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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 avril 2022 26 min

Préparation du débat, gouvernement potentiel de Marine Le Pen... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Invité

La suite des matins présidentiels de France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Myriam Ancawa.

0:09
Laurent Jacobelli

Bonjour Hercine, bonjour à tous.

0:10
Invité

Notre invitée ce matin est le porte-parole de Marine Le Pen et conseillère régionale du RN dans le Grand Est. Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Avant de discuter avec vous, on va commencer par une petite précision, une séquence vraie du faux, si l'on peut dire, à votre demande et à juste titre. Après l'interview de Claire Dujardin qui préside le syndicat des avocats de France, elle était avec nous tout à l'heure, elle manifestera contre l'extrême droite et à la suite de ses propos, je précise que Marine Le Pen ne demande pas la sortie de la France de la Convention Européenne des Droits de l'Homme et que Marine Le Pen ne se prononce pas pour la fin du droit à l'avortement. Voilà. Merci.

Ceci étant dit, parlons du grand rendez-vous qui vous attend, ce débat de l'entre-deux-tours, mercredi. Et comment Marine Le Pen va-t-elle se préparer pour éviter l'échec, voire la catastrophe, disaient certains, d'il y a cinq ans ?

1:01
Locuteur non identifié

C'est un moment fondamental dans la vie de notre démocratie. Vous savez que tous les cinq ans, c'est projet contre projet, c'est vision de la France contre vision de la France. Et là, nous aurons un débat entre les mondialistes, fédéralistes européens représentés par Emmanuel Macron et ceux qui veulent rendre aux Français leur pays, leur argent et leur démocratie derrière Marine Le Pen. Marine Le Pen s'y prépare, elle y travaille depuis cinq ans, pour être très honnête. Sur le fond, bien évidemment.

1:25
Laurent Jacobelli

Elle a revu le débat d'Iviation, qui a quand même été assez catastrophique.

1:29
Locuteur non identifié

Vous savez, Marine Le Pen, dès 2017, elle a tiré toutes les conclusions de ce débat et de l'élection, en reformatant le parti qui la soutenait, qui est devenu le Rassemblement National après le Front National, en revoyant la constitution de ses équipes et en remettant en cause elle-même sa méthode de travail pour être plus performante, plus efficace.

1:49
Invité

Alors là, elle s'isole un peu, c'est ça ?

1:51
Locuteur non identifié

Oui, oui, elle reste quelques jours un peu en dehors des caméras pour travailler, parce qu'elle a conscience de l'importance de ce moment, qui est probablement le point culminant de cette campagne, parce que le Président de la République, vous le savez, a longtemps fui le débat. Il est entré maintenant dans la campagne, mais avec beaucoup d'excès, beaucoup de brutalité, beaucoup de caricatures. Et donc, il faut que pendant les deux heures du débat, ce soit vraiment du projet, de l'explication, parce que ce sont les cinq années, les dix années, les quinze années, les trente années qui viennent, qui sont en jeu, et les Français verront que Marine Le Pen est prête.

2:22
Laurent Jacobelli

Vous êtes le négociateur côté Rassemblement National avec les chaînes de télévision ? Pardon ? Le réalisateur conseil. C'est vous le négociateur, le réalisateur conseil ? Est-ce que vous avez des exigences particulières ?

2:31
Locuteur non identifié

Non, il n'y a pas d'exigence, on tient simplement à l'équité de traitement, et sans trahir de conseil, je peux vous dire que les relations avec les chaînes de télévision pour l'organisation sont extrêmement fluides, extrêmement simples.

2:41
Laurent Jacobelli

Alors, il va être déterminant ce débat d'entre deux tours, parce qu'on se rend bien compte qu'entre les deux tours, c'est compliqué pour Marine Le Pen, le front républicain manifestement n'est pas mort, il va falloir énormément rassurer depuis qu'elle s'est qualifiée la quasi-totalité des partis politiques et contre elle des syndicats, du patronat, des artistes, des sportifs, des représentants, des cultes, des anciens présidents de la République, le tout, sauf Le Pen, est encore très puissant dans le pays. Est-ce que vous l'aviez sous-estimé ?

3:08
Locuteur non identifié

Non, je ne crois pas, je pense qu'on s'y attendait. Vous savez, quand un système est au bord de l'agonie, il se révulse, il essaye de donner ses dernières forces, alors ça donne de la brutalité, de la paranoïa, il y a un déchaînement de haine, pratiquement antidémocratique d'ailleurs, contre Marine Le Pen, c'est un déferlement de fake news venu de certains ministres, venu même parfois du président de la République, c'est choquant, c'est profondément choquant.

