L'Intégrale des questions au Gouvernement | 20/10/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse partielle
Monsieur le Premier ministre, depuis un mois, la jeunesse de notre pays exprime sa colère. Votre stratégie a eu des conséquences dramatiques. Quelles sont vos réponses ?
- 2:22ComplaisanteRéponse partielle
La parole est à Laurent Nunez.
- 2:58RelanceÉludée
Vous accusez le ministre de l'Intérieur de manipuler les services de renseignement pour les diriger vers La France insoumise. Qu'en est-il ?
- 3:58ComplaisanteRéponse partielle
La parole est à Marc Fresnau.
- 5:04OuverteRéponse directe
Comment entendez-vous garantir la paix civile et protéger les Français ?
- 6:52ComplaisanteRéponse partielle
La parole est au Premier ministre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:37Manuel BompardFait
« Mettez fin à Parcoursup qui pourrit l'avenir de nos enfants depuis que vous l'avez inventé. »
- 2:10Manuel BompardChiffre
« Débloquez 10 milliards d'euros nécessaires pour reconstruire la scolarité ravagée par vos politiques. »
- 2:58Laurent NunezFait
« Vous avez le soutien à l'ultra gauche radicalisée, ils mettent de l'huile sur le feu et font dégénérer les cortèges et créent des incidents graves. »
- 3:17Laurent NunezFait
« Vous avez accusé le ministre de l'intérieur de manipuler les services de renseignements pour les diriger vers La France insoumise, c'est faux. »
- 3:26Laurent NunezFait
« Les services de renseignements ne travaillent pas sur les partis politiques. »
- 7:34Sébastien LecornuFait
« Contrairement ce que nous venons d'entendre, nous croyons à la responsabilité individuelle lorsqu'il y a de la casse et des pillages. »
- 9:00Sébastien LecornuFait
« Il faut le comprendre, ça fait depuis très longtemps que de manière structurelle, il n'y a pas eu autant de rassemblements non déclarés. »
- 10:09Sébastien LecornuFait
« Pour la première fois, le mode opératoire, on l'a vu dès le début, à Paris, à Marseille... Des individus ont décidé de fonctionner en essaim et de semer la violence avec méthode et une organisation numérique. »
- 10:52Sébastien LecornuFait
« Ce mode opératoire a créé une confusion dans la manière de gérer l'ordre public tout au long de la journée. »
- 14:08Sébastien LecornuFait
« Le dispositif mis en place était un dispositif trop statique et pas assez mobile. »
- 16:03Sébastien LecornuFait
« Faire appel au contribuable et à la solidarité nationale pour réparer ce que les casseurs qui ont cassé. »
- 19:26Laure LavaletteFait
« Quand une mairie est brûlée, c'est la République qui est visée. »
- 20:53Laurent NunezFait
« Il y a eu dans le travail de renseignement que nous avons effectué, d'anticipation et de prévision, un certain nombre de manque d'anticipation sur deux choses : le volume de manifestants et la présence quasi systématique de casseurs et de pilleurs. »
- 24:05Boris VallaudFait
« Le Gouvernement a failli. Parce qu'il n'a pas écouté les revendications légitimes de la jeunesse. »
- 25:32Sébastien LecornuFait
« Demain, nous réunirons les organisations syndicales. Je suis préoccupé par la liberté de manifester. »
- 27:43Sébastien LecornuFait
« Sur les questions budgétaires, la question du pouvoir d'achat, avec tout ce qui peut se passer comme scénario sur le carburant. »
- 31:27Sylvain MaillardFait
« LFI accable nos forces de l'ordre, manipule nos lycéens avant de s'afficher tout sourire devant les caméras au milieu du chaos. »
- 34:46Eric CiottiChiffre
« 3 000 commerces pillés, 1 000 policiers et gendarmes blessés. Des actes que l'on doit qualifier de terroristes. »
- 35:39Eric CiottiFait
« Votre ouvrage sécuritaire n'est ni un accident ni un hasard. Nous payons 15 ans de renoncement de chaos migratoire, de laxisme pénal. »
- 37:49Sébastien LecornuFait
« Je vais développer des thèmes assez différents. Votre question pose bien le débat, oui, l'ordre public est le préalable à tout. »
- 41:35Sébastien LecornuFait
« Ce n'est pas à eux de subir les défaillances parfois de nos systèmes assuranciels et de nos procédures très longues. »
- 44:07Léa Balage El MarikyFait
« Votre Gouvernement, il a sa part de responsabilité. Depuis des semaines, de déployer des moyens pour faire taire les lycéens, vous utilisez des armes de guerre contre des enfants. »
- 48:13Corentin Le FurFait
« La défaillance majeure du ministère de l'intérieur ne peut pas rester sans conséquences. »
- 53:15Michaël TaverneFait
« Un dispositif sous dimensionné, des moyens de défense limités pour nos policiers et gendarmes et des manques de munitions. »
- 54:16Michaël TaverneFait
« On a merdé. Ca fait trop longtemps que ça dure. »
- 55:01Laurent NunezChiffre
« Sur le déploiement des forces, il y a eu une petite erreur d'anticipation, on vous le concède. 550 000, 220 000 qui étaient prévus. »
- 56:07Laurent NunezFait
« Il n'y a pas eu d'instructions contraires. Elles ont toujours été claires : impacter et empêcher les casseurs de piller. »
- 57:38Christophe NaegelenFait
« L'État a failli en ne protégeant pas notre République et ce symbole que représentent nos mairies. »
- 1:00:36Sébastien LecornuFait
« Il ne faut pas avoir un beau discours avec les syndicats de police. Certaines personnes en congé ont été rappelées et les congés de Toussaint n'ont pas été rappelés. »
- 1:01:19Sébastien LecornuFait
« Le seul fait que le parquet, que le service de police compétent en matière terroriste se soit saisi, le seul fait que le premier individu interpellé soit fiché S. »
- 1:02:42Sébastien LecornuFait
« Il est arrivé que des groupuscules d'extrême droite fassent des attentats, passent à l'acte, et régulièrement nos services sont mobilisés pour ce faire. »
- 1:04:23Emeline K-BidiFait
« Les forces de l'ordre ont semé la panique en gazant des manifestants sans défense alors que quelques rues plus loin, les commerçants étaient seuls à défendre leur gagne-pain. »
- 1:13:11Anne GenetetFait
« Trop de professeurs non remplacés, orientation subie, trop de pression, conditions de travail indignes. »
- 1:15:28Edouard GeffrayChiffre
« Entre 2017 et 2027, si on prend juste... Le budget a augmenté de 32 % avec des élèves en moins. »
- 1:22:20Mathilde PanotFait
« Vous nous désignez responsable des problèmes que vous avez vous-même créé pour vous dédouaner de votre bilan catastrophique. »
- 1:24:22Sébastien LecornuFait
« La manière dont vous avez instrumentalisé avec les membres de La France Insoumise cet article Mediapart qui fait état d'un commissaire de police anonyme c'est absolument scandaleux. »
- 1:25:05Fait
« vous êtes obligé de mentir et de vous vautrer dans les grands outrages pour créer le désordre. »
- 1:28:25Chiffre
« votre budget qui augmente les impôts de 18 milliards d'euros pour eux »
- 1:28:56Chiffre
« 3000 commerces pillés, ce n'est pas une erreur. Lors des émeutes de 2023, le milliard de dégâts avait déjà été payé totalement par les commerçants et les assureurs. »
- 1:28:56Chiffre
« La France est endettée de 2400 milliards d'euros depuis neuf ans »
- 1:30:17Serge PapinPromesse
« On a décidé tout de suite d'activer le chômage partiel. On l'a fait aussi pour les incendies en Gironde. C'est une aide de l'Etat qui permet aux salariés des prises en charge à 100 %. »
- 1:30:17Serge PapinPromesse
« On propose de différer les charges sociales. La BPI propose un prêt à taux zéro. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Yaël Braun-Pivet : Bonjour, la séance est ouverte. L'ordre du jour appelle les questions au Gouvernement. La première va être posée par Manuel Bompard.
