Nicolas Dupont-Aignan : "J'appelle les Français à boycotter TF1"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 46 %Défensif 9 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteÉludée
Pourquoi TF1 n'a pas invité votre mouvement au débat ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Avez-vous des recours possibles contre cette exclusion ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Trouvez-vous normal que TF1 organise ce débat avec cinq candidats seulement ?
- 5:51OuverteRéponse directe
Seriez-vous prêt à participer à un débat avec les autres candidats ?
- 6:06RelanceRéponse partielle
Comment expliquez-vous la baisse de vos intentions de vote dans les sondages ?
- 7:41RelanceRéponse directe
Pourquoi vous récidivez en 2017 après 1,79% en 2012 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09Locuteur non identifiéFait
« Le critère de sélection est totalement arbitraire puisqu'il repose sur les sondages. »
- 1:31Locuteur non identifiéFait
« Une grande chaîne comme TF1 va prendre des sondages qui se sont toujours trompés pour sélectionner les candidats. »
- 1:56Locuteur non identifiéChiffre
« Il y a 53% d'après un sondage. »
- 2:12Locuteur non identifiéPromesse
« J'appelle les Français à boycotter cette chaîne parce qu'ils vivent des recettes publicitaires. »
- 6:20Locuteur non identifiéFait
« Non, je suis le dernier à 4, mais enfin, qu'importe, 4, 8, ça ne veut rien dire. »
- 6:46Locuteur non identifiéFait
« En Ile-de-France, j'ai fait 7% des voix, on me mettait à 2. »
- 10:41Locuteur non identifiéChiffre
« M. Macron veut faire 15 milliards encore d'économies. M. Fillon, 20 milliards. »
- 11:17Locuteur non identifiéPromesse
« Je veux qu'on repasse de 7500 de formation par an à 10 000. »
- 11:43Locuteur non identifiéPromesse
« Je veux revaloriser la consultation à 35 euros. »
- 11:55Locuteur non identifiéChiffre
« Ça coûte 2 milliards et demi. »
- 14:22Locuteur non identifiéFait
« Le RSI, c'est du vol. Il y a un manque de transparence. »
- 35:29Locuteur non identifiéChiffre
« on verse 21 milliards à Bruxelles et on reçoit 13. »
- 35:57Locuteur non identifiéChiffre
« 8 milliards que je bascule vers les petites retraites. »
- 36:48Locuteur non identifiéPromesse
« Je veux réserver 75% des achats publics aux entreprises qui produisent en France. »
- 37:27Locuteur non identifiéPromesse
« un chômeur de longue durée bénéficiera d'un contrat zéro charge pendant 5 ans pour une PME. »
- 38:23Locuteur non identifiéFait
« je ne suis pas favorable à la légalisation du cannabis. »
- 39:18Locuteur non identifiéFait
« j'ai parlé de travail universel plutôt que de revenu universel. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié68 %
- Présentateur12 %
- ?6 %
- Locuteur 15 %
- Locuteur 83 %
- Locuteur 22 %
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Nous sommes ce soir avec Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, candidat pour son mouvement Debout la France. Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan.
Bonsoir Nicolas Poincaré.
On va parler de l'actualité de la présidentielle, du suspens sur la candidature de François Bayrou, des difficultés de vos concurrents des uns et des autres, des programmes de santé qui ont tous été présentés aujourd'hui. Vous répondez ce soir aux questions de David Revaud-Dallon du journal du dimanche, de Jean-Sébastien Ferjoux du site Atlantico. Maude Descamps est ici pour relayer les questions des auditeurs sur Facebook. Et puis des habitants de Tours sont venus depuis ce matin dans ce bus vous poser des questions qu'on entendra tout à l'heure. Mais d'abord la question d'actualité.
On
a appris cet après-midi que TF1 allait donc organiser un débat des candidats. Ce sera le 20 mars prochain et ils ne seront que cinq. Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Vous n'êtes pas dans la liste, dans la short list. Qu'est-ce qui se passe ? C
'est une mauvaise nouvelle pour la démocratie. Cela veut dire qu'une chaîne privée sélectionne avant les Français les candidats.
Et
je remarque
que
le critère de sélection est totalement arbitraire puisqu'il repose sur les sondages
et
sur le fait qu'ils ont pris, d'après ce que j'ai entendu, ceux qui étaient au-dessus de 10% dans les sondages.
Eh
bien, en prenant ce critère arbitraire, cela voudrait dire que M. Hamon
n
'aurait pas dû être invité à toutes les émissions de la primaire socialiste. Il était en dessous. Et que M. Fillon non plus. Cela veut dire que les primaires ont démontré que les Français désavouaient totalement les sondages et qu'une grande chaîne comme TF1 va prendre des sondages qui se sont toujours trompés pour sélectionner les candidats. C'est extrêmement grave pour notre démocratie. Je ne parle pas simplement pour moi.
Je
parle pour les millions de Français qui ne sont pas d'accord avec ces personnalités, qui ont quand même le droit d'être représentés. Moi,
j
'ai 800 000 électeurs au régional, au dernier régional, autant que le Front de Gauche. Eh bien, on les raye
et
il
y
a 53% d'après un sondage. Alors, je ne
sais
pas s'il est exact, mais enfin, on le voit tous. Il y
a
une moitié de Français qui n'ont pas encore décidé pour qui ils allaient voter. Alors, avec TF1, M. Trump n'aurait pas été sur les plateaux. Avec le TF1, le Brexit n'aurait pas été représenté. Mais enfin, c'est insensé ce qui se passe. Et moi, j'appelle les Français à boycotter cette chaîne parce qu'ils vivent des recettes publicitaires. Et si chaque Français qui ne partage pas cette conception de la démocratie éteint son téléviseur au moment de la recette publicitaire, eh bien, on va revenir à la démocratie. Il y en a assez de cette censure préalable.
On est dans
le pays de l'égalité républicaine, je croyais.
Vous avez des recours possibles ? Vous pouvez faire des recours en justice ? Mais
vous savez,
je vais faire des recours, mais le seul recours possible, c'est celui du peuple. Et je remercie d'ailleurs France Télévisions,
pour
une fois, qui m'a invité, comme tous les autres. Parce que
ça
pose un problème démocratique. À ce moment-là, on change le critère de sélection pour être candidat à la présidentielle. 500 maires, c'est déjà extrêmement difficile. D'abord, il y aura très peu de candidats, vous verrez. 500 maires, alors ça veut dire que les maires ne servent à rien
? Ça
veut dire qu'il
y a
des électeurs de première catégorie et de seconde catégorie
?
Et en fait, derrière ça, je vais vous dire quel est l'objectif.
