Quel avenir pour Marine Le Pen ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'avenir politique de Marine Le Pen qui se joue aujourd'hui sur le terrain judiciaire puisque la cour d'appel de Paris rend cet après-midi sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front National à l'époque. Alors si la présidente du URN est condamnée à plus de deux ans d'inéligibilité, elle ne pourra pas se présenter à l'élection présidentielle 2027. On va analyser les enjeux de cette décision avec mes invités.
J'accueille sur ce plateau Julie Couturier, Bonjour. Vous êtes présidente du Conseil national du Barreau. Bonjour Vincent Couronne.
Bonjour. Vous êtes chercheur en droit et cofondateur du collectif français Les Surligneurs, un média spécialisé de la vérification des faits du point de vue juridique. Et puis j'accueille Lou Frittel.
Bonjour. Vous êtes journaliste politique à Paris Match. Lou Frittel, première question, qu'est-ce qui se joue aujourd'hui dans ces décisions ?
L'avenir politique de Marine Le Pen sera une prochaine année. En tout cas, elle avait dit en première instance, oui c'est une balle dans la tête, on veut ma mort politique. En l'occurrence, si Marine Le Pen prend de l'inéligibilité et notamment 5 ans d'inéligibilité comme en première instance, elle aura déjà purgé un Maintenant, elle aura 4 ans à vivre sans mandat électif, y compris mandat de député.
Donc ce qui se joue aussi, c'est l'élection présidentielle. Est-ce que c'est elle qui sera la candidata du Rassemblement national ou son dauphin, Jordan Bardet, se joue peut-être aussi l'avenir de cette présidentielle parce que d'aucuns considèrent que Marine Le Pen serait plus à même de battre dans un second tour quelqu'un comme Édouard Philippe quand Jordan Zan Bardella peut paraître plus jeune, donc peut paraître plus faible, plus facilement prenable par les adversaires. On était à Liévin ce week-end dernier pour justement le dernier meeting commun des deux en amont de cette décision et elle-même avait dit, voilà, ça aura des conséquences.
Tout se jouera avec les deux mêmes personnes mais ça aura des conséquences sur la suite des événements. Au ERN, tout le monde dit que rien ne changera, que le programme ne changera pas ou très à la marge, que ce sera surtout une question de style. Après ça dépend aussi des interlocuteurs.
On a vu que Jordan Bardella par exemple sur la question de La réforme des retraites, ce n'était pas clair. Lui parlait plutôt de s'intéresser au nombre d'années de cotisations et non pas à la mesure d'âge. Marine Le Pen, elle y est très attachée.
On dit que Jordan Bardella est plus libérale que Marine Le Pen. C'est peut-être un peu extrapolé. Enfin bon, il y a des différences.
Donc on verra, on parlera des conséquences de cette décision aujourd'hui. Vincent Couronne, au-delà de l'avenir politique de Marine Le Pen, est-ce que c'est aussi un moment important pour notre démocratie et et le rapport entre justice et pouvoir politique. C'est un moment de vérité, parce qu'en démocratie, on a un principe qui est la séparation des pouvoirs.
Un pouvoir exécutif, un pouvoir législatif, un pouvoir judiciaire. Et ces dernières années, Marine Le Pen n'a cessé d'attaquer la justice, les juges en particulier. Mais ce n'est pas quelque chose de très original.
Les gens qui se sont condamnés par la justice, très souvent, surtout en politique, attaquent eux-mêmes la justice pour essayer de la délégitimer. Sauf qu'on est dans un état de droit dans lequel les juges appliquent la loi et la loi, elle prévoit ici une condamnation dans le cadre de ce genre de délit avec la possibilité de prononcer une exiction provisoire. Et donc la question, c'est de savoir est-ce que la justice, en fait, elle applique la loi de la même manière pour tous ou est-ce qu'elle considère qu'une personne qui est potentiellement candidate à une élection préhentielle doit pouvoir échapper à la loi.
