Je veux construire une écologie rassembleuse qui s’adresse à tout le monde.
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Questions et réponses
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- 0:59OuverteRéponse directe
Que vous inspire ce trombinoscope et pourquoi ajouter votre candidature ?
- 3:19OuverteRéponse directe
Pourquoi l'écologie politique est-elle si peu audible aujourd'hui ?
- 5:14OuverteRéponse directe
À tous ceux qui annoncent déjà un match au second tour, Bardella-Mélenchon, qu'est-ce que vous répondez ?
- 7:17OuverteRéponse directe
Quand vous voyez cette action sur Van Gogh, qu'est-ce que ça vous a inspiré ?
- 8:33OuverteRéponse directe
Une écologie pour un monde plus beau, ça ressemble à quoi concrètement ?
- 9:56OuverteRéponse directe
Pourquoi une partie du monde agricole et de l'État s'obstinent dans la voie des méga-bassines ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:55Invité politiqueFait
« beaucoup de candidatures sont des mêmes formations politiques ou de la même famille politique. Elles ont en fait le même programme. »
- 2:08Invité politiqueFait
« les enjeux du climat, de l'eau potable, de la qualité de l'alimentation, de notre sécurité climatique, de notre santé environnementale, soient défendus. »
- 4:33Invité politiqueFait
« cette proposition politique qui était celle des Verts s'adresse uniquement à un public de militants et pas à tout le monde. »
- 12:11PrésentateurChiffre
« la France est championne du monde du taux d'incidence du cancer du sein avec 105,4 cas pour 100 000 femmes. »
- 12:39Invité politiqueChiffre
« On a une augmentation de 80% des cancers chez les personnes jeunes. »
- 12:56Invité politiqueChiffre
« en lien avec le cadmium une multiplication par 4 du nombre de cancers du pancréas. »
- 14:29Invité politiqueFait
« Dans les Ardennes, y a 12 communes rurales qui n'ont plus d'eau potable à cause d'une pollution par les PIFAS. »
- 15:17Invité politiqueFait
« le Sénat vient d'inscrire dans cette loi d'urgence agricole le retour à nouveau des néonicotinoïdes qui a été censurée l'année dernière par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. »
- 15:23Invité politiqueChiffre
« 2 millions de citoyennes et citoyens qui signé la pétition contre la loi Duplomb. »
- 16:31Invité politiqueChiffre
« Cette année, on a 18 médecins nouveaux en Deux-Sèvres pour 14 départs à la retraite. »
- 21:23Invité politiqueChiffre
« 600 avions gros porteurs de Chine atterrissent chaque nuit en Europe pour inonder nos marchés de colis. »
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Bonjour
à tous et bienvenue dans ce nouveau numéro de Dimanche en politique. Nous sommes à dix mois maintenant de l'élection présidentielle. Pour les candidats, le tempo de cette campagne électorale est affaire de stratégie. Faut-il se lancer dans la course le plus tôt possible, passer d'abord par une primaire ou attendre le dernier moment pour se déclarer ? Eh bien, notre invité a choisi la première option. Bonjour Delchine Bateau. Bonjour. Vous êtes donc députée des Deux-Sèvres et candidate de Génération Écologie pour cette élection présidentielle.
Vous publiez un livre qui s'intitule « La politique de la beauté, une nouvelle écologie » dans lequel vous posez les fondements d'une république terrestre. va y revenir dans le détail. Mais d'abord, je voudrais que vous regardiez derrière moi le trombinoscope qui va s'afficher. C'est celui des candidats, on va le voir dans un instant, des candidats déclarés ou qui sont très tentés par une candidature pour la présidentielle de 2027, avec ou sans primaire. y une trentaine de visages, une minorité de femmes, une majorité d'élus de gauche. Que vous inspire ce trombinoscope et pourquoi ajouter votre candidature ?
La raison de ma candidature, on la trouve dans la température qui fait à l'extérieur de ce studio climatisé. Et en fait, telle que les choses sont en train de se préparer pour la prochaine élection présidentielle, qui est un rendez-vous démocratique essentiel qui va déterminer le destin de notre pays pour des années, et bien l'écologie serait absente.