3:32
Invité

Quelle fake news propage le président de la République ?

3:35
Locuteur non identifié

J'entends qui dit que certaines de nos mesures seraient anticonstitutionnelles, infinançables, tout cela est faux et peut-être que nous y reviendrons. Mais vous savez, je pense qu'il y a un écart profond entre cette révolte des plateaux de télévision et de quelques journaux qui sont tout sauf Le Pen, on va le dire, et ce que l'on peut voir dans la réalité de la population.

3:55
Laurent Jacobelli

Les syndicats, les corps intermédiaires, les petites entreprises, ce n'est pas le haut.

4:00
Locuteur non identifié

Mais ils ont la mémoire courte, ces syndicats qui depuis 5 ans ont été méprisés, qui depuis 5 ans n'ont pas été reçus, pas écoutés. Moi je vais vous dire, je lis ces tribunes, je vois ces mouvements, il y a un seul moment où les gens peuvent s'exprimer de manière efficace, c'est en mettant un bulletin dans l'urne. Et je dis à ceux qui nous écoutent, ne croyez pas à ces intoxications. Au contraire, voyez-y un signe positif. Si le système en est prêt à certaines extrémités, comme aujourd'hui, c'est parce qu'ils ont peur. Parlons-en. Les sportifs. Mais parlons-en.

Il y a dans ce pays, on le voit bien d'ailleurs dans les études de l'Institut des politiques publiques, certains qui ont profité de la politique d'Emmanuel Macron. Oui, les 5% les plus riches de la population ont vu leur pouvoir d'achat augmenter. Par contre, les 5% les plus pauvres l'ont vu diminuer. Alors oui, les nantis, ceux qui ont profité du système, remercie la main qui les a nourris, ces sportifs, qui pour certains sont des exilés fiscaux, qui ont vu l'impôt sur les grandes fortunes enlevés, disent merci Emmanuel Macron.

4:58
Invité

On ne parle pas des stars du football.

4:59
Locuteur non identifié

Oui, mais on peut parler aussi des stars de la télévision, on peut parler des stars de cinéma. Oui, il y a des gens qui vivent bien dans ce pays. Pour eux, Emmanuel Macron est probablement un bon président. Mais pour tous les autres Français, Emmanuel Macron est un méprisant, quelqu'un qui les a laissés de côté. Nous, nous voulons, avec Marine Le Pen, représenter tous les Français.

5:19
Laurent Jacobelli

Alors, on va parler du fond de votre programme. Vous avez commencé à aborder le sujet. La question de l'état de droit est au cœur de plusieurs de vos propositions. Il y a des questions qui se posent sur sa conception. Marine Le Pen veut réviser la Constitution en consultant le peuple par référendum sur la priorité nationale, qui est la clé de voûte de votre programme. Écoutez ce qu'en pense le président candidat.

5:41
Auditeur

Quand Mme Le Pen dit « Moi, je changerai notre Constitution sans en respecter les règles », c'est-à-dire en disant au fond « Je ne vais pas avoir référendum même si la Constitution me l'interdit ». Folie. Pourquoi folie ? Parce que quand on a une Constitution, on en respecte les règles. Sinon, ça veut dire qu'on peut, sous prétexte d'être élu par le peuple, ne plus s'inscrire dans des textes qui nous dépassent. C'est dangereux ? Bien sûr, parce que c'est ce qui peut nous conduire ensuite à changer les choses à sa main et à manipuler.

6:09
Laurent Jacobelli

Manipuler, changer les choses à sa main, on parle quand même de la norme suprême, de la Constitution. Est-ce qu'il y a le risque d'une dérive autoritaire de Marine Le Pen, si au fond, en essayant de, par référendum, inscrire la priorité nationale dans la Constitution, elle se passe au fond de l'accord du Parlement préalable nécessaire, et donc c'est illégal ?

6:32
Locuteur non identifié

D'abord, sur la dérive autoritaire, je vais vous rassurer, je pense que personne n'en doute, mais je vais quand même le dire, parce qu'il vaut mieux être précis. Non, Marine Le Pen n'enverra jamais les policiers envoyer faire des tirs de LBD sur des opposants. Marine Le Pen n'enfermera jamais les gens chez eux. Marine Le Pen ne forcera pas à avoir un pass pour se déplacer librement. On ne change pas la Constitution par un référendum direct. Mais elles ne sont pas du côté de Marine Le Pen. Je sais que le président de la République, Emmanuel Macron, a dit qu'il n'y avait pas d'histoire de France.

