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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne· 18 décembre 2023 39 min

Haro sur les parents

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter France Inter, le 18-20, Fabienne Sintès C'est quoi être un bon parent ? Comment ça se définit ? Comment aider surtout les familles parfois un peu perdues ? Qu'est-ce qui manque pour aider les parents dans des familles aujourd'hui bien différentes, évidemment, de cette espèce de bloc monolithique qui a pu exister autrefois ?

La famille aujourd'hui, et je ne vous apprends rien, ce sont des séparations plus fréquentes, ce sont des recompositions, ce sont des familles monoparentales, ce sont des éloignements géographiques parfois, ce que ça veut dire, c'est qu'être parent au XXIe siècle, nous poserons d'ailleurs la question à nos invités, c'est sans doute plus difficile que ça ne l'a été, c'est aussi une angoisse, celle de faire mal, celle de faire des erreurs avec les petits, ont-elles réellement des conséquences sur les ados et les jeunes adultes ? Est-ce qu'on peut éduquer les parents à leur propre rôle ? J'espère que vous avez entendu les guillemets.

Quel est le rôle des politiques publiques, des aides publiques, des structures publiques ? C'est à tout cela que sert cette commission parentalité mise en place le 8 décembre dernier, qui devra rendre ses conclusions au mois de juin, une commission co-présidée par nos deux invités, Serge Ephèse et Hélène Roque. Alors je vous le dis tout de suite, on va mettre les pieds dans le plat une bonne fois, comme ça ce sera fait. La naissance de cette commission a été court-circuitée, on va le dire, par des déclarations sur la responsabilité des parents quand leurs enfants dérapent, mais la défaillance parentale n'a jamais été au programme de ces travaux-là.

La question, en revanche, qu'on posera ensemble, c'est celle du soutien des parents devant un enfant sur le point de déraper. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce qu'on peut aider à prévenir parfois les violences, parfois les malaises, parfois les suicides, de la difficulté d'être parent aujourd'hui ? C'est un vaste débat et c'est le téléphone sonne. Soyez les bienvenus. Le téléphone sonne. 01-45-24-7000. Valérie, est-ce que vous êtes là ? Oui, je suis là. Eh bien c'est tant mieux, vous êtes la bienvenue, on vous écoute, bonsoir.

1:53
Invité

Bonsoir. Donc oui, moi j'ai élevé deux garçons toutes seules et je trouve qu'il y a une vraie... que la France est très très en retard par rapport aux autres pays en ce qui concerne la pension alimentaire par exemple. Il y a 30 ans, moi j'ai des amis aux Etats-Unis, quand ils ne donnaient pas la pension, il avait une femme allemande. Le gouvernement allemand allait directement le piocher sur son salaire américain. Nous en France, on vient seulement de confier ça au CAF. Et encore, alors qu'on aurait dû le confier aux impôts, prélève-moi la source, on n'en parle plus.

Et donc les mamans solo doivent payer des impôts sur la pension alimentaire alors que les pères, c'est majoritairement des pères, ils peuvent le déduire de leurs impôts. Et par exemple, si j'aimerais que le père prenne l'enfant et qu'il ne le veut pas, je ne peux pas l'obliger. Par contre, s'il veut l'enfant un jour et que je ne lui donne pas, il peut porter plainte contre moi. Donc je trouve que les papas ne sont pas très impliqués. Dans mon expérience, les papas ne sont pas très impliqués et les femmes sont toutes seules à gagner de l'argent, à trouver un appartement avec le nombre de chambres pour les enfants et à prendre toutes les décisions seules.

Et ça, c'est très, très lourd à porter.

3:11
Présentateur

Eh bien, beaucoup de choses dans cette première question. Valérie, merci beaucoup pour discuter ensemble jusqu'à 20h. Il y a Serge Efez. Bonsoir, M. Efez. Bonsoir. Psychiatre et psychanalyse, vous êtes l'un des co-présidents de la commission sur la parentalité. Pour cause, l'autre co-présidente, c'est vous, Hélène Roch. Bonsoir, directrice de Notre Avenir à tous. C'est un cabinet conseil spécialisé notamment dans les questions de jeunesse. Je vais citer votre dernier livre, Hélène Roch, qui s'appelle « Sovaux nos enfants » aux éditions Robert Laffont. Parce qu'il touche à notre sujet d'aujourd'hui.

C'est intéressant, Serge Efez, parce que des monoparentalités, et donc des femmes d'ailleurs en particulier, il y en a beaucoup qui nous écoutent au standard, on a l'impression que l'un des piliers des questions que vous aurez à régler touche à la monoparentalité réellement.

Oui, certainement, parce que dans toutes ces transformations de la famille auxquelles on assiste aujourd'hui, l'augmentation des recompositions, des divorces, etc., eh bien la question monoparentale est au cœur de ces transformations familiales, parce qu'effectivement, ce sont bien souvent ces familles monoparentales, quand je dis famille monoparentale, c'est-à-dire une maman comme Valérie, avec un enfant ou plusieurs enfants, qui cumulent beaucoup de difficultés, beaucoup de handicaps, beaucoup de handicaps sociaux, et qu'un focus de cette commission va être effectivement de s'intéresser tout particulièrement à ces situations de monoparentalité, à la fois sur le plan social et psychologique.