Je précise que la loi ne prévoit pas cela et qu'elle place sur un même plan une personne qui est candidate, une personne qui n'est pas candidate. D'ailleurs, la fonction même de cette peine, l inéligibilité, c'est bien de rendre une personne inéligible et de l'empêcher de se présenter à une élection. Donc le moment de vérité ici, c'est de savoir est-ce que ce pouvoir judiciaire sera suffisamment solide ?
Et on voit sur nos images le public qui est présent devant le palais de justice, c'est-à-dire l'attente de l'opinion vis-à-vis de cette décision judiciaire qui concerne Marine Le Pen, Julie Couturier. Quel est l'enjeu de cette journée, de cette décision du point de vue de la justice – Alors du point de vue de la justice, en réalité on a un certain nombre de scénarii qui peuvent être en effet descendus. Puisque, alors du point de vue de la justice, je rejoins complètement Vincent en couronne, sur l'enjeu en termes de préservation de l'état de droit, d'indépendance de la justice et d'essayer d'expliquer ce qui n'est pas toujours complètement facile, qu'il n'y a pas de justice politique.
Il y a une justice dont les décisions peuvent avoir des conséquences politiques, ce qui n'est pas du tout la même chose. On a des juges qui en première instance, comme on l'imagine en appel, statuent sur des faits, sur des qualifications juridiques, sur des peines et ça c'est effectivement leur travail indépendamment de l'agenda politique des personnes qui comparaissent devant elles. Est-ce que vous pouvez nous expliquer le déroulé de cet après-midi particulier ?
Donc ça commence à 13h30 avec l'exposé des décisions ? Avec, oui, une lecture de l'arrêt qui va être rendue et je pense que cette lecture va être assez longue puisqu'il y a un certain nombre de prévenus dans cette affaire. Il n'y a pas que Marie Le Pen, même si évidemment c'est elle qui attire tous les regards et toutes les attentions.
Mais il y a un certain nombre de prévenus et ce rôle de lecture de la décision a aussi, si je puis dire, un peu un rôle pédagogique puisqu'on a à ce moment-là un peu la motivation de ce qui sera finalement décidé par la Cour. Lou Frittel, pardonnez-moi, cette justice est-ce qu'elle a dû accélérer face ce calendrier électoral après l'addition de première instance ? Alors, il me semble, et je parle sous votre contrôle, qu'effectivement, il y avait un créneau...
Enfin, en tout cas, dans ce genre d'affaires, il y a toujours un créneau...
Enfin, ça fait des années quand même que l'on est sur ce procès. Donc il y a toujours un créneau en tête pour justement accélérer un peu et ne pas se retrouver dans la seringue, soit au moment de l'élection présidentielle, soit juste après. Donc en l'occurrence, ce que j'avais cru comprendre, c'est qu'effectivement, il y avait eu une accélération de la procédure, mais qui était très attendue.
C'est la même chose dans d'autres dossiers. Donc il n'y a rien d'inouï. En l'occurrence, quand on s'est indigné, en tout cas, certains sont indignés de l l'exécution provisoire de Marine Le Pen lors de la première instance, finalement c'est peut-être, et je dis bien peut-être parce que bon, quand même, ça paraît assez compliqué pour Pour elle, de se retrouver finalement candidate à présidentielle, il ne faudrait pas qu'elle ait brassé électronique et il faudrait qu'elle soit condamnée à moins de deux ans d'inéligibilité.
