Réglementation de la chasse, non-lieu dans l'affaire du chlordécone, réforme des retraites... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Christophe Béchu
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Bonjour Christophe Bachut. Bonjour. Est-ce que vous nous confirmez ce matin que le gouvernement renonce à interdire la chasse le dimanche ?
Je vous confirme qu'il y aura, en début de semaine prochaine, des alarmes en termes de sécurité sur la chasse. Le sujet, ce n'est pas seulement un jour ou une demi-journée sans chasse. Le sujet, c'est la sécurité, toute la semaine, à la fois pour les chasseurs et pour ceux qui vont dans la nature. Et ce sera présenté en début de semaine prochaine, très vraisemblablement, par la secrétaire d'État, Bérangère Couillard.
Willy Cherein, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, était ce matin sur France Info, sur cette journée éventuelle sans chasse. Écoutez ce qu'il nous disait ce matin. Il y a 85% de la forêt qui est privée en France. Ça veut dire qu'on va expliquer aux gens qu'ils ne peuvent pas chasser chez eux, pour laisser le territoire ouvert à d'autres personnes. Si on met des lois comme ça en place, je ne vous donne pas 5 ans et vous avez la ruralité à feu et à sang. Il y a des gens qui vont bunkeriser la campagne, dire « moi je ne peux pas chasser chez moi, il n'y a pas de problème.
Mais vous n'allez plus mettre un pied dans mon bois alors que c'est au niveau local et que ça se passe très bien tous les jours. » Le jour sans chasse, ça existe en Angleterre, aux Pays-Bas, en Suisse, en Espagne, en Italie, au Portugal. Willy Cherein, président de la Fédération des Chasseurs, vous dit « ce n'est pas possible en France ».
D'abord, le sujet, encore une fois, je le redis, ce n'est pas de regarder les pays dans lesquels ça existe. Parce que si je fais la liste des pays dans lesquels ça n'existe pas, à ce jeu-là, on s'apercevra que pour le moment, il y a largement plus de pays qui n'ont pas légiféré. En revanche, la question de la sécurité n'est pas secondaire.
Vous vous dites que c'est une question sur toute la semaine, ce n'est pas simplement sur une question d'une journée. Donc ça semble enterrer, justement, cette idée de jour sans chasse, puisque, de ce que je comprends, on voulait plutôt travailler sur la semaine que sur un jour en particulier.
Les deux ne s'opposent pas nécessairement, mais on ne peut pas faire comme si, en sanctuarisant une demi-journée, on réglait le problème de manière totale. Et on sait que derrière, c'est plutôt la question du partage de la nature au sens large qui se pose, avec parfois d'autres conflits d'usages, moins spectaculaires, qui ne font pas la une des journaux, mais entre des vététistes et des promeneurs, entre d'autres types d'usages. Donc, à ce stade, je le redis, il y aura un temps, à la fois de présentation de ces annonces, et ensuite de discussion, et vraisemblablement à la fin, un temps de débat législatif, parce que, quelles que soient les mesures...
Il y aura des annonces lundi, mais ensuite il y aura un débat, et finalement un texte qui peut être différent. Ce que je veux dire, c'est que des annonces, elles vont devoir ensuite, pour prendre effet,
passer par un texte de loi. Vous ne pourrez pas juste vous contenter de faire une annonce, quelles que soient d'ailleurs ces annonces en termes de sécurité, en disant que ça s'applique à partir de demain. On est dans un pays de droit, dans ce pays, il appartient au gouvernement d'aller proposer des choses, mais il faudra ensuite que la représentation nationale les valide. Même sur un sujet qui semble faire consensus, compte tenu de l'interview que vous avez fait ce matin avec le président de la Fédération nationale de la chasse, comme l'alcoolémie, ça ne se fait pas en un claquement de doigts.
Il faut un texte, il faut une base, il faut expliquer dans quel contexte vous le faites, quelles sont les sanctions qui sont encourues. Donc on est au début d'un processus, on est dans la suite d'une réflexion sur les questions de sécurité, quelques jours avant des annonces, qui vont elles-mêmes amorcer un débat et ensuite un texte.
