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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 13 décembre 2023 22 min

Manque de médecins traitants pour les patients en ALD, projet de loi sur la fin de vie... le 8h30 franceinfo d'Agnès Firmin Le Bodo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur 3

Bonjour Agnès Firman-Lobaudot. Bonjour. On va parler avec vous dans un instant d'un sujet qui compte pour tous les Français, la fin de vie. C'est vous qui êtes en première ligne au gouvernement, le projet de loi à venir et la question des soins palliatifs, on va en parler. Mais d'abord, abordons cette crise politique majeure qui s'ouvre après le rejet du texte immigration à l'Assemblée nationale par les oppositions. Vous étiez hier en Conseil des ministres. Est-ce que vous avez l'impression de faire partie d'un gouvernement en sursis ?

0:29
Locuteur 4

Pas de crise politique majeure. Il s'est produit à l'Assemblée nationale, comme la Constitution prévoit, une motion de rejet. Elle a été votée. Le texte qui a été rejeté par les parlementaires, on pourra peut-être y revenir avec une alliance de la carpe et du lapin sur un texte dans lequel certains défendent 100% l'immigration à gauche et à l'extrême-dose et d'autres zéro immigration, et ont voté le même texte et la même motion de rejet. La CMP aura lieu dans les jours à venir.

0:58
Locuteur 2

Mais un des principaux ministres du gouvernement, sur un des sujets principaux de préoccupation des Français, qui est rejeté par une majorité de partis, certes hétéroclistes, vous appelez ça comment si ce n'est pas une crise politique ?

1:09
Locuteur 4

La Constitution permet, le règlement de l'Assemblée nationale permet que ces motions de rejet existent. Il se trouve qu'elle a été votée. On peut le regretter parce qu'en fait, dans tout ça, c'est la démocratie qui est perdante. Ce n'est pas démocratique ce qui s'est passé ? C'est la démocratie qui est perdante. C'est-à-dire qu'en fait, on ne peut pas débattre d'un texte. Le RN, dont l'immigration est le fonds de commerce, on lui propose un débat, refuse de débat. Une partie des LR qui souhaite voir les enjeux autour de l'immigration évoluer, on propose le débat.

Le débat est rejeté et vote et s'allie, je le redis, une alliance de la carpe et du lapin, avec une motion de rejet déposée par les écologistes pour faire blocage et ne pas débattre sur un sujet, je le redis, pour une partie d'entre eux. Donc, ils souhaitent voir évoluer.

1:56
Locuteur 3

Agnès Firmal-Baudot, vous-même, vous êtes issu des rangs des Républicains. Vous avez été élu en 2017 sous l'étiquette des Républicains. Éric Ciotti, le patron des LR, dit que l'Assemblée a sanctionné le mépris de Gérald Darmanin. Concrètement, si ça avait été un autre ministre, la suite aurait été différente ?

2:09
Locuteur 4

C'est la question à Éric Ciotti qu'il faut poser. Moi, je ne vais pas revenir dans ces sujets d'hommes et ces batailles d'hommes. C'est stupide. On est bien là dans un texte.

2:17
Locuteur 2

C'est une histoire personnelle ? C'est une affaire personnelle ?

2:18
Locuteur 4

Ça vous poserait la question à Éric Ciotti. Ce n'est pas moi qui vais vous répondre. Je ne sais pas ce qu'il y a dans la texte d'Éric Ciotti.

2:22
Locuteur 2

C'est ce qu'on comprend de vos propos, une histoire d'hommes ?

2:25
Locuteur 4

Oui, parce que je réponds à la question qui m'est posée. Là, on est bien sur un texte qui devait protéger les Français, qui devait permettre de régulariser des étrangers qui travaillent sur des métiers en tension. On peut aussi revenir sur les incohérences de certains LR. Quand certains nous disent qu'on veut zéro immigration, et quand les mêmes, je pense à M. Juvin qui, par exemple, nous dit pour les praticiens hospitaliers hors Union européenne, qu'il faut en accueillir le plus possible. Je crois qu'il faut que chacun prenne ses responsabilités. Le gouvernement souhaite avancer sur ce texte qui doit protéger les Français, je le redis, il y aura une CMP.

