EMMANUEL MACRON : COMMENT EST-IL PERÇU À L’ÉTRANGER ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Temps de parole
- ?100 %
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Quand Emmanuel Macron dit "Nous devons agir à propos de Gaza ou à propos de l'Ass Jordanie ou à propos des Palestiniens, qu'est-ce que nous pouvons faire ? Euh qu'est-ce que Qu'est-ce qu'on rompe les relations diplomatiques avec Israël ? Euh comment faire un blocus économique ? Envoyer des troupes. Et bonjour Ris le somier. Bonjour Richard. [rires] Je sais plus s'il faut appeler les gens en entier dire une faill dire Richard 16 mais je me suis dit non, on va s'appeler Rich. Voilà, je dis Régie se somilier pour ceux qui nous écoutent sans nous voir et sinon on va s'appeler Régis et Richard parce qu'on est copain comme c'est pas permis. C'est ça.
Évidemment, on a tous été séduit par la manière dont Emmanuel Macron à la tribune de l'ONU a euh parler du Hamas en expliquant que le Hamas n'avait jamais sévi en 6 Jordanie. Évidemment, ça a un peu fait tousser les gens. Et Emmanuel Macron a tout de suite réagi d'une manière intelligente. Il a d'une part supprimé le passage dans la vidéo officielle. Voilà. Donc bien sûr, c'est lui qui nous donne des leçons de poste vérité de transparence. Mais donc l'Élysée a décidé de supprimer le passage. Et après deuxème ligne de défense, en fait c'est une erreur de traduction, c'est-à-dire un président français parle en français et fait une erreur de traduction.
Alors il paraît en fait que ça avait été rédigé en anglais et que c'est lui-même en se traduisant parce que ben c'est ça les cerveaux les cerveaux complexes. On n'est pas on sait pas comment ça marche nous. Et en fait, ça ça m'a fait évidemment fait penser à la baffe qui s'était prise de la part de Brigitte et tout le monde avait expliqué d'abord que c'était une Iarusse et ensuite que c'était un geste d'amour. Mais fondamentalement surtout le président de la République française est une fois plus apparu comme euh quelqu'un de brouillon. Et tout ce discours de d'Emmanuel Macron à l'ONU en fait n'a pas du tout porté les fruits qu'il en espérait et même en espérait-il un quelconque fruit ?
D'abord euh constatons que c'était son dernier discours euh en tant que président devant la tribune de l'ONU et que ce faisant, on aurait pu imaginer quand même que Emmanuel Macron lui-même ou les conseillers de l'Élysée en tout cas euh sur ces six mots hein qui qui font polémique aurait pu quand même faire un peu de de background checking, on dira-dire de voir quelle était la pertinence de cette phrase et l'état réel de la présence du Hamas et de son influence en 6 Jordanie. Il aurait ils auraient constaté que en effet même si aux dernières élections municipal en avril dernier, c'est très rare qu'il y ait des élections en six Jordanie mais il y en a eu quand même dans certaines villes.
Le FATA avait remplorté la majorité, il n'y avait pas de candidat affiliés strict au Hamas, même si des gens proches du Hamas avaient obtenu des résultats notoirs, notamment dans la ville d'Hébron et dans des quartiers extrêmement peuplés.
Mais euh disons que c'était cette élection-là ne suffisait pas à déterminer si le HAMAS'était vraiment présent ou si c'est lui qui euh euh bon ce qu'on sait en réalité, il faut pas se voiler à la face, c'est que euh la résistance entre guillemets comment opposé par le Hamas à Gaza, l'affaire des otages comment israéliens, les négociations pour la libération des otages qui du côté palestinien ont conduit à la libération de centaines de prisonniers du Hamas mais aussi du djihad islamique et d'autres groupes affiliés ont ont contribué à donner une aura au Hamas considérable et on fait considérablement progresser sa popularité.
Ça c'est des choses que je vous dis qui sont assez factuelles qui normalement devraient être euh on va dire dans les euh dans les les ordinateurs des gens de l'Élysée et dans ceux qui préparent les discours d'Emmanuel Macron. Bref, oui, la la ligne de défense, elle est effectivement Bon, cette fois-ci, on n pas eu c'est les Russes qui se sont imissés dans son cerveau pour faire dérailler. Et effectivement, vous avez raison, on voit pas où peut où peut intervenir le problème de traduction dans la mesure où il nous parle en français et que nous on comprend le français quoi et là il y a pas de doute.
