Tech & Co Business - Mardi 25 août
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
C'est quoi les mutations rapides aujourd'hui dans l'industrie ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous présentez en efficacité énergétique ?
- 4:41OuverteRéponse directe
Faut-il réfléchir à l'IA avant la conception des machines ?
- 5:24OuverteRéponse directe
Les industriels sont-ils prêts à intégrer la data et l'IA ?
- 7:56OuverteRéponse directe
Quelle forme prendra l'IA agentique dans l'industrie ?
- 9:19OuverteRéponse directe
Comment Schneider Electric répond à la souveraineté industrielle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:21InvitéFait
« les mutations rapides continuent. Je ne pense pas que la vie des industriels devienne plus facile avec les semaines et les mois et les années qui passent. »
- 2:24InvitéFait
« On continue d'avoir des supply chains de plus en plus difficiles, tout le temps soumises à une nouvelle disruption. »
- 3:33InvitéFait
« l'énergie, c'est un des postes de coûts majeurs pour beaucoup, beaucoup d'industriels. »
- 3:49InvitéPromesse
« nous, aujourd'hui, ce qu'on essaye de faire pour aider nos clients industriels, on essaye, avec beaucoup de solutions, mais aussi des solutions à base d'intelligence artificielle, de les aider à consommer d'abord moins d'énergie. »
- 7:03InvitéChiffre
« on parle souvent quand même de 10 à 15% d'amélioration, en particulier sur l'énergie. »
- 9:50InvitéFait
« Quand on parle souveraineté, on parle souvent puce, data center. On oublie quelque chose où l'Europe et la France en particulier a un rôle majeur à jouer. »
- 10:09InvitéFait
« il faut avoir ces compétences métiers, cette compréhension de comment on fabrique, comment on produit du besoin client. »
- 17:15InvitéFait
« Dans l'ADN de Gis, il y a toujours eu la volonté d'avoir des stocks très importants. »
- 17:36InvitéFait
« Tu l'as dit, on a fait une année 2025 record, on fait un premier trimestre record »
- 19:33InvitéFait
« on n'a pas de cloud, en fait, on est notre propre cloud et en ce moment, tous les développements sous IA sont faits sous des serveurs NVIDIA qui sont chez nous. »
- 22:50InvitéChiffre
« c'est près de 30 000 collaborateurs chez Siemens aujourd'hui qui travaillent dans le logiciel pour l'industrie. »
- 23:49InvitéPromesse
« Il faut absolument adopter l'IA industrielle au sein de l'ensemble du tissu français. »
- 24:57InvitéChiffre
« uniquement 13% à peu près des PME l'ont déployé. »
- 25:15InvitéFait
« en moins d'une heure, a été capable de, avec un logiciel chargé à l'IA qui s'appelle Inspecto, capable de mettre en place un système d'inspection de qualité sur ses batteries. »
- 28:47InvitéChiffre
« uniquement 20% des données industrielles en Europe sont exploitées. »
- 28:49InvitéChiffre
« uniquement 20% des données industrielles en Europe sont exploitées. »
- 30:27InvitéChiffre
« on investit massivement dans la formation de nos collaborateurs, plus de 400 millions d'investissements chaque année. »
- 36:00InvitéChiffre
« on gagne à peu près 10 fois en lead time, en temps de fabrication, on gagne 30% en poids, on gagne 20% en performance. »
- 39:59InvitéPromesse
« une première qui sera la Formup 750 qui sera disponible tout début 2027. »
- 46:06InvitéChiffre
« pour les filières industrielles, c'est plusieurs dizaines de milliards par filière. »
- 47:05InvitéFait
« grâce aux algorithmes d'intelligence artificielle, on est capable d'être beaucoup plus ciblé. »
- 51:43InvitéFait
« travailler sur des algorithmes qui vont permettre de détecter des nouveaux gisements ou de trouver des nouveaux moyens de traiter ces gisements pour les rendre plus compétitifs. »
Temps de parole
- Présentateur35 %
- Invité14 %
- Invité 214 %
- Invité 313 %
- Invité 412 %
- Invité 511 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale. Frédéric Simotel. Bonjour, bienvenue dans cette émission Tech & Co Business sur BFM Business. Nous sommes au salon Global Industrie à Paris-Nord-Ville-Pinte, dans le nord de Paris. C'est un salon qui se déroule tous les ans, une fois à Lyon, une fois à Ville-Pinte, à Paris, et qui réunit la crème de toute notre industrie. Et on va beaucoup parler, justement, vous allez voir avec nos invités, de relocalisation, de souveraineté, de technologie aussi. Je recevais dans un instant le Chief AI Officer de Schneider Electric, pour parler justement de transformation énergétique.
On enchaînera avec Bruno Bouy, qui est le président directeur général de GIS. Voilà, un industriel, une belle ETI industrielle, et qui va nous parler justement de tout ce qu'il fait aujourd'hui autour des matériels de soudage. On reviendra en deuxième partie d'émission avec le patron de la division Siemens Digital Industrie. Là encore, tout ce qu'il reste à faire, tout ce qu'il faut faire pour mêler production, données, simulation. On parlera, alors là c'est absolument passionnant, fabrication additive, impression 3D métal, avec la société FIV Adop, et avec même une imprimante 3D, qui est en ce moment en train de tourner dans l'ISS. On verra tout ça.
Et puis on terminera en conclusion avec Ludovic Donati, qui nous fera un bilan un peu de tout ce qui se passe aujourd'hui dans l'industrie, autour de la souveraineté, autour du potentiel de l'IA, du potentiel du numérique. Allez, Tech & Co-Business, Global Industrie, c'est parti sur BFM Business. Tech & Co-Business, l'invité. Allez, on se retrouve avec notre premier invité ici au salon Global Industrie. Nous sommes au parc Villepinte, tout au nord de Paris. Voilà, si vous pouvez apercevoir parfois dans des plans larges tous les robots qui nous entourent. Et nous recevons Philippe Rambac. Bonjour Philippe. Bonjour Frédéric. Merci d'être avec nous. Chief AI Officer chez Schneider Electric.
Alors au cœur évidemment de la transformation industrielle, avec un grand stand là-bas, avec pas mal de partenaires sur ce stand. Ma première question, justement, quand je regardais les présentations, Schneider présente un ensemble de solutions technologiques pour répondre aux mutations rapides. C'est quoi les mutations rapides aujourd'hui ?
Écoutez, les mutations rapides continuent. Je ne pense pas que la vie des industriels devienne plus facile avec les semaines et les mois et les années qui passent. J'ai l'impression qu'en fait, les choses continuent de s'accélérer. On continue d'avoir des supply chains de plus en plus difficiles, tout le temps soumises à une nouvelle disruption. On continue d'avoir des surprises sur le monde et dans le monde du coût de l'énergie. On passe de crise en crise.
Et finalement, tout ça, ça me fait penser et ça me fait dire que nos industriels, nous en particulier, on doit avoir des systèmes de plus en plus réactifs, capables de s'adapter de plus en plus à des choses de plus en plus difficiles à prévoir. Pour moi, on est... Allez-y.
C'est ce qui a changé un peu sur ces 3-4 dernières années. C'est beaucoup plus agile. Évidemment, quand on parle industrie, on s'imagine des plans à plusieurs années, alors qu'ils continuent à exister, bien entendu. Mais il faut savoir réagir assez vite.
Je pense que l'échelle de temps a vraiment changé. L'échelle de temps a vraiment changé. On n'est plus capable, malheureusement, de faire des plans à 5-6 ans. Et il faut être capable de réagir, de s'adapter aux fluctuations, de s'adapter à ce qui change. Et c'est très difficile de savoir ce qui va changer. Donc la vraie réponse, c'est d'être réactif, d'être capable de s'adapter et de prendre en outre ce qui se passe et de réagir le plus vite possible.
Alors on va beaucoup parler, évidemment, d'intelligence artificielle sur ce salon. On va y revenir dans un instant. Mais beaucoup parler aussi d'efficacité énergétique. Et là, évidemment, on est au cœur du métier de Schneider Electric. Pour le domaine qui nous intéresse, le numérique, c'est au niveau des data centers. Mais c'est aussi pour les machines, pour les bâtiments. Qu'est-ce que vous présentez ? Qu'est-ce que vous faites dans ce domaine ?
Oui, il ne faut jamais oublier que l'énergie, c'est un des postes de coûts majeurs pour beaucoup, beaucoup d'industriels. Il ne faut jamais oublier aussi que depuis quelques années, on va de crise énergétique en crise énergétique, avec des coûts qui sont parfois extrêmement élevés. Et donc nous, aujourd'hui, ce qu'on essaye de faire pour aider nos clients industriels, on essaye, avec beaucoup de solutions, mais aussi des solutions à base d'intelligence artificielle, de les aider à consommer d'abord moins d'énergie. Parce qu'en fait, la première application de l'intelligence artificielle pour aider nos industriels à consommer moins d'énergie, c'est la suivante.