- Manuel Bompard : Merci. Monsieur le Premier ministre, depuis un mois, la jeunesse de notre pays, des outre-mer comme de l'Hexagone, exprime sa colère. Mouvement d'une ampleur inédite. Depuis un mois, vous refusez de lui répondre autrement que par le mépris et la violence. Samedi, votre stratégie a eu des conséquences dramatiques. Votre amateurisme a fait le reste. Vous avez ajouté à la souffrance des commerçants que vous avez abandonnés et les manifestants maltraités. A la honte internationale de la répression contre nos enfants, vous avez ajouté des mairies incendiées et dégradées. Un fiasco dont vous êtes les uniques responsables. Vous ne vous en sortirez pas en manipulant les services
de renseignements comme l'a révélé Mediapart. Vous ne vous en sortirez pas davantage par la remise en cause des libertés fondamentales avec des couvre-feux ou des hélicoptères au-dessus de Paris. Il n'y a pas d'autre réponse à une crise politique qu'une réponse politique. Même le président Macron le reconnaît, les revendications sont légitimes.
Mettez fin à Parcoursup qui pourrit l'avenir de nos enfants depuis que vous l'avez inventé. Débloquez 10 milliards d'euros nécessaires pour reconstruire la scolarité ravagée par vos politiques. Bloquez les prix des carburants et augmentez le SMIC pour vivre dignement. Il faut renoncer à votre stratégie mortifère,
d'autres avant vous ont ont su céder
quand l'avenir de la patrie était en jeu. Chirac l'a fait, Pompidou aussi, et vous, qu'attendez-vous ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Nunez. - Laurent Nunez : Monsieur le député, votre question est très diverse, très large. Je voudrais rappeler une chose, vous déplorez que des commerces et pu être pillés. J'ai ma part de responsabilité dans la mise à disposition des dispositifs de sécurité. Vous avez le soutien à l'ultra gauche radicalisée,
ils mettent de l'huile sur le feu et font dégénérer les cortèges et créent des incidents graves. Vous avez accusé le ministre de l'intérieur de manipuler les services de renseignements pour les diriger vers La France insoumise, c'est faux. Il ne travaille pas sur les partis politiques. C'est faux. Jamais il n'a été demandé comme vous m'avez accusé,
sur LFI. C'est faux. C'est faux. C'est votre diversion. Vous avez jeté de l'huile sur le feu, il y a eu de graves incidents vous avez une part de responsabilité. Je vais vous répondre. L'ultra gauche ne serait pas responsable des incidents. Dans votre circonscription, d'où sont partis les cortèges ?
Les services de renseignements ne travaillent pas sur les partis politiques. Le trait d'union entre La France insoumise et certains groupuscules est réel. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Monsieur le député ? - Manuel Bompard : Vous avez perdu le contrôle. Vous démissionnez. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Monsieur le ministre ?
- Laurent Nunez : Condamner fermement les casseurs, les pilleurs, condamner les violences, je ne veux pas voir sur les sites de l'ultra gauche la glorification des pillages. Ce sont vos avis, ne l'oubliez pas. - Yaël Braun-Pivet : Merci. S'il vous plaît. La parole est à Marc Fresnau.
- Marc Fesneau : Il n'y a pas de camp à choisir. Il n'y a rien qui puisse se construire dans la violence et le désordre. Il n'y a pas d'alternative à l'ordre et à la paix civile. La loi de la violence, c'est la loi de l'émeute
est la loi du plus fort. C'est l'inverse de la démocratie. La violence débridée, n'est jamais une réponse aux inquiétudes des jeunes et des parents qui s'interrogent sur l'avenir. Une solution à la crise du pouvoir d'achat. Le désordre finit toujours par engendrer la servitude et frapper les plus faibles. La violence, c'est la paralysie. Ne rien y céder, c'est la solution. Ceux qui érigent la violence ou qui veulent prospérer sur le chaos portent la responsabilité
de désespérer un pays qui sait se dépasser lorsqu'il s'unit. S'unir contre la violence, ça ne devrait pas être une question. Pour nous, ça n'en est pas une. Rétablir l'ordre, c'est le moins qu'on doit aux Français. On doit avancer pour bâtir, réparer. Vous réunissez les forces politiques à Matignon. C'est nécessaire. Mais les Français qui ressentent de la honte et de la colère attendent surtout des actes. Comment entendez-vous garantir la paix civile et protéger les Français ? L'ordre établi comme préalable à tout, quelles initiatives politiques comptez-vous prendre
pour redonner des perspectives à notre jeunesse et engager notre pays sur le chemin de la réconciliation ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est au Premier ministre. - Sébastien Lecornu : Merci.
Je vais développer des thèmes assez différents. Votre question pose bien le débat, oui, l'ordre public est le préalable à tout.
Contrairement ce que nous venons d'entendre, nous croyons à la responsabilité individuelle lorsqu'il y a de la casse et des pillages. Ce sont les casseurs et les pilleurs qui sont responsables et non l'introduction d'une rhétorique qui laisserait à penser que les pouvoirs publics seraient à l'origine de cette casse et du pillage. Le soutien aux forces de sécurité intérieure est le préalable de tout. 1 000 policiers et gendarmes blessés le week-end dernier. Il faut que la représentation nationale rapporte un soutien clair franc et massif. Le gouvernement précédent et les gouvernements qui suivront.
C'est la permanence de l'Etat. Ce qui vaut pour les policiers et gendarmes vaut pour les enseignants et le service public. Je m'étonne de voir rappeler cette évidence. C'est la permanence de la République. Je vais revenir avec ordre et méthode sur plusieurs éléments. Le Gouvernement le doit aux représentants de la nation que vous êtes.
Transparent sur l'état de la menace de ce qui s'est passé samedi dernier et transparence sur ce qui n'a pas fonctionné pour mettre un peu de rationalité et de raison dans un débat politique préélectoral qui commence assez fort. La première des choses, il faut le comprendre, ça fait depuis très longtemps que de manière structurelle, il n'y a pas eu autant de rassemblements non déclarés. Non signalés. Vous le savez, dans l'organisation de l'expression des libertés syndicales, il y a la nécessité pour sécuriser celles et ceux qui veulent manifester, parce qu'ils sont pas d'accord avec la politique du Gouvernement, des systèmes de déclarations qui doivent être respectées.
Il y aura une enquête parlementaire. C'est la première des choses sur laquelle il faut revenir. La deuxième des choses, c'est les services de renseignements qui reviendront devant vous, un mode opératoire inédit
dans la manière dont des personnes violentes s'y sont pris. D'habitude, pour être schématique, les violences s'insèrent dans les cortèges et crée la pagaille et le chaos en fin de cortège et en fin de manifestations. Pour la première fois, le mode opératoire, on l'a vu dès le début, à Paris, à Marseille... Des individus ont décidé de fonctionner en essaim et de semer la violence avec méthode et une organisation numérique.
La France insoumise, vous avez du mal à entendre. Ce mode opératoire a créé une confusion dans la manière de gérer l'ordre public tout au long de la journée. Troisième des choses, et nous en produirons des preuves, c'est la planification dans certains endroits d'un schéma insurrectionnel. Il est mené par des groupuscules d'extrême-gauche et d'ultra gauche. Ce qui s'est passé sur la mairie de Limoges en est un exemple. Une interpellation a été faite ce matin. Cet individu interpellé est malheureusement connu des services
parce qu'il était fiché S. On a du mal à être dans une naïveté béante de la réalité de la participation de ces groupuscules.
Quand on est républicain ou démocrate, quel que soit son sentiment sur la personne du président de la République, notre démocratie on ne tolère pas que les groupuscules puissent marcher sur l'Elysée et Matignon. Enfin,
le dernier mouvement de la journée de samedi que l'on retrouve le soir du dimanche, est rejointe par une délinquance plus générale. Beaucoup d'interpellations, j'y reviendrai. C'était un objectif de pillage avec comme point commun une coordination par les réseaux sociaux. Ce qui n'a pas fonctionné, plusieurs évidences. L'incapacité de notre renseignement à tout voir. Ca vient créer une eau propre et une nouvelle infamie par les députés de La France insoumise en laissant à penser que la police se livra du renseignement politique, c'est faux depuis les années 90. Il n'y a pas besoin de mentir et de faire circuler de fausses informations. Il est impensable qu'un Gouvernement puissent donner de pareilles instructions. Le dispositif mis en place était un dispositif trop statique et pas assez mobile.
Vous y reviendrez j'imagine, dans le cas de la commission d'enquête. On voit bien qu'à Paris, il y a eu beaucoup d'efficacité. Face aux essaim de délinquants, de pilleurs ou de casseurs, et l'utilisation plus mobile des forces qui a été efficace.
Nous en tirerons des conclusions assez rapide. Le ministre de l'Intérieur a fait un choix et je le respecte. C'est de ne pas avoir annulé les congés longue durés pour les policiers et gendarmes qui avaient été largement sollicités en Hexagone et en outre-mer. S'il n'y a pas de bavure, qui ne sont pas la majorité du genre contrairement à ce qu'on veut raconter, c'est parce que le repos physiologique fait aussi partie des décisions de commandement. L'objectif est assez simple, c'est le retour à l'ordre immédiat. La première des choses, ce sont ces couvre-feux. Ils sont efficaces.