En l'occurrence, le fait d'avoir été condamnée en première instance à de l'exécution provisoire fait qu'elle a déjà purgé une partie de sa peine finalement c'est c'est presque un avantage pour elle aujourd'hui après elle a été assez clair sur le fait que par exemple le fait d'avoir un contrôle judiciaire, ça l'empêcherait complètement de faire campagne donc elle n'irait pas se présenter. – On va évoquer dans un instant les différents scénarios possibles mais peut-être revenons sur l'affaire en elle-même, c'est l l'aboutissement d'une affaire politico-judiciaire qui dure depuis des années sur cette question de l'utilisation des fonds alloués pour les collaborateurs du Parlement européen. – Oui, c'est neuf ans d'instruction à cette affaire-là, un dossier assez gigantesque puisqu'il y a des années et des années de malversation financière, de détournement des fonds du Parlement européen au profit du parti Front National à l'époque alors alors que les règles du Parlement européen prévoient bien que l'usage des fonds du Parlement européen doivent être faits au profit des groupes au Parlement européen et non pas des partis dans leur propre capitale.
Et c'est en ça que parfois on a comparé cette affaire à celle du Modem, mais ce n'est pas vraiment comparable, même s'il y a des faits et des qualifications juridiques qui sont identiques. Les montants ne sont pas les mêmes, la durée des Les manifestations ne sont pas les mêmes. Et puis la défense non plus n'a pas été la même, puisque Marine Le Pen et le Front National ont toujours dit qu'ils n'avaient rien commis d'illégal et ils avaient déjà été condamnés par le passé pour ce genre de faits. – D'ailleurs on va Écoutez, Jordan Bardella qui parlait hier depuis le Parlement européen puisqu'il était aussi eurodéputé et il exprime sa sérénité avant cette décision.
Nous avons travaillé, nous nous sommes préparés, nous avons ont anticipé les différents scénarios, y compris le scénario le plus négatif nous concernant. Mais nous nous sommes aussi préparés à une campagne qui verrait Marine porter notre camp pour la quatrième fois consécutive. L'offrit-elle juste avant de rentrer vraiment dans les différents scénarios ?
On peut dire aussi que la défense du RN de Marine Le Pen a évolué durant ce procès entre la première instance et l'appel. Elle a dit à un moment donné si peut-être on a fait une faute. Pour moi, ce n'est pas une grande évolution.
En revanche, il y a eu un vrai débat de questions de droit pendant plusieurs heures, plusieurs jours, il me semble justement sur l'article qui avait été utilisé. Ils ont été condamnés aussi sur fondement d'un article qui dit que les agents dépolitaires de l'autorité publique et de l'État ne peuvent pas détourner l'argent comme ils l'ont fait, l'utiliser de cette façon-là. Sauf qu'est-ce que ça concerne déjà un député français parce qu'il y a une jurisprudence qui existe ?
Est-ce que ça concerne un député européen et non pas français ? Et ensuite, est-ce qu'un député, c'est quelqu'un qui est dépositaire de l'autorité publique ? C'est encore autre chose.
Est-ce que c'est un administrateur ? Donc il y a eu des débats, il y a eu des questions de fond assez intéressantes, mais je n'ai pas eu l'impression honnêtement qu'il y a eu vraiment un changement de stratégie de la part du rassemblement national. Ils étaient plus dans le droit et beaucoup moins dans la politique, un peu la manière d'un Nicolas Sarkozy en première instance dans le procès libyen qui effectivement était sur la politique et il a fallu passer sur du droit au bout d'un moment.
Alors Julie Couturier pour bien comprendre, d'abord de manière peut-être synthétique quels sont les différents scénarios possibles aujourd'hui pour Marine Le Pen ? Alors vous avez une première option qui n'est manifestement pas la plus probable selon les commentateurs mais qui est celle de la relax, c'est-à-dire que la cour d'appel considérait que les faits ne sont pas qualifiés et donc effectivement décide de relaxer Marine Le Pen. À ce moment-là il n'y a évidemment aucun risque sur le plan politique et elle est libre de ses mouvements sur le plan électoral.
Il y a un deuxième scénario qui est, si je puis dire, la confirmation pure et simple d'une condamnation dure, c'est-à-dire effectivement quatre ans d'emprisonnement même si cette peine d'emprisonnement est aménageable et une peine d'inéligibilité, Lou Frittel le disait, supérieure à deux ans. Et c'est tout le paradoxe. En fait, il y a deux paradoxes dans cette affaire.