Moi,
je ne l'accepte pas. Je veux sauver l'écologie en France. Je veux construire une nouvelle écologie rassembleuse qui s'adresse à tout le monde. Je veux porter aussi la voix de la ruralité qui est absente dans tous les visages que vous présentez. Et il y a une grande différence parce qu'en réalité, dans ce panorama, beaucoup de candidatures sont des mêmes formations politiques ou de la même famille politique. Elles ont en fait le même programme.
Et moi, j'ai un projet qui est différent de tous les autres et qui ne correspond pas à une candidature individuelle, qui correspond à une mission collective que nous avons, que les enjeux du climat, de l'eau potable, de la qualité de l'alimentation, de notre sécurité climatique, de notre santé environnementale, soient défendus et puissent être défendus avec un bulletin de vote en 2027. C'est la raison pour laquelle je suis candidate. Cette liste sera forcément réduite d'ici
quelques mois. Il y aura sans doute une primaire à gauche, ou peut-être deux, on verra comment ça se passe. S y aussi la question des 500
parrainages à obtenir, ne rentrez pas dans
cette primaire. Je ne m'inscris pas dans cette logique de primaire et de confusion. Et par ailleurs, je voudrais qu'on parle du fond, parce qu'il y a énormément de discussions relatives à ces prochaines échéances qui, pour moi, ressemblent à une confiscation démocratique. Les problèmes de la France, les problèmes du monde, la situation géopolitique, notre vie quotidienne, qu'entre le plein de gazole est à 2 euros le litre, sont des enjeux suffisamment sérieux et suffisamment graves pour qu'on parle de ça plutôt que d'affaires qui concernent les partis
politiques. politiciennes, on va dire.
Vous avez évoqué la canicule, le cours des énergies fossiles qui s'envolent. Toutes ces choses-là, c'est du concret qui bouleverse nos vies. Et pourtant, l'écologie politique n'a jamais été aussi peu audible. On voit les dernières villes qui ont été perdues par les écologistes aux municipales. Pourquoi elle est si peu audible aujourd'hui, malgré tous ces bouleversements qui nous accablent
?
C'est la raison pour laquelle je plaide pour une nouvelle écologie qui rompt avec tout ce qui coule, ce qui a coulé, la proposition politique qui était celle des Verts et qui a subi dans la période récente des échecs électoraux, qui ont une explication. Et l'explication n'est pas que les Françaises et les Français ne seraient pas parfaitement conscients des enjeux écologiques qu'ils ressentent aujourd'hui dans leur sécurité physique,'ils ressentent dans leur corps. Il
a pas de fatigue
écologique. Donc il y a un paradoxe. Non mais vous avez raison. Il y un paradoxe entre une population qui est parfaitement consciente des enjeux climatiques, des enjeux de santé environnementale et des résultats électoraux qui illustrent un rejet en fait des écologistes quand on voit ce qui s'est passé aux dernières élections municipales, mais ce qui s'était passé aussi précédemment aux élections européennes. Ça renvoie
au
fait que cette proposition politique qui était celle des Verts s'adresse uniquement à un public de militants et pas à tout le monde. Moi je crois qu'il faut s'adresser à tout le monde, n'a pas pris à bras le corps des enjeux comme ceux de la ruralité et beaucoup d'autres attentes qui sont celles de la société, a pu paraître aussi donneuse de leçons ou prendre carrément sur un certain nombre de sujets, notamment les questions de laïcité, les questions de sécurité, de défense, des positions qui sont extrêmement marginales et qui ont contribué à cette marginalisation électorale.
Avant de rentrer dans le fond de la République terrestre que vous proposez, une dernière question plus politicienne, si vous me permettez, à tous ceux qui annoncent déjà un match au second tour, Bardella-Mélenchon, qu'est-ce que vous répondez aujourd'hui à dix mois de cette élection ? Je leur réponds
que
les Françaises et les Français
ont
le droit
à
un vrai débat démocratique, que nous avons besoin que la prochaine élection présidentielle ne soit pas une confiscation avec la répétition des scénarios qu'on a connus dans les précédentes élections
présidentielles
et qui aboutissent à quoi ? Qui aboutissent à des présidents rejetés, élus pour faire barrage. Moi, je ne suis pas sur une logique de barrage, je me bats bien sûr contre l'extrême droite, je suis sur une logique d'espérance. Je suis sur une logique de construire une vision et une alternative positive.