3:04
Locuteur 3

La commission mixte paritaire, est-ce que vous n'êtes pas en train de tomber dans un piège, un piège ouvert par les Républicains ? Parce qu'au final, c'est la version du Sénat, la version durcie par la majorité de droite au Sénat, qui va être la base de discussion.

3:18
Locuteur 4

Là, il faut laisser les parlementaires faire leur travail. Maintenant, c'est le Sénat et l'Assemblée nationale qui vont travailler autour de ce texte. Quand il y a des sujets dans ce texte, et on peut peut-être parler de l'aide médicale d'État, qui ne relevaient pas de ce texte, nous espérons, bien sûr, qu'ils en sortent.

3:35
Locuteur 2

Tout le monde pointe le problème de la méthode macronienne. En même temps, en termes de cercle, la recherche de l'équilibre permanent aurait atteint ses limites. Quelle leçon vous vous en tirez de cet épisode pour les réformes que vous, vous avez apportées ?

3:51
Locuteur 4

Je vais le redire. On est dans quelque chose où c'est juste un coup politique qui a été fait sur des extrêmes qui ne portent absolument pas la même philosophie. C'est incompréhensible pour la part de nos concitoyens. C'est d'ailleurs tellement incompréhensible. Vous n'en tirez pas de leçons plus générales ? Sur ce texte, 70% des Français souhaitent que nous avancions. La conclusion, c'est qu'il faut continuer à faire ce que nous faisons depuis le début du quinquennat, trouver des majorités projets texte par texte. C'est ce qu'on va faire, c'est ce qui sera fait sur la CMP, c'est ce qui sera fait sur les autres textes suivants.

Je rappelle que plus de 50 textes ont été votés avec des majorités trouvées projet par projet.

4:32
Locuteur 3

Agnès Firmin-Lebaudot, le 9 décembre, il y a un an, la Convention citoyenne sur la fin de vie commençait ses travaux. Elle les a rendues en mars. Elle s'est prononcée à 75% en faveur de l'aide active à mourir. Et depuis, rien. Rien.

4:46
Locuteur 4

Pourquoi ça prend autant de temps ? Alors, pas depuis, rien. Depuis, le président de la République, le 3 avril, a demandé au gouvernement de travailler sur un projet de loi. Un projet de loi qui devait construire le modèle français d'accompagnement de la fin de vie. C'est ce que je fais depuis maintenant plusieurs mois. C'est un sujet qui demande beaucoup de travail, qui touche à l'intime, et qui demande beaucoup de réflexion, avec beaucoup de parties prudentes. C'est ce que nous avons fait. Le projet de loi est en partie construit. Mais pour quand ? Parce qu'il a été maintes fois reporté. Il ne l'a pas été reporté.

Je le dis, c'est un sujet qui demande beaucoup de réflexion et beaucoup de travail. Et le président de la République nous avait aussi demandé de beaucoup travailler sur les soins palliatifs et l'évolution possible autour de cet accompagnement de nos concitoyens.

5:30
Locuteur 3

Là, on va en parler, mais pour le projet de loi, il est attendu pour quand ? Est-ce que vous avez une date définitive qui ne changera pas ?

5:36
Locuteur 4

Ça, je ne prends pas de promesse sur ce sujet. La volonté, c'est d'avancer sur un projet de loi qui contient trois parties. Une partie sur les soins palliatifs, une partie sur les droits des patients et une partie sur l'aide à mourir. Nous travaillons sur la première partie. J'allais dire, nous avançons, continuons à avancer fortement sur la première partie qui est celle concernant les soins palliatifs.

5:58
Locuteur 2

Ce sera tout dans un seul et même texte ?

6:00
Locuteur 4

Oui, un seul texte. Mais ça veut dire que sur le reste, pardon, vous n'avez pas avancé ? Si. D'accord. Donc le projet de loi, c'est pour quand ? Si, parce que le rapport, je le dis, le rapport sur les soins palliatifs nous a été remis la semaine dernière. Donc là, ce que nous faisons, c'est que nous allons construire une feuille de route soins palliatifs, soins d'accompagnement qui sera présentée en janvier. Et le modèle français complet d'accompagnement de la fin de vie sera présenté en février.

