Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 novembre 2024 25 min

Budget, impôt et risque de censure, municipales à Paris...Le 8h30 franceinfo de Sylvain Maillard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sylvain Maillard. La France, on le rappelle, est membre de la Cour pénale internationale du statut de Rome et donc cette Cour pénale qualifiée d'antisémite par Benjamin Netanyahou après le mandat d'arrêt international émis contre lui. Est-ce qu'à vos yeux, cette Cour pénale internationale, elle est antisémite ?

0:25
Sylvain Maillard

Moi je ne vais pas d'abord donner d'avis sur ce qu'est la Cour pénale internationale, je veux juste rappeler quelques points qui me semblent essentiels. D'abord Israël a le droit de se défendre, Israël doit se défendre contre le mouvement terroriste Hamas et doit se défendre. Ensuite ce que dit la Cour pénale internationale, c'est intéressant, on attend le détail en fait, mais ce qu'elle dit c'est sur la conduite de la guerre et au fond quels sont les objectifs et surtout la façon dont...

0:54
Présentateur

Il y a beaucoup de détails, il y a beaucoup de détails dans ce que dit d'ores et déjà la Cour pénale internationale. Elle ne nie pas à Israël le droit effectivement de mener des opérations à Gaza. En revanche, elle estime que, notamment, entre autres choses, le droit humanitaire international n'a pas été respecté.

1:10
Sylvain Maillard

Exactement, c'est le point qui me semble important sur la discussion, sur la conduite au fond de la guerre, puisque évidemment chaque dirigeant et encore plus une démocratie doit se comporter selon les lois internationales. Et donc la discussion, et donc on attend aussi du détail sur ce qui est reproché, il y a des discussions aussi en Israël. D'ailleurs quand vous avez Yoav Galland, qui est lui-même poursuivi aussi par la CPI, c'est une des discussions... Pour le recours à la... Pardon, je voudrais vraiment terminer là-dessus, c'est un point extrêmement dur entre Benjamin Netanyahou et Yoav Galland sur la façon dont est conduite la guerre.

Après, moi je veux vraiment rappeler Israël a le droit de se défendre et doit se défendre.

1:52
Invité

Il porte tout de la responsabilité pénale du recours à la famine comme arme de guerre, ce qui constitue un crime de guerre et de meurtre et de persécution et d'actes humains considérés comme crime contre l'humanité. C'est extrêmement précis. Avec le... Voilà, ils sont soupçonnés d'avoir privé, d'avoir volontairement, en connaissance de cause, privé la population civile de Gaza d'éléments indispensables à sa survie, nourriture, aux médicaments, essence, électricité.

2:17
Sylvain Maillard

Vous savez très bien qu'il y a, même au sein même du cabinet, et d'ailleurs c'est pour ça que Yoav Galland a été démis, enfin une différente d'appréciation extrêmement forte entre le Premier ministre Netanyahou et son ministre de la Défense. Donc eux-mêmes, là-dessus, ne sont pas d'accord sur la façon dont il faut mener la guerre. Moi ce que je dis...

2:39
Présentateur

Au-delà du fond, pardon Sylvain Maillard, parce que je vous ai posé une première question sur la légitimité de la Cour pénale internationale, vous n'y avez pas répondu.

2:47
Sylvain Maillard

Est-ce que, à vos yeux, ce mandat, il est justifié ou pas ? La légitimité, la CPI est reconnue par la France depuis toujours. Donc la CPI n'est pas antisémite ? Mais on peut contester...

2:59
Présentateur

Il y a des juges français par ailleurs dans la CPI.

3:01
Sylvain Maillard

On peut contester, c'est pas à moi de qualifier les juges, d'autant plus d'un député, le député que je suis. Mais lui, il se défend, il fait ce qu'il fait, c'est pas à moi de juger. Moi ce que je dis juste, c'est sur le fond... Si la France appartient une organisation antisémite, vous imaginez que ça peut poser un problème quand même ? Évidemment, c'est pour ça que je ne sais pas moi de qualifier ce que fait le juge là-dessus. Ce qu'on lui demande, c'est du détail. Vous avez déjà pu avoir les grandes lignes de ce qu'il y a dans ce mandat. Je suppose que la France va demander un peu plus de détails sur les raisons qui ont poussé la CPI.