C'est de se dire, pour optimiser un process, pour réussir à produire autant de pièces, pour réussir, le process, ça peut être la production, mais ça peut être aussi chauffer un bâtiment, pour réussir à optimiser ce process et utiliser un minimum d'énergie, il faut être capable de modéliser ce process. La première manière pour modéliser ce process, c'est d'avoir des gens qui font de modélisation à base de lois physiques. Et quand c'est possible, c'est très bien. Mais ce n'est pas toujours possible.
Et donc bien souvent, on utilise l'intelligence artificielle, le sable de machine learning, pour construire un modèle du process et utiliser ensuite ce modèle pour optimiser et réduire les coûts énergétiques.
Donc ça veut dire qu'il faut y réfléchir avant la conception de la machine, du système, de la plateforme, et puis savoir l'améliorer aussi au cours de sa vie ?
Oui, mais on peut travailler en cours de vie. Par exemple, je crois quelque chose qu'on montre, aujourd'hui on est capable d'optimiser la manière d'utiliser une machine, même post-conception, grâce à l'intelligence artificielle, en l'utilisant pour optimiser la manière, par exemple, dont on va faire le convoyage, dont on va optimiser... Ah oui, il y a toute cette partie-là. Cette partie-là, par exemple, il y a tout ce qu'on appelle aujourd'hui les palettes intelligentes, qui vont être capables d'être gérées à différentes vitesses, etc.
Enfin, je ne rentre pas dans le détail technologique, mais là, l'IA va, par exemple, aider à améliorer l'efficacité de la machine, produire plus de pièces, produire plus de rendements, avec la même énergie, voire moins d'énergie.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, je regardais les annonces qui sont faites dans le cadre de ce salon Global Industrie, chez Schneider Electric, il y a des disjoncteurs à vide, des systèmes d'entrée-sortie haute performance, des matériels pour lesquels, aujourd'hui, la connectivité est importante. Ça fait évidemment des années qu'on parle d'industrie 4.0, avec ces datas qui sortent de ces machines, mais là, aujourd'hui, ça devient crucial.
Oui, il y a une chose qui est commune à tout ça, et c'est de plus en plus vrai, c'est qu'on remplit de plus en plus toutes ces machines, tous ces disjoncteurs, tous ces appareils électriques de capteurs de données qui remontent de l'information. Et grâce à cette information, on est capable ensuite, soit ce qu'on appelle « at the edge », donc localement, au niveau de la machine, au niveau de l'usine, d'utiliser ces données pour optimiser la production, pour optimiser la consommation énergétique, ou alors, dans certains cas, de la remonter dans le cloud pour utiliser d'autres types d'applications à base d'IA.
Mais ce qui est commun à tout ça, c'est que toutes ces machines deviennent de plus en plus des capteurs de données, des capteurs d'informations qui permettent ensuite à l'IA d'utiliser tout ça pour le plus classique, le plus habituel, mais extrêmement important, optimiser la maintenance. Plus difficile, et on le fait beaucoup, optimiser la consommation énergétique ou optimiser même la manière de faire la production, la manière de produire.
Et là, les industriels, ils sont prêts à tout ça parce que c'est vrai que, je le dis à l'instant, on en parle depuis longtemps, mais cette capture de la donnée, cette collègue de la donnée, ce traitement de la donnée, cette gouvernance de la donnée, on sent parfois que ce n'est pas forcément la priorité. On veut avant tout une machine qui marche bien, qui dure. Alors, on en a parlé pour la maintenance, mais aujourd'hui, on arrive à étendre l'utilisation de ces données.
Écoutez, nous, on voit quand même beaucoup d'appétence chez nos clients parce que les gens commencent à comprendre qu'utiliser ces données, utiliser l'IA, on parle souvent quand même de 10 à 15% d'amélioration, en particulier sur l'énergie. Donc, l'impact est fort. L'impact est fort. Et finalement, la vraie difficulté, elle est bien sûr dans la collègue de la donnée, bien sûr dans l'IA, mais ça, on aide beaucoup nos clients. Ensuite, c'est la transformation, comme toujours. Et donc, en fait, les industriels, ça fait des années qu'ils ont l'habitude de se transformer. Ça fait des années qu'ils pratiquent le Lean. Ça fait des années qu'ils pratiquent le Six Sigma, le Kaizen, enfin tout ça.
Et donc, finalement, cette habitude de se transformer, de constamment réfléchir à leur process, de comment optimiser, ils l'ont au cœur de leur métier. Et simplement, c'est rajouter la data et l'IA à ça. Mais le plus difficile, qui est la transformation, c'est en fait quelque chose que les industriels pratiquent depuis 20, 30 ans en permanence. Et donc, moi, je suis extrêmement optimiste sur la capacité de l'industrie à s'adapter, donner, IA, etc.
Et justement, si on parle de s'adapter, on parle beaucoup de cette vague IA agentique avec des agents autonomes, c'est une vague qui va arriver forcément dans le domaine industriel. Mais sous quelle forme elle peut arriver ?
Elle peut arriver sous deux formes, en fait. Nous, on voit l'IA agentique arriver d'une part sous la forme d'agents complètement autonomes, complètement opérationnels, qui vont par eux-mêmes optimiser l'énergie, optimiser les process. Et on voit aussi les agents plus conversationnels qui vont vraiment aider l'humain. Par exemple, une des difficultés que rencontrent la plupart de nos clients, c'est quand ils veulent déployer de l'automatisme, ils n'ont souvent pas assez d'ingénieurs automaticiens, pas assez de gens capables de programmer les automates.
Eh bien, typiquement, un agent conversationnel, c'est un agent qu'on va implémenter dans l'automate qui va donner à l'ingénieur automaticien 15, 20%, 30% de productivité en l'aidant à faire un meilleur code, en l'aidant à documenter son code, en l'aidant à générer des résultats de test. Donc, nous, on voit vraiment deux types d'agents, ceux complètement autonomes, presque cachés, qui vont apprendre, optimiser, autonomiser. C'est très vrai au niveau de l'optimisation énergétique. Et puis, tout un tas d'agents plus conversationnels qui vont aider nos clients à faire ce qu'ils faisaient déjà aujourd'hui, mieux, plus vite.
Et je pense en particulier à toutes les tâches d'ingénierie où l'IA conversationnelle, l'IA agentique, va apporter un changement majeur pour bien travailler.
Elle arrive dans cet univers. Autre sujet aussi, alors, bruit de fond aussi dans ce salon Global Industrie, c'est tout ce qui concerne la souveraineté industrielle, la souveraineté technologique. Enfin, voilà, on peut mettre beaucoup de termes pour expliquer tout ça. Il y a de gros enjeux aussi. Et vous, Schneider Electric, comment vous y répondez aujourd'hui ? Alors, acteur mondial, enfin, on aime bien... Le siège est en France, mais acteur mondial par référence ?
Absolument. D'abord, on est un acteur mondial, mais on est aussi un acteur très multilocal. Donc, on essaye d'avoir des solutions adaptées à chaque géographie, avec des aspects souverains pour chacune des géographies. Mais je vais en profiter aussi pour passer quelques choses à laquelle je crois beaucoup, moi, pour laquelle la France, et je suis ici Global Industrie, a un rôle majeur à jouer. C'est la suivante. Quand on parle souveraineté, on parle souvent puce, data center. On oublie quelque chose où l'Europe et la France en particulier a un rôle majeur à jouer. C'est ce que j'appelle l'IA applicative.
Aujourd'hui, pour faire de l'IA vraiment utile pour nos industries, il faut bien sûr des compétences en modèle, il faut des compétences en IA, mais il faut avoir ces compétences métiers, cette compréhension de comment on fabrique, comment on produit du besoin client. Et là, toutes ces IA ne seront vraiment utiles que si on mélange cette compétence métier, c'est cette compétence fondamentale IA et qu'on développe des applications qui seront directement utiles à l'industrie, qui apporteront des pourcents de productivité. Et là, on peut avoir cet univers un peu plus souverain. Là, tout est à faire aujourd'hui. Aujourd'hui, tout est à faire. Nous, on le fait dans le domaine énergétique.
On apporte des solutions qui permettent d'optimiser l'énergie au niveau d'une pièce, d'une usine, d'un bâtiment, d'un data center. Mais tous les acteurs qui sont aujourd'hui à Villepinte ont une compétence métier extrêmement forte. Et il est capital que, dans ce qu'ils apportent à leurs clients, ils intègrent l'IA pour apporter plus de valeur et ne pas avoir uniquement l'IA comme un moyen de productivité dans leur process, dans leur consommation énergétique. Bien sûr que c'est utile. Bien sûr que c'est nécessaire.
