Annie Genevard : "L'État ne peut pas compenser toutes les pertes de production"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
Est-ce que l'augmentation du GNR à 30 centimes est envisageable pour les agriculteurs ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Les céréaliers annoncent 6,5 milliards de pertes. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
- 2:13FerméeRéponse partielle
Vous confirmez ces chiffres de 6,5 milliards d'euros de perte ?
- 3:39OuverteRéponse directe
Combien d'éleveurs ou d'exploitations sont en difficulté aujourd'hui ?
- 4:22OuverteRéponse directe
Où en est le calendrier de déploiement des aides ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous souhaitez pour accélérer le déploiement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Annie JeunevFait
« J'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation du guichet GNR, donc l'aide pour le gasoile non routier qu'utilisent les agriculteurs jusqu'à la fin de l'année. »
- 2:13Annie JeunevChiffre
« Les CR alliés vous demandent une aide de 450 € par hectare. »
- 2:56Annie JeunevFait
« La sécheresse qui a empêché les cultures de lever convenablement et puis la canicule durable et l'effondrement des cours mondiaux parce que pour leur malheur, les prix sont pas fixés pays par pays. »
- 3:39Annie JeunevChiffre
« Le président du syndicat des céréaliers nous disait que 10 % environ des céréaliers sont touchés. Certains ne pourront pas se relever. »
- 5:48Annie JeunevFait
« Ce qu'ils ont vécu les a durement éprouvé. Bien sûr, dans leur trésorerie, mais je dirais dans leur mental, dans leur moral. »
- 9:20Annie JeunevFait
« Je leur dis que cet été a révélé que la question du stockage de l'eau est devenue une évidence. C'est devenu une évidence et de ce point de vue-là, tous nous l'ont dit, tous les syndicats nous l'ont dit, il faut pouvoir se préparer. »
- 10:01Annie JeunevFait
« On vient de voter une loi d'urgence qui propose de doubler le stockage de l'eau agricole. »
- 12:51Annie JeunevFait
« On allège les charges, on aide pour financer les engrais, on prend en charge une partie des cotisations sociales, on met à la main des territoires un fond de réarmement pour acheter des semences. »
- 13:35Annie JeunevChiffre
« On sait que 9 éleveurs sur 10 ne sont pas assurés, que 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés. »
- 14:17Annie JeunevChiffre
« L'État prend en charge 70 % de la cotisation d'assurant. 70 %. »
- 18:41Annie JeunevFait
« L'agriculture française est de grande qualité et il faut qu'elle puisse effectivement être rémunérée à un juste prix. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité [musique] politique Jacques Terdose 8h30 à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Annie Jeunev, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Annie Jeanevar, bonjour. Bonjour Jacques Carose. Aucun mot pour les agriculteurs hier de la part du premier ministre et des ministres. C'est un oubli. Non, pas du tout. Je crois qu'il faut bien prendre la mesure de ce que le gouvernement vient d'annoncer pour les agriculteurs.
Il se trouve que j'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation du guichet GNR, donc l'aide pour le gasoile non routier qu'utilisent les agriculteurs jusqu'à la fin de l'année. Donc l'annonce était faite sur le GNR. précisément un certain nombre d'agriculteurs réclament une augmentation comme ça a été obtenu par les pêcheurs de 15 centimes à 30 centimes. Est-ce que c'est envisageable ? Alors, je viens d'annoncer il y a quelques jours un plan massif d'aide et de soutien aux agriculteurs danses difficultés, vous le savez après l'été qu'ils ont passé.
Donc maintenant ce plan d'un milliard 3 1 milliard 3 c'est d'un plan très significatif et qui traduit vraiment le soutien du gouvernement à nos agriculteurs. Mon souci maintenant c'est qu'il soit déployé le plus vite possible pour que cet argent arrive sur le compte des agriculteurs. On va en parler dans un instant. fait nouveau ce matin sur Sud Radio, le président du syndicat des céréaliers de France a annoncé des chiffres catastrophiques pour les moissons. 6 milliards et demi de pertes pour le global, soit un coût de 900 € par hectare, les CR alliés vous demandent une aide de 450 € par hectare. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Je leur réponds comme je le réponds à toutes les filières, beaucoup ont souffert. Le marêchage de plein champ a beaucoup souffert. Les betteraves ont les les producteurs de betterve souffrent beaucoup. les céréaliers également. Et donc nous, je reçois toutes ces filières, on regarde chacune d'entre elles pour évaluer la situation, pour voir ce que déclenchera l'assurance parce que beaucoup sont assurés et il y a pas que [raclement de gorge] l'argent de l'État, il y a aussi l'argent des assurances, il y a aussi l'implication des banques, il y a l'implication des collectivités territoriales. Donc on regarde la situation et on essaie d'apporter des aides au plus près des besoins.
