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Audition parlementaireLCP (sur YouTube)· 1 avril 2026 154 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & électionsNumérique

[DIRECT] Audiovisuel public : audition de R. Belmer, M. Saada, D. Larramendy et C. Léost

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 44 %Attaque 39 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous détailler la procédure de plainte contre France Télévisions pour aide d'État illégale ?

  • 26:00RelanceÉludée

    Comment jugez-vous la plainte pour dénigrement déposée par France Télévisions contre CNews ?

  • 30:00OuverteRéponse partielle

    Quel est l'état des relations entre chaînes privées et avec l'audiovisuel public ?

  • 35:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous la baisse de 60% des contrats entre TF1 et France Télévisions ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    Une harmonisation des règles public-privé vous semble-t-elle nécessaire ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous le passage éclair de R. Belmer comme conseiller spécial de Delphine Ernotte ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Rodolphe BelmerChiffre
    « Nous avons cinq chaînes sur la TNT, cinq chaînes gratuites dont TF1 qui est la première chaîne commerciale d'Europe. »
  • 6:00Rodolphe BelmerChiffre
    « Le groupe TF1 continue à investir plus de 230 millions par an dans la création française et 150 millions d'euros par an aussi dans l'information. »
  • 10:00Maxime SaadaFait
    « Nous ne sommes pas égaux vis-à-vis des fréquences que nous occupons. L'État a un droit de préemption. »
  • 1:12Fait
    « La conséquence directe, c'est que les 3 milliards ne bougeront pas. En revanche, il y aura plus d'acteurs qui se partageront ce gâteau qui a plutôt tendance à baisser. »
  • 2:24Fait
    « Le vrai but de TF1 est de nous obliger à réduire nos investissements dans la création pour faire baisser les audiences de nos fictions. »
  • 1:00Fait
    « le statu quo nous va assez bien »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bon. D'accord, on n'a pas de retour à l'écran mais ça fonctionne. Monsieur le rapporteur, mes chers collègues, nous nous retrouvons pour cette seconde audition de la journée qui va nous permettre d'entendre de manière conjointe les dirigeants de quelques grandes chaînes privées car s'intéresser au service public audiovisuel c'est également s'intéresser à son pendant qui est le secteur privé car il interagit dans un paysage concurrentiel, dans un écosystème dont vous nous parlerez, je n'en doute pas, dans quelques instants.

Secteur public et secteur privé participent ensemble de l'information, du divertissement des Français, de la production euh audiovisuelle et on peut considérer d'ailleurs que certaines missions que vous menez, vous euh les entreprises de l'audiovisuel privé, participent aussi des missions de service public. Nous aurons sans doute l'occasion d'y revenir. Nous accueillons quatre dirigeants que je vais rapidement euh présenter.

D'abord vous, monsieur Rodolphe Belmer, vous êtes le président-directeur général du groupe TF1 après avoir commencé votre carrière dans le marketing, vous entrez au sein de l'entreprise Canal+ en octobre 2001 comme directeur de la stratégie et du développement. En octobre 2012, vous devenez directeur général du groupe Canal+ groupe que vous quittez euh en 2015, pardon. Vous entrez ensuite dans le groupe Eutelsat puis dans le groupe Atos en janvier 2022, vous ne restez que quelques mois puisque vous entrez au sein du groupe TF1 en octobre de la même année comme directeur général.

Vous êtes président-directeur général depuis le mois de février 2023 et vous êtes président de l'AFAL, l'association de la filière audiovisuelle euh qui regroupe les groupes audiovisuels France Télévisions, M6 et TF1, les principales organisations de gestion collective ainsi que les syndicats de producteurs et vous avez créé cette association, cette filière dans un contexte de bouleversement profond du secteur afin d'assurer, je vous cite, la solidité de vos modèles économiques, d'accompagner euh la transformation aussi du secteur audiovisuel et d'assurer, et c'est important, et c'est une mission essentielle, le rayonnement de l'exception culturelle française. Monsieur Maxime Sada, vous avez débuté loin du monde des médias puisque vous entrez à la Datar en 1994 avant d'entrer chez McKinsey en 1999. Vous intégrez le monde des médias en mai 2004 avant de devenir directeur général du groupe Canal+ en 2015 et président du directoire depuis 2018.

J'ajoute que vous êtes également président de Dailymotion depuis 2016 et président de StudioCanal depuis 2018. Monsieur David Larramendy, vous êtes président-directeur général du groupe M6 depuis le mois d'avril 2024. Vous avez commencé votre carrière chez Goldman Sachs, vous êtes entré ensuite dans le groupe M6 en février 2008 où vous dirigez assez rapidement Ventadis, filiale du groupe qui réunissait plusieurs anciennes phares de la vente à distance.

Vous êtes ensuite pendant plus de 9 ans directeur général de M6 Interactiv' et dans le même temps directeur général de M6 Publicité. J'ajoute que vous êtes actuellement président de l'ACP, l'Association des chaînes privées depuis le mois de juin 2025 succédant ainsi à Monsieur Bellemare. Madame Claire Léost, vous êtes pour votre part directrice générale de CMA Média.

Vous êtes entrée à Lagardère en 2014 comme directrice générale de l'univers grand public. Vous êtes passée par CMI France avant d'entrer chez Vivendi puis chez Prisma Média dont vous devenez présidente en septembre 2021, de septembre 2021 à septembre 2025. Vous avez été nommée directrice générale de CMA Média au mois d'août 2025 et à ce titre, vous chapeautez, vous avez la responsabilité de BFM TV et de RMC.

Je vous remercie d'être venu éclairer les travaux de notre commission d'enquête afin de comprendre votre positionnement à l'égard du service public, du secteur public, de l'audiovisuel public. J'aurai quelques questions liminaires, mais avant de vous les poser, je vais comme nous l'indique et le rappelle l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958, vous demandez de déclarer tout autre intérêt public ou privé de nature à influencer vos déclarations et je vous rappelle qu'au terme de l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, les personnes auditionnées par une commission d'enquête doivent prêter serment, dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vais donc vous demander chacune et chacun à tour de rôle de lever la main droite et à dire "Je le jure." Monsieur Belmer.

Je le jure. Je vous remercie. Je le jure.

Merci beaucoup. Je le jure. Merci.

Merci et je vais céder la parole à monsieur Belmer pour 5 minutes. Merci monsieur le président, monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les les députés, juste quelques mots brefs en introduction. Je pense pas que j'aurai besoin de de de 5 minutes.

Vous avez dit déjà beaucoup de choses monsieur le président dans votre aimable présentation. Euh donc je suis président du groupe TF1 qui est le premier éditeur privé en clair en France et de ce fait un acteur central du paysage et notamment du financement de la création audiovisuelle et de l'information des Français. Nous avons cinq chaînes sur la TNT, cinq chaînes gratuites dont TF1 qui est la première chaîne commerciale d'Europe.

Elle Notre groupe rassemble plus de 27 % de part d'audience en 2025, donc on est quasiment enfin tout près du premier groupe en en audience qui est le le secteur public de l'audiovisuel. Nos succès récents comme la matinale qui s'appelle Bonjour qui a été lancé en 2024, notre plateforme de streaming gratuite TF1 Plus qui compte déjà plus de 38 millions d'utilisateurs mensuels et qui est proposé dans tous les territoires francophones dans le monde. La progression d'audience de notre chaîne d'info LCI qui est qui a atteint la 2e place du marché de l'information le mois dernier ce dont on se réjouit largement vous vous l'imaginez bien illustre notre capacité à innover.

Et cette cette innovation, ce travail, ces efforts, ils sont fournis par les 3117 précisément collaborateurs du groupe dont et c'est un chiffre qui est important 700 qui sont dédiés à l'information de nos concitoyens l'information gratuite qui est portée chaque jour à nos concitoyens à travers l'ensemble du territoire. Ces succès cachent ou s'opèrent je devrais dire plutôt dans un contexte économique complexe marché publicitaire de la télévision qui est en qui est qui est sous pression, baisse continue de la durée d'écoute individuelle de la de la télévision qui se porte vers les usages digitaux et surtout régulation qui reste malgré tous nos efforts et toutes nos demandes très asymétriques, régulation qui pénalise les éditeurs nationaux face à une concurrence grandissante des plateformes internationales au premier rang desquelles je voudrais citer YouTube et avec lesquelles nous sommes de plus en plus en concurrence pour les usages et pour les revenus publicitaires. Dans ce contexte le groupe TF1 continue à investir plus de 230 millions par an dans la création française et 150 millions d'euros par an aussi dans l'information.

Avec une ambition, une ligne éditoriale claire qui est affirmée, qui est même inscrite sur nos écrans plusieurs dizaines de fois par jour, qui est d'être un acteur de la cohésion nationale de notre pays. Notre slogan, c'est les Français ensemble. En tant que président directeur général du groupe TF1 depuis 2022, enfin président directeur général depuis 2023, directeur général depuis 22, je partage une conviction forte, l'audiovisuel français, public comme privé, est un pilier de notre démocratie, de notre culture, surtout en ce qui nous concerne, de notre culture populaire, et de notre économie.

C'est aujourd'hui un secteur qui traverse une période charnière, marquée par des défis structurels importants qui menacent euh son équilibre et qui doivent être appréhendés comme il se doit, notamment dans une économie qui est très régulée par la puissance publique. Ces enjeux ne concernent pas seulement le secteur privé, et en tant que président de la filière audiovisuelle, euh association, vous l'avez dit monsieur le président, créée euh récemment, je porte au nom de cette filière une vision globale et une ambition euh pour le secteur qui est d'accompagner son évolution et notamment sa régulation dans un secteur qui est très encadré par la loi, par des directives européennes et par des régulations de toutes sortes. Euh cette filière audiovisuelle, elle compte 27 membres, vous l'avez dit, des éditeurs, quasiment tous les éditeurs français, des producteurs de fiction, de cinéma, des auteurs, des musiciens, des doubleurs, des acteurs, enfin l'ensemble de la filière qui est rassemblée euh et qui s'est rassemblée autour de quelques priorités euh simples et qui illustrent l'interdépendance économique de notre secteur euh d'activité.

Un de ces éléments, un des éléments derrière lequel la filière se mobilise, c'est, et je pense que c'est le cœur de votre sujet aujourd'hui, donc je le dis en introduction, c'est le rôle central de l'audiovisuel public comme euh maillon essentiel de cet écosystème et notamment du financement de la création audiovisuelle. Et ça, c'est un point très important qu'il faut souligner et sur lequel il faut insister. Le deuxième élément, c'est la la complémentarité du secteur public et du secteur privé en ce qui concerne le pluralisme de l'information faisant du secteur public un pilier de notre démocratie.

Pour jouer pleinement ce rôle, l'audiovisuel public doit avoir des missions claires faisant l'objet d'un consensus national et d'un financement pérenne. Alors, aujourd'hui, vous vous interrogez, vous nous interrogerez sûrement sur la place et le rôle et le financement du secteur public. Ce que je veux dire, c'est que après 2 ans, peut-être même plus de 2 ans, sans contrat d'objectifs et de moyens, évidemment, et c'est quasiment tautologique, les missions du service public sont insuffisamment définies et insuffisamment contrôlées par la puissance publique.

Alors, faut-il des réformes au secteur ? Certainement. Il faut certainement des réformes pour assurer un financement, un secteur public bien financé avec des financements pérennes et une visibilité à l'échelle et dont les missions soient définies au service de nos concitoyens dans un consensus national.

Ces réformes devront cependant préserver les équilibres du secteur sous deux aspects. Premièrement, la ressource publicitaire, l'accès à la ressource publicitaire du secteur public doit respecter les grands équilibres économiques du du secteur et donc doivent rester stables, ni réduire, ni augmenter. Et deuxièmement, le secteur public doit pouvoir continuer à financer significativement la culture populaire et l'information au service de nos concitoyens pour le plus grand bénéfice de notre communauté nationale.

Bien. Donc voilà ce que je pouvais vous dire en en introduction. Euh Je vois que je mon temps est fini, c'est ça que vous me signifiez par ce message. m'aviez dit vous m'aviez dit "Je vais je vais pas je vais je vais pas utiliser 5 minutes." Mais vous voyez c'est toujours comme ça avec la commission d'enquête.

On est réticent au début et puis à la fin on parle plus longtemps que prévu. ça à la fin si vous voulez bien monsieur le président. Bon écoutez non je Non mais je peux vous laisser conclure.

Je vous laisse conclure monsieur le président. vous dire que contrairement à ce qui pourrait sembler en apparence et alors que je suis président d'un groupe privé je considère que le secteur public est un maillon essentiel de notre secteur, que le que les secteurs audiovisuels publics et privés ont un enjeu un enjeu et des avenirs communs et qu'il faut appréhender euh sous cette forme. Merci beaucoup monsieur le président directeur général.

Je vais laisser maintenant la parole au président du groupe M6. Parole à Saletik. Voilà, comme ça il Merci merci beaucoup monsieur le président monsieur Merci beaucoup monsieur le président, monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les députés, je vous remercie pour votre invitation.

Je suis très heureux d'être là ce soir. Je vais vous présenter très rapidement le le le groupe M6 en quelques mots. Nous sommes 2200 collaborateurs, quelques 350 journalistes, j'y reviendrai dans dans quelques instants.

Nous éditons 13 chaînes de télévision dont 5 qui sont sur la TNT, 3 radios nationales dont dont RTL évidemment notre plateforme de streaming M6 Plus et tous nos actifs digitaux notamment nos podcasts sur RTL. Nous sommes également présents dans le domaine de la production et dans le domaine du cinéma à la fois comme producteur mais également comme distributeur. Alors notre métier, notre mission elle est assez simple, c'est celle de divertir et d'informer les Français, tous les Français.

Nous investissons chaque année environ 240 millions d'euros dans la création française. Quant à l'information, elle est au cœur de notre offre à travers trois piliers euh RTL d'abord et on a 10 heures d'information par jour. Deuxièmement, les tranches nos journaux télévisés pardon sur M6 et puis enfin nos magazines qui sont des marques que vous connaissez comme Capital, Zone Interdite ou encore Enquête exclusive.

Nous sommes très fiers de porter cette information, une information qui est produite par des rédactions, des rédactions indépendantes et pas par des algorithmes et j'espère qu'on aura l'occasion d'y revenir lors de cette audition. Alors Rodolphe vous a vous a parlé de l'AFPA, un mot sur sur l'ACP que j'ai le plaisir de présider, elle a été créée il y a une vingtaine d'années en 2008 créée par TF1, par M6 et le groupe Canal, CMA Média l'a rejoint l'année dernière et nous y défendons un certain nombre enfin l'intérêt de de de nos chaînes privées dans différents domaines, on aura peut-être l'occasion d'y d'y revenir. Alors pour en venir à l'objet de de votre commission, moi j'ai peut-être décevoir, j'ai pas forcément de jugement à porter ni sur les programmes, ni sur l'information, ni sur le financement du du du service public, est-ce que c'est au bon niveau, est-ce que c'est trop haut, est-ce que c'est trop bas, est-ce qu'il faut 3 milliards, 2 milliards, 5 ?

Honnêtement, c'est pas à moi de me prononcer. Euh en revanche, je pense qu'on peut se poser des questions sur le rôle de l'État actionnaire euh et et monsieur Belmer en parlait il y a quelques instants, je pense que entre l'absence effectivement de de signature des derniers contrats d'objectifs et de moyens ces dernières années et les coups de de rabot qu'on a vu successifs ces derniers mois, je pense qu'on ça s'apparente davantage à une gestion à courte vue qu'à l'échange stratégique auquel on pourrait s'attendre. Par ailleurs, troisième point que je voulais dire là-dessus, c'est que peu de gens ont noté que l'audiovisuel public bénéficie de nombreux avantages par rapport à ses concurrents privés.

Par exemple, je sais pas si vous le savez, nous ne sommes pas égaux vis-à-vis des fréquences que nous occupons. L'État a un droit de préemption, en ce moment par exemple, Radio France cherche à permuter les réseaux France Public et France Info pour des raisons qu'on qu'on peut peut-être comprendre, ce qui est en passant euh ce qui est en passant serait catastrophique euh pour les réseaux privés nationaux comme comme les nôtres. Si vous vous posez la question est-ce que je pourrais faire la même chose pour RTL et ?

La réponse est non. Est-ce que si je souhaitais faire de Gulli une chaîne une chaîne ? La réponse est également non.

Donc nous ne sommes pas à égalité avec ça et c'est important d'en parler. Euh, notamment parce que c'est évident que l'audiovisuel public a un rôle et un rôle important à jouer mais j'ai aussi la conviction qu'il est absolument indispensable d'avoir un audiovisuel privé fort. Alors nous nous le vivons quasiment au quotidien dans notre groupe le groupe le groupe RTL.

RTL Hongrie qui est une chaîne qui est une chaîne sœur c'est dans son pays quasiment maintenant l'unique canal disons d'expression libre dans dans dans dans ce pays. Donc on mesure l'importance qu'il peut jouer qui peut jouer là-bas. Or on en parlait à l'instant notre écosystème est en plein bouleversement.

Notre business modèle est mis en danger par les révolutions du streaming et en danger honnêtement je pèse mes mots. C'est une révolution dans les usages, c'est une révolution dans la technologie et c'est surtout une révolution dans l'environnement concurrentiel. Alors c'est évidemment un danger pour nous, c'est aussi un danger je pense pour la société dans son ensemble.

On en parle de plus en plus souvent mais pas assez notamment sur la santé mentale qu'on commence à peine à prendre en compte et et je voudrais avoir une pensée ou un mot pour pour Madame Miller et la et le et le projet de loi qu'elle qu'elle porte en espérant qu'il puisse aller aller au bout. Alors en face de cette révolution nous nous évoluons dans un système et un cadre réglementaire totalement archaïque. J'ai j'ai appelé récemment un New Deal de l'audiovisuel et je me permets devant vous de réitérer cet appel.

Un, il faut revenir sur les interdictions qui pèsent sur nos antennes. Nous avons des radios musicales honnêtement à l'heure du streaming mais on nous interdit de diffuser les titres qui fonctionnent le mieux pour nos auditeurs, c'est incompréhensible. À l'heure de Netflix et de Amazon Prime, on ne peut pas le samedi soir diffuser les films que l'on souhaite.

Deuxièmement, nous avons besoin d'un new deal sur la diffusion. La TNT coûte de plus en plus cher, elle est désormais utilisée par moins de 20 % des Français, elle est utile, on en on en a besoin, mais il faut évidemment en réduire drastiquement les coûts. Troisième élément, à partir du moment où on l'on on l'autorise aux acteurs du digital, il faut il me paraît-il, c'est évident, autoriser la publicité pour les promotions de la de la distribution en télévision.

L'interdiction qui qui existe encore en France est est un cas absolument unique en France et probablement dans le monde. Et puis quatrième point, il faut faire évoluer les règles de concentration, il faut pouvoir faire émerger des acteurs nationaux en face de la déferlante des plateformes. Alors, beaucoup de ces changements que que nous appelons de nos vœux bénéficieraient également au secteur public.

À l'inverse, j'attire votre attention que vu la la situation de notre notre industrie, il ne faut surtout pas que d'éventuelles solutions pour l'audiovisuel public fragilise davantage les acteurs privés. La privatisation, elle n'est pas une solution, l'augmentation du temps de publicité non plus. Pour conclure, je vous dirai que l'audiovisuel public et l'audiovisuel privé ne sont bien évidemment pas des adversaires.

La vraie question aujourd'hui, elle est pas de savoir comment nous nous partageons le marché entre acteurs français, elle est de savoir si nous voulons encore peser face aux acteurs internationaux, si on veut encore de la souveraineté française en face des ingérences étrangères. C'est à cette condition et à cette condition uniquement que nous continuerons à faire vivre à la fois une information indépendante et une création forte dans notre pays. Merci beaucoup.

Merci pour ces propos euh qui éclairent déjà nos nos travaux et nos réflexions. Madame Léa, je vous laisse la parole. Bien.

Monsieur le président, monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les députés, déjà je vous remercie de me recevoir dans le cadre de vos travaux en tant que directrice générale de CMA Média. Alors permettez-moi d'abord de vous parler un instant de CMA Média qui est un groupe jeune dans le paysage médiatique français. C'est un groupe qui a été créé il y a 4 ans seulement à l'initiative de Rodolphe Saadé avec l'acquisition de La Provence et Corse-Matin puis le rachat de La Tribune en 2023 et le lancement de La Tribune Dimanche, sa version dominicale puis l'acquisition de RMC BFM il y a 2 ans suivie l'année dernière par l'acquisition de Chérie 25 qui a été rebaptisée RMC Life et celle de de Brut média social pour les jeunes.