Je fais une petite parenthèse. C'est qu'en effet... on a vraiment hurlé contre cette exécution provisoire de la peine d'inégibilité qui est en fait une peine accessoire alors qu'en réalité cette exécution provisoire pourrait aujourd'hui lui être avantageuse parce que si elle n était condamnée qui a une peine d'inéligibilité de deux ans au jour de l'élection, elle aurait purgé cette peine et ne serait plus empêchée de se présenter.
Donc ça c'est un premier… Ce serait une ironie de l'histoire. Ce serait un peu effectivement une ironie de l'histoire. Et puis l'autre, par paradoxe, c'est qu'on ne parle en réalité que de la peine accessoire.
Alors que la peine principale est une peine d'emprisonnement, certes aménageable, avec une amende de 100 000 euros, ne l'oublions pas. Mais en réalité, toute l'attention s'est concentrée sur cette peine accessoires. Voilà, donc les scénarios, c'est un, la relaxe, deux, une inéligibilité de moins de deux ans et trois, une inéligibilité de plus de deux ans qui, là, la condamne, si je puis dire juridiquement.
Si c'est une inéligibilité de moins de deux ans, elle a la possibilité théorique de se présenter. Mais là, entre en jeu la question de la peine principale, de la peine d'emprisonnement, de sa durée, de l'aménagement, puisqu'elle a expliqué qu'elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique. Et là, se pose la question quand même du poids d'une condamnation pénale dans le cadre d'une campagne présidentielle.
Alors arrêtons-nous sur cette question de la peine d'inéligibilité ou non, qui sera prononcée contre Marine Le Pen, Vincent Couronne, c'est vraiment la durée de l'inéligibilité qui va primer dans cette affaire du point de vue du calendrier électoral. – Oui tout à fait, d'autant plus que cette inéligibilité, c'est qu'on va tous avoir du mal à le dire pendant quelques Elle s'apprécie au jour de l'élection. C'est-à-dire qu'il faudra voir si ce n'est pas au jour où elle dépose sa candidature, est-ce qu'elle est inéligible ?
Si c'est le jour du premier tour du scrutin, est-ce qu'elle est ou pas ? 18 avril 2027. – Exactement, est-ce qu'elle est inéligible à cette date ou pas ?
Après la question de si jamais effectivement elle n'est pas condamnée à une peine d'inéligibilité en en appel, ou aujourd'hui, se posera la question de savoir est-ce qu'il va y avoir un pourvoi devant la Cour de cassation de la part du parquet. Et là, en tout cas, nous au surligneur, on a évalué la question et on s'est posé véritablement dans la question de savoir est-ce que ça veut dire que s'il y a pourvoi ça suspend la décision d'appel mais ça rétablit la décision de première instance qui prévoyait l'inéligibilité et donc l'exécution provisoire et donc l'exécution provisoire et il n'y a pas de consensus là-dessus entre les juristes à savoir est-ce que ça rétablit l'exécution provisoire ou pas ça c'est un vrai sujet et donc on va rentrer dans une sorte de flou un petit peu. Un débat juridique, Julien Couturier, quel est votre avis ?
Est-ce que finalement le parquet s'il se pourvoit en cassation pourrait empêcher Marine Le Pen de se présenter ? On peut ne pas être d'accord du coup parce qu'il y a un débat. Alors en effet je pense qu'il y a un débat juridique sur lequel je ne me prononcerai pas forcément ce qui est intéressant c'est peut-être la façon dont elle l'aborde elle, en disant que elle estime, et c'est le même discours qu'elle tient notamment sur la question du bracelet électronique, c'est que selon la condamnation, elle n'envisage pas forcément de se présenter, même si elle se pourvoyait à l'incassation.