Une famille monoparentale, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de père, mais donc justement, toute la question, c'est ce père, il est où, il fait quoi, de quelle façon est-ce qu'il ne s'agit pas de lui mettre un policier derrière la tête, mais il s'agit de l'inciter à une implication plus grande, et peut-être avec aussi des aides diverses, fiscales, sociales, etc., de faire en sorte qu'un enfant ait toujours deux parents, parce que c'est quand même mieux pour un enfant d'avoir deux parents. On a beaucoup entendu ces derniers temps, Hélène Roch, il y a même eu la couverture de, c'était la Croix Magazine, je crois, qui titrait « Où sont les pères ?

» Est-ce qu'il y a un vrai sujet là-dessus, parfois sur la place des pères ? Alors j'entends les gens qui nous écoutent et qui sont pères et qui vont nous appeler du coup en retour en nous expliquant qu'eux aussi peuvent être parfois une famille monoparentale, ce qui est vrai. Certains évidemment sont très impliqués, ce qui est vrai aussi. Est-ce qu'il y a un sujet, et dont vous avez envie aussi de vous emparer, un sujet qui dit « Où sont les pères aujourd'hui ou pas ? »

5:25
Aurore Bergé

Ce qui est sûr, c'est que je travaille depuis plusieurs années sur la question de la charge mentale des femmes. Bien sûr, depuis une dizaine d'années, on essaie de faire baisser de 82% à 81%, puis 80% le temps passé pour les tâches administratives. Et où sont les pères ? Où sont les maris ? C'est-à-dire où sont les conjoints ? Et je crois que cette question, évidemment, l'égalité entre les hommes et les femmes sera nécessairement un des piliers de cette commission. Où sont les pères ? Je crois que c'est peut-être que je vais me tourner vers Serge Éphèse pour cette question.

Mais la question réellement de la charge mentale des femmes ne peut pas être dissociée de la question du malaise des adolescents, qui est vraiment le sujet, qui est mon sujet d'étude depuis une dizaine d'années. Et donc, on ne peut pas imaginer qu'une femme est en train d'essayer de se battre pour son travail, de le préserver, qu'elle reçoit des coups de fil du CPE de l'école qui dit que le petit ne va pas bien. Elle n'a aucune raison de pouvoir rentrer de chez elle. Elle rentre chez elle, elle a une fuite d'eau, elle ne sait pas comment la réparer.

Et il n'y a pas besoin d'être une famille monoparentale, d'ailleurs, pour savoir que les femmes sont vraiment la variable d'ajustement, en fait, dans le fait qu'on travaille et on a des enfants.

6:54
Présentateur

Serge Éphèse, ce qu'elle décrit, Hélène Roch, nous dit qu'il n'y a pas forcément un lien de causalité entre malaise adolescent et monoparentalité. Mais ce qui est une réalité, en effet, c'est que ce qui manque au fond et ce qui est extrêmement compliqué, j'y mets des guillemets, c'est l'intendance, en fait. Ce n'est pas tant la parentalité que l'intendance derrière, en effet, aider cette femme parce que s'il y a une fuite, c'est l'enfer, parce qu'elle ne peut pas quitter le boulot, effectivement, aussi vite qu'elle le voudrait s'il faut aller récupérer son fils ou sa fille à l'école, soit parce qu'il est à l'infirmerie, soit parce qu'il a fait une bêtise, etc.

On a l'impression que c'est tout ce qu'il y a autour. C'est tout ce qu'il y a autour et c'est là-dessus qu'on a vraiment envie de réfléchir. C'est-à-dire, quelles sont les aides concrètes, quelles sont les aides possibles pour qu'il y ait quelque chose autour des familles, encore plus quand c'est une famille monoparentale, mais même, évidemment, pour toutes les familles, sachant qu'on aimerait intervenir en amont, justement, en amont des crises, en amont des décompensations, en amont des tentatives de suicide, en amont de la violence, en amont de tout ce qui traverse le monde adolescent aujourd'hui et qui est de plus en plus grave à l'heure actuelle et on l'entend tous les jours.

Donc, intervenir en amont, c'est penser le communautaire, c'est penser le village, j'ai envie de vous dire, c'est penser toutes les aides qu'on peut imaginer pour les familles avant d'avoir besoin d'avoir recours à la protection judiciaire de la jeunesse au service de psychiatrie locale.

Et ces aides, elles existent dans plein d'endroits, elles sont un petit peu embryonnaires, elles ne sont pas forcément soutenues, elles sont très disparates et un de nos objectifs, ça serait justement de faire un panorama de ça, de voir qu'est-ce qui marche sur le plan communautaire, sur le plan d'une petite association qui fait du soutien, qui fait de la médiation, qui mêle les familles avec des professionnels. Les parents manquent de relais, ils sont très très seuls et les mères seules encore plus seules.

Et ils ignorent très souvent, Hélène Roch d'ailleurs, à quoi ils ont droit, ou elles ont droit précisément, parce que comme le dit Serge Éphèse, il existe des choses, encore faut-il savoir que ça existe et avoir la possibilité d'aller le chercher.

9:01
Aurore Bergé

Oui, il y a d'ailleurs des villes qui ont pensé à cela, je pense en particulier à la ville de Troyes, avec des maisons de quartier qui sont des maisons pensées pour des familles, qui d'ailleurs s'appellent des espaces familles, dans lesquels à la fois on reçoit les mères dans la journée pour les aider dans les tâches administratives, pour les aider, pour essayer de préparer les dossiers qui concernent leur enfant, mais aussi qui concernent leur propre droit à elles. Et juste à côté de ces espaces-là, on peut venir en aide aux enfants, notamment pour l'école.