C
'est de mettre face à face le système, face à Le Pen. Et de nous mettre éternellement dans le même piège. Soit on continue avec ceux qui nous ont ruinés, soit on part au Front National. Eh bien, prenez garde, parce qu'à force de ne donner que ce choix aux Français,
il
va se passer quelque chose. Et moi, je veux défendre un autre patriotisme, un patriotisme humaniste, de bon sens. Je suis candidat parce que j'ai une voix gaulliste à proposer. Et je n'accepte pas qu'une chaîne sélectionne avant les Français.
Alors,
on a entendu votre rappel au boycott de TF1 à l'instant, Nicolas Dupont-Aignan. Mais on avait posé, nous aussi, la question à nos auditeurs, Maude Descamps, question très simple. Est
-ce
que vous trouvez normal que TF1 organise ce débat avec cinq candidats seulement ?
Oui, le résultat va vous réjouir, Nicolas Dupont-Aignan, puisque 84,2% de nos votants ne trouvent pas ça normal. Marie-Claude nous dit, ne pas donner aux non-favoris la possibilité de s'exprimer. Eh bien, c'est freiner le renouvellement des politiques. C'est aux médias de trouver un format adéquat pour entendre chacun. Eric, lui, nous dit, eh bien, c'est dommage, vu que les favoris sont particulièrement nuls cette fois-ci.
Ça, c'est vrai.
Et avec toutes ces affaires, eh bien, on ne parle pas des éventuelles alternatives. Pour Gilbert, c'est très clair, le dialogue démocratique est mort en France. Les petits candidats n'ont pas la parole et sont transparents dans ce paysage politique actuel nauséabond. Pour Marie-Hélène, eh bien, il n
'a
pas d'autre explication. On fait tout pour enterrer certaines candidatures. Stéphane, lui, estime, eh bien, que trop de candidats rendraient le débat inaudible. Des émissions de comparaison de programmes seraient bienvenues, écrit-il, sur notre page Facebook. Et même chose pour Héloïse, je ne vois pas pourquoi on perdrait notre temps à écouter des candidats qui vont difficilement atteindre 1 ou 2%. Soyons sérieux, s'il vous plaît.
Alors, en tant qu'à
part Héloïse, ils sont tous d'accord avec
vous. Oui, mais je veux quand même
répondre à cette dame. Qui sait qu'ils vont rester à 1% ? Le général de Gaulle, avant de partir à Londres, il était à zéro. Voilà. Et, ben oui, mais attendez.
Et
même en 58, alors qu
'il
avait sauvé la France, il était à 3%. Personne n'imaginait qu
'il
reviendrait. Mais on va rester toujours dans la même France qui s'effondre. Je vais vous donner un autre exemple qui n
'est
pas lié à la politique. Steve Jobs, quand il a inventé Apple dans son garage, s'il avait été en France, alors là, il n'aurait pas eu de prêt bancaire, on l'aurait laissé crever.
C
'est la première entreprise mondiale.
Quand
notre pays va sortir de cette espèce de fausse nauséabonde, de ce marécage puant
? Moi,
j'ai un autre projet.
Je
voudrais que les Français le connaissent. Je vous remercie de m'inviter. Je voudrais qu'il
y
ait une comparaison. Je voudrais pouvoir poser des questions à M. Macron, pourquoi il veut augmenter la CSG ? A M. Fillon, pourquoi il n
'a
pas fait pendant qu'il était Premier ministre tout ce qu'il propose aujourd'hui ? A Mme Le Pen, pourquoi on ne peut pas avoir un patriotisme plus serein, sans aller à des excès ? Je n
'ai
pas le droit de le faire
?
En vérité, ils veulent rester entre eux. Et vos auditeurs ont très bien compris la manip. Mais je vais vous dire, ce n
'est
pas perdu. On va contraindre TF1 à ouvrir le jeu.
Jean-Sébastien Fargeau. Est-ce que vous seriez prêt à participer à un débat avec les autres candidats ? Puisque vous parliez de Donald Trump, mais aux États-Unis, précisément parce que c'est difficile de mettre beaucoup de candidats sur un plateau, il y a eu différents débats, donc avec, pourquoi pas François Bayrou, s'il est candidat, ou ceux qui sont à moins de 10. Et deuxième question,
d'ailleurs, sur les sondages,
puisque vous en parliez vous-même, comment vous expliquez le fait qu'il
y
a un an, les sondages vous étaient beaucoup plus favorables qu'ils ne le sont maintenant, puisque certains vous donnaient entre 5 et 6
points.
Et là, maintenant, vous êtes plutôt en dessous de 2.
Non, je suis le dernier à 4, mais enfin, qu'importe, 4, 8, ça ne veut rien dire. Il y a 60% des gens qui disent ne pas savoir.
Mais
ça ne veut rien dire. Ils se sont toujours plantés.
Et
on continue à indexer. Mais c'est fou ce qui se passe. Mais je vais vous donner un exemple. Dans la région Grand Est, un sondage, deux jours avant l'élection régionale, donné à mon candidat, 0,5. Vous savez, pour voter pour quelqu'un qui fait 0,5, il faut du courage. Il a été presque à 5%. En Ile-de-France, j'ai fait 7% des voix, on me mettait à 2. Si on m'avait mis au vrai point, mais j'aurais été bien plus haut, les sondages, qui les achète
? À
qui appartiennent les boîtes de sondage ? Quels sont les journaux qui font l'opinion ? À qui appartient TF1
? Mais
il va bien falloir mettre les pieds dans le plat dans notre pays.
C
'est la gangrène, c
'est
la pourriture au sommet. Ça suffit. Je demande aux Français de se révolter, d'aller sur Internet.
Et
puis tant pis, on ira sur les réseaux sociaux et après ils se plaindront qu'ils n'ont pas d'audience. Ça suffit. Il est temps d'ouvrir le jeu politique. Je ne demande pas la lune. Vous dites que les débats sont compliqués à organiser. Mais écoutez, j'ai une photo là de ce qui se passe en Angleterre. Il y avait 9 personnes sur le plateau. Au moins, les Anglais ont vu des gens différents. Et puis après, vous pouvez organiser les grands, entre guillemets. Ils sont grands par le quoi ? Par leur échec
? La
dette ? Les impôts ? La misère ? C'est ça leur grandeur ? Mais ça me rappelle 1789. Vous savez, on n'est pas loin.
David Ravodallon. Alors, il y a les sondages dont vous soulignez la versatilité ou la volatilité. Et puis il
y
a le verdict des urnes. Je le rappelle, 2012, 1,79% des voix. Alors une question simple. Pourquoi vous récidivez aujourd'hui ? Est-ce que c'est du courage ou de l'inconscience ?
Mais parce que la vie politique, ce n
'est
pas une photographie.
C
'est un film.