Mais moi, vraiment, je suis convaincu qu'en termes de souveraineté, la France et l'Europe, parce qu'on a cette industrie encore forte, parce qu'on a cette industrie leader dans beaucoup de domaines en termes de compétence métier, si on combine ça avec de l'IA, on va être capable de construire demain une offre extrêmement différenciante, extrêmement nouvelle, extrêmement souveraine, qui nous donnera, dans le marché mondial, une position forte dans l'IA, applicative, dans l'IA pour l'efficacité, dans le monde industriel.
Ça veut dire que dans toutes ces industries, il faut qu'il y ait une fonction
un peu comme la vôtre, ce chief AI officer ? Je pense, oui. Je pense que ceux qui n'y sont pas doivent y aller maintenant et rapidement, et vraiment dans l'idée de comment ils mettent de l'IA au service de leurs clients, et pas uniquement au service de leur efficacité interne.
Eh bien voilà, j'espère que le message est passé. Merci Philippe Romarec d'avoir acté avec nous. Je rappelle que vous êtes chief AI officer chez Schneider Electric, donc très présent, évidemment acteur présent ici sur ce global industrie. Allez, on marque une courte pause et on se retrouve juste après avec notre invité suivant. Évidemment, on va continuer à parler industrie. C'est tout de suite. Tech & Co-Business, l'invité. Allez, on est reparti avec notre invité Bruno Bouygues. Bonjour Bruno. Bonjour. Merci d'être avec nous, président, directeur général de GIS, GYS.
Voilà pour ceux qui nous écoutent en radio, qui s'est réinventé en 20 ans, 22 ans, mais plusieurs fois le métier de l'industrie du soudage, puisque GIS est un groupe industriel français spécialisé dans la conception de machines d'équipements pour le travail du métal, la recherche de batterie. On va en parler dans un instant. Présent dans 130 pays, c'est 1000 personnes aujourd'hui. Un site que l'on connaît un peu à BFM, c'est à Laval, dans la Mayenne. Alors, si on devait un peu donner rapidement les quelques, c'est 3, 4 grands métiers chez GIS ?
Oui, on a le travail du métal dans lequel on va faire du soudage, comme tu l'as dit, du coupage, de la chauffe par induction, du travail de réparation des carrosseries de voitures. Donc ça, c'est la première univers. Et le deuxième, tout ce qui tourne autour de la batterie, donc les chargeurs de batterie.
Alors, la tentation est grande ici, sur ce salon global industrie, de ne parler que d'IA, parce que c'est vraiment le thème aujourd'hui. Alors, j'imagine que chez GIS, c'est intégré, il y a de la data. Ça fait longtemps qu'on parle ensemble d'industrie 4.0, de data qui remonte des machines, comme on vient d'en parler avec Philippe Rambach de Schener Electric. Comment ça s'intègre aujourd'hui, cette IA ? Chez GIS, justement.
Je pense qu'avant de parler d'IA, on en a parlé tout à l'heure, il faut parler des systèmes experts. C'est-à-dire qu'en fait, chaque métier doit développer une couche logicielle sur laquelle cette IA va pouvoir s'appuyer. Et en fait, aujourd'hui, à ce salon, on se bat plus, non pas sur l'IA, mais sur la qualité des systèmes experts. D'accord. En fait, plus on est capable d'apporter aux clients des outils numériques qui lui permettent de gagner en productivité, en efficacité, plus on fait la différence. L'IA va nous donner une capacité de conversation beaucoup plus approfondie avec nos clients, mais par contre, le métier lui-même, l'excellence du métier, c'est le système expert.
Et en fait, en joignant les deux, on va accélérer notre innovation.
Ça veut dire quoi ? En termes de programmation de développement, ça veut dire quoi ? Faire ce lien entre IA et système expert ?
Donc, un système expert, c'est un système qui est complètement déterministe, c'est-à-dire qu'on va le programmer et on va faire des essais de métallurgie, on va faire des essais de charge en batterie et en fait, on va définir des équations qu'on pourra vérifier. Sur ce système expert, on va pouvoir rajouter des fonctions sur lesquelles on va laisser l'IA répondre par rapport à l'ensemble des données qu'elle pourra trouver dans notre système expert.
Et quand on parle d'IA, on parle des modèles LLM que l'on côtoie tous les jours, les chats GPT, les Google Gemini, voilà, ou les Mistral, bien entendu ?
Exactement. En fait, ces IA vont piocher dans nos systèmes experts, dans des bases de données dans lesquelles chaque chiffre aura été vérifié et va pouvoir faire des réponses en fait très précises pour chaque client. Donc en fait, ce qui est génial avec l'IA aujourd'hui, c'est cette surcouche conversationnelle sur ce système expert dont les données seront validées. Dans l'industrie, on ne peut pas permettre d'halluciner. Donc, il faut que le système expert soit d'extrême qualité.
Et alors justement, c'était une interview que j'avais vue. Il faut faire attention à ce que cette IA, cette mise en place de l'IA, cette intégration de l'IA ne se fasse pas au détriment de la réflexion stratégique, c'est ça ? Parce que parfois, on est un peu fixé, on se dit, allez, l'IA, c'est la vague à prendre, il faut que je la prenne. Et on oublie un peu, peut-être, la qualité de ces systèmes experts.
Voilà, donc je pense qu'il y a beaucoup de sujets autour du l'IA. On a parlé de la partie conversationnelle, il y a la partie agentique qui est en train d'arriver. La partie agentique va devoir poser des questions aux directions générales, d'abord en termes de cybersécurité, en termes de gouvernance, puisqu'il y aura un certain nombre de décisions qui seront faites sans reporting. Donc là, il va falloir travailler la gouvernance. Et puis, il y a un troisième sujet que l'IA apporte à la direction générale, c'est repenser la relation make or buy. Pendant des années, en fait, on a vu les factures de logiciels dans l'industrie monter.
Et en fait, avec cette capacité à développer du logiciel, on va pouvoir développer de plus en plus en interne dans l'industrie des logiciels experts. Donc, je pense qu'on va voir en fait une renaissance industrielle assez forte. Donc, je suis assez optimiste.
Comment ça transforme le métier ? Il y a 1000 personnes aujourd'hui chez G, sur différents sites, mais comment les ingénieurs sont en train de se dire tiens, mon métier va se transformer avec cette IA ?
Alors, il y a des métiers qui se transforment modestement. Quand vous faites de la conception de plasturgie, il faut dessiner les pièces, il faut les concevoir. Là où l'IA va arriver, c'est qu'elle va nous permettre de faire des tests et de la simulation beaucoup plus rapide. Donc, en fait, on va gagner en productivité, mais surtout, on va gagner en précision. Auparavant, avant l'IA, lorsqu'on faisait un test mécanique, lorsqu'on faisait un test de logiciel, on faisait une, deux, trois petits tests. Aujourd'hui, on va pouvoir faire des millions de tests. L'IA va nous permettre d'aller beaucoup plus en profondeur sur chaque sujet.
Je crois que le trimestre et même l'année, ça se passe plutôt bien pour Gis, en ce moment, au niveau du business. Comment vous anticipez un peu tout ce qui se passe aujourd'hui sur la supply chain ? Dans le contexte géopolitique qui nous intéresse aujourd'hui, sur la supply chain, vous utilisez beaucoup aussi de semi-conducteurs. Aujourd'hui, on voit que ça redevient compliqué. On n'est pas au niveau du Covid, de l'époque du Covid, mais il faut anticiper tout ça. Comment on se débrouille quand on est chef d'entreprise ?
Dans l'ADN de Gis, il y a toujours eu la volonté d'avoir des stocks très importants. À chaque problème qu'on a eu dans notre histoire, et je rappelle que ça fait 25 ans qu'on a repris l'entreprise, on a connu 5 ou 6 gros chocs et on s'est rendu compte que nos stocks étaient notre force. En fait, avec la crise qui arrive, on va simplement continuer à augmenter nos stocks. Tu l'as dit, on a fait une année 2025 record, on fait un premier trimestre record et je pense que le fait d'avoir des stocks multi-années nous permet de finalement traverser les 2-3 prochains trimestres dans le cadre.