Et là, je voudrais souligner ce point, parce qu'en fait, le malaise des adolescents, quel que soit l'endroit d'où on le regarde, il est l'affaire de la collectivité. C'est-à-dire que l'école, encore une fois, on revient peut-être sur la question de la charge mentale, mais pour certains parents, quand ils voient affluer les mails de l'école et les demandes de leurs enfants, ils disent « mais moi, je ne peux pas avoir un deuxième plein temps ». Pour certains parents, ça n'est pas évident. On ne va pas se cacher la vérité, il y en a beaucoup qui prennent des aidants qu'ils payent, c'est-à-dire des coachs. Donc je crois que les inégalités sociales en matière d'éducation, c'est de 1 à 8.

Tous ne peuvent pas le faire. Et dans ces maisons... Des coachs de parentalité pour eux ou des coachs pour les gamins ? Des coachs pour les gamins. C'est-à-dire qu'on imagine, les gamins aujourd'hui doivent se préparer leur avenir à un âge, enfin à 14-15 ans, on commence à leur demander de faire des choix de spécialité. Et donc là, moi, je suis intervenue en tant que professeure aussi. Donc je parle en tant que consultante qui écoutait des enfants, mais aussi j'ai été professeure. Je peux vous dire que pour les professeurs comme pour les élèves, la pression de parcours sup, ça se traduit par une angoisse absolument extraordinaire.

Donc soit vous avez des espaces comme ceux que décrivait Serge Éphèse, comme ces espaces familles dans lesquels on peut venir en aide à des enfants. Soit vous avez des familles qui ont l'air insolides et qui peuvent aider. Il y a des cousins, il y a des oncles et tantes, il y a des grands-parents si jamais les parents travaillent. Soit vous n'avez pas... Vous n'avez rien. Et dans ces centres, il y a des personnes qui sont en relation avec les écoles et qui aident les parents à aider leurs enfants pour leur scolarité.

11:16
Présentateur

Vous avez évoqué l'un et l'autre, en fait, l'idée du village pour élever un enfant. Je voudrais qu'on y revienne dans un petit instant. Mais Johan est là. Bonsoir, Johan. Oui, bonsoir. Vous m'avez entendu parler des mères et vous êtes un père.

11:28
Invité

Oui, voilà, exactement. Je suis un papa. J'en étais sûr. Allez-y. Oui, je réagis aussi en tant que papa. Vous avez bien fait. En tant que parent, surtout. Avant que papa, je réagis en tant que parent. Et du coup, j'aimerais qu'on puisse parler un petit peu plus aussi justement des papas qui sont là aussi, qui sont là, qui ont les enfants une semaine sur deux ou tout le temps aussi. Voilà. Et qu'on arrête tout le temps de conjuguer. Quand j'entends les femmes variables d'ajustement, ça me fait du mal. Je veux dire, je pense qu'on est tous parents et qu'on doit être là pour les enfants en priorité. Et donc, les aides, elles doivent être des deux côtés. Ce qui n'est pas le cas, je vous assure.

La bataille pour les papas, en fait, je pense que je ne serai pas le seul à témoigner sur ce modèle. C'est qu'en fait, on n'est pas de suite vu comme parents. Voilà.

12:17
Présentateur

Je vous remercie pour votre appel, Johan. Et j'étais sûre qu'il viendrait. Et c'est bien normal, Serge Efez. Mais c'est aussi ça que vous aurez à gérer et à comprendre. Il a raison, parce que la grande transformation des familles aujourd'hui, c'est quoi ? C'est qu'au-delà de la parenté qui institue un père et une mère de famille, il y a ce qui s'appelle la parentalité, qui est l'exercice de toutes les tâches affectives et matérielles qu'on rend auprès des enfants. Et le grand changement de ces dernières décennies, c'est que les pères sont de plus en plus impliqués auprès de leurs enfants. Ils ont de plus en plus envie de s'en occuper et ce, dès la naissance, de leur donner le biberon.

Il n'en demeure pas moins qu'il continue à y avoir une inégalité profonde entre les hommes et les femmes autour de la répartition de ces tâches, autour de la tâche mentale. Mais c'est très bien de rappeler que de plus en plus de pères sont impliqués effectivement auprès des enfants. Céline nous écrit par mail et nous dit ceci. Je viens d'entendre le thème de ce soir, comment accompagner la parentalité ? Et j'ai directement pensé à ce qui s'est passé quand mon fils est entré en CP. Comment l'accompagner dans ses leçons ? Nous demande Céline. J'ai envie de l'aider, j'ai envie d'y passer du temps, mais je n'ai aucun outil en main.

C'est comme si cette étape devait être innée chez les parents et je trouve ça dommage. Il n'est qu'en CP mais j'aurais aimé qu'on nous donne au moins des trucs ou des astuces. Et je vous vois opiner l'un comme l'autre,

13:33
Aurore Bergé

Hélène Roch. Alors, moi je n'ai pas les trucs et les astuces mais j'aime bien l'idée qu'il y ait plusieurs sources pour aider cette dame. Par exemple, peut-être cette dame est salariée d'une entreprise. Dans les entreprises, il y a toutes sortes d'apport maintenant qu'on offre. On explique aux parents comment par exemple servir un repas équilibré à ses enfants. En temps d'épidémie, on a parlé des gestes barrières. On pourrait tout à fait imaginer que les employeurs puissent aider les parents pour les savoirs clés, l'enfance, l'adolescence, pour aider ces enfants qui puissent les orienter. C'est absolument une des missions de la responsabilité sociale.

