Hommage à André Santini : le politique qui a défié la longévité ! - On n'est pas couché 2007
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Pour l'instant, vous avez toujours été fidèle à l'UDF et à François Bayrou.
- 1:17RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est cette leçon des régionales que vous avez tirée qui...
- 2:16OuverteRéponse directe
Revenons-en à cette fidélité.
- 3:10ComplaisanteÉludée
On allait renvoyer le 21 avril 2002 à l'envers.
- 3:38RelanceRéponse directe
Vous parlez comme si c'était les socialistes qui étaient au gouvernement.
- 4:10RelanceRéponse partielle
Pourquoi il dit ça, Bayrou, alors ? Il est fou.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06Invité politiqueFait
« 18 ans, oui. »
- 0:29Invité politiqueFait
« Je suis parmi les fondateurs de l'UDF en 1978. »
- 0:45Invité politiqueFait
« Je n'étais pas assez lourd. »
- 0:52Invité politiqueFait
« On m'avait demandé de porter l'étiquette UMP, ce que j'avais refusé. »
- 1:14PrésentateurChiffre
« 600 000 voix. »
- 4:12PrésentateurFait
« Je n'ai pas voté la censure. »
- 4:14PrésentateurFait
« Je me suis abstenu sur le budget. »
- 6:27PrésentateurChiffre
« J'ai fait 600 000 voix au régional. »
- 12:08PrésentateurFait
« Vous êtes mis en examen. »
- 23:06PrésentateurChiffre
« 15 000 emplois nouveaux. »
- 23:52InvitéFait
« Maître Sécaldy, oui. »
Temps de parole
- Présentateur33 %
- André Santini21 %
- Invité15 %
- Invité 211 %
- Invité 311 %
- ?8 %
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Alors
d'abord, il faut expliquer, je crois que vous êtes ami de longue date avec Nicolas Sarkozy, même tout
jeune. Il avait
18 ans, oui. Voilà, tout jeune, vous sortiez ensemble. On sortait. Quand je dis vous sortiez
ensemble, on mangeait des pêches melba
au drugstore de Neuilly.
Voilà, vous alliez au drugstore ensemble. Oui. Et cette amitié, François Bayrou l'ignorait
? Un
petit peu, j
'ai
l'impression.
Il
croyait que c'était plus fonctionnel, hiérarchique.
Mais
pour l'instant, vous avez toujours été fidèle à l'UDF et à François Bayrou. Oui, mais je suis parmi les fondateurs de l'UDF en 1978.
Et même au dernier régional en 2004,
si ma
mémoire est bonne, en Ile-de-France, l'UMP a présenté Jean-François Copé contre M. Huchon, candidat socialiste, et contre vous qui étiez candidat UDF.
Pas
contre moi,
je n'étais pas assez lourd.
En tout cas, ils avaient quand même essayé à un moment donné l'UMP de vous débaucher pour dire on va faire candidature commune dès le premier tour. Oui, et on m'avait demandé de porter l'étiquette UMP, ce que j'avais refusé. Et vous aviez dit d'ailleurs, si c'était Nicolas Sarkozy le candidat en Ile-de-France, je serais allé avec lui. Oui, déjà ? Déjà, oui,
je
suis... Votre fiche
DRG est parfaite. Parfait, mais c'est Nicolas Sarkozy qui me l'a transmise. Et donc vous avez été fidèle à Bayrou pour ces régionales. Vous êtes arrivé troisième au régional.
Oui,
600 000 voix. Derrière Copé et derrière Huchon. Oui. Est-ce que c'est cette leçon des régionales que vous avez tirée qui... Là, vous dites,
je
ne
vais
pas être encore troisième avec l'UDF, autant que je sois dans le camp des vainqueurs dès le premier tour.
C
'est-à-dire qu'à chaque présidentielle, j'ai voté pour celui que je préférais.
C
'était le meilleur. Et à chaque fois, il s'est fait battre.
Si
bien qu'aujourd'hui, on va raconter à Sarkozy que je porte la poisse.
Et
des copains m'ont dit, dis-nous tout de suite qui tu soutiens, qu'on aille ailleurs. En politique, on appelle ça la boussole sud. Il y a quelques gars qui ont une poisse terrible. On leur demande toujours, d'après toi, qui va gagner ? On observe, on part de l
'autre
côté. On n'est pas sûr d'avoir raison, mais on est persuadé qu'on n'aura pas
de droit.