Cette nuit, ça a ramené le calme. Nous y reviendrons à jours qui viendront.
De nombreuse interpellations, garde-à-vue samedi et dimanche dernier. Aussi sur les pillages. Nous avons enclenché des moyens judiciaires et d'enquête notamment du côté du ministère de l'intérieur. Nous disposons de pièces à conviction, images, vidéos qui nous permettront de multiplier des interpellations notamment sur l'ensemble de celles et ceux qui ont volé. 200 enquêteurs sont mobilisés sur la zone de Paris. Il faudra avancer sur la réparation civile. Le projet de loi "casseur-payeur".
Faire appel au contribuable et à la solidarité nationale pour réparer ce que les casseurs qui ont cassé. Cette responsabilité civile, la capacité à aller chercher sur les comptes bancaires de celles et ceux qui ont cassé y compris sur les allocations sociales est absolument indispensable. Je veux que ce texte aille jusqu'à son terme. Il y a les manifestations à venir. Le ministre de l'Intérieur a donné des instructions aux préfectures. Le dispositif de samedi prochain sera massif, monsieur le ministre. Il sera présenté au ministre de l'Intérieur.
J'aurai l'occasion de me le faire présenter jeudi prochain. On y reviendra avec les formations politiques je réunirai jeudi à Matignon. Un certain nombre d'entre elles m'ont saisi. Ca pose la question de sécurisation de l'exercice démocratique. Avec les organisations syndicales, on reviendra sur la sécurisation de la liberté d'expression des syndicats. Il n'aura pas que ce thème. Je reviendrai dans d'autres questions sur la question des lycéens et les réponses que le Gouvernement entend apporter.
Le retour à l'ordre est le préalable de tout. Les policiers et gendarmes... On peut toujours compter le nombre d'escadrons mobiles. J'ai le sentiment que dans le moment où nous nous trouvons il y a un combat politique et culturel, à mener contre la violence. Il faut une bonne fois pour toutes choisir son camp entre la violence et la république !
- Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laure Lavalette.
- Laure Lavalette : Il y a quelques mois je vous alertais sur l'intégration de l'autorité. Je vous demandais pourquoi Gérald Darmanin était encore là. Après le stade de France, après les émeutes de juillet 2023, comme à chaque fois, vous n'avez pas répondu. Le monde entier a découvert une France saccagée et incendiée. Des milliers de commerces pris pour cible, des commissariats attaqués... Cette haine n'est pas seulement physique mais elle est politique. Elle ne s'en prend plus seulement aux murs mais à ce que nous sommes. Quand une Marianne est brisée, ce sont les Français qui sont humiliés. Quand une mairie est brûlée,
c'est la République qui est visée.
Nous avons le soutien le plus vif. L'histoire ne retiendra rien de la décennie qui s'achève sinon l'antagonie d'une nation et des incantations insupportables des appels au secours de son propre peuple. Une immigration anarchique en est la cause. En attendant la fin de ce mandat interminable, ma question est simple : êtes-vous en capacité de maintenir la sécurité de l'Etat ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Nunez. - Laurent Nunez : Merci. Madame la députée, vous avez entendu le Premier ministre qui a décrit la situation que nous avons vécue le 17 octobre. Je le redis, il y a eu dans le travail de renseignement que nous avons effectué, d'anticipation et de prévision, un certain nombre de manque d'anticipation sur deux choses. Le volume de manifestants
et la présence quasi systématique de casseurs et de pilleurs qui sont venus se greffer aux cortèges pour piller et casser. Ils l'ont fait de manière à disperser les forces et éclater le dispositif des policiers pour qu'il soit plus difficile à appréhender. Je salue le travail remarquable. Mais il n'en demeure pas moins que des centaines de commerces ont été pillés, vandalisés, que des bâtiments publics ont été ciblés... C'est généralement la signature de l'ultra gauche et de l'extrême gauche radicale.
Nous allons monter en gamme pour le dispositif du 17 octobre en termes de force engagée et en termes de réactivité de mobilité pour impacter les groupes qui dispersent ces forces de l'ordre de manière planifiée et stratégique. Nous allons poursuivre ce combat. Je regrette profondément ce qui s'est passé. J'assume ma part de responsabilité. Je l'ai dit. Mais je ne voudrais pas qu'on oublie qu'il y a une responsabilité forte d'un certain camp politique qui n'hésite pas à jeter de l'huile sur le feu ni à la responsabilité des casseurs.
- Yaël Braun-Pivet : Merci. - Laure Lavalette : Jusqu'alors,
on a été exempté de ces menaces urbaines, de ce qu'on a vécu samedi midi samedi. Tout ça pour 20 petites interpellations. 20. Il n'y a plus une France qui va bien, il n'y a plus qu'une France qui attend que votre mandat s'écourte. - Laurent Nunez : Samedi prochain et dans les jours qui viennent, c'est moi qui serai aux commandes. Comptez sur moi pour être extrêmement ferme. Nous serons au rendez-vous. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Un peu de silence s'il vous plaît.
Je donne la parole à Boris Vallaud. - Boris Vallaud : Monsieur le Premier ministre, nous avons assisté avec stupéfaction à des scènes inacceptables, de violence et de pillage dont les auteurs devront être sévèrement sanctionnés. Nous les condamnons sans réserve. Ils trahissent l'ordre républicain. Le Gouvernement a failli. Parce qu'il n'a pas écouté les revendications légitimes de la jeunesse. Parce qu'il n'a pas pris la mesure des difficultés des Français face à la cherté de la vie en Hexagone et en outre-mer. Il n'a pas été capable de laisser la liberté de manifester sans être blessé ou gazé. Il a failli car les dispositifs ont été attaqués en toute impunité.
Nos maires ont été abandonnés. Il a rejeté la faute sur les autres en opposant des camps alors que notre pays a besoin de concorde. Il a laissé nos policiers et gendarmes en première ligne face aux casseurs. Après l'abandon de l'université, de l'hôpital public, de l'école publique, voici l'abandon de la sécurité publique. Voici la conclusion de 10 ans de macronisme. Il n'y aura pas de sortie de crise sans réponse politique. Répondez maintenant à l'impatience lycéenne et à la colère sociale qui partout s'exprime. Pour la jeunesse de notre pays,
nous vous demandons des moyens pour la rénovation des bâtiments scolaires, l'ouverture de postes dans l'Education nationale, la suppression de Parcoursup, pour le pouvoir d'achat, nous vous demandons d'agir urgemment. C'est simple, c'est concret, cela permettra d'apaiser le pays. La France a besoin d'un chemin, cela ne peut attendre et il y a urgence. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est au premier ministre. - Sébastien Lecornu : Merci beaucoup. J'ai été long tout à l'heure. Je vais me permettre de répondre
précisément à votre question en étant plus court. Il y a un point sur lequel je vous rejoins. La nécessité d'une réponse politique. Il y a un point sur lequel je vous suis moins avec respect, j'ai porté l'uniforme, on ne peut pas passer successivement de trois semaines dans lesquelles on dit que la police blesse à dire : "Que fait la police ?". Il faut être clair. On ne peut pas d'un côté dire qu'il faut interdire un certain nombre d'armements intermédiaires,
qui sont en dessous de l'armement létal et que quand on a une violence inouïe, découvrir qu'on a exposé les gendarmes à une violence certaine. J'entends ne pas traiter cela sur le terrain polémique, il faut traiter cela sur le fond. Vous connaissez mes convictions d'homme de droite sur ce sujet mais je pense qu'il est temps d'objectiver ce qu'est vraiment la maîtrise du maintien de l'ordre en France aujourd'hui. Aujourd'hui, on dit des choses fausses. Il ne faut pas rester immobile dès lors que la menace bouge. Ca nous amène au coeur de votre question,
la réponse politique. Demain, nous réunirons les organisations syndicales. Je suis préoccupé par la liberté de manifester. J'y suis viscéralement attaché. Je suis démocrate. Aujourd'hui, elle est précisément mise en danger par des membres de l'ultra gauche et de l'extrême gauche. Et de là, la capacité à sécuriser les cortèges, on y reviendra. On ne va pas parler que de ça. Sur les questions budgétaires, la question du pouvoir d'achat, avec tout ce qui peut se passer comme scénario sur le carburant, également, donner un mandat précis au ministre du Travail pour ouvrir un certain nombre de réflexions que nous pourrions reprendre en fin de discussion budgétaire en décembre lors de la seconde lecture. Demain, je ne fais pas d'annonce avant les avoir vu sans quoi je ne respecterais pas la démocratie sociale. En revanche, sur les mouvements lycéens, vous le savez, on a plus de 100 000 contributions sur cette plate-forme.