Mais quand même, s'il prend un livre d'histoire, il verra qu'il y a eu un grand dirigeant dans ce pays, qui s'appelait le général de Gaulle, et qui en 1962 a proposé l'élection du président de la République au suffrage universel en modifiant la Constitution par référendum selon l'article 11. Et vous voulez vous attaquer à cette Constitution ? Et ce n'est pas s'attaquer, monsieur. C'est la modifier, la corriger en fonction de la volonté des Français. Marine Le Pen, pour la première fois depuis 40 ans, va dire aux Français est-ce que la politique migratoire actuelle, vous dites stop ou encore le droit du sol, le fait de donner des allocations sociales aux étrangers.

C'est un point de droit compliqué.

7:31
Laurent Jacobelli

C'est vrai qu'en 1962, le général de Gaulle l'a fait. Alors ne nous trouvons pas dans la caricature. La Constitution avait trois ans d'âge. Le Conseil constitutionnel était un peu à ses balbutiements. Et tous les constitutionnalistes vous le disent. Il y a des jurisprudences aujourd'hui. Ce serait une forme de coup d'État constitutionnel. C'est faux.

7:44
Locuteur non identifié

Mais arrêtez de répéter, excusez-moi de vous le dire, mais des éléments de langage qui sont ceux de la nature. Alors ça veut dire qu'elle demandera l'accord au Parlement préalable pour éviter la Constitution. Je vous le dis, c'est l'article 11. Le Sénat est de droite, il s'y opposera. Excusez-moi, c'est un sujet important, laissez-moi aller au bout de mon raisonnement. C'est l'article 11, celui qui a utilisé le fondateur de la Constitution, le général de Gaulle lui-même en 1962. Qu'on m'explique que le général de Gaulle n'était pas un démocrate. Qu'on m'explique que le général de Gaulle a violé lui-même sa propre Constitution. C'est absolument absurde.

Moi, je ne comprends pas pourquoi le président de la République a un tel point peur du peuple. Le référendum, c'est l'appel au peuple pour décider. Est-ce que vous diriez que la Suisse est une dictature ? Non. Pourtant, c'est le pays de la votation, comme le savent vos auditeurs. Il faut raison garder. Le peuple a du bon sens. Le peuple a le droit de décider pour lui-même. Je trouve que le peuple... La votation, c'est une consultation. Ça n'a pas un pouvoir d'exécution. Le peuple est plus légitime à décider de son destin que le cabinet McKinsey.

8:36
Invité

On fait une pause dans cette interview et on se retrouve juste après le fil info puisqu'il est 9h moins 20. Voici Diane Ferschit.

8:42
Présentateur

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, entre 2 500 et 3 000 soldats ukrainiens sont morts depuis le début de la guerre menée par la Russie. 10 000 autres blessés. Volodymyr Zelensky qui réclame à nouveau des armes aux occidentaux en grande quantité et plus vite, dit-il, pour que la guerre soit plus courte. Berlin promet plus d'un milliard d'euros d'aides militaires à l'Ukraine alors que sur place, les Russes ont recommencé à frapper la région de Kiev. Les autorités attendent jusqu'à 15 000 manifestants partout en France. Plusieurs mobilisations contre l'extrême droite sont organisées ce samedi.

Des cortèges à l'appel de plusieurs dizaines d'organisations et de syndicats dont SOS Racisme ou encore la CGT. Un rassemblement anti-Macron aussi aujourd'hui à Paris. Cette fois l'appel de Florian Philippot et de son mouvement Les Patriotes Emmanuel Macron qui sera en meeting cet après-midi à Marseille. Au procès des attentats du 13 novembre, le dernier interrogatoire de Salah Abdeslam s'est achevé sur ses larmes et ses excuses.

Le seul membre encore vivant des commandos de Paris et de Saint-Denis a demandé pardon aux victimes et il maintient sa dernière version affirmant qu'il a renoncé à se faire exploser dans un bar du 18e arrondissement de Paris en voyant des jeunes gens en train de s'amuser. 144 coureuses sur la ligne de départ du Paris-Roubaix-Femmes. Ce samedi, départ à midi 25 de Denain. C'est la deuxième fois seulement de l'histoire que se tient cette course aux féminins. France Info, l'info juste.

10:04
Invité

La suite des matins présidentiels de France Info, on est avec le porte-parole de Marine Le Pen, Laurent Jacobelli. Vous ne voulez plus que la France sorte de l'Union Européenne ? Non, clairement non. Et pourtant votre programme semble y conduire tout droit. Alors dites-moi, expliquez-moi ce paradoxe. Diminution de la participation de la France au budget de l'Union, priorité du droit national, sur le droit européen. Donc c'est contraire en fait aux engagements de la France en Europe.

