Laure Darcos : " Il ne faut pas mentir à nos jeunes comme quoi on va abroger Parcoursup comme ça " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:48OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous pensez qu'ils retourneront en cours lundi ou que le mouvement va se poursuivre ?
- 2:47RelanceRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas paradoxal ? Les secondes continuent le mouvement alors que Parcoursup saute en 2028.
- 3:47OuverteRéponse directe
Pourquoi Jean-Michel Blanquer est si seul à défendre ce bilan ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est lié à l'impopularité d'Emmanuel Macron ?
- 6:46OuverteRéponse directe
Les emplois du temps trop chargés, est-ce pour permettre aux lycéens de choisir davantage d'enseignements de spécialité ?
- 11:19OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous du système d'enseignement supérieur français ? Quels critères d'admission proposez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:17Invité politiqueFait
« Je pense qu'en effet, ils ont été entendus. »
- 2:23Invité politiqueChiffre
« On a vu sortir les 3 000 professeurs qui n'étaient pas devant élèves, qui vont, en effet, peut-être permettre de remplacer des professeurs qui manquaient. »
- 3:28Invité politiqueFait
« Il est bien sûr peut-être perfectible, mais sans Parcoursup, en tout cas sans un système comme celui-là, ce seront les classes les plus défavorisées et donc les jeunes les plus loin de la possibilité d'avoir des parents qui les pistonnent pour aller dans les bonnes écoles et les facultés. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Et je pense même notamment aux territoires ruraux et suburbains qui seront les plus impactés. »
- 5:25Invité politiqueFait
« Oui, je pense que Jean-Michel Blanquer a été lâché par le camp macroniste. »
- 5:31Invité politiqueFait
« Je pense même que Gabriel Attal lui avait bien savonné la planche en partant. »
- 5:42Invité politiqueFait
« La stabilité d'avoir un ministre de l'Éducation nationale pendant cinq ans, je pense que c'est nécessaire. »
- 6:08Invité politiqueFait
« Les professeurs ne savaient plus où ils en étaient. Chacun y a été de sa réforme. »
- 10:23Invité politiqueFait
« Puisque moi, j'ai essuyé les plâtres avec mon fils la première année, c'était extrêmement rigide. »
- 10:42Invité politiqueFait
« L'opacité des algorithmes, qui ont souvent été, vous savez, condamnés... La boîte noire. »
- 12:28Invité politiqueFait
« Non, le niveau n'a pas monté. »
- 17:40Invité politiqueFait
« Il va falloir passer par la loi. Il ne faut pas mentir sur les réseaux à nos jeunes, comme quoi, demain, on va pouvoir changer de système. »
- 19:35Invité politiquePromesse
« Je voudrais que ma campagne et mes propositions, ça soit la France que je veux laisser à nos enfants. »
Temps de parole
- Laure Darcos61 %
- Invité12 %
- Présentateur11 %
- Invité 25 %
- ?4 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
≈ 23,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
Laure Varcos, vous êtes sénatrice, les indépendants de l'Essonne, membres d'Horizon. Les vacances qui y touchent à leur fin, les lycéens reprendront-ils le chemin des cours lundi ? Emmanuel Macron souhaite qu'il le fasse dans le calme, jugeant qu'ils ont été entendus. Jean-Michel Blanquer a défendu hier ces réformes de l'époque à l'origine de la colère, notamment Parcoursup, qui a fait l'objet d'un vif débat dans le même temps hier à l'Assemblée nationale en présence de Sébastien Lecornu. Alors, comment redonner aux jeunes un horizon ? On va en parler pendant cette demi-heure. D'abord, Emmanuel Macron, on l'a entendu, qui demande aux lycéens de retourner en cours.
Il dit qu'ils ont été entendus, avec du retard certes, mais qu'ils ont été entendus. Est-ce que vous pensez qu'ils retourneront en cours lundi ou que le mouvement va se poursuivre
? Alors, ça
dépendra, je pense, des niveaux. J'en ai parlé avec des proviseurs dans mon département de l'Essonne.
Je
pense que les premières et terminales,
on
se rend compte que pendant trois semaines, un mois, ils n
'ont
pas eu de cours. J'étais avec, d'ailleurs, Edouard Geffray le vendredi de la sortie.
