Budget de l’État, enfant maltraité… L’interview 4V de Prisca Thévenot
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 20 %Défensif 40 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Prisca ThévenotPromesse
« Nous proposons d'en finir avec ce débat sans fin, et de proposer une refonte globale du système, avec notamment une part de capitalisation »
- Prisca ThévenotPromesse
« en interdisant les réseaux sociaux jusqu'à 15 ans, et en mettant en place un couvre-feu numérique de 15 à 17 ans »
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Bonjour Prisca Thévenot et porte-parole de votre groupe Renaissance. A ce titre, je vais vous demander tout simplement, est-ce qu'on aura un budget avant la fin de l'année ? Il paraît que les députés et les sénateurs commencent à trouver le temps long, ils sont un peu comme les Français.
Alors il y a eu un vote positif pour le budget de la Sécurité sociale mardi. Est-ce qu'on peut avoir de l'espoir pour le projet de loi de finances, c'est-à-dire le budget de la France ? Écoutez, c'est ce qu'on souhaite et d'ailleurs c'est ce que mon président de groupe, Gabriel Attal, a rappelé dès le début de ces débats budgétaires.
Nous devons pouvoir avoir un budget pour notre pays et donc pour répondre aux enjeux des Français au 31 décembre de cette année. Mais vous entendez aussi les uns et les autres qui ne sont d'accord à peu près sur rien. Les socialistes qui ont obtenu des concessions sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale disent qu'aujourd'hui en l'État, ils ne voteraient pas la copie qui est en train de revenir du Sénat, je le rappelle, c'est un peu technique, mais qui prévoit plutôt un budget très rigoureux, ce que vous souhaitez vous aussi d'ailleurs.
Écoutez, j'entends effectivement d'un côté les socialistes donner énormément de listes de concessions que les autres devraient faire, sans quoi ils ne suivraient pas, et de l'autre côté j'entends une partie de la droite, Horizon, les Républicains, dire qu'il y aurait trop de lignes rouges qui seraient franchies. Moi ce que je dis simplement c'est que nous avons un Premier ministre et son gouvernement qui sont en train de bâtir un chemin de compromis. C'est courageux, c'est difficile, c'est complexe, mais nous devons nous inscrire dans cette runningue-là.
Ce n'est pas facile, mais nous devons y arriver. Pas pour nous, mais pour les Français qui le demandent, parce qu'aussi, il faut le dire très honnêtement, adopter un budget pour le pays à la fin de l'année permettra peut-être de sortir de cette crise politique dans laquelle nous sommes enfermés depuis un an, et qui nous empêche d'adresser plein d'autres sujets qui sont nécessaires et essentiels. Je vais juste vous citer un de vos collègues députés, Jean-René Cazeneuve, qui est de votre groupe, et qui a dit que la réalité c'est que sur le budget de la Sécu, on a eu un très gros déficit de rares économies et un peu de fiscalité supplémentaire, ça veut dire que vous n'allez pas faire la même chose, et en quelque sorte ouvrir les caisses, c'est certain qu'il le dit chez vous, pour le budget tout court, pour le projet de loi de finances.
Ce que dit Jean-René Cazeneuve, qui était d'ailleurs le rapporteur général du budget, est tout à fait juste, et je le plussois dans ce qu'il dit. Oui, il y a aussi un enjeu à ne pas sombrer dans la folie fiscale et dépensière sur laquelle la gauche veut nous emmener. Et donc c'est tout notre enjeu, mais cet enjeu-là, il se débat là précisément, au sein de l'hémicycle, au sein de l'Assemblée.
Vous ne cèderez pas, comme vous avez par exemple cédé, sur la suspension de la réforme des retraites pour le budget de la Sécu ? Non, non, non, attendez, je vais le dire assez simplement sur le sujet de la réforme des retraites, on peut y revenir en long, en large, en travers, tous les jours si vous voulez. Quand vous additionnez les voix du Rassemblement national et de la gauche, on peut faire tout ce qu'on veut, la suspension passe.
L'enjeu c'est quoi ? Est-ce qu'on continue à tourner en rond sur un débat sans fin, ou on propose une autre solution ? C'est ce que nous avons fait avec Gabriel.
Nous proposons d'en finir avec ce débat sans fin, et de proposer une refonte globale du système, avec notamment une part de capitalisation, et en faisant sauter le totem de l'âge. Et c'est ça qui est important aujourd'hui, c'est qu'il faut sortir de cette crise politique dans laquelle nous sommes enfermés depuis la dissolution. Pas simplement en balançant des totems et des tabous et des lignes rouges à longueur de journée, mais en allant au-devant des défis qui sont les nôtres.
Alors vous parlez de crise, il y en a quand même une dans ce qu'on appelle, de façon peut-être un peu trop résumée, le bloc central, c'est-à-dire ceux qui défendaient l'action du président de la République jusqu'à présent, et vous en faites partie. Et dans ce bloc, il y a un homme, Edouard Philippe, qui s'est en quelque sorte émancipé, puisque lui, il avait demandé à ses troupes de ne pas voter le budget, finalement de la sécurité sociale, je le précise, finalement beaucoup se sont abstenus. Est-ce qu'il fait encore partie de la famille, Edouard Philippe ?
