Les 4 vérités - Benjamin Haddad
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:41OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est face à un nouveau tournant majeur dans cette crise?
- 1:26RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous craignez que cette pause annoncée par la Maison-Blanche dure et que ce soit la fin des livraisons d'armes américaines?
- 2:09RelanceRéponse partielle
C'est de la pensée magique. Vous avez lu "L'Opinion" ce matin... "L'Opinion" dit déjà que ce sera un flop. C'est la chronique d'un échec annoncé?
- 3:36RelanceRéponse partielle
La France n'est pas seule, mais la proposition d'E.Macron, c'est un grand emprunt de 200 milliards. Pour l'instant, il est seul à le porter.
- 5:49OuverteRéponse directe
Sur l'argent, vous avez assisté hier au débat sur l'Ukraine à l'Assemblée nationale. Quelqu'un de votre camp, le patron de Renaissance, G.Attal, dit qu'il faut saisir les avoirs russes. Or, E.Macron est contre. Est-ce qu'on n'a pas 200 milliards à prendre facilement?
- 7:54OuverteRéponse directe
On aura 25 %. Est-ce qu'on peut y échapper? Comment réagir? Est-ce qu'il faut faire la même chose, aller au-delà?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41B.HaddadFait
« Si on veut la paix, une décision de suspension des armes à l'Ukraine, est-ce que ça renforce la paix ou ça l'éloigne? Ca l'éloigne. »
- 1:26B.HaddadFait
« C'est un moment de responsabilité pour les Européens. Jeudi, à Bruxelles, nous avons un conseil historique, un conseil européen qui sera décisif, qui nous permettra d'annoncer des mesures financières pour renforcer notre défense européenne. »
- 2:09B.HaddadFait
« Les Européens devront prendre leurs responsabilités avec des garanties de sécurité. C'est notre sécurité qui est en jeu. »
- 2:52B.HaddadFait
« La France n'est pas seule. On voit la mobilisation. On l'a vu à Londres ces derniers jours. Pour prendre des décisions majeures de notre sécurité, augmenter nos budgets de défense nationaux... »
- 3:36B.HaddadFait
« Ce dont on a parlé avec les Britanniques, les Européens, c'est la possibilité d'une première trêve dans les airs, les mers et contre les infrastructures énergétiques, qui ouvrirait le dialogue. »
- 4:21B.HaddadFait
« Le sommet de jeudi sera une 1re étape. C'est un chantier générationnel. C'est sur les 5 ou 10 prochaines années qu'il va falloir monter en puissance en capacité. »
- 5:04B.HaddadChiffre
« On avait dit que les Européens allaient se diviser et l'économie allait s'effondrer. On a su s'unir, mettre un grand emprunt de 750 milliards d'euros pour relancer l'économie. »
- 5:49B.HaddadChiffre
« L'aide combinée des Européens, que ce soit économique, humanitaire ou militaire, est supérieure à celle des Etats-Unis. »
- 6:28B.HaddadFait
« Ce sont les actifs de la Banque centrale russe qui sont entreposés en Europe, qui ont été gelés au lendemain de la création de la Russie, le 24 février 2022. »
- 6:28B.HaddadChiffre
« On utilise déjà ces avoirs, les intérêts générés par ces avoirs, pour financer un prêt à l'Ukraine de 50 milliards d'euros. »
- 7:54B.HaddadChiffre
« On est le 1er partenaire commercial l'un de l'autre. C'est 500 milliards d'échanges économiques. »
Temps de parole
- ?100 %
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Cette baisse de l'image des Etats-Unis due à D.Trump, ce n'est pas bon pour les affaires des Américains. - L.Ekland: Merci, Axel. C'est l'heure des 4V. B.Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe, est votre invité, Julien. Bonjour, B.Haddad. Merci d'être avec nous. On suit l'actualité riche, tendue, cette nuit... - J.Arnaud: Information importante cette nuit, de Washington: la Maison-Blanche annonce une pause dans la livraison d'armes à l'Ukraine. Est-ce qu'on est face à un nouveau tournant majeur dans cette crise? - B.Haddad: Si on veut la paix, une décision de suspension des armes à l'Ukraine,
est-ce que ça renforce la paix ou ça l'éloigne? Ca l'éloigne. Ca ne ferait que renforcer la main de l'agresseur sur le terrain, qui est la Russie. Il y a un agresseur dans cette guerre: la Russie. L'Ukraine se défend courageusement depuis 3 ans et même depuis 2014. Il faut analyser le rapport de force. Fondamentalement, quand vous êtes dans la situation dans laquelle on est, si on veut mettre fin à cette guerre, il faut obtenir une paix durable avec des garanties et mettre la pression sur l'agresseur, qui est la Russie, et non pas sur l'Ukraine, comme on a l'air de le voir depuis quelques semaines. - J.Arnaud: Mais ce n'est pas ce qui se passe.