Et puis garder la confiance évidemment au sein de sa supply chain. On parle, le salon a démarré, on est mardi, donc le salon a démarré, on voit pas mal de bras, de robots et tout ça. Quand on est dans le numérique, on entend beaucoup parler des robots humanoïdes. Est-ce que ça, c'est quelque chose ? Est-ce que chez Gis, on aura des robots humanoïdes un jour ? Enfin, certainement, mais est-ce que c'est à horizon 5 ans, 10 ans,
voire plus tard ? Alors, c'est une très très bonne question. On vient d'ajouter le mois dernier un nouveau catalogue qu'on a appelé Automatique. Donc, on va commencer à développer de la mécanisation légère autour des produits qu'on fabrique. Mais, tu sais, tout ce qui est la mécanisation m'intéresse, les humanoïdes m'intéressent. Donc, écoute, on va se donner du temps, mais en tout cas, c'est la direction vers laquelle on va.
Oui, parce qu'évidemment, les humanoïdes, le problème, c'est que là, on revient sur des choses mécaniques, c'est pas uniquement du numérique.
En fait, il faut qu'on donne de la flexibilité. En fait, la force de l'Europe, c'est un tissu de TPE et de PME qui sont assez petites, qui doivent devenir de plus en plus polyvalentes. Et la mécanisation de toutes les applications va arriver, que ce soit sous forme d'humanoïdes ou sous d'autres formes mécaniques. Et sur ces sujets, Gis souhaite être demain des grands leaders.
Alors, on parle aussi de ce sujet-là, c'est un des bruits de fond aussi dans ce salon, c'est la souveraineté. Bien sûr. Voilà, comment on aborde ce thème ? Alors, évidemment, Gis, je le disais, présente dans 130 pays. Le but, voilà, c'est d'être un acteur basé en France, mais avec plusieurs sites et puis qui va rayonner à l'international. Mais comment on se dit, voilà, il faut quand même qu'on soit un acteur souverain ? Ça se traduit comment chez Gis ?
Alors, la souveraineté se traduit en multilocal. On a deux grandes usines, une en Asie, une en France. En France, on va acheter l'ensemble de nos semi-conducteurs en Europe et on va héberger tous nos serveurs chez nous. C'est-à-dire qu'on n'a pas de cloud, en fait, on est notre propre cloud et en ce moment, tous les développements sous IA sont faits sous des serveurs NVIDIA qui sont chez nous. D'accord. Et donc, on développe tout en interne. En fait, on souhaite véritablement être verticalement intégré sur les processus de fabrication, mais aussi sur l'ensemble de la recherche sur l'IA.
C'est-à-dire une sorte de souveraineté locale quand on essaie d'être souverain sur chacun des...
On souhaite être souverain localement. On ne sait pas le monde de demain, mais quand on vient du monde de l'ETI familial, avec des horizons de temps très longs, on se dit, ben voilà, il y a l'Europe, il y a les Etats-Unis, il y a l'Asie, il y a l'Afrique. Et en fait, il va falloir qu'on ait des bases pour pouvoir servir nos clients au plus près et peut-être dans un environnement fermé.
On entend beaucoup parler de l'Inde. Est-ce que l'Inde, c'est une opportunité, j'imagine aussi pour Gilles, c'est un marché à la taille d'un continent, donc on ne l'attaque pas non plus comme ça ?
Écoute, c'est un pays dans lequel on a la chance de travailler avec tous les grands constructeurs indiens dans l'automobile, une partie aussi dans la défense, et ça fait partie des sujets sur lesquels on regarde en ce moment. On parlait d'une troisième base industrielle, pourquoi pas l'Inde ?
Eh bien voilà, on sera l'occasion de se revoir en tout cas. Dernier mot sur les talents. Aujourd'hui, comment faire envie aux jeunes de venir dans l'industrie, leur dire, oui il y a de l'IA partout, allez-y, mais justement l'IA il peut se faire aussi dans les applications industrielles ?
Bien sûr, en fait l'industrie est séparée en trois, l'extraction, la transformation et les services, et en fait ce que fait l'IA c'est qu'elle transfère de la richesse, des services vers la transformation, et en fait je pense que l'industrie va recruter énormément, il va y avoir des nouvelles carrières exceptionnelles, donc venez nous rejoindre et venez rejoindre Gilles en particulier.
Voilà, Gilles, je rappelle, le site principal est basé en Mayenne et peut-être, voilà, un troisième site ce sera l'occasion de nous revoir. Merci Bruno Bouygues, président directeur général de Gilles, GYS, je le précise bien, voilà, si vous écoutez en radio, merci d'avoir été avec nous et puis un bon salon justement, j'imagine que là il y aura beaucoup d'opportunités dans tous vos domaines. Allez, à tout de suite, on marque une courte pause et on se retrouve juste après sur BFM Business. BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale. Frédéric Simotel.
Allez, on repart pour cette deuxième demi-heure BFM Business ici au Global Industrie à Paris Nord, Villepeinte. Nous sommes dans le nord de Paris, vous savez, ce salon Global Industrie se déroule alors une année sur deux à Lyon, l'autre année, eh bien là, c'est à Villepeinte. Merci d'être avec nous, Jean-Marie Saint-Paul. Bonjour.
Bonjour.
Vous êtes directeur général de Siemens Digital Industrie, alors ça comprend plusieurs métiers. Et si je devais résumer un peu en trois mots, votre champ d'expertif, c'est simulation, données, production, c'est ça ?
Oui, c'est ça, effectivement, c'est tout ce chemin depuis la conception d'un produit jusqu'à sa fabrication.
Alors, on vous connaît un peu parce que souvent, chez BFM Business, on avait reçu Alter Engineering, qui est une société qui a été rachetée il y a un an. Il y a un an à peu près, il y a un an à peu près pour plus de 10 milliards. Grosse acquisition au sein de Siemens. Aujourd'hui, quels sont les métiers, très concrètement, on a parlé de données, simulation, production, quels sont les métiers aujourd'hui de la division
que vous dirigez ? Alors, les métiers, c'est vraiment tout un portefeuille de logiciels qui est vraiment destiné aux industriels, aux bureaux d'études, aux ingénieurs qui conçoivent des produits. Donc ça, aujourd'hui, c'est près de 30 000 collaborateurs chez Siemens aujourd'hui qui travaillent dans le logiciel pour l'industrie. Et puis ensuite, une fois qu'on a conçu un produit, il faut l'amener vers la production et c'est toute l'automatisation de cette production avec toutes les technologies qui interviennent aujourd'hui dans l'automatisation. Bon, on en parlera, je pense, puisque c'est un peu le sujet de ce salon.
Et si on devenait vos concurrents, on va dire que vous êtes entre un Schneider et un Dassault Systèmes.
Pour parler, effectivement, d'amis et collègues français, tout à fait, oui.
Alors, aujourd'hui, on est ici, il y a plusieurs tendances qui se dégagent de ce salon global d'industrie. La première, c'est cette IA industrielle. Qu'est-ce qu'on entend par IA industrielle ? On a parlé, évidemment, les machines sortent des données, il y a une gouvernance de cette donnée autour de la derrière, il y a une collecte, il y a un travail à faire autour de cette donnée. Mais vous, comment vous la définissez ?
Comment est-ce qu'on la définit ? Déjà, évidemment, c'est une technologie dont tout le monde parle. Et de notre point de vue, c'est une technologie qui est transformante dans le sens où il n'y a pas d'option. Il faut absolument adopter l'IA industrielle au sein de l'ensemble du tissu français. Pour moi, c'est ce qui va définir ceux qui produiront et ceux qui ne produiront plus demain. Cette IA industrielle, c'est vraiment une technologie qui va accompagner l'industriel dans une idée d'efficacité, d'être capable de produire mieux, plus vite et de manière plus agile.
C'est vraiment une technologie que je dirais pervasive qui se diffuse un peu partout, à la fois dans le domaine de la production mais aussi dans le domaine du logiciel. On la retrouve un peu partout dans tout un tas de cas d'usage.
Alors, aujourd'hui, comment ça peut permettre avec Siemens, vous allez accompagner vos clients à améliorer leur compétitivité industrielle ? Est-ce qu'ils sont prêts aussi à cette... Alors, évidemment, l'industrie 4.0, on en parle depuis pas mal d'années, cette data, mais bon, c'est une transformation compliquée, puis l'IA vient complètement accélérer tout ça. Comment ça se passe ?
En tout cas, ce qu'on voit, c'est que si on prend des sondages, Global Industrie, par exemple, avait fait un sondage l'année dernière qui montrait que, en termes de liste de priorité pour les PME, PMI françaises, on voyait que l'IA était plutôt bas en termes d'envie d'y aller. et on voit aujourd'hui aussi qu'uniquement 13% à peu près des PME l'ont déployé. Alors même qu'aujourd'hui, il y a des cas d'usage très, très concrets qui sont disponibles et Siemens investit beaucoup là-dedans. Je pense, par exemple... Donne-nous quelques cas d'usage. Oui, l'inspection de pièces détachées dans le domaine de la batterie.