Et j'estime que cette logique du vote par défaut, où on voudrait en gros dire à nos concitoyennes et à nos concitoyens que dès le premier tour de l'élection présidentielle, ils devraient prendre un bulletin de vote d'une candidature avec laquelle ils ne partagent rien, dont ils n'approuvent pas le programme, dont ils n'approuvent pas les idées, dont ils n'approuvent pas la personne ni l'équipe, et voter par défaut. En fait, la démocratie française, elle est en train d'en crever de ce vote par défaut. Et je pense précisément que c'est une des raisons, malheureusement, de la progression de l'extrême droite.
Donc le livre que j'ai écrit porte justement un changement absolu de méthode avec cette logique du vote par défaut et du manque d'idées nouvelles. Moi, je souhaite qu'on ait une prochaine élection présidentielle qui soit une élection présidentielle féconde, dans laquelle il y ait un air frais, dans laquelle il y ait des idées nouvelles et dans laquelle il y ait des forces positives porteuses de solutions nouvelles pour notre pays. On va revenir
sur
le contenu de votre livre, donc La politique de la beauté. Dans l'avant-propos, vous parlez d'une séquence qui m'avait aussi beaucoup marquée à l'époque. Ce sont des activistes qui projettent de la soupe sur les tournesols de Van Gogh. On va regarder cette séquence, c'était en 2022 à Londres.
Quand
vous voyez ça, qu'est-ce que ça vous a
inspiré
sur le moment ? Qu'est-ce que vous vous êtes dit ? Un malaise. Ça m'a inspiré un malaise parce que la révolte de ces jeunes par rapport à l'inaction climatique, je la partage entièrement. Donc, en fait, je comprends parfaitement la volonté de trouver un moyen de se faire entendre. En fait, il a urgence et on ne sait plus comment le dire,
comment
interpeller.
Par
contre, en fait, le choix de la cible pose problème. Pas seulement parce que j'adore Van Gogh et j'adore en particulier ce tableau, mais parce que l'art, c'est la beauté du monde. Et l'écologie, elle doit défendre la beauté du monde. La beauté, ça doit même être la boussole de l'écologie. qu'on veut, c'est conserver les beautés du monde, les beautés gratuites de la nature, mais aussi de la place pour la culture, pour le sport, pour tous ces moments, en fait, où on se sent intensément vivant, où on vibre. Et c'est ça qui fait,
c
'est ça qui compte, en fait, dans la vie. Et donc, prendre l'art pour cible, oui, ça génère un malentendu. Et je pense que cette action-là, elle a créé beaucoup d'incompréhension. Effectivement, vous
l
'avez dit, vous dites d'un livre, Embellir le monde devrait être la boussole de l'écologie depuis trop longtemps. L'écologie parle du monde qu'elle ne veut pas. Une écologie pour un monde plus beau, ça ressemble à quoi, concrètement
? »
ressemble à une vie quotidienne, dans laquelle notre eau potable est pure, notre alimentation est produite localement par des paysans qui vivent de leurs revenus. C'est une société dans laquelle chacune et chacun a un travail très actif, mais qui a du sens, dans laquelle il y a dans nos vies de la place aussi pour d'autres activités associatives, éducatives, culturelles. Ça ressemble à une société française qui est forte et confiante dans le fait que sa diversité, la diversité de ses terroirs, de ses paysages, la diversité de sa population, c'est une force, c'est une richesse.
Ça ressemble à un pays qui est harmonieux et qui est confiant dans ses valeurs et qui porte à l'échelle internationale une alternative au trumpisme, au poutinisme et à tous ces mots en isme qui sont en train de préparer une sorte de logique de guerre mondiale. On voit autour de
nous tous ces beaux paysages du Poitou-Charentes. Pour que la nature soit belle, il un élément qui indispensable, c'est l'eau. Le Parlement a adopté il y a quelques semaines la loi d'urgence agricole. Vous avez voté contre cette loi, tout comme tous les édits écologistes de notre région. Dans cette loi, on vise notamment à faciliter la construction des réserves, les fameuses méga-bassines. Vous avez toujours dit que vous étiez contre le remembrement, les effets du remembrement, que vous vouliez reconstruire des haies, restaurer les zones humides.