Vous savez, moi j'ai travaillé dans une entreprise. Savoir clé, pardonnez-moi Hélène Roch, qu'est-ce que vous entendez par là ? Par exemple, là, dans le cas très spécifique dont nous sommes en train de parler, c'est comment aider son enfant à l'école. Donc ça, on peut tout à fait imaginer que les entreprises puissent avoir des conférenciers qui viennent expliquer devant les salariés des choses mais on peut aussi imaginer qu'ils distribuent des documents qui soient pensés pour les salariés. Ce sont aussi des parents. Mais j'entends ce que vous dites,

14:49
Présentateur

on explique effectivement comment manger bien, on explique les valeurs nutritionnelles d'une chose ou d'une autre, on explique, j'en sais rien, la sécurité routière, si les enfants vont à l'école en vélo, mais on oublie en route quelque chose.

15:01
Aurore Bergé

J'ai fait, j'ai écrit des programmes pour des salariés pour expliquer comment bien manger, donc je ne vois pas pourquoi et comment faire bien d'autres choses d'ailleurs et je ne vois pas avec l'aide de la communauté européenne, il y a toutes sortes d'acteurs, les acteurs publics et les acteurs privés peuvent la main dans la main aider les parents de différentes façons et aussi les maisons de quartier pour aider les parents dans cet accompagnement de leurs enfants. Mais peut-être Serge Efez pourrait ajouter...

15:28
Présentateur

On va écouter un autre auditeur dans un tout petit instant, Serge Efez, et vous reprendrez la parole. Il y a une chose que je retiens dans ce que vous dites, Hélène Roch aussi, c'est qu'on a le droit de rassurer les familles parce qu'on a le droit de ne pas savoir, on a le droit d'être paumé à certains moments, on a le droit de ne pas avoir toutes les réponses, enfin on n'est pas Wonder Woman et ni Superman quand on est parents. Mais non seulement on a le droit et c'est normal, mais le problème qui se pose aujourd'hui c'est qu'il y a beaucoup d'injonctions contradictoires qui sont faites aux familles.

On a entendu encore plein de débats récemment entre deux psychologues dont l'une défend le fait qu'on met l'enfant dans sa chambre quand il est insupportable et l'autre qui est dans l'éducation bienveillante et ça, ça n'est qu'un petit exemple parmi des dizaines... Mais quand même, parce que ça crée des débats complètement dingues, enfin je veux dire... Oui, oui, et des débats qui dépossèdent les parents un peu de leur bon sens. C'est-à-dire qu'ils ont toujours peur de mal faire aujourd'hui. L'enfant est tellement chéri, il est tellement désiré, il est tellement voulu, on veut tellement son bonheur que les parents sont très angoissés avec l'idée qu'ils vont mal s'y prendre.

Et un des objectifs que j'aurais, c'est peut-être d'essayer justement de restaurer ce bon sens des parents. Ce n'est pas si compliqué d'élever des enfants. C'est devenu difficile aujourd'hui. Il faut pouvoir trouver les blocages. On va y revenir là-dessus. Je voudrais qu'on écoute cette note vocale qui nous vient de Tristan et qu'on découvre ensemble.

16:47
Invité

Pour ma part, j'ai le sentiment qu'il existe déjà un organe au sein de quasiment toutes les communes ou les regroupements de communes qui s'appelle le RPE, le Relais Parent-Enfant, et qui est à destination justement des assistants maternels, des parents pour pouvoir accompagner au mieux les enfants. Malheureusement, dans la pratique, cet accompagnement est souvent tourné vers l'accompagnement administratif pour la gestion des contrats. Mais selon moi, c'est un organe déjà existant qui pourrait tourner vers l'accompagnement des parents, la parentalité et comment devenir parent.

17:26
Présentateur

Hélène Roch, une réaction à ce message de Tristan ?

17:30
Aurore Bergé

Je trouve ça très intéressant. Je pense, encore une fois, comme le disait Serge Efez tout à l'heure, qu'il y a une multitude d'outils, mais les parents, et comme vous le disiez aussi, les parents ne sont pas nécessairement au courant de ce qui est à leur disposition et il faut absolument réussir à les recenser, ces outils, et à les investir parce que finalement, au fond de toute cette question, il y a la question de la transmission.

Les parents ont beaucoup de choses à transmettre à leur enfant et pourtant, lorsqu'on écoute les animateurs sociaux ou certaines infirmières ou les professeurs, ils ont l'impression que finalement, à la fois, les enfants n'ont jamais été aussi seuls, les parents n'ont jamais été aussi seuls, alors que pourtant, une professeure de français me disait, maintenant, les parents ne travaillent pas le mercredi. Et je parle aussi à l'auditeur qui est un papa, les papas comme les mamans, surtout quand ils sont moins de 40 ans, si je peux me permettre, parce que dans la génération qui a précédé, c'était les mamans.

Mais donc, elle me disait, cette professeure de français, c'est extraordinaire, les parents ne travaillent pas le mercredi, ils ont un temps fou pour s'occuper de leurs enfants, mais pourtant, ils ne communiquent pas. Et ils ne communiquent pas parce qu'ils ont peur de quelque chose. Par exemple, ils voient sur Pronote le meilleur de la classe, le moins bon de la classe. Alors tout à coup, ils entrent en panique parce qu'en même temps, ils ont reçu une note qui leur dit, maintenant, il faut que chacun trouve sa place tranquillement et qu'on ne soit plus dans la compétition.

