SEUL EN SCÈNE GABRIEL ATTAL | Renaissance
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[applaudissements] Bonsoir à tous et à toutes. Merci d'être là. Merci d'avoir choisi ce débat d'idée plutôt que le match de la Ligue des Champions, même si j'ai entendu tout à l'heure un bruit d'un téléphone, donc je pense qu'il y en a qui avaient un œil sur le match pendant les débats.
Mais en tout cas, merci d'être là pour cette soirée qui est une soirée riche et je commencerai par là. Je veux sincèrement qu'on remercie tous les intervenants qui se sont succédés pour la qualité des propos et des interventions [applaudissements] qui ont eu lieu. Je vais remercier évidemment Thomas Rudigose, monsieur le maire d'avoir ouvert cette soirée, remercier et pour moi, j'avoue que ça a été une révélation ce soir Jean-Luc Fugit pour l'animation parce que franchement, on dirait que tu as fait ça toute ta vie, animer des tables rondes. [applaudissements] On va te prendre pour toutes les éditions de la nuit de la nouvelle République.
Bon, cette soirée, ça a été une soirée très riche. J'ai je suis arrivé un peu en retard. J'ai entendu la fin de la première table ronde depuis le le fond de la salle et puis la seconde parce que j'étais retenu sur la dédicace juste avant qui a duré plus longtemps que prévu.
Ça a été une soirée très riche et pour moi en fait cette soirée ce soir c'est à ça que la politique devrait ressembler tout le temps. Parler du fond, [grognement] parler des idées et surtout décloisonner la politique être capable de se mettre autour d'une table et d'écouter des personnalités issues de la société civile. Ce soir sur scène, la plupart des membres des personnalités qui sont intervenues ne sont évidemment pas membres de notre parti politique, ne sont pas des soutiens de Renaissance, mais ce sont des entrepreneurs, des chefs d'entreprise, des syndicalistes, des représentants du patronat, des intellectuels qui ont des choses à dire sur le pays et qui ont une expérience à partager pour le pays.
Et ça, je pense que c'est majeur à un moment où le sentiment qui est donné quand même aux Français, c'est que la politique est une forme de vase clos qui parle d'elle-même sans parler des problématiques des Français, qui parle une langue que les Français parfois ne comprennent même plus. Ce qui crée évidemment beaucoup de désespérance, beaucoup de doutes où les Français se mettent à douter de leurs représentants, à douter de leurs institutions, à douter de la démocratie. C'était l'objet de la première table ronde et même à douter d'eux-même.
Moi, c'est ça qui me préoccupe le plus aujourd'hui dans le pays, c'est le doute de nous-même. On était ce matin, Jean-Luc le disait, dans un collège à Saint-Syorien d'Ozon et on avait une table ronde avec des jeunes de 3e qui pouvaient me poser toutes les questions. Et moi, il y a une question qui m'a saisie.
C'est un jeune de 3e qui m'a posé la question. Il m'a dit "Est-ce que vous n'avez pas peur de ce que notre génération peut faire au monde ?" Et je regardais ce jeûne et je me disais pour qu'un jeune de 3e en soit à se poser cette question et à nous poser cette question de regarder sa propre génération comme une menace pour le monde, je me dis qu'il y a évidemment beaucoup à faire pour donner confiance au Français dès le plus jeune âge et que si on laisse ce doute sur nous-même s'installer dès le plus jeune âge comme ça, évidemment qu'ensuite pour l'ensemble de la société ce sera très compliqué et très difficile.
Donc il faut recréer de la confiance. Et moi, ma conviction c'est qu'on peut le faire pas avec des slogans, pas avec des propos à l'emporte-pièce, pas avec des injonctions entre formation politique, mais en revenant sur le fond des idées et le débat et c'est ce qui a été fait ce soir. Le deuxième objectif de cette soirée, de ces soirées parce qu'il y en aura d'autres, c'est évidemment de bâtir du consensus.
On a beau ne pas être d'accord sur tout, venir d'horizon différent, on peut au moins se retrouver sur le constat et c'est ce qu'on a entendu ce soir et partager, je pense des grandes orientations et des grandes lignes de force qu'on doit suivre ensemble. C'est ce qui a été, je crois, partagé dans les deux tables rondes de ce soir parce que c'est possible et c'est possible et c'est même nécessaire à un moment où la réinvention, la réinterrogation de notre modèle est plus nécessaire que jamais. Moi, je crois qu'on est aujourd'hui dans un moment où on doit profondément réinterroger notre modèle et nos institutions.
On a des institutions qui, au sens large du terme, ont été bâtis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans un monde et dans une France qui n'avait rien à voir avec les défis qu'on a relevé aujourd'hui. La démographie n'avait rien à voir, la natalité explosait, la population active augmentait, on vivait beaucoup moins vieux qu'aujourd'hui. La mondialisation était un concept balbuciant.
Euh la technologie n'avait évidemment rien à voir. N'imaginez pas une seule seconde l'intelligence artificielle à l'époque. Et on parlait pas de des règlements climatiques, on parlait de météo.