Bon après la question qu'on peut se poser et moi je pense que Emmanuel Macron est loin d'être un idiot et que il sait parfaitement que c'est la fin de son quinquena même si il est on voit bien qu'il a envie de rester on a envie il a envie de compter que sur la tribune de l'ONU c'est en général un exercice qu'il adore même si ça débouge pas sur grand-chose et si c'est quand même quelqu'un qui aime bien se payer de mots il a l'impression effectivement de compter alors qu'il n'est que spectateur.
C'est ça la aussi un des grands enseignements de ce type de de discours comme celui de Trump d'ailleurs, c'est que par rapport à des guerres comme la l'Ukraine et l'Iran, même si les États-Unis c'est eux qui ont déclenché la guerre, aujourd'hui c'est plus eux qui qui dict qui donnent le tempo. Les Iraniens ont quelque part repris la main. On bloque deux des trois. Et là, on est dans une situation où l'Amérique ne peut pas décider seul, même s'il y a toujours cette emphase trumpienne caractéristique, la menace de l'anéantissement et cetera.
Donc, vous avez deux présidents, Emmanuel Macron et Donald Trump, mais encore plus Emmanuel Macron que Donald Trump qui n'ont plus voix du tout au chapitre. Quand je dis spectateur, c'estàd que euh quand Emmanuel Macron dit "Nous devons agir à propos de Gaza ou à propos de l'Ass Jordanie ou à propos des Palestiniens, qu'est-ce que nous pouvons faire ? Euh qu'est-ce que Qu'est-ce qu'on rompe les relations diplomatiques avec Israël ? Euh, comment faire un blocus économique ? envoyer des troupes. Qu'est-ce que voilà, c'est toujours quand je dis ce payer de mots, c'est on voilà devant à la tribune de l'ONU, on annonce des choses mais en fait en réalité il y a rien derrière.
Alors la question que je me pose, je vois que vous êtes impatient, je avec avec intérêt. Non, mais vous allez voir, c'est je pense qu'Emmanuel Macron pense au coup d'après. Voyez, voyez-vous, euh la guerre à Gaza, il était pas obligé d'en parler hier si ce n'est pour rappeler que il y a 1 an, il avait été effectivement à la tête d'une initiative qui avait vu la France reconnaître l'État de Palestine avec 12 autres pays. Donc là, de ce point de vue là, il pouvait rappeler ce ce contexte, mais aller jusqu'à développer et faire une partie de son discours sur la question palestinienne, c'était pas tellement d'actualité au regard des autres problèmes, conflits, essence et cetera et cetera.
Comment blocage d'ormous et compagnie, c'était pas l'actualité n'était pas pressante sur Gaza, sur le Hamas et sur l'État palestinien. [grognement] Donc moi mon idée c'est que comme il est à la tribune de l'ONU, vous savez à la tribune de l'ONU chacun fait son marché géopolitique quelque part et et prépare son avenir. Et je pense qu'Emmanuel Macron est déjà dans le coup d'après. C'est-à-dire qu'il se voit peut-être à la tête de la Commission européenne, il se voit peut-être en tout cas il se voit comme une personne internationale. D'ailleurs, il y a plus que ça qui l'intéresse. On a l'impression.
laisse brave le cornus se débrouiller avec les augmentations du diesel et les blocages successifs et et la et le mécontentement populaire. lui, il est de sur les nuées [raclement de gorge] d'une d'un Macron qui va se projeter, on va dire, probablement dans les instances européenne, mais peut-être ailleurs.
Et de ce point de vue- là, l'affaire palestinienne est extrêmement, on va dire, elle rapporte, c'està-dire, il a vu comment Pedro Sanchez en dépit de ses déboirs sur la question migratoire a fait une singularité de l'Espagne en s'opposant aux États-Unis, en s'opposant aux Israéliens, en s'opposant à la guerre en Iran et quelque part lui a veé la volé la vedette d'une forme de leadership incarné par l'Europe et qui s'alignerait, on va dire, sur les briques. globalement, c'estàd qu'il ferait que l'Europe mais Pedro Sanchez va on va dire céder la place bientôt et et je pense qu'Emmanuel Macron a pour ambition justement de de voir dans le coup d'après.
Et pourquoi la le la question palestinienne ? Tout simplement pour essayer tenter de capitaliser sur le flow émotionnel lié à cette crise liée au 7 octobre. flot émotionnel dans le monde en général, dans la jeunesse en particulier.
