je ne
sais
pas quoi je
ne sais pas.
Je
ne sais pas. C
'est fini. Je ne
vais
pas avoir des heures mais les choses, c'est bon. Il continue à... Mais il assume, d'ailleurs, à dire, je suis venu parce que la circonscription est bonne, le résultat est bon. Pas un mot d'affection pour Marseille, pas un mot d'affection pour les Marseillais, pas de référence aux problématiques particulières de cette circonscription. Donc je pense que c'est typiquement un candidat qui m
'est
accessible et que je peux battre.
Bonjour
madame.
Pour
le battre,
le
député socialiste mise sur son ancrage local.
Ça va monsieur, vous
allez
bien ?
Ce
jour-là, il est devant une école à deux pas du Vieux-Port. Bonjour. Ça va madame ? C'est mon compte rendu de mandat.
Ça
va
?
Bonsoir. Et ici, le parachutage Mélenchon ne passe pas vraiment.
C
'est un homme qui est un but de sa personne et qui ne comprend pas les enjeux politiques, il ne peut pas se positionner contre quelqu'un de la gauche. Il faut qu'il raisonne en termes de rassemblement parce que le peuple à l'heure actuelle a envie de se rassembler avec des comportements apaisés.
Ça
ne prend pas l'influen,
mais en tout
cas, tu as une opportunité. Je voulais t'écrire hier, bats-toi parce que tu risques de gagner. Tu risques, tu vas gagner. Tu vas gagner parce qu'il n
'est
pas chez lui ici. Tu sais, chez les Marseillais,
il
y
a
un côté, on est chez nous, ceux qui viennent de l'extérieur, on l'a vu dans le passé, même Tapie, à un moment donné, c'était très difficile.
Tapie, il y a fallu
deux fois. Oui,
je
sais,
très difficile. Il y a fallu
deux fois et la première fois, elle était voiture. On aime les gens du coin.
Les gens du coin, d'après Patrick Menouchi, n'auraient pas apprécié le positionnement de Jean-Luc Mélenchon pendant l'entre-deux-tours de la présidentielle.
Ce
que je pense Jean-Luc Mélenchon ne comprend pas, c'est que les habitants de cette circonscription qui pour beaucoup viennent du Maghreb, viennent d'Afrique, etc., entre Macron et Le Pen, ils n'hésitent pas.
En
choisissant la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon évite d'affronter le Front National.
À
Marseille, le FN est surtout implanté dans les quartiers nord. Le pari est donc moins risqué pour le candidat de la France insoumise.
Bon,
c'est pas gagné à en croire ce reportage. Que peut espérer question SMS ? Que peut espérer Jean-Luc Mélenchon à ses législatives
?
De transformer les 19% qu'il a récoltés au premier tour de la présidentielle.
Enfin, il faut
qu'il soit élu. On sait que c'est jamais élu. Alors, ça passe d'abord par son élection à lui. C'est ça. Et son élection à lui, on sait que Marseille, c'est toujours une équation particulière. Il faut bien connaître les quartiers, bien connaître les communautés qui composent Marseille. Patrick Menucci est bien implanté là-bas. Il connaît bien tout ce monde-là depuis longtemps. Donc, ça ne sera pas une promenade de santé pour Jean-Luc Mélenchon même si, c'est vrai, quand on regarde la circonscription, c'est une circonscription de gauche.