Dans le même élan, d'ailleurs, de demander aussi, ce qui est assez étonnant, au fait qu'on puisse arrêter un des leaders du Hamas. D'ailleurs qu'on pense qu'il est mort.

3:48
Invité

Qui n'est probablement plus...

3:50
Sylvain Maillard

Donc dans le même temps, ce qui paraît un peu étonnant.

3:54
Invité

Nouveau procès de Dreyfus. Ne me dites pas, je ne vais pas commenter les mots quand même. Cette accusation-là de Benyami Netanyahou, elle vous semble appropriée ?

4:02
Sylvain Maillard

En fait, je n'aime pas ces comparaisons de l'histoire. On appelle des grands moments de l'histoire, et pour le coup de l'histoire de France, comme si ça pouvait s'appliquer à d'autres circonstances. Donc moi, la seule chose que je demande, c'est qu'il y ait un complément d'information de la Cour pénale internationale. Je suppose que c'est ce que va demander la France. Et puis la France, traditionnellement, se plie aux décisions de la CPI. Alors précisément, est-ce qu'elle doit, la France doit donc arrêter Benyami Netanyahou s'il est amené à se déplacer en France ?

Ça sera une décision du Premier ministre, et c'est au Premier ministre, en fonction des informations qu'il a, je ne me suis pas à sa place, qui décidera... Vous êtes élu de la République, vous considérez que la France doit l'arrêter ? Je voudrais juste rappeler que il nous faut trouver une solution politique, parce que ce que nous appelons tous, c'est une solution politique, et que tout ce qui entrave une solution politique n'est pas forcément le bienvenu à l'heure actuelle.

4:58
Invité

Est-ce que le risque n'est d'ailleurs pas également politique dans la question de savoir si on applique ou pas ce mandat d'arrêt ? Et je parle de risque politique vis-à-vis des États-Unis notamment, qui, eux, ont contesté le mandat d'arrêt. Est-ce qu'il pourrait y avoir des conséquences sur l'armement pour l'Ukraine, par exemple ? Il y a d'autres questions en chaîne.

5:17
Sylvain Maillard

Ce qu'on veut surtout, c'est trouver une solution politique, libérer nos otages, libérer l'ensemble des otages à Gaza. On veut trouver une solution politique pour apaiser la région. C'est surtout ça l'objectif de la France, je crois, l'ensemble de la communauté internationale. Toutes les décisions qui seraient abrasives et qui remettraient de l'huile sur le feu, qui est déjà une incandescence terrible, moi, je pense, ne va pas dans la bonne direction.

5:44
Invité

Sylvain Maillard, attention à l'impôt de trop. Vous avez entendu, comme nous, le patron de Bercy, Antoine Armand, qui n'est pas d'accord manifestement avec son Premier ministre. Un ministre de l'Économie devrait-il dire ça ?

5:55
Sylvain Maillard

Il a bien fait de le dire. Vous savez...

5:57
Invité

D'afficher un désaccord au sein du gouvernement ?

5:59
Sylvain Maillard

Antoine Armand, il est député, il est élu d'Ensemble pour la République, notre groupe. Nous avons toujours dit, et depuis des semaines et des semaines, qu'il est hors de question que nous acceptions une augmentation du coût du travail en France. Pour une raison toute simple, si nous faisons ça à un moment où tout le monde, tous les autres pays du monde, continuent à baisser le coût du travail, nous allons faire des centaines de milliers de chômeurs en France. Toute la réindustrialisation que nous avons commencé va tomber à l'eau. Il n'y a pas d'issue politique à augmenter le coût du travail à l'heure actuelle.

Et donc, ce que dit Antoine Armand, c'est ce que nous disons depuis très longtemps. L'ensemble du groupe, Gabriel Attal, a pris plusieurs fois la parole au nom de notre groupe pour le dire. Nous n'acceptons pas cela. Donc, il traduit la volonté du groupe Ensemble pour la République. Nous ne voulons pas d'augmentation du coût du travail. Pour nous, ce serait une catastrophe. Les économies que nous ferions maintenant se paieraient en centaines de milliers de chômeurs.