C'est une une trajectoire par exemple qui a suivi, on ne sait pas où jusqu'où elle ira mais euh qui a suivi Dominique de Villepin euh dans euh son projet de candidature, c'est de se placer, on va dire, pas dans une euh sans être un comment on va dire un un défenseur de la cause palestinienne naturelle, on va dire, d'une gauche très impliquée et cetera, mais plutôt de prendre, on va dire, une sorte de de de faire un constat géopolitique que il y a eu un impact émotionnel énorme avec cette guerre à Gaza que Israël se retrouve l'image d'Israël se retrouve dégradée considérablement et et sur ce ce capital là pour plus tard essayer d'incarner quelque chose au niveau européen dans une autre fonction qui serait la sienne à la fin de sa mandature.
Alors euh je j'entends bien et effectivement ce genre de calcul politicien et bien dans l'esprit d'Emmanuel Macron euh on sent que les fonctions qui l'occupe ne l'oblige pas du tout à les exercer mais l'oblige surtout à faire en sorte de satisfaire son sa propre ambition. Mais quel est l'impact réel ? Parce que on se dit voilà au bout de quasiment 10 ans, bientôt 10 ans d'exercice du pouvoir, tout ce qu'il a lancé en fait a plus ou moins échoué. La parole de la France a été dégradée par ses soins. Euh la diplomatie française n'existe quasiment plus. Il a on sait ce qu'il a fait euh du Kedor et des ambassadeurs.
Et donc lorsque Emmanuel Macron parle, les titres des journaux, c'est pour nous dire par exemple le point pour Trump. Les échanges avec Macron ne sont pas importants. On n pas du tout l'impression que Maudit cherche à lui parler, que Chi Jin Ping cherche à lui parler, que la coalition des volontaires pour l'Ukraine est une quelconque action. On a l'impression que Macron en France est perçu comme quelqu'un qui existe sur la scène internationale mais qu'à l'international euh Macron n'est qu'une voix parmi d'autres. Il y a même pas qu'une voix.
Enfin, je pense que en effet, vous avez tout à fait raison de souligner que euh l'impact et l'emprise de la France quand je dis spectateur, ça résume un peu ce que vous venez de dire. Euh il y a acteurs et spectateurs dans le monde. Il y a ceux qui quand ils appuyent sur un bouton ou quand ils décident quelque chose et bien il y a une conséquence immédiate sur le terrain. Prenez quelqu'un comme Poutine. Poutine est un acteur. Vous parliez de Narandra maudit pareil. Vous prenez jipping également c'est des gens dont l'action immédiate va avoir une conséquence va fâcher ou va satisfaire les uns et cetera. Avec Emmanuel Macron, il y a que des mots. Il y a pas une action de la France.
Alors peut-être si cette espèce de dissuasion élargie peut-elle effectivement avoir un impact et attirer nos nos camarades de l'Est qui ont qui qui voi une manière de se défendre contre l'ours russe, mais en dehors de ça, il y a pas de et encore est-ce vraiment concret dans quel comment ça va se faire et cetera ? Il y a pas vraiment de de conséquences, mais je je vais vous prendre un exemple un petit peu plus euh euh sur du long terme en fait. de la présidence Macron et je vais revenir sur un pays en particulier qui est le Liban. Euh souvenez-vous euh nous étions en août 2020 et c'est l'explosion du port à Beou.
Immédiatement Emmanuel Macron se porte au chevé du Liban et déclare que il va, on va dire aider il se met en avant, c'est lui qui va agir et cetera et cetera. Euh moi, je me suis rendu au Liban deux fois cette année, la deuxième fois euh en avril euh au moment où Israël euh menait sa campagne le mène toujours au sud de Liban en en rasant pas mal de villages et en en en essayant de faire reculer le Esbola.
Et je me souviens de une chose qui m'a vraiment marqué à l'époque, c'est que les futurs candidats de la présidentielle, c'est-à-dire Runo Rota euh Édouard Philippe et Raphaël Gluxman, coup sur coup sont tous se sont tous rendus à Kief et et personne ne s'est rendu à Beyrout alors que les Libanais auquels je parlais, qui je voyais tous les jours avaient une attente incroyable euh de la France qui les avait purement et simplement oublié et et je trouve que c'est assez C'est cet exemple est assez symptomatique de ce qui s'est passé, de cet effacement de la France qui a eu lieu pendant l'Air Macron. [raclement de gorge] On en reparle juste après le flash d'actualité.