J'habite à ce qu'elle ne soit pas méprisée.
Elle a été accueillie avec un peu de dédain mais on voit que c'est une matière précieuse, foisonnante, qui nous apprend des choses directes, y compris des choses en lien avec les 10 ans de mandat du président de la République. Il va falloir regarder cette plate-forme avec beaucoup de transparence. L'ensemble de la communauté éducative, les étudiants, les lycéens, les parents,
on va organiser des premières annonces que nous allons mettre sur la table et dont le Parlement va pouvoir s'emparer. Nous allons pouvoir en débattre. Cette crise tombe lorsque nous avons un enjeu budgétaire. Ca va nous permettre de prendre date et d'enrichir le PLF ou le PLFSS pour l'année prochaine. S'il faut une réponse politique, elle passera aussi par une vision pour cette génération. Cette vision, personne ne croirait un seul instant que le Gouvernement, par quelques amendements, peut la défendre d'un coup de baguette magique. Demain,
je ferai cette proposition aux organisations syndicales. Il faut que toute cette matière qui remonte, il faut que les candidats à la présidentielle s'en emparent avec des mesures d'urgence pour les lycéens et les étudiants et les mesures de moyens et longs termes. C'est à la campagne présidentielle de le trancher. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Sylvain Maillard. - Sylvain Maillard : Merci.
Ma question s'adresse au ministre de l'Intérieur. Ce week-end, Paris a été mise à sac. Sous les yeux du monde entier et de nos riverains effrayés.
Tirs de mortier, pillage, commerces attaqués, les Champs-Elysées. Partout en France, le bilan est accablant. Près de 2000 policiers et gendarmes blessés, des pompiers pris pour cible, plus de 3000 commerces pillés. A Limoges, la mairie est en flammes. Dimanche matin, vitrines brisées, le travail de toute une vie perdu en une nuit. Aujourd'hui, ils se sentent abandonnés. Je soutiens nos policiers, nos gendarmes et nos sapeurs-pompiers. Face à ceux qui voulaient parfois les tuer, ils ont tenu. Nous saluons leur courage. Pendant ce temps, LFI accable nos forces de l'ordre, manipule nos lycéens avant de s'afficher
tout sourire devant les caméras au milieu du chaos. Face aux casseurs, tolérance zéro. Ceux qui cassent doivent payer. Ce n'est plus aux Français de payer la facture de la violence. Monsieur le ministre, et samedi prochain ? Qu'est-ce qu'on fait ? Notre groupe demande l'interdiction de la géolocalisation des vidéos de pillage sur les réseaux sociaux dès qu'une manifestation dérape. Aussi, nous demandons de déployer des militaires de sentinelle pour permettre aux policiers et gendarmes d'être plus nombreux et plus mobiles. Comment comptez-vous faire pour garantir
de nouveau l'ordre dans notre pays ? Face aux voyous, aux criminels, l'Etat ne peut pas avoir la main qui tremble. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Nunez. Un peu de silence s'il vous plaît. - Laurent Nunez : Monsieur le député, aux forces de sécurité intérieure. J'étais hier soir à Marseille avec des escadrons et des effectifs de la direction interdépartementale de la sécurité, de la police nationale des Bouches-du-Rhône. Ils m'ont écrit des scènes d'agression stupéfiantes. L'un d'eux a été grièvement blessé.
Que cela soit entendu sur tous les bancs de l'Assemblée nationale. C'était une tentative de meurtre. Il y a trois types de mesures sur lesquelles nous travaillons. La première : réfléchir à la possibilité d'interdire les manifestations qui ne seraient pas déclarées pour ce samedi 24 voire d'interdire des manifestations qui seraient déclarées et dont l'organisateur ne nous laisserait pas à penser que la manifestation pourrait déraper. Oui, il y aura des sentinelles en renfort pour dégager les policiers et gendarmes pour assurer des missions de maintien de l'ordre.
Troisième point, samedi, nous serons confrontés aux mêmes types de casseurs mobiles donc il nous faut renforcer le volume d'effectifs disponibles, renforcer les unités déployées en mobilisant la BRI, les Centaur... Ils étaient mobilisés samedi mais il faut aller au-delà. Puis, avoir une doctrine plus axée sur la réalité et la mobilité car ils sont extrêmement mobiles. Comptez sur moi. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Eric Ciotti.
- Eric Ciotti : Ce week-end, la République a vacillé. Elle a vacillé face au déchaînement de violence venue de l'extrême gauche, de LFI... Des préfectures envahies, des mairies attaquées, celle de Limoges incendiée. Marianne renversée. Des médias ciblés, des grands patrons menacés d'assassinat. 3 000 commerces pillés, 1 000 policiers et gendarmes blessés. Des actes que l'on doit qualifier de terroristes. Un Notre-Dame républicain avec l'effondrement du beffroi
de la mairie de Limoges.
Face à ces tentatives d'insurrection, nos policiers, nos gendarmes, nos préfets ont tenu malgré des ordres incohérents. Ils ont érigé le dernier bouclier de la République, j'y ajouterais les policiers municipaux et les pompiers. Rendons-leur hommage, applaudissons-les, ils ont tenu les portes de l'enfer. Pendant qu'ils tenaient, votre Gouvernement a failli.
Votre ouvrage sécuritaire n'est ni un accident ni un hasard. Nous payons 15 ans de renoncement de chaos migratoire, de laxisme pénal. Je vous appelle au sursaut, combien de force mobiliserez-vous samedi, allez-vous interdire toutes les manifestations supprimez les allocations familiales, expulsez les émeutiers des logements, expulsez les étrangers condamnés, dissoudre tous les groupes terroristes d'ultra gauche ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est au Premier ministre. - Sébastien Lecornu : Je passe le terrain polémique et politicien de votre question. Je convoquerais l'actualité en Italie le week-end dernier qui a laissé voir des scènes terribles de pillage, d'agression et de violence urbaine. Or, le bilan que vous semblez vouloir estimer pour nous autres ne s'applique pas sur la manière de rendre ni la justice ni la police en Italie. Ca nous amène à un constat sur ce qu'est la violence, comment elle se propage dans nos sociétés
notamment par les réseaux sociaux. Vous parlez d'ordres incohérents. Je vous ai expliqué tout à l'heure,
j'ai déjà largement répondu à votre question sur les raisons pour lesquelles il y a eu une perte de contrôle sur certains moments et dans certaines villes. Je vous ai déjà répondu en disant que samedi prochain, le dispositif sera massif, on aura l'occasion de le présenter sans démagogie, sans coup de menton parce que c'est aussi ça respecter les forces de sécurité intérieure. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Marcangeli.
- Laurent Marcangeli : Monsieur le Premier ministre, comme des millions de Françaises et de Français, samedi, j'ai été médusé lorsque je découvris les scènes de violence, de débordement, de haine, de destruction à Paris et sur l'ensemble du territoire national, qui ont fait tant de dégâts. Mes premières pensées vont naturellement vers les Françaises et les Français dans leur ensemble qui ne peuvent plus supporter ces images. Mes pensées vont vers celles et ceux qui ont été les principales victimes.
Je pense à nos commerçants, à Paris comme ailleurs, victimes de cette violence aveugle. Parfois violentées dans leur chair et dans leur outil de travail, outils de leur vie. Je veux penser à l'ensemble des services publics, mobilisés pour empêcher la violence de s'abattre pour sauver les personnes en proie au danger comme nos sapeurs-pompiers. Je veux avoir une pensée pour nos agents publics qui nettoient nos rues après ces déferlements de violence et de haine. Je veux une pensée pour ceux qui ont perdu leur combat et qui les ont amenés à manifester. Eux aussi ont été victimes.
On ne parle plus de nos lycéens. On ne parle plus de nos salariés. On parle avant tout de violence. Je veux une pensée pour nos policiers. Honte à ceux qui font croire à la nation française que les policiers sont responsables de ce qui s'est passé. C'est le fruit de la violence de l'ultra gauche. C'est le fruit d'une politisation extrême. Cela vous a été posé par plusieurs présidents de groupe, les Français attendent l'ordre républicain avant tout. Samedi, quel dispositif sera mis en place pour éviter qu'on ait l'acte deux, l'acte trois ?