C
'est l'ancienne circonscription qui a régné depuis très très longtemps qui était un communiste marseillais plutôt connu. Ça n
'a
jamais été une circonscription de droite. Après, l'autre objectif de Jean-Luc Mélenchon, c'est de faire élire des députés de la France Insoumise. Et là, ça va être une autre paire de manches aussi parce que beaucoup, ils vont être confrontés au même problème qu'en marche. C'est-à
-dire
que c'est un mouvement qui se compose avec des gens venus de divers horizons, pas forcément des professionnels de la politique. On sait qu'il n'y
a
pas eu d'accord avec le Parti communiste. Donc, on va avoir dans des circonscriptions des gens qui se mettent à faire de la politique. Mais ce n'est jamais facile de se faire élire, surtout quand vous n'êtes pas dans la majorité. Je voudrais juste préciser qu'à Marseille, les communistes ont décidé de soutenir Jean-Luc Mélenchon. Mais au niveau national, il n'y a pas pour l'instant d'accord entre la France Insoumise et il n'y aura pas a priori d'accord entre la France Insoumise et le Parti communiste. Jean-Luc Mélenchon, il dit « je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer ». Ça a le mérite d'être clair ? Ça a
le
mérite d'être clair. Le seul problème pour lui, c'est que celui qui est en train de remplacer le PS actuellement, c'est quand même plutôt en marche avec Emmanuel Macron. Mais voilà, il y a quand même... C'est dans l'opération Grand Emplacement, dans le Big Bang dont vous parliez, que tout ça s'inscrit. Un tout petit mot sur le parachutage. Parce qu'on dit « le parachuté contre le raciné
».
C'est en partie vrai, mais il faut quand même nuancer. Un, ce sont des élections législatives, pas des municipales. Les Marseillais ne vont pas choisir celui qui va s'occuper d'eux, mais celui qui va les représenter à l'Assemblée nationale. Ensuite, qu'est-ce qu'un élu enraciné ? C'est souvent un parachuté qui a duré. Jacques Chirac a commencé par être parachuté en Corrèze avant de devenir l'archétype de l'élu corrésien. Martine Aubré était parachutée à Lille. Alain Juppé était parachuté à Bordeaux. Raymond Barre avait été parachuté à Lyon. Ce sont tous les trois devenus des grands-mères François Hollande parachutés en Corrèze.
Et tous sont devenus des élus représentatifs vraiment de leur territoire.
Donc,
vous voyez,
c
'est... En l'occurrence, Menucci a fait quand même toute sa carrière politique.
Oui, mais Menucci... C'est vrai que c'est... Non, mais Menucci,
Menucci l'enraciné, il faut s
'y rappeler
que le même Menucci qui incarne si bien Marseille, il s
'est
quand même pris une tôle magistrale au municipal dans son propre secteur il y a trois ans. Donc, il faut aussi relativiser Jean-Garri. Oui, non,
mais
il y
a
une charge symbolique très forte dans cette élection, pas seulement parce que c'est Marseille, mais parce qu'au fond, il va affronter le Parti Socialiste dans un de ses bastions. Et comme au fond, l'idée de Jean-Luc Mélenchon, l'obsession de Jean-Luc Mélenchon dans cette élection présidentielle, c'était de prendre la place du Parti Socialiste, de faire du front de gauche la principale force d'opposition de gauche, là, c'est très symbolique pour lui. Mais en même temps, alors, quelque chose de très important, c'est quand même que le Parti Communiste le soutienne. C'est, à mon avis, fondamental dans cette circonscription et par rapport au réseau communiste. Mais
vous avez raison, ça
symbolise ce match entre le PS, alors qu'il a été extraordinairement déséquilibré à l'élection présidentielle, mais que peut espérer le Parti Socialiste dans ses législatives
?
Se sauver, exister, parce qu'on vient de le dire, il y a deux forces qui essayent de complètement l'éliminer, c'est En Marche et Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, en 2012, son adversaire, c'était Marine Le Pen et il allait la défier à Hénin-Beaumont. Là, il vient dans une circonscription, effectivement, où il peut battre le Parti Socialiste. Il fait le pari que ce n'est pas le clivage gauche-droite qui est mort, mais le PS et que lui, il va incarner la gauche, la gauche qui ressuscite aux élections législatives. Et là, il faut dire que c'est quand même extrêmement confus ce qui se passe en ce moment au Parti Socialiste. Donc, chacun crée son mouvement. Benoît Hamon va créer le sien.