Et
il y avait une professeure de français qui nous dit qu'elle avait essayé de faire un cours en visio pour, justement, ses élèves de français en première. Et en fait, les petits malins, c'était refilé le lien Teams de la visio pour la perturber. Et elle a fini, alors qu'elle essayait d'empêcher certains de rentrer dans le cours virtuel, elle a fini par avoir des photos pornographiques et des menaces de mort. Donc, elle a arrêté. Et je pense que, du coup, les premières terminales,
eux,
auront peut-être quand même conscience qu'il va falloir rattraper le retard.
Pour
les secondes, c'est plus compliqué.
Et
c'est ce que nous ont dit beaucoup de proviseurs. En fait, ce sont les secondes qui, n'ayant pas cette pédamoclès au-dessus de la tête,
qui
arrivent, en fait, dans le lycée, peuvent pouvoir continuer à, peut-être, revendiquer certaines choses. Mais bien sûr, oui, il faut qu'ils retournent dans leurs établissements. Je pense qu'en effet, ils ont été entendus. On a vu sortir les 3 000 professeurs qui n'étaient pas devant élèves, qui vont, en effet, peut-être permettre de remplacer des professeurs qui manquaient.
Sur
les conditions de travail, on en parlera après sur Jean-Michel Blanquer, qu'en effet, ils aient vraiment des journées à trous, c'est évident. Après, il faut, du coup, avoir des établissements qui puissent les accueillir dans des CDI pour qu'ils puissent travailler aussi pendant la journée. Il faut qu'ils apprennent ça.
Mais
est-ce que ce n
'est
pas paradoxal ? On va revenir longuement sur Parcoursup tout à l'heure. Mais que ce soit, de ce que vous nous racontiez, les secondes qui continuent le mouvement, alors que si Parcoursup saute en 2028, ces secondes n'auront pas la réforme Parcoursup.
On va en parler. Je pense que là où ils se trompent complètement, c'est que pas du tout Parcoursup. On a connu APB, on a connu le tirage au sort. Moi, à mon époque,
c
'était d'avoir nos parents qui faisaient la queue à 3h du matin devant les facultés pour attendre, de savoir si on avait les résultats. Oui,
il y a eu l
'époque du premier arrivé, premier
service.
Il est bien sûr peut-être perfectible, mais sans Parcoursup, en tout cas sans un système comme celui-là, ce seront les classes les plus défavorisées et donc les jeunes les plus loin de la possibilité d'avoir des parents qui les pistonnent pour aller dans les bonnes écoles et les facultés. Et je pense même notamment aux territoires ruraux et suburbains qui seront les plus impactés.
Alors, vous avez auditionné hier Jean-Michel Blanquer, il était ministre de l'Éducation nationale durant le premier quinquennat Macron de 2017 à 2022. Il a mené, quand un, deux grandes réformes du lycée et de Parcoursup. Des réformes qui sont donc au cœur aujourd'hui de cette mobilisation lycéenne, mais que Jean-Michel Blanquer a défendu coûte qu'au coûte.
Oui, pendant plus de deux heures, l'ancien ministre de l'Éducation n'a pas formulé beaucoup de mea culpa, on peut le dire, à deux reprises. Il a même cité cette formule. La critique est aisée, mais l'art est difficile. Jean-Michel Blanquer a expliqué avoir le sentiment d'être le dernier et le seul à encore défendre les réformes menées pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, sur le plan de l'éducation nationale en tout cas. Il serait ainsi devenu un bouc émissaire. Il employait le terme et ce, alors que selon lui, les réformes étaient les bonnes.
Il faut le dire, depuis son départ en 2022, la France a connu sept ministres successifs de l'éducation nationale, qui y sont donc restés en moyenne huit mois ministres. Écoutez un premier extrait de l'audition d'hier, dans le propos introductif de l'ancien ministre.
Alors
évidemment,
il
est toujours très commode de trouver un bouc émissaire comme Parcoursup, éventuellement comme votre serviteur. Sachant que, par exemple, pour Parcoursup, pour tous ceux qui en ont la mémoire, il est évident que ce n
'est
pas moi qui ai fait Parcoursup sur un coin de table.
Ce
qui est très étonnant, c'est que je sois le seul dans le débat public aujourd'hui à venir le défendre comme je vais le faire maintenant.
