Jean-Philippe Tanguy : "Attaquons-nous aux tabous de l'État pour faire des économies !" (France 2)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse partielle
Je voudrais qu'on aborde la question de la Palestine par le côté politique.
- 0:08OuverteRéponse directe
Une dissolution n'est pas à exclure, votre arrivée au pouvoir non plus.
- 0:12OuverteRéponse directe
Le président de la République a reconnu l'État de Palestine au nom de la France, pas au son nom propre, au nom de la France. Vous vous y êtes opposé.
- 0:20OuverteRéponse directe
En cas de cohabitation, comment ça se passe ?
- 0:58RelanceRéponse directe
Je dois comprendre que vous ne respecteriez pas vraiment le domaine réservé du président de la République, que vous exigeriez au moins qu'il soit partagé.
- 1:36ComplaisanteRéponse directe
Je précise que Xavier Driancourt est désormais très proche du Rassemblement national.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Nous sommes tellement opposés à cette reconnaissance, non pas que nous soyons contre le fait que la Palestine soit reconnue un jour quand l'autorité palestinienne sera pacifique et capable de représenter ce peuple dignement. »
- 0:40Invité politiqueFait
« M. Macron a reconnu la violence, le pire des terrorismes possibles, en reconnaissant la Palestine après 70 ans d'histoire et deux ans après le pogrom du 7 octobre. »
- 2:09Invité politiqueChiffre
« M. Macron n'a pas non plus tenu compte de l'opinion très large des Françaises et des Français, au-delà du Rassemblement national, qui était contre cette reconnaissance ? »
- 2:46Invité politiqueFait
« Nos compatriotes de confession juive qui connaissent une flambée et qui subissent une flambée d'antisémitisme depuis deux ans, eux se sentent trahis. »
- 3:22PrésentateurFait
« Notre pays a le choix ou non de participer à des missions de l'ONU. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Il faut un processus de paix et aboutir à un processus de paix qui permet de ce mandat de l'ONU. »
- 3:43Invité politiqueFait
« Il n'y a plus que le Rassemblement National avec Marine Le Pen et Jordan Bardella qui respectent l'ONU, le droit international et les processus que notre pays a toujours respectés. »
- 5:46Invité politiqueFait
« Ils perdent beaucoup de temps. »
- 6:32Invité politiqueFait
« On croule sous les rapports. On croule sous les notes sur la situation budgétaire. »
- 7:01Invité politiqueFait
« Car si la réponse est encore plus d'endettements ou des espèces de poules aux œufs d'or comme la taxe du Kman qui n'existe pas, il faut faire des économies structurelles. »
- 7:49Invité politiqueChiffre
« Elle coûte de plus en plus cher puisque les taux d'intérêt sont aujourd'hui très élevés et qu'on va payer plus de charges de la dette que le budget de l'éducation nationale. »
- 8:22Invité politiqueChiffre
« Il s'agit d'imposer les revenus des plus aisés, c'est 1% de la population, sur leur patrimoine financier spéculatif, des patrimoines d'actions de plus d'un million d'euros. »
- 8:49Invité politiqueChiffre
« Ça rapporterait entre 3 et 5 milliards. »
- 9:02Invité politiqueChiffre
« C'est 2,2. C'est en aide de la suppression de l'IFI. »
- 9:15Invité politiqueFait
« Faire croire que la taxe Zucmane pourrait rapporter sur quelques familles 3 à 4 fois plus que ce que rapportait l'ancien ISF, c'est évidemment un mensonge. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy71 %
- Présentateur29 %
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Bonjour à tous, bonjour Jean-Philippe Tanguy, merci d'être passé par les 4EV. Je voudrais qu'on aborde la question de la Palestine par le côté politique. Une dissolution n'est pas à exclure, votre arrivée au pouvoir non plus. Le président de la République a reconnu l'État de Palestine au nom de la France, pas au son nom propre, au nom de la France. Vous vous y êtes opposé. En cas de cohabitation, comment ça se passe ?