Les Français veulent de l'ordre et des réponses. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est au Premier ministre. - Sébastien Lecornu : Vos propos correspondent à ce que je pense. Merci d'être venu sur la question des commerçants. Tout à l'heure j'ai été long. Je profite de cette question pour dire que ce n'est pas à eux de subir les défaillances parfois de nos systèmes assuranciels et de nos procédures très longues. Les ministres sont mobilisés. Un fonds de soutien dédié,
des plans d'accompagnement, de la relance. Beaucoup de stocks ont été pillés. Pour les commerçants qui avaient préparé leur stock pour les fêtes,
il est impensable qu'ils soient les premières victimes de cette affaire. C'est une priorité absolue, quitte à se retourner en responsabilité civile contre celles et ceux qui ont cassé. Ne pas faire attendre les commerçants. C'est une priorité pour moi.
On va faire un amendement pour le projet de loi de finances pour avoir les différents vecteurs qui permettent d'y répondre. Ce que demandent nos commerçants, ce ne sont pas des aides, c'est que ça ne se reproduise pas. Dispositif massif, je l'ai dit.
Pour le couvre-feu, si j'ai pris cette décision hier matin, c'est parce que le monde commerçant le réclamait. Je remercie les maires qui ont pris leur responsabilité soit en prenant un arrêté de couvre-feu soit en l'ayant fait faire par le préfet par le dialogue constructif. Pour le reste, j'aurais l'occasion de revenir devant vous jeudi avec les formations politiques. Le dispositif sera stabilisé et nous pourrons vous le présenter. - Yaël Braun-Pivet : Merci.
La parole est à Léa Balage El Mariky. - Léa Balage El Mariky : La République recule, elle est en danger. C'est à cause de vous. C'est à cause de votre Gouvernement. Depuis samedi, nous assistons à votre faillite morale et politique. Près d'un million de personnes ont défilé dans les rues de France pour réclamer des droits et un avenir. Nous aurions dû parler d'eux aujourd'hui. Des jeunes qui demandent des profs. Des parents qui veulent amener leurs enfants en vacances en été. Votre faillite est totale et vous avez empêché ce mouvement d'exister. La police est trop occupée à gazer au lieu de sécuriser les commerces. Ce chaos, c'est le votre.
Vous voulez ajouter la peur.
Des couvre-feu, des garde-à-vue contre notre jeunesse. Contre qui êtes-vous en guerre ? Contre la France, les Français ? Vous faites de la contestation à l'ennemi vous désignez des boucs émissaires pour fuir vos responsabilités. Il y a 10 ans, votre camp a été élu pour faire barrage, il fait déjà désormais la bascule à l'extrême droite. La jeunesse se souviendra des responsables politiques coupables de l'avoir abandonnée. Chers collègues, il existe un autre chemin. Celui que Victor Hugo nous a exhorté à prendre. Il était ni insoumis, ni d'ultra gauche et personne n'oserait
le qualifier d'anti républicain. C'est la misère qui ouvre les abîmes.
Faites des lois contre la misère et renevez à la République. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est au ministre de l'Intérieur. - Laurent Nunez : Je suis le garant de la liberté de manifester. Quand les cortèges se déroulent paisiblement, les forces de sécurité intérieure garantissent leur déroulé. Vous citez ce qui se passe sur la place de la République. Je ne comprends pas que certains parlementaires dans vos rangs ne condamnent pas ce qui s'est passé. Dès le début du rassemblement, c'était le point de départ du cortège,
des individus se sont grimés, ont constitué leur black bloc. Ils s'en sont pris aux forces de l'ordre et aux commerces. Dans ces conditions, le préfet de police a fait donner
la force pour disperser ces groupes. Vous oubliez de signaler qu'il a permis aux cortèges de cheminer et de se dérouler normalement. Je ne suis pas en guerre contre les manifestants. Je serai toujours en guerre contre les casseurs, les pilleurs, ceux qui viennent perturber vos cortèges. Je redis ce que j'ai dit devant la représentation nationale, ayez l'honnêteté de le reconnaître. Sans la présence des forces de sécurité intérieure, je dirais jamais ce que dit Jean-Luc Mélenchon, s'il n'y a pas de police, il n'y a pas de cortège joyeux. C'est le désordre. Dimanche,
ils ont commencé dès le départ. Nous avons répondu. Le cortège a eu lieu et l'expression démocratique a eu lieu. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Madame la députée ? - Léa Balage El Mariki : Des milliers de personnes ont été empêchés de manifester. Ils sont gazés et mutilés. C'est votre bilan. Démissionnez. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Monsieur le ministre ?
- Laurent Nunez : Les actions ont les ont empêché de passer. Il faut condamner les casseurs fermement. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Corentin Le Fur.
- Corentin Le Fur : Je ressens beaucoup de tristesse et de colère après la journée de samedi. Dans toutes les villes, puis aucune de nos vies n'est épargnée. L'anarchie gagne l'ensemble du pays. Nos jeunes qui ont des revendications légitimes sont les otages de barbares qui ne respectent rien. L'autorité de l'Etat a failli, la République a été attaquée et des commerçants ont vu le travail de toute une vie réduit à néant. Les images désolantes de ce déferlement de haine ont fait le tour du monde. Cela porte un coup à l'image de notre pays. Quelle honte pour la France. Je veux saluer le courage et l'action remarquable des forces de l'ordre et des pompiers. La défaillance majeure du ministère de l'intérieur ne peut pas rester sans conséquences. Monsieur le Premier ministre,
il doit y avoir un avant et un après le 17 octobre. Vous avez deux devoirs, la lucidité et l'action. Tout le contraire de la prise de parole inutile du président de la République devenu le commentateur de sa propre impuissance. Nous demandons une réponse forte et implacable pour en finir avec l'impunité et l'impuissance, avec une seule priorité, rétablir l'ordre. Bruno Retailleau demande l'état d'urgence, les casseurs se croient tout permis, frappons-les durement. C'est le sens de ma proposition de loi " casseur-payeur ". Elle doit être votée sans délai.
La France des casseurs ne doit pas faire oublier la France des bâtisseurs. Cette France qui travaille, entreprend, respecte les règles et aspire à vivre en paix. C'est à cette France que nous devons redonner de la détermination et de l'espoir. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Nunez. - Laurent Nunez : Merci. Merci pour la tonalité de votre question. Bien loin des polémiques dans la crise que nous vivons actuellement. Vous dire que l'histoire
du maintien de l'ordre dans notre pays est jalonnée d'incidents graves qui ont fait que notre doctrine n'a eu de cesse d'évoluer. C'est bien ce que nous allons faire. Nous allons vivement réfléchir à plat, et inviter la représentation nationale à cette réflexion. Il y aura bien un avant et un après. On a assisté à des scènes samedi qui étaient totalement inédites. Il faut l'humilité de le reconnaître. C'était totalement inédit. Des casseurs et des pilleurs
aussi dispersés et une organisation de l'extrême gauche qui ne correspondait pas aux pratiques habituelles qui consistent à faire dégénérer les cortèges. Il y aura une évolution de la doctrine du maintien de l'ordre. Ce n'est pas juste du maintien de l'ordre, on bascule dans l'émeute et dans la violence urbaine. C'est une autre réponse policière qu'il faut apporter. Sur les textes, son évolution, le Premier ministre a été assez clair. Il n'a pas exclu l'état d'urgence. Pour l'instant les conditions sont pas réunies. Mais il faut préserver l'ordre public. Tel est le cas de mesures de couvre-feu, chaque fois qu'il y a un trouble à l'ordre public,
des mesures d'interdiction de rassemblement, de manifestations.
Il y aura la loi "casseur-payeur" qui sera discutée en disant que ceux qui participent à un attroupement pourront être mis en cause. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Michaël Taverne. - Michaël Taverne : Merci. Monsieur le ministre de l'Intérieur, quel désastre. Les images de ce week-end sont insupportables. Le macronisme aura transformé la France en champ de ruines. Ils ont fait preuve de passivité et ont augmenté le laxisme autoritaire, judiciaire. Votre bilan sera un naufrage. Je voudrais avoir une pensée pour nos policiers,
gendarmes et pompiers qui ont fait preuve d'un professionnalisme et d'un discernement exemplaire. Ils ont tenu et ont permis à la France de rester debout face aux sauvages qui s'en sont pris aux plus fragiles et ceux qui travaillent.