Vous confirmez euh ces chiffres, 6 milliards et demi d'euros de perte pour le global. C'est considérable et ça fait 4 années. Ça suit une trajectoire qui est très mauvaise. Est-ce que vous confirmez ces chiffres ? Bah, il faut qu'on travaille avec eux, qu'on voit les choses. Moi, je n'ai aucune raison de ne pas faire confiance dans dans l'évaluation qu'ils font. Et c'est vrai, la situation des céréaliers qui jusqu'à était épargnée et est durement touchée par deux phénomènes. D'abord, la sécheresse qui a empêché les cultures de lever convenablement et puis la canicule durable et l'effondrement des cours mondiaux parce que pour leur malheur, les prix sont pas fixés pays par pays.
Ce sont des cours mondiaux et les cours se sont depuis plusieurs années maintenant très considérablement affaiblis. Donc on fera tout ce qu'ona pour les épauler et surtout dans le plan d'un milliard 3 que je viens d'annoncer et qui et auquel il faut ajouter encore une fois l'argent de l'assurant, l'argent des assurances, l'argent les efforts que feront les banques, les collectivités territoriales et ce qu'il faut c'est leur donner les moyens de relancer la production, qu'ils aient les moyens de semer, de planter, d'irriguer, de de faire des de mettre des engrais. Le président du syndicat des céréaliers nous disait que 10 % environ des céréaliers sont touchés.
Certains ne pourront pas se relever. Et c'est pour eux que vous pourriez envisager des c'est euh [raclement de gorge] tout particulièrement pour cela que nous avons déployé ce plan d'urgence parce [grognement] que il rien ne serait pire que d'arrêter de produire. Alors ce plan d'aide, où en est-on exactement ? Combien d'éleveurs d'exploitation sont en difficulté aujourd'hui ? Est-ce que déjà vous revoyez vos chiffres à la hausse ? Vous avez dit entre 30 et 35000 débuts septembre. Est-ce où en est-on aujourd'hui ?
Alors, j'ai pris la décision en accord avec le premier ministre de décider d'un plan global mais d'un d'un déploiement dans les territoires à la main des préfets en lien avec les représentants des agriculteurs. Ça n'aurait aucun sens que la ministre dise bah voilà dans tel département, il faut faire comme c comme ça. Ce sont les forces locales qui connaissent le mieux les situations et qui ont la charge de déployer. Et on en est et on en est où du calendrier actuellement ? Et bien et bien les choses se passent aussi rapidement que que possible pour un certain nombre de dispositifs.
Je vais vous le dire, je pense qu'il faut aller plus vite encore et c'est la raison pour laquelle je demande à mon administration d'être vraiment très réactive notamment [raclement de gorge] pour le déploiement des aides sur le GNR où il y a encore du retard et voilà l'administration doit se mettre au diapason des de l'urgence de la situation de qu'estce que vous souhaitez quand vous dites ça doit être plus rapide quel est votre souhait à vous bah je pense que dès le début du mois d'octobre ils doivent voir sur leur compte bancaire les premières a arrivé. Donc concrètement dès le début du mois d'octobre, les premières les premières aides doivent arriver.
C'est ce que j'ai demandé au préfet, c'est ce que j'ai demandé aux administrations territorialisées, c'est ce que j'ai demandé à la DGFIP, à la direction générale du des finances publiques, voilà avec mon collègue David Amiel et et nous y travaillons parce que le problème est là pour beaucoup, c'est un problème de trésorerie également. C'est un problème de trésorerie. C'est le la question de pouvoir relancer la production, hein. On a commencé les semis là, donc il faut il faut qu'ils aient des semences, il faut qu'ils aient des engrais, il faut qu'ils aient de quoi euh faire leur récolte en 2027. C'est extrêmement important.