Et
vous auriez pu citer les régionales de 2015, il y a un an, où mon parti a fait autant de voix que le Front de Gauche, avec dix fois moins de médias et des sondages à zéro. Citez Trump, regardez Trump.
Vous
n'auriez pas été un à miser sur lui. Mais parce que la démocratie, ce n
'est
pas les sondages, ce n
'est
pas les médias, ce n
'est
pas l'oligarchie.
Si
ces gens-là réussissaient,
on
pourrait dire, mon pauvre Dupont-Aignan, comment ? On a de l'emploi. Tout va bien et vous voulez changer les choses, mais vous êtes bizarre. Mais c'est vrai que les 6 millions de chômeurs, ce n
'est
rien. Le pouvoir d'achat, nos entreprises bradées, ces gens qui ont trahi le peuple, la violence dans nos cités. Mais est-ce que vous ne croyez pas que le devoir des Français, de nous, mais de vous, mais d'ailleurs vous le faites là aujourd'hui, je vous en remercie, c'est peut-être un moment de se dire, qu'est-ce qu'on peut faire ? Si on veut le système Trump après, c'est-à-dire qu'à force de mettre le couvercle sur la marmite, à un moment ça pète dans le désordre... C'est quoi le système Trump en France pour vous ? C'est Marine Le Pen ? Pas obligatoirement, je ne sais pas ce qui peut se passer. Ça peut être la violence et qu
'il
y
ait
des gens qui cassent tout de main, qu'il y
ait
des morts.
C
'est une société fermée
où
tout est fait pour faire taire le peuple. Moi je veux redonner le pouvoir au peuple de manière, comment dire, avec bon sens. Et mon programme, 700 propositions, 200 pages sur Internet, vise à régler les problèmes des Français. J'aimerais, et on va en parler, pouvoir le présenter aux Français. Et qu'il y
ait
une telle différence entre mon programme et celui des autres que je suis très confiant, voyez,
et pas
inconscient.
Nicolas Dupont-Aignan, on ne
vous
promet pas d'avoir le temps de faire les 700 propositions.
Non, je ne vous en
demande pas plus.
Mais on va faire les principales juste après. Une
première pause, on se retrouve depuis le bus européen de la présidentielle à Tours.
19h-20h, le club de la presse d'Europe 1.
Depuis le bus européen de la présidentielle.
19h-20h,
Nicolas Poincaré.
Le
club de la presse d'Europe 1 depuis le bus européen de la présidentielle qui est garé juste à côté de la mairie de Tours pour recevoir Nicolas Dupont-Aignan, interrogé ce soir par David Revaud-Dallon du JDD et Jean-Sébastien Ferjou du site Atlantico. Juste avant la pause, vous nous disiez, j'ai 700 propositions, je veux qu'on en parle. Eh bien, allons-y. Aujourd'hui, il y
a
eu des propositions, notamment par exemple sur la santé. L'ensemble des candidats ont présenté leur programme. En quoi le vôtre est-il différent ? Ça ne
m
'a pas sauté aux yeux.
Si, il y a un point fondamental, c'est que beaucoup de candidats proposent encore des économies, c'est-à-dire du rationnement,
et
font croire aux Français que dans un pays qui vieillit,
donc
avec des maladies, la dépendance, dans un monde qui change, où il y a des innovations technologiques extraordinaires, mais qui vont coûter de l'argent, on peut continuer à rationner les soins avec une augmentation d'1,7%, 2% M. Macron.
M.
Macron veut faire 15 milliards encore d'économies. M. Fillon, 20 milliards. Et il nous explique qu
'on
va être bien soigné. Il faut arrêter de se moquer des gens. Il n
'y a
qu'à aller voir dans un hôpital,
il
n
'y a
qu'à aller voir dans une zone rurale.
On
est en pénurie. Donc on se soigne moins bien les Français aujourd'hui. Moi, je ne
veux
pas claquer l'argent par les fenêtres. Je veux simplement prévoir une hausse un peu plus forte, financée par un programme de relance économique, de relocalisation d'emplois. Et je veux des mesures plus coercitives pour qu'il y ait une bonne proximité de soins. Ça veut dire
d
'abord augmenter le numerus clausus des médecins. Parce que c'est M. Juppé et d'autres qui avaient imaginé, suivi par les socialistes d'ailleurs, qu'en réduisant le nombre de médecins, il y aurait moins de malades. C'est extraordinaire.
C
'est digne des malades imaginaires. Enfin, c'est fou ce qui s'est passé. On est en pénurie aujourd'hui. Donc je veux qu'on repasse de 7500 de formation par an à 10 000. Je veux qu'on supprime toute charge sociale sur ceux qui s'installent dans les déserts médicaux. C'est-à
-dire
qu'ils aient un vrai bonus financier. Je veux revaloriser la consultation à 35 euros.
Et
ce n
'est
pas cher payé pour quelqu'un qui prend du temps pour soigner quelqu'un.
Ça y a des
dépassements d'honoraires. Chez le généraliste, 35 euros.
Oui, ça
coûte 2 milliards et demi. Je le finance par des économies sur l'assistanat et les abus.
Je
veux que chaque personne qui
a
l'ERSA travaille une journée par semaine. Je veux qu'on arrête la fraude à la carte vitale. Je veux que les étrangers qui vivent dans notre pays cotisent pendant 5 ans avant de percevoir quelque chose.
Parce
qu'il y en a assez de voir venir des gens de l'étranger qui pompent notre système social. En un mot, je fais des redéploiements. Et j'investis sur la proximité médicale.
Et
on ne réglera la question de l'hôpital
que
si on redéploie une vraie médecine de campagne et de ville. Par ailleurs, je pense qu'il y a beaucoup à faire en matière de prévention. Et notamment, je veux réinstaurer une vraie médecine scolaire qu'ils ont détruite en 20 ans. Et quand on voit l'état sanitaire de la jeunesse, les grandes difficultés sociales qu'il y a, je pense qu
'on
peut le faire. Ça veut dire que oui, je ne veux pas la privatisation que veut M. Fillon. Parce que, contrairement à ce qu'il raconte, il continue à vouloir, en fait,
à
partir du moment où il fera 20 milliards d'économies, comme M. Macron, qu'est-ce qui se passera ? Les gens seront obligés de prendre des complémentaires. Je suis hostile, comme gaulliste, social, à ce système de complémentaires et d'assurance privée qui coûte une fortune,
qui
est la maquille, qui est inégalitaire. Et il
y
en a qui se goinfrent avec ça. Alors, ce n
'est
pas la mode de le dire. Je l'ai dit ce matin devant la mutualité. J'ai senti que les applaudissements étaient parfois un peu mesurés. Mais je ne regrette pas un instant. Pour moi, la sécurité sociale, elle est unique. On cotise selon son salaire et on peut être soigné selon son besoin et sa maladie. Et ils sont en train, subrepticement, de nous bousiller ce système. Et tous les Français le voient aujourd'hui. Donc,
je veux changer ça.