Information de Paul Barcelone du service politique de France Info, donc ce délit d'alcoolémie va être créé selon les informations de notre service politique. Délit d'alcoolémie concernant les chasseurs pendant notamment les battus, est-ce que vous nous confirmez que cette piste de réflexion a été enterrinée ? Que cette décision a été enterrinée ?
Je vous confirme qu'il y a plein de sujets qui sont en train d'atterrir pour les annonces qui auront lieu lundi.
Est-ce qu'on est en train d'atterrir ? C'est-à-dire que vous nous dites qu'à ce stade, à l'heure où on se parle, le vendredi matin, il n'y a aucune décision qui est sanctuarisée ?
Non, je suis en train de vous dire que vous venez d'expliquer qu'il y aurait lundi des annonces et qu'aujourd'hui nous sommes vendredi.
Bon, en tout cas, les informations de France Info sont qu'il y aura un test d'alcoolémie. En gros, ce sont les mêmes règles.
Il se trouve que les infos de France Info sont souvent très justes, même quand elles devancent la communication gouvernementale.
Je ne vais pas aller plus loin, mais à ce stade... Mais l'idée, ce serait les mêmes règles pour la route et pour la chasse. C'est ce que réclame Olishran lui-même ?
Eh bien, écoutez, s'il le réclame, il sera content lundi.
Une dernière chose, est-ce qu'il faudra, est-ce que vous encouragez les Français à l'avenir, à télécharger une application pour pouvoir savoir où les chasseurs seront en train de se déployer ? Je serais ravi qu'on en reparle de quelques jours. Bon, on verra ça avec vous, Christophe Béchut, vous reviendrez pour nous détailler ces annonces. À vous, Naïla Latrousse.
La fin de l'enquête sur l'empoisonnement des antilles au chlordécone. Les juges d'instruction ont prononcé un non-lieu lundi. On a su sa décision hier, les faits sont prescrits, disent-ils. Ils parlent tout de même de scandale sanitaire. Je rappelle que le chlordécone, c'est un pesticide qui était interdit en métropole dans les années 90, mais il y a eu une dérogation pour l'autoriser dans les bananeraies en Guadeloupe et en Martinique jusqu'en 1993. 90% de la population adulte de ces départements contaminée. Un taux d'incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde. Un scandale sanitaire donc met un non-lieu.
Est-ce que vous soutenez les élus et les habitants qui veulent faire un appel ? Et puis surtout, est-ce que vous parlez de fiasco concernant la gestion de cette affaire ?
D'abord, on est face à une décision de justice et critiquer une décision de justice, ça emmène toujours quand on représente le pouvoir politique dans une pente qui peut être dangereuse sur la séparation du pouvoir. Ensuite, il y a deux choses. Est-ce qu'il y a un scandale chlordécone ? Est-ce qu'il y a des conséquences sanitaires avec des empoisonnements de population qui ont donné lieu aujourd'hui à des faits qui sont documentés ? Personne ne le conteste. La question qui était posée au juge, c'était quelle poursuite pénale éventuelle et contre qui ?
Et la réponse des juges, ce n'est pas de nier l'effet du chlordécone, c'est de dire on est en 2022, on est en train de discuter de quelque chose qui s'est déroulé au début des années 90, pour lequel on a à la fois des difficultés de prescription pénale et des difficultés d'identification des responsabilités. Et donc, ça n'est pas une manière d'aller nier ni la réalité du scandale, des difficultés de ceux qui ont été marqués dans leur chair par l'ensemble de ça. C'est une décision sur une question pénale précise, ça n'est pas une remise en cause à la fois de la peine de ces populations et du préjudice qu'elles ont subi.
Mais qu'est-ce que vous dites à ces populations ? On leur dit là, il y a un scandale, effectivement, c'est scandaleux ce qui vous est arrivé, mais la justice ne passera pas.
Non, la justice dit, on ne peut pas identifier un responsable et faire en sorte de le condamner pénalement compte tenu des délais dans lesquels nous sommes.
Mais qu'est-ce que vous dites à ces personnes ? C'est difficilement entendable.