Et puis au-delà de ça, Jacques Cardo, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce qu'ils ont vécu les a durement éprouvé. Bien sûr, dans leur trésorerie, mais je dirais dans leur mental, dans leur moral. Euh c'est une épreuve terrible pour eux-mêmes de voir le travail d'une année qui est perdu et au point que ils s'interrogent sur le sens même de de leur activité. Et c'est la raison pour laquelle la première chose que j'ai dite à tous les préfets de France, je leur ai dit votre première préoccupation c'est d'être attentif à l'état psychologique de la profession. J'ai mis en place une cellule sécheresse dans tous les départements.
J'ai activé tous les dispositifs sentinels parce que il faut qu'on on soit attentif aux signaux faibles de de la souffrance qu'ils éprouvent et de pouvoir les épauler. Rien ne serait pire que de les laisser à la solitude de leur épreuve. Ouais. Euh à ce propos, je rebondis sur ce que vous nous avez dit parce que ce matin le président des des céréaliers nous disait quelque chose à propos des normes et qui demandait également pour le basculement lorsqu'on veut passer au bio que ça puisse aller plus vite parce que vous le dites, un certain nombre aujourd'hui d'agriculteurs se posent des questions, s'interrogent sur le sens et veulent peut-être basculer sur une autre un autre type de production.
Il prenait l'exemple de deux autres pays qui vont trois ou quatre fois plus vite que nous, 1 an ou 4 ans je crois au Brésil et 8 ans chez nous. [grognement] Alors, je ne sais pas exactement ce que recouvrent ces chiffres. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que ce que nous avons vécu cet été, ce que les agriculteurs ont subi, nous oblige à accélérer le le la transition, les transitions climatiques et environnementales. C'est indispensable. Et là, il faut qu'on se mette autour de la table pour savoir quoi cultiver, où cultiver, comment cultiver. Il faut de l'eau. C'est l'objet de la loi d'urgence qu'on vient de voter.
Mais concrètement, ça veut dire aussi des mesures qui pourraient être prises pour accélérer ces transitions. Bien sûr, il y a après ce plan d'urgence d'un milliard 3 qui sera probablement d'ailleurs supérieur, il faut un plan de relance. C'est à l'étude. Il faut Ça pourrait donc être au-delà d'un milliard 3 que vous aviez déjà annoncé. C'est c'est possible. En tout cas, il faut dans la foulée un plan de relance pour donner des perspectives et de l'espoir au monde agricole qui en a infiniment besoin.
Alors euh vous receviez hier avec le premier ministre la coordination rurale qui prévient que les manifestations des agriculteurs, pardon, reprendront dans les prochaines semaines pour exprimer la colère, la colère globale. Si ces derniers n'étaient pas écoutés, il parle d'une 4e année de mobilisation. Est-ce que vous avez réussi à les apaiser ? Quelles sont leurs demandes ? Écoutez, d'abord euh avec le premier ministre, nous recevons tous les syndicats. Nous avons bientôt achevé le dernier syndicat sera reçu euh euh [raclement de gorge] aujourd'hui. Et euh bien sûr, on est à l'écoute. Euh hier, nous avons reçu la coordination rurale.
Euh le dialogue a été tout à fait paisible et constructif. On a émis des hypothèses qu'on a partagé avec eux. Euh s'agissant de leur proposition de creuser des réserves d'eau, venir euh je leur ai je les ai mis en garde, je leur ai dit ne faites pas ça, n'amenez pas les agriculteurs à se mettre en défaut avec la loi. On précise madame la ministre que [raclement de gorge] ils disent vouloir creuser pour constituer des réserves en eau et ils vont jusqu'à ce terme. Que ce soit légal ou pas, on va appeler tous les paysans français à creuser. Qu'est-ce que vous leur dites ? Je leur dis que cet été a révélé que la question du stockage de l'eau est devenue une évidence.