Jean-Sébastien Fergevou.
Une
question sur un point particulier, le RSI. Puisqu'on le voit bien, par ailleurs, dans votre programme, vous défendez pas mal le point de vue des entrepreneurs ou en tout cas
celui
des artisans, des indépendants.
Le RSI, c'est le régime de sécu pour les indépendants.
Exactement. Et vous souhaitez l'inclure dans le régime global de sécurité sociale. Mais finalement, la demande bien souvent des artisans, des indépendants ou des chefs d'entreprise, ça n'est pas de revenir à la sécurité sociale. C'est plutôt de pouvoir choisir la caisse à laquelle ils cotiseraient. Parce que d'une certaine manière, en faisant ça, vous faites subventionner le reste des salariés par des gens qui travaillent beaucoup plus et qui bien souvent sont nettement moins malades. Parce que quand on est artisan, on peut nettement moins se permettre de prendre des jours d'absence que quand on est salarié. Est-ce que vous entendez que la revendication finalement
de cette
cible-là,
elle n'est pas exactement la
réponse que vous fournissez
?
Alors oui et non. Je vais vous dire. D'abord, je veux supprimer le RSI. Le RSI, c'est du vol. Il y
a
un manque de transparence. Les artisans, les indépendants cotisent.
Ils
ne savent pas où va l'argent. Et quand ils ont une demande, ils n
'en
ont jamais. Donc il y
a
eu des fuites. Ou comment ? Premier point. Je supprime le RSI. Mais je crois que la demande des indépendants, elle est très paradoxale.
A
la fois, ils voient bien qu'ils sont moins bien couverts que les autres.
Et
donc, ils veulent avoir le choix. Mais le choix, si c'est un choix qui est un faux choix, où on leur prélève toujours plus et où ils reçoivent toujours moins, ça ne marche pas. Et je crois justement qu'une sécurité sociale unique, bien gérée, avec le même régime pour tout le monde, renforcerait beaucoup les indépendants, les artisans, les commerçants. Ça existe.
Et
ça marche très bien.
En
Alsace-Moselle.
En
Alsace-Moselle, il y
a
un régime qui est équilibré, qui est bien géré, et où on évite la multitude de contrats complémentaires. Tous les Français qui ont eu leur mutuelle ont bien vu que ça foirait. Alors il y en a des sérieuses, je n'attaque pas toutes les mutuelles. Il en faut. Il faut du complémentaire si on veut cotiser plus pour recevoir plus. Je ne veux pas faire l'Union soviétique, rassurez-vous. Mais je veux remettre de l'ordre dans le système. Et je pense, au contraire, qu'il faut un statut unique. Il y a trop de statuts différents. Et tout le monde s'y perd. Et à la fin, ce sont ceux qui travaillent le plus aussi qui sont les plus pénalisés. Donc je crois au statut unique. Vous
aviez dit, je crois que c'était à ce micro pour la première fois, que François Fillon était le candidat d'une seule entreprise. C'était juste après sa victoire au primaire. Et l'entreprise en question, c'était AXA. Vous accusiez François
Fillon d'être aux mains d
'AXA. Vous
le maintenez,
même si aujourd'hui, il a mis de
l
'eau dans son vin, modifié son programme en
matière de santé ? En tout cas, quand on reçoit
200 000 euros d'AXA et qu'on est seul actionnaire de
l
'entreprise, j'estime que politiquement, c'est légal, il a le droit de travailler pour AXA, ou d'avoir travaillé pour AXA. Mais j'ai une autre conception de la présidence de la République. Et je crois que beaucoup de Français qui ont cru à François Fillon, parce qu'il incarnait une certaine indépendance et, comment dire, un effort collectif, ce n
'est
pas quelqu'un qui ne s'est pas astreint à cet effort collectif qui peut le mener. Et j'appelle, et j'ai d'ailleurs énormément d'électeurs républicains qui nous rejoignent, aujourd'hui, d'élus républicains,
qui
en ont assez de cette classe politique hypocrite.
David Orvedaline. C'est-à-dire, très clairement, vous espérez bénéficier de la mauvaise passe dans laquelle se trouve actuellement François Fillon eu égard à l'affaire dite du Penelope Gaït. Je ne me réjouis pas de
ce
climat. Moi, je ne
me
réjouis pas du malheur des autres.
Mais vous pouvez tout de même en
bénéficier sur le plan électoral. Mais je
constate à juste titre, et je lance un appel aux électeurs républicains, si on veut battre M. Macron, ce n
'est
pas M. Fillon qui va battre M. Macron. Impossible.
C
'est une évidence. Et je dis aux électeurs républicains, il reste 60 jours, rassemblez-vous derrière moi, et vous verrez, on va le battre, parce que seule une personnalité qui n'a jamais gouverné notre pays,
qui
n'a pas laissé ce bilan, pourra gagner l'élection présidentielle. J'en suis certain.
Les
Français, à juste raison, enfin comprennent. Vous me parliez de 2012. Vous savez, en 2012, j'avais l'impression de prêcher un peu dans le désert, parce que je disais qu'on était la seule démocratie au monde
où
des gens qui avaient échoué, qui étaient battus aux élections, osaient se représenter. Et j'ai l'impression que les Français commencent
à
vouloir se débarrasser, à juste titre, de ceux qui ont un vrai bilan. Nicolas Poincaré, si votre émission était une,
comment
dire, la dernière de l'audience... Je ne serais plus là. Bon, et bien pourquoi
les hommes... J'irais
élever des tomates.
Ça arrivera peut-être un jour, d'ailleurs.
Pourquoi les hommes politiques sont les seuls Français qui, plus ils échouent, plus ils se représentent ?
Juste pour rester sur l'affaire
Fillon, pardon. J
'aimerais que j'aimerais savoir...
Échouent au pouvoir. Au pouvoir, parce qu'on a le droit d'essayer quand même à convaincre les Français. Échouent au pouvoir. Enfin, c'est ahurissant ce qui se passe. Alors, ils ont éliminé Hollande, Valls, Juppé, Sarkozy. Ils vont éliminer Fillon. Et je dis aux électeurs de droite, rejoignez-moi, on va faire une belle victoire.
Donc, si j'ai bien compris,
ce fameux plan B introuvable que
cherchent les cadres et les électeurs des Républicains... C'est le plan
D. Mais il y en a beaucoup qui le voient déjà. Simplement, vous ne le voyez pas vous encore, parce que vous suivez encore un peu trop les sondages. Et vous allez voir qu'on va bouleverser le jeu politique, j'en suis certain. Qu'est-ce qui
vous
paraît le plus grave dans l'affaire Fillon ? C'est ce que vous évoquez à l'instant, le cabinet de Conseil, 2F Conseil, avec comme client AXA ou bien d'avoir salarié sa femme et ses enfants ? Il y a un problème juridique, un
problème
politique. Moi, tout le monde le sait. Je ne l
'ai
jamais caché.
