Manifestation du 17 octobre à Pau : le maire Jérôme Marbot "frappé et choqué"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes sidéré, en colère ce matin ? Quel est votre sentiment ?
- 1:26RelanceRéponse partielle
Mais est-ce que ça aurait pu être évité ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Vous ne pouvez pas ajouter de policiers nationaux, mais vous pouvez ajouter des policiers municipaux. Est-ce que c'est votre volonté ?
- 4:07RelanceRéponse directe
De mobilisation de force de l'ordre, de maintien de l'ordre ?
- 5:59OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes inquiet pour les prochains rassemblements ?
- 7:24RelanceRéponse directe
Quand on voit les dégâts dans certaines villes, à quel point les forces de l'ordre ont été dépassées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« je suis frappé en tout cas et choqué de ce qui s'est passé samedi après-midi à Pau. »
- 0:56Invité politiqueFait
« très vite les choses ont mal tourné avec, vous l'avez dit, une quarantaine de jeunes qui étaient en marge de la manifestation, qui n'étaient en réalité presque pas des manifestants »
- 1:41Invité politiqueFait
« il a manqué à un moment des effectifs dans les forces de l'ordre. Puisque des renforts ont dû être appelés des villes voisines »
- 2:11Invité politiqueFait
« je reçois les syndicats de police dans ma fonction de maire, y compris les syndicats de la police nationale, qui me font remonter qu'ils sont en sous-effectif. Et en sous-effectif chronique depuis de nombreuses années. »
- 4:07Invité politiqueFait
« semblablement, il y a en tout cas un dysfonctionnement de l'information entre Pau et le ministère de l'Intérieur, puisqu'effectivement, Pau n'était pas dans les villes vandalisées »
- 4:25Invité politiqueFait
« Des abribus, principalement. Des abribus, des poubelles incendiées, des abribus, une vitrine cassée, un certain nombre de mobiliers urbains endommagés. »
- 6:05Invité politiqueFait
« Le droit de manifester est un droit garanti par la Constitution. Donc toute interdiction de manifestation doit effectivement répondre à une menace avérée. »
- 7:05Invité politiqueFait
« Parce qu'ils ont du mal à vivre, ils ont du mal à finir leur fin de mois. »
Temps de parole
- Jérôme Marbot76 %
- Locuteur non identifié19 %
- ?4 %
- Présentateur2 %
≈ 16,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Ici Béarn Bigor,
premier
sur l'actu locale.
Et
à 7h45 sur ici Béarn Bigor, votre invitée Shannon Marigny est le maire de Pau.
Bonjour Jérôme Marbeau.
Bonjour Madame Marigny.
Alors autant hier on avait l'impression de se réveiller d'un mauvais cauchemar, autant aujourd'hui on peut prendre un petit peu de recul, on va essayer en tout cas avec vous Jérôme Marbeau. Il n'y a pas eu de dégâts à Pau de l'ampleur d'autres villes comme Marseille ou Lyon, mais quand même samedi après-midi un centre-ville qui s'est vidé des commerces fermés et des affrontements entre une quarantaine de casseurs et les forces de l'ordre. Est-ce que vous êtes sidéré, en colère ce matin ? Quel est votre sentiment
? Oui
je suis frappé en tout cas et choqué de ce qui s'est passé samedi après-midi à Pau. C'était un samedi assez habituel avec d'ailleurs pas mal de fréquentations dans le centre-ville, en dehors même de la manifestation du matin.
Et
très vite les choses ont mal tourné avec, vous l'avez dit, une quarantaine de jeunes qui étaient en marge de la manifestation, qui n'étaient en réalité presque pas des manifestants
et
qui se sont amusés, je pense, à tout casser et à vouloir tout casser. Et heureusement, effectivement, les dégâts ont été limités. On a eu un peu de dégâts malgré tout. Mais comparativement à d'autres villes, évidemment, ce qu'on a subi ici à Pau est moins important.
Mais est-ce que ça aurait pu être
évité
?