C'est devenu une évidence et de ce point de vue-là, tous nous l'ont dit, tous les syndicats nous l'ont dit, il faut pouvoir se préparer. Alors, la France irrigue très peu par rapport à d'autres pays. Faut qu'elle y règle davantage. Faut qu'elle stock au moment où l'eau est abondante, pas n'importe comment, de façon intelligente, appropriée à la situation hydrologique des territoires. Mais il faut stocker de l'eau. Maintenant, je crois que la question est entendue. simplement, on vient de voter une loi d'urgence qui propose de doubler le stockage de l'eau agricole. Alors, je dis aux agriculteurs de la coordination rurale, ne vous mettez pas en défaut vis-à-vis de la loi.
C'est vous qui seriez convoqué ensuite au tribunal et condamné. C'est pas comme ça qu'il faut procéder. En revanche, il faut que tous les territoires qui disent "On a besoin de stockage de loup", ben proposent des projets, travaillent avec les préfets à des projets.
on et bien euh euh il faut que ils se mettent ensemble avec leur champ les chambres d'agriculture, avec les organisations de de producteurs, avec les organisations syndicales et dire bah voilà à tel endroit c'est une réserve collinaire qui peut être appropriée à tel endroit c'est une réutilisation des eaux usées à tel endroit c'est une réhabilitation il y a des solutions qu'on utilise pas aujourd'hui parce que c'est pas la première fois que vous dites on irrigue mal ou on irrigue peu en tous les cas en France Mais il faut l'État, il y a du travail à faire, on peut faire mieux. Mais bien entendu, on peut faire mieux et et tout en préservant le milieu naturel.
Il faut il faut que les les projets émanent des territoires. On est en France un peu contradictoire. On veut laisser l'initiative au terrain et en même temps quand on laisse l'initiative au terrain, on dit mais l'État doit dire. Non, l'État peut pas dire à tel endroit faudra faire c, à tel endroit faudra faire ça. Elles vont se faire ces réunions très vite parce que il y a urgence sur on le voit avec ces sécheresses. Elles sont permanentes. Elles sont permanentes dans les territoires avec les services déconcentrés de l'État. Et souvent les gens nous disent, les interlocuteurs, pardon de vous couper madame la ministre, mais nous disent ça avance pas assez vite.
Mais pour que ça avance, il faut des projets. Les engagements financiers sont là. Ils ne demandent qu'à être déployés. Le Premier ministre a doublé euh le fond hydraulique qui permet euh d'amorcer des des le financement de projet de de stockage. Ça fait 2 ans que nous que nous finançons que nous cofinançons des projets de stockage. Donc voilà, il y a un appel à projet, il faut y répondre. Alors euh le plan d'urgence, vous nous l'avez annoncé ce matin, il pourrait être supérieur au milliard 3. Euh je rappelle que la FNSEA a dit précisément le compte n'y est pas et que la coordination rurale dit que on est on est loin on est loin des pertes.
Euh est-ce que de combien pourrait être cette réévaluation étude ? Tout tout ça se discute au fur et à mesure où nous remonte les données du terrain. Ce que je veux dire pour dissiper peut-être un malentendu, des pertes, il y en a, elles sont importantes. L'État ne peut pas compenser toutes les paires de production et je crois d'ailleurs que c'est un message qui est entendu par les agriculteurs. Euh [raclement de gorge] c'est comme quand une entreprise perd un marché, elle ne va pas voir l'état pour dire "Vous devez compenser la perte d'un marché". La perte de production, c'est une réalité évidemment.
Elle doit elle ne doit pas décourager les agriculteurs de continuer leur activité et de relancer la production. C'est la raison pour laquelle on allège les charges, on aide pour financer les engrais, on prend en charge une partie des cotisations sociales, on met à la main des territoires un fond de réarmement pour acheter des semences parce que il y a des agriculteurs qui ont pas de quoi acheter des semences, qui on pas acheté de quoi acheter des engrais. Vous voyez, c'est du concret pour mais on pourra pas l'état pourra pas apporter faire comme si la la saison de production avait été normale. Combler toutes les pertes.
En tous les cas Jeunev sur les assurances, on sait que 9 éleveurs sur 10 ne sont pas assurés, que 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés. Faut-il rendre l'assurance obligatoire pour certaines filières ? Ben, c'est une question en tout cas qui doit être débattue et du reste euh au niveau de Ben moi je me pose la question parce que vous voyez quand les assureurs me disent que euh les agriculteurs sont passés à côté de 2 à 3 milliards d'indemnisation assurantielle, je me dis c'est du gâ et donc je leur ai dit aussi pourquoi est-ce que vous n'arrivez pas à vendre vos produits d'assurance ? L'État prend en charge 70 % de la cotisation d'assurant. 70 %.