Mais dans des quantités d'affaires, et parfois des affaires qui sont individuelles au lieu d'être collectives, on est capable d'identifier quelqu'un comme étant l'auteur présumé d'un crime, mais d'expliquer qu'on ne peut pas le poursuivre parce que les faits sont prescrits. Est-ce qu'il faut aller vers une inscriptibilité généralisée, quels que soient les domaines dont on parle, dès lors qu'il y a une volonté d'avoir une restauration pénale ? Ce qui est terrible, c'est le signal qui donnerait le sentiment qu'il n'y a pas de sujet. Ce n'est pas ce que disent les juges, et en tout cas, ce n'est pas ce que dit le ministre que je suis ce matin.
Les juges, ils disent, d'un point de vue pénal, malgré les scandales, on ne peut pas avoir une poursuite nominative qui établit une responsabilité pénale spécifique si longtemps après les faits. Ça n'est pas une remise en cause de la réalité des conséquences de cet usage prolongé.
Christophe Béchut, ministre chargé de la Transition écologique et des Territoires, invité de France Info. Vous restez avec nous, on s'interrompt juste le temps du fil info. 8h40, voici Maureen Suignard.
Il faudra des mesures d'ampleur pour convaincre les soignants discours et annonce d'Emmanuel Macron sur le système de santé. Il est ce matin dans un hôpital de l'Essonne. Notre système va de plus en plus dans le mur. Regrette sur France Info le collectif Interurgence. Son co-président dit ne plus rien attendre du gouvernement. 36h de trêve annoncée, trêve unilatérale décrétée par Moscou pour le Noël orthodoxe. Elle doit débuter à 10h, heure française, mais Kiev estime que ce n'est qu'une stratégie pour l'empêcher d'avancer sur le terrain. Ils ont déjà voté 11 fois, mais la Chambre américaine des représentants n'a toujours pas de président. Les élus américains ne tournent pas d'accord.
Les républicains sont majoritaires, mais le candidat favori est jugé trop modéré par les quelques élus très conservateurs. Des élus classés trumpistes, mais qui n'écoutent plus l'ancien président. Et voici les clubs de Ligue 1 en Coupe de France, 32e de finale dès cet après-midi avec Strasbourg-Angers et Montpellier-Pau à 18h. Et ce soir, le PSG joue contre Châteauroux, mais Mbappé, Messi et Neymar ne font pas le déplacement.
France Info Il y a un projet de décret qui a été publié sur le site du ministère de l'Agriculture pour accorder une nouvelle dérogation aux betteraviers pour que ces agriculteurs soient autorisés une année de plus à utiliser des néonicotinoïdes, des insecticides jugés néfastes pour la biodiversité. Ils étaient interdits jusqu'en 2018. Il y a eu une première dérogation pour l'année 2021, une deuxième pour l'année 2022 et un projet pour cette nouvelle dérogation pour 2023. Est-ce que ça veut dire qu'une fois de plus, l'agriculture passe avant la biodiversité ?
D'abord, vous avez raison de rappeler le processus. En 2018, l'interdiction a abouti à ce que sur les 130 usages agricoles qui utilisaient ce pesticide, il n'y en ait plus qu'un seul qui soit autorisé. On n'est pas revenu dans la situation de 2018. Il y avait 4,5 millions d'hectares en 2018, il y a 5 ans, qui étaient traités avec cet insecticide dont on connaît les dégâts et les dangers, en particulier pour les abeilles. Une loi en 2020 a dit, pour les 129 usages, orges, laitues, pruniers, pommiers, on arrête tout et on arrête tout tout de suite.
Mais on a une catégorie qui pose une difficulté, c'est la betterave sucrière et la loi de 2020, ce n'est pas ce gouvernement ici maintenant, a dit qu'en 2021, en 2022 et en 2023, au pire ou au maximum, il pourra y avoir des dérogations uniquement pour cette betterave sucrière. Ça veut dire que c'est la dernière ? Quoi qu'il arrive, c'est la dernière.
Il n'y aura pas de nouvelle loi pour 2024, 2025 ?
Je vous assure qu'il n'y aura pas de nouvelle loi, y compris parce que même l'usage, il a diminué entre 2022 et 2021, entre 2021 et 20.
Il y a des détraviés qui arrivent à s'en passer d'ailleurs l'an dernier.