Par exemple, on a un client qui, en moins d'une heure, a été capable de, avec un logiciel chargé à l'IA qui s'appelle Inspecto, capable de mettre en place un système d'inspection de qualité sur ses batteries. On lui a montré quelques batteries, des pièces défectueuses, des pièces qui étaient les bonnes. Et en une heure, la machine a appris et ensuite, on a pu mettre ça en place immédiatement et de manière très, très pratique, très pragmatique. Je pense aussi qui permet la maintenance prédictive des machines où là aussi, on va apprendre à la machine qu'est-ce que c'est qu'une machine qui fonctionne, qu'est-ce que c'est qu'une machine qui ne fonctionne pas.
Et ensuite, l'IA va pouvoir détecter en avance les problématiques et avoir un échange avec le technicien sur l'erreur si toutefois elle devait arriver. Et là, on a des cas très, très concrets d'usage.
Alors, quand on parle, je vous ai dit tout à l'heure de vos trois expertises, la donnée, la simulation, la production, simulation, on parle beaucoup de jumeaux numériques. Et là, je crois que vous annoncez un gros partenariat autour de la simulation 3D. C'est ça ici sur ce salon. Très concrètement, comment ça va transformer l'usine de demain aujourd'hui ?
Alors, effectivement, on va annoncer un partenariat avec une société qui s'appelle 3Dverse qui est une société canadienne. Pour nous, chez Siemens, il est très, très important de développer des écosystèmes. On ne peut pas résoudre tous les problèmes tout seul et même si on a une très grosse force de frappe en tant qu'entreprise, on est d'ailleurs le premier émetteur européen donc on investit très massivement. Il nous faut quand même d'autres acteurs autour de nous.
3Dverse va nous apporter des technologies qui nous permettent de connecter les jumeaux numériques au travers de ce que je pourrais appeler un système d'exploitation 3D qui va permettre vraiment d'accélérer l'accès à ces jumeaux numériques au travers de connexions à distance et qui permettent vraiment de créer quasiment un métaverse industriel qui permet vraiment de s'immerger dans ce monde virtuel pour être capable de traiter des problèmes très, très réels sur le terrain.
Et ça, est-ce que ça va changer justement la façon de concevoir, d'exploiter une ligne de production justement, de créer cette usine virtuelle, cette simulation, ce jumeau numérique pour ensuite passer au monde physique ?
On voit très, très clairement qu'effectivement les choses changent très, très vite de ce point de vue-là. Je prends pour exemple un de nos clients qui est dans le domaine de tout ce qui est viennoiserie, une société Bridor qui utilise justement ces technologies d'IA en étant capable d'inspecter la qualité de ses croissants. Et ça, pour lui, ça a été un bond en termes de productivité tout à fait massif. On a utilisé des technologies Siemens avec ce qu'on appelle des hedges, vous savez, ces petits calculateurs qu'on met en bout de ligne.
C'est des hedges qui sont ouverts, donc on a pu mettre une technologie d'un partenaire tiers qui permet ensuite, avec une simple caméra, d'inspecter la qualité du croissant. Et donc, ça, ce sont des exemples qui montrent encore une fois à quel point, dans des cas très, très pratiques, une PME, une ETI peut accélérer dans son métier de manière drastique. Et on est convaincu chez Siemens qu'on n'a pas le choix, il faut vraiment y aller parce que si nous, on ne le fait pas en Europe, alors même qu'on a tout ce savoir-faire, eh bien, on va être dépassé par les autres régions du monde.
La qualité du croissant grâce à l'IA, voilà.
Mais oui, c'est important, surtout le matin.
C'est un univers industriel très, en plus, Brideur qui est en ce moment un grand renouveau stratégique aussi. Justement, la donnée industrielle, on parle beaucoup de souveraineté aujourd'hui. Les industriels, vous les sentez plus concernés aujourd'hui aussi par ces données parce qu'auparavant, il y avait de la donnée pour faire de la maintenance, mais voilà, la souveraineté était un peu moins au cœur de leurs enjeux. Aujourd'hui, vous sentez quand même que cette donnée, elle doit rester, on parlait de Hedge à l'instant ?
Ça commence, ça commence, parce que c'est vrai qu'on est un peu sur une loi de Pareto inverse pour le moment, c'est-à-dire qu'uniquement 20% des données industrielles en Europe sont exploitées. C'est bien hommage parce que là, on a vraiment de l'or. On a en Europe, effectivement, beaucoup de données industrielles de manière historique, beaucoup de savoir-faire industriel aussi et ce sont ça les clés indispensables pour être capable de déployer une IA performante. Et donc, à condition que, en tant que communauté européenne, on crée l'environnement législatif et réglementaire qui nous permettent vraiment aux industriels de, je dirais, de déployer et d'échanger.
Un industrie acte,
quelque part ? Oui, oui, oui. Et d'ailleurs, l'Europe va dans ce sens-là mais je pense qu'il faut vraiment continuer autour du digital omnibus, etc., à faciliter les échanges de données et pas trop sur-réglementer. On a vraiment le moyen en Europe, en tout cas, d'être un champion mondial dans le domaine de l'IA industriel. C'est notre cœur de savoir-faire historique. Il faut qu'on exploite nos données, il faut vraiment qu'on aille de l'avant, qu'on soit un grand groupe ou une PME ou une ETI.
Jean-Marie Saint-Paul, votre fonction en tant que directeur général de Siemens Digital Industrie, vous êtes au cœur vraiment entre l'industrie, l'IA, les services, l'extraction, la production. Comment, c'est quoi pour vous les freins, par rapport au potentiel de l'IA ? Quels sont les freins quand vous allez voir vos clients, vos partenaires ? C'est quoi le petit déclic qu'ils doivent avoir pour passer justement cette exploitation de l'IA ?
Si je mets de côté les histoires réglementaires dont je parlais tout à l'heure, je pense que le frein principal, c'est vraiment à la fois la curiosité et la formation. Chez Siemens, en tout cas, si on prend notre propre exemple en tant qu'entreprise, parce qu'on est aussi une entreprise industrielle, on a 125 usines dans le monde, 3 en France, pour nous, on investit massivement dans la formation de nos collaborateurs, plus de 400 millions d'investissements chaque année. On met à disposition ces moteurs de LLM à nos collaborateurs.
On a notre propre moteur qui s'appelle Siemens GPT qui va justement s'appuyer sur toutes les technologies LLM disponibles dans le monde, y compris d'ailleurs des Français comme Mistral. Et ça, ça permet à nos collaborateurs d'expérimenter, de tester, parce que je pense que c'est important de laisser le collaborateur s'approprier la technologie. Et donc, il faut à la fois fournir des solutions très concrètes comme celle dont j'ai parlé tout à l'heure, avec Kingspecto, avec Sensai, etc. Et en même temps, laisser aussi un espèce de bac à sable qui permet à chacun de s'approprier ces technologies et de voir comment faire corréler cette technologie avec ses compétences métiers.
Parce qu'on le dit, on ne le dira jamais assez, une IA, c'est bien, mais il faut absolument qu'elle puisse s'ancrer dans un métier. Et ça, c'est aussi la mission de Siemens.
Vous semblez moins inquiet, on va dire, que dans d'autres domaines de ce potentiel de l'IA, de la façon dont ça va transformer les métiers ?
Je suis moins inquiet. Disons que, pour moi, il y a souvent le débat sur est-ce que ça va remplacer des gens etc. Pour moi, ça va plutôt compléter, c'est-à-dire qu'au travers de cette IA, on va vraiment être capable d'aller plus loin, plus fort. Je dirais que ça va vraiment permettre de faire des choses qu'on n'était pas capable de faire avant et surtout, ça donne une chance à l'Europe de faire un saut quantique en termes de productivité et en termes d'agilité avec les crises actuelles. C'est vrai que les questions de supply chain, etc., c'est assez compliqué.
On a une chance unique de pouvoir relocaliser un certain nombre de choses, mais relocaliser, c'est bien, il faut quand même rester compétitif et je pense que l'IA, à partir du moment où on saura exploiter nos données européennes, on en a beaucoup, on peut se remettre vraiment dans les rangs.
Merci infiniment Jean-Marie Saint-Paul, directeur général de Siemens Digital Industries, d'être venu nous parler de tous ces sujets dans le cadre de ce salon Global Industrie et donc on retiendra dans l'actualité justement ce partenariat dans la partie jumeau numérique avec de la simulation 3D. Merci infiniment d'avoir été avec nous. On marque une courte pause, on se retrouve juste après avec notre invité suivant. Évidemment, on va continuer à parler industrie et là, on va parler de fabrication additive. C'est tout de suite. Tech & Co Business, l'invité.
