Ascoval, emplois vacants, décarbonation de l'industrie... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher
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Bonjour Agnès Pannier-Runacher. Bonjour Marc Fauvel. Les cours des matières premières s'envolent. Acier, aluminium, magnésium, pour ne citer qu'eux. Est-ce que ça menace l'économie française ?
Ça a un impact sur l'économie française, en particulier l'industrie. Mais je crois qu'il faut faire une distinction entre ce qui va être un phénomène conjoncturel qui est lié à la désorganisation des chaînes de production mondiales. Vous savez que le virus circule. Il circule en Asie, donc il y a des arrêts de production ici et là. Il circule également en Europe et le commerce international est très perturbé par ça et le coût du transport du commerce international a été multiplié quasiment par 10. Donc ça c'est le premier impact. Le deuxième impact, c'est un impact de plus long terme. On le voit sur les semi-conducteurs.
Les semi-conducteurs aujourd'hui, on en a besoin partout et la production de semi-conducteurs mondial ne s'est pas adaptée et les Européens...
Là le Covid n'y est pour rien.
Là le Covid n'y est pour pas grand chose. Un petit peu quand même, mais c'est une tendance de fond. Et là la question c'est comment on réindustrialise l'Europe. C'est une question qui n'est pas propre à la France. Et comment on fait en sorte d'être moins dépendant de productions qui viennent de très loin. Et c'est toute la politique que nous menons au travers du plan de relance et au travers du plan France 2030, d'augmenter significativement nos productions sur ces intrants critiques, comme on les appelle. C'est souvent des produits qui ne coûtent pas très cher à produire, mais qui sont absolument essentiels derrière dans la production.
Alors ces pénuries de matières premières, elles ont un impact direct sur nos entreprises. Renaud a déjà annoncé qu'elle produira 500 000 voitures de moins cette année. Est-ce qu'à votre connaissance, il y a d'autres entreprises comme ça qui sont obligées de produire beaucoup moins ou carrément de se mettre à l'arrêt en France ?
Je veux juste préciser une chose, c'est que ces 500 000, c'est pour Renaud Mondial, pour un peu rassurer par rapport à l'empreinte française. Mais néanmoins, c'est très important. C'est très important et on sait qu'il y a des sites qui sont en sous-cadence, voire qui sont en arrêt, ou qui seront arrêtés assez longtemps autour de la fin d'année pour justement s'ajuster à cette situation. Et c'est la question des semi-conducteurs, qui n'est pas celle de l'acier, qui n'est pas celle de l'aluminium. Il faut bien distinguer, je crois, les deux choses.
Il y a d'autres secteurs qui peuvent se mettre à l'arrêt à cause de ces matières premières qui sont de plus en plus rares.
On sent des tensions sur les semi-conducteurs un petit peu dans l'aéronautique et dans certains secteurs, mais c'est aussi lié à la politique de commande qu'ont fait les entreprises. Je vous donne un exemple. Seb, aujourd'hui, qui utilise des petits semi-conducteurs dans ses robots. Seb a réussi à se faire livrer plus de 90% de ses semi-conducteurs parce qu'ils avaient maintenu très fort leur commande pendant la crise. Donc c'est aussi l'impact, en fait, des décisions qui ont été prises par les entreprises en 2020 et de leur capacité à avoir maintenu, voire augmenté leur commande ou pas.
Qui dit rare, Agnès Pannier-Runacher dit souvent plus cher aussi. Pour rester dans l'exemple qu'il note depuis quelques instants, celui de l'automobile, est-ce que les voitures neuves vont coûter plus cher dans les mois qui viennent ? Au-delà des délais pour les livraisons qui se sont allongées considérablement ces derniers mois.
À ce stade, cette question n'est pas encore posée sur la question du prix de voiture. Et vous savez que l'automobile a une caractéristique. C'est que depuis des années, les modèles se modernisent, ils s'enrichissent. Et pourtant, en moyenne, les prix sont relativement stables puisque c'est toute la logique de pouvoir vendre des voitures qui correspondent à certains différents niveaux de pouvoir d'achat. Le prix entrée de gamme, le prix moyenne gamme.
