L'Europe selon Asselineau - Œil pour Œil
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et si c'était pour le Frexit, pourquoi ils ne vous ont pas élu en 2017 ?
Parce que, alors, parce que, là, ce sont des choses, ce sont des bonnes questions que vous posez. Je crèverais avec une queue dans la bouche. Il faut lui mettre dans la bouche, c'est... La nourriture et pas sa bite, en fait.
Marine Le Pen est une démagose. Si c'était pour le Frexit, pourquoi ils ne vous ont pas élu en 2017 ? Parce que, alors... Si nous sommes à l'image de la société, dans la société, il y a forcément du racisme.
Les médias ont changé.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut aller chez Cyril Hanouna, sur TPMP, pour débattre ? Crayoniste, bonjour. Dans l'épisode de Hipporoï d'aujourd'hui, je reçois François Asselineau, président de l'UPR, l'Union Populaire Républicaine. Avec lui, on a parlé de l'Europe, de la place de la France dans celle-ci, car lui est un partisan du Frexit, c'est-à-dire qu'il veut que la France sorte de l'Union Européenne. J'ai aussi évoqué avec lui un sujet plus sensible, à savoir celui du harcèlement sexuel, car François Asselineau a été mis en cause, mis en examen, pour des faits de harcèlement sexuel et d'agression sexuelle.
J'ai d'ailleurs hésité, avant de lui poser ces questions, je ne sais pas si c'est notre rôle, au crayon, d'aborder ces sujets-là. Dites-moi en commentaire ce que vous en pensez, et si je dois continuer, si un invité est mis en examen pour ce sujet-là ou pour d'autres, si on doit lui poser la question et si on doit aborder ces sujets-là. Bonne vidéo. François Asselineau, bonjour. Bonjour. Merci d'être aujourd'hui ici pour ce nouvel épisode d'Euil pour oeil. François Asselineau, vous avez fondé l'UPR, l'Union Populaire Républicaine, en 2007, un parti considéré par certains comme souverainiste, anti-américain, voire parfois même on vous traite de complotiste.
En tant que président de votre parti, vous vous êtes présenté à l'élection présidentielle de 2017, récoltant 0,92% des voix. Cette fois-ci, vous vous représentez pour l'élection présidentielle de 2022. Vous avez aujourd'hui une chaîne YouTube avec plus de 215 000 abonnés. Vous faites des dizaines de milliers de vues sur chacune de vos vidéos. Donc j'ai une question qui me vient au premier abord. C'est pourquoi aujourd'hui vous semblez être boudé par les médias traditionnels, alors même que vous avez pourtant beaucoup d'abonnés ? Qu'est-ce qui fait que pour les médias, vous n'êtes pas peut-être crédible ?
Honnêtement, j'aimerais le savoir. J'ai un peu des idées, j'ai des lueurs, mais je pense que vous devriez poser la question à des grands journalistes. Moi, j'en connais un qui m'avait dit, il y a déjà plusieurs années, qui m'avait dit, vous savez pourquoi vous n'êtes pas invité ? J'avais dit non, vous allez me l'expliquer. Il m'avait dit, c'est parce qu'en fait, on ne sait pas quoi vous répondre. Voilà.
Vous êtes trop intelligent pour les médias traditionnels ?
Non, je ne dirais pas que je suis trop intelligent, je dirais que je dis des choses que l'on n'a pas le droit de dire. Vous avez d'ailleurs vu, nous sommes au début d'une campagne présidentielle. Est-ce que vous avez vu les sujets qui sont évoqués ? Les sujets qui sont évoqués, c'est des choses très extraordinairement importantes, comme le pronom, faut-il avoir le pronom IEL, IEL ? Faut-il avoir, je ne sais pas, reconnaître tel ou tel dissident en Biélorussie, etc. ? Bon, tout ça, c'est évidemment très important.
L'immigration, le nucléaire, ce sont des sujets qui ont commencé à être abordés.
Oui, pas vraiment, en fait. En fait, pas vraiment. Il y a quelques sujets. L'immigration, oui, parce qu'il y a la promotion constante de M. Zemmour. Mais les sujets les plus importants, les plus stratégiques pour une nation ne sont pas abordés. C'est quoi les sujets les plus stratégiques ? C'est qui décide de la politique du pays ? Qui décide ? Hier, la Cour constitutionnelle polonaise a de nouveau pris une décision spectaculaire. Vous savez qu'il y a quelques semaines, elle avait indiqué que la Constitution polonaise devait prévaloir sur les traités européens et sur le droit européen.