Quand c'est fait, là où c'est réalisé, on voit que les bénéfices sont quasiment immédiats et que ça a des coûts qui sont moindres que les coûts de construction de méga-bassines. Pourquoi est-ce qu'une partie du monde agricole et de l'État s'obstinent dans cette voie-là
?
Parce que c'est une solution ancienne qui leur a été présentée comme le remède magique au problème du changement climatique. Je pense que malheureusement, la semaine qui vient
va
illustrer que à la fois ce n pas la bonne solution et à la fois c'est dérisoire par rapport à l'ampleur et à la gravité des sécheresses. Donc d'abord, il y une chose que je veux dire. Les agricultrices et les agriculteurs sont les premières victimes du changement climatique en France. Ce qui est en train de se passer est grave pour leurs revenus, pour les récoltes. C'est grave pour notre sécurité alimentaire. Et donc, oui, on doit clairement organiser l'adaptation au changement climatique de l'agriculture française.
L
'idée qu'il suffirait de faire des bassines pour avoir une relative sécurité est faux parce que ça ne concerne pas l'ensemble des exploitations agricoles et parce que la première priorité, c'est effectivement de replanter des haies, de changer la manière dont on travaille les
sols
pour garder le maximum d'humidité dans les sols. 'est de faire de l'agroforesterie, donc de planter beaucoup d'arbres. Donc c'est un changement des pratiques agricoles qui doit être accompagné. Ensuite, une fois qu'on a fait tout ça ou qu s'est engagé dans cette voie-là, on peut discuter d'ouvrages de stockage, mais à condition qu'on sorte des pesticides. 'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, on a quand même un problème de santé publique par rapport à un certain nombre de produits chimiques qui est un problème majeur sur lequel on ne peut pas fermer les yeux. Problème sanitaire.
Puisqu'on parle de ce monde agricole, vous parliez des engrais, on va parler du cadmium avec cette proposition de loi que vous avez votée, là aussi pour limiter la contamination au cadmium, qu'on rappelle c'est un métaux lourd classé cancérigène, un métal lourd. Dans votre livre, vous détaillez l'explosion d'un certain nombre de cas de cancer en France. Depuis 30 ans, la France est championne du monde du taux d'incidence du cancer du sein avec 105,4 cas pour 100 000 femmes. Si vous êtes élue présidente, la santé, ce sera la priorité numéro 1 de votre mandat ? C'est ma première priorité.
Et
vous voyez, le président Chirac avait lancé un plan cancer. Eh bien aujourd'hui, il devrait y avoir un plan de lutte contre le cancer par le fait de conquérir notre santé environnementale. On a une augmentation de 80% des cancers chez les personnes jeunes. Donc on ne peut pas nous dire que c'est lié à l'allongement de l'espérance de vie. Ou
d'un meilleur
dépistage
?
Parce que ça frappe des personnes jeunes, ça frappe même des enfants. On a par exemple en lien avec le cadmium une multiplication par 4 du nombre de cancers du pancréas. Et vous savez que c'est malheureusement un des cancers les plus mortels avec une mortalité de 90%. On peut agir. Ce qui est en train de se passer avec l'explosion de toutes ces maladies, ce n pas une fatalité en fait. On peut agir sur les facteurs qui sont liés à ces maladies. Ça concerne aussi les maladies cardiovasculaires, les maladies neurodégénératives dont on ne parle pas assez, la maladie d'Alzheimer, la maladie à corps de Lewy et ainsi de suite.