Mais là, si la fabrication coûte beaucoup plus cher, impossible pour Renault de ne pas répercuter ces hausses de fabrication aux clients.
Il faut faire confiance aux fabricants automobiles aussi pour faire ce qu'on appelle du décontenting, c'est-à-dire savoir trouver les fonctionnaires. On enlève du service dans la voiture, c'est-à-dire enlever des fonctionnalités qui coûtent un petit peu cher et qui permettent d'être toujours dans un prix compétitif. Peut-être que vous avez un peu moins de semi-conducteurs dans la voiture. Néanmoins, elle continue à être une bonne voiture, bien positionnée dans sa gamme.
Agnès Pannier-Runacher, d'après les syndicats, la Syrie Ascova, la Saint-Solve dans le Nord, va délocaliser temporairement 40% de sa production en Allemagne à cause des coûts de l'énergie trop élevés en France. Est-ce que vous trouvez ça normal ?
Alors, je ne trouve pas ça normal du tout. Et c'est pour ça que je suis évidemment en contact avec les salariés d'Ascova d'une part, mais également la nouvelle direction de Zahrstahl. Ce qu'il faut savoir, c'est que d'abord, la décision n'est pas prise. C'est une décision qui est en train d'être réfléchie. Deuxièmement, qu'effectivement, c'est temporaire, puisque c'est en lien avec... Parce que c'est lié à une situation d'augmentation du prix d'électricité qui est temporaire.
En France, ça fonctionne à l'électricité. En Allemagne, c'est au charbon, cette entreprise. Donc, c'est une mauvaise nouvelle pour l'emploi en France. C'est aussi une mauvaise nouvelle pour la planète.
Alors, on va remettre les choses en perspective. Si c'est temporaire, c'est que ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour l'emploi. C'est-à-dire que ça suppose qu'on peut maintenir les effectifs ou qu'on peut...
C'est fait ou c'est pas fait ? C'est pas fait, c'est ce que je viens de vous dire.
C'est pas fait.
Donc, on n'est pas sûr que pour l'instant, une partie des emplois va être temporairement délocalisée vers l'Allemagne.
Non, ça, c'est pas fait.
D'accord.
Un, c'est pas fait. Deux, à ce stade, ça peut être aussi du chômage partiel ou de l'activité partielle ou de ralentissement de cadence. On parlait de l'automobile tout à l'heure. Lorsque les sites ralentissent leur cadence, vous n'avez pas immédiatement une suppression d'emplois. Il faut être précis. Trois, nous sommes en discussion avec Zarchtal parce que nous, nous avons pris des mesures dans le projet de loi de finances précisément pour compenser une partie du prix de l'électricité sur ces entreprises qui utilisent beaucoup d'électricité.
Et notamment faire en sorte que la compensation carbone, je ne vais pas rentrer dans le détail, soit plus importante cette année parce que le coût de la tonne carbone a augmenté et que plutôt que de rembourser un coût de la tonne carbone qui est basé sur 2020 et qui était beaucoup plus bas, on se base sur la réalité du coût de la tonne carbone aujourd'hui. Vous dites quoi ?
C'est dire, ne délocalisez pas, on va vous aider, il n'y a pas besoin de délocaliser 40% de la production.
C'est absurde d'aller balancer, parce qu'il s'agit de balancer des cadences, donc ce n'est pas une délocalisation comme on se l'imagine, mais de balancer des cadences et de fabriquer plus d'acier dans du zivine qui pollue plus, alors qu'on a un instrument qui s'appelle Ascoval, qui fonctionne à l'électricité, qui produit de l'acier vert, qui est d'ailleurs une pépite au sein du groupe Zarchtal pour une question ponctuelle de prix d'électricité.
Vous préférez du coût du chômage partiel en France plutôt qu'une délocalisation partielle en Allemagne ?
Pardon, j'ajoute un point. Le contrat qui lie la Syrie d'Ascoval avec EDF va changer au 1er janvier, c'est-à-dire qu'il va être sur un coût de l'électricité qui est stabilisé, et donc ça va permettre de travailler.