Vous
pensez à Alain Duhamel qui fait le chemin inverse.
Je ne sais pas.
Qui va d'ailleurs soutenir le candidat Bayrou.
Vous
l'avez vu ? Oui,
oui.
Non, je ne
sais
pas. Ah
si, si. Ah, aïe, aïe, aïe,
François, mauvais signe. Il
ne présentera plus d'émission sur France 2, puisqu'il a annoncé son soutien à François
Bayrou. Mais
il avait à se faire pardonner Ségolène qui l'avait oublié.
Alors, revenons-en à cette fidélité.
Vous
analysez très bien, M. Ruquier. Ça me surprend agréablement.
Mais j'adore ça. Vous savez, la politique, je suis ça de très très près. Et j'essaye de comprendre quand même pourquoi, quand même au dernier moment, parce que vous auriez peut-être pu l'annoncer et le dire avant, surtout à un moment, au moins, ça c'est plutôt à votre avantage, vous ne le faites pas quand Bayrou est en train de descendre dans les sondages. Il n'a jamais été aussi fort. Donc, quand même, il y
a
une stratégie là qui m'échappe. Je me dis, mais pourquoi il abandonne un homme qui peut-être en passe d'être au deuxième tour
? Non,
je n
'y
crois pas. Je pense que Le Pen sera quand même le troisième homme. Je le regrette. Mais je ne vois pas pourquoi, lui qui a fait 18, d'un seul coup, la situation paraît-il s'est améliorée, d'autres disent le contraire et rumine. Je ne vois pas pourquoi il ferait tellement moins que la dernière fois.
Et
le risque qui n'existe peut-être
qu
'un peu moins aujourd'hui, c'était Le Pen-Ségolène pour le deuxième tour. Et à ce moment-là, mon ami François, qui ne voulait toujours pas dire ce qu'il allait faire au deuxième tour, nous poussait forcément dans les bras de Ségolène. On allait renvoyer le 21 avril 2002 à l'envers. Après tout, on peut bien voter pour Ségolène, puisque elle et ses copains, en 2002, ils avaient voté pour Chirac. Et je ne voulais pas arriver à cette extrémité. Moi, ce que je veux, c'est qu'on ne se repique pas encore 2 fois 5 ans de socialisme.
Ça
va quand même très mal. Il faut vous en rendre compte. Et les électeurs,
vous en rendre compte. Attendez, là, je
ne comprends pas. Vous parlez comme si c'était les socialistes qui étaient au gouvernement. Nous sommes que c
'est
M. Sarkozy qui était au gouvernement depuis quelques
années. Oui, mais il s'est bien
débrouillé, lui. Pardon ? Il s'est bien débrouillé. Ah bon ? Pourquoi, par exemple...
Non, mais vous dites qu
'on est dans une mauvaise situation en ce moment. Non. Non, non, je dis, je ne veux pas... Ça vous a échappé, peut-être ?
Attends,
vous
avez cru que vous étiez encore à l'UDF.
Soyez gentils. Je n
'ai pas voté la censure. Je ne sais qu'écouter, M.
Santini. Oui, mais
vous ne vous rappelez
pas tout, voyons. Votre amnésie est sélective. Je n'ai pas voté la censure. Deuxièmement, je me suis abstenu sur le budget.
C
'était l'intérêt de François de se positionner comme ça. Mais tous les députés qui sont élus avec des voix UDF et UMP, tous ceux qui sont à la tête d'exécutifs municipaux ou départementaux, comment pouvaient-ils expliquer aux autres qu'on allait servir de leur voix ? À un moment, ces RPR, ces UMP, ils avaient un slogan. L'UDF a des élus et le RPR des électeurs. C'est intéressant, ça.
Ce
n'est pas possible. Je
suis
sûr que Nicolas Sarkozy réalisera l'ouverture.
Qui
ne reprendra pas toutes les vieilles lunes, même de l'UMP ou du RPR. Et c'est à ce moment-là que nous devons être présents.
Oui, alors il y
a
quand même quelque chose d'étonnant, parce que vous dites, je ne veux pas rester avec Bayrou, parce que ça me ferait peur de devoir appeler les socialistes à venir avec nous, en gros.
Non, non, non. De nous
voter socialistes. Ou vous voter socialistes. Sauf que justement, c'est un peu le discours de Nicolas Sarkozy depuis quelques semaines.
Il
dit, enfin, on n'a jamais entendu autant à gauche,
M.