Alors, Lord Arcos, pourquoi Jean-Michel Blanquer est si seul à défendre ce bilan ? Est-ce que c'est lié à l'impopularité d'Emmanuel Macron, qui fait que même l'ancien camp macroniste ne veut plus plaider en faveur de ces réformes ? Qu
'est
-ce que vous en pensez ?
Oui,
je
pense que Jean-Michel Blanquer a été lâché par le camp macroniste. Je pense même que Gabriel Attal lui avait bien savonné la planche en partant. Il a été le chouchou pendant cinq ans, en tout cas au début de son mandat. La stabilité d'avoir un ministre de l'Éducation nationale pendant cinq ans, je pense que c'est nécessaire. Parce que justement, comme il l
'a
dit, il a pu porter des réformes jusqu'au bout. Résultat, forcément, du coup, c'est à lui après de complètement les assumer. Mais le chaos de l'année suivante, où on a eu en effet six ministres en un an, je ne pense pas que c'est vraiment beaucoup avantagé le système éducatif. Les professeurs ne savaient plus où ils en étaient. Chacun y a été de sa réforme. Et lui, au moins, il a été là pendant cinq ans. Ces réformes ne sont pas parfaites. On pourra y revenir, même si
on le lissait.
Mais en tout cas, il les assume. Et je trouve qu'en tout cas, ça a été salué quand même par plusieurs d'entre nous. Il a eu le courage, en effet, de venir et d'essayer de défendre
son
bilan. De répondre,
point
par point.
On
va y venir, puisque l'ancien ministre a donc tenté justement de répondre point par point aux critiques venues des sénateurs. Des critiques qui étaient très nombreuses et de quasiment tous les bords politiques.
Voilà, Jean-Michel Blanquer semble bien seul aujourd'hui à encore trouver que ces réformes étaient les bonnes.
On
va prendre les critiques dans l'ordre. Les emplois du temps trop chargés, c'est pour permettre aux lycéens de choisir davantage d'enseignement, de spécialité. Et ça vient à la place des filières S, ES et L. S'il y a des trous dans les journées, les lycéens peuvent aller travailler en salle d'études. Le mécontentement des lycéens, c'est peut-être parce qu'on a fortement relevé le niveau des élèves au lycée que l'on a remis les élèves au travail, je cite. Quant à Parcoursup, selon Jean-Michel Blanquer, la plateforme a été favorable aux boursiers. Elle est guidée, je cite, par la bienveillance la plus forte envers les élèves.
Un argument qui a failli étouffer les sénateurs de gauche, faire s'étouffer les sénateurs de gauche. Enfin, Parcoursup, selon lui, qui a permis de donner un choix infiniment plus grand aux élèves de France. Écoutez un deuxième extrait de
l
'audition d'hier.
– J
'ai fait un calcul de coin de table, je le reconnais, mais c'est au moins plus de 500 000 élèves qui ont été, entre guillemets, sauvés de l'échec scolaire dans ces années-là, puisque c
'est
ces 500 000 élèves qui ont échappé à l'échec de fin de première année.
Et
qui, par ailleurs, et là aussi c'est un autre problème démocratique,
on
a les manifestations de ceux qui ne sont pas contents, je l'entends,
on
n
'a
pas évidemment de manifestations de ceux qui sont contents.
–
Alors, on retiendra aussi que l'ancien ministre a tout de même évoqué des pistes pour améliorer les choses et il a expliqué quelques regrets.
–
Oui, tout à fait. Il aurait fallu aussi réformer le collège, selon Jean-Michel Blanquer. Cette autre réforme a manqué. L'ancien ministre a reconnu que l'orientation des élèves restait un point faible en France. Alors pourquoi pas donner cette compétence complète aux régions, c'est ce qu'il a dit hier. Globalement, on retient que l'ancien ministre a bien tenté de sauver son bilan. Les évaluations en début d'année qui concernent plusieurs niveaux de classe, c'est une révolution. Quant à l'angoisse de la jeunesse, elle est sans doute aussi nourrie par les critiques que les adultes formulent. Lors d'Arcos, que retenir du fond ?