Et tout l'enjeu, c'est qu'il n'y en ait plus un qui puisse se réfugier derrière, il n'y a pas d'alternative. Parce que le gouvernement a mis des crédits, je parle de 20 millions d'un programme national de recherche pour qu'on puisse faire en sorte de trouver des alternatives. Ces alternatives, elles continuent de se développer et encore une fois, il faut que ce dernier usage, que ces derniers hectares qui sont concernés, eux aussi, ils puissent sortir des néonicotinoïdes. C'est un enjeu de cohérence, mais c'est aussi un enjeu tout simplement de santé et de respect de l'environnement.
Donc vous dites aux betteraviers, c'est la dernière fois l'année prochaine, il va falloir de toute façon trouver une autre solution.
Quoi qu'il arrive. Je vous lis de la façon la plus claire qui soit.
Et c'est quoi les autres solutions ? C'est d'autres...
Non, c'est des techniques d'assolement, c'est d'autres... Je ne suis pas un spécialiste de l'ensemble de ces sujets. Après, j'ai évoqué le fait qu'il y avait 130 types d'usages agricoles qui l'utilisaient par un puceron de manière particulière, en fonction de certaines températures. Bref, n'entrons pas dans la technique. Et là, pour le coup, ce n'est pas mon domaine d'expertise. Ma responsabilité, c'est de faire en sorte que nous diminuions de manière continue l'ensemble des usages de pesticides qui ont des conséquences sur la biodiversité et les écosystèmes.
Cette nouvelle dérogation pour 2023 n'est pas automatique. Il y a une consultation publique qui est ouverte jusqu'au 24 janvier, ce qui est ouvert sur le site du ministère de l'Agriculture. Les betteraviers ont lancé un appel de leur côté à leur troupe en disant « Allez participer, sinon vous ne laissez la parole qu'aux ONG ». Les ONG s'organisent aussi de leur côté pour participer à cette consultation publique. Est-ce que ça la détourne de son objet si c'est groupe d'intérêt contre groupe de pression ?
C'est souvent à ça qu'aboutissent les consultations publiques. Ceux qui s'expriment sont ceux qui se sentent à la fois les plus concernés, ou parce qu'ils sont contre un projet, ou parce qu'ils y sont favorables. C'est ce qui existe quand vous conduisez une concertation, aussi bien sur un projet local que sur un projet national. Encore une fois, on est dans ce processus de concertation qui, quoi qu'il arrive, existe pour la dernière fois sur le sujet, compte tenu de ce que dit la loi de 2020, et pour lesquels on aura dans quelques semaines les conclusions de tout ça.
Et le gouvernement suivra l'avis du public quel qu'il soit ? C'est-à-dire que si la consultation publique aboutit à une très forte opposition de cette nouvelle dérogation, le gouvernement ne signera pas le décret.
À la minute où je vous parle, on est dans les premières heures du lancement de cette consultation, puisque je crois qu'elle a été lancée le 3 janvier. Donc on est au début de ce processus. Moi, ma responsabilité, elle consiste à dire la sortie des pesticides et des néonicotinoïdes de manière plus particulière. On est sur une pente continue d'amélioration. Je sais les émotions qui existent autour de « on va encore, peut-être, pour quelques hectares, quelques usages, différer les choses ». La pente, elle est connue, le sens, il est irrémédiable, et nous devons en sortir le plus vite possible. Je l'ai exprimé publiquement, je l'ai dit.
Mais l'avis du public, il a vocation à guider la décision du gouvernement, ou c'est un avis consultatif ? C'est-à-dire que si une majorité de personnes s'expriment contre la nouvelle dérogation aux néonicotinoïdes, le gouvernement peut dire en février « nous signerons quand même la dérogation ».
Il ne s'agit pas d'un avis conforme, il s'agit d'un avis informatif pour être capable d'accompagner les autres éléments de décision.
Christophe Béchut, tout augmente, évidemment. 15% de hausse pour les tarifs d'électricité depuis quelques jours. Bientôt, c'est le gaz qui va augmenter en février de 15% également. Et ce qu'on avait peut-être moins anticipé, c'est la hausse du prix de l'eau, jusqu'à 20% en plus pour le mètre cube dans certaines communes. Est-ce qu'il va y avoir un bouclier tarifaire ? Est-ce qu'il est prévu pour le prix de l'eau également ?