Sarkozy cite Georges Haurès, il cite Blum. Il a même dit qu'il prendrait des gens de gauche éventuellement dans son...
Vous
risquez de retrouver des socialistes dans le gouvernement
Sarkozy, M. Sarkozy. Mais dans le contexte inverse.
Pardon ? Nous ne serons pas, une fois de plus, des supplétifs. Bon. Et vous savez qui va arriver sur
ce plateau ? Hélas
!
J
'aime beaucoup Polak. Vous préférez Polak à Zemmour
? Je
ne dirais rien parce que j'aime bien Zemmour aussi. Mais comme il va m'emmerder pendant au moins dix minutes... Voici Éric Zemmour et Michel Polak.
Avant
que je leur donne la parole. Vous êtes donc toujours actuellement vice-président de l'UDF ?
Je suis toujours UDF. Mais
vice-président
? Oui, sans doute, parce qu'ils n'ont pas encore fait le ménage. Mais ce ne serait pas l'intérêt de l'UDF que de m'exclure.
En tout cas, certains réclament...
Je
n'ai mérité ni cet excès d'honneur, ni cette indignité. On
connaît la phrase, mais certains réclament votre peau, là, quand même. C'est vrai, au dernier moment, comme ça, appelé à voter Sarkozy, alors que vous êtes vice-président
du parti d'un candidat inverse... Vous croyez que c'est les grands directs
qui gagneraient des voix ? Pardon ? J'ai fait 600 000 voix au régional.
C
'est vrai ? Ah, je vous ai vu à la tribune, à la mutualité dimanche
dernier. Oui, c'était
bien. Vous n'étiez pas un peu fier.
Non.
Quand vous avez dit, des centaines de milliers d'électeurs du centre vont
me suivre...
600
000. Vous
pensez que 600 000 ? Ah
oui, oui. Vous
avez ce poids-là.
C'est
très populaire, oui. Vous avez grossi, hein ?
Alors,
Éric Zemmour, qu'est-ce qui se passe à l'UDF
? Justement, c'est la grande question.
Je
me méfie parfois avec Santini parce que j'ai peur pour lui. Je me souviens qu'en 95, il y avait beaucoup de gens comme ça qui quittaient Chirac pour baladure en disant « il a gagné, il a gagné » et qu
'ils
se sont retrouvés comme de ronds de flanc sans rien pendant des années. Donc j'ai peur pour lui. Moi, vous savez, je suis un sentimental, vous me connaissez.
Juste que vous. Et voilà.
En plus, Bayrou, lui, il n'a pas peur pour vous. Il est très mécontent. Il dit qu'il a eu des pressions énormes. Sarkozy a fait des pressions énormes sur lui. Sous-entendu, il y
a
des trucs secrets que Santini ne veut pas...
Et
que Sarkozy lui fait du chantage.
Il a même dit sur
Canal+, il y
a
des affaires dans les Hauts
-de
-Seine dans lesquelles je ne veux pas mettre mon nez et qui obligent M. Santini,
il n
'était pas aussi précis.
Il
ne pouvait pas, voyons.
Il était presque précis quand même.
Oui,
il était en colère. Il était en colère, ça c'est sûr. Il y a eu des
pressions, c'est vrai, à l'UDF, sur moi, oui. De toute façon,
il n'y
a
pas d'affaires. Non, mais attendez,
vous n'avez pas répondu. Il dit, en gros, Sarkozy fait du chantage sur Santini. Sous-entendu, si jamais il ne soutient pas, on lui balance des affaires.
Mais non, on se connaît depuis 30 ans. Des amis de 30 ans,
vous
vous rappelez ? On ne va pas
s'engueuler. Justement,
on n
'a
pas besoin d'avoir recours à ces procédés de base politique.
Alors pourquoi
il dit ça, Bayrou, alors ? Il est fou.
Il
n'est pas content. Il n
'est
pas content. Il
ne pensait pas,
tout à l'heure,
Laurent,
de temps en temps, il a des lueurs. Laurent a dit, tiens, il ne savait pas que vous étiez ami avec Sarkozy. Il croyait qu'effectivement, il y avait un rapport purement fonctionnel. Mais non, on se connaît depuis très longtemps. Santini, vous êtes un vieil
homme
politique sans vous vexer. L'amitié en politique, ça n'existe pas. Il
n'y
a
que
des rapports de force. Si j'avais trahi mes amis tout le temps, je ne serais pas encore... Il y
a
d'autres jours,
on
me disait, mais qu'est-ce que vous voulez de plus ? Vous êtes député, vous êtes maire d'une ville qui marche bien, que j'ai fait marcher bien, parce qu'avant, c'était quand même pas terrible. Bon. Qu'est-ce que vous voulez de plus ? Vice-président d'un parti dont
le
président
est candidat à la présidentielle.