Donc en quelques années, c'est un groupe média qui s'est constitué, qui est passé de 0 à 500 millions de chiffre d'affaires en moins de 4 ans et qui est devenu le seul groupe média à être présent sur l'ensemble des médias, c'est-à-dire la presse écrite locale, nationale, la radio, la télévision et donc les réseaux sociaux. Dans l'audiovisuel, la branche de CMA Média forme un ensemble qui est puissant et cohérent et qui rassemble des marques fortes d'information et de divertissement qui sont ancrées dans le quotidien des Français comme BFM TV ou RMC. Le premier pilier de notre projet éditorial, c'est l'information.

Il faut savoir que RMC BFM, c'est la première rédaction privée de France avec plus de 850 journalistes. Nous couvrons tous les champs de l'actualité, l'actualité générale, la politique, l'économie, le local, le national, l'international et sur tous les supports. Et d'ailleurs, je tiens à à remercier toutes les équipes euh ce qui sont sur le terrain, qui sont à l'antenne, qui sont en coulisses et qui réalisent ce ce travail exceptionnel au quotidien.

Pour vous donner un exemple, euh BFM TV qui donc est chez nous la référence en matière d'information assure une couverture continue des grands événements avec à la fois de l'analyse approfondie et de l'exclusivité sur tous les les événements qui se passent en France et à l'étranger. On assure plus de 20h de direct par jour, 7 jours sur 7, ce qui est vraiment une une spécificité BFM TV. Les dernières élections municipales euh ont été un un exemple de ce qu'on était capable de faire en terme de couverture puisqu'on a organisé plus de 40 euh débats entre les candidats à la fois sur nos chaînes locales et euh sur notre chaîne nationale BFM TV puisque sur BFM TV nous avons organisé les quatre débats euh dans les grandes agglomérations françaises, Marseille, Lyon, Nice et évidemment le le débat de l'entre-deux-tours à Paris.

Nous sommes aussi très présents en ce moment dans la région du Golfe où nous avons plus de 20 équipes euh qui couvrent euh donc en direct et euh 7 jours sur 7 le conflit. Donc nous sommes mobilisés à la fois en France et à l'international. Euh nous avons aussi à côté de BFM TV la radio RMC qui est une radio généraliste et populaire qui offre à la fois de l'information, du sport et du débat donc avec ce positionnement unique et un lien direct avec son public.

À côté de l'information, nous avons un deuxième pilier qui est le divertissement. Nous avons un pôle de trois chaînes, RMC Story, Découverte et Live qui offrent des programmes euh de divertissement, à la fois des films, des documentaires, des magazines qui sont accessibles et exigeants et qui sont présents naturellement aussi sur notre plateforme de de replay et de streaming. Donc la force de nos de notre groupe, c'est la complémentarité et la cohérence de nos marques qui ont su tisser une relation de confiance avec tout leur public.

Nous sommes leaders de l'information auprès des jeunes et des actifs et nous touchons aussi efficacement nos cibles publicitaires puisqu'il faut savoir que nous dépendons à 100 % de la publicité. Ce qu'il faut dire aussi c'est que couvrir l'actualité, donc ce modèle de BFM TV c'est un modèle qui n'a pas de prix mais qui a un coût qui a un coût important et donc qui nécessite des moyens importants et un actionnariat solide. Donc nous allions une nous allions une assise économique solide avec l'agilité d'une structure jeune ce qui fait que l'année dernière nous étions le seul acteur audiovisuel privé à être en croissance sur le marché français dans un contexte publicitaire qui est difficile comme l'ont rappelé mes mes confrères.

Pour revenir sur le sujet de cette audition, ce que je voudrais rappeler c'est que pour nous il est essentiel de bien mesurer la complémentarité entre le service public de l'audiovisuel et le service privé. Le service public de l'audiovisuel remplit des missions spécifiques qui justifient son financement dédié par l'État. Le service privé de l'audiovisuel contribue tout autant au pluralisme et à la vitalité du débat démocratique mais dans un cadre économique différent puisqu'il est fondé sur des ressources commerciales à 100 %.

En tant qu'acteur privé, il ne nous appartient pas de juger de l'organisation du service public ni même de ses choix éditoriaux. En revanche, nous sommes très attentifs et très vigilants au fait qu'aucune évolution ne fragilise les acteurs privés qui font déjà face à des défis majeurs dans un marché publicitaire qui est en contraction comme on l'a tous rappelé ici et surtout face à la concurrence croissante des grandes plateformes numériques américaines. Donc pour nous l'absence de sanctuarisation ou la faculté pour l'audiovisuel public de bénéficier de nouvelles ressources publicitaires constituerait un facteur de déséquilibre important qui serait susceptible de déstabiliser l'ensemble du secteur privé.

Je vous remercie et je me tiens à votre disposition pour toute question. Merci madame la directrice générale et pour conclure monsieur Saada. Je vous laisse la parole.

Monsieur le président, monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les les députés, merci de me donner l'opportunité de m'exprimer au nom de . Je préfère l'indiquer dès le début de cette audition, je ne suis pas certain de pouvoir éclairer directement les travaux de cette commission d'enquête consacrée à la neutralité, au fonctionnement et au financement de l'audiovisuel public. D'une part parce que je n'ai jamais dirigé d'entité publique, d'autre part parce que le groupe que je dirige est très différent de France Télévisions ou même de TF1, M6 et CMA Média.

En quoi est-il ? Notre modèle économique d'abord, en effet, l'essentiel de nos revenus provient de l'abonnement, là où les chaînes gratuites reposent très majoritairement, vous le savez, sur la publicité. Notre différence tient également à notre empreinte économique et géographique.

Canal+ aujourd'hui, c'est près de 9 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 40 millions d'abonnés, 15000 collaborateurs dans plus de 70 pays, la taille critique faisant nécessité pour rivaliser avec les plateformes américaines. Dans notre projet, la France reste bien sûr importante, notamment parce qu'il s'agit de notre marché natif, qui représente encore une part significative de notre chiffre d'affaires, le marché où se situe notre siège, où nous payons pleinement nos impôts et où nous continuons d'investir fortement, notamment dans le cinéma français dont nous restons le premier financeur et dans lequel nous croyons, comme l'atteste notre récente prise de participation dans le groupe UGC, et aussi dans le sport dont nous sommes l'un des premiers contributeurs. Mais notre orientation et notre développement sont aujourd'hui largement portés vers l'international.

C'est à l'international que nous réalisons la majorité de notre chiffre d'affaires et la quasi-intégralité de nos profits. Je pense en particulier au continent africain, où nous comptons désormais 25 millions d'abonnés et où nous venons de réaliser l'opération la plus importante de l'histoire du groupe Canal+ avec l'acquisition de MultiChoice, premier groupe audiovisuel en Afrique. Acquisition qui conduit Canal+ à proposer des contenus dans près de 70 autres langues que la langue française, en anglais bien sûr mais aussi en polonais, en birman, en portugais et dans de multiples langues vernaculaires lingala, bambara, swahili, wolof et j'en passe.

C'est dans cette trajectoire assez lointaine de notre sujet donc que s'inscrit notre relation à France Télévisions pour revenir à l'objet même de vos travaux. France Télévisions est un partenaire historique que nous apprécions et que nous valorisons au même titre que nos 30 autres partenaires en France dont trois figurent d'ailleurs à cette table aujourd'hui à mes côtés et nos près de 200 autres partenaires dans le monde. Concrètement, notre relation avec le groupe France Télévisions repose d'abord sur la distribution de ses chaînes nationales et régionales et de ses contenus dans nos offres sur notre plateforme en France notamment dans les DROM où nous distribuons également les déclinaisons locales et à l'international dans les territoires où nous opérons en Afrique, à Maurice, Madagascar, aux Comores, Haïti et plus marginalement en Suisse, en Pologne, en Europe centrale et au Bénélux.

Par ailleurs, nous finançons presque tous les films pré-achetés par France Télévisions même si la réciproque n'est pas vraie. Ces années de collaboration et ma vision du secteur me conduisent à deux convictions simples. Premièrement, l'existence d'un audiovisuel public solide doté d'une visibilité sur son budget est un élément important pour le maintien d'un tissu créatif français divers et vivant.

Deuxièmement, cela n'est en rien incompatible avec les exigences légitimes que tous les Français sont en droit de porter et que vous affichez ici maîtrise des coûts, rigueur budgétaire et neutralité. Notre environnement évolue très vite et France Télévisions comme nous tous doit sans doute s'adapter. Nous faisons tous face, qu'il s'agisse de l'audiovisuel public ou privé, à la question impérieuse de l'adaptation face à la transformation rapide et profonde de notre secteur.

Aujourd'hui dominé par les acteurs américains, il le sera peut-être demain par des acteurs chinois. Sur ce terrain incliné, Canal Plus a dû profondément revoir sa stratégie pour devenir un acteur rentable et retrouver une dynamique de croissance. Canal+ a d'abord dû réduire drastiquement ses coûts, en particulier en France.

Cet effort de rationalisation nous a conduit sur un chemin difficile de plusieurs années, vous le savez, caractérisé par une baisse de nos coûts en France de plus de 30 %. Pas un seul poste de coût ne nous a échappé, des coûts de contenu aux coûts de fonctionnement, avec hélas plusieurs plans de départ. Pas de chauffeur chez Canal+.

Aujourd'hui encore, la maîtrise de nos dépenses est un principe directeur chez Canal+. Chaque année, chaque mois, chaque semaine, chaque jour, cette exigence guide l'ensemble de nos équipes. Elle est au cœur de leurs objectifs parce qu'elle conditionne directement notre survie.

Aujourd'hui encore, le directoire de Canal+ valide mensuellement tous les recrutements du groupe et je vise moi-même, à titre d'exemple, les nuitées lors des déplacements sur les festivals tels que Cannes ou Venise. Au-delà de la réduction de ses coûts, Canal+ a fait évoluer son modèle en enrichissant son offre généraliste de sport, cinéma et séries premium par une stratégie d'agrégation unique au monde pour distribuer, aux côtés de nos propres contenus, ceux des plus grandes plateformes internationales, au premier rang dont nous sommes le premier partenaire mondial. Nous avons déployé StudioCanal, qui est devenu le premier studio européen et désormais africain, sur des franchises mondiales comme Paddington et Bridget Jones ou encore demain Astérix.

Nous avons investi massivement et nous continuons de le faire dans la technologie avec le développement de notre application et de son déploiement, l'application Canal+, et nous employons aujourd'hui plus de 2000 ingénieurs parmi les meilleurs du monde dans ce domaine. Autre élément d'adaptation, la typologie de nos clients, notre stratégie en matière de contenu et d'expérience utilisateur, couplée à des efforts commerciaux considérables, nous a permis d'attirer massivement les jeunes. Plus d'un million de jeunes de moins de 26 ans ont fait le choix de s'abonner à Canal+ en France.

Enfin, comme je l'ai rappelé, nous nous sommes résolument tournés vers l'international, l'Europe, l'Asie et surtout l'Afrique. Je ne prétends pas que ce chemin soit transposable pour France Télévisions ni qu'il existe une panacée sectorielle. Chaque acteur a ses missions, ses contraintes et son modèle.

Mais il me semble que nous partageons le même enjeu d'adaptation face à cet environnement soumis à un champ de force inédite auquel s'ajoute pour France Télévisions l'enjeu de répondre aux difficultés de notre pays en matière de finances publiques. C'est dans cet esprit de partage d'expérience que je souhaitais exprimer devant vous aujourd'hui. Je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions et vous remercie de votre écoute.

Merci à à tous les quatre, peut-être deux questions liminaires et puis je vous laisserai la parole aux aux rapporteurs. Vous nous avez tous les quatre parlé euh de l'audiovisuel public en des termes chaleureux, partenaire que nous apprécions, nous sommes complémentaires avec l'audiovisuel public, un partenaire fiable, je vous cite, une collaboration. Et pourtant euh Monsieur Belmer, vous avez porté plainte euh vous avez porté vous avez annoncé que vous porterez plainte euh à la Commission auprès de la Commission européenne pour dénoncer une aide d'État illégale au bénéfice de France Télévisions.

Cette attaque a été lancée au mois de novembre 2023. TF1 y aura alors estimé que les modalités de financement de France Télévisions seraient contraires au droit européen. Euh Est-ce que vous pouvez nous détailler peut-être la procédure qui a été ?

Est-ce qu'elle a été faite à l'époque au nom de l'ACP et où elle en est ? Et puis Monsieur Saada, vous êtes le groupe Canal Plus est propriétaire de la chaîne CNews. Vous avez indiqué mal connaître l'audiovisuel public mais les médias en tout cas une chaîne d'information que vous possédez en parle régulièrement donc je suis sûr que si vous écoutez cette chaîne, vous pourrez avoir des informations complémentaires sur l'audiovisuel public mais plus sérieusement euh une plainte pour dénigrement a été euh déposée par France Télévisions et Radio France de ce que j'en ai compris des plaintes des plaintes séparées auprès du tribunal euh de commerce.

Euh comment euh jugez-vous, comment qualifiez-vous euh cette plainte pour dénigrement alors que vous nous avez indiqué que votre groupe apprécie France Télévision et Radio ? Est-ce que vous regrettez cette plainte pour ? Voilà, j'indique qu'elle a été déposée à l'encontre de de CNews et je vous pose la question parce que vous êtes le propriétaire de CNews.

Je sais pas qui veut commencer. Comme vous voulez, c'est C'est votre décision, si j'ose dire. Le Donc concernant nos relations avec France Télévision, de comme je vous l'ai dit dans mon dans mon propos introductif, nous avons des relations partenariales très fortes avec France Télévision depuis quelques années.

Comme dans toutes les relations bilatérales, on peut avoir des hauts et des bas. Il se trouve effectivement que en 2023, on a une phase de tension avec le groupe France Télévision qui a abouti à différents mouvements de de de la part du groupe TF1 et non pas de la CPR en l'occurrence, enfin différents mouvements de la part des chaînes privées en général, dont un mouvement spécifique du groupe TF1 qui a été de d'intenter une action devant la Commission européenne. En réalité, globalement, se plaignant de et je l'ai un peu dit même si le contexte est un peu différent dans mon introduction, de l'absence de contrat d'objectifs et de moyens qui définissent précisément les missions du service public et les moyens correspondants.

Comme c'est les textes et comme c'est la loi et comme ce sont les les les les principes, c'est sur ce fondement-là qu'on a introduit une action à Bruxelles. En cours du ? L'action est en cours effectivement.

D'accord. Merci, merci beaucoup de de cette réponse. C'est important parce que nous nous-mêmes les parlementaires vont regretter à de nombreuses reprises voir Calmette et Calvès et d'autres collègues mais effectivement que les com n'aient pas été signés en temps et en heure ce qui complique aussi notre fonction de parlementaire et et de législateur.

Peut-être monsieur Saada, je vous laisse répondre. En tout cas merci monsieur Blanquer de cette réponse. Oui, comme il y a des procédures en cours sur les plaintes pour dénigrement, je vais pas commenter.

Je n'y attache pas beaucoup d'importance très honnêtement. Si on devait nous se lancer dans des plaintes pour dénigrement, on y passerait nos journées, y compris avec nos collègues euh un jour sur deux voire deux jours sur deux. On a du Bolloré, du Canteloup qui fait du deepfake de Pascal Praud à peu près un soir sur deux, quotidien, enfin à peu près toutes les chaînes.

C'est le jeu des médias, j'ai envie de dire. On n'est pas là en train de d'attaquer pour dénigrement donc voilà. D'accord.

Bon, c'est la vie. On a aussi J'ai assisté à des moments assez Je me souviens d'un Télématin, il faut faut le faire, où où il était indiqué le les moyens de télécharger une application qui permet de suivre le l'avion privé de Vincent Bolloré. On en est là pour vous dire le niveau d'obsession et de et pourtant on s'est pas manifesté auprès de France Télévisions.

Voilà, donc on en a toute la journée. On ne fait pas attention à ça, on travaille, on avance. Non non mais je vous ai posé la question parce que je trouve que c'est important parce que c'est vrai que cette Je sais pas si le mot guerre et puis en plus vu le contexte international, je suis pas sûr qu'il soit tout à fait approprié.

Mais en tout cas cette tension qu'on voit poindre entre l'audiovisuel public et privé, je suis pas sûr qu'elle soit tout à fait C'est pour ça que je vous demandais pas tellement de commenter la plainte pour dénigrement mais comme on a le sentiment et d'ailleurs quand on auditionne Delphine Ernotte et Sibyle Veil, elle nous dit pareil par rapport à vous qu'on travaille plutôt de manière complémentaire et partenariale et et à côté des relations que vous avez entre entre dirigeants, on a le sentiment qu'il y a des tensions fortes et c'est vrai que on se dit et là je parle comme législateur et à la fois comme citoyen que que ces tensions fortes qu'on voit poindre entre l'audiovisuel public et privé euh dans une démocratie est peut-être je sais pas si c'est dangereux mais en tout cas en tout cas pose question. Voilà. Donc c'est pour ça que je fais la différence entre vous.

Ces tensions existent aussi parfois entre acteurs privés donc il y a pas de il y a pas de focalisation particulière et nous on comme vous le savez, on on y reviendra mais on croit à la liberté d'expression. Donc, si des journalistes choisissent de traiter des sujets, on les en empêche pas, y compris quand on a des bonnes relations avec un groupe comme France Télévisions. Merci beaucoup pour ces premières réponses, monsieur le rapporteur.

Je vous cède la parole. Merci, monsieur le président. Merci, madame.

Merci, messieurs, pour votre participation cet après-midi. Vous le savez, cette vous l'avez rappelé, cette commission d'enquête porte sur l'audiovisuel public, mais aujourd'hui, pour une fois, il n'y a dans cette salle aucun représentant de ces entreprises publiques. Il n'y a pas non plus de régulateur, il n'y a pas de tutelle, il n'y a pas de de fournisseur ou du moins pas directement.

Il n'y a dans cette salle que des représentants des plus importants groupes de médias de notre pays qui sont venus d'ailleurs pour donner aussi leur avis sur la neutralité, le financement et le fonctionnement de l'audiovisuel public, et ce sera précieux. Vous savez travailler ensemble. Vous défendez tous les trois d'ailleurs vos intérêts communs en faisant l'ACP, l'association des chaînes privées.

Vous l'avez rappelé en propos liminaires. Et le 11 février dernier au Sénat, vous étiez réunis côte à côte lors d'un colloque sur l'avenir de l'audiovisuel français où France Télévisions était également représentée. Pourtant, vous en conviendrez, le le climat aujourd'hui dans le paysage audiovisuel français, le PAF, est est quelque peu tendu.

Il y a d'abord eu les propos de Delphine Ernotte qui déclarait publiquement dans une interview au Monde, je la cite, "CNews est une chaîne d'extrême droite." Fin des citations. Il y a eu la plainte pour dénigrement, dont le président a parlé, déposée par France Télévisions et Radio France à l'encontre de CNews.

Il y a eu aussi cette interview, monsieur Belmer, où on vous pose une question sur CNews et pour laquelle vous répondez "Nous ne cherchons pas à façonner l'opinion." qui a pu être entendue comme une critique à l'égard du groupe Bolloré. Ma question est plus large que ces propos et elle s'adresse à à tous les quatre.

Quel est aujourd'hui l'état des relations entre chaînes privées et entre l'audiovisuel public et les groupes que que représentez. Alors, pour répondre peut-être commencer par le par le point vous avez cité un de mes propos qui est exact mais qui visait qui visait en aucun cas euh qui visait en en aucun cas CNews. Je répondais directement à la question de euh comment est-ce qu'on conçoit l'information dans le groupe TF1 et j'essayais de répondre à ce qu'est la mission du groupe TF1 ce que je fais tout le temps.