Les actes de D.Trump vont dans le sens opposé à ce que vous nous dites... Est-ce que vous craignez que cette pause annoncée par la Maison-Blanche dure et que ce soit la fin des livraisons d'armes américaines? - B.Haddad: C'est un moment de responsabilité pour les Européens. Jeudi, à Bruxelles, nous avons un conseil historique, un conseil européen qui sera décisif, qui nous permettra d'annoncer des mesures financières pour renforcer notre défense européenne. On a demandé à la présidente de la Commission de nous faire des propositions de fonds pour renforcer nos capacités de défense européenne et continuer à soutenir les Ukrainiens, pour les mettre dans le rapport de force le plus favorable possible, pour aborder la négociation et obtenir une paix durable.
Les Européens devront prendre leurs responsabilités avec des garanties de sécurité. C'est notre sécurité qui est en jeu. - J.Arnaud: C'est de la pensée magique. Vous avez lu "L'Opinion" ce matin... "L'Opinion" dit déjà que ce sera un flop. C'est la chronique d'un échec annoncé? - B.Haddad: Les Européens commencent à se mobiliser, largement sous l'impulsion de la France, du président de la République. On voit l'activisme diplomatique de la France qui a permis de mobiliser les Européens. C'est depuis 2007 qu'on voit les tendances à l'oeuvre dans la relation transatlantique, les Etats-Unis qui se détournent de l'Europe, que ce soit eux-mêmes ou leur rivalité avec la Chine...
C'est un moment pour les Européens de prendre en charge leur destin. Cela exige des décisions majeures. La France n'est pas seule. On voit la mobilisation. On l'a vu à Londres ces derniers jours. Pour prendre des décisions majeures de notre sécurité, augmenter nos budgets de défense nationaux... On a commencé à le faire en le doublant sous les 2 mandats d'E.Macron. L'aide combinée des Européens, que ce soit économique, humanitaire ou militaire, est supérieure à celle des Etats-Unis. C'est pour ça que les Européens ont leur mot à dire sur ce qui se passe en Ukraine. - J.Arnaud: La France n'est pas seule,
mais la proposition d'E.Macron, c'est un grand emprunt de 200 milliards. Pour l'instant, il est seul à le porter. Londres a démenti E.Macron hier sur un projet d'accord de cessez-le-feu... 2 heures plus tard, les Britanniques disent: "Non, pas du tout. Il n'y a pas d'accord avec Paris." - B.Haddad: Ce dont on a parlé avec les Britanniques, les Européens, c'est la possibilité d'une première trêve dans les airs, les mers et contre les infrastructures énergétiques, qui ouvrirait le dialogue. Cela mettrait la responsabilité sur la Russie.