C'est-à-dire qu'en fait, elle considère que cette accélération dont on parlait tout à l'heure, qui a été une mesure de bonne administration de la justice et d'audiencement pour essayer de concilier ces principes que sont l'accès au suffrage d'un côté et le fait de devoir juger comme tout citoyen, un responsable politique poursuivi pour des faits d'atteinte à la probité. De la même façon, il peut y avoir devant la Cour de cassation une accélération pour qu'une décision de la Cour de cassation soit rendue avant l'élection présidentielle. mais elle a clairement dit qu'elle ne voulait pas jouer, entre guillemets, là-dessus.
Bon, on verra ce qu'il lancera à cet égard. En l'occurrence, ce serait dramatique pour son camp si jamais elle se retrouvait dans une peine confirmée d'inéligibilité, juste avant la campagne présidentielle, sans alternative possible. – C'est ça, c'est pour ça qu'elle ne jouera pas. – Ce serait condamner son camp. – Une décision de la Cour de cassation, ce serait peut-être en janvier – C'est difficile à dire parce que la justice fixe son calendrier, mais dans les délais habituels, ce serait probablement après l'élection.
Maintenant, est-ce que comme pour la Cour d'appel, est-ce qu'un audiencement serait prévu avant mais il y a peu de chance. – Nous on entend dire que ce serait janvier justement, donc voilà, c'est flou. – C'est la cour d'organisation qui décide de toute façon à la fin. – Oui, c'est flou. – Alors dans cette affaire, il y a aussi On va parler de l'éventuelle peine de prison pour Marine Le Pen, notamment si elle est aménageable sous bracelet électronique.
Lou Frittel, elle l'a dit, la leader du Rassemblement national, elle ne fera pas campagne sous bracelet électronique sous contrainte non elle le fera pas honnêtement enfin elle l'a dit en off elle l'a dit on elle le dit depuis plusieurs mois c'est une manière de mettre la pression sur la justice non je pense que c'était une manière imaginez quand même qu'elle sait la première instance, ça date du 31 mars 2025. Vous avez 15 mois à tenir avant d'avoir une confirmation ou non de cette peine. Je pense qu'elle a aussi voulu se convaincre elle-même, elle a aussi voulu se mettre des bornes et essayer de se projeter dans une autre réalité qui est la plus probable aujourd'hui.
Attention, on ne va pas présumer non plus d'une décision de justice, mais qui est la plus probable aujourd'hui qui est que Jordan Bardella la Donc il a fallu aussi faire ce chemin intellectuel et puis de façon pragmatique, effectivement, vous imaginez si vous allez faire campagne dans les Outre-mer ? Ou faites comment si vous devez aller pointer au commissariat ? C'est pas possible, c'est littéralement pas possible.
Et puis c'est là un argument de poids formidable pour vos adversaires. En l'occurrence, je pense qu'elle l'a énormément dit aussi pour habituer ses soutiens parce qu effectivement, si demain elle a jusqu'à deux ans d'inéligibilité mais un bracelet électronique, je suis persuadée que certains lui diront « vas-y, présente-toi, tu es la meilleure chance pour nous ». Or, honnêtement, ce ne serait pas la meilleure configuration pour gagner une présidentielle que d'avoir une candidate avec un bracelet électronique qui, en plus, a fait aussi sa carrière politique comme son père sur les mains propres.
Donc non, ce serait très, très compliqué. Ça rentre dans la décision judiciaire, cette question du bracelet électronique et de l'impossibilité peut-être technique pour un candidat présidentiel de faire campagne ? Non ?
Non, je ne pense pas que ça entre en ligne de compte dans l'esprit des juges qui vraiment s'attachent, même si j'imagine que ce doit être difficile de faire abstraction du contexte politique. Mais je pense qu'effectivement, eux sont là pour faire du droit et surtout dans une affaire comme celle-là, dans laquelle ils vont être particulièrement regardés. Je pense qu'ils vont s s'attacher à motiver beaucoup cette décision dans ses différents aspects, que ce soit la peine principale ou la peine accessoire.