Il y a aussi Anne Hidalgo, Christiane Traubira et Martine Aubry qui créent un mouvement de leur côté. Un mouvement avec des représentants de la société civile branchés en direct avec le quotidien des Français sur des valeurs. Tout ça vous rappelle peut-être une petite musique de quelque chose qui a marché plutôt récemment. Le
Parti Socialiste,
il est entré en phase de décomposition. On sait que ce parti a perduré pendant très longtemps sur le mythe de l'unité en disant unis au moins on peut remporter le pouvoir même si on ne pense pas pareil. Aujourd'hui, cette unité ne fonctionne plus. Les divergences entre des représentants du Parti Socialiste comme Gérard Filoche et Emmanuel Valls non, ils n'ont absolument rien en commun.
C
'est de la vision de la gauche sans doute des valeurs mais d'un point de vue programmatique il
n'y a
rien en commun. Et donc la clarification qui a longtemps été escamotée parce que c'était une très belle machine à remporter les élections aujourd'hui, cette clarification elle s'impose parce que la très belle machine a remporté les élections a tout perdu depuis 5 ans. Donc on est à la fois sur un cycle long c'est le cycle d'Epinay qui s'achève et chacun essaie de sauver sa propre boutique avec des méthodes et des positionnements qu
'on
ne
va
pas bien. Hamon lance son mouvement on croyait qu'il était proche d'Aubry et Hidalgo qui elles aussi lancent leur mouvement avec Taubira. en gros pour être schématique une partie de ceux qui incarnaient la gauche du gouvernement les plus sociodémocrates des socialistes vont naturellement tourner leur regard vers la majorité qui est en train de dessiner et qu'espère dessiner Emmanuel Macron.
Une
autre partie va l'orgner sans doute vers Jean-Luc Mélenchon le casse-nois qu'avait théorisé Mélenchon est en train de se produire. Restera sans doute un parti socialiste mais il y a aussi une affaire de génération il y a beaucoup d'élus qui sont partis c'est un parti qui ne produit plus beaucoup d'idées même la seule qu'ils ont eue sur le revenu universel ils ne
sont
pas tous d'accord pour la porter
au
point qu'ils l
'ont
retiré des législatives donc on est vraiment dans une équation qui est très très très compliquée. Emmanuel Valls il a évité le pire il n'a pas l'étiquette En Marche mais il n'aura pas de candidat macroniste ou macronien en face de lui.
Oui et je pense qu'en l'occurrence Emmanuel Macron a bien fait de ménager comme ça l'avenir parce que là encore je parlais de majorité parlementaire il n'est pas illogique que Manuel Valls et les valsistes et peut-être même d'autres venant du marais socialiste c'est-à-dire d'ex-hollandais recyclés puissent ensuite avec lui donner un coup de main à des majorités macronistes ou En Marche donc on est dans une phase de décomposition qui évoque un peu ce qu'était la fin de la SFIO avant le congrès d'Épinay justement le problème pour le Parti Socialiste c'est que cette phase de décomposition entre en résonance avec une phase de désarroi je dirais généralisé des social-démocraties européennes c'est-à-dire que les sociodémocrates n'ont pas de solution pour
préserver
l'État-providence par rapport aux contraintes d'aujourd'hui de la mondialisation il y a une crise globale de la social-démocratie et puis il manque il manque un leader il manque le fédérateur qui avait toujours eu dans l'histoire de la gauche mais il n'est pas là ou plutôt il s'appelle d'un côté Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron 71 le congrès d'Épinay 1971 donc il a fallu 10 ans ensuite pour conquérir le pouvoir avec François Mitterrand du côté du Front National maintenant l'après-présidentiel est difficile Marion Maréchal Le Pen a claqué la porte Florian Philippot menace de partir également si la sortie de l'euro est abandonnée et on ne sait toujours pas d'ailleurs si Marine Le Pen sera elle-même candidate aux législatives reportage à Marseille et à Carpentras Sébastien Pouquet Marie-Charlotte Duluc Thomas Buyer et Arnaud Faura