Je vais jamais donner d'avis ni sur ce que fait CNews ni sur ce que fait euh France Télévisions, c'est pas mon mon travail que de faire ça. Donc je je tiens à préciser là-dessus que c'est pas du tout mon genre que de m'exprimer en public pour dire du du mal de mes collègues et pour critiquer le travail que chacun fait aussi bien qu'il peut, j'imagine, comme nous-mêmes on essaie de faire notre travail du mieux qu'on peut au service de nos de de nos concitoyens. Ce que j'essaie de dire c'est que le rôle du groupe TF1 et de son information, sa mission sociale, la façon dont dont dont dont il voit son son son intérêt, sa valeur pour notre pays, c'est de produire une information qui soit à l'intention et au service de tous les Français euh quels que soient leurs opinions et et d'être à leur service, au service d'aucune opinion, d'aucun homme, d'aucun parti.

Je pense que c'est ça à peu près que j'ai dû dire dans cette dans cette déclaration. Ensuite sur nos relations avec le service public, elles sont ce que je vous ai dit euh dans mon introduction de très bonne qualité. On respecte beaucoup la qualité de leur travail en particulier leur rôle très important dans deux dimensions qui sont le financement de la culture audiovisuelle de notre pays euh notamment en matière Monsieur Saad al Hadi cinématographique et aussi en matière de fiction française et on on a aussi beaucoup de respect même si on est en concurrence euh directe avec eux sur ce segment-là, on a beaucoup de respect pour le travail qu'ils font dans l'information.

Allez-y monsieur Lamaron. Euh écoutez d'un point de vue personnel, nous avons des des des très bonnes relations. Nous on a pas de de de chaînes d'information, on a peut-être moins de tension, j'en sais rien mais euh je je pense que la question honnêtement n'est pas là.

On fait chacun notre métier. On a tous tous les quatre dit l'audiovisuel public a un rôle majeur à jouer et et et continuera de le de le jouer. Je pense que en se focalisant trop là-dessus, on passe à côté euh de changements euh plus importants et de dangers beaucoup plus forts.

Euh et je voudrais revenir un instant sur sur sur sur sur les réseaux sociaux et notamment sur le développement des informations algorithmiques euh et de ces informations algorithmiques qui ont tendance à réduire le cadre euh mental, l'univers mental dans lequel chacun d'entre nous est susceptible de susceptible de de de de réfléchir, de raisonner et ce qui aurait pu être une porte ouverte euh vers vers beaucoup d'autres choses est souvent quelque chose qui antagonise euh les les euh les relations humaines et et qui crée ou qui ajoute en tout cas beaucoup de tension à une société qui euh qui n'en manque pas déjà elle-même. Donc je pense que c'est c'est ce genre de choses. Donc on a beaucoup de de sujets communs avec l'audiovisuel public pour continuer de nous développer dans ces nouvelles dans ce nouvel environnement.

Euh voilà, plutôt que plutôt nous focaliser sur sur les différences que nous pouvons avoir. Deux grandes différences entre le service public et les chaînes privées, euh il y a d'abord les missions et ensuite le modèle économique. Sur les missions, c'est vrai que le service public de l'audiovisuel a des obligations que nous n'avons pas et traite de sujets très importants comme l'éducation, comme la jeunesse, comme la couverture des DOM-TOM par exemple, comme la culture.

Donc euh le service public a des missions spécifiques qui justifient un financement par l'État. Euh, et la deuxième grande différence, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est vraiment le le modèle économique. Euh, nous, RMC, BFM, nous vivons à 100 % de la publicité.

Euh, BFM TV n'a pas de bénéficie pas des ressources du replay, par exemple, parce que c'est une information qui est consommée euh en temps réel, par définition. La l'information, c'est une ressource c'est une donnée très périssable. Et donc, notre seul modèle économique, c'est la publicité.

Donc, c'est c'est vraiment le le point clé pour nous de de différence avec le secteur public, et c'est important de préserver cet équilibre. Merci beaucoup. Monsieur Sadat, vous voulez réagir, ?

Non, pour dire simplement que les relations, comme je crois que vous l'avez compris, les relations industrielles avec le groupe France Télévisions sont sont sont sont bonnes. Euh, on est on est partenaires sur beaucoup de de financement de films. Euh, et euh, par ailleurs, la plateforme France Télévisions, les les contenus de France Télévisions sont sont tous accessibles sur la plateforme de Canal Plus, et fonctionnent particulièrement bien.

Euh, ils sont très populaires. Euh, et éditorialement, effectivement, il y a des critiques de part et d'autre, et moi, comme je l'ai dit, c'est le jeu. Nous nous ne sommes pas dans une logique d'interdire quoi que ce soit, de dire quoi que ce soit, et et c'est comme ça.

Merci beaucoup. Merci pour vos réponses. Monsieur Monsieur le Président, Monsieur Belmer, je vous propose d'aborder la situation de vos studios.

J'ai pu, d'ailleurs, aborder cette question auprès de l'un de vos représentants qui était en audition devant nous. En 2015, lorsque TF1 rachète Newen, le montant de vos contrats passés avec France Télévisions s'est élevé à s'est élevé, pardon, à 92 millions d'euros. Depuis, il n'a cessé de diminuer.

Euh, 87 millions en 2016, 84 millions en 2017, 80 millions en 2018 et 2019, puis 75 millions en 2020, 72 millions en 2021. Pardonnez-moi de de faire cette lecture année après année. Ensuite, France Télévisions a décidé d'arrêter Plus belle la vie, c'était en 2022, feuilleton phare et quotidien que vous produisiez pour pour que vous produisiez pour France 2. vos contrats passés avec France Télévision ont donc atteint et là la la forte baisse 37 millions d'euros en 2024, donc en 10 ans vous avez perdu 60 % de chiffre d'affaires avec France Télévision.

Comment est-ce que vous expliquez une telle perte de chiffre d'affaires, une telle perte de contrat avec l'audiovisuel public sur une durée aussi ? Effectivement ce sujet c'est un sujet de vive préoccupation de la part du groupe TF1 et ça a été un sujet de vive préoccupation de ma part quand je suis arrivé à la tête du groupe TF1 en 2022. Euh et effectivement dans les sous-jacents de la tension euh qui a pu avoir lieu à cette période-là entre le groupe France Télévision et nous, il y avait ce ce sujet de traitement de notre studio que nous estimions euh que nous estimions euh inéquitable.

Euh depuis euh les choses se sont améliorées et la courbe que vous citez elle s'est elle s'est légèrement améliorée et on pense qu'en 2026 on devrait enregistrer alors les chiffres que j'ai sont pas exactement les mêmes que les vôtres mais bon c'est les mêmes ordres de grandeur mais on devrait enregistrer à peu près un peu plus de 40 millions d'euros de chiffre d'affaires avec avec France Télévision. Donc c'est beaucoup moins que les chiffres qu'on connaissait ça fait quelques années parce que selon notre propre comptabilité on a enregistré jusqu'à 105 millions. Bon néanmoins euh on se satisfait de ce de ce montant même si on aimerait toujours plus.

Euh pourquoi c'est un c'était une source de ? Parce que on est euh dans un pays où vous le savez euh la production audiovisuelle et le secteur audiovisuel est très régulé on l'a tous dit très largement dans nos propos et euh en particulier par la règle des quotas. Qu'est-ce que ça veut ?

Ça veut dire que quand vous êtes un groupe audiovisuel et que vous possédez un studio, vous ne pouvez pas vous approvisionner dans votre propre studio au-delà d'un certain montant qui est assez petit en réalité. Qu'est-ce que ça veut ? Ça veut dire que si vous ne trouvez pas de clientèle à l'extérieur et en particulier auprès du plus gros donneur d'ordre du pays qui est le service public, votre activité elle est condamnée à s'étioler voire à s'éteindre.

D'où le le le problème important que ça posait à notre groupe et d'où le les les l'émotion qui qui qui en a suivi. Je vous remercie pour votre réponse. Un un simple rebond, je j'ai pu le comparer sur ce laps de temps peut-être les contrats passés entre France Télévision et d'autres sociétés de de production notamment qu'on a entendu la société Tout l'Heure Média qui dans ce laps de temps là où vous perdez près de 60 % de vos contrats, la société Tout l'Heure Tout l'Heure a triplé le montant de ses contrats.

Dans un laps de temps de 2 ans, c'était entre 2020 et 2022. J'ai pas l'impression qu'il y ait d'autres sociétés comme la vôtre qui ait subi une telle baisse de chiffre d'affaires passé avec France Télévision. Une première question pour vous, est-ce que vous avez pas l'impression que c'est le résultat peut-être d'une stratégie hostile de la direction de France ?

Et autre question qui s'adresse à vous trois, enfin autre autre groupe, est-ce que vous pourriez peut-être nous nous préciser l'évolution des montants passés de de chiffre d'affaires entre France Télévision et vos groupes parce que je je crois que vous savez aussi vous appuyer sur une activité de studio Fremantle pour le groupe M6, Studio Canal pour le groupe Canal Plus avec des contrats passés avec France Télévision. Est-ce que sur cette période ou sur les dernières années, vous pourriez aussi nous donner un ordre de grandeur sur le montant des contrats passés, s'il a progressé, s'il a ? Alors pour pour Fremantle, c'est effectivement une société qui appartient à RTL Group pas à M6 donc je n'ai pas accès à ces à ces chiffres.

Merci. Si cela Euh effectivement, il y a des relations commerciales entre Studio Canal et France Télévision. Je je ne pense pas qu'elles étaient affectées d'une manière négative quelconque, mais je vous ferai passer les éléments précis pour que vous puissiez juger vous-même.

Merci beaucoup. Sur la question que que vous que vous posiez enfin sur sur le le Together Studio euh je euh Média. Média, pardon, excusez-moi.

Euh le Ce qui est sûr et certain, c'est que quand le groupe TF1 a acheté Studio Canal à l'époque euh le groupe France Télévision s'est ému de cette situation et a et a souhaité se désengager euh de ses commandes euh au Studio Canal dans la pente que vous avez décrite. Bon, ce qui a créé une tension avec nous et qui s'est euh qui s'est résolue depuis. Je ne pense franchement pas que euh les commandes perdues par notre studio ont été irriguées euh Together Média. ?

Parce que les commandes perdues par notre studio, elles sont pour l'essentiel des commandes de fiction française. Et Together Média, ils sont des producteurs pour l'essentiel de d'émissions de flux. Donc je pense qu'il y a pas de relation de cause à effet entre les deux.

Je vous remercie pour vos réponses. Dernière question sur ce climat euh en tout cas, d'un avis extérieur peut-être un peu tendu au sein de ce paysage audiovisuel français. Aujourd'hui, la la ligne de tension semble se trouver davantage entre le groupe France Télévision et le groupe Canal, mais hier, en tout cas une pé- il y a une période assez récente, elle se trouvait davantage entre le groupe France Télévision et le groupe TF1.

Le 11 mai 2023, sous votre égide, monsieur Belmer, l'association des chaînes privées a envoyé donc un courrier à la Première ministre Élisabeth Borne pour déplorer la concurrence qu'exerce le service public, qui n'est pas soumis aux mêmes contraintes en termes de réglementation, de programmation et de publicité. Monsieur Belmer, si j'en crois un article de Radio France daté du 25 janvier 2024, lors d'un appel téléphonique, Delphine Ernotte vous aurait glissé ces mots, je la cite, je cite l'article en tout cas, "Désormais, c'est la guerre." Fin de la citation.

Est-ce que vous confirmez ces propos tenus par Delphine Ernotte à votre ? Qu'est-ce que ça traduit un peu plus largement sur cette situation du paysage audiovisuel français entre groupe public et groupe ? Franchement, ces propos, je me les rappelle absolument pas et puis en plus, c'est pas tellement du genre de Delphine de les prononcer, donc je me permets d'en d'en douter et puis je vois pas tellement comment comment euh un un journaliste pourrait être au courant d'une conversation au téléphone entre entre Delphine et moi.

Donc je Enfin, ça, je c'est c'est euh euh je n'approuve pas du tout cette cette citation. Euh sur les relations, le On a été clairs sur le sur le sur le sujet. Nous avons constaté euh en 2022-2023 des euh des Enfin, nous avons connu des éléments de tension avec le gros le groupe France Télévisions qui nous ont conduits à différentes actions.

Une action que vous avez citée, une initiative à Bruxelles et puis d'autres euh actions qui étaient d'ordre de euh la communication pour essayer de d'amener les les les pouvoirs publics à réfléchir à euh la symétrie de traitement entre le secteur privé et le secteur public. Le secteur privé et le secteur public, ils sont en concurrence et c'est ça qui crée un peu de tension, comme dans dans tous les secteurs concurrentiels, pour la même ressource, si j'ose dire, même si c'est très inélégant d'appeler cela comme ça, qui est l'audience. Euh et donc, forcément, nous sommes tous les soirs en concurrence sur le prime time, sur les infos euh pour l'audience.

Le Et ça, ça pose pas de problème, évidemment, sauf quand les missions du secteur privé, elles sont définies de façon extrêmement minutieuse par l'État à travers un outil qui s'appelle des conventions que l'État négocie avec les les acteurs privés et qui encadrent par le menu par le détail voir par le détail du détail l'ensemble de nos activités et l'État lui-même quand il gère ses propres propriétés si j'ose dire à savoir le secteur public, il a des des exigences qui sont largement moindres ce qui crée une asymétrie. Notamment l'asymétrie principale, elle est elle se manifeste dans un l'indigence des com quand il y en avait ils étaient indigents et deux dans l'absence de com depuis deux ans et demi et ça c'est pas possible. C'est pas possible parce que on opère un peu dans le même secteur un peu dans la dans le dans dans dans le même marché.

Donc ça n'empêche pas que globalement on considère que le secteur public est un acteur très important qu'il faut soutenir qu'il faut pas jeter le bébé avec le l'eau du bain mais néanmoins nous ce qu'on dit à l'État globalement, je me permets de vous le dire aujourd'hui parce que vous m'avez invité, c'est que la puissance publique le législateur l'exécutif doit intervenir dans ce secteur d'activité qui est régulé doit intervenir pour régler les asymétries qui nous frappent face aux grands acteurs du digital américain avec qui on doit se battre aujourd'hui tous les jours et doit aussi gérer ses propriétés comme il gère le le secteur privé c'est quand même assez fort de café que la puissance publique nous gère de façon beaucoup plus détaillée méticuleuse et précise qu'il ne gère ses propres ses propres actifs. On est censé dans un pays libéral, on fait notre métier franchement je pense très bien et en tout cas du mieux qu'on peut et c'est quand même un peu insensé qu'on se qu'on se qu'on se fasse dicter par le menu ce qu'on ce qu'on doit faire alors que les acteurs du du service public sont encadrés beaucoup moins. Et ce qui est encore plus bizarre c'est qu'ensuite la puissance publique en l'occurrence vous vous veniez vous émouvoir de ça.

Alors en l'occurrence, les coms c'est l'exécutif qui voilà Bah sauf que normalement si ma compréhension est bonne, les coms doivent être votés par le Parlement. On est voté mais pour les voter, il faut les avoir. Et que Ah oui mais écoutez ça c'est euh Voilà, comme ça il y a l'exécutif et le législatif, ça vous le savez monsieur le président directeur général.

Oui oui, je sais bien. Et nous on s'émeut assez régulièrement de pas avoir les coms mais comme c'est pas nous qui les rédigeons, nous on les vote. Mais pour les voter, il faut les avoir.

Et on est beaucoup ici, vous en avez parfaitement raison à à s'émouvoir assez régulièrement de pas les avoir. Monsieur le rapporteur, je crois que vous voulez rebondir. Merci monsieur le le président.

Une question qui s'adresse à à vous quatre euh sur la question de la réglementation puisque vous en avez parlé, est-ce qu'une harmonisation des règles public-privé vous paraîtrait euh ? On a auditionné euh monsieur Raï qui est directeur général de de PENIG et qui expliquait devant cette commission d'enquête qu'il était nécessaire qu'il pourrait être nécessaire une telle harmonisation des règles, par exemple un retour de la publicité après 20h pour financer le le service public. Qu'est-ce que vous en ?

C'est l'un des sujets d'ailleurs qui pourtant est un sujet important de cette commission d'enquête, on en a peu débattu depuis le début. Donc je profite de votre présence et de votre éclairage pour avoir votre avis sur ce sujet précis. Je vais répondre sur la sur la publicité, ça serait une catastrophe.

Euh comme soyons clairs. Euh le la la faut avoir peut-être deux chiffres, le le marché publicitaire télé a baissé de 9 % entre 2025 et 2024. Le le marché publicitaire télé y compris dans son dans son format digital représentait 30 % des investissements totaux publicitaires en 2016.

Cette cette part a baissé à 18 %. Euh aujourd'hui, le marché télé de manière globale disons fonctionne avec environ 6 milliards de ressources, 3 milliards de publicité, 3 milliards de de de dotations publiques. Euh si vous augmentez, si vous réduisez euh la la la dotation via la privatisation ou d'une autre façon n'augmentant les plafonds publicitaires, la part publique de la part publicitaire pardon donc les 3 milliards ne sont pas extensibles.

Donc vous ça cela reviendra que ce soit via la privatisation encore une fois ou que ce soit via par exemple la levée de de l'interdiction de la publicité après 20h. La conséquence directe, c'est que les 3 milliards ne bougeront pas. En revanche, il y aura plus d'acteurs qui se partageront ce gâteau qui a plutôt tendance à baisser et à baisser de manière forte.

Donc c'est tout simplement la survie des groupes privés gratuits que qui qui qui se posera si une telle mesure était était approuvée. Peut-être monsieur Sahada parce que monsieur Bolloré ici dans cette commission d'enquête nous a indiqué que il avait la solution pour financer l'audiovisuel public qui nous avait expliqué qu'il était attaché à l'audiovisuel public mais que pour le financer il fallait un financement intégralement par les ressources publicitaires. Est-ce que vous partagez euh ce point de vue monsieur ?

Est-ce que vous considérez comme monsieur Bolloré que l'audiovisuel public doit être financé par des ressources ? Je sens que je vais pas vous surprendre si je dis que je suis évidemment aligné avec un certain nombre de choses qui qui ont été dites par mon actionnaire de de référence. Euh le Je pense que le sujet il il a évoqué euh c'est le sujet c'est un sujet économique et d'enveloppe et de de ressources disponibles pour pour France Télévisions et et et de sa dotation qui est de je crois 2,6 ou voilà et donc le le le sujet à mon me semble-t-il est principalement économique et la capacité de l'État à financer aujourd'hui les les les les 4 milliards dont on parle beaucoup et et dont les 2,6 pour France Télévisions.

Et si on on cherche des alternatives, donc il y a une solution qui consiste à réduire cette dotation et si on recherche des ressources supplémentaires puisque comme euh ça a été évoqué ici, j'ai dit le rôle important que jouait France Télévisions dans le dans le tissu créatif français et sportif et d'autres. Euh la publicité est une des voies possibles. Euh et euh je je je suis pas certain moi de croire à la théorie du du jeu à somme nulle où il y a un marché qui est fixe et puis il y a quelqu'un qui vient de prendre de la part de marché.

En tout cas, quand C8 est je me fais pas des amis en disant ça là. Euh J'apprécie votre Enfin, on apprécie votre votre franchise. le En tout cas, quand C8 et NRJ12 ont disparu, il y avait 130 millions de chiffre d'affaires, je les ai pas complètement vu arriver chez TF1 et M6.

Je les ai pas vu non plus arriver chez euh YouTube vidéo avant qu'on dise que c'était tout parti chez YouTube. Les 130 millions, ils ont ils ont disparu de la circulation, je l'ai dit. Euh qu'on ne trouverait pas.

Euh et quand on voit d'autres marchés comme je l'ai dit, on est on est on on exerce notre activité sur beaucoup beaucoup de marchés, y compris en Europe. Dans beaucoup de marchés, euh le le l'acteur euh public du public euh étant frontal en terme de publicité, et on a des marchés comme la la Belgique ou l'Italie où le marché euh la part de marché de la télévision en publicité dans dans les dans les médias investis est 30 % ou 31 % ou 35 % au-dessus de ce qu'elle est en France. Donc, il peut y avoir une dynamique aussi créée par France Télévision qui arriverait sur ce marché.

Je me permets aussi euh de dire deux choses. Euh d'ajouter deux choses, pardon. La première, c'est que euh oui, ça créerait de la perturbation, sans doute, pour les acteurs euh qui m'entourent.

Mais euh j'ai envie de dire, moi je suis aussi euh pardon, hein, euh vice-président du groupe Lagardère qui détient exclusivement des radios euh et pas des télévisions. Euh quand il s'agit de d'étendre le champ de des publicités qui sont possibles euh en télévision, on se pose pas la question de quel impact sur les radios ou les la presse locale de déstabiliser ce marché-là. Donc Bon.

