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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 27 octobre 2019 11 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & international

Pire que Sylvie Goulard : Thierry Breton !

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Locuteur 1Chiffre
    « c'est un monsieur qui était à la tête d'une entreprise dont d'ailleurs il a vendu furtivement des actions pour plus de 10 millions d'euros : Atos »
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    « il n'est pas du tout certain que cette nomination va aller de soi »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « Thierry Breton était à la tête de France Télécom. Son nom a été évoqué à plusieurs reprises au cours des années 1996, 1997, 1998. On l'a soupçonné d'avoir participé à une entente illégale pour fixer des tarifs communs entre les différents opérateurs de télécommunication »
  • 5:00Locuteur 1Fait
    « l'association Anticor, qui est une association qui lutte contre la corruption, a révélé que M. Breton aurait pu participer à des activités délictueuses entre le passage de son poste de ministre de l'Économie et des Finances qu'il occupait vers 2004, 2005, et les activités à la tête de Atos »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mes chers compatriotes. Je voudrais, en un mot, commenter la décision qui a été prise par Emmanuel Macron de proposer Thierry Breton comme nouveau commissaire européen de nationalité française, en lieu et place de Mme Sylvie Goulard, qui avait été recalée par le Parlement européen dans les conditions que vous savez, qui étaient assez ignominieuses, d'ailleurs, pour elle. Alors M.

Thierry Breton, maintenant, devrait prendre – paraît-il – le même poste. En tout cas, sa nomination est maintenant dans les tuyaux. Et il va devoir subir le même feu de questions de la part des commissions du Parlement européen concernées, puisque normalement, il devrait reprendre cette espèce de gigantesque portefeuille qui avait été dévolu par Mme von der Leyen à Mme Goulard.

Là où le bât blesse, c'est qu'il n'est pas du tout certain que cette nomination va aller de soi, même si probablement, pour des raisons politiques, elle sera quand même avalisée, parce qu'on s'imagine mal – quoique, ce serait assez rigolo – que le deuxième commissaire présenté par la France soit lui aussi recalé. Mais il y aurait quand même des motivations pour cela. La première des motivations, tout le monde l'a à l'esprit.

C'est que c'est un monsieur qui était à la tête d'une entreprise dont d'ailleurs il a vendu furtivement des actions pour plus de 10 millions d'euros : Atos : cette entreprise qui a bénéficié quand même de largesses européennes. Il est donc très délicat de nommer comme nouveau commissaire européen quelqu'un qui a un conflit d'intérêts majeur avec l'activité qu'il a menée. C'est d'une folle inconscience de la part d'Emmanuel Macron que d'avoir suggéré ce nom.

Mais il y a d'autres choses sur M. Thierry Breton que, finalement, la presse tarde à relever. Je voudrais rafraîchir la mémoire de toutes les personnes qui m'écoutent.

Il leur suffit d'aller voir un article paru dans le Nouvel Observateur en 2005, que vous trouverez facilement sur Internet, et qui montre que le nom de M. Breton a été cité à plusieurs reprises dans des affaires qui n'étaient pas très reluisantes, même si en fait, la procédure judiciaire n'a pas été menée jusqu'à son terme. Et même si d'un point de vue juridique, il semble qu'il n'y ait rien à reprocher à M.

Thierry Breton, du point de vue de la réputation, c'est autre chose. Thierry Breton, avant d'être ministre de l'Économie et des Finances en 2005, lorsqu'il avait succédé à Hervé Gaymard, démissionnaire pour cause de scandale au sujet d'une location mirifique d'un appartement de fonction dans le Triangle d'or...

Avant d'être nommé comme ça au débotté à la succession d'Hervé Gaymard, Thierry Breton était à la tête de France Télécom. Son nom a été évoqué à plusieurs reprises au cours des années 1996, 1997, 1998. On l'a soupçonné d'avoir participé à une entente illégale pour fixer des tarifs communs entre les différents opérateurs de télécommunication.

Deux autres affaires ont été évoquées : d'une part lorsqu'il était administrateur de Rodia...

Administrateur de Rodia, et son nom a été cité parce que l'entreprise Rodia a été suspectée d'un maquillage des comptes, des comptes de la société. Et puis troisième affaire : il avait été en relation d'affaires avec Vivendi Universal pour une vente...

Alors je n'ai pas bien compris tous les tenants et aboutissants de cette affaire. Mais enfin une affaire où il aurait été finalement...

Où il aurait bénéficié d'un délit d'initié. Et on apprend aujourd'hui que l'association Anticor, qui est une association qui lutte contre la corruption, a révélé que M. Breton aurait pu participer à des activités délictueuses entre le passage de son poste de ministre de l'Économie et des Finances qu'il occupait vers 2004, 2005, et les activités à la tête de Atos, dont l'association anti-corruption est en train de lancer un nouveau dossier sur le personnage.

Cerise sur le gâteau : il se trouve que je connais un peu M. Thierry Breton, du moins par ouï-dire. Il se trouve que j'avais été nommé délégué général à l'intelligence économique en 2004 : poste qui s'était révélé en fait dénué de contenu, puisqu'on m'avait en fait mis un peu dans un placard, à partir du moment où je disais des choses qui n'étaient pas agréables à entendre, puisque dès 2004, j'évoquais l'hypothèse que l'euro allait de toute façon exploser, que nous étions lancés dans un processus qui n'était pas viable à terme...

Ce qui d'ailleurs est toujours vrai, d'autant plus vrai. Et puis j'avais également pronostiqué ce qui est arrivé en 2008 : une grave crise financière, qu'on a connue sous le nom des subprimes. Autrement dit, j'avais...