Jean-Michel Blanquer a donc dénoncé la plupart des critiques formulées en audition hier. Il a même contesté les travaux du Sénat, le rapport de 2022 qui s'en prenait à sa politique. Est-ce qu'il a eu raison d'adopter cette posture
? Alors,
je ne pense pas. J'ai trouvé en effet qu'il était très tendu,
vraiment
oui, sur de son fait. Et donc, dans aucun méa culpa, moi-même, je n'ai pas voulu appuyer là où ça fait mal. Si on revient sur la réforme du lycée, vous savez que notre délégation en droit des femmes a fait un rapport sur femmes et sciences
qui
ont montré que c'est cette réforme du lycée avec la fin des maths dans le ton commun qui avait fait que ça avait été, du coup, une dégringolade, en fait, de jeunes femmes, mais même aussi de jeunes hommes en rentrant dans des prépas scientifiques. Ça, il ne l'a jamais reconnu.
Sur l'orientation, c'était pour répondre à ma question, en fait, quand je lui ai dit que Parcoursup, c'était une chose, mais en fait, c'était bien de plus en amont qu'il fallait pouvoir faire entrer l'entreprise, différents métiers, dès le collège, pour que les jeunes puissent avoir peut-être plusieurs expériences dans des entreprises et pas faire ce qu'on appelle les stages photocopies, pour qu'ils puissent même aller peut-être vers des filières professionnalisantes qui leur permettraient d'avoir des métiers plus rapidement et plus concrets. Et ça, par contre, j'ai du coup apprécié, parce que son idée de dire, donnant toute la compétence d'orientation aux
régions,
je trouvais que c'était plutôt... Pour la
compétence aussi des entreprises. Voilà,
exactement. Mais pour revenir sur le fond, Parcoursup a été perfectible et s'est perfectionné tout le long, en fait,
d
'ailleurs, de son mandat. Puisque moi, j'ai essuyé les plâtres avec mon fils la première année, c'était extrêmement rigide. Enfin, je veux dire, on n'avait même pas le droit de mettre un apport un peu personnel du profil de l'élève. S'il avait fait un BAFA, s'il avait participé à une association, les choses se sont quand même beaucoup améliorées. Par contre, l'opacité des algorithmes, qui ont souvent été, vous savez, condamnés... La boîte noire. La boîte noire, que mon cher collègue Pierre Ouzoulias mettait souvent en avant,
elle
reste là. Et je pense que c'est, pour les parents et pour les élèves, un des points centraux.
Et
les questions autour de Parcoursup, elles font la une de la presse régionale. Ce matin,
on
va voir deux unes. L'après-Parcoursup, le casse-tête à la une du progrès supérieur. Un système d'orientation perfectible, c'est à la une des dernières nouvelles d'Alsace. Et lors du débat hier à l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a posé une série de questions sur ce qu'entraînerait justement la modification, voire la suppression de Parcoursup pour l'accès à l'enseignement supérieur. On l'écoute.
Derrière
les critiques de l'outil Parcoursup, certains veulent,
pour
l'accès aux études supérieures universitaires, une sélection plus affirmée. D'autres veulent, au contraire, la supprimer intégralement.
Qu
'attendez-vous du système d'enseignement supérieur français
?
Quel rôle voulez-vous lui confier ? Quels critères d'admission proposez-vous ? Quelle place pour le baccalauréat et le contrôle continu ? Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places disponibles ? Comment accompagner ensuite les étudiants vers la réussite
? Quelles
sont vos réponses lors d'Arcos ? Déjà, est-ce que le bac doit garantir automatiquement l'accès à des études supérieures
?
Alors, c'est bien le problème, c'est qu'on le donne. Enfin, le bac,
c'est
90%. Enfin, on n'avait pas ça à notre époque. Enfin, c'est même un peu plus. Donc, tout le monde là, en effet, ça n'est plus
le
premier diplôme viable, en fait, pour se dire qu'après, on va pouvoir rentrer dans le monde du supérieur.
Pourtant, M. Blanquer dit que le niveau a été fortement relevé. Non.