Agnès Pagnon-Renachet, la ministre de l'Industrie, à l'invité de France Info jusqu'à 9h. On s'interrompt le temps du fil Info à 8h40 avec Mélanie Delaunay.
Une application pour dénoncer l'effet de harcèlement scolaire, en plus du numéro d'appel 3018. C'est l'une des annonces d'Emmanuel Macron ce matin à l'occasion de la journée contre le harcèlement scolaire. Il veut aussi renforcer le contrôle parental sur les téléphones et les tablettes utilisées par les enfants. 150 000 adhérents pourront voter début décembre au Congrès des Républicains pour désigner le candidat de la droite à l'élection présidentielle. Pendant ce temps, la majorité se met en ordre de bataille. LREM et ses alliés s'unissent au sein d'un nouveau mouvement qui va s'appeler Ensemble Citoyens, selon les informations de France Info.
Ce coup de filet dans un réseau de prostitution, 19 arrestations des personnes soupçonnées d'avoir exploité une quarantaine de femmes originaires du Paraguay, en région parisienne et dans le nord de la France. Pour contrer la hausse des contaminations par le Covid, la Belgique décrète le télétravail obligatoire. Dès lundi, tous ceux qui le peuvent devront travailler à distance au moins 4 jours par semaine. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
On est toujours avec Agnès Pannier-Renachier, ministre chargée de l'Industrie. Ces dernières semaines, on a beaucoup parlé des pénuries de main-d'oeuvre dans les secteurs de la restauration, de l'hôtellerie ou du BTP. Aujourd'hui, combien de postes restent à pouvoir dans l'industrie ?
Un peu plus de 70 000 postes sont à pourvoir dans l'industrie. Pour vous donner un point de comparaison, on était à 40 000 avant la crise sanitaire. C'est une très bonne nouvelle, parce que ça veut dire que l'industrie a redémarré et qu'elle recrute. Pour vous donner une idée, le plan de relance, c'est plus de 30 000 créations de postes. Donc ça, c'est le côté positif. Évidemment, les difficultés de recrutement sont un handicap pour accompagner cette relance.
Il faut augmenter les salaires. Bruno Le Maire dit dans la restauration, il faut le faire, sinon on n'y arrivera pas. Est-ce que vous dites la même chose aujourd'hui au patron de l'industrie française ?
Je dirais deux choses. Dans la restauration, on est sur des salaires qui sont proches du SMIC. Donc on voit bien que c'est un sujet qui est central. Dans l'industrie, c'est le secteur privé qui a le moins de salariés payés au SMIC. Après, lorsqu'on regarde dans le détail, vous avez certains secteurs de l'industrie qui ont cette situation assez proche de l'hôtellerie-restauration. Je pense à l'agroalimentaire, où vous avez une proportion plus importante de salariés payés au SMIC. Et donc la question du salaire est effectivement un des points bloquants. La question des conditions de travail aussi.
Les conditions de travail ont énormément progressé dans l'industrie, notamment dans tout ce qui est métallurgie, aéronautique, automobile, avec l'automatisation. Donc on porte moins de charges, les cadences sont plus faciles à vivre. Mais si vous prenez encore une fois l'agroalimentaire, parce que c'est plus difficile à mécaniser, à robotiser. Les conditions de travail sont plus dures. Donc c'est probablement les deux éléments qui sont un frein aujourd'hui au recrutement.
Et donc dans ces secteurs, vous dites à tout le monde, on se met autour de la table et on essaie de trouver une solution et d'augmenter les salaires ? De toute façon, quand vous avez une pénurie de main-d'oeuvre,
il faut se mettre autour de la table et poser les points qui bloquent. Sur l'industrie, il y a un combat que je veux mener, c'est celui aussi de l'attractivité des métiers. Lorsque vous interrogez les parents, lorsque vous interrogez les Français, ce n'est pas un secteur dans lequel ils se projettent positivement. Et on le voit, c'est aujourd'hui un des plus gros freins pour venir dans l'industrie, alors que, je le redis, les salaires sont en moyenne plus élevés que dans beaucoup d'autres secteurs à diplôme égal. Dans l'industrie, il n'est pas rare d'être payé deux fois le SMIC. Par exemple, dans un grand groupe, vous avez le 13e mois, parfois le 14e mois, la participation, l'intéressement.