Cela ouvrirait le dialogue sur un cessez-le-feu plus durable. Un arrêt des hostilités, un cessez-le-feu bâclé, ce n'est pas la paix. Sur les financements... Le sommet de jeudi sera une 1re étape. C'est un chantier générationnel. C'est sur les 5 ou 10 prochaines années qu'il va falloir monter en puissance en capacité, aller chercher des financements dans les financements européens de stabilité, ce qui reste encore du grand emprunt covid, et peut-être poser les jalons d'un emprunt commun sur la question
de la défense. On l'a fait pendant le covid. On avait dit que c'était impossible. C'était sous l'impulsion de la France et de l'Allemagne, à l'époque. A tous les tournants, les mêmes Cassandre nous ont dit que c'était impossible. Pendant le covid, on avait dit que les Européens allaient se diviser et l'économie allait s'effondrer. On a su s'unir, mettre un grand emprunt de 750 milliards d'euros pour relancer l'économie. Nous sommes à un autre moment existentiel de notre histoire face à la menace de la Russie. Fondamentalement, c'est aussi pour ça qu'il faut expliquer pourquoi on est face à un tournant qui fait qu'on va devoir réfléchir à nos modèles économiques,
à travailler plus, à investir plus dans la tech, la défense, pour dépendre moins des autres, notamment des Etats-Unis, et être capables de jouer des coudes. Je ne sous-estime pas le potentiel de puissance des Européens, mais ça va impliquer des décisions importantes. C'est pour ça qu'on doit avoir une discussion très franche sur les choix budgétaires, notamment le dossier de la défense. - J.Arnaud: Sur l'argent, vous avez assisté hier au débat sur l'Ukraine à l'Assemblée nationale. Quelqu'un de votre camp, le patron de Renaissance, G.Attal, dit qu'il faut saisir les avoirs russes. Or, E.Macron est contre. Est-ce qu'on n'a pas 200 milliards à prendre facilement?
- B.Haddad: Je voudrais expliquer ce que c'est. Ce sont les actifs de la Banque centrale russe qui sont entreposés en Europe, qui ont été gelés au lendemain de la création de la Russie, le 24 février 2022. On utilise déjà ces avoirs, les intérêts générés par ces avoirs, pour financer un prêt à l'Ukraine de 50 milliards d'euros. L'essentiel de ce prêt, au niveau des Européens, va financer l'effort militaire de l'Ukraine. Ca fait partie des leviers qu'on utilise pour aider l'Ukraine. Le reste de ces avoirs, c'est un levier. Ca pose des questions juridiques, de précédents économiques, de message envoyé aux autres investisseurs, mais ça fait partie du levier.
- J.Arnaud: Donc ce n'est pas écarté, pour l'instant. Vous dites que ça peut évoluer. - B.Haddad: Cela pose des questions juridiques. Cet argent est gelé, aujourd'hui. Ca fait partie des leviers dont on dispose dans un rapport de force avec la Russie. - J.Arnaud: C'est une évolution que vous nous donnez ce matin. - B.Haddad: On a toujours dit que ça faisait partie des leviers dont on dispose. E.Macron a raison de dire que ça pose des questions juridiques, mais la question des ressources que nous devons dégager, au niveau national et européen, pour renforcer les capacités à soutenir l'Ukraine, va se poser. - J.Arnaud: Autre dossier important: les droits de douane. Ce matin entrent en vigueur les droits de douane américains
sur le Canada, le Mexique. On est les prochains sur la liste. On aura 25 %. Est-ce qu'on peut y échapper? Comment réagir? Est-ce qu'il faut faire la même chose, aller au-delà? - B.Haddad: On est le 1er partenaire commercial l'un de l'autre. C'est 500 milliards d'échanges économiques. La meilleure façon de se faire respecter, d'éviter une guerre commerciale, c'est de montrer qu'on est capables de réagir. On réagira. On l'a déjà fait. Rappelez-vous lors du 1er mandat... - J.Arnaud: Est-ce qu'il faut faire plus de 25 %? "Tu nous mets 25 %, on t'en colle 50"?
- B.Haddad: Lors du 1er mandat de D.Trump, on avait eu le même débat sur l'acier et l'aluminium. C'était la Commission de J.-C.Juncker. Les Européens avaient défini un paquet de mesures de rétorsion contre ces mesures aux Etats-Unis. Cela avait permis de trouver un accord.
Benjamin Haddad