Euh voilà, et puis le troisième sujet que j'ajouterai, je l'ai dit, euh sur la fusion TF1 et M6, je me suis exprimé euh devant le Sénat. Euh j'ai dit que je pensais que je comprenais tout à fait la démarche de mon voisin de gauche en particulier. Euh et que industriellement, cette fusion avait du sens, sans doute, que d'un point de vue de la concurrence, elle pose un certain nombre de questions, euh et notamment une des choses que j'avais évoqué quand j'étais passé devant l'autorité, c'était la la part de marché d'un ensemble TF1 M6 sur les GRP on va dire les plus puissants.

Le seul acteur aujourd'hui qui peut concurrencer TF1 M6 un nouvel ensemble éventuel sur les GRP puissants, c'est France Télévision donc demain potentiellement si ce schéma de fusion est étudié, il y aura de toute façon cette question à mon avis d'une concurrence éventuelle de de de l'audiovisuel public sur ce marché de la télé de la publicité en prime time. Merci monsieur Belmer, je vous laisse la parole. Ça c'est c'est ça marche.

Le Bon évidemment moi je vais euh euh aller dans le même sens que euh David Laramendy en tant qu'acteur de la du secteur privé et financé essentiellement par la publicité, c'est des sujets qui nous concernent au plus au plus haut point. Ce que je veux dire c'est que un ce qu'on voit de façon très nette, c'est que et c'est vrai dans tous les pays d'Europe, nous on est aussi présents dans dans pas mal de pays enfin dans dans les pays qui parlent français en tout cas, le marché de la publicité linéaire, il est en baisse sensible à deux chiffres. Donc la la demande baisse.

Donc créer un afflux d'offre dans un marché dont la demande est en baisse euh les règles économiques étant ce qu'elles sont on voit que ce que que ça ne va pas donner des résultats qui sont favorables. Deuxième élément quel serait l'impact social d'un d'un d'une baisse du marché de la publicité et d'une baisse du chiffre d'affaires des groupes privés le mien celui de celui de David celui de Claire. C'est un appauvrissement des programmes.

Nos groupes opèrent globalement alors David fait un petit peu mieux que les autres mais avec 10 % de marge 10 % de marge de profit. C'est-à-dire ce que ce sont des profits qui sont tout à fait je dirais modestes. Où part ?

Tout notre argent part dans le financement des programmes. Réduction du chiffre d'affaires de nos groupes, ça veut pas dire réduction de nos marges parce que nos marges sont vraiment très basses, ça veut dire réduction des coûts de programme, ça veut dire réduction de la qualité de l'information, réduction de la qualité du divertissement, réduction de la qualité du cinéma qui est amené à nos concitoyens. Et ça, il faut il faut bien l'avoir en tête, c'est pas des chiffres qu'on jette en l'air et c'est un impact direct et ce qu'on fait, ça a un rôle social, une mission sociale qui est absolument unique.

On est un des seuls pays parce que Maxime a cité des chiffres, des des choses qui sont vraies, mais je crois qu'on peut s'enorgueillir d'être le pays dans lequel la télévision gratuite est euh à la plus grande qualité. On a parlé de l'Italie, on a parlé de l'Espagne, je veux faire un pas je vais pas faire un jury à nos à nos euh euh collègues européens, mais honnêtement, leur leur télévision n'est pas la même. ?

Parce qu'il y a moins d'argent. ? Parce que l'intensité concurrentielle sur le marché de la publicité, il est beaucoup plus gros.

Donc, un, le service public dans leur pays remplit moins de missions de service public parce qu'ils sont intéressés par les recettes publicitaires. Et deuxièmement, le secteur privé a moins les moyens de produire une information de qualité et de produire du divertissement de qualité. Ce qui nous fait un peu ricaner quand on va en vacances euh euh chez eux.

Donc, c'est ça le le le le le résultat. Il faut bien se rendre compte que notre système audiovisuel, c'est un système qui vise globalement à financer les œuvres. Ce qu'on appelle l'exception culturelle, c'est ça.

C'est faire en sorte que les grands acteurs de l'audiovisuel euh maximisent leur financement dans les programmes. Et donc, moins d'argent, c'est moins de qualité. Merci beaucoup et je laisse peut-être rapidement madame Léa Salamé Oui, je voudrais ajouter un point, une spécificité sur les chaînes d'info, c'est que c'est important de dire surtout ici que le citoyen a le droit à une information euh libre et éclairée.

Et donc, nous, cette information, on la fournit parce que par exemple, sur BFM TV, on a 270 euh journalistes. Donc, si demain vous fragilisez les chaînes privées qui vivent euh à 100 % de la ressource publicitaire, de fait, on ne pourra plus être partout comme on l'est aujourd'hui en en Iran ou euh dans les municipales, par exemple, on sera obligé de faire des choix. Et on voit bien dans des pays comme les États-Unis qu'il y a des endroits où il y a ce qu'on appelle des déserts informationnels.

Donc il y a des endroits qui ne sont plus couverts par des journalistes avec les conséquences que ça peut avoir en terme de de démocratie. Donc c'est vraiment un enjeu de souveraineté, c'est un enjeu démocratique et je pense que c'est important de de rappeler que tout élément qui fragilise, notamment les les chaînes d'information, c'est un recul du débat démocratique. Merci beaucoup de cet éclairage important.

Merci pour vos réponses. Merci monsieur le le président, monsieur le président directeur général du groupe TF1, monsieur Belmer, j'ai une question à vous poser puisque lorsque Delphine Ernotte a été nommée présidente de France Télévisions pour la première fois, c'était en 2015, vous veniez alors de quitter Canal Plus et l'une des premières décisions de Delphine Ernotte qu'elle a prise, ça a été de vous nommer conseiller spécial. Alors le président l'a omis dans sa présentation, mais il l'a probablement omis parce que à l'époque vous présidiez un comité d'orientation stratégique pour France Télévisions et vous n'êtes pas resté très longtemps.

Vous avez rejoint la direction de Telsat en décembre, donc vous êtes resté, si je ne me trompe pas, si mes informations sont bonnes, à peu près 4 mois. Comment est-ce que vous expliquez ce ce passage éclair comme conseiller spécial auprès de Delphine Ernotte à son arrivée tout juste à la tête de France Télévisions et quelles ont été dans cette durée vos orientations stratégiques que vous avez pu soumettre à la direction de France Télévisions, à la présidence de France ? Je je précise d'abord comme on vit à l'heure du soupçon généralisé et du complotisme, je n'avais pas cette information n'étant pas aussi bien informé que monsieur le rapporteur, mes sources n'étant pas aussi profondes au sein de l'audiovisuel public comme préfet, je n'ai pas cette information, sinon bien entendu que je l'aurais je l'aurais précisé, je n'étais pas au courant, mais ça va être votre réponse va être l'occasion de nous éclairer car sans doute qu'à part le rapporteur, peu de personnes ici étaient peut-être au courant de ce passage.

J'espère que ça va vous vous Effectivement, quand j'ai euh quitté Canal, j'ai changé de trajectoire professionnelle. J'ai été nommé assez vite euh directeur général de Eutelsat, industrie du dans l'industrie du du spatial. Euh Ce qui m'a Or, j'avais quand même pas mal de compétences dans les médias et donc ma compétence euh a intéressé certains certains groupes.

J'étais administrateur de Netflix pendant ce temps-là, vous l'avez pas dit non plus et je je m'en suis un peu vexé, monsieur le président. J'ai aussi été président je fais des biographies puis après les personnes auditionnées recommencent la biographie. Voilà, vous avez déjà vous m'avez renié mon temps effectivement.

Voilà, alors je vous laisse Vous êtes président de Série Mania ou bref. Voilà. Donc j'ai j'ai j'étais administrateur de de Netflix, j'étais président de Série Mania, j'ai été président de Brut, que vous avez que vous avez pas cité.

Et puis j'ai été aussi président du conseil stratégique de France Télévisions. C'est une activité que j'ai exercée pro bono, que j'ai exercée pour aider le service public et notamment pour aider Delphine Ernotte qui arrivait à son poste, qui venait d'une industrie différente puisqu'elle venait des des télécoms et qui souhaitait s'entourer de personnes ayant une compétence, une expérience dans les médias pour aider son si j'ose dire je j'espère que je vous ferai pas offense mais son acculturation rapide au secteur des médias. Et donc je l'ai aidée pendant pas mal de temps, en réalité peut-être 2 ans, dans ses premiers pas, en lui ouvrant mon mon carnet d'adresses, en lui faisant partager mes mes réflexions et mon mon expérience de la de la direction d'un grand groupe audiovisuel.

Donc ça a pas duré 4 mois. Mais c'est vrai que ça a été annoncé puis 4 mois après j'étais annoncé à Eutelsat parce que en réalité c'est quelque chose que j'ai continué pro bono depuis le début et qui a continué pendant toute une partie de mon de ma carrière à Eutelsat puis au bout d'un moment, peut-être au bout de 2 ans, il y a pas eu de date fixe mais Delphine a pensé, elle avait bien raison, qu'elle avait atteint sa vitesse de croisière et Et euh, et euh, l'expérience dont elle avait besoin dans le secteur, et puis ça s'est un peu effiloché, Voilà. Et vous a pas proposé de la de la rejoindre à France ?

Enfin, comme salarié là, je veux dire. Euh, non, je m'en Non, je pense pas vraiment. De toute façon, j'étais À l'époque, je voulais vraiment changer d'industrie.

Euh, je je faisais ça, là, je trouvais que je j'avais passé 15 ans au formidable à Canal, et je voulais faire autre chose, apprendre de de nouvelles choses, et donc je voulais euh changer d'industrie, ce que ce que j'ai fait. Et après, c'est vrai que je si je Enfin, faire bénéficier euh d'autres groupes de ce que j'avais appris pendant 15 ans, c'était je je trouvais ça sympa, voilà. Je vous remercie pour votre réponse.

Je voudrais aussi revenir sur euh des propos qui ont pu être tenus lors de ce colloque du 11 février qui portait sur l'avenir du paysage audiovisuel français, monsieur le président directeur général monsieur Belmer, vous avez estimé que le secteur audiovisuel avait besoin d'un service public fort, vous l'avez rappelé, euh, financé et notamment, j'imagine, parce que le marché publicitaire n'est pas extensible et parce que il est aussi, d'une certaine façon, financièrement un peu plus confortable pour vous que ce soit le secteur public qui contribue à sa hauteur au financement de la création euh audiovisuelle. Dans une interview au Figaro en date du 16 mai 2023, Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, euh, a estimé, je la cite, "Le vrai but de TF1 est de nous obliger à réduire nos investissements dans la création pour faire baisser les audiences de nos fictions." Fin de la citation.

Donc, je crois lire ou percevoir une contradiction entre le soutien affiché que vous avez pu exprimer euh dernièrement et en même temps euh cette charge de Delphine Ernotte euh dans le Figaro en en 2023, qui ? Euh, quelles sont les les intentions du groupe euh ? Est-ce que, au fond, euh vous avez intérêt à ce que France Télévisions continue à financer notamment la la création audiovisuelle au sens ?

Les intentions du groupe TF1 euh il y a que moi qui peux les connaître, enfin, en tout cas, euh à ce stade. Euh, le Donc, l'intention du groupe TF1, c'est enfin, très clairement exprimé, je le dis euh dès que je le peux, y compris euh sous serment comme aujourd'hui, c'est que de signifier que on a besoin d'un service public fort, notamment pour financer la création audiovisuelle. Euh, le service public est un des acteurs principaux, peut-être le principal acteur euh du financement globalement de la de la de de la création euh audiovisuelle sur on sur on englobe la fiction et le cinéma.

Euh, or, on vit on se nourrit tous euh, autour de cette table, d'un écosystème créatif qui est irrigué par nos investissements et aussi par euh ceux de de France Télévisions. Les réalisateurs qui travaillent pour les fictions de TF1, ils travaillent aussi pour euh France Télévisions, ils travaillent aussi euh pour Canal. Et on a besoin d'avoir un secteur qui est suffisamment irrigué pour avoir une un un un dynamisme créatif très fort qui profite à chacun d'entre nous et à chacune de le de nos lignes éditoriales.

Donc, clairement, un appauvrissement des investissements du secteur public dans la création audiovisuelle signifierait un appauvrissement de la vitalité créative de notre de notre pays et par conséquent de nos lignes éditoriales, de nos programmes. Ça, c'est absolument inéluctable, c'est clair et je pense qu'on l'a euh euh qu'on l'a toujours dit. Je vous remercie pour votre réponse.

Une question qui s'adresse à à vous quatre. Vous le savez, France Télévisions est une société anonyme, mais les dirigeants de France Télévisions qui vous ont précédés dans le cadre de ces auditions m'ont pourtant expliqué qu'il fallait plutôt comparer l'entreprise France Télévisions aux administrations publiques au motif que les administrations publiques auraient reçu à peu près 36 % de ressources publiques en plus depuis 2015. Et vous le savez, France Télévisions est certes une entreprise publique, mais elle est une entreprise de droit privé qui évolue sur un marché concurrentiel, celui des audiences, en partie aussi celui de la publicité.

Et donc j'ai trouvé ça aussi pertinent de comparer l'évolution du budget des dotations publiques de France Télévisions et aussi l'évolution du chiffre d'affaires de vos groupes que vous représentez. Je me suis donc référé à un document qui est publié par l'Arcom sur le site de l'Arcom, c'est le bilan financier des chaînes nationales gratuites. La DG qu'on a auditionné la semaine dernière semblait ignorer ce document puisqu'elle me m'expliquait qu'elle n'avait pas connaissance de vos budgets annuels, ce que j'ai trouvé d'ailleurs étonnant pour la tutelle de France Télévisions, représentant de de l'État au conseil d'administration.

Et j'ai pu voir que entre 2015 et 2024, alors que le chiffre d'affaires de France Télévisions a progressé de 8 % le chiffre d'affaires des autres chaînes gratuites n'a progressé que de 3 % si je vais dans le détail à périmètre constant, celui du groupe TF1, si je ne dis pas de bêtises et et vous pourrez confirmer mais a progressé de 7 % celui du groupe M6 a progressé de 4 % Donc en résumant, depuis 2015 le budget du groupe France Télévisions a progressé plus vite que celui des groupes privés. Donc quelle est votre estimation par rapport à cela, par rapport aux déclarations des dirigeants du groupe France ? Est-ce que au fond il y a pas une certaine façon un financement qui pourrait s'apparenter à une distorsion concurrence par rapport à vos chiffres à vous groupes ?

C'est sûr que ayant nous nous avons la même source de de financement, principalement la publicité si je mets notre ami Maxime Maxime de côté. Donc ça veut dire que lorsque le marché évolue à la hausse ou à la baisse, grosso modo, ça dépend un petit peu des parts d'audience, ça dépend un petit peu de la part commerciale, mais grosso modo nous évoluons ensemble, euh, soit en montant, soit en descendant. Mais c'est pas la même chose pour France Télévisions, puisque, vous le rappeliez, le le revenu publicitaire doit probablement représenter autour de, je sais pas, entre 10 et 15 % de leur de leurs ressources totales.

Donc, ça dépend évidemment de la dotation euh de l'État. Si elle baissait plus que le marché publicitaire, ça ça serait un avantage concurrentiel pour nous. Effectivement, dans le passé récent, ça a pu être, enfin, dans le passé, peut-être, en tout cas, sur les sur les 10 ans que vous mentionnez, ça a plutôt été dans l'autre sens et c'est plutôt à notre à notre désavantage.

Et et et et nous avions vu des perspectives qui sont sont maintenant éloignées, mais de de croissance sur les 4-5 ans qui auraient vraiment posé de de graves problèmes de euh de de de concurrence entre nous. Là, j'ai l'impression que les les choses sont plus en train de de converger en ce moment. Cher rapporteur.

Je je vous permets peut-être de répondre si vous avez des des compléments euh à ajouter à cette réponse. Sinon, je je passerai à une autre question. C'est vraiment en fonction de de vous.

Si vous voulez répondre, sinon, je vais passer à une autre question. Moi, ce que je voulais juste dire, c'est que effectivement les les recettes euh des chaînes privées qui vivent de la publicité, elles sont sous tension en ce moment, puisque le marché publicitaire est en recul. Et en revanche, euh nos coûts sont fixes, puisque en particulier les chaînes d'information, c'est ce sont des coûts fixes, c'est un coût de rédaction qui est fixe.

Et un coût de diffusion, notamment la la TNT qui coûte très cher, qui est fixe aussi. Donc, c'est très important de dire qu'on est déjà dans un modèle qui est fragilisé, puisqu'on est sous tension de recettes publicitaires. Et nous avons par ailleurs des coûts qui sont difficiles à réduire, compte tenu de la spécificité de notre modèle.

Merci. Il y a un complément de monsieur Larra. Armandie.

Allez-y. Oui, je voulais juste rajouter une chose, c'est que la plupart des propositions que nous faisons pour donner un petit peu plus de liberté, soit sur le contenu éditorial, soit sur, par exemple, sur le le l'arrêt de la des secteurs interdits à la publicité, bénéficierait également aux finances de de de France Télévision ou un autre exemple qui est la réduction de des coûts de diffusion de la TNT donc le combat entre guillemets publicité ou ressources n'est pas la seule façon de régler une partie des problèmes en tout cas. Merci beaucoup monsieur le rapporteur.

Merci monsieur le président. Une question maintenant peut-être sur le les coûts, le budget et ce détail, c'est une question que j'ai posé un certain nombre de reprises aux dirigeants de France Télévision en comparant dans les informations que j'ai pu avoir les coûts de le service public et ceux des groupes privés, j'ai pu voir quand même un écart saisissant entre ces coûts, le coût des grilles et des programmes et les audiences que vos groupes réalisent. Je vais prendre l'exemple du groupe TF1 alors peut-être que les chiffres sont pas tout à fait exacts et vous pourrez les les amender mais j'ai pu percevoir que à périmètre comparable le coût de grille de France Télévision est près de deux fois supérieur au coût grille du groupe TF1.

Et même si on retire les réseaux régionaux, locaux et ultramarins de France Télévision ce qui représente à peu près 100 millions d'euros notamment pour France 3, le programme national de France Télévision représente 936 millions d'euros en 2024 hors droits sportifs. Autrement dit, je crois un coût à peu près équivalent à TF1 mais pour moins d'heures de programme. C'est la même chose pour l'information. 230 millions d'euros pour France Télévision contre des informations qu'on a pu lire de ça et là près de 140 millions d'euros pour TF1 et pourtant même sans chaîne régionale.

Le JT de 13h de TF1, celui à l'époque de Jean-Pierre Pernaut qui était repris par Marie-Sophie Lacarrau qui se veut le JT des régions, des territoires, lui il réunit deux fois plus d'audience que celui de France 2 avec des montants, je l'ai rappelé bien inférieurs à ceux de France Télévision. Et si on prend encore un peu de recul en 2024 France Télévision c'est 54 % du budget des chaînes gratuites contre 26 % pour TF1 pour des audiences encore une fois assez comparables. il y a des missions de service public dont on a discuté qui ne se contestent pas et qui font aussi peut-être que le coût est supérieur au coût des des chaînes privées, mais est-ce que une telle différence de montant pour des audiences aussi faibles par rapport aux aux concurrents, est-ce que ça n'interroge pas sur la bonne utilisation des fonds ?

Comment est-ce que vous, en tant que patron de chaînes privées, comment est-ce que vous percevez et vous analysez cet écart entre le coût et les audiences à la ? Et déjà peut-être nous confirmer, je sais que le rapporteur est très bien informé, y compris au sein des chaînes privées, puisque j'étais pas sûr, enfin, peut-être le coût de grille, je suis pas sûr que ce soient des informations publiques, donc est-ce que vous pouvez nous confirmer des chiffres que euh vient d'indiquer effectivement le le rapporteur, puisque c'est la le point de départ de sa question et et notre travail. En fait, en ce qui concerne le le le groupe TF1, les ordres de grandeur des chiffres sont sont tout à fait exacts, d'ailleurs ils sont publiés comme le rapporteur le soulignait par l'ARCOM à qui on fait des déclarations tous les ans, donc il y a des documents qui sont qui sont publics auxquels on peut se se référer, mais en en l'occurrence, les ordres de grandeur sont sont exacts.