allez
n'ayez pas peur rentrez
nous
sommes tatoués vaccinés nous ne mordons pas début de campagne législative pour Stéphane Ravier sénateur maire Front National du 14e arrondissement de Marseille
alors que
l'UFN en termine avec ses investitures le moins que l'on puisse dire c'est que sa campagne n'attire pas les foules et semble susciter à peine plus d'enthousiasme chez l'intéressé comme vous voyez il n
'y
a personne autour de moi j'ai l'honneur
l
'immense honneur le plaisir
vous
ne
pouvez
pas vous imaginer à quel point
de
vous le
faire connaître il ne s'agit que
votre
modeste personne
qui a donc reçu qu'elle ne sera pas candidate aux législatives
il
est temps pour moi d'avoir une expérience autre que la politique j'en ai besoin j'en ai envie je crois que c'est nécessaire et si un jour je dois refaire de la politique je suis convaincue que cette expérience-là cette légitimité-là je pourrais la mettre au service des électeurs des français et de mon pays
dans
son fief de Carpentras un sentiment de découragement pointe le bout de son nez chez ses électeurs
si
Marion Maréchal Le Pen ne se représentera pas le Front National perdra sûrement cette circonscription
et
plus que du découragement certains voient dans son retrait un symbole des divisions dans le parti
forcément
il y a des places à prendre entre Philippot entre elle entre
la
tata le grand-père qui est encore derrière qui tire je pense encore quelques ficelles malgré tout
et
puis je crois si on a bien compris elle est plus proche du grand-père mais le grand-père n'a plus trop sa place c'est une vaste affaire familiale on va dire
c
'était en effet son grand-père il y a 5 ans qui l'avait mené à la politique mais preuve de tension au lendemain de cette annonce le même Jean-Marie Le Pen s'en prend à elle dans la presse en des termes guerriers
quand
je vois un officier en ligne de front qui pose son arme par terre et qui revient vers l'arrière je considère que c'est une désertion
un
départ de Marion Maréchal Le Pen que le député Gilbert Collard déplore lui qui a le sentiment d'avoir été mis en retrait pendant la campagne présidentielle
moi je suis pour qu'on redistribue les responsabilités dans le parti qu'il y ait une égalité de responsabilité dans le parti
j
'ai toujours dit c'est pas être méchant que de le répéter j'ai toujours dit M. Philippot n'est pas le numéro 1
il
y a plein de numéro 1 une cible toute trouvée Florian Philippot est la stratégie qu'il incarne
entre
projet de changement de nom et sortie de l'euro le FN cherche son identité attaqué à la veille des législatives il met la pression sur ses détracteurs et menace de démissionner
si
le Front National demain ne défend plus la souveraineté nationale ne défend plus la sortie de l'euro vous restez au Front National si le Front demain garde l'euro oui non d'accord ok bien sûr que non
je
ne
suis
pas là pour garder un poste à tout prix
un
lendemain de présidentielle difficile au Front National au point même que dans l'entourage de Marine Le Pen il se murmure qu'elle pourrait suivre l'exemple de sa nièce
et
renoncer elle aussi aux législatives question SMS au sujet de Marion Maréchal Le Pen sait-on vraiment pour quelle raison elle a décidé de quitter la politique et la version officielle bon on l
'a
entendu j'ai envie de faire autre chose d'accord mais la vraie version je pense qu'il ne
faut
pas exclure cette version officielle je vous pose la question il y avait réellement le souci d'être un peu plus présente auprès de sa petite fille qui a deux ans je crois et elle dit quelque chose qui est assez juste et qui à mon avis vaut d'ailleurs pour tous les partis surtout pour quelqu'un qui est devenu député à 22 ans et on ne peut pas en permanence critiquer un personnel politique qui entre en politique et qui n'en sort que le jour il est chassé par les urnes ou par plus jeune que lui bon là elle a plutôt elle fait preuve de maturité en disant qu'elle a besoin aussi d'enrichir un parcours professionnel surtout il