Et hier, elle a décidé que la Cour européenne des droits de l'homme, qui n'a aucun rapport avec l'Union européenne, ça s'appelle européen, mais ce n'est pas du tout la même structure, elle a décidé que la Cour européenne des droits de l'homme était inconstitutionnelle vue de Varsovie. Et pourquoi ça ? Parce qu'elle a simplement pointé du doigt qu'en matière migratoire, puisqu'il s'agit d'une question migratoire dont vous parlez, des décisions sont prises, des injonctions de fer sont prises par la Cour européenne des droits de l'homme, sont prises par des juges qui ne sont élus par absolument personne.
Donc on a un organisme qui s'appelle Cour européenne des droits de l'homme, alors comme il y a le droit de l'homme dedans, tout le monde fait une révérence, mais en réalité, dans cette structure, ça n'est élu par personne, et ça impose des décisions à des peuples qui n'en veulent pas. Alors, par exemple, sur la question de l'immigration, on voit M. Zemmour qui tape beaucoup sur les immigrés, ça dérive sur l'islam, alors il y en a qui ont se fait axer soit d'islamophobie, soit de baboucholâtrie, ça envenime à un débat. Mais la première chose que devraient se poser les Français comme question, c'est qui décide de quoi ?
Est-ce que oui ou non doit rester dans la Cour européenne des droits de l'homme ? Est-ce que oui ou non doit rester dans les traités européens, dont je me permets de rappeler, je sais qu'on m'a brocardé quand j'étais candidat à l'élection présidentielle il y a 5 ans, parce que je citais des articles des traités. Mais ça prouve que je connais mes dossiers, c'est ça le problème. Je pense que c'est pour ça que je ne suis pas invité. Parce que vous connaissez vos dossiers ? Oui, parce que moi je ne raconte pas n'importe quoi. Il y a des articles 67, 77 et 78 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne qui fixent les principes de l'immigration en France.
Si on reste sous l'empire de ces articles, eh bien on ne pourra pas toucher, on peut toujours faire des déclarations comme ça, mais qui n'auront pas de conséquences. La meilleure preuve de ce que je vous dis, la meilleure confirmation de ce que je vous dis, c'est la mésaventure qui est en train d'arriver à M. Michel Barnier. Il se trouve que je connais M. Barnier un petit peu, mais je lui ai déjà parlé, enfin il était ministre délégué aux Affaires européennes quand j'étais moi-même conseiller auprès de M. de Charette aux Affaires étrangères. M.
Barnier a fait un mini-scandale, vous vous rappelez, début septembre, lorsqu'il a dit que pour régler la question migratoire, il voulait imposer un moratoire de cinq ans, et que pour imposer ce moratoire de cinq ans, il fallait se soustraire, je ne l'ai pas inventé, vous avez vu, il a dit qu'il fallait se soustraire à des articles des traités européens, à une jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, donc à la Cour de Luxembourg, et aussi à certains articles de la Cour européenne des droits de l'homme. Et M. Barnier avait raison, parce qu'il connaît, il sait de quoi il parle, il est comme moi si je le dis.
Ce n'est pas un bonimenteur, ce n'est pas quelqu'un qui parle dans un bistrot, il sait de quoi il parle. Et quand il a dit ça, qu'est-ce qui s'est passé ? Ça a été aussitôt un tollé, des articles de presse assez venimeux, et moi ce que j'observe, c'est que maintenant, il profite d'où il n'en parle quasiment plus. Je suppose, je n'ai pas de preuves bien sûr, mais je suppose qu'on a dû, on a dû, des gens ont dû, lui faire comprendre que c'est très très mauvais de parler de ça.
Mais au-delà de votre technicité, vous êtes anti-Union européenne, est-ce qu'aujourd'hui les Français sont anti-Union européenne ?
D'abord, je pense qu'on n'aura jamais posé la question. En 2005, quand ils ont eu le référendum sur le traité constitutionnel, ils ont quand même été 55% des Français à voter non. Et deuxièmement, en début 2018, lorsque M. Macron s'est rendu au Royaume-Uni pour faire un petit traité avec Mme Theresa May, qui était Première ministre à l'époque, pour essayer de régler la question des migrants, c'était en janvier 2018, il a été interviewé par la BBC, le journaliste de la BBC lui a dit « Mais s'il y avait un référendum sur le Frexit en France, quel en serait le résultat ? » Et M.
Macron, frais et moulu président de la République, a répondu « Très probablement, les Français voteraient pour le Frexit ». — Et si c'était pour le Frexit,
pourquoi ils ne vous ont pas élu en 2017 ?