Euh moi ça ne me choque pas que euh le service public euh génère moins d'audiences que euh les acteurs euh privés dans la mesure où ces missions de mon point de vue, doivent être disjointes de euh ce que font les les acteurs privés. Quand il s'agit de divertir les Français euh divertir les Français âgés de 25 à 49 ans, pourquoi je dis ? Parce que ce sont le sous-jacent de l'économie de notre secteur, puisque euh que ça plaise ou non, c'est ce que les annonceurs euh publicitaires euh recherchent, ces missions-là, on les fait très bien et on le fait de façon très économique, très productive, puisque c'est notre métier, on est des boîtes industrielles qui sont gérées pour maximiser l'efficacité de leur modèle industriel dans le cadre d'un métier et d'une et d'une mission d'ordre social.

Le service public qui va par construction normalement enfin c'est c'est l'idée et c'est ce qui doit être repris dans ces contrats d'objectifs et de moyens, exercer des des missions qui sont pas rentables, autrement on les conférerait au secteur privé. Et ces missions qui sont moins rentables, c'est cultiver c'est éduquer, c'est informer, c'est des missions sur lesquelles la rentabilité est difficile à trouver. Et puis c'est des publics qui sont difficiles à monétiser.

Par exemple, un public très important pour tout le monde, j'en suis sûr, c'est les enfants. Il faut des programmes de qualité pour les enfants, il faut éviter que nos enfants passent leur temps sur YouTube et qu'on sort. Pour ça, il faut des programmes de qualité et qui sont très difficiles à monétiser par le secteur commercial. ?

Parce que il y a pas beaucoup d'annonceurs sur le public des enfants et puis en plus il y a plein d'interdictions que le Parlement connaît bien parce que souvent il les a voté qui pèsent sur les sur sur les publicités qu'on peut adresser aux enfants. Et donc en fait, c'est des programmes qu'on peut pas monétiser. Et par conséquent, s'intéresser au public des enfants, au public des adolescents, s'intéresser au public très large des individus qui sont âgés de plus de 50 ans et j'en fais partie, ce ce sont des missions que le secteur commercial ne pourra pas remplir parce que le l'économie le sous-jacent économique, le modèle économique ne ne le permet pas bien.

Et donc à ce titre le le service public a des missions qui soient éminemment élevées, qui sont coûteuses, informer convenablement nos concitoyens divertir convenablement nos jeunes enfin nos enfants avec des programmes de qualité et cetera, ça coûte beaucoup d'argent mais in fine puisque que sont des publics qui sont quelquefois plus réduits, c'est c'est ça fait moins d'audience en masse que ce que nous on peut on peut générer. Et moi personnellement, ça me choque pas et je pense que c'est exactement le rôle et la mission du service public dans un pays comme le nôtre, dans un grand pays comme le nôtre. Merci.

Peut-être encore une question du deux questions du rapporteur puis je donnerai la parole aux groupes politiques avant de redonner la parole au rapporteur. Question très courte. Merci monsieur le président qui s'adresse à à vous monsieur le président directeur général du groupe M6 M6 monsieur Larramendy.

Euh M6 est est réputé pour être le groupe le le plus rentable, l'un des groupes les plus rentables du PAF. Vous avez communiqué sur une marge opérationnelle de 17 % pour l'année 2025. Si vous deviez communiquer à la direction de France Télévisions une une méthode alors miracle ce serait un terme excessif mais en tout cas une méthode d'optimisation de de maîtrise des coûts, quelles sont les grandes priorités que vous pourriez lui lui ?

Vous avez peut-être suivi quelques points qu'on a révélés dans le cadre de cette commission d'enquête mais à nouveau dans dans dans cet dans cet impératif de bonne gestion des fonds publics, vous qui avez l'air à la tête de votre groupe de réaliser des marges opérationnelles importantes, quelles seraient les recommandations que vous pourriez ? Moi ça m'est difficile de de répondre à votre question comme vous pouvez comme vous pouvez l'imaginer. Nous nous avons effectivement une marge opérationnelle qui est qui est importante qui est liée aussi à l'histoire de la chaîne.

C'est une chaîne qui est une création qui a été créée en 1987 qui a dû se battre pour survivre survivre pardon jusque notamment à la à l'arrêt de la 5 le le la survie d'M6 s'est posée pendant de longues années. Donc on a été on s'est habitué à vivre je dirais je sais pas si c'est euh euh enfin en tout cas en faisant extrêmement attention aux dépenses que ce soit sur sur sur sur les sur les programmes ou sur le reste. Donc c'est une c'est c'est tout à fait dans la culture dans la culture du groupe euh et et c'est très important pour nous.

Ceci étant dit, euh les les problématiques qui pèsent sur notre industrie sont les mêmes. La baisse de la tendance publicitaire est exactement la même. Comme mes mes collègues l'ont dit, notre industrie est une industrie de coûts fixes.

Donc c'est lorsque vous avez votre chiffre d'affaires qui baisse, c'est une c'est évidemment très très complexe pour le pour la pour pour pour la rentabilité parce que vous pouvez pas de manière simple baisser les coûts en face de ça. Donc moi je suis personnellement inquiet sur le sur le futur pour l'ensemble des acteurs qui sont financés par la publicité et je me permets donc de réitérer le fait que les les options Il y a des options pour France Télévisions qui bénéficient ou disons des des qui bénéficient à l'ensemble des acteurs. Les les les options autour de la publicité sont des catastrophes pour les acteurs privés gratuits.

Merci. Monsieur le rapporteur, encore une question. Je vous remercie pour votre réponse.

C'est une question qui s'adresse à à vous quatre. Ce sera une question assez simple. On a entendu les représentants de la Cour des comptes et les représentants de l'inspection des finances qui ont réalisé des rapports sur l'état notamment des des finances et des comptes de France Télévisions.

On a été très surpris d'apprendre un certain nombre de choses, de faits. Déjà l'insuffisance de la comptabilité analytique pourtant demandée à Delphine Ernotte depuis son arrivée en 2015. Ça a été rappelé dans le dernier rapport de la Cour des comptes.

Une comptabilité analytique pas au niveau notamment en comparaison de Radio France pour parfaitement piloter une entreprise de cette taille-là. Et un deuxième élément, je pourrais en citer bien d'autres, mais un deuxième élément qui m'a interpellé, c'est celui de la taille de l'équipe d'audit interne et de lutte contre la fraude. C'est les représentants de l'Inspection générale des finances qui nous l'ont expliqué.

Sur une entreprise de 9000 salariés avec un budget de près de 3 milliards d'euros par an dont l'immense majorité de dotations publiques, il n'y a que cinq personnes au sein de l'équipe d'audit interne. J'ai interrogé les les représentants de l'Inspection des finances pour leur dire mais à périmètre un peu constant ou en tout cas pour des concurrents privés quelle serait la la taille un peu moyenne sont pas pu nous répondre donc je me permets de vous poser la question même si la taille de vos groupes n'est pas identique quelle est l'importance que vous donnez à vos équipes d'audit interne et peut-être que vous pouvez nous rappeler la taille de vos effectifs et si vous l'avez l'information sur le nombre de personnes dédiées à l'audit interne à la prévention des fraudes. Alors qui ?

Monsieur Saada Je peux y aller. L'audit interne c'est pas tout à fait l'équipe qui pour nous chez nous en fait audit interne c'est une équipe à peu près de entre 5 et 10 personnes qui est qui agit donc mondialement qui est pour l'ensemble du groupe Canal Plus et qui vérifie que les processus sont rigoureusement définis et suivis. Y compris éventuellement dans des cas de fraude ou de ce sujet-là.

Le sujet de la maîtrise des coûts il passe par l'ensemble des salariés j'ai envie de dire pas par l'audit interne. Si on commençait à se dire il y a une équipe de 5 personnes ou 10 ou 20 qui doit piloter les les coûts on y arriverait pas. C'est la responsabilité comme je l'ai dit chez Canal de chacun c'est dans les objectifs de chacun.

Evidemment on a des contrôleurs de gestion et des équipes de la finance qui suivent tout ça très près. On a des indicateurs je l'ai dit quand je disais chaque jour je disais que je dirais pas quotidien sur la maîtrise des coûts de l'évolution des coûts de Canal Plus. On a une équipe de Monsieur Monsieur Vincent Bolloré en a parlé de d'achat qui est très actif très active sur l'ensemble des territoires pour renégocier régulièrement avec les fournisseurs des meilleures conditions pour le groupe Canal Plus qui a changé de taille en plus donc qui a des atouts maintenant que on avait pas dans le passé.

Mais vraiment je j'ai envie de dire c'est vraiment de la responsabilité de chacun parce que tous les postes de coûts sont concernés donc on peut pas avoir une équipe à part qui qui se charge de ça. Quand on a des équipes programmes elles doivent surveiller leurs coûts des équipes de la distribution de la surveiller leurs coûts et et ça vaut pour tout un chacun. Si je comprends bien euh France Télévision avec une équipe d'audit euh les chiffres le rapporteur a appelé les chiffres sur ce sujet-là, c'est comparable à à votre groupe C'est pas c'est pas le sujet hein pour moi en tout cas.

Le sujet, c'est les effectivement les 3 milliards. Très clair. Euh et et comment est-ce qu'on les réduit et que ça passe par Vous avez combien de salariés vous monsieur ?

Euh 9000. Pardon, 15000 en tout. 15000, d'accord.

Et en ? En France un peu moins de de 3000. 3000, d'accord.

Monsieur Vous partagez tous les trois euh l'avis de monsieur ? Vous avez un avis ? Moi je partage à peu près le le le même avis.

Euh notre équipe d'audit au groupe dans le groupe TF1, elle compte cinq personnes, mais elle n'assure que euh la moitié des missions d'audit. L'autre moitié des missions d'audit étant assurée par le groupe Bouygues qui est là qui lui a une équipe d'audit beaucoup plus fournie et donc qui fait la moitié des des missions de de de vérification des processus et de euh des normes de prod et cetera. Merci.

Ah bah alors allez-y. Et sur le sujet des coûts, euh bon évidemment dans dans tous les groupes privés, les sujets des coûts, c'est des sujets qui sont qui sont absolument centraux. Le euh on a beaucoup parlé euh j'ai j'ai suivi un peu les débats de cette commission avec intérêt de sujets de coûts le le de de diverses natures.

Les coûts qui sont les plus importants dans notre secteur d'ac- d'activité qui sont vraiment structurants, c'est les coûts de programme. Le euh la plupart des autres coûts dans les médias, c'est c'est c'est un peu la caractéristique de l'industrie des médias, moi qui en ai fait plusieurs, c'est que ce sont des des industries dans lesquelles il y a pas tellement de capitaux employés, il y a pas de capex. Et il y a très peu de coûts opérationnels.

Les opex, comme on appelle comme on dit euh dans le dans l'industrie, sont euh sont sont très petits. Ce qui est vraiment très gros, c'est les coûts de programme. Et donc ce qui est le sous-jacent de de de l'économie et là où on doit faire peser tous les efforts, c'est la euh la euh la proportionnalité entre les coûts de programme et euh les effets recherchés.

Le reste Très clair. les coûts des festivals et cetera, c'est un petit peu l'épaisseur du trait. Très clair.

Le groupe M6 Il y a il y a pardon, il y a des coûts de capex quand même chez Canal Plus qui sont très conséquents parce qu'on a les infrastructures, euh les décodeurs et voilà des choses comme ça et Très bien. Je vais je donne la parole alors au groupe politique, Mme Calvez pour 2 minutes. Et je vous donnerai pour une réponse de Enfin comme vous êtes plusieurs, peut-être si vous acceptez, on peut peut-être On les prend toutes et puis vous répondrez, ça vous permettra de répondre chacun.

Allez, Mme Calvez, 2 minutes. Merci euh monsieur le président. Euh je voulais vous demander à chacun d'entre vous qui représentez euh des euh grands acteurs euh de l'audiovisuel privé, est-ce que l'audiovisuel public euh doit combler ce que l'audiovisuel public ne fait ?

Est-ce que l'audiovisuel public euh doit pouvoir être, mais vous l'avez déjà dit, euh encadré davantage par des contrats d'objectifs et de moyens ou en tout cas euh que ça soit mis euh à ? Euh nous sommes dans une économie de l'attention qui n'est pas uniquement en France. Vous êtes des acteurs français ou internationaux, mais quand on parle de la complémentarité entre l'audiovisuel public et l'audiovisuel euh privé, on oublie aussi qu'il y a d'autres formes euh de d'informations ou de de culture.

Comment faire que euh vous soyez complémentaires mais ? On parle surtout euh de un paysage audiovisuel français qui soit marquant, qui puisse aller à l'encontre des euh autres systèmes parfois étrangers qui font de l'ingérence et de la désinformation. Ça sera le premier point.

Et deuxième point, euh on a parlé de la publicité. Il y a eu euh de lancer l'idée de faire plus de publicité sur l'audiovisuel euh public, euh parfois pour donner sans doute une excuse à ce qui est encore moins de financement public, euh mais vous avez euh plutôt réagi sur le fait que ça pouvait déstabiliser un marché qui lui-même était déstabilisé dans l'optique de faire moins de publicité sur l'audiovisuel public. Est-ce que vous en bénéficieriez forcément ou est-ce que tout serait réinvesti par les annonceurs dans d'autres formes de je pense à la publicité ?

Est-ce que l'attractivité même de pouvoir faire de la publicité sur la télévision pâtirait du fait de faire moins de publicité sur l'audiovisuel ? Merci cher collègue madame Duby Muller pour la droite républicaine. Merci, vous avez été plusieurs à ne pas vouloir opposer le secteur privé et le secteur public et à évoquer une complémentarité.

Y a-t-il des domaines néanmoins où la concurrence est plus ? Certains estiment que les chaînes publiques empiètent sur des des terrains historiquement privés, le divertissement, la fiction grand public. Partagez-vous ce ?

Les chaînes privées dépendent fortement de la publicité tandis que les chaînes publiques ont des ressources garanties. Comment cette asymétrie affecte-t-elle votre capacité à produire des contenus ? Existe-t-il selon vous des distorsions de concurrence liées au financement public et si oui, ?

Faut-il alléger certaines contraintes pour rétablir un ? Canal Plus a un modèle mixte avec des abonnements et des droits sportifs, le cinéma. Comment gérez-vous la concurrence avec les chaînes publiques sur l'acquisition des droits exclusifs notamment sur le sport et le ?

Les chaînes privées ont également des obligations de service public en terme de diversité, d'éducation, de culture. Pensez-vous que ces missions devraient être étendues aux chaînes privées ou au contraire recentrées à l'audiovisuel ? Vous avez tous évoqué bien sûr la révolution numérique et la concurrence des plateformes comme YouTube ou Netflix dans le paysage français et européen.

Le développement de ces plateformes de déve- le développement pardon de plateformes publiques constitue d'ailleurs euh selon vous une concurrence directe à vos offres numériques. Je voudrais aussi revenir sur l'échec de Salto qui avait être euh qui avait eu l'ambition d'être un Netflix à la française en regroupant France Télé, TF1 et M6. Madame Ernotte, d'ailleurs, devant cette commission euh avait évoqué euh le départ de TF1.

Donc, est-ce que vous pourriez euh nous nous donner, évidemment, votre lecture de cet ? Et enfin, dans un contexte international marqué par des mouvements de concentration de grande ampleur, notamment avec le rachat de Warner probablement par Paramount, se pose la question de la préservation de l'exception culturelle française. Et donc, quelles sont les perspectives de consolidation euh par vos groupes dans ce contexte ?

Merci. Merci beaucoup. Je m'excuse auprès de monsieur Belhadad, j'aurais dû vous donner la parole avant car les socialistes sont plus nombreux que les républicains, en tout cas pour l'instant.

Je voulais vous laisser la parole. Merci, monsieur le président. Madame, euh messieurs, merci pour vos propos liminaires et la tonalité de de vos propos.

Euh je voudrais aussi vous remercier pour votre engagement pour la création culturelle et en particulier pour euh pour le sport et je pense que vous avez un rôle essentiel, notamment dans le cadre de l'héritage de de Paris 2024 et dans la préparation d'échéances majeures euh à venir. Vous l'avez dit, il y a une vraie complémentarité entre entre vos groupes et le service public déjà euh en œuvre depuis plusieurs années. Et face au à la concurrence exacerbée, forte, agressive euh d'un certain nombre de de de plateformes, euh j'évoque souvent cette question-là avec avec certains d'entre vous, euh quelles sont pour vous les les coopérations à la fois techniques, commerciales, financières euh pour affronter ensemble, ensemble, euh secteur public et privé, euh cette concurrence face à ces assez plateformes parce que les défis sont considérables.

Ma deuxième question concerne plutôt le pluralisme qui constitue vraiment le fondement de notre démocratie. La question concerne CNews qui a reproché très récemment à l'audiovisuel public une une partialité politique, un reproche qui est souvent fait à CNews notamment encore récemment par RCF qui a saisi l'Arcom en janvier 2026 pour que l'autorité se prononce sur les manquements en matière de pluralisme sur l'antenne de CNews. RCF avait notamment relevé que plus de 70 % des journalistes invités sur CNews sont issus de médias orientés à droite ou à l'extrême droite.

En mars 2025, la garantie et le respect du pluralisme tant dans l'audiovisuel public que sur les chaînes privées et de la TNT sont essentiels. À un an des élections présidentielles, quelles mesures sont mises en place au sein de CNews pour garantir et respecter notamment depuis la délibération de l'Arcom de juillet 2024 l'exigence de pluralisme. Bien sûr, cette question quant aux mesures mises en œuvre s'adresse également à monsieur Belmer, à monsieur Larramendy et à madame Léautaud pour CMA.

Merci à vous. Merci beaucoup monsieur Balanant pour le groupe démocrate. Merci monsieur le président.

Votre audition et et vos propos viennent de nous démontrer assez fortement je crois que s'attaquer à l'audiovisuel public, c'est s'attaquer en fait à notre modèle culturel et à notre modèle informationnel. Je crois que vous l'avez clairement démontré. Aujourd'hui, le modèle d'information, le modèle culturel en France est un modèle qui est peut-être vous l'avez un peu regretté, régulé. mais il est régulé par des règles qui sont des règles issues de grandes lois, euh, la loi de 1881 pour la presse, la loi les lois 1986 pour l'audiovisuel.

Euh, cette régulation, en fait, c'est une régulation par une sorte d'état de droit, par le nos valeurs, par notre démocratie. Euh, face à ça, en fait, le le vrai problème, il me semble, euh, et face à cette attaque sur notre souveraineté informationnelle et culturelle, c'est que nous sommes face à un modèle qui opère contre vous une concurrence complètement déloyale. C'est le modèle des GAFAM qui, aujourd'hui, n'a pas la même régulation que vous.

Ils n'ont aucune responsabilité éditoriale, vous l'avez. Euh, ils pillent vos contenus, euh, surtout sur la presse, on l'a vu, euh, mais euh, vous aussi, et d'ailleurs, ça me permet de vous interroger sur ce que que est-ce que vous pensez qu'un jour il faudrait que on aille vers des droits voisins de l'audiovisuel pour euh ré- réguler la captation de valeur euh de ces ? Et surtout, je voulais savoir si vous pensez que il faut une régulation renforcée de ces plateformes.

Est-ce que notre cadre de loi, et européen en particulier, doit évoluer pour reposer la question de la responsabilité éditoriale des ? Je le rappelle pour les gens qui nous écoutent, aujourd'hui, quand vous êtes éditeur de presse, quand vous êtes responsable d'un média, le patron est pénalement euh responsable à titre personnel de tous les propos qui seront tenus sur l'antenne. Merci, monsieur Bayon.

Est-ce que Ben, monsieur Vilbois voulait poser une ? C'est bon. Très bien.

Ben, je vais laisser nos personnes auditionnées répondre maintenant euh aux collègues parlementaires. On aurait pu aussi évoquer l'IA, notre collègue Calvès mène un travail approfondi sur ce sujet, mais peut-être qu'on y reviendra tout à l'heure. En tout cas, la question de monsieur Bayon permet aussi de traiter des des enjeux importants et et et mutations de la concurrence qu'entraînent notamment le poids grandissant des des réseaux sociaux et des et des plateformes.

Je vous laisse répondre aux nombreuses questions des des collègues dans le temps le plus ramassé. Je crois que le rapporteur a ensuite quelques questions puis on essaiera de suspendre cette audition pas trop tardivement. Pour pas manquer le journal télévisé, je sais pas de quelle chaîne mais en tout cas l'un des journaux télévisés.