Donc oui, on doit en fait faire le nécessaire pour que nos enfants, et puis nous les adultes, puissent vivre dans un environnement sain. Vous savez, c'est le premier article de la Charte de l'environnement qui est dans la Constitution. Le fait que toutes les citoyennes, tous les citoyens ont droit à un environnement sain qui soit bon pour la santé. Et oui, ça doit être une priorité et nous connaissons les solutions. C
'est un droit. Il y a en Ardennes, par exemple, un coup de maraîcher qui a porté plainte contre l'État, justement pour mise en danger de la vie d'autrui parce que leurs exploitations avaient du pesticide, qu'ils avaient du pesticide dans leur sang. Est-ce qu'il faut qu'on en arrive là, nous, citoyens, à assigner l'État en justice
pour
faire valoir ce droit à une santé
? Alors,
il est normal, oui, de se tourner vers la justice quand l'État prend fait et cause pour les empoisonneurs. Vous parlez des Ardennes. J'y m'y suis rendue. Dans les Ardennes, y a 12 communes
rurales qui
n'ont plus d'eau potable à cause d'une pollution par
les
PIFAS.
Ça
va bientôt faire un an. Alors, une partie d'entre elles, l'eau potable a été rétablie, mais une autre partie des communes n'a pas d'eau potable depuis un an. Et les élus ruraux, dont personne ne porte la voix dans ce pays, doivent, avec le budget communal, acheter des bouteilles d'eau minérales, rembourser aux habitants des bouteilles d'eau minérales. Mais alors qu'on pourrait déployer en urgence, en fait, des stations de traitement de l'eau au charbon actif pour régler au moins le problème de ces PIFAS.
Il y une
défaillance de l'État ? Il y a une défaillance de l'État. Et lorsqu'on voit les sénateurs, vous parliez tout à l'heure de la loi d'urgence agricole, le Sénat vient d'inscrire dans cette loi d'urgence agricole le retour à nouveau des néonicotinoïdes qui a été censurée l'année dernière par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. Vous savez, quand il y eu 2 millions de citoyennes et citoyens qui signé la pétition contre la loi Duplomb, le Conseil national de l'ordre des médecins, le CNRS, plein de chefs de la gastronomie française, une mobilisation même des restaurateurs... C'est une
provocation
de réintroduire
cet amendement ? La santé environnementale, elle est majoritaire en France. C'est un enjeu qui devrait dépasser tous les clivages politiques, qui devraient rassembler toutes les sensibilités. On a les moyens, en fait, de lutter contre cette explosion des maladies et des cancers en agissant sur les causes.
Un dernier mot sur la santé avant de s'intéresser à la sécurité et à la défense nationale. La proposition de loi que vous portez également contre les déserts médicaux, elle est bloquée en ce moment au Sénat. Ce qui bloque, c'est la régulation de l'installation des nouveaux médecins. Là aussi, c'est quoi ?'est le blocage d'un lobby, de l'ordre des médecins
?
Ça fait pas avancer le débat de... Non,
mais comment
on en sort, du coup, de ce blocage
?
Par le courage politique, en fait, par la clarté. Là, regardez les chiffres, c'est assez simple. Comme il y a quand même maintenant un peu plus de médecins qui sont formés, puisque ce qu'on appelait le numerus clausus a été supprimé. Donc cette année, on a 18 médecins nouveaux en Deux-Sèvres pour 14 départs à la retraite.
En
Gironde, il y a 120 nouveaux. Donc il n a pas seulement un problème de manque de médecins, il y a un problème de répartition territoriale. Et donc ce que nous voulons avec cette proposition de loi, nous irons jusqu'au bout de ce combat, qui est un combat transpartisan. C'est quelque chose de très important. Moi, j'insiste vraiment sur... On est sur un enjeu de santé publique qui rassemble très largement. Nous irons jusqu'au bout du combat pour cette mesure.