Donc il faut aussi ne pas réduire l'industrie à une seule situation. Et ça n'enlève rien à certaines petites entreprises et certains sous-secteurs de l'industrie qui payent moins bien que l'ensemble de l'industrie.
Il y a la question des salaires, mais il y a aussi la question de la précarité des contrats, plus généralement à tous secteurs confondus. Jean-Luc Mélenchon était l'invité du 20h de TF1 hier soir, et il fait cette proposition. Écoutez.
Je n'accepte plus que 85% des contrats d'embauche, quand il y a des embauches comme ça se passe en ce moment, 85% c'est des CDD. C'est insupportable. Il doit y avoir un nombre maximum. 5% pour les très grandes entreprises, 10%. Ça suffit de maltraiter les gens.
Fixer un nombre maximum de CDD dans les entreprises, est-ce que c'est envisageable ? Est-ce qu'il a raison de proposer ça, Jean-Luc Mélenchon ?
Alors d'abord, Jean-Luc Mélenchon n'est peut-être pas très habitué à ce que c'est qu'une entreprise, parce que, je vous prends un exemple, dans les loisirs, quand vous gérez des parcs d'attraction, vous avez des saisonniers. C'est-à-dire que matériellement, vous ne pouvez pas faire des contrats de travail qui soient plus longs que l'ouverture. Mais attendez, les secteurs qui ont des hauts et des bas, des pointes de saisonnalité importants, c'est une grande partie des secteurs. Je vous parle des loisirs, je peux vous parler de l'hôtellerie, je peux vous parler de la restauration. L'hôtellerie-restauration dans le sud de la France n'a pas le même rythme que l'hôtellerie-restauration à Paris.
C'est quand même une des grandes explications du pourcentage de CDD. La deuxième chose, c'est que le CDD de plus de 6 mois, qui est celui qu'on retrouve le plus dans l'industrie, ce sont souvent des CDD qui sont le premier point d'entrée avant d'avoir un CDI. Et ce sont souvent des contrats qui se transforment assez rapidement en contrats stables. Donc la question que nous avons aujourd'hui, c'est comment faire en sorte de créer plus d'emplois. Et ce gouvernement a créé près d'un million d'emplois en 4 ans. Le niveau de chômage n'a jamais été aussi bas. Donc je pense qu'il faut faire attention à ce qu'on veut faire.
Donner de l'emploi aux gens, faire en sorte qu'ils puissent progresser dans l'entreprise. C'est ça notre objectif. Ce n'est pas de mettre des verrous qui sont parfois inadaptés à des entreprises et qui en fait ne correspondent même pas aux attentes des salariés.
Jean-Luc Mélenchon dit autre chose sur le sujet de la crise sanitaire. Il n'est pas le seul d'ailleurs à le dire. Plusieurs épidémiologistes le réclament. C'est le retour des tests gratuits, des tests de dépistage gratuits qui sont redevenus payants pour les personnes non vaccinées depuis la mi-octobre. L'Allemagne qui les avait rendus payants vient de faire machine arrière. Est-ce qu'il faut faire la même chose face à la menace de la cinquième vague aujourd'hui ?
Alors d'abord, nous affrontons la cinquième vague dans des conditions qui n'ont rien à voir avec l'année dernière. Aujourd'hui, nous avons un taux de personnes vaccinées qui est un des plus élevés en France. Deuxièmement, les tests sont gratuits lorsqu'ils sont prescrits, lorsque vous êtes cas contact.
Mais vous savez que certaines personnes ne vont pas voir leur médecin quand elles ont un doute. Ça rallonge le délai et donc le nombre de contaminations puisqu'une personne non vaccinée peut contaminer jusqu'à 6 personnes en moyenne.
Et donc l'enjeu, c'est quand même de faire progresser la vaccination. Moi, je constate que depuis que le président de la République a parlé, vous avez eu un bond de la troisième dose. Et c'est très important parce qu'il faut protéger les plus vulnérables.
Et un bond récent des contaminations.