— Alors parce que ce sont des choses, ce sont des bonnes questions que vous posez. D'abord, je ne suis pas sûr qu'ils sont pour le Frexit. On n'aura jamais posé la question, premièrement. Deuxièmement, les Français, vous savez comment ils sont. Moi, je suis... Vous aussi, vous vous intéressez à la politique. Moi, je suis le nez dedans. Mais il y a énormément de Français qui s'intéressent à la politique, qui est un petit peu loin, et qui font confiance à quelques leaders d'opinion. Voilà. — Donc c'est parce que les Français ne sont pas assez bien informés ? — Oui. Parce que, écoutez, regardez en 2005, par exemple, lors du traité sur la Constitution européenne.
Vous avez Mme Le Pen qui avait appelé à voter contre. Vous avez M. Pascouin, j'étais auprès de lui à l'époque, qui avait appelé à voter contre. Vous aviez M. Dupont-Aignan, je crois, qui avait appelé à voter contre. Vous aviez M. Mélenchon qui avait appelé à voter contre. Le Parti communiste qui avait appelé à voter contre. Mais vous avez surtout... Il y a une personnalité qui a eu un rôle très important en 2005. Il ne faut pas l'oublier. C'est Laurent Fabius. Et Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste, qui, prenant le contre-pied de sa famille politique, a appelé à voter non à la Constitution européenne. Et c'est pour ça qu'il y a eu 55% de non.
Parce que les Français, ils font confiance à leurs... Aux dirigeants qui y font confiance. Si Mme Le Pen dit qu'il faut voter non, les électeurs du RN, maintenant, vont voter non. Pareil pour le Parti communiste. Et chez les socialistes, M. Fabius a amené un certain nombre de socialistes à voter non. Il se trouve qu'au moment des élections présidentielles, en 2017, j'étais le seul à proposer le Frexit. Le seul. — C'est pas vrai. Marine Le Pen le proposait aussi. — Mais non. C'est absolument faux. — Elle le proposait dans une certaine mesure... — Non, non, non, non, non, non. Ça, ça fait...
Vous savez, comme j'ai vu encore il y a récemment, je ne sais plus qui qui dit Mme Le Pen veut sortir de l'Union européenne et de l'euro. Non. — Non, aujourd'hui, c'est plus le cas. Mais en 2017, c'était le cas.
— Non, non, non. Elle avait dit exactement... — Même Mélenchon demandait à une sorte de... Comment on dit... À l'Europe. En gros, soit c'est ça, soit on sort de l'Europe. Donc il y avait quand même cette notion de sortie de l'Europe.
— Nous engagerons une renégociation totale des traités européens afin de retrouver notre souveraineté monétaire, législative, territoriale et économique, suivie d'un référendum sur le Frexit.
— Non, non, non. — Chez Mélenchon, je suis Mme Le Pen. — Non, non, non, non, non, non. Soyons très clairs là-dessus. Vous touchez du doigt quelque chose qui est important. Mme Le Pen, reprenez ses professions de foi. Vous les trouvez sur Internet. Allez regarder la profession de soi envoyée à 44 millions d'électeurs. Il n'était jamais, jamais, jamais question de sortir de l'Union européenne et de l'euro. Jamais. Elle avait vaguement, à la fin, proposé de faire un référendum en fin de mandat, peut-être, sur la sortie de l'Union européenne. C'est la seule chose qu'elle... Mais c'était pas quelque chose de nodal.
C'est tellement vrai, d'ailleurs, ce que je dis, que c'est bien une des raisons pour lesquelles M. Philippot a quitté le FN. C'est parce que, justement, elle ne voulait pas sortir de l'euro ni de l'Union européenne. Quant à M. Mélenchon, il a traité... Vous retrouverez la citation facilement. Il avait traité de maréchaliste, s'il vous plaît, c'est-à-dire partisan du maréchal Pétain, les gens qui voulaient sortir de l'euro. Donc, si vous voulez... Et qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui même ? Parce que la question, c'était que... J'avais commencé sur les sujets accessoires et les sujets fondamentaux.
Aujourd'hui, dans cette campagne, les médias donnent la parole à Mme Le Pen, qui ne veut pas sortir de l'UE ni de l'euro. M. Zemmour, qui a dit qu'il était contre le Frexit et qu'il ne veut pas sortir de l'euro. M. Montebourg, qui tape sur l'Europe, mais qui ne veut sortir ni de l'UE ni de l'euro. M. Mélenchon, qui ne veut sortir ni de l'UE ni de l'euro. Et puis, l'extrême-gauche, qui ne veut pas sortir de l'UE ni de l'euro. Et puis, bien sûr, tous les autres. Donc, actuellement, sur la scène politique, pour la présidentielle qui arrive, comme en 2017, il n'y a personne qui veut sortir de l'UE de l'euro.