Écoutez, ce sera forcément un sujet de tension, évidemment. Nous sommes tellement opposés à cette reconnaissance, non pas que nous soyons contre le fait que la Palestine soit reconnue un jour quand l'autorité palestinienne sera pacifique et capable de représenter ce peuple dignement. Mais aujourd'hui, malheureusement, M. Macron a reconnu la violence, le pire des terrorismes possibles, en reconnaissant la Palestine après 70 ans d'histoire et deux ans après le pogrom du 7 octobre. Et donc c'est terrible que la pire des violences ait permis la reconnaissance de cet État et non un processus de paix, comme la France l'avait toujours dit.
Mais donc, je dois comprendre que vous ne respecteriez pas vraiment le domaine réservé du président de la République, que vous exigeriez au moins qu'il soit partagé.
Mais absolument. D'ailleurs, Marine Le Pen avait été très claire dans la dernière législative. Le domaine réservé du président de la République existe, mais il n'est pas de l'ampleur que revendiquaient M. Macron et d'autres. Un certain nombre de constitutionnalistes et d'ailleurs de diplomates l'expliquent très bien. Encore hier, dans les colonnes du Figaro, l'ancien ambassadeur en Algérie, M. Driancourt, expliqué... Très proche de vous. Oui, mais très proche de nous. Historiquement, M. Driancourt a fait sa carrière.
Je précise que Xavier Driancourt est désormais très proche du Rassemblement national.
Oui, moi personnellement, je ne le connais pas. Et la tribune qu'il a fait dans le Figaro avec d'autres, qui ont pris ses positions, est très claire. Mais est-ce que c'est la priorité aujourd'hui des Français d'avoir des tensions entre le gouvernement, le Rassemblement national éventuel, et M. Macron ? Je ne pense pas. Je pense que la priorité, c'est le pouvoir d'achat, la sécurité, la justice, l'éducation. Non, mais voilà. On va en parler. Évidemment, ce serait quand même important.
Parce que là, comment dire, c'est dur à partager. La reconnaissance, c'est binaire. C'est tu veux ou tu ne veux pas. C'est vrai. Comment fait-on ?
C'est vrai, mais M. Macron n'a pas non plus tenu compte de l'opinion très large des Françaises et des Français, au-delà du Rassemblement national, qui était contre cette reconnaissance ?
Non, deux tiers. Enfin, c'est un tiers, un tiers, un tiers. Un tiers contre, un tiers pour reconnaissance sous condition, un tiers pour la reconnaissance telle qu'il a fait.
Dans les opinions exprimées, c'était une large majorité, M. Dans les opinions exprimées, parce que les abstentions, on ne peut pas les prendre en compte que quand ça nous arrange. Et la réalité, c'est que M. Macron n'a tenu aucun compte. Dans une période de tension en France que l'on connaît, rajouter encore un sujet de division en France entre les Françaises et les Français. Est-ce que c'était le moment ? Je ne crois pas, d'ailleurs, pour obtenir absolument rien du tout, d'ailleurs, de la part du Hamas, évidemment, qui se moque totalement des conditions posées par Emmanuel Macron.
Par contre, nos compatriotes de confession juive qui connaissent une flambée et qui subissent une flambée d'antisémitisme depuis deux ans, eux se sentent trahis. Ils ont raison de se sentir trahis.
Deux petites questions encore de politique étrangère, si vous le voulez bien. Emmanuel Macron dit hier que la France est prête à participer à une éventuelle mission internationale de stabilisation à Gaza. Vous, aux manettes, est-ce que vous autorisez des soldats français à participer ? Ou là aussi, ça sera un sujet de tension avec le président ?
La doctrine, elle est très claire. C'est l'ONU qui peut permettre à la France d'intervenir avec d'autres forces pour assurer des missions de la paix.
Notre pays a le choix ou non de participer à des missions de l'ONU.
Est-ce que l'ONU aujourd'hui est capable de donner un mandat à la France pour garantir cette force à Gaza ? Non, ça n'existe pas. Donc une fois plus, c'est comme l'Ukraine malheureusement. Aujourd'hui, il faut un processus de paix et aboutir à un processus de paix qui permet de ce mandat de l'ONU. J'ai l'impression qu'il n'y a plus, et d'ailleurs, ce n'est pas qu'une impression, il n'y a plus que le Rassemblement National avec Marine Le Pen et Jordan Bardella qui respectent l'ONU, le droit international et les processus que notre pays a toujours respectés et nous intervenons sous le mandat de l'ONU.