Oui. En 2002, le canard enchaîné avait écrit... Alors, je soutenais clairement François Bayrou. Santini a déclaré, chez Bayrou, en termes de sondage, il n
'y
a que les oreilles qui décollent.
Je
l'avais appelé pour lui dire, tu sais, le canard, tu les connais, c'est comme Zemmour, quand tu ne savent pas quoi foutre, il pond une connerie. Évidemment, on ne prête qu'aux riches, mais
je
n'ai rien dit sur toi, car je ne critique jamais les politiques sur le physique pour des raisons qui me sont personnelles.
Il
m
'a
dit,
mais
André, ça ne fait rien.
Chez
moi, tout est proportionné. On était plutôt gentil.
Il
a tout fait pour que je sois candidat au régional. Il était persuadé qu'on allait gagner.
On
n
'a
pas gagné.
Justement, vous avez
perdu.
Je
l'ai fait compéir comme un bon soldat. Alors, un instant, pour revenir
quand même sur les fameuses affaires qu'a évoquées François Bayrou dans les Hauts-de-Seine. Il y
a
des affaires ou pas ? Ce n
'est
pas possible dans un département que longtemps a tenu M. Pasqua, un homme honnête.
Je l'aurais faite s'il ne l'avait pas faite.
Bien
sûr. Pasqua est un ami. C'est même votre parrain, si j'ose dire, en politique. Je n
'ai
rien. En
politique.
En Corse.
Vous
savez qu'en Corse,
il
y a plus de parrains que de témoins, vous vous rappelez. Donc, il y a plus de baptêmes que de mariages. Alors,
c'est Charles Pasqua qui vous a demandé de soutenir
Nicolas Sarkozy ? Non,
mais je fais ce que je veux. Écoutez,
si
je suis resté si longtemps à l'UDF, c'est parce que c'était un parti libre. On pouvait se déterminer librement. Alors, maintenant, vous allez me reprocher de me déterminer réellement. C'est un peu embêtant,
ça. Non, nous, on ne vous
reproche rien.
C
'est M. Bayer. Vous savez, il n
'est
pas invité dans les émissions, alors il nous donne les questions à poser.
Vous
n'avez qu'à l'inviter.
Michel Polac.
Oui, vous avez cité M. Pasqua. Il faut bien dire que les Hauts
-de
-Seine, c'est la principauté pasqua. C'est lui qui a tout organisé et vous faites partie de ce clan pasqua, ne serait-ce que par vos affinités corse.
Ça
crée des liens, non ? Ça crée des liens, oui. Oui, des liens forts.
Des
liens forts. Donc, on peut comprendre, en effet, que les gens du clan pasqua aient les moyens de vous entraîner du côté de Sarkozy. Non, ça sera fait il
y
a longtemps.
Mais
non,
mais franchement, non. Mais j'ai lu quelque part que vous aviez quelque chose qui vous risquerait de vous empêcher de vous présenter aux élections. C'est un héritage controversé qui serait une
casse... Non, non,
c'est la donation
à mon...
Oui, c'est ça.
Non, non, j'ai remplacé Pasqua. Enfin, je ne
sais
pas si j'ai le droit d'en parler, puisqu'il y a une instruction. Une
instruction
en cours. J'ai donc signé cette facture, validée par les fonctionnaires, et on me dit maintenant qu'il ne fallait pas les signer. Moi, je veux bien. Il n
'y
a pas d'enrichissement personnel, il n
'y a
pas d'emploi fictif. Donc, c'est tout. Alors, on va voir ce que ça va
devenir. Vous êtes plus
d'abus de biens sociaux, c'est ça ? Non,
non,
non, non. Détournement de fonds
public,
carrément. Ah, c'est encore pire.
Oui, je lis, moi.
Abus de biens sociaux, escroquerie, usage de faux, la totale. Oui,
oui,
non, mais c'était... Non, non, il ne
faut
pas confondre avec le... Comment dire ? Le donateur.
Mais
vous, vous êtes mis en examen. Oui, mais oui, parce que... Ça
veut dire que vous
ne pourriez pas être ministre. Ça fait bien. Oh, ça, je ne sais pas.