Puisque vous avez parlé de l'Europe, je vais rester sur l'Europe. On l'a compris, vous êtes pour la sortie de la France de l'UE. Vous êtes, ce qu'on disait, du coup, l'un des seuls aujourd'hui, puisque aucun candidat a déclaré à l'élection présidentielle ne souhaite un Frexit. Pourtant, l'Europe unie, ce serait plus de 500 millions de personnes, le plus grand marché commun au monde, la plus grande armée du monde. Alors, si la France sort de l'UE, moi, je me demande comment elle va lutter face aux Etats-Unis, à la Chine, face aux grandes puissances. Est-ce que la France n'a pas besoin de l'Europe, justement ? Est-ce que l'UE n'a pas besoin d'être unie ?
Alors, ça, vous savez, c'est un argument que j'entendais il y a 40 ans. C'était déjà l'argument qu'on sortait il y a 40 ans.
Je ne suis pas si jeune que ça, du coup.
Mais c'est un argument... Non, vous faites bien me poser la question, parce que c'est une question que les gens... Si vous voulez, il y a trois... En gros, il y a une dizaine de questions qui reviennent comme des ritournelles, qui font partie d'une propagande qu'on a engrammée, comme on dit, en termes psychiatriques. C'est qu'on nous a tellement mis ça dans la tête qu'on croit que c'est la réalité. J'ai été victime d'une propagande. Oui, bien sûr, bien sûr, parce qu'on entend ça constamment, constamment. La France est trop petite, etc.
Alors déjà, si la France est trop petite, je vous rappelle quand même que nous avons la 6e, 7e économie mondiale, que nous avons la 2e zone économique exclusive au monde, que nous avons un des 5 sièges de membres permanents au Conseil de sécurité, qu'on a la 3e, 4e force nucléaire au monde, qu'on a quand même des atouts tout à fait considérables. On est une des deux seules langues de travail de l'ONU. Enfin, on a quand même des atouts... Alors si nous, on est trop petits, alors comment font... Il y a 193 États aux Nations Unies. Comment font les 180 qui sont plus petits que nous ? Ils font comment ? Bon. De toute façon...
Est-ce que vous ne pensez pas que justement, sortir de l'Union Européenne, ça ne nous soumettrait pas encore plus aux États-Unis ?
Non, non, je termine mon propos déjà. Allez dire, par exemple, aux Israéliens, qui sont tout petits, c'est 22 départements français, c'est 8 millions d'habitants, allez leur dire qu'ils doivent fusionner avec les 26 pays alentours, parce qu'ils sont trop petits. Allez dire pareil à Singapour, c'est la moitié de l'Île-de-France. Allez dire qu'il faut qu'ils fusionnent avec l'Indonésie, etc. Allez dire la même chose à le Grouwai. Une fois, je m'étais amusé, et c'est quelque chose qui va peut-être intéresser vos auditeurs, ils vont pouvoir aller le faire. J'étais allé regarder les 10 pays les plus petits du monde, à l'Oénu, ceux qui sont à l'Oénu, le Liechtenstein, Andorre, le...
Comment dirais-je ? Singapour, peut-être qu'il devait y avoir le Qatar, le Brunei d'Arussalam, enfin les plus petits États. Prenez les 10, 15 plus petits, et vous prenez les 10, 15 plus gros. En population. La Chine, le Brésil, l'Indonésie, le Nigeria, le Bangladesh, etc. Les États-Unis. Et vous découvrirez qu'en PNB par habitant, PIB par habitant, eh bien ce sont les plus petits qui ont une moyenne supérieure aux plus gros.
Vous découvrirez également, il y avait eu quelqu'un qui s'appelait, je crois, Schumpeter, qui dans les années 1970, en matière managériale, avait fait un livre qui était resté assez célèbre qui s'appelait Small is Beautiful, c'est un Américain, qui montrait, ça c'est dans la gestion des organisations, qu'il y a sans doute des tailles optimales dans les organisations. C'est-à-dire que, effectivement, si vous êtes tout à fait minuscules, vous ne pesez pas grand-chose. Quoique, je vous ai donné l'exemple de micro-États ou de Luxembourg ou de Monaco qui tait très très bien leur épingle du jeu parce qu'ils sont sur des stratégies de niche.