Et un bond des primo-vaccinés. Un bond des primo-vaccinés. C'est une question de responsabilité collective. Plus on sera nombreux à être vaccinés, plus on sera en capacité de lutter contre ce...
Vous pouvez dire avec certitude qu'on ne reviendra pas à la gratuité des tests.
Je ne dirai rien avec certitude parce que s'il y a une chose que j'ai appris dans cette crise, c'est qu'il faut s'adapter constamment et ajuster nos propositions, notre action à ce qui se passe.
Agnès Pannier-Runacher, l'État veut aider les entreprises à moins polluer. Emmanuel Macron a annoncé avant-hier un investissement de près de 2 milliards d'euros dans la filière hydrogène dans le cadre du plan de France 2030 pour aider à décarboner l'industrie. Donc, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que l'objectif, c'est de remplacer le pétrole, le charbon par de l'hydrogène vert ?
Alors, il y a assez peu de charbon dans l'industrie française, comme vous le savez. C'est de remplacer le gaz naturel par de l'hydrogène vert et c'est d'électrifier massivement tous les processus qui, par exemple, notamment lorsque vous avez besoin de chauffer de la matière, aujourd'hui, on utilise beaucoup de gaz naturel. Demain, on pourra utiliser de l'hydrogène vert. L'hydrogène, pas carbone d'ailleurs, pas forcément vert, il est produit soit à partir du nucléaire, qui n'a pas d'empreinte carbone, soit à partir des énergies renouvelables, qui n'a pas d'empreinte carbone.
Et ce qui est intéressant avec l'hydrogène, c'est que vous transformez, vous avez de l'hydrogène liquide et vous pouvez en disposer quand vous en avez besoin. Donc, c'est une fonction de stockage pour les procédures, les processus industriels, mais également d'autres usages. On regarde pour le bateau, pour l'avion. On est en train d'inventer aujourd'hui une autre façon de produire. On est en train d'inventer des processus qui vont permettre de réduire drastiquement l'empreinte carbone de l'industrie. Et je veux rappeler une chose, c'est très important, parce que l'industrie, c'est 20% du problème des émissions carbone en France.
Mais c'est 100% des solutions pour décarboner toutes nos activités.
Alors, comment vous faites ? Vous choisissez des usines, des entreprises qui polluent beaucoup et vous cherchez avec elles des solutions pour moins polluer ?
Aujourd'hui, vous avez 5 sites en France qui utilisent énormément, qui ont besoin de chaleur pour leur processus, dans l'acier, on comprend bien, il faut faire fondre l'acier, dans l'aluminium, dans le ciment et dans la chimie. On a 5 sites qui représentent 30% des émissions de gaz et effets de serre industrielles en France, 15 sites qui en représentent 50%. Donc le problème, il est très bien connu. Et sur chacun de ces sites et chacune de ces filières très consommatrices en chaleur, nous avons une feuille de route dans laquelle nous avons des jalons et des investissements et on aide les entreprises à faire ce tournant.
Ce qui fait qu'aujourd'hui, d'après certains experts, la France, grâce à ce gouvernement et à la politique que nous menons avec les filières, a une des feuilles de route à la fois les plus ambitieuses mais les plus crédibles en matière de décarbonation, de lutte contre le défi climatique dans l'industrie.
On va parler d'un thème à la mode ces derniers temps. Dans un instant, Agnès Pannier-Renachet, c'est le Made in France, le salon Stoney il y a quelques jours. Vous y étiez, je crois. Oui, tout à fait. De même qu'une bonne partie des candidats à l'élection présidentielle.
Moi, j'y suis chaque année. Ce sera.
Pour certains d'entre eux aussi. Mais on va en parler dans un instant. Le fil info tout d'abord à 8h50 avec Mélanie Delonais.
Comment faire revenir les serveurs et les cuisiniers face aux difficultés pour recruter ? Il manque plus de 100 000 paires de bras dans l'hôtellerie-restauration. Des négociations commencent aujourd'hui sur les salaires et les conditions de travail. Le salaire moyen dans le secteur, c'est 1 800 euros brut. Dernier acte pour la loi contre la maltraitance animale avec le vote des sénateurs. Ce sera en milieu de matinée pour fermer notamment les delphinariums et bannir progressivement les animaux sauvages dans les cirques itinérants. Bernard Prena a passé une première nuit en prison.