[musique]
ligne droite. [grognement] Alors effectivement personne ne s'est ru à Beou alors que le Liban est censé être un allié de la France ou que la France est censée avoir une une affection particulière pour le Liban et le le Liban a disparu de la vie politique française au moment même où Emmanuel Macron au contraire en avait fait l'une de ses priores. Macron lui-même n'en parle plus du tout.
Non, c'est c'est alors je crois qu'il y a François Xavier Bami qui euh s'est rendu au Liban, mais en dehors de ça, aucune aucune personne, on va dire, il c'est pas un proche de Macron, mais aucune personne dans la dans la on va dire dans la sphère politique macronienne n'a daigné vraiment s'intéresser à ce pays qui, on va dire correspondait correspond toujours à à une un des voilà, c'est une des cartes que nous avions au Moyen-Orient et la France et le Liban, bah il y a un côté fraternel entre les deux et les Libanais sont extrêmement en demande de ça et voilà et c'est l'éclipse complète.
Donc ça pour moi ça ajouté à la au déconvenu successive en Afrique montre combien et à quel point on a reculé dans le monde. Alors après, faut pas s'étonner que quand un discours est prononcé, on va dire à la tribune de de de l'ONU, bah les gens l'observent comme ça et savent que de toute façon il y aura aucune conséquence. Le fait que il n'y ait aucune conséquence en fait n'a pas du tout l'air de frapper les journalistes français qui nous parlent en permanence euh de la stature internationale de Macron. Euh euh je cite par exemple euh quelque chose que que j'ai pris sur France info si je ne m'abuse.
À 7 mois de son départ de l'Élysée, Emmanuel Macron s'affiche essentiellement sur le plan international. Voilà, mais il veut montrer en répondant durant 30 à 40 minutes aux questions de Gill Boulou et Caroline Drou que son action reste corrélée au quotidien des Français. Donc il s'affiche, je crois que le terme est exact en fait. Oui, il s'affiche et euh quand il est alors à l'intérieur, ça pour le coup euh il y a un phénomène typique de d'Emmanuel Macron, c'est quand il n'arrive pas et c'est c'est ce qui est en train de se passer avec la visite du pape, euh quand il n'arrive pas à privatiser l'événement à son compte, il s'en désintéresse.
Donc là, il va effectivement aller accueillir le pape, mais il n'assistera à aucune messe parce que le protocole vaticanien n'a pas cédé, n'a pas accepté les demandes, enfin, il y a pas eu d'accord. Et donc euh à quoi euh finalement euh quand si vous voulez quand quand c'est Emmanuel Macron qui dicte ce qui va se passer, quand c'est lui qui est mis en avant, par exemple, prenez l'exemple de Notre Dame, à la fois l'incendie, les les les con enfin les lendemains de l'incendie et la reconstruction. À chaque étape, on a vu Emmanuel Macron présent, extrêmement présent.
Et là, comme il ne peut pas euh agir et que le souverain pontif en fait euh bah a ce message particulier, et bien il il laisse tomber complètement le le voilà, il se désintéresse parce qu'il ne peut pas privatiser l'événement. C'est c'est assez terrible. C'est c'est lui sa personne, il est pas capable de se dire "Bon euh euh j'ai une personnalité qui représente un milliard de chrétiens de catholique dans le monde. Euh la France fille est né de l'église. Euh oui, je suis président de la France mais je peux aussi humblement accompagner ça en assistant, on va dire au second plan à une messe quoi, par exemple. Mais non, c'est pas possible pour lui dans son logiciel.
ça doit être lui d'abord et et ça euh voilà, c'est c'est peut-être l'ivresse du pouvoir qui donne ça, le fait que un certain isolement enfin ça peut s'expliquer aussi par l'hyper présidentialisme euh qui est propre à la France, hein, qu'on est quand même on a quand même on coupé la tête de notre roi, mais on on passe notre notre temps depuis avec des présidents à essayer de le remplacer en tout cas à faire une sorte de de calque et et l'hyper présidentialisme c'est ça et pour moi pour une personne comme Emmanuel Macron, c'est un exercice d'ego. Voilà. Et quand ça gêne, ben on passe à autre chose. Voilà. Parlons justement du voyage du pape en France.