Pourtant, mes écrits étaient restés strictement confidentiels. Mais tout ceci m'avait valu la réputation d'un haut fonctionnaire qui n'avait pas sa langue dans sa poche, uniquement vis-à-vis des supérieurs hiérarchiques. Personne n'avait jamais entendu parler de moi dans le grand public ni dans les médias.

Il me semblait que le devoir d'un haut fonctionnaire, c'était justement d'avertir le niveau politique des dangers que courait notre pays. Eh bien donc lorsque M. Hervé Gaymard avait été évincé pour les causes que j'ai évoquées tout à l'heure, et que M.

Thierry Breton lui avait succédé, j'avais demandé audience à M. Thierry Breton, puisque j'étais délégué à l'intelligence économique au ministère des Finances, et donc c'était le nouveau ministre dont je dépendais. J'avais donc fait une demande d'audience, restée sans réponse, puis une deuxième, restée sans réponse, puis une troisième, restée sans réponse.

Donc à la fin, je m'étais lassé. Et comme je ne suis pas du genre à ne pas travailler, à être rémunéré (sans travailler), j'avais fini par demander une audience à M. Augustin de Romanet, qui était le secrétaire général adjoint de l'Élysée, qui aujourd'hui est à la tête d'ADP, que j'étais allé voir, qui m'avait reçu à l'Élysée.

Nous étions en 2006, je crois. Et je lui avais dit quelle était ma situation, avec un ministre dont j'étais le subordonné et qui refusait délibérément de me donner quelque instruction que ce soit pour travailler sur les questions d'intelligence économique et notamment sur les menaces pesant sur notre pays. Je rappelle que dans le dossier que j'avais d'ailleurs préparé à ses prédécesseurs, j'avais montré que la France gagnerait à étudier minutieusement le processus de décision au sein des institutions européennes, le pedigree des commissaires européens, qui ont de tels pouvoirs, et puis aussi...

Le pedigree non seulement des commissaires européens, mais de tous leurs adjoints et collaborateurs directs. (À) voir également le poids des lobbys s'exerçant dans les institutions de la Commission européenne, qui ont tant de poids. C'était ça que je voulais faire, puisque je peux vous assurer que personne ne traitait de ces sujets de façon sérieuse, ni même de façon tout court, dans les allées du pouvoir.

Et je suis à peu près certain que tel est toujours le cas aujourd'hui. Donc on (avait) évidemment considéré que je marchais sur des œufs. Et donc j'étais allé voir M. de Romanet, le secrétaire général adjoint de l'Élysée, pour lui dire : « Écoutez, soit on me donne des instructions, et je fais mon travail, soit on me dit que ce travail consistant à essayer de repérer les menaces sur la France et la façon dont nos intérêts les plus vitaux...

Pas seulement ceux de la France, mais des Français. Comment nos intérêts les plus vitaux risquent d'être menacés par des activités de lobbying ou de puissances étrangères s'exerçant directement à Bruxelles. Eh bien si on considère que ça n'a pas de sens, eh bien à ce moment-là, que l'on me dise que ma mission est terminée, et puis bah je regagnerai l'Inspection générale des finances pour refaire des missions d'inspecteur.

Et M. de Romanet, que je connaissais un petit peu, qui m'avait reçu ma foi fort courtoisement et civilement, était convenu avec moi que ma démarche était honorable, que j'étais effectivement fondé à ne pas vouloir rester à me tourner les pouces, et que donc il allait intervenir. Intervention eut lieu.

Et c'est ainsi que quelques semaines après, une quinzaine de jours peut-être, j'ai reçu un courrier de M. Thierry Breton, mon ministre, qui me disait...

Qui ne m'avait donc jamais reçu ! Jamais ! Il n'avait jamais accepté de me voir !

Et donc M. Thierry Breton m'avait envoyé une lettre, que j'ai gardée, dans laquelle il m'expliquait que j'avais...

Cher monsieur, que j'avais fait progresser de façon décisive la compréhension de l'intelligence économique à Bercy, que c'était un grand succès de ma mission – et il m'avait jamais rien demandé –, et puis que compte tenu de cela, eh bien maintenant, il était temps d'y mettre un terme. Merci beaucoup, monsieur. Au revoir, monsieur.

C'est-à-dire qu'en fait, sous couvert d'une hypocrisie sans égal, il m'avait tout simplement remercié, et je pouvais repartir à l'Inspection générale des finances. Ça veut dire que M. Thierry Breton était à la tête d'un ministère et refusait d'avoir quelqu'un comme moi, très discret, dont personne n'avait jamais entendu parler en dehors des cabinets ministériels, quelqu'un qui comme moi se proposait tout simplement de lui donner des informations de première main pour le mettre en garde sur tous les risques que couraient l'économie française, l'industrie française, l'agriculture française, les services français, face aux différentes menées adverses qui peuvent se développer, soit au sein de la Commission européenne, soit au Parlement européen, soit plus largement à l'OMC ou à l'OCDE.

Voilà. M. Breton avait donc jugé que ce travail était inutile.

Voilà qui est M. Thierry Breton, que M. Macron a choisi pour représenter les intérêts français à la Commission européenne.

Vous avez compris ce qui va se passer ? Décidément, il y a vraiment un grand ménage à faire dans la République. Et les Français doivent absolument se mobiliser pour comprendre que nous sommes désormais dirigés par une authentique oligarchie, qui a mis la main sur le pays non pas pour le bien de ses habitants, mais pour le bien propre de cette oligarchie elle-même.

Les informations que je vous donne ne sont pas réjouissantes, mais comme le disent les Chinois : « Les choses qu'on a le plus de mal à apprendre sont celles qu'on a le plus d'intérêt à connaître ». Vive la République et vive la France.