n'y a pas de il y
a
le
moment
après il y a le moment et c'est pas un
hasard en gros depuis le début elle dit que la ligne qui est celle de sa tante et donc la fameuse ligne Philippot la conduit le Front National dans le mur parce que la sortie de l'euro effrayait un grand nombre des électeurs parce qu'on s'adressait à des électeurs de gauche qui ne voterait pas Front National et qu'on se privait de parler des électeurs de droite qui eux pourraient venir tout ça c'est ce qu'elle dit depuis le début elle n'a pas été écoutée elle va dire ben voilà vous en payez le résultat maintenant débrouillez-vous débrouillez-vous tout seul et sans doute qu'elle n
'a
pas envie de participer à une attaque contre sa tante délibérément réveiller une nouvelle guerre familiale dans un parti où il y en a déjà eu beaucoup elle préfère se mettre en retrait et elle dit d'ailleurs qu'elle reviendra d'accord
voilà
là on a les bonnes raisons à mon avis le FN est en crise Mathieu Croissando oui il est en crise il est en crise il y a une crise de leadership parce que la question du leadership par Marine Le Pen et par ceux qu'elle a installé à la tête du Front National va se poser après la défaite c'est normal il y a une crise de ligne on l'a souligné il
y a
une crise de ligne politique évidente avec un programme qui a d'ailleurs un petit peu varié pendant la campagne mais on est obligé de le dire qui a démarré très un discours elle se voulait la candidate du peuple donc soit disant un programme soit disant social qui n
'en
était pas un mais on sait très bien la sortie de l'euro enfin voilà et puis un virage sur des fondamentaux un peu plus classiques en fin de campagne l'immigration et puis l'euro on fait une culbute en arrière donc il va falloir trancher cette ligne et là on sait que au Front National les gens ne
sont
pas d'accord et puis il y
a
une crise d'alliance aussi c'est à dire que au delà de la mauvaise campagne d'entre deux tours qu'a fait Marine Le Pen et notamment du débat raté il y a toujours ce plafond vert qui
peut
nouer une alliance avec un parti croupion comme le debout la république enfin de Nicolas Dupont-Aignan mais il lui manque il lui manque la possibilité de passer une alliance pour emporter le pouvoir ce qui était la ligne défendue par Marion Maréchal Le Pen pour le coup qui est recomposons la droite oublions le Front National et les Républicains et recomposons un pôle de radicalité à droite fort, identitaire, classique et voilà tous les enjeux qui vont se poser au Front National prochainement Jean Garry Oui il y a deux choses qui sont en cause me semble-t-il dans l'histoire du Front National aujourd'hui d'une part c'est la thématique de sortie de l'euro dont on a bien vu qu'elle avait été plus ou moins abandonnée en cours de route et qu'elle a provoqué justement beaucoup de remous alors qu'aujourd'hui Florent Philippot tient fondamentalement à cette ligne là et puis l'autre chose c'est la constitution de ce grand pôle d'opposition de droite populiste souverainiste pour le reste on ne sait pas très bien un peu le projet de Bruno Maigret dans les années 80 cette stratégie maigrettiste qui n'est pas partagée par tous au Front National et donc il
y
a quand même là des éléments très importants de leur stratégie de leur programme qui font polémique qui font débat c'est normal un parti qui est battu une élection il y a toujours une crise mais là cette crise prend des proportions qu'on ne pouvait pas forcément soupçonner y compris effectivement la crise du leadership de Marine Le Pen parce que le débat n
'a
pas été flambant il y
a