Moi je ne
suis
pas un spécialiste du maintien de l'ordre, donc je vais donner de leçons à personne. Mais ce qui est certain, c'est que ça n'a pas été anticipé
et
que par ailleurs, il a manqué à un moment des effectifs dans les forces de l'ordre. Puisque des renforts ont dû être appelés des villes voisines
au
milieu de l'après-midi,
qui
sans doute ont permis de rétablir l'ordre en fin d'après-midi. Mais ce qui est certain, c'est qu'à un moment, il a fallu faire appel à l'extérieur. Donc les forces de l'ordre n'étaient pas assez en nombre. Et par ailleurs, moi je reçois les syndicats de police dans ma fonction de maire, y compris les syndicats de la police nationale, qui me font remonter qu'ils sont en sous-effectif. Et en sous-effectif chronique depuis de nombreuses années. Et donc ça, c'est un problème structurel de la police à Pau, enfin à Pau et en France. Et donc certainement, samedi, ça a joué. Même
si évidemment, d'autres
facteurs sont en jeu.
Vous ne pouvez pas ajouter de policiers nationaux, mais vous pouvez ajouter des policiers municipaux. Est-ce que c'est votre volonté
?
Ce n
'est
pas mon rôle, surtout. Parce que les policiers municipaux ne sont pas là pour assurer le maintien de l'ordre. Les policiers municipaux sont là pour faire ce qu'on appelle la police administrative. Et ce qui dépend du maire, c'est-à-dire essentiellement la tranquillité publique.
Et ils ne peuvent pas être appelés en cas d'urgence ? Non, ils étaient là,
ils étaient sur le terrain. Mais ils sont là, on va dire, pour assurer que les rues adjacentes, par exemple, sont bien surveillées pour ne
pas
que des visiteurs se retrouvent par hasard au milieu d'affrontements. ou ce genre de choses. Donc, ils font tout ce qui est annexe ou en marge des affrontements. Mais
ce n'est pas le cœur du dispositif.
Mais ce n
'est
pas leur rôle, surtout. Et ce n
'est
pas leur fonction. Ils n'ont pas le droit de le faire. Et puis, de toute façon, les policiers municipaux ne sont pas là pour se substituer aux policiers nationaux qui manqueraient.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a présenté sa démission. On vient de l'apprendre à Emmanuel Macron, qu'il a refusé. Il veut, le Président, déployer de nouveaux modes d'action contre les casseurs. Le ministre de l'Intérieur, d'ailleurs, s'a dit qu'il citait Pau dans les villes pillées. Il n'y a eu, en vérité, qu'une seule vitrine de commerce endommagée. Bon, là, il y a vraiment eu un problème de communication. Mais au-delà de ça, de mobilisation de force de l'ordre, de maintien
de l'ordre ? Alors,
semblablement, il y a en tout cas un dysfonctionnement de l'information entre Pau et le ministère de l'Intérieur, puisqu'effectivement, Pau n'était pas dans les villes vandalisées, même si, encore une fois, il y
a
eu des dégâts. Il y
a
eu des dégâts matériels qui sont moins importants qu'ailleurs, mais il y
a
eu des dégâts matériels.
Des abribus, principalement
?
Des abribus, des poubelles incendiées, des abribus, une vitrine cassée, un certain nombre de mobiliers urbains endommagés. Et il y
a
eu aussi des dégâts qui sont peut-être moins mesurables ou moins visibles. Mais les commerçants ont été appelés à fermer leurs boutiques. Et donc, c'est aussi un préjudice pour eux, parce que c'est un samedi après-midi qu'ils n'auront pas en termes de chiffre d'affaires. Et quand on sait qu'aujourd'hui, les temps sont difficiles, c'est compliqué pour eux de se passer d'un samedi après-midi d'activité. Et donc, ça, c'est aussi des dégâts et c'est aussi du préjudice. Et donc, il faut évidemment en tenir compte.
Nous, nous sommes mobilisés auprès des commerçants pour essayer peut-être la prochaine fois d'avoir des dispositifs d'alerte qui soient plus réactifs et qui leur permettent une plus grande souplesse. La samedi, on a demandé très rapidement de fermer boutique ou en tout cas de s'apprêter à fermer si jamais les émeutes venaient vers le commerce en retenant les clients à l'intérieur du commerce. Mais on va essayer d'avoir une fluidité peut-être plus importante
de l'information. Un protocole
peut-être
?
Un protocole exactement qu'on est en train de discuter par l'intermédiaire de mon adjoint au commerce, Marianne Lajarige, et de la Chambre de commerce et d'industrie. Et Pau Commerce également, l'association des commerçants de Pau, pour essayer de trouver des méthodes qui nous permettent de réagir positivement ou en tout cas de manière efficace à d'éventuelles nouvelles émeutes.
7h51, le maire de Pau, Jérôme Marbeau et votre invité, Shannon.