10:30
Locuteur non identifié

Non, non, non. Certains pays de l'Union Européenne le font déjà. Et ça se passe très bien, même si parfois certains commissaires européens.

10:38
Laurent Jacobelli

La Hongrie d'Orban.

10:39
Locuteur non identifié

Oui, d'ailleurs on parlait de démocratie tout à l'heure. La Pologne des frères Kachin. On parlait de démocratie tout à l'heure. L'Union Européenne a parfois un petit souci avec ça.

10:45
Invité

Être sanctionné, ce n'est pas un problème ?

10:46
Locuteur non identifié

Ben si, c'est un problème. C'est-à-dire que les pays, les peuples ont le droit de décider pour eux-mêmes. Mais je crois que la vision que ont aujourd'hui un certain nombre de pays et le président Emmanuel Macron de l'Union Européenne est une vision faussée. Et à l'origine de la construction européenne, c'était de dire, eh bien les nations vont travailler ensemble vers plus de progrès pour des projets communs lorsque chacun n'est pas assez fort pour avancer. Aujourd'hui on a inversé les choses. C'est-à-dire que l'Union Européenne impose aux États ce qu'elle veut. Elle impose des politiques budgétaires, elle impose des politiques migratoires, elle impose des politiques sociales.

Mais enfin les accords sont qu'ils sont, bien sûr. Si vous en sortez, vous sortez de l'Union. Et au sein, on ne veut pas en sortir. Parce qu'il y a une dérive des accords. Rien dans nos accords ne dit que nous transmettons notre souveraineté à l'Union Européenne.

11:27
Laurent Jacobelli

Si la Constitution, les traités internationaux sont supérieurs aux lois nationales.

11:32
Locuteur non identifié

Rien dans nos accords, je vais quand même essayer de terminer une phrase avant la fin de l'Union Européenne. Article 55 de la Constitution. Rien dans nos accords ne dit qu'un commissaire européen que personne n'a élu a plus de pouvoir qu'un député français. Donc nous allons remettre les choses à leur place. Nous allons travailler avec nos partenaires, évidemment. Alors les partenaires c'est qui les alliés ? C'est qui c'est la Hongrie ? Avec les 27.

11:50
Laurent Jacobelli

C'est pas l'Allemagne, c'est pas l'Espagne, c'est pas l'Italie. Ils ne veulent pas, eux, justement, que les lois nationales soient supérieures aux traités européens.

11:56
Locuteur non identifié

Mais nous allons travailler ensemble. Le rôle de Marine Le Pen en tant que présidente de la République, c'est de faire respecter la volonté des Français. La volonté des Français, elle est claire. Mais en Europe, la volonté des Français, elle est claire. Moins d'immigration. Plus d'attention sociale. Plus de liberté individuelle. Plus de sécurité.

12:16
Invité

Moins d'immigration, ça arrive très très loin dans les préoccupations des Français.

12:18
Locuteur non identifié

Donc, Marine Le Pen défendra ses points de vue avec ses partenaires. La première visite de Marine Le Pen en tant que présidente de la République sera à Bruxelles pour justement négocier ses aménagements avec ses partenaires. Rassurez-vous parce que je vous sens inquiet. Tout se fera dans le cadre des traités. Tout se fera dans le cadre d'une démocratie apaisée. Mais il y aura une vraie détermination chez Marine Le Pen de respecter la volonté des Français. Emmanuel Macron va chercher ses ordres à Bruxelles et à Berlin. Marine Le Pen ira défendre les revendications des Français à Bruxelles. C'est une différence majeure.

12:53
Laurent Jacobelli

Marine Le Pen a également plaidé le 13 avril en conférence de presse pour un rapprochement stratégique entre l'OTAN et la Russie. Dès que la guerre en Ukraine sera finie, sera finie. Est-ce que vous considérez que c'est raisonnable de parler d'un rapprochement maintenant, en pleine guerre, alors que les atrocités suscitent l'indignation et la condamnation unanime des nations ?

13:18
Locuteur non identifié

Unanime, et y compris celle de Marine Le Pen. Nous sommes tous troublés, choqués, révoltés quand on voit ces bombardements. Mais pourquoi vous le faites maintenant ? Quand on voit ces enfants victimes. Il aurait été facile de le dire plus tard. Excusez-moi, j'essaye d'exprimer une idée qui est importante sur un sujet important. J'aimerais pouvoir le faire simplement et librement. Évidemment, ça compte. Évidemment, nous avons condamné. Évidemment, nous avons fait des propositions vers un chemin vers la paix. Parce qu'il faut sortir de cette crise. Et oui, il y a un agresseur qui s'appelle la Russie. Oui, il y a un peuple agressé qui s'appelle le peuple ukrainien. C'est clair.