Certains s'en pourlèchent les babines en disant, Santini, il ne
fait
tout ça pour rien, il ne sera pas ministre de toute façon. Mais c'est formidable, quand même.
À la politique, c'est le grand ami. Si j'étais vraiment dans les
coups, je penserais à un truc pareil. Moi, je suis sûr que je n'ai rien fait. C'est ridicule, ce soir-là, ridicule. Moi, j'aimerais qu'on parle d'une grosse affaire, M. Santini.
Est
-ce que c'est un attentat dont vous avez été victime quand votre balcon a
ici les
mouss...
Quand
votre balcon a ici les moulineaux, c'est écroulé.
Et comme a dit Charlie
Hebdo, vous êtes directement tombé, vous avez chuté directement dans l'UMP.
Ah
oui, on a montré le dessin vendredi dans cette émission. Ce sera du dessin de Charlie Hebdo très amusant, où on vous voit tomber de votre balcon et crac, à l'UMP.
Il
y a même des gens qui ont cru que c'était un attentat. D'aucuns prétendent avoir vu Bayrou dans des parages. Mais entre nous, est-ce qu'il y a beaucoup de maires
qui
auraient toutes les télés, toutes les radios,
pour une
affaire pareille ? Alors justement, c'est la vraie question. Parce que vous avez compris la stratégie d'André Santini, c'est faire le clown pour attirer les médias. Parce qu'il a un talent fou, c'est le roi des bons mots. C'est la première fois qu'on me fait un compliment
depuis le début de cette émission. C'est vrai, c'est
vrai. C
'est même le
seul homme politique qui
me
fasse rire.
C'est aussi drôle, absolument.
D'ailleurs, vous savez que maintenant, il est hors concours au prix de l'humour politique. Oui, parce qu'il gagnerait tous les ans. Donc ils ont décidé de le mettre hors concours. C'est pas de ma faute si les autres sont nuls. Et ça, je suis vrai. Moi, je me souviens d'une chose, puisqu'on parlait de Pasqua tout à l'heure. Il
y a
encore un que j'ai connu tout petit. Oui, c'est vrai. Pasqua un jour lui a dit d'arrêter de faire le clown. Parce que justement, à partir d'un certain moment, il ne serait plus pris au sérieux. Et sa carrière politique en pâtirait. N'est-ce pas ?
C'est vrai, c'est un bon conseil. Enfin, la
dernière blague qu'il fait à Bayrou, elle est réussie. Mais je me demande parfois si Pasqua n'avait pas raison. Je veux dire par là que Santini, est-ce qu'il n'est pas sous-utilisé ? Parce que c'est un type, là, il fait le clown, mais en fait, il est très intelligent, très cultivé. Il a été un maire remarquable d'ici les Moulinots. Ça, il
n
'y
a
rien à dire. Mais en revanche, pour la suite, on a l'impression que c'est un perdant magnifique. Il voulait être président du conseil général. Finalement, Pasqua ne lui laisse pas la place. Il voulait être président du conseil régional. Il perd les élections. Il est vaguement sous-ministre en 1986. Ça remonte quand même, ça fait 20 ans. Et depuis, c'est Tintin. Donc,
c
'est même les méchantes langues disent que c'est pour ça qu'il va avec Sarkozy. Pour redevenir ministre, parce que quand même, ça lui fait mal au ventre de voir tous ces abrutis devenir ministre et pas lui. Il n'a pas tort, d'ailleurs. Donc, est-ce que... On est loin de vos supputations, mon cher Roland. Donc, voilà. Est-ce que Santini, ce n
'est
pas le perdant magnifique ? Celui qui a gâché sa carrière à force de vouloir faire le clown et d'aller aux grosses têtes et d'attirer les télés. Est-ce que ce n'est pas le Jean Édernalier de la politique ?
Réhabilitons les balcons et André Santini. Réhabilitons les clowns. Je pense
que
derrière tout ça,
il
y
a
quelque chose de plus caché et de plus sérieux. qui fait que, c'est en voyant le dossier, d'ailleurs, que ça m'a sauté aux yeux, parce que j'avais envie, en effet, de dire « Oui, maman, c'est un rigolo, quoi. C'est un brave député clown. » Mais il n'est pas si brave que ça. Et vous êtes, par exemple, entre autres, je crois, président du syndicat des eaux de votre département. Or, quand on sait le pouvoir que ça donne, car on sait qu'ils sont non seulement distribuent l'eau, mais ils arrosent beaucoup les municipalités aussi.