Est
-ce que vous êtes inquiet pour les prochains rassemblements ?
Est
-ce qu'il faudra même interdire des manifestations
?
Le droit de manifester est un droit garanti par la Constitution. Donc toute interdiction de manifestation doit effectivement répondre à une menace avérée. On ne peut pas simplement interdire des manifestations en prévention. En revanche, ce qui est certain, c'est qu'on a connu un niveau de violence samedi à Pau et partout en France qui nécessite qu'on s'interroge
sur
la façon de maintenir l'ordre dans ce pays et d'anticiper les éventuels casseurs. Parce que ces casseurs-là ne doivent pas faire oublier que des milliers de manifestants se sont mobilisés samedi avec des revendications légitimes et que ça, ça doit être évidemment non seulement préservé comme droit, mais entendu. Et donc, s'il y a de nouvelles manifestations,
il
faut évidemment que les revendications de Français et de Françaises qui, en réalité, n'en peuvent plus. Parce qu'ils ont du mal à vivre, ils ont du mal à finir leur fin de mois. Et donc ces revendications-là, elles doivent pouvoir s'exprimer, elles doivent être entendues. Et moi, j'appelle le gouvernement à organiser très rapidement une conférence sociale pour parler des salaires, du pouvoir d'achat et de tout ce qui fait qu'aujourd'hui, un grand nombre de Français sont dans la difficulté.
Mais
quand on voit les dégâts dans certaines villes, à quel point les forces de l'ordre ont été dépassées ? Il y
a
le président Emmanuel Macron qui a demandé hier soir au maire, vous et au préfet, de protéger les bâtiments publics, les commerces, quitte à interdire des manifestations. C'est aussi dire, quelque part, il va falloir que vous vous débrouillez,
vous les maires. Oui, mais
vous entendez bien qu'il
y
a deux volets. Il y a effectivement la façon de préserver les commerces, les bâtiments publics, parce qu'aussi, peut-être de façon assez inédite, samedi en France, les manifestants s'en sont pris à des bâtiments publics, ce qui n'est pas fréquemment le cas. Et donc, il y a le volet de la préservation de nos bâtiments et de l'ordre public, mais il y a le volet aussi de préservation de la capacité de manifester. Et ça, c'est une chose qui doit nous occuper tout autant que la préservation de l'ordre public. Moi, je ne suis pas pour choisir mon camp entre l'ordre et la manifestation.
Vous y serez peut-être obligé ? Non,
les choses ne se passent pas comme ça. Ce n
'est
pas noir ou blanc. Il faut être capable de garantir le droit de manifestation et que la colère d'un certain nombre de Français puisse s'exprimer, parce que samedi, il faut le souligner, elle s'est très majoritairement, très massivement exprimée dans le calme. En revanche, il y a marginalement un certain nombre de casseurs et de fauteurs de troubles. Et avec cela, effectivement, il faut avoir la plus grande sévérité.
Il faut faire en sorte que ça ne se reproduise pas, même si c'est compliqué, je ne dis pas que les choses sont simples, mais c'est le rôle de l'État, du ministère de l'Intérieur et des forces de l'ordre de faire en sorte d'anticiper ces débordements et de pouvoir les canaliser, voire les éviter, pour que justement, ce ne soient pas nos commerçants et l'ensemble de nos bâtiments publics et de l'espace public et du mobilier public qui en subissent les conséquences.
Et c'est sûr qu'avec 190 policiers et gendarmes mobilisés sur tout le département du 64, donc à Pau et à Bayonne, ça peut être un petit peu compliqué. Est-ce que ce midi, vous serez devant la mairie
?
Ce n
'est
pas prévu d'organiser de rassemblements parce que je suis évidemment pleinement solidaire de l'ensemble des maires de France qui s'inquiètent. Mais ces rassemblements ont été appelés sur le thème de la préservation des libertés publiques. Et encore une fois, moi, je pense qu'il ne faut pas non plus dramatiser les événements qui se sont passés samedi, qui sont le fait d'une minorité. Et donc, je n'ai pas prévu d'appeler à ce rassemblement aujourd'hui, ni à midi, ni dans la journée.
Merci beaucoup, Gérôme
Marbeau,
maire de Pau, qui était avec nous sur ICI, Béarn Bigor, pour revenir sur la manifestation de samedi et puis les affrontements dans le centre-ville de Pau. Bonne journée.
Jérôme Marbot