Donc il faut identifier les freins à l'assurance mais l'assurance c'est la meilleure façon de dérisquer l'activité agricole et les aléas le fait de la rendre obligatoire en tout cas. En tout cas, pour les productions les plus de de valeur, celles qui font perdre aux agriculteurs beaucoup de revenus, la question mérite d'être posée. Aujourd'hui, 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés. Annie Jeunev, ministre de l'agriculture est notre invité. Dans la deuxième partie de cet entretien, vous nous parlerez, une auditrice nous appellera pour nous parler de de du fait d'acheter français à bas prix. Elle a du mal. Euh on parlera aussi du match un peu de politique du match Atal Philippe.
Et puis dans vos 3 minutes pour convaincre madame la ministre, vous avez choisi d'aborder la question de la prochaine pâque en jeu majeur. À venir quel dans quelques secondes. À tout de suite.
[musique]
Le grand matin Sud Radio 7h10h, Jacques Tardose. Annie Jeunev, ministre de l'agriculture est notre invité sur Sud Radio ce matin. Dans quelques secondes, vous réagirez à la question d'un auditeur sur la chairé de notre alimentation puis au match que ce livre Gabriel Atal et Édouard Philippe dans le hashtag de Benjamine. Mais tout d'abord madame la ministre, dans vos 3 minutes pour convaincre, vous souhaitez aborder la question de la prochaine et de la négociation de la prochaine Pâque. Pourquoi elle est essentielle ? Bah, elle est essentielle parce que d'abord c'est une politique utile utile aux français. Elle garantit du revenu pour les agriculteurs.
Elle les aide dans leur investissement, dans la transition climatique et environnementale et c'est ce qui permet d'apporter dans l'assiette de chaque français une alimentation de qualité. Ils peuvent espérer plus. Alors, il faut déjà espérer autant. Et notre combat, mon premier combat, celui du premier ministre, du président de la République, c'est de faire en sorte que cette politique agricole commune demeure. C'est la première politique de l'Union européenne, vous savez.
Euh, il est de bon ton souvent de critiquer l'Union européenne, mais la politique agricole, c'est une politique fondamentale si nous voulons conserver en Europe de la production alimentaire et de la souveraineté alimentaire parce que sinon nous serons dépendants. Mais alors, il y a le budget que vous pourriez obtenir mais ensuite il y a la répartition. Euh actuellement dans l'agriculture, il y a on a un peu le sentiment qu'il y a deux poids de mesure. Aujourd'hui, les gros sont euh les plus gros bénéficiaires. Vous allez me dire c'est mathématiques, mais c'est pas forcément ceux qui proportionnellement en ont le plus besoin.
Bon, d'abord euh je je pense que ça n'est pas exact mais je voudrais vous parler de la prochaine PAC puisque là on est en train de négocier la PAC qui va courir de 2028 à 2034. C'est un enjeu fondamental et euh moi je veux dire que euh aussi bien le président de la République que le premier ministre, on dit pas 1 € ne manquera à la politique agricole commune en France. C'est quand même 45 milliards sur la période. Mais les négociations font que commencer. Donc mais les négociations elles se conduisent en ce moment. Chaque mois, je suis à Bruxelles.
Chaque mois, je parle de la PAC et de la nécessité de conserver un budget parce que c'est un budget qui est essentiel pour produire de l'alimentation et de la souveraineté alimentaire en France. Est-ce que vous avez bon espoir d'obtenir ce que vous souhaitez ? Mais écoutez, en tout cas, je me bats avec acharnement et euh je pense que nous sommes nombreux en Europe, mais il y a aussi des pays qui voudraient diminuer ce cette pâque, qui voudrai la rendre moins commune, qui voudrait diminuer de notre part, vous voulez dire bah qui voudrait diminuer la politique agricole commune, c'est par exemple la déclaration de l'Allemagne. C'est un danger majeur pour notre agriculture.