Donc c'est un pape américain qui a connu l'Amérique du Sud, qui nommait les évêques dans le monde pendant le pontificat de François. Autrement dit, voilà, lui il a une stature internationale, il a une éducation internationale, une véritable. Euh voilà, c'est c'était pas juste le Touquet et Paris. Euh voilà, c'est c'était un peu plus large. Euh il va euh aller euh en France euh pour euh notamment s'incliner devant la tombe des euh des martyres de la révolution au couvent des carmes. Euh il va aller euh dans une euh à la maison Bakita où des des migrantes gagnent leur vie en étant couturière. il va aller à messe.
Autrement dit, on sent que il a une vision de la France qui est à la fois pleine du passé et comment du passé douloureux de la France dans son rapport avec la religion catholique, mais aussi une vision de la France comme étant une terre où on peut on peut travailler, on peut accueillir. Il n'a pas la vision de la vieille Europe desséchée et inféconde qu'avait le pape François. On a l'impression que pour le pape Léon X, la France n'est pas du tout un territoire à écarter. Non, c'est très intéressant. Ce que vous venez de rappeler montre que les choix euh opérés par le Vatican pour cette visite sont extrêmement précis et extrêmement chargé de symboles.
Euh cette histoire des 115 prêtres, je crois, qui avaient été assassinés euh pendant la Révolution française à Paris, c'est un épisode qui est peu connu et le fait de mettre l'accent dessus effectivement ça montre ça fait réflexion. Voilà, tout ce que vous avez décrit, toutes ces ces passages auxquels le pape va tous ces endroits dans lesquels le pape va passer vont vont faire appel évidemment à une réflexion et c'est le but d'un d'un voyage comme ça. par rapport à à François effectivement sur la question des migrants, [gémissement] il y a voilà le le le geste catholique de de de de tendre la main au plus pauvre.
Mais il y a aussi euh chez ce pape euh des déclarations comme quoi les États ont un rôle à jouer, ont euh un territoire à défendre, ont euh c'est pas du tout euh ouvrez ouvrez les vannes, accueiller les migrants coûte que côte qui était le discours de de de François euh juste avant. Euh vous avez noté aussi son caractère américain, c'est-à-dire que on va dire quand il s'exprime, Donald Trump le comprend. C'est important hein parce que les présidents américains ne bien souvent ne parlent aucune autre langue et on parfois comme le disait avec un certain humour George Bouche à qui on demandait euh mais monsieur le président pourquoi vous ne parlez aucune autre langue ?
Il disait vous savez j'ai déjà du mal à parler anglais. Enfin si je ne m'abuse le George Bush Junior parlait espagnol lui. Euh non il parlait enfin très mal espagnol. Moi je me souviens de cette cet épisode que je vous raconte. J'y ai insisté et quand il disait euh already having hard time speaking English, j'ai déjà du mal à parler anglais parce que il était connu pour fabriquer des mots et et et s'exprimer maladroitement pour l'américain de base. C'était c'était c'était du velour. Euh il parle comme nous en fait. Voilà. Donc c'est ces imperfections-là sont chéries par les les les Américains.
Et avec Donald Trump, ben c'est ce langage voilà euh on va dire outrancier, ce verbe très fort et cette personnalité qui plaît. Euh là il est avec François et François, il parle américain, il parle voilà et et il est capable de de tenir la dragée haute à Donald Trump. il a montré à plusieurs reprises euh c'est pas le divorce, c'est ils font partie de la même communauté. Mais en même temps euh ce pape, vous l'avez noté aussi, a eu un passage en Amérique du Sud. il a été ça a été pour lui terre d'évangélisation pendant longtemps.
Donc il a un très [raclement de gorge] fort, on va dire, une très fort inclinaison à l'international, mais c'est un pape moins, on va dire, moins influencé par la gauche que François qui lui en argentin, voilà, c'était c'était quand même quelqu'un qui à un moment ou un autre avait été, on va dire imprégné de théorie de la libération et de et de de de mar de de christianisme marxisé. Voilà. Là, là, on est face à quelqu'un qui est fort dans les valeurs, qui est euh très à cheval sur les principes et qui, je vous dis, sur la la question migratoire a quand même des vues très différentes de son prédécesseur.