Ma femme travaille avec moi.
Je ne
l
'ai jamais caché. Tout le monde le sait dans ma circonscription. Des milliers de mails, une action énorme. Et on n'en a jamais fait reproche. Comme un artisan, justement, parler des artisans, on sait que souvent, la femme travaille parce qu'elle ne compte pas ses heures. Le problème, ce n
'est
pas d'avoir quelqu'un qui travaille. Le problème, c'est
l
'accusation qu'il y a. C'est la justice qui tranchera. Mais pour moi, ce qui est beaucoup plus grave politiquement, c'est le fait qu'un candidat présidentiel ait une société qui touche de l'argent d'entreprise et qu'ensuite son programme soit aligné sur les thèses de cette entreprise. C'est insupportable
pour
moi. Ça le discrédite
? C
'est mon analyse. Je ne veux pas, comment dire, je ne
suis
pas là pour critiquer l'autre. Je suis là pour dire,
si
on ne nettoie pas la vie politique, si on ne retrouve pas un changement général au sommet, comment voulez-vous que notre pays s'en sorte ? Comment voulez-vous dire à quelqu'un qui triche avec l'aide sociale
?
Comment voulez-vous, face à une grande entreprise internationale qui ne paye pas l'impôt
?
Comment voulez-vous agir si vous-même, vous êtes dans des compromis permanents
?
Alors moi, on me reproche d'être, comment dire, un peu raide,
de
ne
pas
avoir fait de compromis politicien. Ça, c'est clair. Je l'ai payé cher. Et j'ai quitté l'UMP quand l'UMP gagnait. Mais au moins, j'ai prouvé dans ma vie politique que je ne changeais pas d'avis sur l'Europe, sur le travail, sur les PME, sur la justice sociale.
Nicolas
Dupont
-Aignan est l'invité du Club de la Présidente européenne depuis Tours, depuis le bus de la Présidentielle. On marque une pause. On revient tout de suite.
19h-20h, le Club de la Presse d'Europe. 19h-20h,
Nicolas
Poincaré.
Le
bus de la Présidentielle depuis Tours pour recevoir un des candidats à cette Présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, qui répond à nos questions ce soir, aux questions des auditeurs dans un instant, et pour l'instant surtout à celle de David Rovodalone du JDD, et de Jean-Sébastien Ferjoux du site Atlantico. Nicolas Dupont-Aignan, hier, dans le Club de la Presse, ici même, on recevait Nicolas Bell, secrétaire général du Front National, qui disait que parmi les personnalités qui pourraient être ministre, voire Premier ministre, de Marine Le Pen, il citait Henri Guénaud, et vous, est
-ce
que vous vous voyez à Matignon, en cas de victoire, de Marine Le Pen
? Je suis candidat à l'élection présidentielle pour porter un projet patriotique, humaniste et de mon sens.
Il
y a un premier tour.
Je
souhaite que ce premier tour soit le plus libre possible, on en parlait sur les débats. Rien d'autre n
'est
dans mon esprit. Alors justement, lui, il parlait de ceux qui pourraient se rallier entre les deux tours. Moi, je veux être au deuxième tour d'élection présidentielle.
Voilà. Alors, vous avez souvent dit que vous aviez de profondes divergences avec Marine Le Pen. Est-ce qu
'on peut les détailler un petit peu ?
Je
peux employer ce
terme-là, d'ailleurs, mais j'ai un point commun.
Pourquoi
le nier ? Je veux rendre aux Français leur liberté politique et je veux mettre fin à la dictature, comment dire, soft de Bruxelles, parce que je crois qu'on peut
changer
ça. En revanche, j'ai des différences,
parce
que je pense qu'il ne s'agit pas de sortir de l'Europe. Je veux simplement renégocier, c'est-à-dire avoir une Europe des projets
avec
des nations libres, c'est-à-dire l'Europe gaullienne, la seule qui a marché, celle du général de Gaulle avec Airbus. Et je pense, lutte contre le cancer, développement de l'Afrique, énergie propre, je pense qu'on peut reconstruire une belle Europe des nations et des projets. Je ne veux pas le Frexit, comme par exemple Marine Le Pen.
Et
puis j'ai un programme, je pense, sincèrement, il suffit de le lire, plus réaliste sur beaucoup de choses, notamment sur l'économie, sur la libre entreprise, parce que je crois qu
'on
ne s'en sortira pas avec un programme trop collectiviste. Je suis attaché à l'égalité, à la justice sociale, mais je veux doper les PME,
diviser
par deux l'impôt sur les sociétés, sur les bénéfices réinvestis en France. J'ai un programme de relocalisation beaucoup plus réaliste que celui du Front National et que d'autres d'ailleurs. Enfin, j'ai un projet qui, je pense, est beaucoup plus prospectif sur la conquête scientifique, sur l'avenir de notre pays. Voilà. Après, il y a toujours des points communs. Quand j'écris mon programme, franchement, je ne
me
pose pas la question de savoir si Marine Le Pen dit ça ou si Fillon ou si Macron. Vous pourriez aussi dire les points communs avec Fillon, des points communs avec Montebourg sur le produire en France. Pourquoi on veut tout ? En fait, on veut m'enfermer,
comment
dire, dans une espèce de similitude avec Marine Le Pen, parce qu'on veut faire croire aux Français qu'il n
'y a
pas d'issue
entre
le Front National et le système. Donc, Dupont-Aignan,
c
'est un quasi, Le Pen. Eh bien, non, il y a le choix. Je propose un autre choix. Hamon, Mélenchon, il y
a
des points communs et il y
a
des différences. Macron, Fillon, il y a beaucoup de points communs
et
il y
a
des différences. Eh bien, Le Pen, Dupont-Aignan, il y a des points communs et il y
a
des différences. Et les Français auront le choix. Et c'est ce choix qui va permettre une nouvelle dynamique. Sinon,
on
va être enfermé dans l'éternel truc. Et ça sera les regional bis. Ils veulent nous faire, en fait, les regional bis. Voilà. C'est-à-dire Le Pen d'un côté, les autres de l'autre. Et on choisit. Comment on choisit
?
On joue ? On fait la pièce en l'air ?
Je
ne
sais
pas ce que je veux.
Jean-Sébastien Ferjot.
Vous
nous dites qu'il y a des différences, mais
les
autres candidats, en général, voient en Marine Le Pen quelqu'un de dangereux pour la France et peut-être pour la République. Est-ce que vous, vous considérez que le Front National est un parti dangereux
?