Allez, on poursuit notre émission Tech & Co Business au salon Global Industrie ici à Paris Nord-Villepin donc on est dans le nord de Paris et on va parler de fabrication additive d'impression 3D avec l'un des spécialistes dans ce domaine, Julien Marcilli. Bonjour. Bonjour Frédéric. Julien, merci d'être avec nous. Vous êtes président de FIV Adop, filiale du groupe FIV et vous êtes alors, en fait, c'est vous qui fabriquez ces machines, ces imprimantes 3D. C'est ça, racontez-nous.
Tout à fait. Alors, FIV Adop, on est le leader français de l'impression 3D métallique et donc on conçoit des imprimantes, des machines qui fabriquent des pièces en métal. On est environ 150 personnes, on est basé à Clermont-Ferrand, on a également un site aux Etats-Unis et deux sites dans le lot.
Et alors, qu'est-ce qui change de faire de la fabrication métal, de la fabrication 3D plus classique avec de la résine, du plastique, d'autres matières ?
Alors, si vous voulez, quand on produit en 3D de manière classique, quand on produit de manière classique une pièce métal, on prend un morceau de métal et on vient couper, percer, retirer de la matière. Ici, cette technologie qui est complètement révolutionnaire, elle permet d'étaler de la poudre avec des grains de poudre qui peuvent être très petits, qui peuvent faire 5 microns et on vient laser avec des lasers pour construire la pièce couche par couche. ce qui permet de faire des formes qui sont absolument infaisables en fabrication traditionnelle, en usinage, en perçage.
Alors, vous parlez de ça parce que je crois qu'il y a deux technologies. Il y a celle dont vous venez de parler qui est la fusion sur lit de poudre et puis il y a une autre qui est déposition d'énergie dirigée, c'est ça ?
Tout à fait. Alors, celle dont je viens de vous parler, c'est le lit de poudre, c'est celle qui présente à peu près 80% du marché.
Donc là, on comprend, couche par couche,
on arrive à créer cet objet. Tout à fait. Et l'autre qui s'appelle le DED, on vient propulser de la matière en fusion sur une pièce. C'est généralement pour faire de la réparation ou de l'ajout de fonctions.
Alors, quelles sont les principales ruptures technologiques aujourd'hui justement dans cette impression 3D ? Alors, nous, on fait des machines
qui sont faites par des industriels pour des industriels. Donc, c'est des machines qui sont utilisées pour produire des pièces qui sont utilisées dans des avions, par exemple, qui sont utilisées dans des sous-marins, qui sont utilisées dans le médical, aussi, on fait des implants médicaux ou également dans l'automobile. Et donc, si vous voulez, la pression 3D métallique a plusieurs avantages. C'est d'abord, ici, j'ai un échangeur thermique.
D'accord.
Échangeur thermique. Je vous donne quelques exemples. Cette pièce, en impression 3D, on met deux jours à la fabriquer. Si on devait la fabriquer de manière classique, on viendrait acheter des pièces, on viendrait souder, on viendrait visser. Il faudrait probablement plus de deux semaines pour la fabriquer. D'accord. Deuxième avantage, vous l'avez touchée tout à l'heure, elle est extrêmement légère. Si on met cette pièce sur un satellite, le coût... Oui, on rappelle,
il y a une impression, une imprimante 3D métal de chez vous qui est en ce moment qui tourne autour de nos têtes dans l'ISS, c'est ça ? Tout à fait. Je peux y revenir
un petit peu après. Mais du coup, le premier avantage dont je vous ai parlé, c'est le fait qu'on fabrique très vite. Donc, on fabrique très vite et on n'est pas dépendant de fournisseurs puisque cette pièce est faite en un seul morceau. la non-dépendance de fournisseurs, c'est très important. Oui, parce qu'il y a
la supply chain, s'il faut la réunir...
Exactement. On sécurise la supply chain. Deuxièmement, elle est très légère. Envoyée dans l'espace, si c'est très léger, ça coûte moins cher. Troisième avantage, c'est qu'on fait des formes qui sont infaisables autrement et donc, on gagne également en performance. Donc, on gagne à peu près 10 fois en lead time, en temps de fabrication, on gagne 30% en poids, on gagne 20% en performance.
Et on est certain que derrière, en termes de qualité, on en revient, j'imagine, ça répond aux mêmes normes qu'une machine si elle avait été usinée plus traditionnellement.
Tout à fait, ça répond. Et même parfois, on a des meilleurs résultats. Il y a une étude qui montre que la machine adopte en termes de test de fatigue est meilleure que quand on le fabrique en fabrication classique.
Alors, ça va être quoi la limite technologique ? Est-ce que c'est la taille des objets ? Est-ce que c'est la vitesse ? Vous ne l'avez pas dit. Est-ce qu'en termes de coût aussi, on est plus avantageux ?
Alors, il y a des business models qui marchent très très bien. Par exemple, Michelin aujourd'hui fait tous ses moules de pneus en 3D. Là, je vous ai amené des implants. Ça, c'est un implant d'épaule. D'accord. Ça, c'est un implant de genou. Aujourd'hui, l'ensemble des implants médicaux, toute nouvelle implant médical qui est développée, il est fabriqué en 3D parce que le modèle économique fait que l'implant est moins cher. Et deuxième avantage, ces implants sont faits sur mesure. Quand vous les fabriquez de manière classique, vous n'avez pas forcément l'implant qui vous correspond. Et en plus, et ça, c'est également très important.
Donc, il y a un jumeau numérique de l'implant. Il y a un jumeau numérique
de l'implant, comme pour vos dents. Aujourd'hui, pour vos dents, on vient les scanner, on les fabrique. Aujourd'hui, grâce à l'impression 3D métallique, on peut venir scanner votre épaule et fabriquer l'implant qui correspond exactement.
Je voulais juste, parce qu'on va parler du projet massif que vous annoncez ici, mais juste un moment, on parlait de l'ISS. Donc, à bord, les astronautes, ont une imprimante 3D métal, donc de HADUP, pour des pièces qui pourraient manquer.
Tout à fait. Donc, c'est un projet qu'on a fait avec le CNES et Airbus Defense & Space. Et l'idée était qu'au lieu de mettre des outils, par exemple, des marteaux, des tournevis, etc., dans une fusée pour les monter dans l'ISS, on y monte une machine et on les fabrique dans l'ISS. Et donc, on a fabriqué une première pièce et ça a très bien fonctionné. On en est très fiers et très contents. Et ça montre encore un autre avantage de l'impression 3D qui est extrêmement important, c'est qu'on peut fabriquer une pièce en un seul morceau à l'endroit où on a besoin. Et dans un environnement extrême. Dans un environnement de microgravité extrême.
Mais du coup, on pense à la défense, on pense aux forces armées, venir fabriquer une pièce de rechange sur un site de guerre. On pense également aux plateformes pétrolières, venir fabriquer une pièce de rechange sur une plateforme pétrolière au lieu de venir l'amener de métropole, par exemple, avec du transport, l'impact sur l'environnement.
Oui, parce que ça paraît fou, depuis tout à l'heure, là vous avez parlé d'aérospatial, de médical, l'outillage pour la fabrication des moules, vous parliez de Michelin, de la défense. Vous êtes présent dans tous les secteurs avec ces imprimantes ?
Alors, on est présent dans tous les secteurs, mais essentiellement dans le spatial et la défense. Je peux citer Thales, je peux citer Sirius, les boîtes du New Space qui fabriquent des moteurs de fusée. On est présent dans le médical, beaucoup de start-up américaines, aussi quelques grands groupes pour les implants. On est aussi présent dans l'automobile, je vous ai parlé de Michelin, les Formule 1 également, une Formule 1 avec des pièces moins lourdes, ça va plus vite.
Alors, actualité ici, c'est le projet Massif qui est à l'électif. Alors c'est quoi ? C'est pour construire des encore plus grosses pièces, c'est ça ?
Tout à fait, parce qu'aujourd'hui, une pièce 3D métal, vous voyez, les pièces que j'ai amenées sont relativement petites. Aujourd'hui, une machine de taille moyenne, ça permet de faire des pièces de 35 cm par 35 cm par 35 cm. D'accord. Et donc, tous ces industriels, en particulier ceux de la Défense, qui ont compris tout ce que leur apportait la 3D, ils ont été nous dire, ils ont été dire aussi à la DGA, la Direction Générale de l'Armement, nous, ce qu'on aurait besoin, c'est d'une machine plus grande. C'est d'une machine pour faire des pièces de structure, c'est une machine pour faire des moteurs d'avion en un morceau, c'est une machine pour faire des blocs hydrauliques dans un sous-marin.