Mais Marine Le Pen, elle ne se place pas comme un commentateur de l'instant. Elle veut être présidente de la République. C'est-à-dire définir une stratégie à long terme pour la France. Et elle dit, et elle a raison, que le monde binaire, c'est fini. Les Etats-Unis contre l'Union soviétique, c'est fini. Que d'avoir le bien contre le mal, c'est fini. Aujourd'hui, la France, elle doit parler avec tout le monde. Et pour garantir la paix de l'Europe, pour garantir l'essor heureux de la France, il faut demain discuter avec les Etats-Unis, mais aussi discuter avec la Russie. Ce n'est pas que discuter, c'est conclure des alliés. Oui, en faire un allié.

Parce que la Russie, aujourd'hui, est sur un point de crête. Elle peut basculer du côté de la Chine, par exemple, demain. Et si vous aviez une alliance sino-russe demain, ça veut dire que l'essentiel des matières premières, des usines de fabrication, des pouvoirs militaires, seront dans ce camp sino-russe. Et là, c'est un danger pour l'Europe et les Etats-Unis. Alors soyons raisonnables, soyons visionnaires. Oui, le président Macron a une vision pour l'heure qui vient de la France. Marine Le Pen a une vision à long terme. C'est probablement la différence entre deux. Et puis, honnêtement, vous savez comment ce nouveau mot qui existe en Ukraine, Macroner.

Macroner, c'est dire je vais régler un problème et ne rien faire. Bon, eh bien, je pense que les postures, ça suffit. Il faut maintenant réfléchir à l'avenir. C'est une posture de chef d'État qu'a pris Marine Le Pen.

15:05
Invité

Un mot sur le charnier de Boucha. Vous parlez des horreurs de cette guerre.

15:10
Locuteur non identifié

C'est un crime de guerre commis par la Russie ? Moi, je dirais oui. Et il faut que les instances internationales se prononcent. Quand je le dis, c'est à titre personnel. Je n'ai aucune qualification pour le faire. Je ne connais pas les...

15:20
Invité

Marine Le Pen le pense aussi.

15:21
Locuteur non identifié

...et les aboutissants. Mais c'est révoltant, c'est honteux. Elle a demandé une enquête, évidemment, pour qu'on puisse qualifier ce qui semble effectivement être un crime.

15:29
Laurent Jacobelli

Vous souhaitez que Vladimir Poutine soit jugé devant la Cour pénale internationale ?

15:34
Locuteur non identifié

Une fois encore, nous souhaitons que les organismes internationaux, l'ONU, la Cour pénale internationale, jouent pleinement son rôle. Donc oui, vous le souhaitez. Les juges, ce n'est pas nous. Vous l'imaginez bien. Donc il faut, s'il y a des éléments probants, que la machine judiciaire internationale se mette en place.

15:52
Laurent Jacobelli

La France va opérer un rapprochement stratégique avec lui.

15:55
Locuteur non identifié

Avec la Russie, pas avec Vladimir Poutine.

15:56
Laurent Jacobelli

Donc il faudrait que ce soit après Poutine.

15:58
Locuteur non identifié

Mais ça dépend de ce qui sera jugé. Une fois encore, ne mettons pas la charrue avant les bœufs, il y a un constat que nous venons de faire tous ensemble. Il y a des organismes internationaux qui, je l'espère, feront leur travail. Et une fois que ce travail sera fait, nous prendrons les décisions pour voir ce qui est le plus à même de préserver l'intérêt de la paix, l'intérêt de la France. C'est quand même très clair.

16:20
Invité

Mais en attendant, on discute, voire on s'allie.

16:22
Locuteur non identifié

En attendant, le président Emmanuel Macron prend son téléphone au moins une fois par semaine pour discuter avec Vladimir Poutine. Le président Macron a reçu Vladimir Poutine à Brégançon. Ils ont partagé les joies du soleil et de la piscine. Et ils se sont offerts des fleurs parce que c'est la relation de chef d'État à chef d'État. Ne faites pas semblant de le découvrir.

16:39
Invité

Non, mais une fois qu'il s'est passé une chose comme ça, ça change un peu en général. Probablement.