Non, je ne
l
'ai jamais dit. J'ai toujours été hostile à cette diabolisation stupide. Et je n'ai jamais dit ça. Et je ne le dirai jamais. Parce que moi, je respecte tous les concurrents. Et j'appelle les électeurs, d'où qu'ils viennent, d'où qu'ils soient, la maison brûle. Je veux rassembler. Je suis gaulliste. Ça veut dire quoi
? L
'indépendance du pays.
Je
veux un pays indépendant, c'est-à-dire maître de ses choix. Quand je vois que M. Macron, par exemple, ou M. Fillon sont d'accord pour brader des entreprises à l'extérieur, ça me rend... Ça me met vraiment triste.
De ce point de vue-là, justement, il y a un mot qui a disparu
de votre vocabulaire, qui est le mot de souverainisme.
Non, je vais vous en parler. Je vais beaucoup
rendre aux Français leur pouvoir. Mais vous n'employez plus les mots qui étaient ceux de votre candidature il
y a cinq ans. Parce que,
je vais être très franc, le mot souverainisme n'est pas compris. Beaucoup de Français croient que c'est royaliste. Alors, quand on m'arrête dans la rue et qu
'on
me dit « Ah, vous voulez le retour du roi de France », je leur dis « Rassurez-vous, je ne suis pas le roi de France ». Et je ne suis pas pour ça. Je suis républicain, gaulliste. Le gaullisme, c'est quoi, ce que je veux ?
Je
veux un pays libre, c'est-à-dire démocratique. Et d'ailleurs, je veux le casier judiciaire vierge, le référendum d'initiative populaire et la reconnaissance du vote blanc. Ça, par exemple, d'autres ne le proposent pas.
Et
je veux un pays, une fois qu'il est libre, qu'il a retrouvé son indépendance, qu'il soit rassembleur. C'est-à-dire, je suis convaincu qu'il y
a
une très large majorité de Français qu'on peut rassembler, sans créer des divisions artificielles,
et
en se projetant vers l'avenir. C'est ça, le gaullisme.
C
'est l'indépendance de la nation,
on
reprend notre liberté collective, et puis on refait société ensemble. On travaille ensemble. L'instruction publique. Abolir la réforme du collège. Je parle aux enseignants. Je veux que les enseignants se mobilisent. Sauver la sécurité sociale. C'est ça, notre ADN français. Et ça n'enlève en rien la possibilité d'avoir des PMO dynamiques, libres, qui investissent, parce qu'on va alléger les charges sur les PMO. Mais en revanche, on va lutter contre les grandes multinationales qui sont en train de nous tuer.
David Ravanallon. Alors vous étiez, comme souvent, le gaullisme, bien sûr. On sait qu'au Front National,
il
y
a
toute une fraction du parti qui se revendique du gaullisme social, notamment Florian Philippot. Vous avez précisé ce week-end très clairement que gaullisme et le pénisme, en substance, ce n'est absolument pas la même chose, et que c'était compliqué pour Marine Le Pen de s'en revendiquer. Pourquoi est
-ce
que vous avez... Mais je n
'ai
pas
envie de parler
du Front National. Vous en
parlez suffisamment. Mais pourquoi est-ce que vous avez précisé ? Vous
avez
pris le soin de préciser. Mais on me pose toujours la
même question. Il va y avoir le choix. Eh bien, les Français trancheront. Je n
'ai
pas à parler du Front National. On en parle trop. Moi, je préfère parler de moi et de ce que je propose. Lisez mon programme, nda-2017.fr. Vous verrez ce patriotisme de rassemblement que je veux proposer, qui n'existait pas.
Et
c'est ça, la nouveauté. C'est que les Français ne me connaissaient pas en 2012. Là, ils vont découvrir quelque chose d'équilibré. Et vous savez, s'il
y
a tant de Républicains qui étaient aux Républicains et qui me rejoignent aujourd'hui, parfois des Républicains aussi de gauche, de chez Chevènement, des abstentionnistes, des gens, parfois des élus du Front National.
Pas des socialistes,
rassurez-nous, Nicolas. Non, les socialistes, ils préfèrent aller... Chez Macron. Ou au Macron comme socialiste.
C
'est le socialisme d'affaires.
Alors, on entend bien que vous n
'avez
pas envie de parler du Front National, mais j'ai quand
même encore une
curiosité. Hier,
elle
était, Marine Le Pen, à Beyrouth.
Elle
est allée dans une mosquée.
Elle
a refusé de mettre un voile. Est-ce qu'elle a raison ? Oui. Est-ce que si vous aviez rendez-vous à Beyrouth avec le Grand Moufti, vous accepteriez ou pas d'enlever vos chaussures
?
Je pense qu'elle a eu raison comme femme. Voilà. Et je souhaite interdire, vous le savez, en France, le voile dans les universités, les signes extérieurs de religion, dans les universités, dans les hôpitaux.
Quand
on va se faire soigner, on abandonne sa religion. Et dans les entreprises qui le souhaitent. J'estime que la République est au-dessus des religions. Que la République reconnaît les religions, les respecte. Mais qu'on a trop cédé depuis 20 ans. Et entre nous, si beaucoup d'hommes politiques n'étaient pas achetés par le Qatar ou l'Arabie Saoudite, on n'en serait pas là.
Vous
pensez à quelqu'un en particulier ?
Non, je n'ai même plus
besoin de penser tellement il y en a.
On
en a parlé ici même hier en recevant Béranger Bond, journaliste européen et auteur d'une enquête sur les troubles relations entre la classe politique et le Qatar. Nicolas Dupont-Aignan est l'invité du Club de la Presse. On marque une dernière pause et on se retrouve tout de suite depuis Tours dans le bus de la présidentielle. Le bus de la présidentielle européen est à Tours et nous recevons ce soir un candidat à la présidence de la République, Nicolas Dupont-Aignan. Dans quelques instants, on entendra, Nicolas Dupont-Aignan, des questions que les auditeurs sont venus ici même dans ce bus enregistré à votre intention.
Mais pour l'instant, encore une question qui vous est posée par Jean-Sébastien Ferjou.
Oui,
vous nous disiez tout à l'heure qu'une des vraies différences que vous aviez avec le Front National, c'était que vous, vous ne souhaitiez pas sortir de l'Europe. Mais dans le même temps, vous nous dites qu'il faut que la France retrouve son indépendance, qui est l'indépendance de la nation. Donc comment on fait pour être encore dans l'Europe tout en étant indépendant
? Et
une fois qu'on est indépendant, comment on fait pour, par exemple, négocier des traités de libre-échange ou négocier ou gérer la crise des flux migratoires face à des réalités géopolitiques ou des ensembles beaucoup plus puissants que nous
?