quand même un paradoxe le Front National a obtenu 10 millions de suffrages au second tour et pourrait avoir de nombreux députés combien d'ailleurs moi je pense qu'il en aura très peu parce que pour les raisons qu'on a souvent diagnostiquées qui sont liées au mode de scrutin c'est que Mathieu vient de le rappeler le Front National est capable de faire de très gros scores au premier tour mais pour être élu au second tour il faut faire plus de 50% en tout cas en situation de duel c'est ça la limite mais je pense qu'il
fait
le point le plus grave de la crise c'est cette question de leadership plus encore que les questions de ligne et ça c'est une vraie surprise parce que
la
force de Marine Le Pen c'est que c'était un chef incontesté et que dans cette campagne je pense qu'une fois encore plus encore que les allers-retours sur l'euro
ce
qui l'a fait perdre c'est que
en
deux heures de débat on a vu une chose simple c'est qu'elle n'était pas au niveau pour être présidente de la République la veille du débat dans les sondages elle était encore quasiment à 40% et elle finit à 34 59-41 même 59-41
les derniers sondages avant le débat elle perd
6
points
en une semaine c'est du jamais vu dans un second tour de présidentiel uniquement sur cette perte non pas de respectabilité parce que ça la question était réglée depuis un bout de temps mais cette question de présidentialité moi à mon avis la solution pour elle bien sûr il faudra revoir la ligne mais tout simplement il faut qu'elle travaille et qu
'elle
se mette au niveau le paradoxe c'est que c'est pas si bon pour Emmanuel Macron cette fragilité qui apparaît du Front National parce que ça redonne un peu d'espoir à la droite LR des personnalités centrales comme Xavier Bertrand comme Valérie Pécresse ils ont vu cette fragilité ils ont pas basculé du côté d'Emmanuel Macron pour ça parce qu'ils savent qu'LR a encore un avenir s'ils s'en sortent pas trop mal aux législatives voici maintenant vos questions SMS et internet avec 148 circonscriptions en attente pour ceux qui prendraient le train en marche la République en marche ne tombe-t-elle pas dans les vieilles combines c'est vrai il faut rappeler que hier la première liste ne couvre pas la totalité des 577 circonscriptions Mathieu Croissant les vieilles combines c'est en tout cas de la tactique oui c'est de la tactique politique après les vieilles combines il
y
a beaucoup de partis qui préfèrent plutôt annoncer à l'avance leurs candidats parce que c'est en même temps un coup qui va jouer imaginez si des candidats de droite le rejoignent effectivement mardi soir prochain ou mercredi bon courage aux républicains qui vont devoir trouver aux débotés x dizaines de candidats ou la même chose si jamais c'est des socialistes ou des modems comment se fait-il que les électeurs de droite aient un tel capital d'hostilité envers Bayrou c'est vrai on l
'a
évoqué tout à
l
'heure j'ai même dit que c'était un épouvantail c'est quoi l'origine du problème 2012 second tour François Bayrou fait le choix de voter Hollande et donc pour le coup provoque la victoire de François Hollande
à
tort ou à raison les sarkozistes et donc les électeurs de droite ont eu le sentiment que c'était Bayrou qui avait amené la gauche au pouvoir ça a été une grande surprise de la primaire en fait personne pensait que c'était à ce point qu'il ferait office d'épouvantail pour Alain Juppé sauf que ça c'est ne pas tenir compte de ce qu'a été la stratégie l'objectif politique de François Bayrou qui était de reconstruire un centre autonome par rapport à la droite il l'avait dit à partir de 2002 donc c'est un procès
qui
est fait effectivement par une grande majorité d'électeurs de droite à Bayrou mais qui est un petit peu un faux procès en tout cas une mauvaise interprétation de ce qu'était l'idée de François Bayrou Macron a-t-il une chance d'obtenir la majorité à l'Assemblée
? Il
a une chance d'être le premier par premier groupe à l'Assemblée ça c'est sûr avoir la majorité absolue 290 ? En fait ça dépend beaucoup aussi de la semaine prochaine s'il arrive à prendre une partie importante des Républicains voire même du Parti Socialiste peut-être ça peut passer c
'est