6:55
Invité

Il n'y a rien de choquant pour vous. Est-ce qu'un ministre de l'économie, en plein budget, prenne autant ses distances ?

7:00
Sylvain Maillard

Quand vous faites de la politique, vous dites votre opinion.

7:02
Invité

Est-ce qu'il a sa place dans ce gouvernement ? Soit c'est la ligne du Premier ministre, soit c'est le ministre de l'économie qui gouverne.

7:09
Sylvain Maillard

J'ai entendu le Premier ministre, encore hier devant les maires, dire j'ai fait, ce qui est tout à fait vrai, un budget en 15 jours. C'est un budget perfectible. Nous lui avons dit et nous continuons à lui dire qu'il n'est pas acceptable d'une augmentation du coût du travail en France. Surtout pas maintenant. Surtout pas maintenant.

7:27
Présentateur

Sylvain Maillard, je repose la question différemment. Est-ce qu'on peut se dire d'abord membre d'un groupe politique avant d'être membre d'un gouvernement ? C'est en clair ce qui laisse entendre. Je suis d'abord membre de ma famille politique. C'est ce qui laisse entendre dans une interview.

7:41
Sylvain Maillard

Antoine Armand est ministre.

7:42
Présentateur

C'est obligé de solidarité gouvernementale en temps normal.

7:44
Sylvain Maillard

Antoine Armand est ministre, évidemment, du fait de ses compétences. Il est ministre, c'est un choix du Premier ministre, mais il est ministre parce qu'il est député ensemble pour la République. Et donc c'est un tout. Il entend ce que disent les députés de sa famille politique. Et donc c'est logique qu'à un moment, il y ait aussi dans une discussion budgétaire qui est compliquée, qui ait des points de vue réaffirmés. Mais encore une fois, c'est vraiment pour nous fondamental. Nous ne pouvons pas accepter une augmentation du coût du travail. Ce serait catastrophique. Et donc nous sommes arc-boutés là-dessus.

Déjà, nous avons toléré, accepté l'augmentation de l'impôt sur les grandes sociétés transitoires, qui à mon avis est une très mauvaise nouvelle, pour la compétitivité de la France, pour le travail, pour baisser le chômage. On ne peut pas tout accepter.

8:34
Invité

En l'état de connaissance que vous avez des réflexions à Matignon, est-ce que vous avez espoir d'obtenir gain de cause du Premier ministre ?

8:40
Sylvain Maillard

Nous voulons obtenir gain de cause.

8:42
Invité

Est-ce que vous avez espoir ? Est-ce que vous avez des informations montrant que vous allez obtenir gain de cause ?

8:48
Sylvain Maillard

Aujourd'hui, devant vous, définitivement non. Après, le texte est encore au Sénat. Il va partir en commission mixte paritaire. Il y a encore un peu de deux chemins. Au Sénat, commission mixte paritaire. Et puis ensuite, il y aura 49.3. Voilà, 49.3.

9:02
Présentateur

Et peut-être une motion de censure. En tout cas, Michel Barnier, lui, il se dit plutôt serein. Il surjouerait presque une forme de flègue. Mais c'est motivant de se dire qu'on peut partir demain. C'est ce qu'il a dit hier devant le congrès des maires de France. Il se prépare vraiment à partir, vous croyez ?

9:16
Sylvain Maillard

Non, il est à la tâche. Le gouvernement est à la tâche. Et heureusement, après, le contexte politique est compliqué. On sait parfaitement où sont tous les joueurs à l'heure actuelle. Et il sait qu'il y a un risque. Mais ensuite, il faut conduire la politique du gouvernement. Michel Barnier a été choisi. Et je pense que c'est un bon choix pour conduire cette politique. Il faut incarner un projet. Il faut incarner quelque chose au fond tellement puissante et tellement forte que les oppositions et plusieurs d'entre elles n'auraient pas intérêt à faire tomber.