Paradoxal, d'accord. Moi, je ne pense pas. Enfin, je veux dire, il peut remettre en cause PISA. Il a parlé de l'autre barème, en fait, qui montre que la France est bien placée. Non, le niveau n'a pas monté. Et aujourd'hui, c'est paradoxal, parce que je pense qu'il y a des jeunes
qui
sont peut-être, je vous dis ce que je disais tout à l'heure, dans l'incapacité d'aller vers des filières, et tant mieux, parce qu'elles sont plutôt embouteillées des filières longues, en sociaux, enfin, tout ce qui est sciences humaines, ou STAPS, ou autres, où, comme l'a dit le Premier ministre, s'est engorgé où il n
'y a
pas assez de place, et donc, il ferait mieux d'aller vers des filières professionnalisantes. Et de l'autre côté, on pousse des jeunes, qui, eux, par contre, réussissent bien leurs études supérieures, à être surdiplômés,
à
rester trop longtemps dans les études, et ceux-là n'arrivent pas à trouver non plus de boulot à la sortie. Donc, il y a un vrai paradoxe, et je pense qu'en fait, je vous dis, c'est vraiment bien, bien plus en amont,
qu
'on devrait se poser la question, qu'est-ce que tu veux faire ? Est-ce que tu connais tel ou tel métier d'avenir ? Et voilà la trace pour pouvoir essayer d'y parvenir. Avec quand même un avantage, et ça, je n'ai jamais entendu chez les lycéens, ils ne se rendent pas compte qu'ils ont la chance d'avoir beaucoup plus de passerelles entre les différentes filières, ce que nous n'avions pas du tout. Une fois qu'on était dans un couloir, on ne pouvait pas en changer. Là, aujourd'hui, il y a 36 milliards de façons de pouvoir changer de métier, ou même de formation, à tout moment.
Et on va voir quelles sont les questions de la presse régionale. On va aller tout de suite retrouver Mathieu Perrineau. Bonjour Mathieu, merci d'être avec nous.
Vous
êtes le directeur de l'agence de Vichy au journal La Montagne, et vous avez aussi des questions pour l'Ordarcos.
Oui,
bonjour Madame la sénatrice. Alors, on l'a vu, la parole des lycéens a été un peu baïonnée les 17 et 24 octobre. On a vu des débordements parfois très violents. On a entendu les responsables politiques accuser souvent l'ultra-gauche de jeter de
l
'huile sur le feu. Mais à Clermont-Ferrand, à quelques kilomètres d'ici, le 24 octobre, on a vu aussi des militants d'ultra-droite, néo-nazis, s'inviter dans le centre-ville de Clermont-Ferrand pour soi-disant protéger des commerçants qui ne leur avaient absolument rien demandé. Globalement, ça dit quoi de notre société, cette polarisation de plus en plus violente qui semble complètement dépasser la classe politique
? Ça
veut surtout dire que, pour moi, le grand méchant, ce sont les réseaux sociaux. D'ailleurs, nos jeunes nous ont dit que c'est comme ça qu'ils s'étaient réunis dès les premiers mouvements. Et donc, vous avez l'ultra-droite, l'ultra-gauche qui profitent de ces mouvements, de ces réseaux sociaux pour, d'une certaine manière, bien évidemment, soit se réunir pour profiter de la situation de manifestation, en effet, pacifique, au départ, avec beaucoup d'humour pour certains de ces jeunes, même malgré cette angoisse de l'avenir. Donc, je pense qu'on en a parlé au moment du 17 octobre. Il y
a
un vrai, vrai souci de la manipulation par les réseaux de mouvements extrêmement violents, extrêmement durs. – Mais comment on fait ? Il faut aller jusqu'à les interdire, ces réseaux
?
