Nicolas Dupont-Aignan invité de David Pujadas sur LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Êtes-vous l'anti-Macron ?
- 0:33OuverteRéponse directe
Est-ce que vous regrettez d'avoir noué cette alliance avec le Front national ?
- 1:34FerméeRéponse directe
Si c'était à refaire, vous le referiez ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Vous avez plus de valeurs en commun avec le FN qu'avec la République en marche ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Votre formation n'est pas devenue un FN « light » ?
- 3:57OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qui vous sépare d'Emmanuel Macron sur l'immigration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« J'ai fait comme des millions de Français. J'ai pas voulu me dérober. »
- 1:14Invité politiqueFait
« J'ai toujours dit que je restais indépendant. »
- 2:22Invité politiqueFait
« J'en avais assez de ce piège de Mitterrand, qui divisait les électeurs de droite notamment, pour faire survivre un mondialisme inhumain. »
- 2:37Invité politiqueFait
« Macron met en place une feuille de route qui détruit le pays. »
- 5:51Invité politiqueFait
« On a enlevé la qualification de délit en 2013, ce qui était une folie. »
- 6:00Invité politiquePromesse
« Je suis pour revenir sur la suppression de la double peine qu'avait faite Nicolas Sarkozy. »
- 9:59Invité politiquePromesse
« J'avais dit zéro ISF quand les fonds s'investissent dans des entreprises qui relocalisent, qui produisent en France. »
- 11:21Invité politiqueFait
« La décision du gouvernement va être tragique pour le mouvement social, le logement social en France. »
- 17:27Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron veut imposer le drapeau tel que c'était proposé par la Constitution européenne. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan58 %
- Présentateur12 %
- Invité11 %
- Invité 28 %
- ?8 %
- Invité 33 %
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—
Rebonsoir. Merci d'être avec nous. Notre invité ce soir, Nicolas Dupont-Aignan. Bonsoir à vous.
—
Bonsoir, David Pujadas.
—
Êtes-vous l'anti-Macron ? On va savoir ça dans un instant, évidemment, en vous demandant votre réaction à plusieurs des déclarations importantes du chef de l'État hier soir. Mais d'abord, cette image. Quand on vous a quitté
il
y a quelques mois,
c
'était à ce moment-là. Alliance avec le Front national entre les deux tours de l'élection présidentielle. Est-ce qu'aujourd'hui, avec le recul et avec, d'une certaine manière, le débat raté, le discrédit que subit le Front national, est-ce que vous regrettez d'avoir noué cette alliance, Nicolas Dupont-Aignan ?
— Non. Je ne regrette en aucun cas d'avoir choisi
comme
responsable politique au second tour entre deux options.
J
'ai d'ailleurs été très surpris de ce qui s'est passé dans l'entre-deux-tours en France. On avait le droit de voter Macron ou Macron. J'ai fait comme des millions de Français. J'ai pas voulu me dérober. Parce que si tous les Français s'étaient dérobés, ils n'avaient pas été votés. J'ai fait mon choix, ma préférence. Pour autant, le courage que j'ai eu au second tour me permet aussi d'être lucide
sur
les raisons de l'échec, sur ce qu'il faut faire. Et j'ai toujours dit, ce qui n'a pas été noté dans la presse à l'époque parce que je devais être accablé, j'ai toujours dit que je restais indépendant. J'ai toujours été indépendant. Mon parti n'a jamais eu autant d'adhérents. J'ai été réélu dans ma circonscription alors qu
'on
me promettait la mort parce que l'infamie. Et je défends toujours une idée de la France. Maintenant... — Si c'était à
refaire, vous le referiez
?
—
Oui.
Je le referiez parce que je choisis dans la vie. Je ne me dérobe pas. Je ne
suis
pas ponce-pilate.
Et
je pense qu'avec le recul, beaucoup de Français qui savent mon indépendance d'esprit, qui voient d'ailleurs que
je
n
'ai
pas adhéré au FN, parce qu'on a fait croire que j'allais adhérer au FN, que je devenais plus FN que FN. Simplement, j'étais dans la logique des institutions.
— Vous avez plus de valeur en commun avec le FN qu
'avec la République
en marche ? —
Avec...
Ah ça, c'est sûr. Mais avec... J'ai préféré le programme de Marine Le Pen, qui était très proche du mien et que j'avais fait évoluer.