pour ça que c'est très important pour lui après peut-être qu'il sera le premier groupe de l'Assemblée et qu'il devra composer avec certains par ailleurs
Votre opinion aussi là-dessus ? On
dit que le paysage politique est plus fragmenté que jamais je suis à prendre le pari qu'on aura une Assemblée plus bipolarisée que jamais avec deux groupes énormes en marche les Républicains lequel sera le plus nombreux je ne sais pas et
des
Mélenchonistes du Front National qui seront réduits à la portion congrue et le PS vous ne le citez même pas parce qu'ils seront à portion congrue je ne suis pas sûr que le PS puisse avoir un groupe à l'Assemblée carrément le record c'est quoi ? 57 députés
le schéma que
décrit Guillaume c'est en gros une recomposition du paysage politique à
l
'américaine avec un grand parti démocrate et un grand parti républicain ce qui est une des options possibles l
'option
qu'avait imaginée Emmanuel Macron c'était plutôt du tripartisme avec un pôle de radicalité à gauche un autre à droite et un gros espace central qui aurait pu
regarder
justement pour poursuivre un peu dans cette idée la question suivante avec de nombreux députés novices en politique des soldats prêts à voter la république en marche n'ouvre-t-elle pas la voie à un régime présidentiel ? Jean Garrigue en tout cas ce qui est sûr c'est que Emmanuel Macron veut représidentialiser la fonction c'est-à-dire reprendre la hauteur du chef qui donne les grandes orientations de la vie politique et c'est vrai que s'il s'appuie sur une majorité très forte il y a une sorte de risque de surprésidentialisation mais lui a théorisé en fait le retour à un couple exécutif qui sépare bien les fonctions avec un président de
la
république je le répète qui donne les grandes orientations et un premier ministre qui gouverne donc a priori qui soit sous le contrôle de sa majorité parlementaire j'ajouterai quand même par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure que cette bipartition qui est tout à fait plausible va laisser de côté j'allais dire les 40% d'électeurs qui ont voté pour Marine Le Pen et pour Jean-Luc Mélenchon
c
'est-à-dire l'électorat populaire ou populiste en tout cas l'électorat populaire si vous voulez et ça c'est quand même gros d'inquiétude pour ce qu'on appelle le cinquième tour social ces nouveaux visages apportent de la fraîcheur dans les paysages politiques cela va-t-il inciter plus de gens à aller voter d'après vous ?
non ce qui peut inciter les gens à voter ou à donner en tout cas une majorité à Macron c'est plutôt à mon avis un effet de lassitude sur bon après tout autant lui donner sa chance même pour les gens qui ne sont pas des macronistes convaincus mais de se dire est-ce qu'on a envie vraiment d'une cohabitation sur une campagne qui a été compliquée il peut y avoir un effet de souffle après est
-ce
qu'un nouveau visage donne envie d'aller voter oui s'il est bon s'il n
'est
pas bon et puis je pense ça pose une question qui est presque une question philosophique sur ce qu'est un élu la question c'est est-ce qu'un élu est là pour me représenter ou pour me ressembler et je pense que c'est pas forcément une bonne idée que l'idée de dire qu'il faut que les élus soient le reflet parfait de ce qu'est la société non ils sont là pour conduire c
'est
un pari en effet c
'est un
pari qui est fait par Emmanuel Macron la question suivante Emmanuel Macron n
'a
-t-il pas sous-estimé la fidélité des élus de droite qui rechignent à le rejoindre par peur de tout perdre oui et puis parce qu'il voit que Emmanuel Macron c'est quand même le conseiller de François Hollande il
y
a une telle détestation à droite du quinquennat qui s
'achève
que voilà cette épouvantail-là pour le coup joue très fort
va