Puis le lendemain, donc il y a quelque chose qui est complètement, complètement, ils sont démunis devant ces injonctions contradictoires.

18:55
Présentateur

On parlait de rassurer Serge Effesse tout à l'heure, il y a les injonctions contradictoires dont parlait Lenrock et puis il y a tout ce qui a été dit et écrit, enfin, on nous a tous expliqué ah là là les mille jours, ah là là tout se joue avant cinq ans, enfin, et il y a cette espèce de frousse incroyable que si on se trompe avec un enfant, c'est comme ça que l'ado se retrouvera derrière à brûler une bagnole ou je ne sais quoi du même genre, enfin, ça aussi c'est des choses qui sont dans la tête des parents.

Oui, c'est des choses qui sont ancrées de plus en plus dans la tête des parents et qui provoquent une panique le nombre de parents que j'entends toute la journée parce qu'ils ont l'impression d'avoir dit un mot de travers à leur enfant, de lui avoir trop crié dessus ou à mauvais escient, eh bien, ils pensent que c'est foutu, que cet enfant va être traumatisé à vie et qu'il va passer sa vie chez un psy pour essayer de réparer ça. Donc là aussi, je resitue le bon sens dont je parlais tout à l'heure et j'aimerais qu'on puisse donner un certain nombre de directions par rapport à ça.

Cela dit, une fois qu'on a dit ça, il faut aussi comprendre qu'on est dans une période de crise qui est extrêmement, extrêmement difficile pour les familles. Là, c'est le psychiatre d'enfants qui vous parle et qui voit depuis trois ans... Lié au post-Covid, vous voulez dire, Serge ?

Oui, lié à ce qu'on pourrait appeler cette succession de crises, de traumatismes qui sont tombées sur la tête des familles les unes après les autres sans arrêt depuis effectivement le Covid, suivi de guerres, suivi de craintes écologiques, suivi de catastrophes économiques, etc., et qui rendent l'avenir très très sombre et que les tentatives de suicide sont multipliées par deux chez les adolescents, les consommations de psychotropes, le recours aux psychiatres, alors que le service public de psychiatrie est totalement saturé et ne peut absolument pas répondre à la détresse des parents.

Et donc, encore une fois, avant d'en arriver là, dans ce contexte qui est particulièrement anxiogène, il faut pouvoir multiplier les réponses aux familles et aux parents qui vont pouvoir calmer les choses avant qu'on rentre dans ces situations de crise parce qu'elles sont en train de se multiplier vraiment énormément. On parle de parentalité ce soir au Téléphone Zone avec Serge Efez, avec Hélène Roch, tout de co-président de la commission sur la parentalité, Être des parents aujourd'hui, le prochain, c'est vous, David, avec nous. Bonsoir. Bonsoir. On vous écoute.

21:07
Invité

Oui, donc, je suis, enfin, j'étais principal de collège en Bretagne et on a mené un travail avec l'assistente sociale de l'établissement par rapport aux élèves qui présentaient des difficultés de résultats, de comportements et autres et on s'est assez rapidement rendu compte que finalement, le facteur déterminant, ce n'était pas l'origine sociale ou ce type de phénomène, mais c'était les difficultés parentales, quelle que soit l'origine en fait. et c'était vraiment très significatif.

Et quand on a travaillé avec les familles, quand on peut, parce que parfois, on a des familles qui ne peuvent pas se déplacer ou qui dépendent d'autres parents parce qu'ils n'ont pas de moyens de transport et le gros problème qu'on a rencontré, c'est que finalement, à partir du moment où on a un élève qu'on essaye d'aider avec les parents, enfin, et d'aider les parents également, il y a un délai, on va dire, d'environ 10 ans et 18 mois entre le moment où on s'aperçoit du problème et le moment où on peut avoir un accompagnement social, notamment, par le territoire.

Et donc ça, c'est vraiment, ça veut dire que finalement, quand on intervient, quand on peut intervenir, la situation, c'est beaucoup dégradé et ce sera beaucoup plus compliqué et beaucoup plus long.

22:20
Présentateur

Voilà. Merci beaucoup pour ce message, David. Il y a deux choses que je voudrais retenir dans ce que nous dit David Hélène Drogue. D'abord, il dit que la difficulté ne vient pas forcément du milieu social, mais des difficultés parentales. Je voudrais qu'on insiste vraiment là-dessus. Des parents qui ont des problèmes avec les enfants, ça peut être aussi un lycée privé, beaucoup d'argent, etc. si la famille, elle, fonctionne mal ou pas.

22:48
Aurore Bergé

Moi, ce que je crois, c'est qu'il y a un triptyque gagnant qui est le triptyque école, parents, collectivité. Et je crois que quand les trois se donnent la main, si un a des soucis, si l'enfant a des soucis avec un de ses espaces, il peut s'en sortir. Après, ce que je crois, c'est que les enfants, en tout cas ceux que j'ai écoutés et qui ont répondu à nos sondages avec Ipsos, l'ESSEC et la Fondation Jean Jaurès depuis quelques années, les jeunes, en effet, parlent d'une pression qu'ils trouvent dans l'école, aux abords de l'école, sur les réseaux sociaux et aussi avec les familles.