D'abord, il y a des écarts considérables sur le prix de l'eau dans ce pays. Parfois, parce qu'il y a des territoires qui gèrent mieux, mais aussi parfois parce qu'il y a des territoires qui ont tardé à faire des investissements. On a 20% de l'eau potable de ce pays qui part dans des fuites. Et sur certains territoires, on peut atteindre 50, 60, 70% de fuites par rapport à l'eau potable qui est produite.
70% de l'eau qui passe dans les fuites, qui part dans la nature ?
Les territoires les plus mauvais que nous avons dans ce pays, on est jusqu'à 70% de taux de fuite. Et souvent, là où on a des taux de fuite très élevés, on a un prix de l'eau qui est très faible parce qu'on a refusé d'aller augmenter le prix de l'eau pour faire les travaux qui permettaient d'aller accompagner ces réseaux. Moi, mon premier sujet, y compris compte tenu de la sécheresse qu'on a vécue l'été dernier et de la volonté qu'on ne se retrouve pas dans la même situation dans quelques mois, ça a été de lancer, avec Bérangère Couillard, ma secrétaire d'Etat à l'écologie, à Marseille, fin septembre, les assises de l'eau qui ont permis d'associer tous les acteurs.
On a reçu hier une partie des préconclusions et à la fin du mois de janvier, nous indiquerons des mesures pour lutter contre les fuites, pour faire en sorte d'aller diminuer les usages, pour regarder comment on réutilise des eaux traités, bref.
C'est-à-dire une enveloppe de l'Etat pour que les collectivités puissent faire des travaux ?
Attendez, à l'intérieur de tout ça, le sujet, c'est pas qu'on aille apporter des subventions à des gens qui ont différé des travaux qui étaient nécessaires et de demander à ceux qui ont payé un juste prix d'aller compenser ceux qui n'ont pas payé parce qu'on a refusé de faire des travaux.
Il y a les bons élèves et les mauvais élèves de la gestion.
Il faut qu'on ait des mécanismes qui permettent d'accompagner ceux qui ont des besoins mais il ne faut pas qu'on se substitue à des décisions qui consistent à ce que l'eau ait un prix. Vous savez, à la fin, ce qui n'a pas de coût, ça n'a pas de valeur et on gaspille. Donc il faut à la fois des mesures qui permettent d'éviter les conséquences pour les Français les plus fragiles mais pas basculer dans un système où on anesthésie l'effet prix et où on a le sentiment qu'on gaspille. Chacun d'entre nous, Français, on consomme 148 litres d'eau potable par jour.
De ce que vous nous dites, il y aura des annonces fin janvier mais il ne faut pas pénaliser les communes qui ont investi dans la rénovation de leur réseau.
Et pour autant, il faut colmater les fuites.
Le bouclier tarifaire pour vous, c'est une mauvaise solution.
Mais il y a des communes où le prix n'augmente pas. Il y a des communes où il augmente. Vous avez autant de situations qu'il y a de territoires de gestion parce qu'il y a plein de sortes et il faut mesurer une chose.
Donc de ce que je comprends, c'est une fausse bonne idée en fait.
Ce que je veux dire, c'est qu'on a appelé nos concitoyens à la sobriété en ce qui concerne l'électricité, le gaz parce que si on veut sortir des énergies fossiles, si on veut être au rendez-vous de la lutte contre les règlements climatiques, il faut qu'on s'habitue à consommer moins. Ce qui est vrai pour les énergies fossiles, l'est pour l'eau, dans d'autres raisons. Avec une nuance, c'est que tous les ans, de manière continue, la consommation de déménage, elle diminue. Elle diminue parce que les machines que nous utilisons sont plus économes. Elle diminue parce qu'on met dans les robinets ce qui va permettre de limiter les choses.
La consommation d'eau potable, c'est 21% de la consommation d'eau en France. C'est très en-dessous de l'agriculture ou du refroidissement des centres nucléaires par exemple.
C'est en gros un milliard de mètres cubes si on discute sur les 5 milliards que nous utilisons.
Et donc à l'intérieur de tout ça ? Christophe Béchut, si je comprends bien, il n'y aura pas de bouclier tarifaire pour les clients, même si la facture d'eau explose. Il n'en est pas question pour l'instant.