Nous ne sommes jamais intervenus sans le mandat de l'ONU. En l'état, cette mission internationale de stabilisation, même décidée par l'ONU, a priori, une France dirigée par le Rassemblement National n'y participerait pas ?
Ah mais s'il y avait des mandats de l'ONU, nous pourrions participer à n'importe quelle force d'intervention de la paix. Mais vous le savez très bien, monsieur, qu'aujourd'hui, un mandat de l'ONU à Gaza ou dans les autres territoires palestiniens, ça n'existe pas.
Les Russes multiplient les tests, les provocations. Hier, des drones ont survolé l'aéroport de Copenhague. Ce n'est pas encore formellement attribué aux Russes, mais enfin, il y a de forts soupçons. Est-ce qu'il faut riposter ? Est-ce qu'il faut, par exemple, abattre des affions russes qui pénètreraient dans l'espace aérien européen, comme le président Trump l'a dit hier ?
Mais ce qui est certain, c'est que l'espace européen, enfin, l'espace des pays membres de l'OTAN est absolument souverain et qu'il est hors de question de laisser des avions y pénétrer.
Une fois qu'on a dit ça, est-ce qu'on abat les avions qui pénètrent ?
Mais c'est très simple, il faut que l'information soit vérifiée et vérifiable. Vous savez qu'au début du conflit avec l'Ukraine, toute la presse a été agitée sur un missile qui était tombé en Pologne, et dans la soirée même, certains réclamaient la guerre avec la Russie, et il s'est avéré que ce n'était pas un missile russe. Donc il faut que les informations soient claires, il faut arrêter d'être dans la psychose permanente et s'ajouter sur des informations qui ne sont pas vérifiées. Donc si la souveraineté des États, évidemment, n'est pas respectée, il faut se faire respecter.
C'est une évidence, sinon ça ne sert à rien, comment dire, d'avoir un droit international et d'avoir une alliance militaire. Mais aujourd'hui, cessons, au moindre événement, à la moindre rumeur, d'appeler à la guerre. Nos dirigeants n'ont que la guerre à la bouche sur tous les sujets, et on a l'impression qu'ils n'ont absolument pas conscience de la gravité des mots qu'ils emploient.
Le Premier ministre reçoit aujourd'hui les syndicats, demain les patrons, indépendamment du fonds. Est-ce que vous avez le sentiment qu'ils s'y prennent bien, Sébastien Lecornu ?
Non, je ne pense pas qu'ils s'y prennent spécialement bien. Ils perdent beaucoup de temps. Les Français sont très inquiets de la situation budgétaire, des urgences du pays. La situation économique du pays est extrêmement grave. Il y a beaucoup d'usines qui sont en plan social ou qui connaissent des difficultés. On a l'ancien Peugeot, Stellantis, à Poissy, qui annonce la fermeture temporaire de ses activités. 2 000 ouvriers qui n'auront plus de travail, avec des sous-traitants, avec des donneurs d'ordre. Ils ont besoin de réponses urgentes à la situation. Et M.
Lecornu fait des accords d'appareil, et les hommes et les femmes politiques se regardent le nombril au lieu de parler de la France et des Français. Donc, franchement, moi, je ne comprends pas comment des gens qui connaissent la situation du pays peuvent être aussi déconnectés des réalités et perdre un temps précieux. Tout M. Lecornu connaît très bien la situation du budget. Il sait très bien où on en est. On croule sous les rapports. On croule sous les notes sur la situation budgétaire. Il sait très bien les décisions qu'il faut prendre. Et il perd du temps, un temps qui est aujourd'hui précieux.
Si les socialistes obtiennent, ce qui ne paraît pas totalement exclu aujourd'hui, le retrait de l'année blanche, plus de pouvoir d'achat à voir la suspension de la réforme des retraites, est-ce que vous pourriez accepter ce budget ?