Et je peux vous assurer que la diplomatie singapourienne ou la diplomatie israélienne, pour ne parler que ces deux-là, sont des diplomaties extrêmement actives et puissantes. Mais Israël dépend totalement des États-Unis aujourd'hui. Oui, oui, bien sûr, mais d'abord, ce n'est pas tout à fait vrai, ce n'est pas tout à fait vrai. On pourrait dire aussi que la Chine dépend, que Singapour dépend de la Chine. Non, ce sont des États qui mènent leur propre jeu. Donc, ça, c'est le premier plan, c'est que... Et puis, si vous êtes tout petit, sans doute, vous avez quand même du mal à petit, peut-être à peser, je ne sais pas.
Mais ce qui est certain, c'est que si vous êtes trop gros, il y a des phénomènes bureaucratiques qui se développent. Et qui, un historien célèbre qui s'appelait Jean-Baptiste Durosel avait écrit un livre qui s'appelait Tout empire périra. On s'aperçoit d'ailleurs qu'actuellement, vous avez des très gros empires comme par exemple, l'Empire soviétique s'est effondré. Pourtant, il y avait 15 États, ils avaient une monnaie unique, ils se sont effondrés. Les États-Unis d'Amérique ne sont pas en pleine forme. Vous pensez qu'ils vont s'effondrer ? Les États-Unis d'Amérique, moi, je ne mettrai pas ma main coupée que d'ici à 50 ans, il n'est pas explosé.
Vous savez qu'il y a des États entiers où l'anglais est en recul, en Californie ou dans le Michigan. Maintenant, l'espagnol est une langue officielle. Comment ?
Il n'y a pas de langue officielle aux États-Unis. Si, bien sûr. Non, l'anglais n'est pas une langue officielle aux États-Unis.
En tout cas, dans les États... Oui, les États ont des langues officielles. En Californie, l'espagnol est plus parlé maintenant que le... Et ça, c'est problématique ? Je ne sais pas si c'est problématique. Je dis simplement que les États-Unis peuvent très bien exploser à horizon de 50 ans. Pas maintenant, mais à horizon de 50 ans. Quand on voit le dissensus social qu'il y a aux États-Unis, quand on voit que... Une fois, j'avais fait une université d'été il y a quelques années, j'avais invité le président du parti pour l'indépendance du Texas. Alors, c'est un peu rigolo, mais c'est un parti qui existe et qui a quand même un petit retentissement. Bon. Voilà.
Ce que je voulais dire, c'est que il n'y a pas... Comment dirais-je ? La taille optimale, on ne sait pas où elle est. Moi, je pense qu'elle est assez volontière dans la taille des États-nations actuelles. Deuxièmement, dans votre idée, il y a l'idée que j'entends souvent pour se battre face aux États-Unis ou face à la Chine. Donc déjà, je ne comprends pas parce que c'est tout de suite une posture belliqueuse. Pourquoi se battre ? Pourquoi faudrait-il que l'on se batte contre les États-Unis, contre la Chine ? Pourquoi est-ce qu'on n'aurait pas le droit d'être soi-même sans vouloir se battre ? Vous voyez, c'est comme si vous me disiez voilà, j'habite dans un immeuble à Paris. Il y a 25...
Il y a 27 copropriétaires. Il faut absolument qu'on enlève les portes-pallières, qu'on vise tous en communauté hippie parce qu'on pèsera plus pour se battre face aux habitants de l'immeuble d'en face. Vous savez très bien que si on fait ça, ça va terminer en pugilage général entre les habitants de l'immeuble en question parce que les gens n'ont pas les mêmes intérêts.
Sans parler de combat militaire, je parle juste d'influence. L'influence américaine... Est-ce que vous ne pensez pas qu'il faut une Europe forte face à l'influence américaine plutôt qu'une France toute seule face... Non, c'est le contraire qui est vrai. C'est exactement
le contraire qui est vrai. Aujourd'hui, oui,
mais peut-être qu'il faut renvoire à l'Europe.
Non, non, non, c'est exactement le contraire qui est vrai. Malheureusement, on n'a pas le temps, mais je renvoie les gens qui veulent suivre ça. Je fais une parmi des conférences que j'ai faites. Il y en a une qui a beaucoup de succès qui s'appelle « Qui gouverne la France et l'Europe ? » La majorité des États membres de l'Union européenne sont pro-américains et ont besoin du parapluie américain face à la Russie. C'est en particulier le cas de tous les pays de l'Est. Mais c'est aussi le cas de l'Allemagne. Si vous voulez, entre l'Allemagne, si l'Allemagne doit choisir entre les États-Unis et la France, l'Allemagne choisira toujours les États-Unis.