9:51
Présentateur

Il faut peut-être aussi convaincre Marine Le Pen de ne pas voter cette censure. Michel Barnier la reçoit lundi matin. Est-ce qu'il faut qu'il négocie avec Marine Le Pen ?

10:02
Sylvain Maillard

Ça, c'est son problème. Ça ne vous choquera pas ? Non, mais moi, ce que je souhaite, c'est qu'il y ait un budget qui nous permette de continuer à réindustrialiser, de construire la France dont nous avons besoin avec les services publics dont nous avons besoin et avec des vraies réformes de structure. Nous, nous poussons des réformes de structure extrêmement fortes. Il y en a déjà qui sont proposées. Nous pensons qu'il faut aller plus loin. Il y a des désaccords dessus, vous le savez. Ensuite, c'est à lui de trouver la façon de continuer, de fonctionner. Et ce n'est pas à moi de donner... Donc, de faire un geste envers le gouvernement national, il n'aura pas le choix.

Pour qu'on soit très clair, Marine Le Pen, elle a un autre calendrier. Le calendrier, ce n'est pas la réussite de Michel Barnier. Son calendrier, c'est son calendrier personnel et le calendrier de son parti. Donc, je pense qu'il faut rester...

10:53
Invité

Mais faire de la politique, c'est s'adapter aussi au calendrier des autres.

10:55
Sylvain Maillard

Je pense qu'il faut rester sur ses encres et sur ce que nous voulons porter. Quitte à risquer la censure. Sur le socle commun. Quitte à être dans la censure. Je crois qu'on se perdrait à écouter les uns les autres. Un geste sur l'électricité, par exemple, pour l'explurer.

11:12
Invité

Qu'est-ce qui peut lâcher ? Par exemple, renoncer à la taxe sur l'électricité. Est-ce que ça, c'est acceptable pour vous ?

11:17
Sylvain Maillard

Nous, ce qui est important sur... Qu'est-ce que c'est la taxe sur l'électricité ? Parce qu'on entend la taxe, c'est revenir à une imposition, ou moins revenir à une imposition qui correspondait à avant... Vous savez, la crise que nous avons connue il y a quelques mois. Ça, ça ne me paraît pas illogique. La seule chose, c'est qu'il ne faut pas qu'on mette en difficulté nos entreprises. Et ça, c'est le risque. Quand je dis nos entreprises, c'est nos TPE, nos PME. Vous avez interviewé ici même des boulangers qui étaient en grande difficulté. Évidemment que cette taxe ne doit pas les mettre en difficulté dans un moment compliqué. Donc, il faut trouver le juste équilibre.

Pas du symbolique, c'est juste. Il y a besoin de retrouver un budget normal. Et tout ce que nous avions baissé, à un moment donné, parce qu'il y avait une conjoncture difficile, il faut le remettre à niveau comme ce que nous avons connu avant.

12:04
Présentateur

Sylvain Maillard, le budget. On va bien sûr continuer d'en parler avec vous. D'abord, le fil info, 9h moins le quart. Et c'est Magali Homo. Attention au verglas sur les routes. Des accidents ont eu lieu ces dernières heures. Sur la 10, notamment, près d'Orléans. Sur la 36, 150 camions ont passé la nuit bloqués à cause de la neige. Une partie de l'A28 est fermée. Aucun train ne circule en Normandie. Trafic perturbé. Également en Aquitaine, 200 000 foyers sont privés d'électricité. L'ambassadeur de France en Haïti convoqué. Les propos d'Emmanuel Macron en marge du G20 ne passent pas.

Le chef de l'État a jugé, je cite, complètement con les responsables haïtiens qui ont chassé le Premier ministre du pouvoir. Le conflit en Ukraine a tout d'une guerre mondiale, selon Vladimir Poutine, le chef du Kremlin qui n'exclut pas de frapper les pays occidentaux. Des menaces hier au terme d'une journée très tendue. La Russie a fait usage d'un missile balistique sans sa tête nucléaire. L'acte d'un voisin fou a dénoncé le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui appelle la communauté internationale à réagir. Du rugby, ce soir, dernier match de l'année pour le 15 de France, ce sera face à l'Argentine après deux belles victoires contre le Japon et la Nouvelle-Zélande.