Non
?
C'est quand même les plus grands
corrupteurs de France, depuis
30 ans. Non, c
'est fini, ça. Non, non. Ça a eu payé
? Oui,
ça a eu payé, mais pas de... Vous n'êtes pas un grand
consommateur d'eau ? Je suis arrivé trop
tard.
Ça fait quand même 20 ans que vous êtes là, 25
ans.
Oui,
c'est
bien ce que je dis, oui.
Quand
même, j'en reviens à ce balcon. Moi, ça me paraît étonnant. C'est louche, cette affaire. Moi, je vois ça comme ça. C'est mon analyse, parce que je veux bien croire les analyses politiques, mais votre balcon s'écroule. Vous prenez peur. C'est une première alerte, c'est une menace. Il y a Charlie Pascouin derrière, qui dit, je lui ai fait sauter son balcon, tu vas voir, il va arriver à l'EMP.
Je
vous dis qu'on a vu Bayrou. Non,
non, non. Pourquoi vous
accusez mon ami Pascouin
?
Je ne
vois
pas pourquoi. Bayrou n'avait aucun intérêt à vous faire sauter le balcon, si
j'ose l'exprimer.
Alexandre Jardin, quand vous entendez les discours politiques actuels, je crois avoir compris que vous, ce que vous proposez sur votre site internet,
c
'est justement d'aller dans des choses beaucoup plus concrètes que ce qu'on peut entendre dans le langage habituel politique.
C
'est bien ça ?
En gros, la conversation sur les Hauts
-de
-Seine, tout ça, c'est tout ce qui m'a fait créer ce site.
C
'est-à-dire que pendant un mois, on s'est retrouvé avec des affaires de scooters, de trucs, d'ISF, alors qu'on a un pays qui souffre.
Je
trouvais ça d'une indécence totale. Enfin, j'ai éprouvé un malaise terrible, terrible. Et je me suis dit, putain, qu'est-ce que moi, je peux faire individuellement dans mon coin ?
Et
en fait, je me suis dit, tiens, puisque cette campagne me déplaît, je vais prendre les propositions des candidats,
et
je vais leur demander le mode d'emploi
de
leur proposition, c'est-à-dire comment on fait. C'est le nom du site. Et en fait, je demande également aux internautes de venir sur le site donner leur mode d'emploi.
Mais c'est
pas un peu ce qu'a fait Ségolène Royal, en fait ? Non, elle a demandé aux gens leurs idées, et moi, je leur demande le mode d'emploi. Je me fous de leurs opinions, de leurs idées. Lorsqu'un candidat dit, par exemple, il faut faire revenir vers les banlieues les profs les plus chevronnés, plutôt que les jeunes qui sortent de l'IUFM, on l'entend depuis des années, mais tout le monde se demande comment on fait. Et bien, j'ai une énorme surprise. C'est stupéfiant, lorsqu'on demande aux Français de réfléchir aux méthodes, aux pratiques, à qu'est-ce qu'on peut faire très concrètement, et ils viennent par centre d'intérêt. C'est-à
-dire
que les profs, par exemple, viennent répondre à ces questions-là. Les médecins viennent répondre à ce qui les intéresse. Alors, je me suis dit que si on faisait remonter
les
idées pratiques des gens, les pratiques que les gens expérimentent,
les
enseignants dans leur BAU à l'intérieur des ZEP, etc.,
si
on pouvait faire remonter de la solution pragmatique, on donnerait à l'équipe qui va gagner un cahier numérique, et c'est ce que nous allons faire. Quel que soit le gagnant ? Quel que soit le gagnant, je m'en fous. Ce n
'est
pas ça, mon problème. Mon problème, je veux que mon pays fonctionne. Je veux que les cinq prochaines années, réellement, sortent de l'action marginale.
Qu
'est-ce que vous pensez de ça, alors ? Parce que même si je sais que vous allez avoir un petit air de dédain pour ce qu'a fait Sébouane Royale, c'est un peu son idée, au départ. Ça veut dire, on va interroger
les Français. Non, non, non,
on ne leur demande pas leurs idées, on leur demande leurs compétences sur des points précis. Oui, mais on sait par exemple qu'elle a rencontré des
profs pour savoir justement ce que certains pensaient.