Voilà. Je sais bien. Tu veux commencer ?

Euh sur je peux commencer. Alors euh pour répondre à vos questions donc sur les les les contraintes euh qui pèsent sur nous chaînes privées, c'est vrai qu'on a des des contraintes notamment les chaînes d'info euh dont on a peu parlé jusqu'à présent en terme de pluralisme, de temps de parole qu'on doit respecter et qu'on respecte évidemment euh scrupuleusement, c'est très important euh pour la démocratie et comme vous l'avez rappelé les les algorithmes ne sont pas du tout euh soumis euh à ces règles. Donc c'est vrai qu'il y a une vraie asymétrie entre nous et et les plateformes qui ne sont pas soumises aux règles de du pluralisme, qui ne sont pas soumises aux règles de responsabilité comme vous l'avez rappelé.

Donc c'est vrai qu'il faut faudrait réussir à à corriger euh ces asymétries. Euh sur le cas YouTube, clairement YouTube est un concurrent pour la télévision et notamment chez les plus jeunes et de plus en plus et c'est vrai que une partie de nos ressources publicitaires se déportent clairement euh vers YouTube. Donc nous chez CMA, nous sommes un un petit groupe et donc euh nous avons une stratégie d'hyper distribution, c'est-à-dire que nous avons décidé d'être présents chez YouTube, de diffuser nos contenus euh chez YouTube pour qu'ils puissent être diffusés euh le plus largement possible et euh pour avoir accès à un public le plus large possible et notamment les jeunes.

Mais c'est vrai que c'est un sujet compliqué puisque il y a eu il y a de la perte de valeur euh qui qui est un risque pour nous tous chez YouTube. Après sur le sujet des droits voisins, euh ce qu'on peut dire c'est que la la la première loi sur les droits voisins qui date de 2019 maintenant, on sait qu'elle est insuffisante puisque elle est elle ne ne précise pas euh ni les montants, ni l'assiette, ni les taux euh et donc on a énormément de mal à l'appliquer. On a on on voit depuis 2019 il y a eu des batailles homériques notamment chez les éditeurs de presse pour essayer de la faire appliquer.

On voit qu'aujourd'hui Google est un des est le seul acteur qui paye des droits voisins et encore qu'il les paye de façon incomplète et et insuffisante. Donc effectivement ce sujet dans tout reste à faire dans dans ce sujet et je sais que vous avez des initiatives des initiatives en ce sens. Et sur le sujet de l'IA effectivement nous les les chaînes d'information nous BFM on a un site BFM qui est un site d'information très puissant et on voit régulièrement nos des robots d'IA génératifs qui viennent piller nos nos contenus sans autorisation évidemment sans rémunération et donc il y a vraiment un un enjeu de poser un cadre sur ce sujet de l'IA générative parce qu'aujourd'hui c'est un peu le le Far West, il y a aucune règle et donc on voit petit à petit notre modèle économique digital fragilisé.

Voilà. Merci monsieur Salada, vous voulez allez-y. C'est senti.

Euh la concurrence avec le l'audiovisuel public. Euh donc j'ai l'impression que j'ai pas été complètement entendu bizarrement dans la partie où j'ai dit qu'il fallait que c'est pas parce que euh il fallait un audiovisuel public solide doté d'une visibilité sur son budget que il fallait pas pour autant regarder son budget, la rigueur budgétaire et la discipline et les coûts. Je voilà.

Je je voudrais quand même insister là-dessus parce que je rejoins euh le sujet de la concurrence avec Canal, elle est assez rare, je dois dire. On n'est pas en concurrence sur le cinéma, je l'ai dit, on est complémentaire puisque en général il y a une chronologie des médias qui s'applique et donc nous on achète euh une fenêtre euh en amont de celle que de public euh pour les chaînes gratuites qui est achetée par pré-achetée par euh France Télévision ou TF1 ou M6. Euh en revanche on a des de temps en temps des des sujets de crispation, il y en a un qui est qui a beaucoup été évoqué ici qui est le Festival de Cannes.

Euh où Canal pendant 28 ans était partenaire du festival de Cannes. Euh où euh on a on était évidemment très attaché à ce cinéma qui est le premier le premier à ce festival qui est le premier festival du monde et qui qui en plus est à Cannes qui est une ville que nous admirons énormément. D'ailleurs, nous sommes partenaire principal de Cannes Séries qui s'y tient et qui est qui a réussi à à devenir un un un festival important avec beaucoup moins de subventions que pardon que Sériesmania.

Euh mais euh mais c'est vrai que euh on a là subi une concurrence et une surenchère de la part de France Télévisions sur un budget qui était pourtant conséquent euh investi par Canal Plus de l'ordre de 4 millions d'euros que je comprends toujours pas aujourd'hui. Et et je comme je sais que ça fait beaucoup débat et que les chiffres ont été dévoilés qu'on a dit que potentiellement il y avait une concurrence déloyale de de Canal sur le sujet ou qu'elle est s'exercer plus tard ou quoi. Je voudrais rassurer tout le monde sur le fait que il y a pas d'intention de Canal Plus de retourner au festival de Cannes euh pour deux raisons.

D'abord parce qu'on a choisi le festival de Venise euh dont on est très satisfait réciproquement, j'ai envie de dire. Et ensuite parce que le festival maintenant les les cérémonies sont disponibles chez France Télévisions, disponible sur la plateforme Canal Plus et donc accessible gratuitement pour nos abonnés. Euh je vois pas l'intérêt pour Canal d'aller se repositionner sur un un programme qui est disponible déjà gratuitement pour pour les abonnés.

Mais là, c'est un exemple que j'ai pas tout à fait compris et qui donc pose la question typiquement de la rigueur budgétaire nécessaire euh indépendamment de la nécessaire solidarité financière et la visibilité pour euh pour le l'audiovisuel public. Sur Salto, j'ai une blague. Donc je vais la faire qui est que euh effectivement moi vu de ma fenêtre mais il connaît beaucoup mieux ce sujet-là que moi.

Euh j'ai eu l'impression que euh Rodolphe Belmer avait envie de la jouer solo euh sur Salto. Et et et on a vu le succès de TF1 Plus. Et moi il se trouve que j'ai récupéré euh le DG de Salto qui était excellent Thomas Folin qui travaille maintenant dans les équipes Canal Plus.

Donc j'ai gagné dans cette cette Euh sur CNews, euh, le pluralisme évidemment est un sujet essentiel pour nous. Euh, il a évolué, comme vous le savez, la réglementation a évolué. Nous avons mis effet évoluer le dispositif en conséquence.

Donc, on a une équipe de trois personnes à temps plein. On a des des outils informatiques très précis, très pointus. Euh, le le le le Vous avez évoqué RSF.

Euh, la méthodologie pour nous n'a d'ailleurs qui a été désavouée par l'Arcom euh, n'avait pas de sens. Elle a d'abord, comme vous l'avez rappelé, elle s'est établie sur un mois, alors que l'analyse doit être trimestrielle. Euh, ensuite, chez RSF, on on considère que 6h du matin, c'est la nuit.

Pour moi, c'est le début de la journée. On n'a pas tout à fait la même vision euh, de la de la journée. Donc, cette méthodologie pour nous n'est pas sérieuse.

Et je tiens à rappeler, puisque les élections municipales viennent de se conduire, que on a été une fois de plus le temps de parole a été parfaitement respecté. On n'a jamais eu aucun souci sur ce sujet euh, pour pour CNews. Euh, voilà.

Et sur la réglementation, j'ai deux autres sujets. Je finis. Je peux passer la parole Rodolphe ou ou David.

Euh, d'abord, moi je je le répète, je suis pour moins de réglementation pour pour les acteurs français, pas plus pour les pour les acteurs américains. Euh, voilà. Je crois que l'équilibre il doit se faire dans ce sens-là, parce que sinon c'est encore des couches de réglementation.

Et puis je connais le coup de la taxe YouTube qui devient en fait une taxe Dailymotion. Euh, on me l'a déjà fait. Donc, je on est on n'a pas parlé des SIGs aujourd'hui, mais on veut imposer des choses aux acteurs français.

Comment est-ce qu'on va les imposer aux acteurs coréens ou chinois ? C'est toujours ma question. Donc, je crains toujours quand on dit on va on va mettre en place une réglementation ou en en tout cas, il faut le faire au niveau européen.

Voilà. Moi, c'est ma petite crainte. Euh, et et en revanche, il y a un sujet dont on n'a pas parlé aussi qui nous concerne tous, alors beaucoup Canal Plus, mais pas uniquement, y compris l'audiovisuel public, c'est le piratage.

Et et je sais qu'il y a un projet euh euh qui est qu'on aimerait bien voir inscrit parce qu'il est il est il est très solide. La France a fait beaucoup de progrès dans le domaine euh, très honnêtement, mais on en a encore beaucoup à faire. Il faut amender ce code du sport.

C'est très important pour nous. Et pour vous parliez du sport, euh, c'est vraiment essentiel pour l'industrie. Ça va très très vite.

Toutes les habitudes qui se prennent ensuite sont difficiles euh à à résorber. Merci. Monsieur Belmer, comme vous avez été mis en cause, certes, sur le ton de l'humour.

Oui, oui. Mais l'Assemblée nationale a beaucoup à apprendre de cette audition, parce que c'est plus moucheté et plus policé que parfois les débats à l'Assemblée, même si on note quand même quelques dissensions. Non, je prends pas ça comme une mise en cause.

Enfin, ce serait légitime qu'on ait décidé de de faire une stratégie euh euh autour de nos propres intérêts, c'est logique. Mais en l'occurrence, euh malheureusement, enfin, le sujet Salto, euh enfin, en tout cas, la décision qu'on a prise ou que j'ai prise en arrivant de sortir le groupe TF1 Salto, c'est une décision qui a des fondements économiques et stratégiques. Euh, que je peux vous expliquer si ça vous intéresse.

Le euh D'abord, comme vous le savez, euh le le sujet de la vidéo euh à la demande par abonnement, SVOD, comme on dit en termes techniques, c'est un sujet que je connais bien, puisque j'étais administrateur de Netflix pendant longtemps. Donc, l'idée d'un Netflix à la française, honnêtement, euh la blague, elle me fait me fait bien rire aussi. Alors, bon, évidemment, c'est un peu une blague industrielle qui fait pas rire grand monde, mais c'est ?

Parce que ce qui fait la magie de Netflix, c'est la globalisation. C'est la capacité de produire, je prends un mot simple, même s'il est pas complètement adapté, des contenus de très grande valeur et de les distribuer dans le dans dans le monde entier. C'est ça qui lui donne un effet d'échelle considérable euh et et la capacité d'amener cette année, ce sera 20 milliards de dollars dans les contenus.

Et donc, quand vous êtes abonné Netflix à Paris, vous avez accès à chaque moment à 20 milliards de dollars de contenus. Même si je rajoute les contenus de nos éminents collègues de France Télévisions, ceux de David La Ramandie et les miens, ça fait pas du tout 20 milliards. Donc, la On n'est pas du tout concurrentciel.

Deuxièmement, l'autre blague, c'est quand même essayer de puisque Salto c'était payant, ça ça valait 7 euros par mois, de vendre 7 euros par mois des programmes disponibles gratuitement à la télé, honnêtement, c'est quand même pas facile. Ça se vendait pas très bien, ça se vendait un peu comme des brouettes à des manches hauts. Résultat, la société faisait 80 millions d'euros de chiffre d'affaires et devinez ? 80 millions d'euros de perte.

Donc évidemment, moi étant une société qui est doit faire attention à ma rentabilité, je 1/3 de 80 millions d'euros de perte, je prends pas. Surtout pour une voie stratégique qui de mon point de vue, j'espérais vous le leur montrer avec un petit peu de très caricatural, vous a montré que le pour une voie qui est sans avenir, perdre 80 millions d'euros par an dont je prends 1/3, ça m'intéresse pas du tout. Et donc évidemment, 1er truc que j'ai fait, c'est que j'ai tiré cette prise que je trouvais mal branchée.

Merci. Monsieur Alors beaucoup de choses beaucoup de choses ont été dites Des compléments si vous voulez. Pour pour compléter sur sur la publicité, l'éventuel arrêt de de de de la publicité sur le service public, nous nous sommes dans la vie, il faut parfois faire des compromis et nous sommes nous sommes et je pense qu'on est tous autour de de de la table OK avec le statu quo actuel qui est l'interdiction de la publicité après après 20h.

La question qui peut se poser c'est plus enfin pas toi, c'est ça. Ouais. Mais pardon, alors pour les acteurs pour les acteurs gratuits, la question qui peut se poser effectivement, c'est le c'est la question de la transformation de ce après 20h dans le monde numérique sur lequel évidemment se passe la la la croissance.

Est-ce que ça veut dire que les programmes diffusés après 20h, quel que soit leur heure de consommation en plateforme numérique, devraient ne pas avoir de ? Est-ce que c'est à 20h sur la plateforme France Télé comme sur les ? Bon, ça ce sont des questions qui qui je trouve méritent d'être posées, mais mais sinon de manière générale, le statu quo nous va assez bien.

Sur le retour de la pub, on en a beaucoup parlé pendant cette cette audition, je pense que c'est une enfin vous connaissez euh ma conviction et la conviction d'un certain nombre de personnes autour de la table. Au-delà de ça, c'est vraiment mettre la charrue avant les bœufs, c'est pas ça la question. La question c'est quelles sont les ressources plutôt quelles sont les missions et ça c'est à vous de à vous avec l'exécutif, quelles sont les missions de service public que doit remplir le service public, c'est clair que lorsque c'est euh les programmes de France 3 par exemple de l'information régionale, des programmes sur les cibles très âgées et cetera ou ou parfois très jeunes même si nous nous avons Gulli, la question est tout à fait légitime et d'autres sur lesquelles elle est moins.

Mais c'est d'abord quelles sont les valeurs, quelles sont le euh quelles sont les missions parlons que que vous voulez donner au service public et ensuite à partir d'une fois qu'on a les missions, on a le le plus facile de cadrer les ressources nécessaires et ensuite se pose la question de la répartition de ces de ces ressources. Euh l'une d'entre l'un d'entre vous nous interrogeait sur sur les programmes, est-ce qu'il y a des programmes qui sont complémentaires ou ou ? Euh alors nous on a un profil notamment sur M6 beaucoup plus jeune que les que que que que les chaînes du service public donc il y a un certain nombre de de séries qui ont sont des formidables succès d'audience sur sur France 2 ou France 3 qui ne trouveraient pas notre place leur place pardon sur sur France Télévision parce qu'on a on a des cibles qui sont trop différentes, nous on est vraiment focalisés sur les moins de sur les moins de 50 ans et puis il y a d'autres programmes, ça peut être le sport, ça peut être un jeu comme 100 % logique, on s'est battu, on a essayé de l'avoir, on voulait ce on voulait ce programme.

Bon ben on a été moins 10 ans que que France Télévision a perdu, c'est c'est c'est la loi des affaires donc on est parfois complémentaires, c'est vrai et parfois on est en direct en directe concurrence. Euh voilà sur je pense que votre point monsieur le député était vraiment central, on en revient on se bagarre entre nous parfois sympathiquement, parfois un peu plus un peu plus violemment euh mais nous n'évoluons pas dans un secteur clos dans lequel il y aurait nous plus plus Madame Ernotte. Nous sommes dans un dans un secteur concurrentiel avec des acteurs extrêmement puissants qui non seulement ont des moyens que nous n'avons pas, on parlait de de du coût de grille entre guillemets de ou du coût de contenu de mais qui ont surtout un cadre réglementaire qui est pas le nôtre et ça pour nous c'est absolument impossible de de c'est impossible de de de nous battre à armes égales.

Donc vous avez une responsabilité claire, on a parlé d'un certain nombre de de de changements qui pourraient être faits, il y a des choses qui sont parfois que réglementaires, d'autres législatives et il y a évidemment un enjeu à Bruxelles européen qui est qui est fondamental. Vous parlez de ce de ce serpent de mer de nous nous sommes tous pénalement responsables de ce qui est produit et diffusé sur nos antennes, c'est pas le cas pour YouTube, c'est un hébergeur, est-ce que c'est ? Moi j'ai une réponse une conviction très claire, bien sûr que non que c'est pas normal.

Après on va pas être changés demain et c'est vrai que si ça changeait ça aurait des impacts sur Dailymotion mais je veux dire c'est je je pense que c'est pas voilà c'est c'est c'est un enjeu absolument fondamental, une partie décidée par vous, une partie réglementaire, une partie est européenne. Merci beaucoup Monsieur le rapporteur. Merci Monsieur le président.

Effectivement je voudrais vous poser une question pour revenir sur Salto. Ça a été un un échec industriel majeur qui a coûté des dizaines de millions d'euros à France Télévision euh auquel donc TF1 le groupe M6 ont ont participé. Donc le projet a été annoncé le 15 juin 2018, il a vu le jour le 20 octobre 2020 et le 20 novembre 2022 La Lettre A a révélé que les groupes TF1 et M6 souhaitaient revendre leur participation dans Salto et finalement c'était le 27 mars 2023 que la plateforme a été finalement dissoute.

Il y avait une ambition un peu de David contre Goliath avec un peu de recul et objectivement qui pouvait laisser planer un un vrai doute quand on voit surtout le le budget, je crois, le chiffre d'affaires de de Netflix de 30 milliards. Ça veut dire que avec quelques dizaines de millions d'euros seulement, on allait pouvoir concurrencer un groupe comme Netflix aussi bien l'abonné, c'était peut-être illusoire. Vous avez expliqué un peu les les raisons de de cet échec, donc j'ai j'ai pas totalement revenir dessus, je voudrais simplement parler peut-être d'un argument comptable qu'on a entendu de la de la part des dirigeants de France Télévision puisque on a pu aussi interroger les membres de la Cour des comptes.

France Télévision a décidé d'isoler les pertes de plusieurs dizaines de millions d'euros dans les comptes de France Télévision sous forme d'événement exceptionnel pour pas que ce soit intégré au au résultat d'exploitation, pour pas que ça alourdisse le le déficit de France Télévision. Finalement, la Cour des comptes a décidé de réintégrer euh ces pertes au compte de résultat de France Télévision, notamment pour donner une image la plus fidèle possible à la situation financière du groupe. Ma question est peut-être un peu technique.

Ça adresserait davantage peut-être à vos directions financières, mais je l'ose quand même. Comment est-ce que vous avez vous-même comptabilisé les pertes financières liées à l'échec du projet ? Et si c'était à refaire, qu'est-ce que vous referiez différemment, notamment dans votre relation avec le groupe France ?

Si l'Armandie Bon, écoutez, c'est c'est euh effectivement, ça pas été un succès. Après, est-ce que c'était évident que que que ce serait un ? Je suis peut-être pas aussi définitif que que euh que Rodolphe.

Le fait est que quand vous prenez des risques, quand vous innovez, quand vous investissez, vous passez toujours par une phase dans laquelle il y a plus de pertes que de revenus. La question, c'est de savoir si ces pertes sont pérennes ou si au bout d'un moment, l'activité prend et les revenus montent suffisamment pour combler les pertes, pour vous dégager un bénéfice. Ce qui est clair, c'est qu'on a arrêté avant, euh donc on on ne saura jamais, donc chacun peut se faire sa sa conviction, mais mais l'innovation va avec de la prise de risque et la prise de risque peut aller avec euh avec des pertes financières.

Et quant au traitement comptable, je vous enverrai les les les éléments parce que je les ai pas je les ai pas en tête. Monsieur Belmer. Traitement comptable honnêtement j'ai pas d'avis précis sur le sur le sujet.

Je je je sais que ça passe sous la ligne du résultat opérationnel chez nous. Ensuite le traitement comptable des pertes honnêtement j'ai je pense qu'il faut que je demande à quelqu'un de plus expert que moi en cette matière là. Très bien, merci.

Mais vous en avez ce que vous expliquez c'est que si vous aviez été PDG de TF1 au moment du lancement de Salto, vous ne l'auriez pas fait. Mais non, jamais. D'accord.

Jamais pas. Après David a raison. Il faut risquer, il faut innover et l'innovation veut dire quelquefois échouer et ça il faut l'admettre et c'est vrai pour nous, c'est vrai pour le service public.