Une rencontre au Stade de France devant plus de 70 000 spectateurs à suivre sur France Info à partir de 21h10. France Info

13:32
Sylvain Maillard

Le 8.30 France Info, Bérangère Bonte, Adrien Beck

13:36
Invité

Sylvain Maillard, député ensemble pour la République de Paris qui a présidé il n'y a pas si longtemps ce groupe macroniste à l'Assemblée nationale. Vous connaissez ces périodes tendues. On parlait de l'hypothèse d'un 49.3, donc d'une motion de censure et du rôle qu'aurait l'ERN. Il y a un groupe qui est important aussi là-dedans, ce sont les socialistes. Sans les socialistes, l'ERN aurait sans doute plus... Enfin, le compte n'y serait sans doute pas. Est-ce que c'est une autre option pour le gouvernement, convaincre les socialistes de ne pas voter la censure ? Est-ce que vous, vous discutez avec eux, par exemple, dans les clans d'Assemblée ?

14:10
Sylvain Maillard

Moi, je l'ai toujours dit. Je dis, en réalité, la motion de censure ne peut être votée que si les socialistes la votent. C'est les socialistes qui ont la clé. On parle toujours du ERN, mais en réalité, c'est les socialistes qui ont la clé. Ils vous disent quoi, vous ?

14:21
Invité

Vous en parlez avec eux ?

14:23
Sylvain Maillard

On sait bien qu'ils ont une vraie divergence de vue entre eux, entre ceux... D'ailleurs, je crois que ça va être tranché dans un congrès dans quelques mois. Entre ceux qui disent qu'il faudrait participer à une action et prendre nous-mêmes la responsabilité gouvernementale, et puis d'autres qui sont complètement ancrés avec LFI, et en se disant, si nous ne sommes plus avec LFI, en fait, nous perdrons nos circonscriptions s'il y a une dissolution.

14:47
Présentateur

Est-ce que quand même, Sylvain Maillard, pour envoyer, j'allais dire, un signal constructif, il ne faudrait pas peut-être reprendre et annoncer que vous reprenez un certain nombre d'amendements, par exemple déposés par le Parti socialiste dans le budget ?

14:58
Sylvain Maillard

Dieu sait que nous avons tendu la main et que nous continuons à tendre la main vers les socialistes, y compris dans le travail parlementaire. D'ailleurs, je note qu'il y a beaucoup de propositions de loi transpartisanes qui se font avec le groupe socialiste. On travaille, au fait, au quotidien avec eux. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que pour une partie d'entre eux et leurs dirigeants en particulier, pour eux, s'ils ne sont pas ancrés avec LFI, estiment qu'ils perdront les prochaines élections parce que LFI mettra un candidat contre eux. Il faut dire la vérité, il faut arrêter de tourner autour du pot.

Donc, il y a une sorte d'ancrage avec LFI parce que sinon, ils pensent qu'ils peuvent disparaître et disparaître de l'Assemblée nationale. Et d'ailleurs, ils ne s'en cachent pas. Il y a une peur là-dessus. Et donc, nous, ce que nous disons, c'est que je crois que l'intérêt du pays, il est fort de construire une majorité plus forte. La main a toujours été tendue vers les socialistes. Je crois que c'est maintenant qu'il faut saisir la main.

15:49
Présentateur

En tout cas, votre main est plus tendue, on sent, vers les socialistes, effectivement, que vers le Rassemblement national.

15:54
Sylvain Maillard

Mais la main n'a jamais tendue vers le Rassemblement national.

15:56
Présentateur

De fait, disiez-vous, il va bien falloir que Michel Barnier trouve une sorte de modus vivendi. Est-ce que, d'ailleurs, à ce propos, je vous parlais des amendements socialistes à reprendre, est-ce qu'il y a des amendements du RN à reprendre ?

16:11
Sylvain Maillard

Nous ne travaillons pas. Je n'ai jamais travaillé. Le groupe Ensemble pour la République... Non, mais bon, si vous censure,

16:17
Présentateur

vous ne travaillerez plus du tout.