Parce
que la presse, peut-être parce qu'on n'a
pas eu assez de temps... — Sur quelques points, ça avait été dit. — Des points
fondamentaux. Mais non, ça n
'a
pas été dit. — La
sortie de l'euro, par exemple. — Sur l
'évolution, sur l'euro, sur le refus du protectionnisme, sur beaucoup de choses.
Et
à l'époque, il y
a
eu un tourbillon, parce que c'est vrai que j'ai cassé un tabou. J'en avais assez
de
ce piège de Mitterrand, qui divisait les électeurs de droite notamment, pour faire survivre un mondialisme inhumain. Et les faits me donnent raison aujourd'hui. Macron met en place une feuille de route qui détruit le pays. —
On va y venir. —
Mais j'y viens. Et tout l'enjeu, c'est de rassembler ceux qui aiment la France. Ça sera l'objet de mon initiative la semaine prochaine. Sur un programme raisonnable, rassurant, ce qui n'a pas été le cas suffisamment, puisqu'on a perdu au second tour.
— Fabien Namias vous interrogera peut-être là-dessus. Mais est-ce que, debout la France, votre formation n'est pas devenue
un
FN, « light », entre guillemets, pardon pour cet anglicisme
? — Pas
du tout, parce qu'en fait, on n'a jamais eu autant d'adhérents. Jamais.
Et
des gens qui viennent à la fois des Républicains
et
du FN, et qui disent justement,
«
vous êtes une sorte de bon point d'équilibre, plus audacieux que les Républicains, plus rassurants que le FN ». Et je suis absolument convaincu
que
ce qu'a fait Macron
en
réunissant en gros les mondialistes, les européistes, les ultralibéraux de droite et de gauche, nous devons le faire en oubliant un peu nos casquettes
et
ne pas repartir chacun dans nos trous. Parce que si Marine Le Pen croit qu'elle va gagner seul, elle se trompe. Si Laurent Wauquiez croit qu
'il
va gagner seul, il se trompe. Si moi, je croyais que je pouvais gagner seul, je me tromperais. Et je pense que ce qui s'est passé chez Macron, nous devons l'acter et recomposer la vie politique autour d'un beau programme patriotique, républicain, raisonnable,
rassurant.
Qu
'est
-ce qui vous sépare d'Emmanuel Macron, par exemple, sur cette question qu'il a évoquée après une question sur l'attentat de Marseille et cet engagement sur les immigrés en situation irrégulière ?
On
l'écoute.
Toutes celles et ceux qui, étant étrangers en situation irrégulière, commettent un
acte
délictueux, quels qu'ils soient, seront expulsés.
Au
début d'année prochaine, une nouvelle loi en matière, justement, d'asile et d'immigration sera prise pour durcir les règles sur ce point.
Et
nous nous mettrons en situation d'être intraitables sur ce sujet.
Vous
signez des deux mains, Nicolas
Dupont-Yves ? C'est la moindre des choses. Mais le problème de fond,
et
c'est le problème d'Emmanuel Macron, c'est le passage des bonnes intentions aux actes. Ah, il dit que
c'est
l'an prochain, la loi. Oui, mais tant qu'il n
'y a
pas de frontières,
tant
que la France est ouverte à tout va, à tout vent, comment voulez-vous donner une réalité à cette expulsion ? Pardonnez-moi. Le problème de fond
du
pays. Et d'ailleurs, j'étais très surpris hier que les questions de sécurité et d'immigration soient balayées de la main avec une seule mesure, qui est évidente et élémentaire, mais insuffisante. Qui est évidente
et élémentaire, mais qui,
jusqu'à présent, étaient sans effet, n'existaient pas. Mais elle n'existe
toujours
pas. C'est un vœu pieux tant qu'on ne rétablit pas les frontières
nationales. Pardonnez-moi, Nicolas
Dupont-Yves. L'essentiel de l'immigration clandestine, et vous le savez, était d'origine, venait par des canaux absolument normaux, qui est frontière ou pas frontière. Elle venait principalement par les visas de tourisme qui étaient accordées, et par des personnes qui restaient au-delà de leurs visas de tourisme
de trois mois. Vous savez
très bien qu'on n'expulse pas en France, et qu'il y a deux problèmes. Il y
a
bien évidemment, ça c'est la moindre des choses, mais un clandestin devrait être expulsé sans avoir commis de délit. Il ne
l
'est plus depuis très très longtemps. Non, il ne
l
'est plus depuis 2013.