Cette pression, elle est amplifiée par l'état de la société mais en effet, ils ont des problèmes avec les familles mais je crois que la solution, on est dans le cas par cas et on ne peut pas apporter une réponse générale. Ce qui est certain, c'est que, par exemple, dans la question du harcèlement, on parle souvent de délais de plusieurs mois avant qu'un dossier soit traité et ce qui manque, c'est d'en parler. Donc pour en parler, il y a ceux qui arrivent à parler naturellement et ceux qui n'arrivent pas à parler, il faut qu'il y ait un tiers qui peut être la maison de quartier, qui peut être une petite structure, qui peut être un psychologue, qui aide à parler.

24:05
Présentateur

Serge Éphèse, là-dessus et notamment sur le fait de voir ou pas si l'enfant est en train de déraper. Quand on dit déraper, ça peut être effectivement être dans un mal-être total parce qu'il est harcelé. Ce qu'on ne voit pas, déraper, ça veut dire aussi sombrer dans la violence. Vous dites, on peut agir avant pour éviter que ça ne se passe réellement. Est-ce qu'on peut vraiment voir ces signes-là et les prévenir ? Justement, si on arrive, et moi j'aime beaucoup le témoignage de ce principal de collège qui se penche justement sur chaque enfant et chaque famille et qui cherche des relais, il faut pouvoir détecter les signes faibles avant les signes forts.

Ce que je veux dire, c'est qu'il faut pouvoir détecter un malaise adolescent, un malaise d'un enfant avant qu'il se scarifie ou qu'il avale des médicaments. Donc bien évidemment, il faut pouvoir aider à, je n'aime pas le mot dépister, mais aimer à voir quels sont les signes de ce malaise et quelles sont les réponses qui sont les plus adaptées. David a bien raison de dire que ce n'est pas l'origine sociale dans la plupart des cas qui est une difficulté pour les enfants. Si on parle tellement de soutenir les familles dans ce qu'on est en train de vous dire et dans la lettre de mission que nous a confiée le ministère, il y a le mot soutien des familles à chaque paragraphe.

C'est que soutenir les familles, ça veut dire soutenir les familles à soutenir les enfants. C'est ça la question. C'est-à-dire que le meilleur lieu pour un enfant pour aller bien et pour s'épanouir, c'est sa famille. On part quand même de cet aspect-là et quand une famille perd ses capacités, perd ses compétences, ça peut être lié à des tas de choses. Ça peut être lié à des difficultés dans le couple parental, ça peut être lié à une crise au travail du papa qui retentit sur la famille, ça peut être lié à tout ce climat anxiogène dont je parlais tout à l'heure et qui pèse lourdement sur les familles.

Donc tout ça doit être évalué mais surtout ne doit pas être pathologisé parce que ça fait partie de la vie. On a Lucille par mail avant de retourner au standard qui nous dit ceci je suis professeur principal d'une classe de seconde professionnelle, je suis inquiète de certains de mes lycéens qui sont décrocheurs ou en difficulté dans les parents souvent séparés ou dans des vies compliquées, je reviens aux difficultés parentales dont vous parliez, ne répondent pas lorsque je souhaite les rencontrer pour évoquer les difficultés et les errances de leurs enfants. Je suis parfois même obligée de demander à ma direction de rédiger des convocations officielles.

Hélène Roch, ça va nous amener aussi doucement à la responsabilité ou pas des parents et où on la fixe en fait ? Comment ça marche

26:33
Aurore Bergé

hors de la caricature cette affaire-là ? Je crois que la question au fond de cette question c'est la question de la présence des parents dans l'école dans certains cas. Bon d'abord le malaise des adolescents je crois concerne toutes les catégories sociales et tous les indicateurs sont à la hausse et je crois qu'il faut le rappeler pour nos auditeurs parfois même les taux d'anxiété et de dépression sont encore plus présents pour les enfants qui sont issus des catégories sociales les plus favorisées.

Mais dans ce que vous venez de dire je crois que il y a dans certains cas des parents qui ont peur de l'école parce qu'ils ont eux-mêmes un passé douloureux avec l'école et moi j'ai vu plusieurs principaux de collège me dire que leur plus grande difficulté c'était d'arriver à faire entrer les parents dans l'école alors justement c'est pour ça que je reviens un petit peu à cette idée de s'ouvrir aussi sur la collectivité c'est que j'ai un cas très précis que je peux vous raconter d'une jeune fille qui allait vraiment très mal et elle a pu sortir de son malaise parce qu'elle était emmenée à la mairie de Meaux en l'occurrence à une sortie scolaire à laquelle l'école avait proposé au papa de se rendre je crois que ce papa ne saurait pas aller dans l'école mais il est allé à la mairie et elle a découvert la trompette et elle s'en est sortie