D'abord,
la France n'est pas un petit pays. Après le Brexit, si la France va à Bruxelles, comme le général de Gaulle l'avait fait au moment de la crise de la chaise vide, et dit « Je n'applique plus la directive travailleurs détachés, c'est fini.
Je
contrôle nos frontières nationales. Je veux aider mon industrie et ma science. Je le fais. Les traités, c'est fini.
On
renégocie.
Et
je vous propose un traité alternatif.
Ce
traité, je l'ai rédigé avec beaucoup d'universitaires. Il existe, il est sur mon site Internet. C'est un traité qui garde le meilleur de l'Europe et qui enlève la bureaucratie bruxelloise, qui redonne de la liberté sur nos frontières, notre budget, nos lois, notre monnaie, mais qui même, en même temps, prépare des coopérations pour peser dans la mondialisation sur des enjeux clés. Ce qu'on a fait avec Airbus, je veux le faire dans une vingtaine de domaines. Parce que, attendez,
dans
la compétition mondiale, ce qui compte, ce n
'est
pas d'avoir la même taille de courgette ou d'avoir le champignon qui est comme ci ou comme ça. Ce qui compte, c'est de regrouper nos forces sur les quelques enjeux majeurs qui décideront de la hiérarchie des nations au XXIe siècle. La Chine investit des dizaines de milliards pour les nouvelles technologies. Et nous, on ne fait rien.
On
est en train de préparer une génération d'esclaves européens. Quant aux frontières, on doit contrôler nous-mêmes nos frontières. Moi,
je
n
'ai
pas besoin des douaniers italiens ou grecs pour contrôler mes frontières.
Mais reprendre le contrôle sur notre monnaie, renégocier des traités là-dessus, comment on le fait sans sortir de l'euro
? Concrètement, ça veut dire sortir
de l'euro. Ça veut dire renégocier l'euro, garder le meilleur de l'euro. J'ai évolué là-dessus. Mais avoir une monnaie commune. C'est-à
-dire,
je garde une banque centrale organisée. Mais il y a deux points fondamentaux. J'emprunte directement auprès de cette banque à 0% sans passer par les banques. C'est l'abrogation de la loi de 73.
Car
il est inacceptable de payer des intérêts d'emprunt aux banques. Même Michel Rocard, à la fin de sa vie, l'avait reconnu.
Vous
savez que si on ne comptait pas les intérêts d'emprunt pour les banques privées, la dette de la France serait de 18%. Et on ne paierait pas 47 000, 40 milliards d'intérêts comme aujourd'hui. Donc je veux petit à petit réemprunter auprès de la banque centrale, la Banque de France, à 0% pour alléger la charge d'emprunt et pouvoir recruter des infirmières ou aider nos entreprises au lieu de payer des intérêts des banques privées. Et puis ensuite, on aura une monnaie commune,
change
fixe pour éviter les dévaluations compétitives.
Et
cette monnaie commune fonctionnera très bien comme a fonctionné le serpent européen. Et je ne suis pas le seul d'ailleurs à l'avoir proposé. M. Chevènement l'avait proposé à une époque, M. Séguin, même M. Balladur. Donc je veux revenir en Europe au bon sens. Je veux arrêter l'élargissement, arrêter cette folie avec la Turquie qui continue, vous savez. Bref, il faut remettre de l'ordre dans nos affaires.
C
'est comme une copropriété. Moi,
je
dis souvent, est-ce que vous acceptez que le syndic d'immeubles, votre syndic d'immeubles décide de l'heure à laquelle vous couchez, de qui va habiter dans votre appartement, quand vous allez partir en vacances ? Non. Le syndic d'immeubles, il est responsable des affaires de l'immeuble.
C'est pareil, l'Europe.
David Roveudallon, avant les questions des auditeurs.
De Nicolas Dupont-Aignan. Pardon, je reviens à la campagne et aux questions politiciennes, entre guillemets. Vous n'aviez pas donné de consigne de vote en 2012, en faveur de Nicolas Sarkozy en particulier, qui avait été battu. Là, on a bien compris que vous vous situez dans l'hypothèse d'une qualification. Mais si ce n'est pas le cas, si d'avoir
proposé n'était pas le cas,
que feriez-vous ? Et plus précisément, si c'est un duel Fillon-Le Pen, qui choisissez-vous
? D
'abord,
j'estime qu'on n'est pas propriétaire des voix. Il n'y a que des hommes politiques qui croient qu'ils sont propriétaires des voix de leurs
concitoyens. Non, mais en
donnant une
tendance,
vous... Vous savez, les Français
sont bien sages et font ce qu'ils ont envie de faire. Et puis ensuite, moi, je suis au premier tour, je me bats pour être qualifié, et je n'envisage même pas cette hypothèse.
Vous
n
'envisagez absolument pas
d'être sorti ? Je fais tout
pour
appeler les Français à voter pour moi, pour réussir cette baisse d'impôts que je veux faire, pour revaloriser les pensions de retraite, pour reconstruire l'école publique. Je veux leur dire qu'une autre politique est possible, et qu'il
n'y a
aucune raison que dans tous les pays du monde, il y
a
d'autres politiques, sauf en France.
Alors, Nicolas Dupont-Aignan, on va passer maintenant à des questions que des auditeurs habitants de Tours ou bien de Bourges, puisque ce bus, juste avant de venir ici, était à Bourges, sont venus vous poser, avec le soutien de notre partenaire Facebook, la première question vous a été posée par Evelyne, qui est retraitée.
Nous
avons constaté que les élus politiques coûtent très cher à notre pays. Je suis pour la diminution de leur salaire et la suppression de leurs privilèges et avantages. Nos impôts ne doivent plus servir à faire de ces gens-là des millionnaires aux dépens du peuple français. Quel parti politique aurait le courage de faire cette proposition dans leur programme de la présidence TN ? Je vous remercie.
Nicolas Dupont-Aignan. Ben, lisez mon programme. Je l'ai écrit avant votre question. Donc, j'avais proposé à une époque d'aligner le régime des retraites des parlementaires
au
moment où nous votions en 2010 sur le cas général.
J
'ai été passablement insulté dans les couloirs de l'Assemblée, pour être franc. J'avais proposé de diminuer 10% notre rémunération au moment où on demandait des efforts aux Français. J'ai été traité de démagogue. Voilà. J'ai été l'un des seuls députés parlementaires,
enfin
candidats à la présidentielle, présents dans l'hémicycle quand on a voté le casier judiciaire vierge il y a une semaine. Même M. Barthès en était ému, alors qu'en général, il m'assassine. Voilà. Mais ce que dit Madame, qu'est-ce que vous voulez que je dise ? Elle a totalement raison. J'ajoute que je suis le seul à proposer une revalorisation de 100 euros par mois, 100 euros par mois,
pour
les petites retraites, pour 6 millions de retraités.