Donc là, on est vraiment dans des engins, enfin des constructions qui font plusieurs dizaines de centimètres. C'est ça,
là on parle de machines qui font 750 mm par 750 mm donc 75 cm par 75 cm par 1 mètre et on parle même d'une machine d'1,50 m par 1,50 m par 1,50 m et donc, on développe ces deux machines, une première qui sera la Formup 750 qui sera disponible tout début 2027, donc on est à la toute fin de ce développement et c'est un développement 100% français avec des partenaires français et des sociétés françaises comme le CETIM, IPS, K-Labs ou Dassault Systèmes et Vistory, Vistory qui permet la blockchain, c'est-à-dire la sécurité des données parce que notre machine est extrêmement digitalisée donc on a aussi un sujet surtout pour la défense de cybersécurité et donc, on a été financé par France 2030 par la BPI en partie pour le développement de cette machine.
Et là, même dans ces grandes machines, on est toujours avec ces technologies lit de poudre, déposition d'énergie dirigée, c'est ça ?
Oui, c'est exactement, ça sera une première mondiale d'ailleurs, c'est-à-dire qu'une machine d'un mètre cinquante par un mètre cinquante par un mètre cinquante en lit de poudre avec les niveaux de productivité, les niveaux de qualité de pièce, ça sera une première mondiale.
Oui, donc c'est carrément incroyable.
Et c'est incroyable, c'est une révolution et l'idée étant de pouvoir produire parfois des pièces extrêmement complexes. Imaginez un moteur d'avion en un seul morceau.
Donc là, vous êtes en train de révolutionner complètement l'usinage un peu de ces pièces.
C'est une révolution industrielle, encore une fois, un moteur d'avion ou une grosse pièce de structure fait en un seul morceau avec aucune dépendance à aucun fournisseur, avec un lead time extrêmement court et des pièces plus légères, c'est une révolution.
Et aujourd'hui, ce qui est compliqué après derrière, c'est le passage à l'échelle industrielle. Aujourd'hui, parce que j'imagine pour construire ces grandes pièces, alors je parle du projet massif, mais voilà, il va falloir plusieurs imprimantes pour fournir en temps en heure tous ces industriels. Ça, c'est l'étape d'après encore.
Non, il y a des industriels qui se sont lancés. Après, il y a un temps long parce que, comme vous l'avez dit, c'est des pièces de sécurité, c'est des pièces qui vont dans des avions, c'est des pièces qui vont dans le corps humain. Il y a des temps de qualification. Adop accompagne, c'est-à-dire que nous, on ne fait pas que des machines. On a aussi, c'est dans l'ADN de Fiv, de notre actionnaire Fiv qui a 200 ans et qui a fait les ascenseurs de la tour Eiffel et qui aujourd'hui fait les machines d'impression 3D, c'est d'accompagner les clients. Donc aujourd'hui, on a une vraie offre.
La moitié de notre chiffre d'affaires, elle est dans une offre d'accompagnement de nos clients à la sélection des pièces, au montage du business model, au développement. Et donc, les industriels qui ont envie d'y aller, ça prend du temps, ils y vont avec nous, on est en partenariat et on fait des choses magnifiques.
Et puis, rappelons une chose qui est importante ici sur ce salon, c'est la production locale. Quand on parle de relocalisation de l'industrie, là voilà, alors on peut avoir sa petite imprimante dans sa station spatiale mais justement, ce que vous dites, c'est qu'on peut l'avoir, vous parliez de défense sur une base militaire, on imagine ce genre de choses, on n'est plus obligé d'être dépendre d'un site avec toute la supply chain derrière.
Exactement, il n'y a aucune dépendance à une supply chain, on a sa machine, on a les paramètres dans un ordinateur, on appuie sur les boutons, on imprime la pièce et on n'a même pas de pièces de rechange. Les pièces de rechange, on peut les imprimer au besoin. un impact positif sur l'environnement, production de la pièce très rapide,
une révolution. Merci Julien, merci d'être venu nous parler de tout ça. Donc président de FIV, Adobe, c'est la filiale du groupe FIV Technologie que l'on connaît bien évidemment chez BFM MissDest mais dédiée à cette impression 3D métal, ces imprimantes 3D impressionnantes et justement, on attend de voir cette immense machine pour l'impression de réchange. On est vraiment quelque chose de révolutionnaire, il faut bien comprendre tout ça. Merci d'avoir été avec nous. Allez, on marque une courte pause, on retrouve notre dernier invité, c'est tout de suite, on va parler souveraineté avec lui, c'est tout de suite sur BFM Business. Tech & Co-Business, la chronique expert.
Allez, dernier rendez-vous de cette émission Tech & Co-Business depuis le salon Global Industrie Paris-Nord-Villepinte avec Ludovic Donati. Bonjour Ludovic. Bonjour Frédéric. Merci d'être avec nous, responsable numérique et environnement de la French Corporate Community alors qu'il y a un think tank, un do-tank autour de la transformation numérique, la transformation énergétique de l'industrie notamment. et puis vice-président de l'AFNET qui est un accélérateur justement de ces transformations des filières industrielles par le numérique. Alors voilà, la première question est justement autour de ça. On parle beaucoup de réindustrialisation, c'est redevenu une priorité stratégique.
On en est où aujourd'hui ? Parce qu'on a vu que 2025, ça s'était plutôt bien passé, 2026, non, 2024 c'était bien, 2025 ça a un peu freiné. Là, il faut redonner un élan. Qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui ?
L'ambition est bonne aujourd'hui parce qu'on a bien compris qu'avec toutes les crises que l'on voit et en particulier la crise actuelle en Iran, on a besoin d'une industrie qui est forte, une industrie pour la défense, pour l'armement, pour l'aéronautique. Donc il y a une ambition qui est forte. Maintenant, il y a des moyens à mettre en œuvre. Parmi ces moyens, l'usage de la donnée est essentiel, mais il y a aussi refabriquer des usines en France et en Europe. Donc pour ça, il faut une impulsion qui soit non seulement française mais aussi européenne parce que les moyens à dépenser sont extrêmement importants. Donc il faut aller plus vite dans l'exécution
parce que l'intention, on l'a, mais c'est l'exécution, c'est là où il faut... Alors je dirais qu'il y a deux choses.
Il y a aller plus vite dans l'exécution et le financement. Aujourd'hui, la quantité d'argent à mettre sur la table, si j'ose dire, elle est absolument colossale parce qu'il faut reconstruire des chaînes de valeur. Si je prends l'exemple de la batterie par exemple ou du véhicule électrique, on veut aujourd'hui avoir une transformation globale vers le véhicule électrique, vers les batteries pour pouvoir stocker de l'énergie et se retrouver moins dépendant du pétrole. Ça nécessite des investissements qui sont colossaux que les Chinois ont fait il y a depuis 20 ans, 30 ans.
Les Chinois aujourd'hui maîtrisent parfaitement les technologies de batterie et vont jusqu'à vous produire des véhicules électriques qui sont globalement... Sur un plan qu'ils avaient décidé en 2015.
Exactement. C'est un plan,
c'est planifié et aujourd'hui, la production de véhicules électriques se fait en maîtrisant les technologies de batterie et le tout pour deux fois moins cher que ce qu'est capable de faire aujourd'hui l'industrie européenne. Donc il y a des investissements qui sont très conséquents et si on n'y prend pas garde, ça peut amener à la perte d'une partie de cette industrie puisque justement, on n'arrivera pas à être suffisamment compétitif.
Mais ça se chiffre beaucoup. On parle souvent ici de semi-conducteurs sur Tech & Co, sur BFM Business. C'est vrai que si on voulait vraiment redémarrer quelque chose dans le semi-conducteur, c'est 30-40 milliards. Oui, on parle
pour les filières industrielles, c'est plusieurs dizaines de milliards par filière. Donc c'est pour ça qu'il faut arriver à conserver les filières industrielles sur lesquelles nous sommes forts. Je pense par exemple aujourd'hui à l'aéronautique et même pour la France à l'industrie de défense. Et là, on a vraiment des atouts à jouer et des atouts à jouer y compris sur le numérique et la gestion de la donnée puisqu'on a beaucoup de données et qu'on est capable ainsi de pouvoir assurer une continuité numérique sur la chaîne de valeur avec derrière aussi de la souveraineté.
Et sur les nouvelles industries, l'innovation doit arriver aussi par l'intelligence artificielle et la compétitivité de l'industrie par l'industrie 4.0 et 5.0.