Alors, attendez, je vais vous prendre quelques exemples, parce que cette semaine, on a mis sur le site énormément de propositions de Sébouane Royale pour voir quels étaient les modes d'emploi des gens.
Et
par exemple, sur une mesure symbolique qu'elle a lancée dans la nature sur l'encadrement militaire des jeunes. Voilà. Bon. On regarde,
qu
'est-ce que racontent les gens ? Alors, les militaires qui arrivent, qui tapent sur le site et qui donnent leur mode d'emploi. Tout d'abord, ils nous expliquent qu'ils sont en pleine professionnalisation de l'armée, qu'ils bossent à flux tendu, et donc en termes de gestion du personnel, tous les militaires, ils disent, on n'a pas les ressources, on ne peut pas. En plus, il
y en a qui sont
à l'extérieur,
ils ne sont pas sur le territoire, en train de travailler. Eh bien, on verra les
enfants en colonie ! Alors,
ils, eux, proposent un truc.
Franchement
! Et
en plus
! Alors,
j'ai en plus voyagé
! De quoi se tient-il ? Laurent, je voudrais aller au bout de
ce que
racontent les gens. Alors, ils disent, on a déjà un système que les marins font fonctionner, qui est un programme qui s'appelle JET, Jeunes en équipe de travail. Et ils disent qu'on a une telle pénurie à l'intérieur des armées qu'on ne trouve pas de cadre pour faire fonctionner JET, actuellement. Ils disent un deuxième truc, les internautes. Ils disent que les centres de JET ont fonctionné pendant des années en sous-effectif parce que les juges ne voulaient pas envoyer les mômes là-dedans. Donc, si Ségolène Royal est élue et qu'elle crée ces trucs-là, le problème, en fait, ce n
'est
pas de créer ça. C'est l'application. C'est l'application, parce que les juges n'en veulent pas.
Mais
ce n
'est
pas seulement cette loi-là.
Comme il
y
a
une indépendance des juges, personne ne peut obliger les juges à foutre les mômes là-dedans. Donc, quand on rentre dans le comment, on fait. Et quand on fait rentrer les Français, on se rend compte de l'énorme complexité des propositions et de l'énorme part de bluff. Alors, vous êtes d'accord avec tout ça ?
Alors, les idées que reprend Ségolène, c'était déjà dans le temps. Et celle d'Alexandre
?
Non, c'est plus génial ce qu'il fait, parce que lui, il fait le comment.
C'est très différent. Je pense qu'on va finir par remettre un cahier numérique qui sera très sérieux aux gagnants de l'élection présidentielle. Je pense qu'on leur donnera plus de pouvoir en leur donnant des outils dites...
C'est pas
du... Pardonnez-moi, mais ça, c'est du niveau au mieux des législatives, voire du local. C'est pas du niveau d'une présidentielle.
La présidentielle, c'est
du niveau... Normalement, c'est
un
chef d'État qu'on élit,
et normalement, c'est du niveau du destin du pays. Oui, c'est pas des petites mesures. Oui, mais
je n'accepte pas ça, parce que ça fait des années qu'au moment de la présidentielle, on nous demande un chèque en blanc.
Et
je ne veux plus de chèque en blanc. C'est-à
-dire
que je veux... J'en ai marre que les partis politiques soient des machines à faire gagner les élections, et non pas des lieux qui bossent... Mais Alexandre Jardin, pourquoi
vous avez donné les
résultats de tout ça au candidat qui aura gagné ? Pourquoi pas garder ça pendant 5 ans et vous présenter en 2012 ? Je vais étudier la chose. C
'est la meilleure solution. Franchement, si vous avez des
solutions à tout sur Internet grâce à tous les Français, attendez 5 ans et présentez-vous. Moi, je pense... Je ne crois pas qu'à l'homme ou à la femme qui va
sauver la France. Moi, je crois qu'il
n'y a
que la France qui peut sauver la France. Oui, il faut qu'on bosse, nous, au lieu de leur demander constamment de faire le boulot. Pour être un petit peu plus proche de la réalité quotidienne, je voulais quand même poser une question à André Santini. C'est qu'il va maintenant se rapprocher de Sarkozy, dont on n'oubliera pas qu'il était un des favoris de Balladur. Ils étaient copains comme cochons. Et lorsqu'il a été question de construire le siège de France Télévisions, vous avez offert un terrain à un prix très avantageux. Et M. Balladur a refusé et a fait une dépense considérable pour s'installer dans le 15e arrondissement où ils sont aujourd'hui. Et aujourd'hui, M.