Oui, on a l'impression euh notamment dans les différents discours qu'il a tenu, y compris pendant la journée euh internationale du migrant et cetera, euh qui pour lui bien sûr, il faut accueillir mais que le le la véritable euh euh le véritable accueil n'est pas d'accueillir dans les pires conditions qu'il soit comme voilà comme en France en ce moment où voilà, on accueille et puis après les gens se se retrouvent à la rue sans parler des désagréments pour c'est les personnes qui sont forcées d'accueillir et et qui accueillent des [raclement de gorge] gens qui n'ont aucune envie de de s'intégrer.
Au contraire, on sent que chez Léon XV, il a l'idée d'un d'un développement international où malgré tout la le meilleur endroit pour chacun, c'est de rester chez lui. On a l'impression que pour lui les nations existent en fait. Il l'a redit. Il l'a redit lors d'un voyage à la au pied d'un avion de de l'avion. Euh j'ai je vraiment dans son c'est c'est une rupture pour moi assez nette avec la la vision de son prédécesseur.
Après, tout n'est pas euh tout n'est pas parfait mais en tout cas euh voilà, moi pour moi, c'est un pape [raclement de gorge] qui qui est en train de alors c'est peut-être un peu trop tôt encore pour le juger, mais en tout cas il est il est très intéressant et très en rupture par rapport à son prédécesseur. On va revenir à Emmanuel Macron. Quelque chose me frappe dans la manière dont il refuse finalement d'assister à aux messes euh qui vont être célébrées euh par le pape Léon XIV en expliquant que c'est la laïcité qui l'oblige. Bon, on a vu en d'autres occasions que la laïcité n'obligeait à rien euh vis-à-vis de la religion catholique comme d'autres religions.
C'est ce que vous disiez tiens, il n'a pas pu privatiser l'événement et on a l'impression que pour Emmanuel Macron, quelqu'un qui manifeste un désaccord et quelqu'un qui n'est pas gentil et que ce n'est pas normal. Voilà un président qui a constitutionnalisé l'avortement. Voilà un président qui a voté l'euthanasie. Euh voilà, un président qui piétine les catholiques comme très très tranquillement avec un exercice quotidien de la chose et qui s'étonne que le chef des catholiques n'est pas violemment envie de l'embrasser, de trouver qu'Emmanuel est un type sympa.
Et on a l'impression que la position qu'il a vis-à-vis de Léon XIV, c'est-àdire d'être totalement inconscient de la manière dont il a traité le peuple de Léon XIV et la manière qu'il a de traiter tout le monde. C'est-à-dire il parle, il dit n'importe quoi, il froisse les Africains, il ne comprend pas que les Africains ne lui soient pas reconnaissants, il froisse les Algériens, il ne comprend pas que les Algériens ne lui soient pas reconnaissants. En fait, à chaque fois, il met les pieds dans le plat, il a l'air de de considérer que c'est pas grave, c'est lui, c'est Emmanuel Macron, faut être sympa avec lui.
Mais il y avait des choses même dans cette mise en scène permanente d'Emmanuel Macron, hein. quand même là le problème principal. Souvenez-vous de la précédente campagne électorale de sa réélection à l'époque, il avait décidé de pas faire de campagne parce que on était en guerre, même si la France n'était pas en guerre contre la Russie, elle l'est toujours pas d'ailleurs. Parfois, on peut se poser la question mais enfin bon officiellement non. Euh, il avait donc euh mis en scène sa son pilotage euh des comment euh des événements depuis l'Élysée euh refusant de faire des meetings euh face à Marine Le Pen.
Et donc il était simplement il avait à l'époque enfin son son cabinet avait décidé de rendre public, souvenez-vous, des conversations qu'il avait eu avec Vladimir Poutine au téléphone pendant ses clips et les Russes découvrant ça, c'est son on dit "C'est bon, on arrête tout contact parce que si le président Poutine et le président Macron se parle au téléphone, ce sont des conversations confidentielles. C'est pas pour être réutilisé dans un clip de campagne. Mais c'est ça qu'avait fait Emmanuel Macron. Et ça ça caractérise tout à fait ce que vous venez de dire. C'està-dire que peu importe le le le sujet, peu importe la personne, ça doit servir sa personne à lui en fait.
et et donc il a provoqué, on va dire, une crise diplomatique avec la Russie pour des raisons simplement de base politique électorale pour assurer sa réélection grâce à un des clips de campagne et pour montrer finalement qu'il est dans dans le secret des dieux. C'est toujours ce cette façon de faire. Regardez, il prend prétexte de euh [gémissement] d'une carte de de Donald Trump qui inclut Saint-Pierre et Mclon et euh comment les les Antilles voilà dans la future Amérique avec le drapeau américain. Paf, il se rend à Saint-Pierre Micelon. Euh, il y a le premier ministre canadien qui est là et euh voilà.