L'ancien prêtre de 67 ans, 16 ans, condamné l'an dernier à 5 ans de prison pour des agressions sexuelles sur des mineurs. Il n'avait pas été incarcéré jusqu'ici pour des raisons de santé. Et puis, cet abandon cette nuit sur la transat Jacques Vabre, les skippers Kito de Pavan et Gwen Big, victime d'une avarie, ils doivent faire demi-tour. La déception est grande, disent-ils, mais il faut accepter ces coups du sort. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec la ministre chargée de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher. Un cas concret, puisqu'on parle du Made in France, si vous le permettez, ce sont les masques fabriqués en France. On a demandé aux fabricants français quand le Covid est arrivé de s'y mettre pour arrêter d'acheter les masques en Chine. Ils disent aujourd'hui que nos masques ne sont plus rentables parce que le marché est inondé par des masques chinois dont les entreprises sont subventionnées par l'État chinois. Un, est-ce que c'est vrai ? Et deux, si oui, qu'est-ce qu'on peut faire ?
Un, c'est assez fondé. Je n'ai pas une lecture très précise du niveau de subvention ou pas par l'État chinois. Ce qui est sûr, c'est que les masques chinois coûtent très peu cher, sont produits en masse et qu'il y a une tentation des Chinois d'inonder le marché européen pour que toutes les chaînes de fabrication qui ont été montées se retrouvent étouffées et qu'ils reprennent le monopole de la fabrication. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Si, on peut faire des choses. D'abord, on est tous des acheteurs de masques. On a tous la capacité à choisir nos masques. D'acheter des masques plus chers ?
Oui, à acheter des masques plus chers, mais comme lorsque vous achetez un t-shirt ou un pull plus cher parce qu'il est fabriqué en France, que peut-être il est de meilleure qualité, que peut-être vous allez avoir un acte qui permettra de maintenir les emplois dans ces filières et surtout, c'est comme quand vous payez une assurance. Lorsque vous payez une assurance, vous vous protégez contre un risque. Et là, le risque, c'est des ruptures d'approvisionnement si ce type de situation se développe. Ensuite, vous avez l'achat public. On a tous la capacité, acheteurs publics, l'État l'a fait. L'État a acheté un milliard de masques français l'année dernière auprès de 8 entreprises.
Aujourd'hui, toutes les mairies, tous les départements, toutes les régions et toute la commande publique en comptant celle de l'État, ce sont uniquement des masques français ? Non, c'est bien le sujet.
C'est pour ça que moi, j'invite les acheteurs publics à effectivement faire attention dans leur commande de masques et à autant que possible intégrer le risque de rupture d'approvisionnement et l'empreinte carbone de leur masque parce que vous savez que dans un marché public, vous devez avoir des critères objectifs. Mais là, le critère objectif d'empreinte carbone, il existe. Faire venir un masque de l'autre bout de la Terre, ça n'a pas de sens écologiquement. Et le critère de risque d'approvisionnement, il existe. On l'a vécu l'année dernière.
C'est-à-dire qu'on sait que du jour au lendemain, votre commande, elle n'arrive pas parce que finalement, les bateaux ne transportent plus et les usines ne fabriquent plus. Donc, ce sont deux critères qui peuvent figurer dans les cahiers des charges des affaires publics et permettre de le faire.
Et ça, est-ce que c'est possible pour tous les produits ? Par exemple, Yves Gégaud, qui est le fondateur de la certification Origine France Garantie, il propose de réserver 25% des marchés publics aux produits français. Est-ce que ça, c'est faisable ? Là, on vous entend bien sur la question des masques. Il y a des arguments à faire jouer. De manière générale,
il faut avoir une différenciation entre ce qui vient de l'Union européenne et ce qui vient du reste du monde. Dans l'Union européenne, on ne peut pas avoir à la fois une exigence de pouvoir exporter vers les autres pays et de dire, mais néanmoins, quand il s'agit d'importer, on ne vous prend pas. Donc, je pense à l'aéronautique, c'est même un sujet mondial. L'aéronautique française n'est puissante que parce qu'elle exporte mondialement. Donc, il faut que ce soit du donnant-donnant. C'est notre logique. Le donnant-donnant, ça veut dire que lorsque vous importez ou vous exportez vers des pays européens, vers des pays, je pense, le Canada, ça doit être avec les mêmes règles du jeu.