D'abord pour des raisons ethniques, si j'ose dire. On oublie trop souvent que les États-Unis ont été composés par beaucoup d'émigrants, pas seulement britanniques ou irlandais, mais allemands, notamment au XIXe mais au début du XXe siècle. Par exemple, la capitale du Dakota du Nord, capitale de l'État de Dakota du Nord, s'appelle Bismarck. Et vous avez des quantités de communautés d'origine allemande dans tout le nord des États-Unis, avec des personnalités célèbres comme Boeing, comme Marlène Dietrich, comme Donald Romsfeld, comme Henry Kissinger. Ce sont des Allemands d'origine. Donc déjà, il y a ça. Deuxièmement, les États-Unis sont présents militairement en Allemagne.
Ils ont quand même des bases militaires. Et troisièmement, pour les Allemands, il vaut mieux être le numéro 1 de l'Union européenne sous domination américaine que le numéro 2 de la même Union européenne sous domination française. Il n'y a pas photo. C'est aussi simple que ça. L'idée selon laquelle il faudrait fusionner avec 26 pays alentours est une idée qui est comme ça, qui paraît séduisante, mais qui est une idée qui est une idée fausse. Ça me fait penser à deux choses que je vous ai dit. Je vous ai dit d'humilité. D'abord, c'est une citation de Jean-Jacques Rousseau qui disait « Les idées générales sont la source des plus grandes erreurs des hommes ». Voilà. C'est une idée générale.
L'idée que, voilà, si on est 26, ça va être formidable. Non, non, dans le détail, regardez, comme je vous l'ai dit, l'exemple que je vous ai pris ou même vous êtes avec 27 copains, vous dites « On va tous partir ensemble ». Vous allez voir en vacances ou vous allez voir comment ça s'est terminé au bout de quelques semaines, quelques mois. Et encore, ce sont des gens que vous avez choisis parce que là, on ne les a pas choisis nos voisins. D'autant plus que la construction européenne est fondée sur un principe fou quand vous y réfléchissez, surtout à une époque où les distances n'ont plus d'existence avec les échanges.
C'est-à-dire que, puisque le Portugal est frontalier de l'Espagne, qui est frontalier frontalier de la France, frontalier elle-même frontalier de l'Allemagne, frontalier de la Pologne, de la Lituanie, de la Lettonie, de l'Estonie et puis la Finlande, en fait, il y aurait les mêmes intérêts à défendre depuis Lisbonne jusqu'à Helsinki. C'est délirant parce que ça ne tient absolument aucun compte ni de l'histoire, ni des langues, ni des affinités électives. La France a des liens, des intérêts infiniment plus importants à défendre avec le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, Madagascar, le Canada, etc. qu'avec l'Estonie, la Lituanie ou la Slovaquie. Donc, on peut dire...
Ce ne serait pas dangereux si les Russes,
par exemple, envahissaient l'Estonie, le Lituanie...
Ce qui est très dangereux, c'est que là, on risquerait, nous, d'être embarqués dans un conflit avec la Russie. Est-ce que vous avez...
Il faudrait laisser l'Estonie et la Lituanie se faire envahir par la Russie ? Si c'était...
Écoutez, je ne sais pas, mais en tout cas, personnellement, est-ce que vous voudriez mourir pour l'Estonie ? Je n'en sais rien. Ce que, en tout cas, je peux vous dire, c'est qu'actuellement, il y a des chars, des engins blindés et des avions militaires français basés sur une base en Estonie qui est à 200 km de la frontière russe, qu'il y a des troupes de l'OTAN qui sont tout le long de la frontière russe et que l'inverse n'est pas vrai. Moi, j'aimerais savoir ce qu'on dirait s'il y avait...
C'est la Russie qui envahit la Crimée et pas l'Europe. Non, attendez, la Crimée, c'est encore autre chose. Oui, non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il peut y avoir une menace d'invasion russe dans ces pays-là. Ce n'est pas à prendre à aller, déjà.
Non, alors, s'agissant de la Crimée, puisque vous évoquez la Crimée, la Crimée n'a jamais été ukrainienne de son histoire. La Crimée a été conquise sur des canins, c'est-à-dire des... Comment dirais-je ? Des principautés turcophones et musulmanes au XVIIIe siècle par la grande Catherine de Russie qui a installé le port de Sébastien, la ville de Sébastien, Sébastopolis, Sébastopol, dans une espèce de rade naturelle qui fait de la ville de Sébastopol le plus grand port russe en eau chaude, donc non bloquée par les glaces. Et c'est dans la mer Noire. Donc ça, ça remonte au XVIIIe siècle. Et ensuite, ça a été rattaché à la Russie, à la Fédération de Russie, ce qu'on appelait à l'Empire russe.