Et en fait euh oui, OK, c'est la France mais en fait c'est surtout lui euh qui prend prétexte d'un événement pour se montrer. Quand je disais privatiser l'événement, c'est totalement ça. C'est pas un chef d'état qui va faire ça en disant c'est pour les intérêts de la France. Là, on sent bien que non, c'est pour les intérêts d'Emmanuel Macron. En tout cas, ça sa gloire, sa façon de se se euh de se percevoir finalement. Et je pense qu'il y a des choses auxquelles euh voilà, il n'est pas conscient que que finalement il est aujourd'hui devenu complètement [raclement de gorge] à côté de la plaque aux États-Unis quand un président ne peut ne peut plus agir comme ça.
On appelle ça lame doc, c'est-à-dire un canard boîteux. Ça c'est ce qui arrivera peut-être à Donald Trump s'il perd les midtermes. En France, on a un canard boîteux à l'Élysée depuis longtemps. Euh il y a plus d'emprise, il y a plus de à part s'agiter euh sur Hormous, la fameuse coalition des volontaires et cetera et finalement contribuer à continuer à alimenter la guerre à vitam et à envoyer des milliards à l'Ukraine et si peu à nos agriculteurs. Tout à fait. Il nous reste 1 minute 55. Est-ce qu'il y a eu un événement hier dans l'actualité internationale dont vous auriez préféré parler plutôt que de parler de Macron [rires] ? Je sais pas.
Alors c'est un non événement mais en même temps c'est assez fascinant. Emmanuel Macron ? Non moi moi ce qui m'aurait intéressé et on pourra en reparler je pense c'est pas fini c'est ce qui est en train de se passer entre l'Iran et les États-Unis. En fait euh pendant une grosse partie de ce conflit, c'était les États-Unis qui dictaient le tempo et qui disaient "Voilà, si vous faites ça, on fera ça et il y aura négociation." Aujourd'hui, c'est l'inverse.
C'est-à-dire que l'Iran a largement pris le dessus avec le potentiel blocage de Babal Mandab en parallèle à celui d'Ormous fait, on va dire double les enchères, double la mise et fait peser sur l'économie mondiale une menace qui fait que aujourd'hui les Américains sont bien acceptés, sont bien obligés d'accepter vraiment de se mettre à table avec les Iraniens. Ça n'empêche pas Donald Trump de menacer l'Iran d'anéantissement. Ça comme d'habitude, ça doit faire au moins la 18e ou la 20 ou la ou la la 19e fois qu' qu'il annonce. Les courses du pétrole n'ont quasiment pas bougé d'ailleurs. Non, ils ont pas bougé et d'ailleurs dit il parle et tout le monde s'en fout. Oui.
Alors sauf que là il y a quand même un un mot pour terminer qui qui est de plus en plus critique et qui à mon avis va nous occuper pendant les jours prochains. C'est le mot diesel. C'est ce problème là qui est en plus du problème global des hydrocarbures avec Volodimir Zelinski qui continue à frapper les raffineries russes. Les Russes raffinent énormément de diesel. Donc il y a plus il y a de moins en moins de diesel sur terre d'où les prix augmentent. Et quand on dit à Zelenski comme Trump lui a lui a dit arrête de taper les raffineries russes, Zelenski dit le sang ukrainien vaut mieux que le vaut vaut plus que le cours du pétrole. Voilà.
Donc là, on est dans un dans une impasse et ce qui est très intéressant parce que également les États-Unis énormes producteurs de diesel pourrait couper le diesel et le garder pour eux, ce qui ferait encore augmenter les prix. l'Arabie Saoudite énorme producteur de diesel aussi qui arrive plus à acheminer euh à cause des outils et des et des milices iraquiennes qui torpille ces pipelines. On est dans une situation extrêmement critique et n'oublions pas que le diesel bah c'est le le l'essence du pauvre, l'essence de l'ouvrier, de celui qui fait marcher l'économie, du camionneur et cetera et cetera. Donc c'est une situation extrêmement périlleuse pour l'ensemble de la planète.
Et bien à la semaine prochaine pour parler de diesel. Merci beaucoup.
[musique]