Ce n'est plus un délit,
parce qu'on a enlevé la qualification de délit en 2013, ce qui était une folie. J'ajoute même que je suis pour revenir sur la suppression de la double peine qu'avait faite Nicolas Sarkozy. J'estime qu'un étranger qui commet des délits dans notre pays doit être expulsé, comme dans tous les pays du monde,
aux Etats-Unis. Clandestin ou pas ? Mais bien évidemment, aux
Etats-Unis, au Maroc, en Algérie, en Israël, en Russie, au Japon, dans tous les pays du monde. Un étranger qui ne respecte pas les lois de la République est expulsé. Donc, on est encore très
loin du
compte, dans toutes les grandes démocraties. Quand on
est
dans un pays où on respecte les lois, c'est quand même la moindre des choses. Donc, ce qui paraît normal, enfin ce qui est élémentaire, apparaît comme une provocation du président. Il a raison, mais il faut aller au-delà.
Alors, vous êtes membre de la Commission des affaires étrangères. Emmanuel Macron s'est exprimé sur l'Iran et sur cet accord sur le désarmement nucléaire en Iran. Et voici ce qu'il a répondu, d'une certaine manière, à Donald Trump.
L
'Iran, nous avons, depuis les accords de 2015, un processus qui permet de mieux encadrer les choses avec des enquêtes. Moi, je souhaite qu'on reste dans le cadre de cet accord.
Le
président Rouhani s'est d'ailleurs engagé à y rester. Que l'Europe et les autres négociateurs y restent. Parce qu'on contrôle mieux les choses. Et j
'irai
au moment voulu pour aussi avoir ce dialogue exigeant avec l'Iran. Toutes les capitales européennes soutiennent cet
accord. Vous aussi ? Oui, moi aussi, bien sûr. C'est évident. Je l'ai toujours soutenu. J'étais d'ailleurs un des premiers parlementaires, quand l'Iran était blacklisté, à vouloir ouvrir un dialogue avec l'Iran.
Et il faut aller là-bas ? Bien sûr qu'il faut aller là-bas.
Mais il faut aller au-delà. Et notamment, il faut engager, et pas seul d'ailleurs avec l'Allemagne et avec d'autres, une épreuve de force avec nos amis américains sur la manière dont ils utilisent des lois extraterritoriales pour briser nos entreprises. Et sur l'affaire Générale Électrique, malheureusement, M. Macron, ministre des Finances, a été bien faible. Un
bon point donc pour Emmanuel
Macron sur cette question
iranienne d'après vous.
Mais oui,
mais vous savez,
David Pujadas, moi je ne suis pas là
pour
tirer à vue. Je suis là, comme homme politique, pour dire aux Français, il y
a
de grands dangers dans sa présidence. Ce qui fait de bien, je le reconnaîtrai.
Mais en revanche... Il détruit
le pays, alors. Oui,
il y a des
aspects très graves, notamment sur le plan européen. Il n
'a
pas parlé de l'Europe. Il n
'a
pas parlé de la concurrence des loyales. Il n'a pas parlé de cette soumission totale à une mauvaise politique européenne qui est en train d'abîmer notre pays, notre industrie, notre économie. Et d'ailleurs, l'interview où vous y étiez est passée, malheureusement, beaucoup trop vite sur certains points fondamentaux qui n'ont pas été abordés.
Il
y a
énormément de points à aborder. À dessein de la
part du Président, qui
est
un
bon comédien. Ce n'est pas dans l'intention du Président, parce que c'était les
journalistes qui posaient les questions et qui,
d'une
certaine manière, avaient le timing en main.
Mais c'est vrai que
les
points de contestation sont surtout sur la question intérieure. Sécurité,
immigration, Europe... Il n'y a que des points fondamentaux en même temps, Nicolas Dupont. Non, non. Là, il y a un vrai danger pour la sécurité de nos concitoyens. Et ça a été expédié en deux minutes. Parce que la campagne présidentielle a aussi tranché ces questions il y a
assez peu de temps. Elle n'a pas tranché.
Écoutez, les attentats, ils sont là. Les femmes, elles ont été égorgées.
Les questions de sécurité,
on a
discuté aussi. Les paroles du Président ont été assez graves, du style, « Ouais, il y a toujours des attentats. » Non.