16:19
Sylvain Maillard

Non, mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Vous savez, quand vous faites de la politique, c'est parce que vous avez des convictions. Et nos convictions, elles sont très fortes. Nous ne travaillons ni avec l'LFI, ni avec la Rassemblement national. Nous ne votons pas d'amendement LFI, nous ne votons pas d'amendement Rassemblement national. Ça a toujours été la position que nous avons. Et nous continuons.

16:35
Invité

Mais alors donc, on voudrait vous entendre aussi clairement là-dessus, sur la question du début. Non, il ne faut rien céder à Marine Le Pen lundi.

16:40
Sylvain Maillard

Mais ce n'est pas moi. Non, mais c'est si. Moi, je suis député d'ensemble pour la République. Je ne suis pas à juger et dire à Michel Barnier ce qu'il doit faire. Je vous dis juste, nous ne travaillons pas avec le Rassemblement national. Après que Michel Barnier reçoit l'ensemble des présidents de groupe ou des dirigeants de partis, me semble logique. Regarder s'il y a des points d'accord, me semble assez logique. Il ne faut rien céder. Vous ne seriez... Il va faire la même chose avec les tous, d'ailleurs.

17:12
Présentateur

Je ne comprends pas votre position, pardon, Sylvain Maillard. Vous dites que Michel Barnier a le droit de discuter avec les gens. Ça, on a bien compris. Est-ce que s'il reprend une mesure voulue, défendue par le Rassemblement national, est-ce que vous vous insurgerez ?

17:31
Sylvain Maillard

Est-ce que vous pourriez menacer ? Quelle mesure ? Quelle mesure ? Si on parle d'électricité, on discute. On peut discuter des modalités. Je vous ai donné mon point de vue. Si on parle sur de l'immigration, ça va être un autre problème. Non, on parle du budget. Et sur le budget, il y a des points de l'immigration.

17:46
Invité

Pourquoi ça va être un autre problème sur l'immigration ?

17:48
Sylvain Maillard

Vous voyez bien qu'ils veulent la suppression de l'AME. L'AME, il y a des points très précis sur lesquels nous ne sommes évidemment en opposition frontale.

17:56
Invité

Les lignes rouges en cas de texte sur l'immigration, voulues par Bruno Retailleau, ministre du gouvernement, pour vous, c'est l'AME, quoi d'autre ?

18:02
Sylvain Maillard

Oui, ça fait partie des points, mais je n'ai pas le détail des discussions qu'il pourrait y avoir entre Michel Barnier et éventuellement le gouvernement et le Rassemblement national. Mais nous, il y a des points très précis sur lesquels nous sommes en opposition frontale et nous n'accepterions pas.

18:16
Présentateur

De même qu'à vos yeux, il ne peut pas y avoir, j'allais dire, d'échange de bons procédés, d'un vote, ou plutôt d'un non-vote de la motion de censure, en échange d'un texte d'immigration plus tard. Ça, ça ne fonctionne pas comme ça.

18:28
Sylvain Maillard

Moi, je suis, encore une fois, je suis un député, je ne suis pas dans le fonctionnement, qu'on soit très clair. Non, mais vous avez un avis. Non, mais la loi immigration, on l'a votée en décembre dernier, ça ne fait même pas un an. On voit d'ailleurs que les résultats sont très encourageants, je ne sais pas si on aura l'occasion d'en parler, mais on a des résultats déjà tout de suite. Mettons déjà tout en place pour que ça fonctionne. Tous les décrets d'application ne sont pas encore publiés. Nous voulons que cette loi immigration, nous avons trouvé un large consensus pour la voter, soit mise en place. Point. Arrêtons d'inventer tout le temps des lois immigration tous les ans.

Faisons en sorte, c'est un mal français ça, faisons en sorte que ce que nous avons voté soit appliqué sur le terrain. D'ailleurs, tous les Français nous disent ça, appliquez les lois. Avant d'en créer des nouvelles, appliquez les lois. Les décrets d'application sont très souvent, dans ce que nous votons, pas mis en place, des années après. C'est ça qui ne va pas.