27:50
Présentateur

est-ce que ça veut dire Serge Ephèse il y a eu ce débat effectivement au lancement de la commission sur ce qu'on appelle la défaillance parentale est-ce qu'on dit que ça que ça n'existe pas les gens qui nous écoutent vont sauter au plafond donc il y a forcément un moment des moments où il y a des défaillances mais est-ce que c'est quoi en fait selon vous la défaillance parentale qu'est-ce qu'on met comme définition derrière ça eh bien déjà je ne dirais pas qu'une famille est défaillante je dirais qu'une famille peut traverser des crises qui la rendent momentanément défaillante et que c'est pas du tout la même chose c'est pas une caractéristique de famille de dire c'est comme les familles de la mauvaise graine si vous voulez et les bonnes familles donc c'est pas de ça dont il est question par contre une famille peut traverser effectivement une crise parce que encore une fois il y a énormément de conflits il y a un deuil qu'on n'arrive pas à assumer il y a un chômage il y a des grosses difficultés que traverse la famille et à ce moment là elle perd ses capacités disons de soutien elle perd ses capacités que j'appelle d'accordage à l'intérieur de la famille vous savez comme dans un orchestre quand on arrive quand même à s'accorder pour que ça sonne un petit peu juste autour des enfants et des adolescents donc c'est ces moments là qu'il faut pouvoir saisir le plus rapidement possible parce qu'après c'est des effets de cercle vicieux c'est à dire que quand ça commence quand il y a un niveau d'incapacité ou de défaillance qui apparaît à un niveau très vite ça s'enchaîne et il devient de plus en plus difficile d'en sortir ça veut dire quoi ça veut dire si on perd le fil de son fils ou de sa fille on a beaucoup de mal à le récupérer c'est ça que ça veut dire oui tout le monde tout le monde le comprendra votre fils commence à aller un petit peu mal à aller moins bien à l'école à montrer des signes ça angoisse évidemment ses parents plus ils sont angoissés plus ils sont inefficaces par rapport à leur enfant qui continue donc à s'angoisser et à manifester des symptômes et ces symptômes augmentent l'angoisse de ses parents ces effets de cercle vicieux et tout le monde tout le monde peut les saisir donc quels vont être les relais pour ses parents et pour cette famille avant d'en arriver là vous savez j'ai un exemple en tête parce que j'y avais participé et que ça avait été très très très frappant c'est quand on a créé les maisons vertes il y a 20 ans ou 25 ans ou 30 ans même à l'initiative de Françoise Dolto c'était pas des lieux de soins c'était un petit peu comme des jardins d'enfants comme des garderies et bien c'était des lieux où les parents pouvaient aller sans rendez-vous taper à la porte avec leur petit enfant de 2-3 ans ils rencontraient d'autres parents ils rencontraient des médiateurs ils rencontraient des psys et ils disaient voilà il dort pas j'ai des problèmes avec lui il me répond mal etc et les autres parents pouvaient intervenir ça c'est le soutien communautaire c'est important et les psys pouvaient aussi donner un éclairage sans que ce soit une psychothérapie et ce genre d'initiatives ils peuvent être multipliés à tous les âges et à tous les moments Bonsoir Nora Oui bonsoir Il paraît que vous venez de vous garer pour nous parler c'est bien c'est mieux Alors on m'a demandé de me garer Ah bah ouais on a bien fait on vous écoute Alors je suis assistante sociale pour un conseil départemental en Haute-Vienne je travaille en en quartier prioritaire de la ville et ce que je disais en fait c'est je voulais revenir aussi sur l'aspect de prévention avant de je crois que votre intervenant disait avant de pathologiser tout ce qui se passe dans les familles la prévention c'est hyper important et malheureusement pas du tout travailler c'est pas du tout une qualité dans notre pays et puis dire qu'effectivement les ressources on les trouve dans les familles avant tout et que c'est très important qu'ils gardent du lien avec leur famille connaissant le contexte des enfants placés aujourd'hui et puis dire aussi quand même qu'on a une génération j'allais dire de gamins d'adolescents qui passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux avec des influenceurs qui passent leur journée à pleurer à se plaindre et donc c'est à la mode de se plaindre et de trouver des problèmes là où parfois il n'y en a pas donc voilà tout ça donne un contexte assez terrible pour ces enfants et en même temps on se dit il y a toujours de l'espoir moi je parle de mon cas personnel on parlait tout à l'heure des difficultés matérielles qui pouvaient entraver un certain nombre de prises en charge des enfants par leurs parents moi économiquement voilà mes parents ils n'étaient pas enfin on faisait partie de voilà des classes les plus populaires et pour autant j'ai l'impression qu'on a eu une meilleure vie que celle que nos adolescents vivent aujourd'hui malheureusement Laura merci beaucoup parce que tellement sollicité aujourd'hui c'est aussi ça que ça veut dire Hélène Roque parce qu'il y a tellement de j'allais dire d'injonctions mais pas seulement de choses qui arrivent par les réseaux sociaux qui font qu'on a peut-être plus envie de choses que Nora à l'époque où elle était gamine en fait c'est aussi ça

32:38
Aurore Bergé

je suis contente que Nora parle de génération c'est la première fois qu'on dit le mot génération depuis ce soir encore une fois je crois que cette génération est vraiment frappée par quelque chose de très particulier c'est une génération qui a grandi avec un portade dans le berceau et qui a rencontré le confinement à la puberté ceci change profondément le rapport à l'autre de fait le travail de prévention doit être à la fois essentiel et prioritaire mais il est très difficile un exemple dans nos statistiques lorsqu'on demande on fait passer des tests cliniques aux adolescents et on leur demande on peut établir des taux donc on voit un sur trois et dans un état d'anxiété généralisée quand on demande à ces gamins là s'ils pensent qu'ils devraient aller voir un psychologue ou s'ils pensent qu'il faut aller consulter s'ils ont besoin d'aide très largement ils répondent que non parce que c'est pas assez important il y a une certaine façon de banaliser cet état et il y a un pessimisme un d'entre eux me disait on est tous pessimistes et ça je crois qu'on a vraiment du pain sur la planche parce que nous on doit laisser tomber notre déni pour qu'eux laissent tomber leur pessimisme