– Ah,
moi,
oui. Oui, parce qu'en fait, cette spontanéité qu'on connaissait des manifestations, même du 1er mai, avec des syndicats qui savaient très bien gérer, en fait, la foule, savaient très bien gérer les débordements, on ne va plus pouvoir, en fait, s'exprimer pacifiquement, en fait, dans nos rues. Et nos jeunes avaient besoin de cette expression et malheureusement, elle a été, après, récupérée. Et j'en ai été désolée parce que, bien évidemment, ils n'étaient plus audibles. On n'était plus dans le pourquoi, en fait, de cette grogne. Je voudrais quand même rajouter aussi… –
On
parle
beaucoup de liberté d'expression, en ce moment, le droit de manifester, le droit aussi d'utiliser les réseaux sociaux,
d
'aller sur Internet. Qu'est-ce que vous leur répondez alors ? Comment vous faites pour interdire ça
? –
Alors déjà, l'interdire, on a commencé à le faire dans les établissements scolaires, et tant mieux. Mais comment faire, c'est de pouvoir avoir peut-être un système de renseignement qui permette, en effet,
de,
pourquoi pas, je ne
sais
pas si c'est possible,
de
brouiller ou, en tout cas, de s'infiltrer eux-mêmes dans ces réseaux les plus violents. Et que nos jeunes comprennent qu
'on
essaye… Enfin, moi, c'est mon item le plus important. Il faut qu'à l'école, on apprenne à nos jeunes d'être des bons citoyens. Et pour être des bons citoyens, il faut qu'ils acquièrent l'esprit critique, et donc de ne
pas
être des moutons. Et donc, l'esprit critique, c'est aussi pouvoir faire la part des choses dans les réseaux sociaux, et de pouvoir faire en sorte que lorsque on va leur donner des fausses informations, des choses extrêmement violentes… J'ai une petite fille qui a été dans les manifestations et qui, elle aussi, me racontait des choses qui étaient complètement différentes de la réalité, soit de ce qui se passait à l'école. Pour Parcoursup, je sais qu'en ce moment, on est en train de dire qu'en effet, du jour au lendemain, on peut arrêter Parcoursup et changer de système. Non, il va falloir passer par la loi.
Il ne faut pas mentir sur les réseaux à nos jeunes, comme quoi, demain, on va pouvoir changer de système. Parcoursup, ça a été par la loi. Donc, le problème, c'est qu'on leur raconte tout et n'importe quoi. Peut-être que nous-mêmes, la classe politique raisonnable, on n
'est
peut-être pas assez sur ces réseaux, en fait. Et je trouve qu'au fond, le signal, quand même, hier du Président de la République, d'avoir été s'exprimer avec Hugo Descriptes, est un bon signal. Je pense qu'il faut qu'on puisse, en effet, peut-être prendre la voix des influenceurs pour pouvoir essayer de parler à nos jeunes, puisque nous, on n'arrive pas à le faire dans des plateaux traditionnels.
Un dernier mot, Mathieu.
–
Oui, globalement, on voit très bien que ça pose des soucis, effectivement, peut-être de génération ou peut-être technique, technologique, mais est-ce que le gouvernement est à la hauteur de la situation ? Est-ce que la classe politique est à la hauteur de la situation ? Et est-ce que les candidats à la présidentielle, globalement, le sont
? – Écoutez,
en tout cas, je pense que très souvent, on n'utilise les jeunes qu'au dernier moment dans les campagnes, en disant qu'on va avoir besoin de leur voix. J'avais un collègue qui nous disait l'autre jour, en réunion de groupe, qu'à ses stagiaires, il leur faisait travailler sur
tous
nos textes de loi pour savoir si c'était des choses qui pouvaient leur parler.
Et
en fait, non,
on
ne parle pas aux jeunes. Et en fait, on les met dans des silos, on va parler de leurs problèmes scolaires, on va leur parler logement,
on
va leur parler permis de conduire, on va leur parler de choses, mais jamais de…
En
fait,
leur génération est
une vision, une vraie perspective. Alors, moi, juste, si tu peux faire un peu de politique, ce que j'ai apprécié, par exemple, d'Édouard Philippe au moment de son lancement de campagne le 5 juillet, ça a été de dire comme ligne directrice,
en
fait, je voudrais que ma campagne et mes propositions, ça soit la France que je veux laisser à nos enfants. Et du coup, vous mettiez comme sous-titre « La jeunesse a besoin d'horizon », je pense qu'en effet, c'est peut-être aussi un signal pour qu'en effet, on repense cette campagne par rapport à cette jeune génération qui a vécu le Covid, qui a vécu toutes ses angoisses et qui a besoin d'être rassurée.
Merci beaucoup, merci Mathieu Perrineau d'avoir été avec nous. Et puisqu'on a commencé à évoquer la campagne présidentielle, on va écouter Gabriel Attal face à la perspective sondagière d'un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Il
a lancé hier soir, au 20h de TF1, un appel au rassemblement qui passe par une primaire des démocrates.