En l'occurrence, moi j'ai toujours pensé que le la la grande évolution du du secteur de l'audiovisuel qu'on est en train de vivre et qui est apportée par la révolution des Smart TV et la connexion des téléviseurs à l'internet, c'est la globalisation. de la taille globale par certains acteurs et donc il faut absolument éviter de rentrer en concurrence frontale avec des acteurs de taille globale parce qu'on est dans une activité où la taille critique est absolument déterminante. C'est pas Maxime Saada qui est en train de développer son groupe mondialement qui va je pense dire le contraire juste ça pour lui rendre justice enfin hommage plutôt.

Et donc le Et donc voilà je Après le groupe France Télévision s'est très bien développé dans le dans le digital et je pense qu'on peut dire que France.tv c'est une vraie réussite. Euh en terme d'usage par les Français, euh en terme de de d'enracinement dans les usages quotidiens des Français, en terme de rayonnement auprès d'une population plus jeune, c'est c'est une vraie réussite.

Donc il y a eu des échecs et puis il y a des il y a il y a des réussites. Comme la plateforme M6 ou TF1. En fait, on a l'impression Voilà, la nôtre est un peu mieux.

Sans doute mais Je jouais dire la vérité donc je voilà je dis ce que je pense. Mais non non non mais blague à part c'est c'est c'est c'est très bonne réussite. On comprend en tout cas a posteriori que vu la force de votre plateforme numérique et vos identités particulières, finalement euh la mise en commun était peut-être était peut-être difficile pour donner à cette plateforme une identité C'est pas une question de mise en commun parce que bon Maxime Saada a fait une il fait une blague en disant "Salto".

L'idée c'était pas de faire Salto parce que je pense que une plateforme euh de contenu français de qualité, on dit premium dans notre jargon, euh gratuit ferait beaucoup de sens. Donc si un jour il y a un projet de consolidation d'ailleurs, l'objectif ça sera ça. Euh l'objectif premier Moi ce que je ce que je conteste dans Salto dans le modèle économique, c'est le fait que ce soit payant parce que essayer de vendre aux Français des contenus qui sont déjà vus gratuitement à la télévision sous forme d'abonnement, c'est une proposition de valeur qui est pas complètement intuitive.

Ouais, d'accord. Très bien. Monsieur Saada, vous voulez ?

Je redonne la parole au rapporteur. qui fait un peu dans TF1 Plus me semble-t-il de temps en temps en fait des fenêtres payantes quand même. C'est beaucoup plus moucheté que l'Assemblée mais c'est c'est c'est c'est intéressant.

C'est intéressant. On en tirera quelques leçons peut-être. Allez-y monsieur le rapporteur.

Merci monsieur le président. Une question pour vous euh monsieur le le président du directoire du groupe Canal Plus monsieur Saada, le 6 juin 2025, le groupe Canal Plus qui diffusait jusqu'ici ses contenus sur le canal numéro 4 en lieu et place de France 4 a quitté la TNT et dans un communiqué de presse le 5 décembre 2024, vous avez motivé votre décision par le non renouvellement de la fréquence de C8 mais également, je cite, par un environnement fiscal et réglementaire de plus en plus contraignant. Fin de la citation.

On a eu l'occasion d'auditionner les représentants des producteurs cinématographiques et Canal Plus est aujourd'hui l'un des plus importants financeurs du cinéma en France. Alors, au-delà de la décision de l'Arcom de retirer la fréquence de C8, est-ce que vous estimez que ce cadre réglementaire et fiscal qui s'applique aux diffuseurs est obsolète ou du moins inadapté à des chaînes payantes comme la ? Non mais euh le le Vincent Bolloré a fait référence en disant que j'étais exigeant et difficile, j'ai noté.

Pendant les pendant son audition mais mais euh de je veux pas donner le sentiment que Canal Plus est autocentré mais on a on a l'impression que parfois il y a une obsession sur sur nous et euh et et et j'ai une liste de de de de doléances normatives qui ont été appliquées à Canal sur les 10 dernières années qui est qui est sidérante que ce soit fiscale, réglementaire euh vous avez parlé de la la TNT avancer vite. Déjà Canal avait proposé euh en il y a il y a bien longtemps Canal Plus Family euh au CSA à l'époque qui avait préféré euh CFoot qui a duré 3 mois. Euh Canal avait proposé Canal Play comme premier service de vidéo à la demande euh et et là le CSA avait choisi Select TV dont tout le monde a oublié l'existence, il faut chercher sur Internet pour retrouver moi-même j'ai dû j'ai dû regarder.

Euh donc on a une une histoire assez compliquée euh avec la réglementation française euh et euh et cette histoire elle s'est soldée euh par comme on l'a vu sur C8 où j'ai eu vraiment eu le sentiment que la décision était prise avant les auditions très honnêtement puisque rien de ce qui n'a été proposé d'abord comme euh certains l'ont dit ici, il y avait tout un tas de mesures qui étaient tout à fait possible euh plutôt que de retirer euh l'autorisation. Euh il y a par ailleurs tout un tas de choses qui ont été proposées par Canal lors de ces auditions n'ont n'ont absolument pas trouvé d'écho et n'ont jamais été reprises. Euh et enfin euh comme je l'ai dit euh il y avait un écosystème qui fonctionnait pour Canal Plus grâce à notamment ses chaînes gratuites et C8 en particulier qui était la plus importante la plus puissante même si elle est restée déficitaire euh mais on s'approchait de la rentabilité euh qui ne tenait plus pour Canal Plus sans sans la chaîne et donc elle a elle a conduit le groupe à choisir de se retirer euh de la TNT euh puisque comme l'ont rappelé euh plusieurs fois mes mes confrères, la TNT est est un mode de diffusion coûteux.

Merci. rapporteur Merci monsieur le président une question désormais sur les chaînes d'information une première question pour vous monsieur Saada et ensuite une deuxième question pour vous trois. Monsieur Saada donc vous êtes l'actionnaire d'un groupe de médias qui compte la principale chaîne d'information de France CNews cette chaîne a a été créée sur les cendres d'iTélé et qui mais a connu sur les dernières années une ascension euh très importante.

En mars 2017 iTélé change donc de nom devient CNews la chaîne d'information à l'époque ne représente je crois que 0,6 % des parts d'audience en mai 2024 CNews doublait pour la première fois BFM sur un mois devenait la première chaîne d'information de France février 2026 CNews atteignait 3 % de part d'audience ce qui signifie qu'en quelques années vous avez multiplié par plus de 5 les audiences de votre chaîne d'information. Si je vous pose la question c'est en comparaison avec les audiences de France Info euh TV qui a été créée en en 2016 et qui près de 10 ans après continue à plafonner à moins de 1 % ou à près de 1 % de part d'audience on ne voit pas l'augmentation des audiences l'intérêt des Français pour l'information qui est délivrée sur cette chaîne d'info alors que on a appris qu'elle coûtait à peu près 40 millions d'euros par an après avoir pensé qu'elle en coûtait 17 ou 18 il y a eu des changements un peu d'estimation mais du simple au double dans le cadre de ces auditions mais on serait plutôt en information officielle autour de 50 millions d'euros. Comment est-ce que vous expliquez cet ?

Et euh il y a eu beaucoup de suspicions sur les coûts masqués de France Info TV au regard des différents indicateurs qui ont pu nous être donnés selon vous c'est une question qui s'adresse à vous quatre quel est le coût réel d'une chaîne d'information en continu digne de ce nom telle que France Info TV pour pourrait aujourd'hui s'organiser pour aujourd'hui diffuser ses contenus. Peut-être avoir les coûts de vos chaînes d'information pour comprendre où se situe euh France Info euh par rapport à la concurrence. Je vous laisse commencer puisque le rapporteur a eu la la bienveillance de dire que CNews était la principale chaîne d'information, je dirais l'une des principales chaînes d'information mais qui fait des audiences effectivement importantes.

Allez-y, Monsieur Saada. Je je sais pourquoi CNews euh a a progressé mais je vais pas nécessairement commenter la performance des autres chaînes. ici hein, CNews s'est positionnée sur un créneau très différent de débat euh et de ce qu'on considère comme euh une une une parole plus libre que ce qui pouvait exister sur d'autres chaînes d'information.

Je regarde assez peu France Info manifestement comme comme le reste de la population d'ailleurs. Euh je je sais pourquoi il m'arrive de regarder euh enfin je regarde toutes les toutes les matinales hein. Euh donc je sais pourquoi je regarde BFM quand je regarde BFM, je sais pourquoi je regarde LCI quand je regarde LCI, je regarde évidemment beaucoup plus CNews.

Il m'arrive même de regarder Bonjour et Télématin comme je l'ai souligné tout à l'heure. Euh je je je pense que le sujet c'est d'abord les chaînes d'information dans leur ensemble, vous avez parlé du succès de CNews mais les chaînes d'information représentent maintenant une part très importante euh de l'audience hein. On est on est on n'est pas loin des 10 % euh en en ce moment.

Euh donc le le segment global a trouvé manifestement du public. Donc là, c'est quand même intéressant. Ensuite, le sujet, il est il devient économique.

C'est-à-dire moi, je vais jamais vous dire de fermer une chaîne parce que c'est pas tout à fait euh comme vous l'avez compris euh les les la disposition de Canal qui est dans une logique euh de de de de d'expression libre et de chaînes qui qui qui existent à partir du moment où elles trouvent effectivement euh une logique économique. C'est ça le sujet, ça devient un sujet économique. Et comme l'a rappelé Euro Doll Belmer tout à l'heure, l'information n'est pas facile à monétiser.

Donc le sujet est un sujet économique euh et et le sujet des 40 millions que vous avez évoqué là. Donc CNews, ça coûte ? CNews, ça coûte à peu près 60 millions d'euros.

Donc c'est plus que France Info. C'est plus que CNews. Peut-être si vous me une question complémentaire à celle du rapporteur, et laisserai bien entendu On ne connait pas les coûts de France Info, je me je Non mais j'ai dit 40, je ne sais pas.

Ce que ce que je connais c'est le coût de CNews Info. Peut-être une question complémentaire à celle du rapporteur avant de de de laisser monsieur Belmer et M. Leyer, je crois que le rapporteur vous a posé la question à tous les trois.

Euh dans le succès de de de vos chaînes d'information en en continu, euh il y a des incarnations, ce qu'on appelle les incarnations, c'est-à-dire des présentateurs, des présentatrices phares. Euh selon les sources que j'ai parce que moi aussi j'ai quelques sources pas forcément les mêmes que celles du rapporteur mais j'en ai quelques-unes. On nous indique que vos incarnations euh je parle pour CNews auraient des des niveaux de salaire sans commune mesure avec les les euh l'audiovisuel public.

Pour le dire très concrètement, est-ce qu'il manque à France Info des ? Et est-ce que France Info, sans vous demander le salaire de vos présentateurs stars et de vos incarnations sur CNews, mais est-ce que France Info aurait les moyens et puisque vous avez dit que vous étiez un citoyen aussi monsieur Saada, est-ce que vous ça vous trouveriez normal que France Info euh salarie des incarnations avec des niveaux de salaire, je crois qu'on parle de centaines de milliers d'euros voire même plus d'un million d'euros. Est-ce que est-ce qu'il y a quelque chose dans le succès de vos chaînes d'information qui est la capacité que vous avez à payer des incarnations euh des journalistes ou des présentateurs qui font aussi le succès de de de vos ?

Est-ce que ce qui manque à France Info pour le dire plus clairement, c'est des ? pense que le sujet euh qu'on n'a pas évoqué tout à l'heure, bon évidemment les incarnations jouent un rôle très important euh et euh on l'a vu euh le le succès de de de Pascal Praud de Christine Kelly, de Laurence Ferrari, de Philippe de Villiers ou de d'autres. Sonia Mabrouk.

Euh Sonia Mabrouk, euh évidemment, ils ont joué un rôle euh et ils jouent un rôle fondamental dans le succès de de CNews. Leur personnalité, leur professionnalisme, leur rigueur, et cetera. Euh le mais le sujet que vous avez pas évoqué, c'est que c'est que i-Télé perdait 30 millions d'euros par an et qu'aujourd'hui euh CNews est à l'équilibre.

Donc le sujet c'est un sujet économique, c'est-à-dire que on on on rémunère euh on a on a une on a un coût de de CNews qui aujourd'hui est absorbé par ses par ses profits. Donc en fait, c'est ça le sujet, c'est pas combien coûtent les incarnations, c'est ce qu'on est capable de développer un modèle rentable et ensuite effectivement de rétribuer les personnes qui contribuent à cette rentabilité à la hauteur de de de la valeur qu'ils apportent au groupe. Je crois que le France Télévisions manque pas de talent.

Honnêtement, je pense pas que ce ce soit un sujet de déficit de talent chez France Télévisions. Il y en a d'ailleurs beaucoup qui viennent de Canal. Au passage, donc on les connaît bien avec Rodolphe.

Euh voilà. a pas vous ne nous dites pas monsieur Saada je laisse au rapporteur que France Télévisions a des capacités financières enfin ne peut pas payer des présentateurs des animateurs au même niveau que vous. Je sais pas si c'est un sujet ça, je sais pas si c'est c'est les gens ne enfin je vais apparaître un peu peut-être naïf hein mais c'est pas le le seul élément de motivation non plus y compris pour les incarnations qui travaillent sur CNews ils y trouvent un environnement qu'ils qu'ils qu'ils trouvent favorable au-delà de leur rémunération aussi.

Et donc le sujet c'est l'environnement global de travail, les perspectives, l'équipe hein on a Serge Nedjar qui qui dirige ça de main de maître voilà c'est tout ça joue beaucoup. Oui, une question pour pour élargir aux autres groupes. Si je je m'intéresse notamment aux audiences des chaînes d'information en continu sur le mois de mars, j'ai pu voir les les bonnes performances de BFM TV qui a atteint 3,5 % de part d'audience.

En tête, CNews et LCI sont juste derrière et se trouvent dans un mouchoir de poche avec 3,2 % de part d'audience. C'est un contexte qui en plus est assez différent parce que il y a un contexte de de guerre internationale, de conflit en Iran où je pense que aussi les Français peuvent distinguer des identités respectives de chacune des chaînes d'information en continu. En tout cas, peut-être que je le dirai de façon un peu un peu caricaturale ou simpliste et et laisserai vos mots préciser cette pensée mais on a l'impression que LCI s'est davantage intéressée au contexte international, a augmenté fortement ses audiences notamment lors du de la guerre en Ukraine puis aujourd'hui sur le conflit en Iran donc il y a un positionnement international davantage affirmé.

On a l'impression que BFM TV est une chaîne d'information du quotidien où on peut suivre un peu les actualités de façon très directe. On a l'impression que CNews est une chaîne un peu plus de talk-show, de débat qui s'intéressera davantage euh à la politique. En tout cas, ça fait de ces trois chaînes des chaînes avec une identité propre.

Franceinfo TV euh malheureusement, on a du mal à percevoir l'identité aujourd'hui de cette chaîne qui permettrait aux auditeurs d'aller se se brancher sur cette chaîne d'information et je remarque d'ailleurs qu'au mois de mars, euh mois où euh le le contexte international était un peu différent, euh Franceinfo TV n'en a pas forcément profité puisque la chaîne est restée autour des 1,2 % de de part d'audience soit près de trois fois moins que ses concurrents. Vous avez rappelé le bloc total des chaînes d'information en continu sur le mois de mars, c'était un peu plus de 11 % donc on voit qu'il y a un intérêt prononcé des Français pour les chaînes d'information en continu, pour pour l'information. Euh pardon si je suis un peu long euh mais c'est aussi pour équilibrer un peu les les débats et pas avoir pas donner l'impression d'un d'un d'un d'un exposé un peu un peu biaisé mais euh pour vous donner la parole à à tous les trois, quelles seraient les recommandations que vous pourriez formuler pour que demain dans un paysage de quatre chaînes d'information en continu, le service public euh trouve aussi sa place, trouve son identité à l'heure où on a France 24 et Franceinfo TV.

Est-ce que demain il serait pas bon d'avoir une seule chaîne d'information publique très forte notamment sur le traitement de l'information à l'international, notamment sur la voix de la France, porter la voix de la France dans près de une centaine de pays, 270 millions de foyers sur France 24 et RFI. Est-ce que c'est pas au fond le le sens et la vocation du service ? Alors, je peux répondre pour BFM TV euh plusieurs choses dans ce que vous avez dit déjà sur les audiences effectivement, je vous remercie monsieur le rapporteur de signaler que BFM TV était en tête au mois de mars 2026 et je voudrais aussi signaler que BFM TV est largement en tête sur les cibles publicitaires que nous commercialisons ce que nous appelons les les 25-49 dans notre jargon et que par ailleurs en nombre de personnes qui passent sur la chaîne chaque jour, on a 12 millions de Français qui passent sur la chaîne donc là aussi nous sommes nous sommes largement en tête.

Sur la question des incarnations, je voulais revenir sur votre question sur les les les incarnants et les incarnations de la chaîne. Peut-être que je me trompe hein mais monsieur Saada est beaucoup plus d'expérience que moi mais il me semblait qu'il y avait des mercatos et que pour le il me semblait que pour le succès des chaînes d'information voilà je je j'avais le sentiment que voilà le talent de Pascal Praud justifiait quand même en partie les audiences de CNews que Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk expliquaient aussi voilà j'ai vu que vous aviez eu du mal à vous séparer de Jean-Marc Morandini sans doute parce qu'il faisait aussi de l'audience. Donc voilà, j'avais quand même le sentiment que les incarnations de vos chaînes jouaient un rôle dans dans vos audiences même si j'imagine qu'elles sont pas la seule raison mais peut-être que je me suis égaré. je laisserai Maxime Saada répondre pour CNews mais nous on a l'habitude de dire sur BFM TV que la star c'est l'info donc on a 270 journalistes qui sont tous au service de l'info et donc effectivement il y a il y a un mercato pour attirer les meilleurs talents et ça c'est bien normal.

Pour vous répondre sur le sujet du service public, est-ce qu'ils ont les moyens d'attirer les ? Nous on voit que le mercato il joue énormément dans les deux sens. BFM TV est une pépinière qui envoie beaucoup de talents sur le service public récemment Benjamin Duhamel par exemple encore notre responsable du service politique est parti sur France Télévisions.

À l'inverse, nous attirons des talents du service public comme Marc Fauvelle récemment donc il y a vraiment un mercato qui joue dans les deux sens donc je pense pas qu'il y ait de problème sur ce sujet des des talents. Donc ça veut dire que France Télévisions a la capacité de payer des présentateurs 300000 400000 500000 parfois même 1 million d'euros. Pour vous, c'est-à-dire que vous parlez à vos citoyens que vous êtes, est-ce que c'est une vraie question, hein, c'est pas pour c'est que à un moment donné effectivement le rapporteur pose une question importante, comment on fait pour que France Info ?

Alors, il faut qu'il y ait une identité, sans doute un positionnement, mais mais est-ce qu'il y a pas quand même je pardon, je repose cette question, aussi la nécessité d'avoir des des incarnations, vous voyez Sonia Mabrouk peut-être qu'elle nous expliquera un jour, elle a quitté CNews. Certains disaient qu'elle aurait pu être recrutée dans le service public. Je ne sais pas si la raison pour laquelle elle est venue chez vous est une question simplement financière, je ne l'imagine pas, mais j'ai le sentiment que France Télévisions n'avait pas la capacité de s'aligner sur le contrat que vous lui avez fait.

Donc je voilà, je je Alors, sur Sonia Mabrouk vraiment il faudra lui poser la question, mais en l'occurrence, je pense que ce qui l'a attiré chez nous c'était vraiment le le projet éditorial. Et quand on regarde le coût de la grille, nous on a un coût qui est élevé, on a plus de 80 millions de de coûts de grille sur BFM TV, mais c'est vraiment lié au nombre de journalistes, à la spécificité de la chaîne qui fait qu'on couvre tous les événements, comme je l'ai dit tout à l'heure. Tout à l'heure, on est présent partout.

Donc c'est un choix qu'on a fait d'être les premiers sur l'info au sens où dès qu'il se passe quelque chose, on est présent. C'est ce qui fait qu'on déploie un nombre de journalistes important, donc c'est pas tellement le salaire moyen, c'est vraiment notre équipe qui est ultra réactive et qui est présente partout. Donc ça c'est ce sont le sujet du du coût de grille et moi j'ai pas de conseil à donner à la à la chaîne info. un conseil, mais que vous parlez beaucoup de concurrence, de de il y a un secteur concurrentiel. tout à fait, donc on évolue dans ce contexte concurrentiel qui est ce qu'il est et évidemment chacun fait du du mieux qu'il peut pour essayer d'améliorer ses audiences, donc je me garderai bien de donner des des conseils à un concurrent.