La France Insoumise souffle sur les braises et légitime la violence. Elle est présente dans cet hémicycle grâce à des alliances avec le macronisme en 2024. Votre manque d'anticipation a eu des conséquences dramatiques pour la France. Un dispositif sous dimensionné, des moyens de défense limités pour nos policiers et gendarmes et des manques de munitions. Les instructions quant à elles n'ont pas été données voire elles ont été contradictoires. Vous ne maîtrisez plus rien. Quelles en sont les raisons ? Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Les moyens sont-ils à la hauteur ? Les policiers de renseignements ne doivent
pas être les boucs émissaires. On a merdé. Ca fait trop longtemps que ça dure.
A part demander pardon à nos compatriotes, quand renoncez-vous ? Il faut rétablir l'ordre, faire payer les casseurs et rendre une justice ferme. Ce sera avec Jordan Bardella. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Nunez. - Laurent Nunez : Monsieur le député, je crois que nous n'avons pas le même niveau d'information sur ce qui s'est passé samedi. Sur le déploiement des forces, il y a eu une petite erreur d'anticipation, on vous le concède. 550 000, 220 000 qui étaient prévus.
Ca ne vous empêche pas et ça ne vous excuse pas de dire n'importe quoi. Tous les dispositifs du pays ont été déployés. On l'établira devant la Commission d'enquête. Il n'y a pas eu d'instructions contraires. Elles ont toujours été claires :
impacter et empêcher les casseurs de piller. Concernant le manque de munitions, il n'y en a pas eu. Vous le savez très bien. Depuis les émeutes de juillet 2023, nous avons réapprovisionné les stocks. Il y a pu y avoir des problèmes d'acheminement parce qu'il y avait des casseurs et des pilleurs. L'armement intermédiaire est complètement utilisé. Vous qui avez beaucoup d'expérience sur ces questions, vous savez que l'ordre public et la sécurité publique, c'est beaucoup d'humilité.
J'en ai beaucoup. Regardez ce qui se passe en Italie. Il faut avoir beaucoup d'humilité sur ces sujets. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Monsieur le député ?
- Michaël Taverne : Il faut rétablir l'ordre pour les Français et la sécurité des Français.
Nous incarnerons la renaissance de la France. - Yaël Braun-Pivet : Merci. S'il vous plaît. - Laurent Nunez : Monsieur le député Michaël Taverne, ne doutez pas de ma détermination à maintenir l'ordre. Je suis là maintenant et aujourd'hui. C'est maintenant que ça se passe. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Christophe Naegelen. - Christophe Naegelen : Merci. Monsieur le Premier ministre, ce qui s'est passé dans de nombreuses villes en France ce week-end est intolérable. La colère et la honte
dans notre pays. Vous avez condamné avec sévérité ces casseurs, il faut venir au constat. Il est clair : l'Etat a failli.
En ne protégeant pas notre République et ce symbole que représentent nos mairies. En ne protégeant pas nos commerçants, artisans, représentants du terrain du monde économique, qui ont vu leur vie brisée en quelques heures. En laissant les policiers et gendarmes en sous-effectif et en les mettant en danger, j'ai une pensée pour eux. En laissant des pilleurs et des casseurs détruire. Ils ont empêché nos concitoyens d'exprimer leurs problèmes sociaux. Comment expliquez-vous cette erreur d'appréciation du danger et cette incapacité à anticiper les débordements ?
Combien d'escadrons de gendarmerie mobile et de CRS étaient mobilisés ? Où étaient les centaures et les canons à eau ? Comment envisagez-vous les prochaines manifestations afin
de garantir la sécurité de tous ? Pour les commerçants, de combien seront les compensations ? Qui va payer les dégâts ? In fine, ce qu'on constate,
c'est que les arbitrages sécuritaires, ce sont toujours les mêmes qui payent. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est au Premier ministre. - Sébastien Lecornu : Merci. Sur la dernière partie de votre question, je crois comprendre que vous soutiendrez le projet de loi "Casseur-payeur". La responsabilité civile existe déjà. Le Sénat s'emparera de ce texte et ça nous permettra d'avoir des outils nouveaux, qui fera en sorte de basculer non seulement de la réponse pénale à la réponse civile et de faire en sorte que le contribuable ne soit pas à chaque
fois sollicité pour rembourser et réparer ce qui a été cassé. Je tiens donc pour acquis que le texte est une priorité pour l'ordre du jour à l'Assemblée nationale. Il est faux de dire qu'il y avait une large sous mobilisation des forces de l'ordre. Un arbitrage a été pris. Il faut l'assumer ou non. Mais il ne faut pas avoir un beau discours avec les syndicats de police. Certaines personnes en congé ont été rappelées et les congés de Toussaint n'ont pas été rappelés. Ils avaient été mobilisés pendant plus de trois semaines en Hexagone et en outre-mer. Reprochez-nous de ne pas les avoir rappelé de vacances.
Ce serait plus clair. Il faut dire des vérités. Troisième chose, j'en profite pour aller plus loin, on ne peut pas faire comme si le diagnostic sur l'état de la menace, la radicalité de la menace, est un trouble classique à l'ordre public. Le seul fait que le parquet, que le service de police compétent en matière terroriste se soit saisi, le seul fait que le premier individu interpellé soit fiché S, je m'arrête là. Ce sera au procureur de Limoges de communiquer. J'ai l'impression qu'une partie de la classe politique fait comme si il ne se passait pas quelque chose de nouveau dans l'état de la menace. Si ce n'était qu'un problème de stock de grenades lacrymogènes, ce serait simple à régler. D'ailleurs, c'est plus compliqué que ça. A travers vous, j'en profite pour parler aux Français. Mais je vous invite avec votre groupe et l'ensemble de la représentation nationale, ici, à s'emparer avec beaucoup de lucidité
de cette menace que porte l'ultra gauche et la gauche radicale qui, désormais, dans un agenda de déstabilisation de nos institutions... Pourquoi la préfecture et la mairie à Limoges ont été ciblées ? Le symbole est clair. Ce n'est pas pour améliorer les fins de mois, pour supprimer Parcoursup. On est loin des revendications. Il faut faire preuve de clarté. Y compris dans l'état de la menace. Il est arrivé que des groupuscules d'extrême droite fassent des attentats, passent à l'acte,
et régulièrement nos services sont mobilisés pour ce faire. On a une mutation dans les violences que porte l'ultra gauche
dans lesquelles je sens qu'il y a un coupable, une forme de naïveté qui s'installe dans ce phénomène, qui va durer. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Monsieur le député ? - Christophe Naegelen : Merci. La Commission d'enquête des parlementaires éclairera la représentation nationale. On a besoin d'avoir la certitude que cela ne se reproduira pas. Et que nos acteurs économiques vont être indemnisés. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Emeline K-Bidi. - Emeline K-Bidi : Merci. Partout en France hexagonale et en outre-mer, nous avons assisté à des scènes d'une violence inouïe. Ces violences,
nous les condamnons avec force. Mais nous disons aussi qu'elle aurait pu être évitée. Votre Gouvernement, il a sa part de responsabilité. Depuis des semaines, de déployer des moyens pour faire taire les lycéens, vous utilisez des armes de guerre contre des enfants. Certains ont été mutilés. Jamais notre pays n'a connu pareille répression contre des enfants qui manifestent pour leur avenir. Samedi, alors que nous nous attendions tous à une manifestation d'ampleur, vous avez le fait le choix d'un dispositif de police insuffisant, incapable de protéger les personnes venues manifester paisiblement et les commerces. Pire encore,
les forces de l'ordre ont semé la panique en gazant des manifestants sans défense alors que quelques rues plus loin, les commerçants étaient seuls à défendre leur gagne-pain. Les images sont les résultats du choix de votre Gouvernement. Pour vous défiler, vous accusez les mouvements d'ultra gauche.
Jusqu'à demander aux services de renseignements de mentir. Quand la violence et la manipulation ne vous suffisent plus, vous interdisez les manifestations. Ce samedi marque un tournant pour votre Gouvernement : la faillite politique et morale. Une dérive. Il marque aussi l'échec d'une tentative désespérée pour une visibilité de ceux qui se tiennent encore debout. Les lycéens, les retraités, les pompiers, ils réclament le droit de vivre dignement ici comme en outre-mer. Vous ne les ferez pas taire. Nous sommes solidaires.
- Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Nunez. - Laurent Nunez : Merci.