Il y a un prix national, si vous voulez, sur les questions d'électricité. Vous avez des leviers, même s'il y a plusieurs fournisseurs. Là, on est face à un caléidoscope territorial avec énormément de secteurs.
Et en particulier, il ne peut pas choisir son fournisseur en France. C'est tout à fait exact. C'est au niveau de la commune. Donc il n'y aura pas de bouclier tarifaire. Et je n'ai pas bien compris qui allait payer pour colmater ces fameuses brèches dont vous nous avez parlé tout à l'heure, qui parfois entraînent une perte de 70%, vous nous dites, de l'eau potable.
Aujourd'hui, la responsabilité de la gestion de l'eau, elle est au niveau des collectivités locales. Elle va le rester. Nous avons autant de situations que nous avons de collectivités locales.
D'accord, mais vous nous dites, il faut un mécanisme pour pousser les communes qui n'ont pas fait les travaux à le faire. Et en même temps, il ne faut pas qu'on faye pour ces mauvais élèves.
Ce que je veux dire, c'est que l'État ne va pas se substituer à des travaux qui sont rendus nécessaires sur des territoires. Il a vocation à accompagner ceux qui sont dans des situations qui sont très complexes, mais pas à se substituer à un prix qui soit juste et qui tienne compte des travaux qui parfois ont été différés pour de mauvaises raisons.
Christophe Béchut, ce début d'année ressemble au fond à la fin de l'année 2022 avec des températures extrêmement douces. Est-ce que vous craignez une canicule pour cet été ? Est-ce que ça veut dire qu'il y aura de nouvelles restrictions d'eau ou en sont les nappes phréatiques aujourd'hui à date ?
D'abord, ça fait des années que malheureusement, la fréquence de ces épisodes caniculaires augmente. Et ce n'est pas parce qu'on a des températures douces en janvier qu'on augmente le risque d'avoir une canicule à l'été. Le fait est que ça s'accélère. Mais le fait est que ça s'accélère et le fait que la pente, indépendamment de ce que nous visons maintenant, il n'y a rien qui nous laisse à penser qu'on n'aura pas à nouveau des épisodes de canicule pendant l'été qui arrive. La sécheresse, elle est liée à deux choses, à l'augmentation de ces températures et au déficit pluviométrique.
On a eu de ce point de vue un début d'automne, avec peu de pluie globalement, et une situation que nous continuons à suivre et qui explique que nous ayons prévu dans quelques semaines, fin janvier, de faire des annonces sur l'eau. Parce que ce n'est pas en juillet que vous prenez des mesures contre la sécheresse. Il faut les prendre en amont. Elle est tout le temps.
Elle vaut aussi pour l'eau. Bien sûr. Christophe Béchoux, vous restez avec nous. On va parler aussi de cette grève XXL, si j'ose dire, qui s'annonce dans les transports, contre la réforme des retraites. Vous qui êtes ministre de la Transition écologique. D'abord le fil info, 8h51. Maureen Suiniard.
Les occidentaux poursuivent leur livraison de blindés de combat, annonce des Etats-Unis et de l'Allemagne après la France. Livraison à l'Ukraine. Sur le terrain, Moscou annonce un cessez-le-feu de 36h, qui débute à 10h. Pour Kiev, il s'agit d'une stratégie militaire qui a pour but de l'empêcher de gagner du terrain. Invité de France Info, en ce moment, le ministre de la Transition écologique estime que le long lieu dans l'affaire du chlordécone n'est pas une remise en cause du préjudice subi par ces populations. 90% des habitants ont été contaminés par ce pesticide qui a continué à être autorisé de longues années dans les Antilles. Les avocats des victimes vont faire appel.
La direction affirme vouloir s'adapter aux évolutions du terrain. La Poste va mener des dizaines d'expérimentations à travers la France d'ici deux mois. C'est une information France Info. Les facteurs distribueront les courriers un jour sur deux et non pas quotidiennement. Une heure de plus pour le Louvre. La présidente du musée le plus visité au monde sera ouverte jusqu'à 19h. Elle annonce sur France Info. Il sera ouvert jusqu'en 2023. 8 millions de visiteurs l'année prochaine. Les grands musées parisiens sont globalement satisfaits de cette année 2022 avec une forte hausse de la fréquentation. France Info.