Moi, je veux que ça soit ça demeure une priorité, qu'elle demeure commune parce que si elle est pas commune, ça veut dire que les pays de l'Union européenne vont être en compétition les uns avec les autres et ça ça n'est pas possible. Et puis euh je pense qu'on demande beaucoup à nos agriculteurs, on leur demande de produire, on leur demande d'investir, on leur demande de renouveler leurs pratique, de renouveler les générations. Si on les épaule pas avec les épisodes que comme celui que nous venons de connaître, c été on va achever de les décourager. Donc le combat du moment, c'est la politique agricole commune et c'est un enjeu capital de l'Union européenne.
Alors Annie Jeunev euh pour nos auditeurs, il y a aussi la question évidemment de ce qu'il y a dans notre assiette. On va écouter ce que Cynthia a vous dire. Bonjour madame Geneva, Cynthia de Narbon. Ma question est la suivante : Je suis maman de trois enfants et j'aimerais pouvoir acheter de bons produits chez nos agriculteurs, mais c'est hors de prix. Que proposez-vous pour rendre accessible les produits de notre terroir ? Merci à vous pour votre réponse. Alors, bonjour Cynthia. Euh d'abord, je voudrais vous dire que vous êtes maman de trois enfants.
Vous avez envie qu'il [raclement de gorge] puisse avoir une alimentation de qualité et je voudrais vous en vous en féliciter, vous en remercier parce que c'est précisément ce que peut produire notre agriculture. L'agric l'agriculture française est de grande qualité et il faut qu'elle puisse effectivement être rémunérée à un juste prix. Un juste prix. Comment fait ? Et donc et donc là, c'est toute une chaîne qui doit se mobiliser pour ça. Et dès le début de la crise, j'ai dit à la grande distribution, fait effort pour mettre en avant les produits français et de bah ils ne le font pas. Je je serais pas aussi catégorique que vous.
En tout cas, ils doivent le faire parce que le jour où nos producteurs seront trop fragilisés pour produire, c'est eux qui seront en difficulté pour vendre. Donc mettre en avant les produits français et les mettre en vente à juste prix et c'est et c'est ça qu'il faut euh travailler. Annie Jeunevar, on vient d'apprendre que euh la consommation de bio reprenait des couleurs [raclement de gorge] euh en 2025. Les chiffres sont bons. Les chiffres sont bons. D'ailleurs, aujourd'hui, c'est la journée européenne du bio et en vous quittant, je vais rejoindre les producteurs de bio. Euh c'est une très bonne nouvelle.
C'est une très bonne nouvelle parce que c'est une part importante de la politique que je conduis et que je soutiens. On a besoin d'une production diversifiée et le bio euh reprend des couleurs. C'est une bonne nouvelle et c'est à encourager. Allez, on passe à la politique avec vous Benjamin Glaise oui. On en parle sur les réseaux sociaux Édouard Philippe et Gabriel Atal qui règlent leur compte depuis quelques jours. Ils s'envoient chacun leur tour des des piqus. La dernière en date, elle nous vient du maire du Havre alors que Gabriel Atal se vente d'être meilleur que lui en campagne politique.
Et bien Édouard Philippe lui répond dans un livre publié aujourd'hui par deux journalistes je le cite amusant mais aussi très très immature, il parle de Gabriel Atal dire "Je suis meilleur en campagne que lui, ça veut dire quoi ? Il a gagné quelle campagne ?" et d'y répondre lui-même trois campagnes législatives dans les hautes scènes avec l'étiquette macroniste. Voilà pour cette citation. Au rang des petites piques, on avait vu aussi celle-ci de Gabriel Atal, il parlait bien d'Édouard Philippe. S'il y a une chose qui m'interpelle aujourd'hui ou qui me déçoit, c'est que pour beaucoup la campagne semble ne pas avoir démarré.
Beaucoup cherchaient à endormir cette campagne pour gérer euh une avance sondagière en se disant finalement plus la campagne démarre tardivement, plus je peux gérer une avance que j'ai euh aujourd'hui. Moi, je cherche à réveiller cette campagne en mettant surtout des idées dans le débat sur euh la question des sondages. Si on se replonge il y a un an, il y avait pas de match possible dans le bloc central. Le sentiment qui était donné, c'est qu'il y avait un seul candidat naturel, en avance, légitime, qui était par ailleurs candidat depuis plusieurs années. Aujourd'hui, ça n'est plus le cas. Aujourd'hui, il y a plus de favoris.