Voilà pour la santé. Votre vision de l'écologie, elle ne fait pas l'impasse sur le régalien. C'est le prochain thème de notre débat. Vous êtes membre de la Commission de défense nationale des forces armées. Il a un mois, vous avez été la seule députée de votre groupe écologiste et social à voter pour la loi de programmation militaire. à la l'ordre où la paix mondiale n jamais été aussi précaire. Est-ce que l'antimilitarisme assumé des parlementaires écologistes, c'est une des raisons de leurs désaveus électoraux récents
? La
gravité de la situation géopolitique à laquelle on est confronté nécessite de ne pas faire preuve de légèreté. Et qu'on se comprenne bien, parce que moi, je suis pour la paix. Ce dont il s'agit, c'est de défendre la paix. Et donc, quand Vladimir Poutine attaque l'Ukraine, quand Vladimir Poutine, de façon explicite, dit que la France et l'Europe sont ses ennemis, quand notre pays subit tous les jours, tous les jours, des attaques hybrides de la Russie. Et je lisais en venant à cette émission, désormais aussi des opérations de sabotage ou des opérations d'élimination d'opposants russes dans un certain nombre de pays. C'est ça, la situation à laquelle on est confronté.
Donc, qu'est-ce qu'on doit faire ? Ne soyons pas
naïfs. On doit,
évidemment, ne pas être naïfs. Et on doit dissuader la Russie de Poutine de toute attaque contre l'Union européenne et contre la France. Et donc, il faut faire cette dissuasion par la dissuasion militaire, mais aussi par une dissuasion citoyenne. parce que la technique de la guerre hybride, c'est aussi la manipulation de l'information, de cultiver, de creuser, de mettre du sel sur les plaies. Vous voyez, des clivages internes à la société française. C
'est un piège qu'on nous tend.
C'est un piège qu'on nous tend. Et donc, on a besoin de faire bloc. On a besoin d'être solide. On a besoin de donner à nos forces armées les moyens budgétaires dont elles ont besoin pour être au rendez-vous de cette dissuasion militaire. Mais ce dont il s'agit, c'est bien de défendre la paix. Ce n'est pas d'être vate en guerre.
Pour
défendre notre souveraineté nationale, vous dites aussi qu'il nous faut une souveraineté numérique. Donald Trump vient d'interdire l'exportation des modèles d'IA les plus puissants et performants d'anthropique. Est-ce que pour nous, ça doit être le déclic, pour nous, européens, d'arrêter d'être dépendants de tous ces produits et services d'IA américains ?
Oui, c'est un combat que je porte depuis quasiment 10 ans. J'avais proposé à l'Assemblée nationale la création d'un commissariat à la souveraineté numérique.
Mais
là, maintenant, avec la dimension des choses liées à l'intelligence artificielle, on est dans une logique qui doit être un des débats de la prochaine élection présidentielle. Moi, je suis contre un régime de domination de l'humanité par la machine. Je suis contre qu'on remplace la création artistique, le journalisme et bien d'autres choses de nos productions intellectuelles, de notre information, par des algorithmes qui nous présenteraient soi-disant des œuvres qui sont en réalité le résultat d'un calcul numérique. On doit défendre l'humanité, en fait. Donc, il y a un combat humaniste à mener. Et c'est évidemment une question de souveraineté.
Mais plus profondément, c'est aussi un grand choix par rapport au type de société dans lequel on veut vivre. Et en fait, ça nous renvoie directement au débat que je pose dans mon livre sur le rapport à la croissance économique du PIB. Parce que ce déploiement massif de l'intelligence artificielle, sans contrôle, au profit de puissances étrangères ou de grands olicopoles et multinationales du numérique, c'est le nouveau projet de la croissance économique. Et j'estime qu'il ne faut pas suivre cette voie. On ne pas désinventer l'intelligence artificielle, mais il est encore temps de la contrôler et de décider du périmètre dans lequel elle est utilisée. Justement, dans le livre, vous
dites qu'il faut que notre souveraineté passe par la décroissance de l'inutile. C'est quoi l'inutile pour vous dans
notre société ? veut dire qu
'aujourd'hui, notre pays est totalement dépendant dépendant d'un certain nombre d'importations, alors évidemment pour l'énergie, mais pas seulement, dans de très nombreux domaines. Est-ce qu'il est utile, par exemple, que 600 avions gros porteurs de Chine atterrissent chaque nuit en Europe pour inonder nos marchés de colis comportant, par exemple, des vêtements ou des produits d'ameublement, pendant que le petit commerce de nos communes et de nos bourgs ferme ses portes, pendant que nos entreprises de l'ameublement sont confrontées à des difficultés parce que les fabricants de meubles français subissent la concurrence déloyale venue de la Chine ?