6:20
Locuteur 2

On vous pose la question parce que, pas plus tard qu'il y a quelques jours, il y avait sur France Info un témoignage qui était poignant d'un malade, un malade de charcot, qui dit, pendant que les politiques discutent, moi, ma maladie, elle continue. Et lui dit, voilà, le temps des malades, ce n'est pas le temps de la politique. Vous l'entendez ? Ça, vous répondez quoi ?

6:36
Locuteur 4

Je l'entends, non seulement je l'entends, mais je l'entends depuis longtemps. Je vais dans les unités de soins palliatifs, je rencontre des malades aussi. Mais je le redis, c'est un sujet très complexe sur lequel une décision hâtive, pas partagée, pas co-construite, j'allais dire, ne serait pas acceptable. Donc c'est pour ça qu'il faut beaucoup travailler. C'est ce que nous avons fait. J'entends les témoignages des malades. J'entends aussi d'autres témoignages qui nous disent qu'il ne faut pas avancer parce que leur projet à eux, c'est d'être pris en charge complètement jusqu'au bout.

7:06
Locuteur 2

Mais est-ce que l'aide active à mourir sera effective en France en 2024 ?

7:11
Locuteur 4

La réponse est que non.

7:13
Locuteur 2

La réponse est non.

7:14
Locuteur 4

L'aide active à mourir ne peut pas être effective en 2024 à partir du moment où le projet de loi sera présenté en février.

7:19
Locuteur 2

Mais s'il est discuté au printemps, il ne peut pas entrer en vigueur à l'été prochain ?

7:23
Locuteur 4

Sur un sujet comme celui-là, ça n'est pas possible. Le temps du débat à l'Assemblée prend du temps. Regardez sur les lois bioéthiques, il nous a fallu deux ans pour le texte de loi bioéthique. Donc là, il faudra bien sûr une navette, j'allais dire, entre l'Assemblée et le Sénat. Peut-être un autre aller-retour. Donc il faudra au moins 18 mois de débat. Et le débat doit avoir lieu parce que les parlementaires devront aussi enrichir le texte.

7:49
Locuteur 1

Toujours avec la ministre Agnès Firmin-Le Baudot,

7:56
Locuteur 3

il y a déjà une loi, la loi Cléas-Leonetti sur la fin de vie avec les directives anticipées. Et ceux qui refusent d'aller plus loin disent déjà, soyons à la hauteur des soins palliatifs. Sur les soins palliatifs, quelle amélioration avez-vous prévue ?

8:10
Locuteur 4

Alors nous allons proposer, je le dis, c'était une grosse partie de notre travail. Un rapport m'a été remis la semaine dernière. La stratégie décennale demandée par le président de la République sera présentée en janvier suite à la remise de ce rapport. Là pour le coup, ce n'est pas une petite avancée que nous allons faire. C'est vraiment une petite révolution avec une prise en charge très en amont. Et on va parler de soins d'accompagnement. Dès l'annonce d'une maladie grave, on pourra, autour du malade, avec la volonté du malade, construire un accompagnement dès la prise en charge de sa maladie grave jusqu'à sa fin de vie. Un accompagnement à l'hôpital ? À l'hôpital, à domicile.

L'idée, c'est vraiment d'accompagner le plus en amont possible le patient à la fois et de comprendre quel est aussi son entourage social et médico-social pour quand le domicile doit se mettre en place, la prise en charge à domicile doit se mettre en place, on sache qui est son aidant, quelles possibilités on peut autour de lui construire avec sa famille en termes de prise en charge. Je crois que c'est ça la volonté. Parce que vous voulez créer aussi

9:05
Locuteur 3

des maisons d'accompagnement. C'est quoi les maisons d'accompagnement ?

9:07
Locuteur 4

Les soins palliatifs sont pour l'instant très hospitalo-centrés et très médico-centrés. Les unités de soins palliatifs dont on parle, dont on dit que 20 départements ne sont pas équipés, c'est la prise en charge très complexe. Parfois, la prise en charge à l'hôpital n'est plus nécessaire, mais le retour à domicile n'est pas possible. Nous n'avons pas cet élément intermédiaire qu'on appelle maison d'accompagnement où on peut permettre à des personnes en fin de vie de pouvoir terminer, j'allais dire, tranquillement parce que parfois, le domicile n'est pas possible. Et parfois, quand le domicile n'est pas possible, l'hôpital n'est pas non plus nécessaire.