Et il a fallu attendre 1954 pour que Khrushchev décide sur un coup de tête de donner la Crimée à la République socialiste fédérative d'Ukraine. Pourquoi ? Parce que c'était le tricentenaire du traité de Péryoslav de 1654 qui avait été celui du rattachement de l'Ukraine à la Russie. Alors pourquoi est-ce que Khrushchev a cessé ça en 1954 ? On n'en sait rien. Mais en attendant, en attendant, quand Khrushchev avait ça, c'était dans le cadre de l'URSS et personne à l'époque ne pouvait t'imaginer, comme vous, vous avez l'air surpris quand je vous dis que peut-être dans 50 ans les Etats-Unis auront explosé. C'est pourtant toute l'histoire du monde. Toute l'histoire du monde est comme ça.
Je peux vous dire qu'en 1954, personne au monde ne pouvait imaginer que l'Union sollicité exploserait.
Je ne voulais pas forcément aborder ce sujet, mais l'Ukraine était un Etat-nation souverain et la Russie a envahi son territoire.
Après un référendum. C'est exactement la même chose que le référendum du Kosovo par exemple Vous pensez que ce référendum a été fait de manière juste ? Ah oui, absolument. Je vous conseille d'aller en Crimée. Enfin, moi je suis allé partout. Mais je suis allé en Ukraine il y a un certain temps. Je suis allé en Crimée en 2015. Allez-y. D'abord, c'est magnifique. Allez vous faire votre opinion vous-même. Allez discuter avec les gens. Il y a un proverbe d'ailleurs là-bas qui dit que les Crimains sont plus russes que les Russes. Pour une raison simple, c'est que ça a été une population russe. Sauf c'est à part de Crimée.
Est-ce que c'est normal d'organiser un référendum ? Votre indépendance ou pas ? Est-ce qu'on organiserait une référendum en Bretagne ? Est-ce que ça c'est légitime ?
Ah ben certains le souhaiteraient. Ça certains le souhaiteraient. Mais selon vous, c'est légitime ça ? En France, personnellement, je ne le souhaite pas. Alors pourquoi ça l'extrait pour l'Ukraine ? Parce que l'histoire est différente et que c'est un pays différent ? Mais parce que c'est pas l'Ukraine, c'était en Crimée que ça a été organisé. Et puis parce que... Attendez, d'abord je ne suis pas l'ambassadeur de Russie. Non mais je sais aussi que je comprends bien que Vladimir Poutine a évidemment défendu les intérêts de la Russie. Bon, il l'a enrobé. Évidemment, c'est des intérêts de grande puissance. Il l'a enrobé sous une forme juridique.
Mais ce que je dis, c'est qu'il faut voir que derrière cette affaire d'Ukraine, il y a des intérêts géopolitiques très puissants qui sont ceux des États-Unis d'Amérique avec le Maïdan, que les États-Unis d'Amérique veulent repousser l'influence russe le plus possible et que la Crimée a été pour la Russie quelque chose d'extraordinairement important puisque c'est le seul port en eau profonde de la marine russe dans tout l'émissaire occidental. Donc c'était un chiffon rouge.
Et c'était d'autant plus un chiffon rouge que perçu par les Russes et par les Criméens qui sont très majoritairement pro-russes puisque c'est de la marine russe, ce sont des soldats russes qui sont dans le port de Sébastopol ou à Simferopol en capitale. Je vous assure, il y a eu le triste épisode de la déportation des Tatars de Crimée par Staline mais qui sont revenus. Mais je peux vous assurer, j'y suis allé, franchement, la population de Crimée n'est absolument pas pro-ukrainienne. Ça n'est pas vrai.
En plus de ça, vous savez que l'Ukraine est divisée puisque l'est de l'Ukraine, notamment la République de Lubansk et celle de Donetsk, ce sont des républiques non reconnues par la communauté internationale ni par l'ONU, mais qui sont pro-russes. Vous savez que tout l'est de l'Ukraine est pro-russes et tout l'Ouest est pro-occidental. C'est le drame de ce pays.
Récemment, une tribune a été lancée par 300 femmes politiques qui appellent un hashtag MeToo politique. Vous, vous avez été mise en examen pour harcèlement moral, harcèlement sexuel et agression sexuelle par personne ayant autorité et intimidation d'une victime. Comment vous positionnez par rapport à ce hashtag MeToo et qu'est-ce que vous répondez à ces accusations ?