Question rapide, si vous
voulez bien.
Oui.
Réponse rapide. Dénoncer les harceleurs, les harceleurs sexuels dans la rue, c'est bien ? C'est une évidence. C'est une
évidence. Vous
savez, je suis dans un département où il y a un célèbre homme politique des Républicains qui était encore président de la Fédération et qui est traduit aux Assises. Je suis stupéfait, scandalisé depuis des années par l'espèce de mensuétude qu'il y
a
dans notre pays à l'égard des harceleurs. Et j'ai fait les propositions au moment de la présidentielle pour durcir,
et
j'étais un des rares, durcir avec des peines planchées. Sur la question
de l'impôt sur la
fortune, il a été convaincant ? Pas du tout.
Et
il a menti. Pourquoi
?
Parce qu'il a fait croire aux Français qu'en supprimant l'ISF sur les plus riches des plus riches, les super-riches, ceux qui n'ont pas simplement des biens immobiliers... Sur
plus de la moitié de ce
qui fait l'impôt sur la fortune. Oui, mais ceux qui sont tout en
haut, ils allaient investir en France. Moi,
j
'avais fait une proposition nettement meilleure, pardonnez-moi, cette immodestie pendant la présidentielle. J'avais dit zéro ISF
quand
les fonds s'investissent dans des entreprises
qui
relocalisent, qui produisent en France. Ça, c'est de l'argent qui allait venir produire en France. Là, c'est complètement pipo, son truc. Complètement pipo. Ils exonèrent d'ISF les plus riches des plus riches, qui vont pouvoir investir dans toute la bourse, n'importe où, d'entreprises qui
délocalisent... Par la bourse, elle
finance les entreprises ? Non, pas toujours. Elle finance aussi des délocalisations, elle finance des entreprises étrangères. Moi, je veux
que
quand on fait un cadeau aux plus riches des plus riches qui ont déjà beaucoup, eh bien, on soit sûr que l'argent revienne dans notre pays. Et ce n
'est
pas le cas. J'ajoute qu'ils considèrent l'immobilier comme une rente. C'est destructeur pour l'immobilier qui est le premier patrimoine des Français.
Fabien Namias nous rejoint. Bonsoir Fabien.
Bonsoir David. C'est à vous. Bonsoir Nicolas Dupour. Bonsoir Fabien Namias. Des maires de banlieue, l'enstint, n'appellent au gouvernement. Ils étaient réunis dans l'Essonne, votre département d'ailleurs, pour réclamer davantage de moyens.
Vous
avez été maire jusque très récemment, de hier. Vous pourriez signer cet appel ? Vous ne l'avez pas fait alors qu'il
y a
des maires de droite, de gauche, du
centre... On ne me l'a pas
soumis, donc je ne l'ai pas lu. Donc je vais être très franc avec vous. Ce qui est sûr, c'est que notamment sur l'esphère des HLM, tiens, autre mensonge éhonté du président hier, j'ai un organisme HLM dans ma ville que j'ai fondé. La décision du gouvernement va être tragique pour le mouvement social, le logement social en France. Tragique.
Et
ce n
'est
pas parce qu'il y a certains bailleurs sociaux HLM qui ont gardé des réserves, et ce n
'est
pas bien, qu'il faut assassiner les bailleurs sociaux. Ce qui
est sûr,
c'est...
Et les autres décisions concernant la baisse des APL. La baisse des
emplois aidés, je suis mis en avant par les
signataires de
cet appel.
Le drame des emplois aidés, c'est le mot.
On
fait croire aux Français que ce sont des emplois d'assistanat. C'est tout l'inverse. Vous savez ce qui est en train de se
produire
? Sachant
qu'une
grande partie de la droite s
'est
toujours prononcée contre les
emplois aidés et leur
trouve une utilité
aujourd'hui
pour réclamer davantage de
moyens. Moi, j'avais
même proposé d'en avoir un million. Parce que quelle est la conséquence ? Ce sont des emplois d'insertion. Qu'est-ce qui se passe ? Ça marche souvent très bien. J'avais à mon club de foot ailleurs 11 emplois aidés. Des gens qu'on a sorti des cités, mais qui sont devenus éducateurs, qui ont appris un métier, qu'est-ce qu
'ils
vont faire ? Ils ont reçu leur lettre de licenciement comme ça au mois de septembre.