L'empreinte carbone, les contraintes environnementales et l'absence de subventions publiques. Et moi, je travaille aujourd'hui dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne pour qu'on passe un règlement au niveau européen qui fasse que lorsqu'un pays subventionne une entreprise, on puisse bloquer et dans les marchés publics et dans les rachats d'entreprises la situation et qu'on puisse regarder en disant non, ce n'est pas possible, c'est de la concurrence déloyale. Donc, il faut lutter contre la concurrence déloyale. Donc, il faut privilégier les produits français ? Par contre, sur la commande publique, on a énormément de leviers et on a mis à travailler beaucoup.
Je rappelle que c'est moi qui ai fait en sorte que dans le cahier des charges administratives générales, c'est-à-dire tout ce qui contrôle, enfin, tout ce qui encadre la commande publique, il y ait une clause environnementale qui soit pré-rédigée. Cette clause environnementale, elle permet de privilégier des produits qui sont produits à proximité. Elle permet aux acheteurs publics de prendre des critères qui ne soient pas que le prix. Et on a vu que le rapport qualité-prix c'était important. On a vu qu'il faut regarder aussi la durabilité des produits.
Si vous achetez quelque chose qui se déchire, je pense, par exemple, les gants, qui se déchirent en une utilisation, ça vous coûte beaucoup plus cher des gants de protection. Vous dites au français, pensez aussi à la qualité
et pas qu'au prix.
Agnès,
c'est le rapport qualité-prix. Nos grands-mères savaient très bien en user. Donc, retrouvons ce bon sens qui permet aussi de privilégier des approvisionnements à circuit court et à proximité et au bénéfice de nos PME et de nos emplois.
On a appris, Agnès Pénier-Renaché, dans la presse, qu'Emmanuel Macron s'est un peu agacé ces derniers jours de voir ses ministres écrire des livres. Est-ce que c'est votre cas à vous aussi ?
Alors, d'abord, moi j'ai effectivement, avec Elisabeth Moreno, écrit un livre d'entretien qui n'est pas sorti.
Vous l'avez envoyé à Emmanuel Macron ?
À ce stade, non.
Vous comprenez que ça puisse l'agacer, le sentiment que ministre, ce n'est pas un job à plein temps, qu'on a le temps d'écrire ?
Alors, en l'occurrence, s'agissant d'Elisabeth Moreno et de moi-même, c'est complètement intégré dans notre fonction. C'est-à-dire, c'est un livre qui est un livre d'entretien. Donc, ce n'est pas un travail d'écriture extrêmement considérable. Mais c'est surtout un livre de propositions et de recommandations sur les sujets sur lesquels nous travaillons. À savoir la parité
La parité femme-homme. Le nombre de ministres qui ont le temps d'écrire des livres, vous ne pensez pas que ça peut étonner les Français ?
Je crois que si vous écrivez des livres qui sont au service des politiques que vous menez, qui sont la concrétisation des travaux que vous menez, en l'occurrence, des livres de propositions, des livres de recommandations, ce n'est jamais que le prolongement de votre travail. Et je crois que c'est important. Le prolongement de notre travail, c'est aussi d'inscrire dans le long terme une vision des ambitions. Et je veux vous rassurer, je crois que le président de la République est très conscient de ça. l'idée étant de ne pas non plus être en auto-promotion et auto-représentation. Mais ça, tous les ministres l'ont bien compris.
Vous lui ferez quand même une belle dédicace ?
Certainement.
Oui. Merci beaucoup, Agnès Pannier, une hache ministre de l'Industrie. Invité ce matin de France Info. Bonne journée à vous.
Bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sous-titrage Société Radio-Canada
Agnès Pannier-Runacher