16:42
Locuteur non identifié

Et d'ailleurs, il continue de négocier avec Vladimir Poutine. Ça ne vous aura pas échappé.

16:45
Invité

Il garde le dialogue, effectivement. Et c'est normal. C'est ce qu'il dit, comme un principe. Laurent Jacobelli, invité du 830 France Info ce matin. On se reparle juste après le fil info avec Diane Ferschit, 9h10.

16:54
Présentateur

A Marseille, premier meeting d'entre deux tours aujourd'hui pour Emmanuel Macron, le président candidat qui veut montrer sa capacité à rassembler. La candidate rassemblement national était-elle hier à Pertuis, dans le Vaucluse. Marine Le Pen qui défend un projet pas du tout radical selon elle. Et plusieurs rassemblements sont organisés ce samedi contre l'extrême droite et la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Des frappes russes dans la région de Kiev. Réaction de la Russie après la perte de son vaisseau amiral. Le Moskva en mer Noire. Les Ukrainiens disent l'avoir touché avec leur missile. Volodymyr Zelensky demande davantage d'armes aux occidentaux.

Il affirme que depuis le début du conflit, entre 2500 et 3000 soldats ukrainiens ont été tués. Plus de 150 Palestiniens blessés dans des affrontements sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem avec des policiers israéliens. Première heure depuis le début du Ramadan, sur fond de crainte d'un embrasement dans les territoires palestiniens. Les Etats-Unis appellent à la retenue. La 32e journée de Ligue 1 de football est la belle opération de Monaco. Vainqueur 3 à 2 face à Rennes. Monaco est ce matin 4e au classement provisoire de Ligue 1.

18:02
Laurent Jacobelli

France Info.

18:03
Invité

Le porte-parole de Marine Le Pen, Laurent Jacobelli est l'invité des matins présidentiels de France Info. Myriam Ancawa.

18:09
Laurent Jacobelli

Oui, le grand axe de la campagne de Marine Le Pen, c'est le pouvoir d'achat. Avec la baisse de la TVA à 5,5% sur toutes les énergies, gaz, électricité, carburant. Et puis, une TVA à zéro sur un panier de produits de première nécessité. Est-ce que vous êtes sûr qu'en baissant la TVA, les prix vont baisser ?

18:25
Locuteur non identifié

Oui, bien sûr, mathématiquement. Peut-être pas de 100%, d'ailleurs. Peut-être pas de l'intégralité de la baisse de la TVA. Parce que certains en profiteront pour rééquilibrer leur marge, peut-être. Il y a un petit risque là-dessus. Mais l'essentiel de la baisse, et nous y serons très vigilants, profitera aux Français. Je le disais tout à l'heure, les Français de la classe moyenne, ou les Français modestes, ont souffert beaucoup sur leur pouvoir d'achat. Eh bien, cette baisse temporaire de la TVA sur les 100 produits de consommation...

18:51
Laurent Jacobelli

C'est compliqué le temporaire sur la TVA après, de remonter la TVA.

18:53
Locuteur non identifié

Non, non, non, rassurez-vous, les règles européennes se sont assouplies en décembre 2021. Et donc, nous utiliserons ce nouveau cadre. Il faut le faire, il y a une urgence. Il y a aujourd'hui des Français qui, à partir du 10 du mois, ne mangent plus à leur faim. Certains qui ne se chauffent plus. Beaucoup de Français qui sont obligés de prendre la voiture pour aller travailler, parce qu'ils doivent faire 40 km, et parce qu'il n'y a pas de train, pas de car, souffrent aujourd'hui. Il se pose même la question de savoir si ça vaut le coup d'aller travailler. Je pense qu'on doit leur tendre la main et leur dire, nous allons vous aider. C'est le rôle de la France.

Et puis, surtout, ça maintiendra un certain niveau de consommation. Est-ce que vous perdrez d'un côté ? Vous le gagnerez de l'autre. Donc, là aussi, c'est une mesure de bon sens.

19:31
Laurent Jacobelli

Mais vous reconnaissez, il y a un peu d'incertitude. Beaucoup d'économistes estiment qu'après ce qui s'est passé avec la baisse de la TVA dans la restauration, les consommateurs n'ont pas vu la répercussion sur les prix.

19:41
Locuteur non identifié

Non, écoute, ce n'est pas comparable. D'abord, la restauration passait de 20% à 5,5%. Mais surtout, la restauration n'est pas un bien de première nécessité. C'est important, d'ailleurs, dans la vie, d'avoir un peu de loisirs et de se détendre un peu. Beaucoup de Français ont renoncé déjà au cinéma et au restaurant.