Parce qu'on rappelle qu'il est candidat à la présidence de la République pour 2027, et il ne s'en cache pas, lui. Oui, chaque chose en son temps. Déjà, avant de penser à 2027, nous avons un budget à donner aux Français en 2026.
Et c'est ça qui nous occupe, nous, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale. C'est la partie de la famille, c'est ma question. Mais écoutez, ça a été un très grand Premier ministre du quinquennat, du premier quinquennat du président de la République.
Il n'est pas question, aujourd'hui, d'oublier ça et de faire table rase. Maintenant, ce qui est important, c'est de voir ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale. Et force est de constater, c'est que les députés de sa famille politique, Horizon, ont permis aussi d'aller vers l'adoption de ce projet de loi de financement de la sécurité sociale.
On reste à l'Assemblée nationale, avec une proposition de loi socialiste, pour le coup, qui a fait l'unanimité, c'est celle votée hier à l'initiative de la députée Haïda Addisadé, qui garantit désormais la présence d'un avocat avec les enfants placés, avec les enfants qui sont dans les services sociaux. Pourquoi c'est important ? Car on a tous vu cette semaine cette affaire, cette révélation d'une vidéo d'un jeune garçon de 8 ans qui a été tondu par des éducateurs, qui a scandalisé.
Est-ce que la présence d'un avocat pourrait éviter ce genre de choses ? Oui, c'est quelque chose qui est énormément demandé, notamment par les enfants qui sont aujourd'hui devenus des adultes, qui étaient à l'aide sociale à l'enfance. Mais permettez-moi déjà, vous le savez, je fais partie du groupe Ensemble pour la République, Haïda Addisadé, qui a porté cette loi, ne fait pas partie de ma famille politique, et pourtant, permettez-moi de saluer son travail.
Un travail qu'elle a permis de faire de façon transpartisane, et d'ailleurs qu'elle a rappelé, et qui a permis...
Mais il faut protéger les enfants, c'est le but...
Et qui permet justement de sortir d'un tabou. Oui, nous avons un problème aujourd'hui avec les enfants placés, qui ne sont pas systématiquement protégés. Il ne s'agit pas d'une responsabilité individuelle de quelques-uns, mais d'une responsabilité collective que nous devons avoir.
Ces enfants ne sont pas les enfants de personnes. Pour reprendre le livre d'un enfant qui était concerné, Liev Louvstock, il faut absolument pouvoir les accompagner dès le début, et notamment d'un point de vue judiciaire, en leur permettant d'être assistés par un conseil juridique. Est-ce qu'il n'y a pas aussi un problème de formation, des encadrants, des personnes qui s'occupent, un manque de personnel ?
Quand on a subi les drames, quand on a subi, et il y en a un qui s'est passé cette semaine, qui a été révélé cette semaine, pardon, mais il y en a d'autres aussi, il y en a d'autres aussi malheureusement, qui se sont rappelés à nous un certain nombre, et certains très dramatiques, nous devons regarder le système de l'aide sociale à l'enfance dans sa globalité, sans totem ni tabou. Alors on parle des enfants placés, là on va parler des enfants tout court, parce que, et des jeunes adolescents, parce que le président de la République, Emmanuel Macron, a promis, avant la fin de son mandat, d'interdire, dit-il, les réseaux sociaux aux plus jeunes, sans préciser d'ailleurs la limite d'âge, et vous, Madame Thévenot, avec votre groupe, vous en voulez plus particulièrement, à une plateforme en particulier, c'est TikTok, que vous voulez interdire, pourquoi celle-ci, et comment allez-vous le faire ? Alors TikTok, comme les réseaux sociaux dans leur globalité, et je vais rejoindre le président de la République, oui, il faut agir, et je n'ai même envie d'aller plus loin que lui, pas simplement d'ici la fin de son mandat, mais nous on le propose de le faire dès le 19 janvier, parce que, effectivement, Gabriel Attal, dès le début de cette année, a expliqué qu'il y avait un enjeu éducatif et sanitaire sur les réseaux sociaux.
Eh bien, tout simplement, je vais vous le dire, en interdisant les réseaux sociaux jusqu'à 15 ans, et en mettant en place un couvre-feu numérique de 15 à 17 ans. C'est très concret, c'est très pratique, et ça sera une loi déposée par ma collègue Laure Miller, le 19 janvier prochain. Mais est-ce que ce n'est pas, premièrement, une forme de censure, et puis surtout, comment vous pouvez éviter, on sait bien qu'il y a plein de moyens, de détourner ce genre d'interdiction, en passant par ces techniques, mais par des VPN, par des serveurs étrangers ?
Qu'est-ce qui vous garantit qu'une telle mesure très coercitive serait efficace ? Alors non, ce n'est pas impossible. Maintenant, il faut aussi responsabiliser les plateformes, et regardez, nous ne sommes pas le premier pays à aller sur ce chemin.
L'Australie, la FACE a été annoncée cette semaine, nous devons y aller. C'est trop facile de dire, ça sera compliqué, on ne peut pas le faire, etc. Allons-y franchement, et n'attendons pas, c'est un enjeu majeur, un enjeu éducatif et sanitaire.
Prisca Thévenot, députée Ensemble pour la République, porte-parole du groupe Renaissance, merci beaucoup. Merci à vous. Et c'est la suite de Télémata.
Merci.
Prisca Thevenot