Voilà. On comprend. Monsieur Belmer, est-ce que vous voulez réagir pour peut-être LCI qui a une identité très prononcée effectivement sur l'international comme l'a dit le ?

Ça marche Oui, ça marche. Oui oui, LCI a une ligne éditoriale qui est qu'on essaie d'être très perceptible par notre public et effectivement qui vise à traiter euh avec expertise deux sujets complexes de l'actualité. Donc, actualité internationale, euh actualité euh macroéconomique, et puis euh actualité politique au sens de la matière politique.

C'est ça qu'on essaie de de de de traiter. Effectivement, ça crée euh une ligne éditoriale qui est très euh incarnée. Donc, qui est incarnée par des présentateurs, ce que vous appelez ce qu'on appelle des des incarnations, euh mais qui doivent être en cohérence avec ce projet éditorial, parce que autrement ça ça ça fonctionne pas, qui est aussi incarnée par une rédaction, et qui est incarnée par des experts.

C'est soit c'est ça le le le triptyque et qui a permis à la chaîne de bien se développer. On a vraiment augmenté très nettement notre notre part d'audience c'est euh ces ces dernières années, au fur et à mesure qu'on affirmait notre ligne éditoriale et notre proposition euh au aux téléspectateurs. Et le plus pour pour qu'on puisse comparer avec France Info et avec CNews, monsieur Saad a dit, je le remercie de la transparence, 60 millions, je crois.

LCI, c'est plus important ou moins ? suis c'est le LCI, c'est environ 55 millions d'euros. Donc, pas très loin de France Info.

Enfin, si les chiffres du rapporteur Pas très loin de France Info, pas très loin de Et BFM, c'est de CNews. Nous, c'est plus de 80 parce qu'on ne bénéficie pas comme LCI d'une chaîne mère qui peut apporter des des compétences voilà, les compétences de TF1. Nous, c'est notre chaîne principale.

Euh d'où la la grille qui coûte plus cher. Non, c'est intéressant aussi pour nourrir nos réflexions sur France Info. Pardon, monsieur Belmer, je vous ai je vous ai coupé.

Non, mais je je je vais à peu près fini sur les sujets du euh du mercato, euh comme le disait Maxime Saad, c'est vrai que les sujets de de mercato existent dans notre secteur, mais il faut que les incarnations, elles puissent épouser la ligne éditoriale et avoir une forme de de et avoir et avoir une grande compétence dans la dans le positionnement en résonance avec le positionnement euh de la chaîne et avec et avec son public. Donc, il y a un mercato, mais qui n'est pas enfin où tout ne se vaut pas et et et tout n'est pas substituable. Entre le modèle éditorial de CNews qui est principalement sur le débat avec une très grande importance des présentateurs et euh LCI qui est plus sur le qui essaie d'être plus sur le sur le le décryptage avec une importance plus forte donnée à l'expertise et aux experts.

Évidemment, ça crée des des des modèles éditoriaux qui sont qui sont assez différents et qui reposent plus ou moins sur euh des individus. Ah mais je vous remercie de vos réponses. C'est vrai que vous avez parfaitement raison d'ailleurs tous les trois les les l'identité de vos chaînes d'information en continu est forte.

Et quand on regarde CNews, quand on regarde BFM, quand on regarde LCI, on sait effectivement euh ce qu'on va obtenir en terme d'information, en terme de euh d'incarnation. Mais mais mais je note d'ailleurs c'est pas j'espère ne pas faire offense aux salariés de France Info, mais on note quand même un point commun entre vos trois chaînes d'information en continu, c'est d'avoir fait le choix quand même euh d'incarnation qui d'ailleurs parfois s'exprime à la télévision et à la radio pour pour certains pour certains acteurs ici même si c'est pas les mêmes propriétaires. Je j'en suis conscient monsieur Sadam.

En tout cas, c'est c'est quand même intéressant de se dire que France Info en tout cas, même si ça n'explique pas j'imagine simplement les raisons euh de sa place un peu plus faible en terme d'audience dans ce paysage des chaînes d'information en continu, on note que c'est quand même la seule chaîne qui n'a pas fait un choix d'incarnation très forte. Encore une fois, je veux pas faire offense euh aux présentateurs, aux animateurs, aux journalistes qui travaillent à à France Info et qui font un travail d'information important. Mais c'est vrai qu'ils ont pas fait le même choix et on voit chez chacun d'entre vous, chez chacune des chaînes d'information dont vous êtes les les propriétaires et les dirigeants, ce choix-là très fort et et on lit comme les Français les les les discussions autour des mercatos annuels et et la chasse aux talents puisque c'est de ça dont il s'agit.

Monsieur le rapporteur avait encore une question. Oui, une toute dernière question parce qu'on a beaucoup parlé du fonctionnement et du financement de l'audiovisuel public, beaucoup moins de la neutralité qui est l'une des trois dimensions de cette commission d'enquête. Alors, vous me permettrez une toute dernière question et merci encore pour votre patience et l'ensemble de vos réponses.

Question qui s'adresse à vous Monsieur Belmer, j'aimerais revenir sur cette phrase "Nous ne cherchons pas c'est votre phrase nous ne cherchons pas à façonner l'opinion. Nous ne sommes au service d'aucun homme, d'aucun parti, d'aucune idéologie. La mission sociale de TF1 c'est d'informer et de contribuer de contribuer au bon fonctionnement démocratique." sont des intentions infiniment respectables.

Alors, permettez-moi simplement de douter de l'application concrète de ces principes sur certaines des émissions que vous diffusez notamment l'émission Quotidien. Euh Quotidien c'est l'une des seules émissions du PAF qui assume de ne pas recevoir par exemple de membres du Rassemblement National dont les idées sont pourtant partagées par près de 40 % des Français. Quotidien c'est aussi la seule émission qui dit respecter les règles en matière de pluralisme et qui n'y parvient qu'en les détournant, en tronquant, en répétant, en coupant au montage les propos tenus par les responsables par exemple du Rassemblement National et en les mettant dans des séquences humoristiques souvent à charge, souvent d'ailleurs pour se moquer de ces responsables.

Donc le pluralisme est respecté mais uniquement en étant à charge contre les idées de du parti qui mériterait pourtant d'être d'être d'être diffusées ou d'être entendues. Et enfin, Quotidien c'est aussi une émission qui a recruté comme chroniqueur phare Jean-Michel Apathie. Jean-Michel Apathie qui a fait l'objet notamment d'une intervention de l'Arcom pour avoir tenu des propos, je cite l'Arcom, "susceptibles de contribuer à une forme de relativisation du nazisme." Fin des citations.

Et ces propos d'ailleurs ont conduit à une mise à pied de Jean-Michel Apathie de d'RTL mais le groupe TF1 visiblement a choisi de continuer avec lui sur Quotidien. Bon, pardon hein si ma ma question est un peu longue mais je crois qu'elle illustre aussi les interrogations qu'on peut se poser sur les respects de d'honnêteté, de pluralisme et d'indépendance de l'audiovisuel public, mais j'en profite pour vous poser la question aussi au titre de groupe privé, comment est-ce que vous pouvez concilier à la fois vos intentions éminemment respectables que la mission sociale de TF1 c'est d'informer, de contribuer au bon fonctionnement démocratique quand vous voyez ces entorses répétées sur une émission phare qui rassemble d'ailleurs beaucoup de d'auditeurs, l'émission Quotidien. Je vous laisse y répondre même si le rapport, on le sait, sort du périmètre quand même de la commission d'enquête audiovisuel public, mais je vous laisse répondre à à la question.

Après je dire Quotidien, il faut être tout à fait clair, il m'est arrivé de faire l'objet aussi d'humoristes de Quotidien comme de nombreux députés ici, c'est aussi la liberté d'expression et je crois pas qu'on puisse dire que euh le Rassemblement National est est le seul à avoir fait l'objet de parfois de voilà voilà en tout cas voilà, ça m'est arrivé, c'est aussi le la liberté de ton et des humoristes dans notre pays et monsieur Belhadad, collègue socialiste, en a aussi fait voilà les frais, c'est c'est aussi une liberté de ton et d'expression à laquelle nous sommes tous attachés ici même si nous en faisons les frais, c'est le principe aussi d'une démocratie bien vivante, mais je vous laisse répondre peut-être sur le pluralisme et la question peut-être plus précise. Je me suis permis de rebondir sur l'humour, la question peut-être plus précise du cordon sanitaire et du respect qui là est une question Alors le la citation que vous avez bien voulu faire de mes propos qui étaient dans une interview à Ouest-France euh euh visait la chaîne TF1. Quand on dit TF1, c'est TF1.

Donc effectivement, TF1, c'est une chaîne très puissante, très importante dans notre pays et dont les journaux d'information sont les plus gros journaux d'information du pays de loin, le 20h et le 13h, ce sont des institutions pour beaucoup de familles françaises, en particulier en province et il y a plusieurs millions de nos concitoyens qui s'informent tous les jours sur TF1 et donc conscient de cette mission, conscient de de cette puissance, conscient de cette importance, on est extrêmement rigoureux à la ligne éditoriale, au positionnement et à et à la et à la mission de la rédaction du groupe TF1 et de la et et et du service qu'il rend à nos concitoyens. Au service, je l'ai dit, je le répète, d'aucune idéologie idéologie, d'aucune personne, d'aucune thèse, d'aucune forme. Nous sommes au service des Français.

C'est comme ça et ça le restera. Ensuite, vous me posez une question sur une autre émission, une autre chaîne qui qui nous appartient effectivement, qui est dans notre portefeuille de chaînes qui s'appelle TMC. Quotidien.

Et Quotidien, c'est c'est c'est effectivement une émission qui n'est pas une émission d'information. C'est une émission Alors, on dit en franglais, vous m'excuserez devant la représentation nationale de parler franglais, mais c'est d'infotainment. Donc, c'est une émission bon qui est qui qui traite de de façon drôlatique, qui critique le monde politique.

C'est une émission d'information culturelle, d'actualité culturelle et qui critique un peu, enfin qui essaie d'être drôle, moi je trouve qu'elle est très drôle, le monde politique. Et d'ailleurs, le le je reçois des critiques dans mes interactions avec les uns et les autres d'absolument tous les camps. Donc, dans une forme d'œcuménisme.

Donc, je sais pas que si c'est une preuve de pluralisme, enfin en tout cas, un œcuménisme très largement partagé dans le dans le fait que effectivement, les saillies peuvent s'appliquer aux uns aux autres. C'est pas une émission politique et c'est une émission qui reçoit presque pas de d'un politique, parce que c'est pas sa vocation. Le on reçoit des hommes politiques sur le 20h de TF1 et Quotidien n'en n'en reçoit presque pas, il y a il y a quelques exceptions quand c'est vraiment justifié par le par le l'actualité.

Cette émission respecte les les les temps de parole euh comme comme vous comme vous l'avez cité avec son son ton son propos. Mais ce que je voudrais dire aussi c'est que il faut quand même éviter, je pense, de tomber dans deux dérives. Premièrement, mettre les émissions de euh euh caricature, de critique, d'humour au même plan que les chaînes d'information et que les journaux d'information.

Euh c'est c'est c'est pas exactement la même chose. Et deuxièmement, le pluralisme, vous le savez très bien, vous le savez même mieux que moi, euh est-ce que c'est dans la ? Euh il se juge au niveau d'une chaîne et pas au niveau d'une émission.

Et donc on on on peut pas non plus aller complètement encadrer euh la liberté euh de propos euh de de de d'intervenants ou d'humoristes dont le le propos c'est c'est c'est caricaturer. Peut-être une dernière question, mais ça va permettre de de répondre à mon avis à un corollaire et un prolongement à la question du rapporteur qui me semble être une question essentielle qui est la question des règles de pluralisme et donc des médias d'opinion. Euh Delphine Ernotte a peut dire jeter un pavé dans la mare il y a quelques semaines, il y a quelques mois en en en en indiquant qu'elle était plutôt favorable à à revenir aux règles de pluralisme qui obligent les chaînes d'information euh les chaînes que vous possédez, que vous dirigez euh à revenir sur les exigences de pluralisme interne, c'est-à-dire l'obligation que vous avez de respecter du temps de parole, d'invitation de tous les courants politiques, de tous les responsables politiques.

Euh quand Monsieur Bolloré est venu, je lui ai posé la question, il m'a indiqué que lui euh était favorable au au respect de ces règles de pluralisme et ne souhaitait pas construire ou créer des médias euh d'opinion. Euh c'est sa position. Euh en tout cas, le débat est lancé.

Je voulais euh terminer cette euh audition en vous posant la question euh est-ce qu'il faut maintenir dans un pays polarisé, fracturé, ces règles de pluralisme, de temps de parole qui sont effectivement parfois lourdes à gérer, à mettre en œuvre, ou est-ce qu'il faut euh euh assumer ou accepter que certaines chaînes deviennent des médias d'opinion ou des courants de pensée, les courants politiques ne sont pas ne sont pas traités de la même manière ne sont pas forcément invités. Voilà, c'est une question importante parce que je pense qu'elle éclairera aussi nombreuses propositions qui sont à venir, elle pourra peut-être même éclairer les débats de l'élection présidentielle qui qui arrive. Est-ce que vous êtes favorable ou non à une évolution législative pour créer des médias d'opinion ou est-ce qu'au contraire vous souhaitez rester dans dans ce qui existe aujourd'hui, c'est-à-dire la loi de 86 et des médias qui doivent tous respecter le le pluralisme de ?

Je je je peux commencer si vous voulez sur ce ce ce sujet-là. Nous, on va absolument pas, que ça soit dit clairement en préambule, modifier la ligne éditoriale des de TF1 et et de de ces grands journaux. Néanmoins, ce que je constate en tant que euh de groupe de médias, euh c'est que euh les règles qui concernent le pluralisme euh dans les chaînes de de télévision, elles datent de 1986 et d'une époque où le le seul média de masse, c'était la télévision et où les fréquences de télévision étaient distribuées par l'État en nombre extrêmement faible.

Donc il y avait une rareté à gérer euh dans l'accès aux différentes courants de pensée à la l'ensemble de la population donc sous forme de mass média. Et donc c'est logiquement le le législateur a considéré que la seule façon de garantir cet accès dans un contexte de rareté, c'est des règles très rigoureuses, très précises sur le pluralisme d'expression, le pluralisme interne. Aujourd'hui, je pense que on peut constater deux choses que les médias d'opinion, ils existent très largement et d'ailleurs quand vous dites faut-il des médias d'opinion, si vous me permettez, votre phrase elle est un petit peu imprécise parce que des médias d'opinion, il y en a, il y a les journaux qui sont des qui sont d'opinion depuis 1901.

Ouais, je parle pas de la presse écrite. Enfin pour moi média, c'est télévision, radio, c'est pas le même cadre juridique. C'est pas le même cadre juridique.

Et et sur internet, vous avez énormément de sites d'opinion. Et donc et donc vous avez un accès extrêmement large extrêmement libre à à une palette très importante d'opinion. Sur la télévision, vous avez aujourd'hui 25 je sais plus mais 25 chaînes gratuites sur la TNT dont chaque chaîne dont dont dont quatre chaînes d'information, on peut pas dire non plus que la rareté soit vraiment la contingence clé qui doivent structurer l'expression des chaînes de de télévision.

Qu'est-ce que je veux dire par ? En résumé, c'est que le pluralisme externe, il est très très respecté dans notre dans notre pays et que par conséquent les règles très rigides de pluralisme interne de mon point de vue elles sont un peu obsolètes. C'est pas un souhait pour le groupe TF1, nous ne bougerons pas de notre ligne comme je l'ai dit, on en est très heureux, très fiers, on est très conscients de la de la de la valeur et du rôle qui nous incombe.

Néanmoins, le pragmatisme amène à penser que on devrait aujourd'hui être raisonnable, revoir la loi de 86 sous maints égards on a on a on a parlé pendant tout le long de cet entretien de de toutes les asymétries qui pèsent sur nous qui viennent de cette époque-là et je pense que c'est aussi le cas pour des considérations de pluralisme interne qui je trouve sont un petit peu obsolètes à l'ère du digital. Merci. Comme monsieur Benmer vient de dire qu'il souhaitait pas faire évoluer la le positionnement éditorial, je pour moi il y a pas d'intérêt à faire évoluer euh la loi sur ce sujet-là parce que comme il l'a rappelé, je lui ai déjà en fait j'ai le même diagnostic. j'ai pas la même conclusion.

Aujourd'hui, il y a un pluralisme externe qui fonctionne très bien et vous l'avez rappelé, un positionnement très différencié des chaînes d'information dans un cadre qui est fixé aujourd'hui, il faut simplement s'attacher à ce que les l'application qui a été quand même revue par le Conseil d'État, enfin le le vrai, j'ai envie de dire coup de boutoir, il a été appuyé par le Conseil d'État. Et les et la la redéfinition par l'Arcom de de de de l'application de ce pluralisme ça, il faut que ce soit suffisant. Évidemment, il faut que ce soit opérationnel, j'ai envie de dire.

Et on sent que c'est un travail qui nécessite encore de la réflexion. Mais le cadre actuel de mon point de vue fonctionne très bien, permet aux chaînes d'avoir un positionnement différencié et on a un pluralisme externe qui n'a jamais été sans doute été aussi riche en France en terme de pluralité des des opinions qui peuvent s'exprimer à droite ou à gauche. Donc pour moi, pas de pas de nécessité.

D'accord. Alors pour compléter, en fait ce débat entre chaînes d'information et chaînes d'opinion, il a été tranché par le régulateur par l'Arcom qui a considéré qu'il y avait quatre chaînes d'information en France. Alors on a vu lors de nos débats que chacune avait sa personnalité et c'est très bien comme ça.

Donc finalement le pluralisme, les les règles de pluralisme n'empêchent pas que chaque chaîne ait sa personnalité. Après, il y a quand même un sujet par exemple si je vous donne l'exemple des municipales où nous si on il y a certaines villes qu'on a pas traitées parce que ça nécessitait de donner un temps d'antenne à chaque candidat sur des petites villes par exemple, on pouvait s'intéresser à tel tel ou tel sujet électoral, mais il fallait dans ce cas-là balayer l'ensemble des candidats et c'était extrêmement lourd pour une chaîne comme BFM TV. Donc peut-être qu'il faut revoir comme tu l'as tu l'as dit Rodolphe, les règles de pluralisme interne peut-être alléger certaines règles, c'est-à-dire garder le le cadre mais revoir quand même certains certaines règles qui sont probablement un peu obsolètes.

Merci beaucoup, il y avait une Je voulais juste illustrer ça. Vous nous annonciez que vous Je voulais juste illustrer ça. Vous allez acheter une chaîne d'information continue.

Non non mais nous nous avons RTL donc on est tenu aux mêmes règles et le enfin ce côté tatillon doit quand même s'alléger un petit peu. Je vous donne un exemple Roselyne Bachelot qui a été qui a été une éminente femme politique mais qui est aussi qui participe aux Grosses Têtes assez souvent bah quand elle est aux Grosses Têtes, on doit comptabiliser son son son temps de parole. Alors on sait pas on sait pas de quoi le déduire d'ailleurs mais mais donc je dirais non il faut que ça il faut que ça il faut que ça s'allège un petit peu que nous on a quand même un métier qui est déjà en soi compliqué si on pouvait essayer d'éviter de nous rajouter des instruments de de de de mesure Et en cela je crois que vous partagez la même même préoccupation que le service public audiovisuel sur cette question des temps de parole effectivement du pluralisme interne qui est parfois compliqué à à mettre à mettre en œuvre et c'est toujours regrettable quand des règles conduisent par exemple à l'arrêt d'invités politiques ce qu'on a vu sur certaines émissions sur certaines chaînes et c'est vrai que quand les règles finalement conduisent à renoncer à à à donner la parole aux responsables politiques ça peut finalement poser la question de la la pertinence de ces règles ou en tout cas la nécessaire évolution.

Je vous remercie infiniment tous les quatre d'avoir répondu à nos à nos questions de l'avoir fait conjointement c'était un souhait de la commission d'enquête qui a permis de mesurer vos nuances mais aussi de de combats qui vous ont réuni notamment dans cette concurrence avec les plateformes et des et des réseaux sociaux. En tout cas merci et à travers vous ça permet aussi de saluer l'engagement des salariés de l'audiovisuel privé. Merci beaucoup. !