19:16
Invité

Sylvain Maillard, question très précise sur les pistes les dernières, parce qu'il y en a beaucoup, mais les dernières pistes votées mercredi soir par le Sénat pour renflouer les caisses de la Sécu, l'idée de travailler 7 heures gratuitement en plus de la journée de solidarité, ce qui ne passe assez mal à la fois à gauche et chez les syndicats. Vous y êtes favorable ?

19:31
Sylvain Maillard

Notre groupe nous avait proposé qu'il y ait une journée fériée qui soit travaillée. Donc pas le principe de 7 heures qu'on lisserait tout au long de l'année. Est-ce que ça change ? En fait, je crois qu'il faut dire la vérité aux Français. Nous devons travailler plus ceux qui le peuvent, travailler plus tout au long de la vie. pour financer notre modèle social, parce que nous avons une démographie aussi compliquée, c'est-à-dire qu'au fur et à mesure du temps, nous avons de moins en moins d'enfants et donc de moins en moins d'actifs qui vont arriver.

19:58
Présentateur

Mais donc vous êtes favorable à cette proposition ? Parce qu'une journée versus 7 heures, c'est à peu près pareil.

20:02
Sylvain Maillard

Non, nous, ce que nous portons, c'est vraiment la journée.

20:05
Présentateur

Alors qu'est-ce que ça changerait entre une journée et 7 heures ?

20:08
Sylvain Maillard

Parce qu'une journée, elle est vraiment appliquée. Vous savez, regardez les derniers résultats de la Cour des comptes, ce qu'ils nous disent. C'est-à-dire qu'y compris dans la fonction publique, on a du mal à avoir travaillé 35 heures. Donc donner 7 heures supplémentaires qu'on pourrait lisser au fur et à mesure, on entend, moi je sais qu'à Paris, je crois que c'est une minute 40, enfin dans certaines administrations, pardon, une minute 40 de plus tous les jours pour cette première journée fériée, vous savez qu'on a donné autant de raffarins. On voit bien que c'est en fait, ce n'est pas appliqué.

Donc ce que nous, nous demandons, c'est qu'il y ait une journée, que ce soit clairement appliqué et que ce puisse être aussi le moment où nous permet tout simplement de financer notre modèle social, qui est un modèle social qui coûte cher, mais auquel nous sommes très attachés.

20:57
Invité

Les syndicats, notamment la CFDT, qui dit on fait payer aux salariés les dérives budgétaires, alors qu'ils n'y sont pour rien.

21:04
Sylvain Maillard

Les dérives budgétaires, on a un modèle social, nous avons un modèle social.

21:07
Invité

Non mais les dérives budgétaires et qui vont faire l'objet d'une enquête d'ailleurs à l'Assemblée.

21:11
Sylvain Maillard

On a, regardez, le financement des retraites, ça coûte 60 milliards par an au budget de l'État, pour financer les retraites en plus, tous les ans. Puisque dans les 7 dernières années, on a vu, il y a plus de 400 milliards, sur les 1000 milliards de déficits supplémentaires, depuis que nous sommes arrivés, il y en a 400 milliards qui viennent des retraites. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que nous avons un modèle social qui coûte cher, et donc c'est pour ça que nous disons, nous devons travailler plus, un peu plus, ceux qui le peuvent, pour pouvoir financer notre modèle social. Je crois qu'il ne faut pas se mentir.

Moi, je suis fier d'avoir un beau modèle social, qui nous protège quand on est en difficulté les uns les autres.

21:44
Invité

Mais ça demande qu'on travaille un peu plus pour le financer. On peut aller systématiquement chercher dans cette manne-là. C'est une manne très importante.

21:52
Sylvain Maillard

Qu'est-ce qui est le plus grave ? C'est qu'un jour, on n'arrive plus à financer quoi que ce soit, qu'on n'arrive plus à financer les pensions de retraite, qu'on n'arrive plus à financer l'assurance chômage. On n'arrive plus à financer l'augmentation des dépenses de santé, plus 5% l'année dernière. Vous voyez, à un moment, il y a un principe de réalité qui s'applique en France, comme dans n'importe quel pays du monde. Pour financer, il faut travailler un peu plus.