Ils
vont aller pointer au RSA. C'est-à-dire que la conséquence de la mesure Macron, c'est que ces gens qui retrouvaient un sens, une dignité par le travail,
ils
repassent à la case RSA. Et vous savez pourquoi ils le font ? Quitte à
faire des
dépenses publiques pour les
financer. Oui, sauf qu'en fait, c'est un transfert tout simple.
C
'est une manipulation. C'est-à-dire que l'État va dépenser moins d'argent. Mais qui va dépenser l'argent ? Le RSA, il est payé par qui ? Les départements. C'est une folie. Il y a 6 millions de chômeurs en France. Oui, il faut de
l
'employabilité. Oui, il faut développer l'initiative privée. D'ailleurs, je remarque que les charges vont augmenter sur les PME. Parce que le CICE va être réduit. Les charges vont augmenter. Mais tout le monde n'ira pas dans une PME. Tout le monde ne trouvera pas un emploi. Et donc, les emplois d'insertion, c'est mieux que le RSA. C'est mieux que l'inactivité.
Et
c'est là où je pense que le gouvernement fait fausse route. Franchement.
On vous a entendu sur ce point. Le président de Sens commun, c'est un monsieur qui s'appelle Christophe Billon. Sens commun, c'est un parti allié aux Républicains. Une émanation de la manif anti-mariage pour tous. A eu cette petite phrase dans un journal, l'incorrect. Il ne faut s'interdire de parler avec personne. Nous avons parlé avec Marion Maréchal-Le Pen. Et nous l'avons assumé. A la suite de ça,
Laurent Wauquiez... Il ne l'a pas
assumé, je crois. En
tout cas, il l'a déclaré. Il
est revenu un peu en arrière depuis, mais il l
'a
déclaré. Et il est revenu en arrière parce que Laurent Wauquiez, qui devait aller à un rassemblement de Sens commun, a dit, moi, dans ces conditions, je n'y vais pas. Est-ce qu'il a eu tort, Laurent Wauquiez ? Oui.
Est
-ce que déjà, il ramollit ses positions
? Mais Laurent Wauquiez, en fait, est face à lui-même et à son histoire. Moi, je suis convaincu
qu
'Emmanuel Macron a fait quelque chose. Oui, la recomposition politique. Ceux qui faisaient semblant d'être opposés et qui gouvernaient de la même façon depuis 20 ans, signature des traités européens, etc., vous connaissez, mondialisation à tout va, en fait, gouvernent ensemble. Et c'est très bien. Au moins, les choses sont claires.
De
Juppé à Gérard Collomb, etc. Et Wauquiez en face, comme Marine Le Pen d'ailleurs, je l'aurais dit à tous les deux, croient que le monde n
'a
pas changé. Vous savez, dans la politique, souvent, les hommes politiques croient que tout continue comme avant. Ils croient qu'ils peuvent continuer chacun dans leur petit créneau. Moi, je veux dynamiter tout ça.
Donc vous les voyez tous
réunis
sous la même
bannière ? Oui, oui. Pas sous la même bannière. Chacun son parti, on s'en fout des partis. Mais le pays avant les partis. Parce que les Français attendent une alternative politique. Encore une fois, plus raisonnable que celle qu'a portée Marine Le Pen et qui n'a pas convaincu au second tour, et plus audacieuse que celle des Républicains qui croient, en fait, je crois que Laurent Wauquiez croit qu'il va refaire le coup de Sarkozy. Donc c'est vous. Sauf qu'il
n
'a pas compris. Non, ce n
'est
pas moi. Ce n
'est
pas
la question du bonhomme.
Pour
comprendre, c'est un programme commun.
Avec
Wauquiez
et Le Pen. C'est avec un programme commun. Un programme commun. Comme Mitterrand avait fait avec les communistes. Mitterrand a commencé avec un programme commun. Avant de savoir si on réunit M. Wauquiez, Mme Le Pen, etc. Il l
'a fait, puis
après, il a détruit le Parti communiste.
Donc je ne sais pas quel est votre objectif. Ce n
'est
pas de détruire, c'est de construire. C'est de permettre aux Français d'avoir une alternative sérieuse. Parce que j'ai tiré les leçons de 2017. Et j'ai compris qu'on avait fait peur aux Français.