Le 8.30 France Info. Néhile à la trousse. Laurin Sénéchal.
Toujours avec Christophe Béchut, ministre chargé de la Transition écologique et des territoires. Je vous repose la question que je vous posais juste avant le fil Info. Où en sont les nappes souterraines aujourd'hui ? Est-ce qu'on est en situation de sécheresse ? Là, à l'heure où on se parle.
On est dans une situation de vigilance et il ne faudra pas attendre cet été pour à nouveau prendre des mesures de restriction.
Vous dites que l'état des nappes doit nous pousser dès aujourd'hui à réduire la consommation ?
Bien entendu. Durant l'été prochain, pardon, au cours de l'été précédent, j'ai pris un décret qui autorise à ce qu'on puisse prendre des mesures de restriction, y compris pendant l'hiver. Et dans les discussions que nous avons avec le Conseil national de l'eau, avec chacune des agences de bassin, et dans les décisions que nous aurons à prendre à la fin du mois de janvier, c'est précisément regarder où nous en sommes avant qu'on arrive au mois de juillet pour prendre des mesures préventives et ne pas nous retrouver dans la même situation que celle qu'on a connue il y a tout juste un an.
Le but du jeu, c'est d'éviter que le robinet ne coule plus, ce qui a été le cas cet été dans beaucoup de communes, notamment dans le Var.
Vous avez raison, il y a plusieurs sujets. Il y a d'abord les communes qui sont privées d'eau potable.
Ça, ce sont les cas extrêmes. Tous les étés, il faudra s'y habituer à ce que dans certaines communes, le robinet ne coule plus. Si le robinet ne coule pas, ce n'est pas seulement à cause de la sécheresse.
Ça accentue le problème, mais c'est aussi parfois parce que dans un certain nombre d'endroits, les travaux de sécurité ou d'interconnexion n'ont pas eu lieu. Mais le message, il est simple. Le message, c'est que ce n'est pas parce qu'on s'est habitué pendant des décennies à avoir le sentiment qu'on avait de l'eau de manière extrêmement simple et qu'en ouvrant un robinet, il y en avait, qu'il ne faut pas qu'on s'habitue d'un point de vue écologique à en consommer le moins possible. Lutter contre le gaspillage, c'est le geste le plus écologique, le plus simple qui soit. C'est bon pour la planète et en plus, c'est bon pour le pouvoir d'achat.
Christophe Béchut, le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, s'attend à une réaction assez vive. Ce sont ces mots, c'est une litote des cheminots concernant la réforme des retraites. Est-ce que vous aussi ?
Je suis surpris de la formule qui consiste en début d'année à expliquer qu'on redoute quelque chose. Quelle est la situation ? La situation, c'est qu'on est face à un problème démographique que tous les pays autour de nous ont affronté, qui est celui de l'âge de départ à la retraite et des engagements pris par le président de la République, pris par ceux qui se sont présentés aux élections législatives, qui vont nous conduire à présenter une réforme des retraites à la fois pour sauver le système et pour augmenter le niveau des petites pensions. Est-ce qu'il y aura des réactions ? J'espère le moins possible. Est-ce qu'elles seront vives ? J'espère pas trop.
Est-ce que ça conduira au blocage du pays ? Je ne le souhaite évidemment pas. Je ne sais pas que je le redoute. C'est que je ne le souhaite pas. Et je considère qu'à un moment, même si la contestation, elle peut être légitime, la manifestation, elle est normale, le fait de s'opposer, elle se comprend en démocratie, les raisons pour bloquer un pays, elles n'existent pas.
La dernière fois que le gouvernement a tenté de réformer les retraites, ça s'était soldé par un mois et demi de grève à la SNCF entre décembre 2019 et 2020. Il y a eu un mouvement à Noël. Et de mémoire, Emmanuel Macron avait demandé aux ministres de réfléchir à un nouveau cadre pour assurer la continuité des services publics. Je le cite. En toutes circonstances, est-ce que la réflexion a avancé ? Est-ce que vous avez des pistes de réflexion à nous livrer s'il y a un mois et demi de grève à la SNCF ?
On n'est pas là-dessus. On n'est pas aujourd'hui en train de se demander comment on va contourner une grève qui n'a pas été votée par rapport à une réforme qui n'a pas été présentée. Ce serait quand même...