Donc la logique, en fait, de ce que j'appelle la décroissance différenciée, c'est de réduire les consommations inutiles et de favoriser, en fait, une économie de proximité, une économie de l'utile qui est créatrice d'emplois dans nos territoires. Quand on dit décroissance de
l'unitile, est-ce que ça fait moins peur que le concept global économique de décroissance qui
peut en effrayer certains ?
pas une question de faire moins peur, 'est la question d'être précis. Je vais vous prendre un exemple. 'étais dernièrement aux 60 ans
de
la CAPEB dans les Deux-Sèvres qui regroupe les artisans du bâtiment. Mais eux, en fait, ils sont dans les starting blocks. Ils attendent que la France décide enfin d'un plan sérieux d'économies d'énergie. Les économies d'énergie, c'est l'exemple même de la décroissance différenciée. Et c'est un bon exemple, cette question du secteur du bâtiment, parce qu'en fait, on voit qu'avec les températures qu'il fait actuellement et les problèmes de facture d'énergie l'hiver, on aurait tout intérêt à lancer un chantier national avec un effort de transformation qui est aussi important que celui de la reconstruction après-guerre, qui doit être aussi un chantier du beau et d'embellissement de la France.
que ça, ça peut donner, en fait, du travail à nos artisans. C'est des emplois aussi et des perspectives d'emploi et de formation pour nos jeunes dont on a besoin aussi qu'ils s'engagent dans tous ces métiers. Je suis très inquiète de ce qui est en train de se passer sur le terrain de'apprentissage et du soutien à l'apprentissage, parce que ça engage tous ces métiers dont on a besoin pour la transformation écologique du pays. Dans ce livre, vous développez le
concept
de la république terrestre. Donc, est-ce qu'elle peut survivre, cette république française terrestre, dans un monde tel que nous le connaissons aujourd'hui, nous, la France, seule ?
Seule, non. C'est pour ça qu'il faut l'Europe. Mais, oui, la voie de la France, on en a besoin.
Ce
qui a permis à notre pays de se rassembler, d'être unis dans l'histoire, c'est chaque fois qu'on apportait, en fait, un idéal, pas seulement pour nous, la France. On apportait un idéal pour l'humanité tout entière. C'est ce qu'on a fait avec la déclaration des droits de l'homme, mais c'est aussi ce qu'on a fait d'un certain point de vue avec l'accord de Paris sur le climat.
Et donc, quand je dis la France doit devenir une république terrestre, ça veut dire que la nouvelle étape de notre construction républicaine, après l'abolition de la monarchie, la laïcité, la création des grands services publics, à commencer par celui de l'éducation, la sécurité sociale, eh bien, la nouvelle étape historique de notre République, c'est de devenir une république terrestre qui préserve l'habitabilité, c'est-à-dire le fait que les endroits où nous sommes, les lieux où nous vivons, soient habitables de façon sûre pour nous, pour nos enfants, pour les générations futures.
Une dernière question, rapidement, vous aurez bien sûr l'occasion de détailler plus en avant ce programme dans les prochains mois. La prochaine étape pour vous, c'est quoi ? Les parrainages des 500 élus locaux ? C'est les parrainages. Ça
va
difficile
? Je
ne sais pas, je ne peux pas vous dire aujourd'hui si ça va être difficile. Ce que je sais,
c
'est que beaucoup d'élus locaux ressentent aujourd'hui un décalage terrible entre le débat politique national et les réalités locales et qu'il y a beaucoup de sujets, en particulier en ce qui concerne le ras-le-bol à l'égard de la bureaucratie qui est subie par les élus locaux, dont ils attendent qu'ils soient défendus et portés dans la campagne présidentielle.
Merci beaucoup Delphine Bateau d'avoir été notre invitée dans Dimanche Politique, émission que vous pouvez voir ou revoir sur notre site na.france3.fr ou sur la plateforme france.tv. La semaine prochaine, vous retrouvez Jérôme Villain pour un club de la presse qui fera le bilan de ce premier semestre politique avant de se projeter vers l'élection présidentielle. Bonne fin de journée et à bientôt.
Delphine Batho