[raclement de gorge] Il faut arrêter les enfantillages ou pas Junev ? Ouais, je crois. Enfin, moi j'ai j'ai connu euh ces épisodes dans ma famille politique et je vois bien que pour l'emporter euh il faut davantage attaquer l'autre que de faire valoir ses propres atouts. J'invite chacun, euh moi je ne suis pas l'arbitre des élégances entre Édouard Philippe et Gabriel Atal, mais que chacun se rappelle quand même l'enjeu devant le fondamental devant lequel est notre pays, c'est-à-dire d'éviter un deuxième tour que nous ne voulons pas. Donc chacun euh pour l'intérêt de la France euh évite ce scénario catastrophe.
Chacun dans le bloc central dit "Nous ne voulons surtout pas dans un deuxième tour Mélenchons Le Pen, mais euh il faut pour ça s'en donner les moyens et s'attaquer l'un l'autre derrière derrière Bruno Rota c'est c'est votre choix. Moi [raclement de gorge] vous savez quelle est ma famille politique donc ce sont les républicains. Les républicains ont un candidat. Je dis simplement que que don d don dont j'ai dit qu'il était notre candidat et que je le reconnais comme tel. Mais je dis aussi il faudra le moment venu se donner les moyens d'éviter ce duel dont nous ne voulons pas. Comment ? Comment ? Parce que le le PS a pris de l'avance, ils sont en plein dans leur primaire.
La France insoumise Renne, bon, ils ont leurs candidats. Le bloc central et et la droite sont division. Comment il y a une question ? Il y a une double question. Il y a une question de temporalité. Oui, jusqu'où il faut aller dans le temps pour ne pas aller trop loin et rendre les choses irrémédiables. Ça c'est la première chose. Autrement dit, il faudra le moment venu, je le crois, j'en suis persuadée, un seul candidat. Donc et ça, il ne faut pas que le choix arrive trop tard parce que voilà, ça ne marchera pas. Les gens n'y croiront pas et c'est et et bah pourquoi pas primaire ? Et la deuxième condition, c'est qu'il ne se soit pas étripé au point de ne plus pouvoir se rassembler.
On a plutôt le sentiment que Gabrial ne veut pas lâcher l'affaire si vous me permettez mais personne ne veut lâcher l'affaire à ce stade. Personne ne veut lâcher l'affaire parce que chacun joue sa carte et c'est le jeu démocratique. Bon la démocratie c'est aussi une compétition mais une une compétition qui doit être saine et respectueuse les années quel moment il faudra arrêter les comptes ? [raclement de gorge] Moi je je je pense que certains disent je je vois que la date ne cesse pas d'être reportée. On disait novembre ensuite on a dit janvier. Certaines voix parlent de février, c'est bien tard.
Moi, j'ai vu que des choix tardifs emportaient toujours des campagnes qui n'aboutissent pas comme on le souhaiterait. La division créera un problème et le risque de ne pas être au second. Il faut il faut la démocratie se nourrit du débat, c'est normal. Et que chacun fasse valoir ses atouts, c'est normal. Mais euh tout ce qui va du côté de l'attaque personnelle, de la mise en cause et laisse forcément des traces et empêche le rassemblement. Alors, il parle que de sondage. Ça va jouer finalement sur les sondages. Ben, c'est très compliqué de les partager.
Vous savez, pour avoir fait quand même un certain nombre de campagnes électorales et de les avoir souvent remporté, je sais trop bien qu'une campagne, c'est d'abord une dynamique. Soit vous prenez la vague, soit vous prenez le toboggan. Donc il y a [raclement de gorge] des moments où vous sentez que la dynamique est de votre côté. Et là et bien là euh il y a Non, je sens pas le toboggan pour aucun d'entre eux. Je pense que ça pour le coup c'est trop tôt pour le dire. Et puis les Français, je l'espère vont s'intéresser au programme que proposent les candidats.
Ben écoutez, on verra ça dans les prochains jours, dans les prochains dans les prochaines semaines, les prochains mois et vous reviendrez bien entendu. Merci infiniment à Annie Jeunev d'avoir été notre invité ce matin. Très belle journée donc consacrée au bio aujourd'hui et à vos prochains rendez-vous bien sûr pour dans le monde agricol.