19:55
Laurent Jacobelli

Sur les biens de première nécessité, c'est déjà 5,5%.

19:57
Locuteur non identifié

Le produit de nécessité, c'est 5,5%. Mais nous, on estime que l'énergie, c'est première nécessité. Vous savez, je suis très choqué de quelque chose qui vient d'être annoncé par vos confrères du New York Times. C'est-à-dire que l'Union européenne s'apprête à faire un embargo sur le pétrole et le gaz russe. Mais ils attendent, et ils l'ont dit sciemment, la fin de l'élection pour que ça ne nuise pas à Emmanuel Macron à cause d'une augmentation du prix de l'essence ou du prix du gaz. Eh bien, c'est honteux, cette manipulation de la guerre ukrainienne pour jouer sur les élections françaises.

20:24
Laurent Jacobelli

Qui manipule, à votre avis ?

20:25
Locuteur non identifié

L'Union européenne, pour aider son poulain, Emmanuel Macron, qui n'est pas le candidat des Français, mais le candidat de Bruxelles. Et donc, il faut, nous, Marine Le Pen, c'est ce qu'elle veut, rendre leur argent aux Français. Elle veut qu'en France, quand on travaille, ça paye. Elle veut qu'en France, quand on se lève tôt, qu'on emmène ses enfants à l'école, qu'on prend soin de ses anciens et qu'on va travailler, on puisse vivre dignement. Et ce n'est pas la seule mesure, la TVA, pour le pouvoir d'achat. Mais justement, pourquoi vous ne touchez pas au SMIC, Laurent Jacobelli ?

20:50
Laurent Jacobelli

On s'étonne de ça. Jean-Luc Mélenchon proposait une forte augmentation du SMIC. Pourquoi vous n'utilisez pas ce levier-là ?

20:57
Locuteur non identifié

Pour deux raisons. D'abord, nous, nous voulons rendre du pouvoir d'achat, et Marine Le Pen l'a dit, également aux gens qui touchent le SMIC. À peu près 200 euros par mois, par toutes les mesures. C'est donc quelque chose qui sera sonnant et trébuchant pour tous nos compatriotes qui gagnent peu d'argent. Mais augmenter le SMIC, dans un pays où on a 5,7 millions de chômeurs, ça revient à rendre l'emploi encore plus difficile pour certaines entreprises. Et au final, on le voit bien, c'est une fausse bonne idée, parce que ça aboutirait à moins d'embauches et à plus de précarité. Nous, nous préférons rendre du pouvoir d'achat. Donc, c'est la politique des entreprises.

Mais rassurez-vous, il y a quand même une volonté d'augmenter les salaires, parce que parfois, et notamment dans les métiers les plus difficiles, on se rend compte que les salaires ne servent plus, ne sont plus suffisants pour attirer une main d'œuvre. Et donc, Marine Le Pen propose que, jusqu'à des salaires qui sont équivalents à 3 fois le SMIC, quand un chef d'entreprise augmentera les salaires de 10%, et bien sûr, ces 10%, il n'y aura plus de charge patronale. Ça, c'est une mesure intelligente, parce que les entreprises n'y perdent pas, l'État n'y perd pas, et les salariés y gagnent.

Donc, vous voyez, il y a des mesures qui paraissent parfois un peu plus techniques, mais qui sont plus efficaces et qui sont pour l'intérêt général.

22:02
Invité

Donc, une politique pour les entreprises ? Aussi, bien sûr. Plutôt que directement, pour leurs salariés les moins payés ?

22:08
Locuteur non identifié

Vous dites, on n'augmente pas le SMIC. Pour les salariés, en encourageant le pouvoir d'achat et en encourageant l'augmentation des salaires, pour les entreprises...

22:15
Invité

Ce sont les augmentations du SMIC.

22:16
Locuteur non identifié

Pour les entreprises, pourquoi pas, ça peut très bien toucher le SMIC. Vous faites un raccourci un peu rapide. Et puis, en même temps, pour les entreprises, avec la suppression notamment de la CFE pour les TPE, PME, parce que Marine Le Pen, elle, elle veut mettre le paquet sur les petites et moyennes entreprises. C'est vrai qu'il y a des grandes entreprises qui ont touché beaucoup d'argent de la part de l'État et qui se sont servies parfois pour financer des plans sociaux, pour délocaliser leur activité. Alors que les PME, les TPE, c'est l'emploi au quotidien, c'est l'emploi de proximité.

Eh bien, qu'ils soient conscients que Marine Le Pen fera tout pour les soulager fiscalement et pour les accompagner dans leur développement.