Tout a changé. Et face à tous ces défis, personne ne peut plus considérer qu'on en est à débattre de petits paramètres de virgules qu'il faut bouger dans une loi, de fiscalité qu'il faut bouger à la marge. On doit réinterroger profondément notre modèle.
C'est pour moi ça la vraie réponse au doutes français et la vraie capacité à se projeter de l'avant et à se projeter vers l'avenir. On doit aussi inventer une autre manière de faire et c'est je crois ce qui est ressorti notamment dans la dernière table ronde. Il y a urgence selon moi à partager le pouvoir et partager les responsabilités en France.
On a beaucoup entendu dans la table ronde l'État n'a pas vocation à s'occuper de tout. Il faut mieux partager les responsabilités, mieux partager le pouvoir. Ça veut pas dire la cogestion permanente.
Ça veut pas dire qu'avant de prendre la moindre décision, l'État doit avoir l'accord, la signature de tous les syndicats. Ça veut pas dire qu'avant de décider, une collectivité locale doit nécessairement avoir l'accord de l'État. Au contraire, ça veut dire que chacun doit être clair dans ses responsabilités et avoir l'ensemble des leviers dans les responsabilités qui sont les siennes.
On sera beaucoup plus efficace si on a une méthode de partage du pouvoir qui a fait ses preuves dans beaucoup d'autres pays que la France et qui à la fin permet, ce qui est pour moi l'essence même de la politique, rendre possible ce qui est nécessaire, remettre de l'efficacité et de la puissance publique. Et je crois que les interventions de ce soir avec des personnes qui viennent d'horizon très différents ont montré que chacun dans sa responsabilité politique, syndicaliste, entrepreneur, associatif, intellectuel, on a chacun notre part à prendre pour le pays. Et c'est ça pour moi le chemin de la confiance.
Et puis enfin ce qu'on retrouve je crois euh dans cette soirée, d'ailleurs dans d'autres événements qu'on a organisé, c'est pas la première nuit de la Nouvelle République, on en a organisé une fin janvier à Paris. On est ici ce soir à Lyon. On sera à Bordeaux le 5 mai, à Strasbourg le 20 mai pour des événements exactement comme celui-là avec des thèmes différents, des personnalités différente.
Mais ce qu'on retrouve finalement ce soir, c'était parce que c'était la la deuxième table ronde, mais pas seulement. Je pense que sur les questions démocratiques aussi, c'était très présent. c'est que en 2027, il faudra que l'école soit au sommet de toutes nos priorités pour le pays.
Parce que l'école, c'est l'assurance vie de la République, c'est l'assurance vie de la démocratie, l'école c'est le chemin de la liberté et l'école, c'est le chemin de la prospérité. [applaudissements] Et oui, les mutations du monde, la baisse démographique sont des opportunités pour réinterroger profondément la manière dont on doit agir et dont on doit investir pour nos jeunes. Et quand on parle de l'école, c'est évidemment l'éducation mais c'est la formation tout au long de la vie aussi.
Je crois que ce qui ressort des échanges ce soir, c'est que l'école finalement, elle doit apprendre les savoirs fondamentaux. Elle doit apprendre à apprendre dans un monde en perpétuelle mutation et dans un monde du travail qui va profondément évoluer. Elle doit aussi apprendre l'esprit critique pour avoir le recul nécessaire face à des informations pas uniquement d'ailleurs dans le cadre du travail avec Lia, mais globalement aussi à la multiplication de la désinformation des fake news alimenté notamment sur les réseaux sociaux.
Et finalement cet objectif là, on doit le porter pour toute la vie. La Finlande a décidé récemment de former l'intégralité de sa population active à l'intelligence artificielle dans les années qui viennent. Alors, ils sont moins nombreux que nous, mais ils ont moins de moyens que nous.
On doit nous aussi en France s'engager dans un tel objectif. Là, c'est le rôle de l'État que de fixer cet objectif et planifier les choses. Moi, je veux qu'en 2027, on puisse proposer aux Français de former sur 5 ans 20 millions d'actifs à l'intelligence artificielle [applaudissements] pour être capable de se reconvertir, pour être capable de se réinventer, pour être capable de ne pas être remplacé par la machine, mais d'être toujours une plus-value par rapport à la machine.
Il faut aussi qu'on arrive à porter un discours positif sur cette évolution. Évidemment que il faut nous adapter évidemment qu'il y a probablement des réglementations, des encadrements apportés, mais il faut aussi voir une vraie opportunité, y compris d'ailleurs dans l'apprentissage et dans l'éducation avec des outils qui peut-être font révolutionner la manière la manière d'apprendre. Moi, c'est ça le message que je voulais vous passer ce soir.
Je crois profondément qu'en remettant les idées au cœur du débat, en bâtissant du consensus, en évoluant vers une nouvelle manière de faire et une nouvelle méthode, en plaçant l'école au sommet de nos priorités et à la base de tout ce que nous voudrons présenter pour le pays, on vise l'objectif qui est l'objectif suprême pour nous et pour la politique, qui est de redonner confiance, de mettre fin au doute et de recréer de l'espoir. Je crois que ce soir à Lyon, nous avons fait un pas dans cette direction. Alors, merci à tous pour votre participation [applaudissements] et au travail.
Merci. [acclamation]
Gabriel Attal