Ce sont des demandes formulées aussi par le Rassemblement National. D'où ma question. Très bonne question. Mais la réponse, c'est comment on finance tout cela ? Car si la réponse est encore plus d'endettements ou des espèces de poules aux œufs d'or comme la taxe du Kman qui n'existe pas, il faut faire des économies structurelles. Et moi, je vois aujourd'hui qu'à part le Rassemblement National qui veut s'attaquer au grand tabou, le coût de l'immigration, le coût de l'Union Européenne, le coût des normes, le coût du millefaille administratif, bref, toutes ces politiques qui nous ont mis dans cette situation depuis 50 ans, eh bien le Parti Socialiste ne propose rien.
Vous êtes prêt à laisser ce point ? Si le Parti Socialiste obtient par exemple la suspension de la réforme des retraites contre laquelle vous avez vraiment protesté, vous êtes prêt à lui laisser le point ?
Ah mais moi, je me moque totalement de laisser des points à des partis politiques. La réalité, c'est ce que c'est l'intérêt national. Et l'intérêt national, c'est, oui, protéger ses acquis sociaux qui sont totalement légitimes, mais il faut les financer par des économies. Sinon, c'est les Français qui paieront par leurs impôts pour payer la dette, car la dette sera payée et malheureusement, vous savez, elle coûte de plus en plus cher puisque les taux d'intérêt sont aujourd'hui très élevés et qu'on va payer plus de charges de la dette que le budget de l'éducation nationale. Donc ça, il n'y a pas de formule magique.
Alors, il n'y a pas de formule magique. On peut baisser les dépenses, on peut aussi augmenter les recettes. On ne vous a pas senti très à l'aise dans le débat sur la taxation des plus riches. Vous êtes contre la taxe Zucmane, on a compris, même si vous vous êtes abstenu à l'Assemblée nationale, ce qui a permis qu'elle passe, sans être appliquée pour l'instant. Vous, vous voulez un impôt sur la fortune financière. C'est quoi ? Tout à fait.
Il s'agit d'imposer les revenus des plus aisés, c'est 1% de la population, sur leur patrimoine financier spéculatif, des patrimoines d'actions de plus d'un million d'euros, par exemple. Bon, ça ne concerne pas les petits porteurs parce qu'il y a beaucoup d'intoxication aussi.
Mais c'est pareil que la taxe Zucmane, d'une certaine manière, parce que si vous imposez les actions, c'est un outil professionnel.
Notre IFF protège l'outil industriel des PME, PMI, des industries, les biens professionnels des agriculteurs, par exemple, tout ça est exclu de l'IFF. Ça rapporte combien ? Ça rapporterait entre 3 et 5 milliards. Et d'ailleurs, il y a un consensus...
Entre 3 et 5 milliards, à la place de l'impôt sur la fortune immobilière ?
Oui, à la place de l'impôt sur la fortune immobilière. Donc vous n'avez rien comblé du tout aussi. C'est 2,2. C'est en aide de la suppression de l'IFI. Donc en tout, ça rapporterait beaucoup plus. Et c'est en aide de la suppression de l'IFI. Évidemment, je vous parle en aide. Mais la taxe Zucmane, aujourd'hui, faire croire que la taxe Zucmane pourrait rapporter sur quelques familles 3 à 4 fois plus que ce que rapportait l'ancien ISF, c'est évidemment un mensonge. Et si les socialistes avaient eu cette poule aux œufs d'or quand François Hollande était au gouvernement, ils l'auraient fait.
Donc moi, je suis très inquiet aussi, si vous voulez, de la tenue du débat, de cette caricature, faire croire que M. Arnaud va rester en France et payer chaque année 2 milliards d'impôts sur sa seule personne. Je pense que c'est mentir aux gens, ce n'est pas très sérieux. Et il y a beaucoup d'économistes, y compris de gauche, qui pensent qu'une nouvelle, comment dire, qu'une forme de taxation sur la fortune financière entre 4 et 5 milliards d'euros net est beaucoup plus crédible.
Jean-Philippe Tanguy