33:44
Présentateur

oui c'est à dire que quand on entend tous les sujets qui sont abordés ce soir ça n'est qu'une petite partie évidemment une petite partie de l'énormité des sujets qui concernent ces questions de parentalité qui concernent les difficultés des enfants et des adolescents aujourd'hui j'ai envie de vous dire qu'on a du pain sur la planche mais on a envie de s'y atteler en tout cas j'espère bien vous allez nous donner quelques priorités dans un instant mais je ne veux pas qu'on se quitte avant d'avoir entendu Claire bonsoir oui bonsoir on vous écoute Claire

34:08
Invité

oui moi je voulais témoigner parce que j'ai plutôt un parcours scolaire parfait la petite fille qu'on disait adorable et qui donnait envie d'avoir des enfants c'est le cas de mon compagnon aussi je suis travaillée dans le secteur social directrice de centre social entre autres pendant presque 20 ans mon compagnon est éducateur spécialisé on connait par coeur les dispositifs de soutien à la parentalité les réseaux d'écoute et d'appui aux parents on a voilà je me suis occupée du dispositif de réussite éducative et notre petit garçon a 10 ans et on s'est retrouvés très vite en difficulté avec lui voilà pour pour des problématiques d'apprentissage et du coup ce qui me manquait dans les interventions c'est c'est le fait que pour moi il n'y a pas que le fait de maîtriser les codes scolaires ou les différents dispositifs il y a quand même le le fait d'avoir des relais pas seulement pour nous apprendre comment s'occuper de nos enfants mais tout simplement quand il y a des difficultés elles peuvent être pliées à plein de choses et à un moment le rapport d'affect qu'on a avec un enfant on a besoin de prendre de la distance et le rapport au savoir c'est pas que les parents qui peuvent transmettre et et du coup par rapport à ça je pense que la culpabilité que moi j'ai commencé à ressentir en allant à l'école alors que je n'avais aucune difficulté scolaire et que l'école a toujours été un lieu de plaisir j'imagine des familles qui ont évidemment moins de ressources ou moins d'appétence pour l'école que je peux en avoir j'ai bien compris la culpabilisation que l'on pouvait mettre sur les familles et la pression scolaire

35:54
Présentateur

voilà merci Claire merci beaucoup pardon Serge Effesse de vous demander de répondre en si peu de temps mais le mot clé chez Claire c'est vraiment ça c'est celui de la culpabilité c'est celui de la culpabilité alors qu'elle nous parle d'un enfant je ne devrais pas être une famille à problème fermez les guillemets alors que bah non mais alors que les problèmes c'est multifactoriel ça peut avoir des tas et des tas d'origines j'ai entendu Claire parler de difficultés d'apprentissage c'est son enfant aujourd'hui on peut repérer plein de difficultés d'apprentissage les dyslexies les dysorthographies les dys tout ce que vous voulez qui sont des choses qui existent il y a des rééducations un peu spécialisées je dirais pour chaque déficit qui peut apparaître chez un enfant malheureusement il n'y a absolument pas les moyens suffisants pour répondre à toutes ces demandes mais on voit bien que situer les difficultés de la parentalité si je peux dire c'est avant tout répondre à cette angoisse de Claire c'est à dire faire en sorte que les parents ne soient pas ne se sentent pas coupables dès qu'il y a un problème chez un enfant ni coupables ni culpabilisés très rapidement on a Rémi sur Whatsapp qui nous dit je pense que le métier de parent il y met des guillemets je trouve ça joli évolue en fonction de l'âge de son enfant il est possible d'être un super papa maman pour une toute petite enfance et puis être bien moins compétent dit-il avec des enfants ados ou pré-ados pour ma part j'ai adoré l'enfance la partie ados pré-ados a été bien plus compliquée j'ai même cru perdre pied nous dit Rémi qui aurait bien eu besoin probablement d'avoir accès à des maisons ou autre on a Mathilde aussi sur Whatsapp qui nous dit 6 mois pour obtenir un rendez-vous psy pour un enfant de 4 ans et demi qui ne va pas très bien mais comment faire là aussi quand c'est pas un an ou deux et c'est pour ça qu'avant la réponse psy il faut trouver d'autres réponses pour ces situations est-ce que si on se dit que le premier travail de votre commission avant qu'on se quitte vous diriez que ça va dans quelle direction la grande urgence Serge Effeès rapidement la grande urgence je crois c'est de faire le point sur les besoins et de faire le point sur les réponses qui sont déjà données c'est-à-dire on ne va pas réinventer la poudre et à partir de ça peut-être trouver nos propres initiatives c'est une commission qui je pense va être formidable il y a des philosophes il y a des sociologues il y a des démographes il y a des médecins des historiens etc et le message que j'aurais envie de passer c'est une commission pour tout le monde pour la population et j'aimerais qu'on puisse faire remonter non pas les besoins de chaque parent parce qu'on n'y arrivera pas mais les initiatives qui existent déjà on va avoir une adresse dédiée les gens peuvent nous écrire pour nous parler de ce qu'ils font effectivement merci merci beaucoup merci vraiment à tous on a le temps quand même pour Maxime qui a 12 ans c'est les petits bateaux du jour

38:35
Invité

je voudrais savoir comment on a découvert le chocolat merci au revoir

38:42
Présentateur

c'est une vraie question ça tiens c'est une vraie question

38:45
Locuteur

c'est une vraie question