Madame la députée, je vais vous redire les choses assez simplement. Vous avez évoqué la façon dont les manifestations étaient gérées. Vous semblez indiqués que si les choses se passent mal, c'est la faute du Gouvernement, des forces de sécurité intérieure et du ministre de l'Intérieur qui les dirige. Contre les choses se passent bien, il n'y a pas d'intervention des forces de sécurité intérieure. Vous laissez toujours pas à penser qu'on utilise la force pour réprimer une expression légitime. Assumer de le dire aussi clairement que cela. Ca n'est pas vrai. Nous encadrons les manifestations. Samedi 17 octobre,
partout, des cortèges ont eu lieu, ils se sont déroulés normalement. 550 000 personnes ont défilé normalement. Il y a eu des personnes qui sont venues pour les faire dégénérer. Notamment des militants d'ultra gauche et d'extrême gauche qui ne cherchaient pas à défiler mais à s'en prendre aux bâtiments publics. C'est une réalité. Les mairies, les commissariats ont été attaqués. Quel est l'intérêt d'aller incendier la mairie de Limoges quand on revendique ? Le seul intérêt, c'est un intérêt insurrectionnel.
Quand il y a des manifestations classiques, elles se déroulent normalement et c'était le cas à Paris. C'était le cas partout sur le territoire national. Quand il y a des fauteurs de troubles qui s'en prennent aux forces de sécurité et aux commerces, il faut donner la force. Vous ne pouvez pas dire que les données contre une libre expression. Je suis très fier que les forces de sécurité intérieure la garantissent.
Et quand elle s'engage comme elles l'ont fait. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Dorine Bregman. - Dorine Bregman : Je voudrais rappeler que nous soutenons les revendications des lycéens et du mouvement social. Dans toute la France, nos commerçants ont été durement frappés par les violences et les pillages. Ma circonscription a été particulièrement touchée, depuis samedi, j'en fais le terrible constat rue après rue.
Dans différentes rues et boulevards, j'ai vu des vitrines brisées, des commerces saccagés et des années de travail réduit à néant. Derrière chaque vitrine, il y a des commerçants, des salariés à payer et des familles. Ce sont des habitants. Il y a des habitants solidaires de leur commerce de proximité. Nous avons une pensée pour eux. Ils sont en première ligne et font tenir nos villes. Vous les avez complètement abandonnés ce week-end. Des rues ont été laissées sans protection. Vous avez permis qu'ils soient pillés
et que des lieux de travail soient détruits. Ils ne savent pas s'ils vont rouvrir leur magasin. Ils essaient de nettoyer et constater les dégâts et d'envisager la suite. L'Etat devrait être à leur côté. Nous sommes arrivés à un moment de vérité. L'Etat doit protéger, réparer et permettre de reprendre l'activité. C'est une question d'état de droit. Le désordre ne peut pas être la seule réponse. Monsieur le Premier ministre, les commerçants victimes ne peuvent pas attendre 2027. Vos Gouvernement successifs courent après les urgences. Par la faillite de votre gouvernement, les commerçants n'auront pas le temps de se relever
avant les fêtes de fin d'année. Pourquoi avez-vous laissé nos commerçants dans un tel abandon ? Nous voulons des solutions et des engagements. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Serge Papin. - Serge Papin : Merci. Madame la députée,
je suis un commerçant et j'ai vraiment le ressenti... Au-delà des produits, c'est aussi leur patrimoine personnel qui est en jeu. Depuis tout ce week-end, j'organise le soutien de l'Etat en tant que ministre. Les ministres en ont parlé à plusieurs reprises, c'est le retour à l'ordre qui est la priorité absolue. On a une batterie de solutions à leur disposition, le chômage partiel à 100 %, le report de charges fiscales et sociales, ils peuvent le demander, des aides à la trésorerie immédiate notamment avec le prêt à taux zéro et la création d'un fonds de soutien aux entreprises pour les entreprises de moins de 50 salariés. Nous sommes en train d'y travailler et nous aurons les paramètres. Nous travaillons avec leurs représentants, notamment la CCI et nous allons dresser des paramètres pour que ce fonds de soutien aille très vite à leur disposition.
Voilà un certain nombre de choses qui vont être proposées. Les pilleurs, on va les tracer. J'ai vu les plateformes. Il y a des produits qui ont été pillés. Ils sont mis tout de suite sur les plateformes. J'ai convoqué les plateformes pour leur dire que c'est du recel et elles vont collaborer. Il faut que les casseurs... - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Anne Genetet. - Anne Genetet : Depuis plusieurs semaines, des milliers de lycéens et étudiants se mobilisent. Nous vous avions interpellé sur le sujet. Leur inquiétude mérite des réponses. Leur colère mérite d'être entendue. Les violences, pillages, dégradations sont inacceptables. Les casseurs ne doivent pas confisquer la parole d'une jeunesse qui s'inquiète légitimement pour son avenir. Les questions posées pour la jeunesse sont essentielles pour l'orientation, les diplômes, trouver sa place dans la société. Depuis 2017, nous avons agi. Revalorisation des enseignants, réforme du lycée professionnel,
développement de l'apprentissage. Nous avons engagé des transformations majeures. Il reste beaucoup à faire. Trop de professeurs non remplacés, orientation subie, trop de pression, conditions de travail indignes. Notre groupe porte avec Gabriel Attal un pacte pour la jeunesse. Redonner tout son sens à nos diplômes. Davantage d'épreuves terminales, des formations plus courtes, la garantie d'un emploi, alternance, poursuite d'études, une orientation choisie et mieux accompagnée, qualifications reconnues...
Nous demandons des actes, reconsidérez les suppressions de postes, améliorez le remplacement et allégez la pression du contrôle continu. Rappelons une évidence, supprimez Parcoursup ne crée ni place ni débouchés professionnels. La jeunesse française mérite mieux qu'une bataille de slogan. Elle mérite une bataille pour son avenir. Quelle décision concrète votre Gouvernement prendra-t-il dès le budget 2027 pour répondre à cette ambition ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Edouard Geffray.
- Edouard Geffray : Madame la présidente, Madame la députée, notre jeunesse mérite mieux qu'une bataille de slogan. Regardons objectivement les faits. Entre 2017 et 2027, si on prend juste... Le budget a augmenté de 32 % avec des élèves en moins. A la rentrée prochaine, nous aurons un nombre d'élèves inférieur à la moyenne de l'OCDE. Dans le second degré, nous avons une stabilité, une légère progression du taux d'encadrement des élèves. La dépense publique pour les lycéens français est supérieure de 28 % à celle de l'OCDE. C'est important de rappeler les choses telles qu'elles sont. Dans ce contexte, oui, il faut répondre aux revendications des lycéens. C'est vrai. On a commencé à le faire avec le remplacement. Ca vous dérange si je termine et on se reparle après ?
Pour le remplacement, nous avions déjà attaqué le sujet. Nous avions 114 lycées rouges et on en a quasiment plus pour la rentrée de la Toussaint. Il y a d'autres enjeux, le nombre d'élèves par classe, le bâti, Parcoursup et la procédure d'orientation et de poursuite d'études. Notre plateforme ferme vendredi 23 à minuit. Nous allons traiter l'intégralité.
- Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Boris Tavernier. - Boris Tavernier : Je suis député de Lyon. La violence s'est abattue sur ma ville. Des manifestants brutalisés, des incendies, des commerces saccagés. Pendant 10 ans, j'ai été commerçant, ma vitrine a été brisée.
C'est pire aujourd'hui. J'ose imaginer leur douleur. Vous avez failli à votre mission de protection. Je condamne cette violence. Vous n'avez pas su la prévenir. Depuis 10 ans, le macronisme attise la violence en méprisant les voies pacifistes d'expression. Les manifestations sont ignorées. Les millions de personnes contre la réforme des retraites, résultats, un 49.3... Les pétitions sont balayées. Les élections sont déconsidérées.
En 10 ans, sur aucune réforme de cas social, le Gouvernement n'aura reculée.
Il aura fait la division, la répression. Tout cela laisse des traces et brutalises. Vous légitimez la voie de la violence. C'est grave. On en mesure les conséquences. Un garçon de 17 ans a perdu sa main. Une fille a perdu son oeil. La police est utilisée comme principale réponse à la colère sociale. Cela met en danger les policiers et les personnes qui défendent leurs droits. Loin de l'apaisement, j'observe un glissement dangereux. Le président du Sénat juge...
Les néofascistes ont défilé hier soir. Monsieur le ministre, j'aime mon pays. Je refuse de le voir s'enfoncer dans cette violence. Lequel ne se décrète pas avec plus de sécuritaire. Il se construit avec les revendications. Allez-vous répondre aux lycéens et mettre en place une loi d'urgence contre la vie chère ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Nunez.