Et donc, ces maisons d'accompagnement seront vraiment un nouvel établissement qui nécessite un passage par la loi.

9:45
Locuteur 2

Et là, ce sera la même loi alors ? Parce que, pardon de poser toujours la question des délais, mais elles ouvriront quand ces maisons ?

9:51
Locuteur 4

Donc, pour construire ce nouvel établissement, il nous faut passer par la loi et je le redis, il y aura bien un seul texte de loi parce que l'aide à mourir, le continuum des soins palliatifs, c'est le modèle français d'accompagnement de la vie.

10:04
Locuteur 3

Il y a la question des moyens aussi, Madame la Ministre, quand on sait qu'on se serre la ceinture en ce moment, des maisons d'accompagnement, la création de maisons d'accompagnement, plus de soignants autour des malades, suivi le plus précocement, ça coûte cher.

10:17
Locuteur 4

On a les moyens ? L'idée, là, je le redis aussi, c'est ce pourquoi nous sommes partis sur 10 ans, c'est bien de construire un modèle à 10 ans et de mettre des moyens. Accompagner les Français en fin de vie, c'est un objectif, je vais dire, normal dans la prise en charge de notre solidarité, de notre pacte républicain. C'est ce que nous construisons.

10:33
Locuteur 2

Sur l'autre volet de cette loi, donc l'aide active à mourir, est-ce qu'au moment où on se parle, les contours de cette loi sont connus, est-ce que vous vous limiterez au suicide assisté, c'est-à-dire que le geste est fait par le patient, ou bien vous irez jusqu'à l'euthanasie, un geste qui est fait par un tiers, et notamment, par exemple, par un soignant ?

10:50
Locuteur 4

Je crois qu'on a été très clair tout à l'heure dans les débats, j'allais dire, la partie 3 sera présentée en février, et donc je ne pourrai pas répondre, et je ne répondrai pas à votre question. Là, nous sommes sur la partie 1, les soins payésifs ? Je crois que les convictions, elles ont été très claires, elles ont été exprimées par tout le monde.

Le président de la République nous a demandé sur l'introduction dans la loi de l'aide à mourir, c'est le travail qui a été le nôtre, et le projet global d'accompagnement de la fin de vie sera présenté en février, avec la troisième partie qui viendra compléter ce que je vous dis sur les soins palliatifs, sur le droit des patients, et donc sur l'aide à mourir.

11:25
Locuteur 2

Si je vous pose la question, c'est parce que vous le savez, les soignants sont très attentifs à ce débat, il y en a un certain nombre, un grand nombre, qui disent, voilà, nous on ne peut pas poser ce geste de donner la mort, qui sont donc contre l'euthanasie pour cette raison-là. Il y aura des garanties, vous dites qu'il y aura de toute façon une clause de conscience ?

11:40
Locuteur 4

La clause de conscience, c'était un préalable, la clause de conscience spécifique, il faut le dire, comme lorsque le texte sur l'IVG a été voté, et dire que les soignants, nous avons travaillé depuis le début, depuis septembre 2022, je travaille avec un groupe de soignants, nous les avons beaucoup écoutés, nous avons travaillé avec eux, le rapport des soins palliatifs a été aussi travaillé avec des soignants, je crois que ce travail est un peu innovant dans sa méthode, parce que nous avons construit et beaucoup écouté toutes les parties prenantes.

12:07
Locuteur 3

Agnès Firmin-Lavaudot, vous êtes en charge des professions de santé, ce sont des métiers en crise, on le sait, notamment le recrutement, je pense aux infirmiers par exemple, il y a un paradoxe, ça fait partie des filières les plus réclamées par les futurs étudiants, être infirmiers, et pourtant on manque toujours de bras, comment vous l'expliquez ?

12:23
Locuteur 4

Nous avons un énorme enjeu autour d'attractivité des métiers de la santé dans sa globalité, nous avons lancé le chantier du métier infirmier.