Alors, d'abord, moi je suis tout à fait favorable évidemment à la violence qui est dénoncée par... Enfin, à la dénonciation de la violence par ces personnes. On est dans des sociétés maintenant qui n'acceptent plus qu'il y ait des violences de cette nature. Maintenant, ce que je voudrais dire, c'est que vous avez vu que les accusations de cette nature pleuvent, ça pousse comme les champignons après la pluie. Tous les jours, il y a des nouvelles choses. Je voudrais dire sur plusieurs choses. d'abord, moi, ça ne sont pas des femmes qu'on me reproche d'avoir agressées. On me reproche d'avoir agressé deux collaborateurs masculins qui étaient l'un qui avait 27 ans, l'autre 36 ans, champion de...
Enfin, pas champion, mais pratique de sport martiaux, art martiaux. Moi, j'en ai 64. Donc, vous voyez qu'en termes d'agression, excusez-moi, c'est un peu... Alors, je ne veux pas parler du dossier sur le fond parce qu'il y a la justice qui est en cours, mais il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas. C'est sûr. Ce dossier... Oui, mais ce qui est très important... Non, mais je vous pose juste la question parce que... Oui, oui, mais c'est très important, c'est parce que vous êtes exactement ce que fait France Info. C'est-à-dire... Moi, je ne vous explique pas, je ne suis pas le juge ou quoi, je vais juste relater le fait que vous vous êtes mis en examen.
Oui, non, mais vous faites exactement comme France Info ou comme les journalistes. J'ai fait une présentation de mon programme le 19 octobre. France Info nous a dit que ça ne l'intéressait pas. France Info, qui est une radio payée par le contribuable français pour avoir de l'information. France Info a dit que ça ne l'intéressait pas de venir et de regarder et de comprendre et de analyser mon programme. En revanche, ensuite, et d'ailleurs, Le Monde a fait pareil, les seules choses qui m'ont posé et les seules choses qui sont ressorties, c'est est-ce que je fais à l'église avec Philippot et où est-ce que j'en suis de mon affaire ?
Mais vous pouvez, avec n'importe quelle affaire, moi, je peux vous en sortir une demain sur vous. Il suffit qu'il y ait quelqu'un qui vous dise que vous avez fait de l'agression sexuelle sur des collaboratrices et vous êtes bon. Mais je vous accuse pas. Non, mais j'ai bien compris. Mais vous comprenez comment ça marche ?
Je vais vous poser les deux dernières questions qu'on pose à tous nos invités. Premièrement, est-ce qu'il y a quelqu'un que vous souhaiteriez voir ici, dans cette interview ? À votre place, ici ? Quelqu'un que vous aimez ou que vous n'aimez pas, d'ailleurs ? À ma place ou avec qui je débattrais ? Non, alors, pourquoi pas dans un débat ou à votre place, ici, dans ce format-là d'interview ?
Alors, avec qui je débattrais ? Moi, j'aimerais bien débattre avec M. Macron. que je connais. Nous sommes du même corps de l'Inspection générale des finances. Et il ne m'impressionne absolument pas. Voilà. Donc, j'aimerais bien débattre avec lui. Mais bon, vous êtes trop menufrottin pour lui. Il ne viendra pas ici. Qui est-ce que j'aurais bien aimé ici voir ? Je ne sais pas. Peut-être que vous pourriez interroger des gens qui sont victimes des délocalisations industrielles. Voilà. Une famille française qui voit leur outil de travail disparaître parce que l'usine est délocalisée en Chine ou en Slovaquie grâce aux traités européens. Et vous allez leur expliquer que c'est formidable.
En tout cas, sachez que nous, on recevra tous les candidats à la présidentielle, Macron y compris. Donc, voilà. Et j'invite d'ailleurs toutes les personnes qui nous regardent à regarder votre programme en détail. Et désormais, la dernière question qu'on pose à tous nos invités, est-ce que vous avez une citation qui vous accompagne au quotidien ?
Oui. Enfin, j'en ai beaucoup. Mais il y en a une que je dirais s'agissant de l'Europe. C'est cette belle citation chinoise. C'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves.
Cet épisode de Uppureuil est terminé. J'espère qu'il vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à vous abonner, à activer la petite cloche pour être notifié lorsqu'une prochaine vidéo sortira, à mettre un j'aime et à nous laisser votre avis en commentaire. Ça nous intéresse. C'était Antonin pour Le Crayon. Salut !
Sous-titrage ST' 501
François Asselineau