En ce qui concerne en effet cette peine d'emprisonnement à Je pense qu'il faut aussi le dire et c'est clair, c'est qu'y compris la décision de première instance a été parfaitement claire sur le fait que la peine d'emprisonnement ne voulait pas dire incarcération. Mais il a toujours été posé que cette peine, entre guillemets, d'emprisonnement était aménageable, ce qu'on appelle ab initio, c'est-à-dire dès la décision elle-même pour effectivement être sous la forme d'une surveillance par bracelet électronique. – Et puis Vincent Couronne, on peut aussi être condamné à une peine de prison aménageable sous bracelet électronique et se faire enlever, obtenir finalement le retrait de son bracelet, au bout de quelques mois Oui, il y a des procédures qui peuvent permettre ce genre de choses.
Mais surtout, rien n'empêche à une personne qui est sous bracelet électronique de faire campagne et voire même de se faire élire. Rien n'empêche a priori même une personne qui est incarcérée de faire campagne et de se faire élire en tout cas du point de vue la constitution donc marine le pen effectivement elle a toujours dit elle a déclaré qu'elle ne ferait pas campagne si elle si elle était sous bracelet maintenant voilà Attendons la décision, quelle sera-t-elle ? C'est une question d'image vis-à-vis des électeurs.
C'est une question d'image et puis c'est vrai que probablement que ces électeurs n'apprécieraient pas non plus un parti comme le Rassemblement National qui joue beaucoup sur la probité, qu'il est sa candidate condamnée et sous bracelet électronique. – C'est une question d'impact sur l'opinion publique, c'est-à-dire que ça peut être accepté par les sympathisants du Rassemblement national, mais pour élargir l'électorat, c'est plus compliqué. Honnêtement, je ne sais pas.
Je pense que vous gardez votre électorat, mais je n'en suis même pas persuadée. Mais en fait, c'est aussi un responsable politique qui a quand même un petit peu de de responsabilité vis-à-vis des gens en général, même les questions de probité. C'est vrai que d'aller se présenter au suffrage...
à la magistrature suprême dans ce genre de conditions, alors qu'en plus vous avez un plan Jambé, qui certes est jeune, Lorraine Bardella, certes manque d'expérience, mais bon, en tout cas, elle a toujours été présentée comme cela et c'est le seul parti qui aujourd'hui offre une alternative, quand même. desserviriez plus votre discours, paraîtriez complètement accrocher à votre ambition personnelle au détriment de l'ambition collective de ce parti et des gens qu'il représente. Or le rassemblement national, c'est quand même le parti qui revendique son côté anti-système, d'être proche du peuple, donc d'écouter les gens.
C'est la dernière chance pour beaucoup. En réalité, ce qu'est votre ascendement national, la plupart, c'est ça ou l'abstention. Donc si vous voulez faire retomber des gens dans l'abstention, c'est sûr que faire une campagne sous bracelet électronique, c'est une bonne idée. – Mais même la totalité du parti, du Rassemblement national peut être ternie par cette condamnation ? – Complètement, mais je pense que si Marine Le Pen, justement, imaginons soit dans cette configuration où elle est deux ans d'inligibilité et bracelet électronique, en fait qu'elle n'y aille pas sauve un peu les meubles quand même.
Mais ce serait compliqué pour Jordan Bardella, d'avoir son mentor condamné. D'ailleurs, question, est-ce qu'elle ira faire, elle ira en cassation si elle a moins de deux ans d'illégibilité ou jusqu'à deux ans, mais le bracelet électronique Parce que si vous ne retrouvez encore pas de présidentielle avec vous qui avez été condamné et votre dauphin qui se présente, lui-même va se retrouver à devoir répondre sur les accusations de de condamnation, enfin le thème de la condamnation. – Vincent Couronne. – Oui et puis Marine Le Pen a testé un petit peu le peuple contre la justice et contre les juges et ça n'a pas très bien marché, on se souvient au lendemain de sa condamnation en première instance, en 2025, elle avait organisé un rassemblement aux Invalides qui n'avait pas très bien marché.