-t-on revenir à l'instabilité de la 4ème République et revivre le jeu des alliances alors si c'est le scénario imaginé par Guillaume Tabard non ça ira il y aura une stabilité avec deux grands pôles mais si c'est plus fragmenté effectivement si c'est une vague comme elle a eu lieu en 58 en 62 en 80 il y a eu des vagues ou en 93 là on aura une majorité alors attention parce qu'une majorité forte et pas forcément une majorité homogène il peut y avoir des fractures ça s'est déjà produit aussi dans le passé maintenant au fond peut-elle serait-il encore plus intéressant pour lui d'avoir une majorité relative en s'appuyant sur des groupes parlementaires je dirais d'équilibre qui pourraient lui donner justement majorité sur des textes parce que c'est quand même ça l'essentiel on n'en sera pas de toute manière à cette comment dirais-je à cette composition hexagonale de la Chambre qui était la 4ème République donc le risque et puis les institutions ne sont pas les mêmes donc le risque est quand même minime une cohabitation serait-elle fatale aux objectifs d'Emmanuel Macron nécessairement quels sont ses objectifs si ses objectifs c'est d'appliquer le projet pour transformer la France dans le sens qu'il souhaite oui parce que si c'est une cohabitation elle lui serait imposée par les républicains dont on sait que le projet n'a pas grand chose
à voir
avec
celui d'Emmanuel Macron c'est la première fois
qu'une cohabitation a lieu juste un mois après l'élection présidentielle donc il y
aurait
une bataille de légitimité ce serait moins une sanction contre Emmanuel Macron que la persistance des anciens
clivages
et
donc voilà il y aurait une bataille de pouvoirs différentes à mon avis vous
verrez que ni la droite ni Emmanuel Macron ne vont plier ce mot de cohabitation qui rappelle effectivement la confrontation de Chirac Mitterrand Jospin Chirac etc et que la droite essaye de dire à quel mot alors ? alors à droite on emploie parfois le mot de coexistence et le discours qui est en train de s'installer c'est de dire puisque Macron veut réformer sincèrement l'économie etc offrons lui une majorité de droite qui lui permettra
de réformer et puisqu'il est un
premier ministre de droite
d'aujourd'hui la majorité de droite
Emmanuel Macron si jamais il a une majorité qui n'est pas en marche mais qui est de droite il s'arrangera aussi pour faire en sorte que ce soit un projet de réforme qui soit co-construit entre le président et son
gouvernement
il lui restera le pouvoir de dissoudre la semaine nationale au bout de x mois
ou années
quand il veut quand il veut absolument Jean-Luc Mélenchon ne décrédibilise-t-il pas son mouvement en affrontant le PS à Marseille pourquoi ne pas affronter Manuel Valls
? Il n'est plus PS ça
pose une vraie question c'est à dire que c'est vrai qu'il a choisi quelque chose qui est plutôt confortable alors lui il estime qu'il a déjà tenté il a déjà tenté l'affaire en allant affronter le Front National à Yann-Baugment en 2012 on sait très bien comment il avait perdu et ce que ça lui avait coûté par la suite mais c'est vrai qu'il ne curieusement lui qui était pour convaincre l'électorat de revenir à un vote protestataire de son côté lui qui était soi-disant engagé pour changer les
choses Il a regardé
où est
-ce qu'il avait fait le meilleur score à la présidentielle et il a choisi Marseille
parce que c'était là Les calculs politiciens restent quand même omniprésents dans cette campagne Le Front National fragilisé sera-t-il en mesure de proposer des candidats dans toutes les circonscriptions
? A
priori oui C'est déjà le cas La France Insoumise et les frondeurs de Hamon peuvent-ils constituer une alliance
? Ça
paraît pas vraisemblable pour l'instant en tout cas Enfin je veux dire pour les élections certainement pas Qu
'espérait
François Bayrou en se ralliant Emmanuel Macron ? Sauver son parti
?
Survivre Survivre Merci à tous les quatre Merci d'avoir participé à cette émission et merci à l'équipe qui a préparé Ce C'est dans l'air Dans un instant Anne-Sophie Lapix pour C'est à vous Ce soir la redif est à 22h45 Très bonne soirée sur France 5 et à demain
François Bayrou