22:55
Laurent Jacobelli

Vous avez vu qu'il y a des doutes sur le chiffrage de votre projet. L'Institut Montaigne dit que toutes les dépenses sont beaucoup plus coûteuses que ce que vous annoncez dans vos différents livrets. La question des retraites, 60-62 ans. La question de la nationalisation des autoroutes notamment. Est-ce que vous n'avez pas peur, au fond, d'ouvrir la boîte de Pandore de la dette alors que Marine Le Pen avait reviré là-dessus en disant que c'était un souci pour elle ?

23:21
Locuteur non identifié

Écoutez, c'est marrant cette histoire de l'arroseur arrosé. C'est-à-dire que tous les instituts, les clubs de réflexion proches du président de la République nous accusent demain de creuser le déficit. Je rappelle quand même qu'Emmanuel Macron, qui est dans le livre de Guinness des records pour plusieurs raisons, le champion de l'immigration, le champion de l'insécurité, il est aussi le champion de la dette. Avec 600 milliards supplémentaires en 5 ans. Alors, pas de leçons à recevoir. Mais ce n'est pas une raison pour faire la même chose après. Non, justement. Vous avez raison d'ailleurs. Mais c'est ce qui nous a amenés à beaucoup de pragmatisme et à beaucoup de précisions.

Nous avons chiffré chacune de nos mesures. J'invite d'ailleurs tous vos spectateurs et vos auditeurs à aller sur le site mlafrance.fr. Tout est détaillé. 68 milliards par an de coûts supplémentaires. Nous l'assumons. 68 milliards par an d'économies supplémentaires. Nous l'assumons. C'est équilibré. Vous parliez des retraites. Eh bien, je vais vous donner un scoop.

24:09
Invité

On rase gratis, disent les économistes. Non, absolument pas.

24:12
Locuteur non identifié

Pas tous les économistes. Rassurez-vous. Pas ceux qui travaillent avec nous et pas un certain nombre d'économistes sages. Ou minoritaires sur ce sujet. La retraite à 65 ans. Ça veut dire quoi ? Quand on sait qu'un Français sur deux arrive à l'âge de la retraite en étant soit invalide, soit chômeur. Ça veut dire que leur durée d'invalidité ou leur durée de chômage va être plus longue. Et donc, les quelques euros que vous allez gagner sur les caisses de retraite, vous allez les dépenser dans d'autres caisses. Tout cela n'a pas de sens.

D'ailleurs, le CORE, qui est un institut de pilotage et d'orientation des retraites, qui est un institut neutre, nous a expliqué que d'ici quelques années, d'ici dix ans, le taux, le poids des retraites dans le PIB de la France redeviendrait naturellement le même que celui de ses voisins européens. Donc, il n'y a pas d'urgence.

24:57
Laurent Jacobelli

Ce n'est pas réformé pour vous. Non, c'est une mesure purement idéologique.

25:00
Locuteur non identifié

Il nous reste 20 secondes. Et pour habiller cette mesure idéologique, on se cache derrière des instituts complices. Tout cela n'a pas de sens.

25:05
Laurent Jacobelli

Marine Le Pen veut un gouvernement d'union nationale. Mais avec qui ? On s'étonne qu'elle ne puisse pas, au fond, se réconcilier avec Marion Bréchal, avec Éric Zemmour. Elle se veut la candidate du rassemblement. Si elle ne peut pas gouverner avec ceux qui ont appelé pour elle, comment pourra-t-elle rassembler ?

25:22
Locuteur non identifié

Vous m'avez cité deux noms, mais il y a tellement plus de gens.

25:24
Laurent Jacobelli

Gilbert Collard, elle pourrait le faire revenir dans un gouvernement ?

25:27
Locuteur non identifié

C'est à elle de vous le dire, mais je ne pense pas que quand elle parle de rassemblement, elle parle seulement du rassemblement des ex du RN. Elle parle d'un large rassemblement, même avec ces gens de gauche qui ont la République au cœur. Robert Ménard pourrait rentrer au gouvernement ? Ces gens qui croient en la laïcité et pas dans le voile. Ces gens qui croient que tous les Français méritent la même attention. Ces patriotes, ceux qui aiment la France. Et on aime la France à droite, à gauche et ailleurs. Tous ceux qui aiment la France, le 24 avril, ont le seul choix à faire, c'est Marine Le Pen.

25:55
Invité

Merci Laurent Jacobelli, porte-parole de Marine Le Pen, invité des matins présidentiels de France Info. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille. Le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur France Info.fr Merci d'avoir regardé cette vidéo !