Il n'y avait pas beaucoup de monde et son discours anti-juge, anti-justice, etc., de victimisation, eh bien, n'avait pas vraiment pris non plus dans l'opinion publique. Donc, il y a toute porte à croire qu'en tout cas, il faut l'espérer, elle ne réitère pas ce genre de discours qui est dommageable aussi pour la démocratie.
Alors justement, dans ce discours vis-à-vis de la justice, on va écouter les réactions politiques au sein des Républicains du parti LR, Bruno Rotaillot et Laurent Wauquiez dans l'attente de cette décision judiciaire. « Je ne souhaite pas que les débats politiques soient tranchés dans les prétoires. Je considère qu'ils doivent être tranchés dans les urnes.
Et je l'ai vu par le passé des combats politiques qui en fait utilisent la justice, parfois l'instrumentalisent, on tire des arguments. Je n'ai pas oublié que notre candidat à la présidentielle a été tué en partie par ça. Et donc, je n'ai pas dit ça. – Là, la Cour d'appel va devoir dire si, oui ou non, elle estime que Marine Le Pen est coupable de détournement de fonds publics.
Si jamais on sentait dans la décision qu'il y avait autre chose que des faits qui devaient rentrer en ligne de compte, alors il faudrait la dénoncer. Mais je veux dire que la justice...
Enfin, les hommes et les femmes politiques, pardon. Ils ne sont ni en dessous des lois, ni au-dessus des lois. Deux discours très différents au sein des Républicains entre Bruno Taillot et Laurent Wauquiez.
Julie Couturier, comment vous réagissez aux propos de Laurent qui sont très durs vis-à-vis de la justice, qui pourraient trancher un débat politique ? On a eu déjà ce débat à la suite de la décision de première instance du 31 mars 2025 sur les accusations contre la justice des attaques à dominem contre les juges eux mêmes c'est absolument scandaleux en réalité parce que précisément ce qui a été dénoncé, c'est-à-dire une atteinte à l'état de droit. On a beaucoup dit que cette décision de première instance était une exécution de l'état de droit et ce qui se passe est exactement l'inverse.
Vincent Couronne le rappelait, l'instruction a duré 9 devant. Le procès en première instance a duré deux mois. Le procès en appel a duré également plusieurs semaines.
Ça veut dire que Marine Le Pen, comme ses co-prévenus, bénéficient d une défense de qualité, que tous les incidents qui pouvaient être soulevés, tous les moyens de droit qui pouvaient être soulevés sur la forme et sur le fond l'ont été. Et donc cette accusation, et c'est pour ça, il faut faire attention justement sur ces sujets à la désinformation parce qu'en réalité précisément cette décision qui va intervenir cet après-midi va intervenir à l'issue d'un processus judiciaire qui fait l'honneur du système judiciaire français. – Et c'est important de le rappeler, Lou Frittel, alors si jamais Marine Le Pen ne pouvait pas se présenter à la présidentielle, eh bien le plan B, ORN, B comme Bardella est déjà prêt ?
Est-ce qu'il est vraiment prêt En tout cas, il n'a pas le choix. Il voit de plus en plus de journalistes ces derniers temps. D'ailleurs, on observe qu'il y a une sorte d'ouverture qui s'est faite lors du premier séminaire entre transpartisans mais entre marinistes et bardellistes disons-le comme ça visant à poser les jalons de la présidentielle c'était il y a un mois à peu près lui avait été reproché notamment en tout cas il lui avait été fortement en juin de rencontrer un peu plus notre profession parce que c'est vrai qu'il ne jouissait pas forcément d'une très bonne aura à ce niveau.