Balladur est député du 15e arrondissement. Ça ne vous gêne pas, ce genre d'histoire ? Ça m'a amusé.
Finalement,
tout vous amuse.
C'est vieux comme
la République, ça. Oui, mais en fait,
est
-ce que ce n'est pas votre rôle de protester contre ces dépenses d'argent
? Quand vous arrivez dans une ville
qui a 40 hectares de friche,
qui
a perdu 10 000 habitants, 20 000 emplois, qu'est-ce qu'on fait ? Alors effectivement, il faut remonter, il faut travailler. C'est pour ça que quand on nous dit les magouilles,
les
affaires, je ne
vois
pas tellement comment on peut faire. Là, on vient de signer le nouveau quartier près de l'héliport, 15 000 emplois nouveaux. Vous vous rendez compte ? Le siège de Bouygues Télécom, le siège de Bouygues Immobilier, le siège de Microsoft, le siège de BNP Paribas Immobilier, le siège de Sodexo. Vous vous rendez compte
? Combien
on peut développer avec ça
? Et
en plus, des tours, c'est un débat, mais avec la très haute qualité environnementale. Il faut sortir de ce débat, est-ce qu'il faut des tours ou non ? Ça, nous, on sait faire.
Voilà.
On est les premiers à le faire, parce qu'on est un peu plus sensible que les autres, mais on réalise des choses formidables.
Je vais être encore très bas, très méchant, mais je ne me suis senti pas assez méchant jusqu'à maintenant. J'ai lu dans votre dossier que vous aviez un oncle qui avait été avocat, défenseur des deux des plus grands gangsters du milieu marseillais.
Un
cousin. Maître Sécaldy, oui. Ma
mère
Sécaldy, oui. Et est-ce que ce n'est pas un héritage un peu lourd ? Parce que quand on est l'avocat des gangsters, c'est qu'on fait partie du
milieu.
Vous aviez une
page dans
Le Monde l'autre jour. Ah bon. Où les gens ont dû apprendre plein de choses. Nous, le banditisme, vous savez, ça a toujours existé. Ce n'est pas... On a tout en magasin. On a des policiers, des gendarmes, des juges, des avocats, de temps en temps des pénitentiaires et des détenus. On a tout en magasin. Oui, oui, oui. Nous sommes un peuple
complexe. C'est des écoutés qui
peuvent rendre service quand même. Voilà, c'est ça. C'est tout ce que... La
page
du Monde l'autre jour était... Vous prenez
tout avec une telle, Bonomi ? C'est vrai que l'humour, c'est la politesse du désespoir. Heureusement qu'on a un peu d'humour.
Et
puis en même temps, l'humour, il est garant de la liberté. Alors moi, de temps en temps, bon, je n
'ose
pas le dire. On dit, il tuerait père et mère pour un bon mot. On respecte les autres avec le mot.
Et
un de vos meilleurs mots, c'était
sur Giscard et Mitterrand. Vous pouvez peut-être le rappeler.
Allez-y. Ce n
'est
pas
un des meilleurs, c'est le meilleur d
'après.
Ça
se passait aux obsèques de Mitterrand. J'avais été invité, puisque j'ai été nommé sous la cohabitation. Donc, tous les ministres nommés par Mitterrand étaient invités à Notre-Dame.
Alors,
je me trouvais à côté d'anciens ministres socialistes. Et puis, vous vous rappelez, c'était un mois de janvier. Il y avait de la brume dehors, autour de Notre-Dame.
Et
à l'intérieur, il y avait de l'encens.
Et
ça faisait encore de la fumée.
Alors,
on voyait les grandes carcasses qui dépassaient. Fidel Castro, El Moodkohl,
plus
grand. Puis d'un seul coup, on voit arriver Giscard,
un
peu en retard.
Et
je dis
à une
collègue,
elle
a dû me trahir, socialiste à côté,
c
'est bizarre.
Je
trouve qu'on fait un peu trop pour les obsèques de Mitterrand. On n
'en
avait pas fait autant pour celle de Giscard.
Il
m'a fait la gueule pendant deux ans.
Vous
êtes réconcilié
? J
'espère. Et là, maintenant, votre but, c'est d'enterrer Bayrou ? Mais non ! Tous les fleurs ! André Santini a bien répondu à nos questions. Vous pouvez vous installer à côté d'Alexandre Jardin, si vous voulez bien.
André Santini