C
'est que je crois qu'il est temps d'être tous responsables et d'organiser le rassemblement auquel des millions de Français aspirent à travers une grande primaire,
qui
devrait être une primaire qui redonne de l'espoir à tant de Français qui aujourd'hui doutent et ne croient plus qu'il soit possible d'empêcher un deuxième tour dont notre pays ne se relèverait pas entre la France insoumise et le Rassemblement national.
Vous
soutenez Edouard Philippe lors d'Argos. Est-ce qu'Edouard Philippe va répondre favorablement à cet appel de Gabriel Attal
?
Je ne pense pas. Je ne pense pas. Laurent Marcangeli a déjà aussi réagi. C'est quand même très, très flou comme proposition. Jusqu'où ça va, des deux côtés, en fait
?
Est-ce que ça va jusqu'à Marine Tondelier ? Je ne vois pas le pauvre Gabriel Guzman qui vient de sortir d'une primaire. Ils ont mis
plus loin
à l'organiser, repartir dans une nouvelle primaire. Ça va jusqu'à Saraknafo, jusqu'à...
Le problème, c'est uniquement les contours de
cette
primaire ou c'est le principe même d'une primaire ? Est-ce que si les contours sont clarifiés,
vous
irez
? Regardez, on n'en parle pas assez parce qu'en effet, la primaire socialiste a eu lieu en plein mouvement et violence. Est-ce qu'Olivier Faure et Gabriel Guzman se sont reparlés depuis ? Je ne pense pas. Et on est persuadés, nous, chez Édouard Philippe, que ça ne fait que mettre en exergue les différences, les oppositions et que souvent après, c'est très compliqué de pouvoir se parler. D
'accord, mais comment vous
faites pour vous rassembler ?
Édouard
Philippe aussi, il dit qu
'il
faut un rassemblement.
Comment vous
organisez ce rassemblement, si ce n'est par une primaire ?
Écoutez, c'est tout le problème. On pense pour nous que le départage se fera encore en code de popularité. On peut voir qu'il peut y avoir quelques trous d'air, quelques baisses en fonction de l'air du temps.
Il
y a aussi… C
'est
surtout qu'Édouard Philippe l'a donné au second tour dans plus aucun sondage.
Il y
a l'effet Glucksmann parce qu'il venait d'être élu. Nous, on pense toujours
que
les gens, au dernier moment… Et j'ai même des exemples ici de parlementaires plutôt de gauche qui me disent « J'irai voter Édouard Philippe dès le premier tour parce qu'il faut penser, mine de rien, au deuxième. Quelle est la personne qui pourra gagner contre Marine Le Pen
? » Donc, par exemple, en clair, Nord-Darkos, vous dire
« Tant pis si on est cinq sur la ligne de départ, vous comptez sur
un
effet
vote utile.
» Non, non,
il ne faudra pas qu'on soit cinq.
C
'est que, justement, au fond, de nouveau, que les sondages puissent départager les candidats qui sont pour l'instant sur la ligne de départ par cette raison de dire « Je, même dans les sondages, je préfère soutenir tel candidat parce que je pense que les autres devront, entre guillemets, se retirer parce qu'ils seront les moins capés pour pouvoir
gagner… » Donc, pour vous, la primaire, c
'est les sondages
? Pour
l'instant, ça reste ça. Et j'espère des réunions de bonne volonté entre nous sans attendre le
mois de février. Et vous appelez encore
Gabriel Attal à se réunir autour de la table ?
Bien évidemment.
Avec qui ? Bruno Retailleau ?
Alors, tout à fait.
David Isna ?
Exactement. Mais, en fait, d'ailleurs, ça a été très mal compris par ces candidats. Quand Édouard Philippe, en octobre, a dit « Je vais leur demander qu'on se réunisse », ce n'était pas pour dire aussi que la fin de la récré au 1er novembre. Il faut déjà penser à un programme commun, parce qu'on aura besoin, après l'élection présidentielle, d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Et donc, il faudra qu'on essaie de se réunir. Donc, je crois toujours à la bonne volonté des uns et des autres. Et j'espère, à la sagesse, qu'on ne soit pas, en effet, 5 sur la ligne de départ.
Merci, Laure Darkos. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé « Bonjour chez vous ».
Laure Darcos