Sauf que la réflexion a été lancée fin décembre.
On a eu un épisode fin décembre qui a profondément marqué les Français. Parce qu'avoir une grève, le week-end de Noël, déclenchée alors même qu'elle n'était pas à l'appel des organisations syndicales, ça a choqué... Mais couvert par un préavis de grève. Oui, mais couvert par précisément des préavis de grève flottants qui permettent de déclencher des grèves quand on veut, en dérogation pour le coup par rapport à l'esprit de ce que doit être à la fois et le dialogue social et le droit de grève.
Et des quantités de Français ont été profondément choquées qu'on puisse, le week-end de Noël, qui est un temps familial, qui est un temps de trêve, surtout après une année 2022 qui, à bien des égards, avait été dure, utiliser ce moyen par rapport à des revendications qui étaient celles... C'est un contournement du droit de grève pour vous ? J'ai eu l'occasion de dire que je considérais que ça n'était pas digne, que ça abîmait le droit de grève, d'avoir ce type d'usage et que c'était perdant-perdant et pour l'entreprise et pour les grévistes.
C'est préavis flottant, comme vous dites ?
Ça ne me choquerait pas qu'on ouvre une réflexion, mais ce n'est pas une annonce. Le sujet aujourd'hui, encore une fois, c'est nous avons besoin d'une réforme des retraites dans ce pays. Elle sera présentée dans quelques jours. Il y aura ensuite un temps de débat et de vote dans un cadre démocratique qui est le seul qui vaille en République.
Les amateurs de restauration rapide sera ma dernière question. Christophe Béchul ont déjà constaté fini les emballages de table pour les sandwiches ou les frites. Depuis le 1er janvier, les repas à manger sur place, s'il y a plus de 20 couverts, doivent être servis dans de la vaisselle réutilisable. C'est combien de déchets en moins dès cette année ?
200 000 tonnes, quand la mesure sera complète. 20 milliards de gobelets, de couvercles, d'assiettes, de couverts en plastique en moins à usage unique. Cet après-midi, à 14h30, je réunis les 25 plus grands acteurs de la restauration rapide pour faire le point avec eux.
Vous avez demandé d'aller plus vite. Certains disent qu'on a du mal à faire la bascule vers ces nouveaux contenants réutilisables.
On a deux ou trois sujets. Ceux qui s'y sont pris il y a un an, ils sont globalement au rendez-vous. Ceux qui s'y sont pris il y a trois mois, ils constatent que c'est un peu court pour faire en sorte de pouvoir disposer de tout ça. On a un petit sujet. Le petit sujet, c'est qu'on constate environ 15% de clients qui pensent qu'ils peuvent partir avec cette vaisselle réutilisable le premier mois. Un phénomène de mode, apparemment.
Est-ce que vous craignez que ça s'installe dans la durée ?
Je ne crois pas parce que dans une enseigne de restauration rapide célèbre dans laquelle je me suis rendu dès le 2 janvier...
Oui, qui est rouge avec un logo jaune.
Exactement. Et qui est passé au mois d'octobre. Ils ont constaté que c'était 15% le premier mois, 10% le deuxième mois, 5% le troisième mois.
C'est la petite blague du début de...
La blague ou le fait que certains s'en s'en rendent compte pensent vraiment que c'est une opération commerciale ou temporaire. Je ne l'exclus pas. Ce que je veux dire, c'est que...
Ils sont là pour durer ces supports réutilisables dans les...
Ils sont là pour durer et c'est un enjeu très important encore une fois. 20 milliards d'objets qu'on évite de jeter, 200 000 tonnes. J'ajoute que...
Et donc ne les gardez pas parce que sinon, il faut en produire des nouveaux. Il faut en produire davantage. Ça fausse totalement l'opération.
Et j'ajoute que c'est une opération qui est bonne pour le pouvoir d'achat puisque un tiers de la vaisselle produite l'est en France pour cette même enseigne, ce qui permet en plus de générer des emplois. Là aussi, c'est bon pour le climat et c'est bon pour le pouvoir d'achat.
C'est top déçu. Merci beaucoup. Bonne journée à vous.
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Christophe Béchu