Et c'est là où l'IA peut nous permettre d'aller plus vite et revenir à des coûts parce qu'évidemment quand on parle industrie, on parle forcément de coûts moindres quand on va voir les pays asiatiques ou l'Inde. Et l'IA peut nous aider à redevenir compétitifs par rapport à ces pays
en relocalisant l'industrie. Prenons un exemple d'une industrie comme celle du médicament. Aujourd'hui, avec les données et la connaissance qu'on a acquis sur certains médicaments et les algorithmes qu'on est capable de développer, je pense qu'on est capable de réduire très fortement le temps d'arriver sur le marché de nouveaux médicaments. Il y a une vingtaine d'années, on était obligé de screener, de fabriquer beaucoup de molécules, de faire beaucoup de tests. Aujourd'hui, grâce aux algorithmes d'intelligence artificielle, on est capable d'être beaucoup plus ciblé. Je pense par exemple à DeepMind aussi qui travaille sur la configuration des protéines.
Tout ça, c'est vraiment un facteur d'accélération extrêmement fort pour l'industrie. Et derrière, on parle d'industrie 4.0 quand il s'agit de fabriquer. Et donc, on revient sur de la maintenance prédictive, on revient sur de l'opérateur augmenté de manière à pouvoir avoir des coûts beaucoup plus compétitifs que sur des pays à bas coût.
Et c'est là où il faut vraiment assister pour ne pas avoir cette fracture numérique et industrielle entre justement nos industriels. Vous les sentez ? Il y a un élan quand même aujourd'hui si on se promène dans les années de Global Industrie ? Là, je trouve que
sur Global Industrie, un élan. Je suis très heureux de voir beaucoup d'amis qui étaient des petites start-up qui aujourd'hui ont des très grosses tendres. Je pense par exemple à Optimistik que je vois à côté. J'en ai vu d'autres aussi, Hexagone, etc. qui aujourd'hui sont extrêmement forts et apportent à l'industrie française et même européenne une manière de gérer la donnée et de développer des algorithmes qui leur permettent de rester dans la course. Et tout ça,
on va réussir à le faire avec cet esprit de souveraineté de données industrielles parce que là aussi, voilà, la souveraineté, on comprend, mais allez dire à des industriels que vous soyez souverains sur vos données. Ça aussi, c'est un apprentissage. Alors, c'est toute la difficulté
parce qu'il faut être compétitif. Donc, on va faire appel à des grands fournisseurs de cloud, de logiciels qui vont permettre de stocker les données et derrière, il faut s'assurer que ces données soient stockées en Europe, en tout cas en France et garder une certaine souveraineté. Et c'est là où on va toujours avoir cette dichotomie entre avancer vite, pouvoir investir à moindre coût et s'assurer de cette souveraineté. Donc, il y a des réflexions à avoir et ces réflexions, elles ont lieu avec le gouvernement, elles ont lieu avec l'Europe, je pense à l'IA Act en particulier. Mais il est clair que sur la compétitivité, il faut pouvoir avancer grâce à ces données.
Et c'est le rôle de la fenêtre, d'ailleurs, je disais, la fenêtre, c'est un accélérateur de ces transformations numériques parce que je vois que pour l'industrie, on leur demande de se transformer avec l'IA, de se transformer, d'accélérer leur transformation numérique, leur transformation IA, leur transformation si énergétique parce qu'on ne peut pas se permettre aujourd'hui de ne pas y réfléchir quand on se lance. Ça fait beaucoup de choses sur lesquelles... Et les métiers qui se transforment... C'est à ça que servent
les think tanks et do tanks des grands groupes et des filières, c'est justement pouvoir mener ces projets de filières. Je pense au Digital Product Passport, par exemple, pour les batteries, pouvoir assurer la traçabilité des métaux jusqu'à la fabrication de la batterie. C'est extrêmement important de pouvoir stocker ces données et d'assurer une continuité numérique de ces données. Et derrière, assurer cette continuité numérique, on a tous les sujets de standardisation. C'est parfois un mot qui n'est pas toujours très agréable parce qu'on a envie de pouvoir foisonner, d'aller vers l'innovation.
Mais derrière, pour des grands groupes industriels et des grandes filières, je pense en particulier à l'aéronautique, pouvoir assurer une continuité numérique de la donnée et sa traçabilité est extrêmement important. Et ça arrive jusqu'au PME. Oui, parce que justement, il faut qu'ils entraînent tout leur écosystème. C'est là la difficulté. Et arriver à entraîner l'écosystème, c'est aussi pouvoir investir ensemble, y compris pour les PME pour leur permettre de faire leur révolution numérique et de commencer à utiliser l'IA. On a la chance aujourd'hui, néanmoins, puisqu'on commence à avoir vraiment bien industrialisé l'IA, on a des algorithmes, on a l'IA agentique qui est disponible.
Donc ça, ça permet de réduire les coûts. Derrière, la contrepartie, c'est effectivement travailler sur la souveraineté de la donnée et bien sûr, ne pas oublier la cybersécurité parce qu'on devient de plus en plus vulnérable.
Oui, justement, ça c'est un sujet. Alors, on l'entend un peu moins à droite à gauche, mais j'imagine qu'aujourd'hui, un industriel, il sait qu'on a suffisamment d'exemples aujourd'hui et notamment dans l'industrie de gros incidents, de gros accidents, même cyber. Aujourd'hui, oui, ça s'est rentré dans l'ADN des industriels. Aujourd'hui,
c'est beaucoup plus rentré dans l'ADN des industriels. On a pas mal d'exemples qui montrent que la cybersécurité, ça peut non seulement, on peut nous récupérer des données, mais on peut aussi les corrompre. Il peut y avoir des accidents. Vous imaginez un haut fourneau sur lequel on change la température, ça peut avoir des conséquences qui sont absolument dramatiques.
Vous parliez tout à l'heure de l'industrie des matières premières. Je sais que vous êtes un spécialiste, notamment, de tout ce qui concerne le lithium, cette terre rare et des autres terres rares dont on a bien besoin aujourd'hui. On en est où aujourd'hui en France ?
Aujourd'hui, en France et plus globalement en Europe, il y a le Critical Armaterials Act qui permet de sécuriser et qui demande aux États membres de sécuriser une partie d'approvisionnement de leur chaîne de valeur en métaux. Et je fais le lien en particulier avec le BRGM et avec l'intelligence artificielle, rouvrir l'inventaire minier et travailler sur des algorithmes qui vont permettre de détecter des nouveaux gisements ou de trouver des nouveaux moyens de traiter ces gisements pour les rendre plus compétitifs. Les gros gisements, les très importants aujourd'hui, ils sont principalement en dehors d'Europe. Mais on a aussi une carte à jouer.
si on utilise bien la data et l'IA et il y a certaines start-up en France qui y travaillent et qui, à mon avis, dans les années à venir, seront très prometteuses là-dessus. Ludovic Donati, sur tout l'ensemble
de ce dont on vient de parler, vous êtes plutôt optimiste aujourd'hui. Vous dites, on sent quand même qu'il y a un élan.
Il y a plus, évidemment. Oui, tout à fait. Je pense qu'il faut rester optimiste. On le voit ici sur Global Industry, il y a de plus en plus de stands qui sont de plus en plus gros. Il y a une volonté de transformation qui, quelque part, est peut-être aussi forcée par le contexte géopolitique actuel. Mais, clairement, il y a une prise de conscience qu'aujourd'hui, il est nécessaire de réindustrialiser et d'avoir une compétitivité industrielle qui va venir en particulier par le numérique et par la maîtrise des données et des algorithmes. Et notamment
de cette intelligence artificielle. Merci, Ludovic Donati, d'être venu parler de tout ça. Je le rappelle, vous êtes responsable numérique et environnement de la French Corporate Community, ce do-tank, think-tank autour de la transformation numérique et de la transformation énergétique, voulue par le gouvernement, d'ailleurs. C'est soutenu par le gouvernement. Oui, exactement.
On est soutenu par le gouvernement et notre président, c'est Nicolas Guérin qui s'est énormément investi en France et qui s'investit maintenant en Europe. Voilà, avec tous les industriels
derrière. Et puis, vous êtes, je rappelle aussi, vice-président de la FNET, accélérateur des transformations des filières industrielles par le numérique. Voilà, c'est ce qu'on voit. Vous illustrez bien un peu cette émission. C'est ce qu'on voulait vous montrer ici depuis le salon Global Industrie. C'est comment l'industrie est en train d'accélérer aussi sur ces domaines. On vous parlait beaucoup d'industrie 4.0. On avait parfois du mal à matérialiser tout ça.
Mais je crois qu'aujourd'hui, avec le potentiel de l'IA, de la transformation numérique, de tout ce que l'on doit faire aujourd'hui pour être vraiment compétitif, eh bien, on voit enfin, on comprend enfin l'apport de ce numérique et de cette intelligence artificielle. Merci d'avoir été avec nous. On se retrouve la semaine prochaine. On sera là, revenus sur nos plateaux de BFM Business. Excellente semaine sur BFM Business. Tech & Co Business sur BFM Business.