Alors justement, vous êtes en train de répondre à la question
suivante, avant même qu'elle vous soit posée. Elle s'appelle Martine, elle a 58 ans, elle vient de Bourges, elle est sans emploi, elle est venue dans ce bus, vous posez cette question.
Je
vais avoir 58 ans, je suis à la recherche d'un emploi, je n'ai droit à aucune allocation. Qu'avez-vous l'intention de faire pour les personnes qui sont en recherche d'emploi par rapport à mon âge
? Alors
il y a deux choses. Il y a l'affaire de l'emploi.
J
'aimerais en parler après. Mais sur les petites retraites, je disais que j'ai une idée originale, qui est financée.
100
euros par mois, pour 6 millions des plus petites retraites, sur 15 millions.
Ça
fait beaucoup.
Ça
coûte 8 milliards.
Ces
8 milliards, je les finance en reprenant l'excédent que nous versons chaque année à Bruxelles.
Les
Français ne savent pas
qu
'ils payent 8 milliards par an d'excédent. C'est-à-dire qu'on verse 21 milliards à Bruxelles et on reçoit 13.
Pour
une organisation
qui
nourrit nos concurrents.
Ces
mêmes concurrents qui envoient chez nous des travailleurs, qui ne payent pas les charges sociales en France. Je ne
sais
pas si vous réalisez l'absurdité. C'est-à-dire qu'on finance des pays qui profitent de notre argent pour baisser leur prix et gagner des marchés et nourrir notre chômage. Ça, ça ne coûte pas un centime à la France. 8 milliards que je bascule vers les petites retraites.
Ça
permet quoi ? Ça permet de relancer l'économie locale. Parce que quelqu'un qui gagne 600 euros, 500 euros, 800 euros de retraite, il ne
va
pas acheter chinois.
Il
ne
va
pas partir au Bahamas. Il va manger. Vous savez qu'il
y a
des millions de retraités qui ne peuvent pas manger. Vous savez qu'il y a des 12 millions de ménages, non pas de ménages, de français, qui n'ont pas pu payer leur chauffage cet hiver. Je n'ai pas l'impression d'entendre, mais même les gens de gauche, du moins M. Macron, d'ailleurs c'est ce que c
'est
la gauche, mais M. Fillon, M. Macron et les autres,
qui
se rendent compte de la misère qu'il
y a
dans le pays. Donc je veux donner une bulle d'oxygène aux petits retraités. Et je veux parallèlement aussi relocaliser l'emploi. On n'y arrivera pas si on ne permet pas de relocaliser un million d'emplois.
Et
ça,
ça
passe par l'achat public. Par exemple, je suis maire, moi. J'aimerais tellement acheter français.
Je
veux réserver 75% des achats publics aux entreprises qui produisent en France. Elles peuvent être étrangères s
'elles
produisent en France. Toyota est plus français que Renault, parfois. Produit à Valenciennes. Je veux,
si
vous voulez, qu'on ait une politique de défense de l'intérêt général des Français. Ces mesures que je propose, personne ne les propose. Et je peux vous assurer qu'elles marcheraient.
Et
elles marcheraient pourquoi
? Parce
qu'elles sont faites ailleurs et qu'elles ont marché.
C
'est tout. Moi,
je
ne suis pas, vous savez, j'observe. C'est tout. Du bon sens.
Et
je pense qu'on pourra ainsi relancer l'emploi pour... Alors, il
y
a une autre mesure que je propose pour les chômeurs de longue durée. C'est qu'un chômeur de longue durée
bénéficiera
d'un contrat zéro charge pendant 5 ans pour une PME. C'est-à-dire qu'une PME qui embauchera un chômeur de longue durée ne perdrait pas de charge pendant 5 ans.
L
'État n'y perdra pas, de toute façon, puisque la personne est au chômage depuis des années.
Et
ça permettra peut-être de remettre le pied à l'étrier pour quelqu'un et pour l'entreprise que ça ne coûte pas cher.
Une
dernière question vous est posée par Arthur qui a 23 ans.
On
l'écoute.
Que
comptez-vous faire par rapport au cannabis ? Nous, les jeunes, on consomme beaucoup de cannabis et on aimerait savoir, on aimerait arrêter de se faire arrêter dans la rue alors qu'on travaille. On est des chefs d'entreprise,
on
est des médecins. Mais on consomme du cannabis parce qu'on a compris que c'était moins dangereux que l'alcool et plus bénéfique pour nous. Qu'en est-il de votre position sur le cannabis
?
Alors,
il est
auto-entrepreneur. Il s'appelle Arthur et il a
23 ans. Je
vous recommande quand même de lire les études médicales sur l'effet du cannabis sur le cerveau. Ça ne se voit pas encore en vous écoutant. Mais je pense qu'avec de l'abus, ce n
'est
pas bien. Alors, je pense, je ne suis pas favorable à la légalisation du cannabis. Je pense que ce serait une défaite.
Pour
autant, vous avez raison de soulever le problème. Faire semblant de lutter et accepter qu'on importe du Maroc et d'autres beaucoup de cannabis, ce n
'est
pas non plus très courageux. Et je pense qu'il va falloir vraiment mettre en place un nouveau système et qu
'on
ne pourra pas continuer comme ça. Mais en revanche, je refuse la légalisation.
Vous
savez,
le
modèle de société, par exemple, de M. Hamon, le revenu universel où on donne de l'argent sans travailler, comme s'il tombait du ciel, c'est une forme aussi de mépris social parce que finalement, on met de côté les gens. Vous savez, il va y avoir la robotisation,
il
va y avoir une nouvelle société. Moi, j'aimerais qu'on l'anticipe un peu.
C
'est-à-dire qu'on voit comment on peut faire travailler tout le monde dans notre société. Ça ne sera pas obligatoirement des emplois marchands. Et c'est pourquoi j'ai parlé de travail universel plutôt que de revenu universel. Et notamment pour les jeunes, la seconde chance, le travail aidé. Comment on fait pour que chacun ait une dignité dans notre société ? Ça, c'est un vrai défi qui mérite intérêt. Je n
'ai
pas la seule réponse.
Merci beaucoup. Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidence de la République, était donc l'invité du Club de la Presse depuis ce bus européen qui s'est déplacé aujourd'hui ici à Tours. Merci beaucoup d
'avoir été avec nous. Et
organisez-vous un
débat
européen.
Ah ben alors, ça, c'est une bonne idée. Ceux qui
ne viennent pas, ils ne viennent pas.
Et vous verrez qu
'ils viendront tous. On vous tient au courant.
L
'idée est lancée.
Merci David Revaud-Dallon
du JDD.