Ou
qu
'on
leur avait fait peur. C'est-à-dire ceux qui avaient affolé les gens. Avec l'histoire de la monnaie, notamment.
Avec la
monnaie. J'avais déjà annoncé la
couleur
pendant ma campagne présidentielle.
J
'avais dit, sur l'euro, il faut changer. Il faut qu'on évolue.
Il
faut qu'on présente une alternative qui rassure les Français. Parce qu'on a perdu l'élection. Et il faut en tirer les leçons. Et il faut travailler un programme commun. Parce que mes électeurs que je croise dans la rue.
Et
qui d'ailleurs m'ont élu dans ma circonscription. Parfois ils votent républicain. Parfois debout la France. Parfois Front National. Parfois ils ne veulent plus entendre parler de la droite et de la gauche. Et ils savent très bien que Macron ne
va
pas les sortir de la difficulté. Et au contraire va aggraver les choses.
Est-ce que vous pensez que cette alliance entre Le Pen, Marine,
Laurent Wauquiez,
Florian Philippot même, et qui a été éjectée du FN depuis, elle est possible ?
Est
-ce qu
'elle est envisageable ? Cette
alliance ne passera pas par le sommet. Elle passera par la base. Voilà pourquoi, avec ce qu'on va lancer la semaine prochaine, les amoureux de la France.fr, on va bâtir une grande plateforme participative. Et on va aller à la rencontre des Français sur le terrain, des réunions publiques. Et on invitera des gens du Front, des gens des Républicains, des gens libres. Parce que le paysage politique, il va changer. On va le faire changer. Et on va aussi présenter un projet qui soit plus prospectif. Un peu plus sur le XXIe siècle. Qu'est-ce qu'on veut pour dans 20 ans ? Est-ce qu'on veut la société de Macron ? Celle du fric ? Du tout fric
?
Ou est-ce qu'on imagine qu'il
y a
une société plus solidaire
?
Plus efficace ? C'est ça l'enjeu. Dernière question. C'est le fond. Ce n
'est
pas les personnalités. Vous les connaissez les personnalités. Vous croyez qu'elles vont changer si on ne les pousse pas un peu
?
Nous verrons bien. Moi,
je ne crois pas qu'elles changeront si on ne les pousse
pas à changer. Sur le fond. Tiens, regardez avec nous cette image, Nicolas Dupoignant. On y revient, David, à cet entretien hier avec le président de la République. Est-ce que vous apercevez sur cette photo les prémices d'un coup d'État en gestation
? Non,
pourquoi
? Vous
ne voyez pas, là
? Qu
'est-ce qu'il y a ? Je n
'ai
pas vu. Non, alors on va la regarder. Parce que sur cette photo, ce qu'on aperçoit derrière le chef de l'État, c'est un drapeau français.
Ah, le fameux drapeau.
Et un drapeau européen. Et vous avez déclaré à propos de ce drapeau, c'est un coup d'État
symbolique. Oui. Oui, parce qu'Emmanuel Macron veut imposer le drapeau
tel
que c'était proposé par la Constitution européenne.
Les
Français ont rejeté la Constitution par référendum.
Et on
n'a pas deux mètres, il n'y
a
qu'un mètre.
C
'est le peuple français. Et ce drapeau européen représente un système non démocratique
qui
conduit l'Europe, pas seulement la France, à sa perte. Affaiblissement économique, division sociale, système migratoire démentiel. Et je considère que la base de tout, c'est de rendre aux Français la maîtrise de leur désert. Mais vous n'y voyez pas un symbole religieux comme Jean-Luc Mélenchon ? Non, j'y vois un symbole antidémocratique. Et j'y vois surtout le fait qu'un
président de la République... C'est le référendum
en 1992 par le référendum
de Maastricht. Non, pas le drapeau. Vous faites toujours référence à celui de 2005,
mais... C
'était la monnaie. Le président de la République, un homme seul, qui soit président de la République, n'a pas le droit de revenir seul
sur
un vote populaire. Et nous n'avons qu'un drapeau, c'est le drapeau tricolore.
On va parler aussi... Ce qui n'interdit
pas de construire une Europe des drapeaux. S'il y avait le drapeau allemand, britannique, italien... Je ne suis pas hostile à l'Europe des nations. Et ce sera d'ailleurs un des éléments clés de notre projet futur. Montrer qu'on peut faire une Europe
différemment. On va aussi parler des Etats-Unis. La tête de Donald Trump mise à prix, est-ce une bonne nouvelle pour le monde ou une mauvaise nouvelle pour la démocratie ? C'est l'info en plus. Bonsoir Hortense Villade.
Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir. La tête de Donald Trump mise à prix, qu'est-ce que ça signifie ? 10 millions de dollars ?
Effectivement. La tête de Donald Trump mise à prix dans une pub un peu particulière qui est parue dans le Washington Post ce week-end. On va regarder. C'est en fait une offre de récompense qui émane de Larry Flint. Alors je ne sais pas si ça vous dit quelque chose. C'est ce roi du porno, fondateur du magazine Hustler. Un magazine qui a tiré quand même jusqu'à 3 millions d'exemplaires. Et donc voici ce qu'on peut lire dans cette offre de récompense. Larry Flint et le magazine Hustler offrent 10 millions de dollars pour toute information conduisant à la destitution et au retrait de la Maison Blanche de Donald Trump.
10 millions de dollars, 8 millions et demi d'euros pour faire tomber le président des Etats
-Unis.
Et donc il cherche des informations. A quoi s'attend-il exactement ?
Alors cette offre de récompense, aussi surprenante soit-elle, elle est accompagnée d'une longue tribune dans laquelle Flint explique sa démarche. Alors pour lui, il faut absolument prouver que Trump a trempé, aurait trempé dans diverses affaires douteuses. Il tire tous azimuts, Larry Flint. Première hypothèse, a-t-il passé un arrangement financier avec les Russes pour fausser l'élection présidentielle ? Trump a-t-il favorisé ses intérêts plutôt que le bien des Etats-Unis ? Encore a-t-il saboté l'accord de Paris sur le climat ? Pour lui, il faut absolument tout explorer et pour recueillir de possibles témoignages.
Il indique une adresse électronique et un numéro de téléphone qui ont été mis en place spécialement et qui seront ouverts dans les deux prochaines
semaines.
Est-ce qu'il y a déjà des appels ? Est-ce qu'il y a déjà des personnes qui se sont manifestées ?
Alors je suis allée voir sur Twitter. Malheureusement,
on
ne peut pas appeler les Etats-Unis depuis le poste qu'on a LCI, donc je n
'ai
pas pu s'appeler. Je suis allée voir sur Twitter et effectivement, la démarche, elle plaît. Alors bien sûr, il y a cette bataille entre les pros et les anti-Trump. Flint, il n'est pas spécialement certain de sa démarche. Il dit qu
'il
ne s'attend pas à
ce
que les potes milliardaires de Trump dénoncent directement le président. Mais il se dit qu'il y a beaucoup de gens que 10 millions de dollars, ça pourrait intéresser. Alors pourquoi pas ? S'ils ont des infos, qu'ils appellent. Ce qu'il faut savoir quand même, c'est que Flint, il n'en est pas à son coup d'essai. Déjà à l'époque de l'affaire Lewinsky, il avait offert un million de dollars à quiconque offrirait la preuve qu'un membre du Congrès était lié à une affaire à caractère sexuel. Tout ça pour évidemment dénoncer l'hypocrisie à l'encontre de Bill Clinton. Bingo, un élu avait démissionné.
En 2007, rebelote, encore pour obtenir des éléments sur une affaire sexuelle contre un membre du Congrès. Et encore en 2012, à l'encontre de Mitt Romney sur ses déclarations fiscales.
Quoi qu'on pense de Donald Trump, les mœurs américaines en matière de démocratie sont décidément bien différentes des nôtres. Ça vous choque ou vous trouvez ça intéressant ?
Ce pouvoir de l
'argent est incroyable. C'est une société. Heureusement que nous n'en sommes pas là. Heureusement que nous n
'en
sommes pas là.
Mais je
ne
suis
pas sûr que cela n'aide pas finalement Trump. Parce qu'en vérité, la société américaine est tellement antagonisée, si je puis m'exprimer ainsi, entre guillemets, entre les uns et les autres. Et les échos que j'ai de là-bas sont impressionnants. Donc en fait, l'acharnement des médias contre Trump a servi Trump, dans un sens. Mais
tout
ça n'est pas ma tasse de thé. J'imagine un autre destin pour notre pays.
Merci Nicolas Dupont-Aignan d'avoir répondu à nos questions.
Nicolas Dupont-Aignan