Manifestement, Il a travaillé, oui, il connaît...
Il a travaillé sa stature de candidat ces derniers mois. Oui, il connaît ses dossiers, mais il a 30 ans et en fait, être candidat à présidence de la République à 30 ans, ça vous place dans une orbite haute, comme dit Marine Le Pen, comme un certain Jean-Marie Le Pen avant elle. Mais après, un président de la République élu extrêmement jeune, Emmanuel Macron à 39 ans, qui avait été ministre, qui avait été secrétaire général adjoint de l'Élysée, c'est compliqué, honnêtement.
Après, il peut jouir aussi de cette image-là. C'est-à-dire qu'on ne l'a jamais essayé. On a essayé des gens qui sont censés être des Mozart de la finance et qui ont en fait accentué le problème de nos finances publique.
Donc finalement, l'incompétence qu'on lui prête peut être un avantage, un atout. Après...
Il peut faire aussi des erreurs de jeunesse stratégiques en termes de communication, par exemple des paparazzades avec une princesse à Monaco. Alors ça défend laquelle ? La première peut-être pas.
La deuxième n'a pas été celle où justement étaient effectivement à Monaco pour le Grand Prix de Formule 1, c'était leur anniversaire de rencontre. C'est même pas tant le fond, c'est la forme, la photo prise d'en dessous, les deux au balcon regardant vers le bas. Mais en fait, les gens de l'UDR par exemple d'Éric Ciotti, qui sont quand même plus bling-bling que ceux du même eux disaient qu'il ne faut pas faire ce genre de choses.
À la rigueur, vous descendez, vous allez voir les voitures, vous faites comme si vous y connaissiez, vous essayez d'une image un peu virile. Et c'est vrai qu'il y a quelques erreurs de communication comme ça. Pour l'instant, ce qu'il faut bien se dire, c'est qu'on n'est pas encore dans la présidentielle dans la présidentielle c'est pas un examen c'est un concours un examen vous gagnez des points au fur et à mesure un concours où on voulait retire donc ce genre de choses on perd des points c'est un point qu'on pourra vous retirer après qui va revenir et qu'on On pourrait vous retirer après.
Comme quand il a dit également qu'il n'allait pas à la marche blanche pour Liana, car des marches blanches, il y en a tous les jours. C'était maladroit, à minima. Vincent Couronne, pour conclure, si jamais Marine Le Pen ne pouvait pas se présenter à l'élection présidentielle en tant que favorite des sondages des Français, est-ce que ce serait quand même un bouleversement dans l'histoire de la Vème République ? – Ce serait une décision de justice historique, c'est sûr, mais qui ne serait que l'application de la loi.
Maintenant, ce qui serait intéressant, c'est de voir comment elle articulerait sa fonction avec un candidat à la présidentielle de son parti. Est-ce qu'elle a toujours dit qu'elle ne voulait pas être première ministre, mais est-ce que malgré tout, elle serait candidate pour être première ministre ? Et les institutions, la constitution de la Ve République permettrait d'imaginer un deal entre Bardella et Le Pen où c'est Marine Le Pen qui véritablement gouverne en tant que première ministre.
Et Jordan Bardella s'effacerait un petit peu derrière Alors, le Premier ministre, ça elle a dit, elle ne le fera jamais. Mais ça, elle le dit avant son procès ? Non, vraiment pour le coup, elle s'est proche, elle ne s'est jamais projetée là-dedans, elle s'est présidence ou Et on verra cette décision judiciaire.
Réponse dans quelques heures. Merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat. Et justement, aujourd'hui, vous pourrez suivre notre émission spéciale « Sens public à 18h consacrée à cette décision judiciaire concernant Marine Le Pen, une décision qu'on va décrypter demain dans « Bonjour chez vous » dès 7h30.
Merci à tous d'avoir suivi cette émission et à demain.
Marine Le Pen