22:14
Présentateur

Est-ce que vous entendez quelquefois l'agacement d'un certain nombre, peut-être de jeunes actifs, qu'on peut entendre ça et là, qui disent, on veut nous faire travailler une journée de plus pour financer la dépendance, les retraites, finalement, après des discussions, sont épargnées, ou en partie, en tout cas, épargnées par les coupes budgétaires, parce qu'elles vont continuer à être augmentées, sans oublier, je ne rappellerai pas le Covid, etc., et les confinements. Est-ce que vous comprenez qu'il puisse y avoir, à un moment donné, peut-être une sorte de fossé générationnel ?

22:47
Sylvain Maillard

Oui, moi, j'entends ça. Je l'entends d'autant plus, vous savez, je suis député, je suis aussi chef d'entreprise, et donc je constate, avec les jeunes générations, cette vraie difficulté. Moi, je vais vous dire juste une chose. Est-ce que la génération qui arrive, qui commence à travailler, devra travailler plus que leurs parents ? Probablement plus. Et oui, elle devra travailler plus. Et ce qui est la première fois depuis très longtemps, on avait, génération après génération, plutôt tendance à moins travailler, avec des revenus, même, qui s'amélioraient.

Notre génération, elle a des revenus qui sont les mêmes que la génération précédente, et on voit les vraies difficultés, mais probablement que la génération qui arrive devra travailler pour maintenir notre système social, devra probablement travailler un peu plus. Oui, j'entends la difficulté. Oui, j'entends les contestations là-dessus. Je crois, malheureusement, parce que la démographie est ainsi faite, que c'est ainsi que ça va s'inscrire, et qu'il faudra s'inscrire.

23:40
Invité

Maillard, deux questions pour finir à l'élu parisien que vous êtes. Les appétits s'aiguisent dans l'actuelle majorité municipale, en attendant qu'Anne Hidalgo dise clairement ses intentions pour 2026. Qui pourrait présenter vos couleurs ? Certains parlent de Gabriel Attal.

23:54
Sylvain Maillard

On a décidé de choisir, nous, au premier semestre 2025, notre candidat, et on travaille à l'heure actuelle. Et je remercie encore toutes les équipes qui travaillent sur le projet. On va porter, nous, évidemment, un changement, une alternance. Je crois que c'est 25 ans qu'Anne Hidalgo est au pouvoir à Paris, et on a envie d'autres choses. Et moi, je me réjouis de voir qu'il y a des différentes possibilités dans notre camp. Tant mieux. Mais pour le moment, on travaille sur le projet. Et début de l'année 2025, milieu de l'année 2025...

24:23
Invité

Alors, il y a au moins un nom qui est à peu près connu, c'est Rachida Dati, aussi ministre du gouvernement, qui ne fait pas mystère de son envie. Ça pourrait être une très bonne candidate.

24:33
Sylvain Maillard

Dans notre espace commun, la chance... Le Parisien a titré sur Gabriel Attal. On va leur faire un choix, c'est ma manière. Non, mais attendez, moi, je me réjouis d'avoir la possibilité d'un choix. Au contraire. C'est mieux d'avoir beaucoup de talents qui peuvent devenir potentiellement maires de Paris plutôt que de n'en avoir aucun. Donc, tant mieux, je m'en réjouis. On travaille sur le projet et on choisira... Avec une éventuelle primaire ?

24:53
Invité

Une forme de primaire ?

24:55
Sylvain Maillard

Moi, j'espère qu'un candidat naturel, et je le pense qu'il se dégagera et qu'il nous permettra de construire une alternance, mais il faut un candidat qui puisse se réunir le plus largement possible. C'est toujours difficile de battre une majorité en place.

25:09
Invité

On a failli vous parler du Parc des Princes, mais je sais que vous êtes désespéré du départ potentiel du PSG. Ça, c'est vrai. Donc, on peut passer à la suite.

25:14
Présentateur

Merci à vous, Sylvain Maillard, député ensemble de Paris, d'avoir été avec nous. Et merci à vous, Bérangère Bondy.