- Laurent Nunez : Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député, je ne répondrai pas à tout l'aspect de votre question. Je me permettrai de répondre sur la partie qui concerne ce que vous qualifiez de violence répression policière. Et sur ce que vous évoquez de néofascistes. Je ne peux vraiment, et c'est vrai pour d'autres membres, à vous rendre sur un service d'ordre.
Vous devez comprendre à quel moment le préfet du Rhône décide d'engager la force. Il ne s'agit pas de réprimer mais d'éviter des exactions.
Il y a eu beaucoup d'exactions, je le regrette. Nous aurons à nous expliquer là-dessus. Vous ne pouvez pas dire que la seule réponse qui est la nôtre est une réponse policière. Ce n'est pas que ça. Sur la manifestation d'hier, effectivement, il y a eu un rassemblement organisé par la société civile pour soutenir les commerçants, condamner les casseurs, les pilleurs. Au moment de la dispersion, il a été constaté que 200 militants d'ultra droite s'étaient introduits dans cette manifestation et sont partis en cortège. Ca a duré très peu de temps. Le préfet du Rhône a réagi vigoureusement.
Je me suis entretenu avec lui et il engagera une action judiciaire. Il saisira la justice et fera un article 40 pour condamner réprimer ce qu'a été cette manifestation dans les rues de Lyon. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Mathilde Panot. - Mathilde Panot : 10 ans que vous êtes au pouvoir et vous osez prétendre que vous n'êtes jamais responsable de rien. Votre incapacité à garantir le droit de manifester, c'est la faute à La France Insoumise, votre incompétence, c'est aussi la faute de La France Insoumise... Pourtant, c'est vous qui gouvernez.
Vous nous désignez responsable des problèmes que vous avez vous-même créé pour vous dédouaner de votre bilan catastrophique. Consacrer l'opposition comme toute-puissante pour mieux la brutaliser, c'est la stratégie des régimes autoritaires. Vous rêvez déjà de nous interdire. Peu importe que notre candidat Jean-Luc Mélenchon l'ait répété, vous voulez nous écarter. Vous franchissez un seuil inadmissible. "Il y a des choses inadmissibles, quand on nous demande de dire que c'est LFI qui est à l'origine des violences des manifestations alors que c'est faux". Vous en êtes à faire mentir une administration. Si vous souhaitez tant nous prêter tous les pouvoirs, il fallait respecter le résultat des urnes lors des dernières législatives. Vous allez jusqu'à tenter des mises en scène grossières d'arrestation de parlementaires insoumis.
Hier, un à l'aéroport, aujourd'hui, Raphaël Arnault sur le quai d'une gare. Votre régime est en train de s'effondrer. Vous êtes dangereux pour la démocratie. Vous ne gouvernez pas, vous vous contentez de durer. Quand on a plus rien à dire au pays, quand il ne reste plus que la répression, c'est le signe qu'il faut partir. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est au Premier ministre. - Sébastien Lecornu : Merci.
Madame la présidente, Mathilde Panot, il vous reste deux secondes. Condamnez-vous l'incendie de la mairie de Limoges dont, ce matin a été interpellé un premier suspect ? - Yaël Braun-Pivet : Allez-y. - Mathilde Panot : Vous n'avez pas eu un mot pour le jeune qui a perdu une main à Saint-Etienne, pas un mot pour la jeune qui a perdu un oeil. - Yaël Braun-Pivet : Merci. - Sébastien Lecornu : C'est le moment, comme je vous le disais, tarification. Toujours la même rhétorique.
Celle qui consiste à semer le chaos et à se victimiser par le mensonge. La manière dont vous avez instrumentalisé avec les membres de La France Insoumise cet article Mediapart qui fait état d'un commissaire de police anonyme c'est absolument scandaleux. Il n'y a pas de renseignements politiques en France. Les forces de police ne travaillent pas sur les oppositions. Comme à chaque fois, vous êtes obligé de mentir et de vous vautrer dans les grands outrages pour créer le désordre. Maintenant, vous allez, pour éluder la responsabilité d'un certain nombre de vos proches ou de vos membres, jusqu'à jeter l'anathème sur la justice,
comme Jean-Luc Mélenchon vient de le faire sur Twitter, dans la réquisition du parquet contre Rima Hassan pour apologie du terrorisme. Rien que cela ! Mathilde Panot, je ne cherche pas vous interdire. Personnellement, je veux vous combattre politiquement dans les urnes, dans le cadre d'un exercice démocratique comme je le fais à chaque fois. Je ne m'abrite pas des services de l'Etat, je vous réponds à chaque fois. Droit dans les yeux. Pour une simple et bonne raison, c'est que nous n'avons pas peur. Vous ne nous faites pas peur. Quand on regarde les déclarations de vos proches,
le Gouvernement nous demande de choisir notre camp.
D'accord, alors pour nous, ce sera le camp des manifestants. Des émeutiers de la jeunesse révoltée, et du désordre.
Philippe Poutou était candidat aux élections législatives. La Jeune Garde, Raphaël Arnault... Jeune Garde dissoute par le conseil d'Etat pour préparation à la violence... Lui-même condamnait définitivement pour violences volontaires en réunion en 2024. Solidaire étudiant, dont vous êtes proche, communiqué de presse du 18 octobre dernier : "Les casses sont réfléchies et faites sur des emblèmes du capitalisme."
Les patrons ne pleureront pas quelques vitrines. "En venant se servir à la source. On appelle au pillage". Le député Aurélien Le Coq a commencé dans cette
institution qui est Solidaire étudiant. Il fallait faire le ménage dans vos rangs, dans vos paroles et vos idées. J'ai été bien naïf car votre agenda politique d'installer la violence et le chaos dans le pays est bel et bien là. Vous avez choisi votre camp. C'est le camp de la honte et nous vous combattrons. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Jordan Guitton.
- Jordan Guitton : Ma question s'adresse au ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat ou de ce qu'il en reste. Je voudrais vous parler de ceux qui ne demandent jamais rien et qui paient toujours tout. De ceux qui travaillent toujours plus et ne comptent jamais leurs heures. Tous ceux qui ne sont jamais assistés et qui ne cassent rien. Cette majorité silencieuse qui fait tenir notre pays debout pendant que vous les regardez mourir.
Emile Zola aurait pu écrire "Au bonheur des casseurs". Alors que nous discutons de votre budget qui augmente les impôts de 18 milliards d'euros pour eux, alors que les commerçants ont vu le travail d'une vie pillée et détruite en quelques minutes, alors que la France est endettée de 2400 milliards d'euros depuis neuf ans, eux rembourseront.
Alors que nous enregistrons des records de faillite, des faillites d'entreprises, eux, remboursent. 3000 commerces pillés, ce n'est pas une erreur. Lors des émeutes de 2023, le milliard de dégâts avait déjà été payé totalement par les commerçants et les assureurs. Avec vous, ça sera toujours pareil. La France des classes moyennes des retraités, des artisans, des entrepreneurs paiera les impôts et les émeutes et les remboursements et le chômage partiel.
Ma question est simple : qui va payer ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Serge Papin. - Serge Papin : Merci Madame la présidente. Je suis commerçant. Je suis leur ministre. Je suis les deux. Je suis avec eux depuis tout ce week-end. On les a réunis, je suis allé les voir. Ensemble, on a constitué un fonds de soutien.
J'ai eu l'occasion de m'en exprimer auprès de la députée Bergman. Ce fonds de soutien dit aussi que le Gouvernement est au rendez-vous. On a décidé tout de suite d'activer le chômage partiel. On l'a fait aussi pour les incendies en Gironde. C'est une aide de l'Etat qui permet aux salariés des prises en charge à 100 %. On est en train de créer un fonds de soutien. Il va être communiqué tout à l'heure. On propose de différer les charges sociales. La BPI propose un prêt à taux zéro. Vous dites qu'on ne fait rien,
comment vous pouvez dire cela ? On est au rendez-vous pour aider les commerçants. Je suis à leurs côtés, avec eux, c'est aussi dans cet esprit que nous sommes allés voir les plates-formes pour condamner les ventes qui sont faites sur ces plates-formes dont les produits sont issus des pillages. Il y a un certain nombre de mesures qui sont disponibles pour les commerçants. On va les aider à reconstruire et on va les aider à réouvrir. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Monsieur député ? - Jordan Guitton : Vous êtes responsable.
Vous devez assumer. C'est encore la France du travail qui va payer votre incompétence. Rendez-vous en 2027. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Quelques secondes.
- Serge Papin : J'accepte pas le mot incompétence venant de vous. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La séance est terminée.
Laurent Nuñez