En France, il y a 600 000 infirmières et infirmiers au quotidien qui prennent en charge nos concitoyens, ça fait 20 ans que le métier d'infirmier n'a pas été, j'allais dire, rénové ou repensé, c'est le chantier que nous avons lancé, mais en même temps que nous lançons ce chantier de rénovation du métier, que nous faisons bien sûr avec les infirmiers eux-mêmes, nous devons lancer aussi une réflexion sur la formation, beaucoup trop de jeunes arrêtent en route, j'allais dire, après leur choix sur Parcoursup arrêtent la formation, mais aussi, beaucoup de professionnels arrêtent au bout de 10 ans leur exercice et donc nous avons aussi lancé une mission sur le sens même du métier infirmier.

Mais pour quelles raisons alors ils arrêtent ? Oui, les étudiants déjà. Alors les étudiants, certains arrêtent parce que certains, j'ai eu l'occasion de le faire en septembre à Bordeaux, font un choix, j'allais dire, par défaut, donc nous allons modifier sur Parcoursup et nous allons faire un questionnaire qui va essayer de montrer quelle est la motivation réelle pour s'engager dans ce métier.

13:21
Locuteur 3

Donc tu as un filtre

13:21
Locuteur 4

à l'entrée ? Non, ce n'est pas un filtre, c'est un questionnaire pour voir si vraiment les jeunes qui s'engagent souhaitent le faire avec la possibilité aussi de discuter avec un formateur d'IFSI pour vraiment savoir ce qu'est le métier d'infirmier. Nous allons aller aussi dans les lycées, en amont, pour expliquer ce que sont les métiers de la santé pour donner envie aux jeunes de s'engager. Mais qui peuvent être aussi

13:38
Locuteur 2

très durs ces métiers, c'est ça souvent peut-être qui sont...

13:40
Locuteur 4

C'est vraiment un choix par défaut. Les travaux sont aussi lancés sur le premier stage. On voit bien que le premier stage, c'est la confrontation directe avec les métiers du soin.

13:48
Locuteur 2

C'est aussi peut-être le moment où on découvre justement toutes les difficultés de l'hôpital parce que plus on manque de bras, c'est le cas actuellement, plus c'est dur pour les soignants. Comment est-ce que vous sortez de ce cercle vicieux ?

13:57
Locuteur 4

C'est bien tout l'enjeu de la spirale qu'il nous faut arrêter. Et on est en ce moment au moment où on voit bien que la spirale s'arrête. Redonner du sens, c'est la priorité des priorités. Fidéliser les professionnels en place justement pour éviter qu'il y ait une fuite et que ceux qui restent soient encore soumis à plus de charges. Donc la fidélisation, c'est la priorité des priorités. C'est redonner du sens. C'est les primes qui ont été données notamment pour le travail de nuit. L'augmentation des salaires, le travail de nuit, c'est un enjeu important pour l'attractivité des métiers. Et puis c'est aussi accompagner au quotidien. C'est la santé des professionnels de santé.

C'est la sécurité des professionnels de santé pour arrêter cette spirale négative. Et puis l'attractivité des métiers, c'est refondre les métiers. C'est ce qui a été fait avec le métier de sage-femme. C'est ce que nous faisons avec le métier d'infirmier et nous allons continuer comme ça dans les années à venir.

14:40
Locuteur 3

Sur les soignants, vous lancez cette semaine une consultation citoyenne sur l'application Agora qui a été créée par le gouvernement. Qu'est-ce qu'elle peut vous apprendre cette consultation que vous ne sachiez déjà ?

14:50
Locuteur 4

Alors là, c'est aussi intéressant de savoir avec cette application Agora, pour le coup, c'est vraiment nos concitoyens qui vont nous dire d'abord quelle est leur perception eux du métier infirmier. Et qu'est-ce qu'ils attendraient puisqu'on est en train de travailler sur la réforme du métier, qu'est-ce qu'ils attendraient de l'infirmière au quotidien ? Est-ce que l'infirmière doit faire partie, par exemple, des rendez-vous prévention ? Est-ce qu'ils savent ce que fait... On ne sait pas déjà. On peut le savoir, nous, parce qu'on travaille dans une consultation globale au niveau de nos concitoyens.

Ce n'est pas inintéressant au moment où on travaille sur ce chantier d'avoir une consultation citoyenne et de voir quelle est la perception du métier d'infirmier par nos concitoyens. C'est, j'allais dire, une brique supplémentaire à notre réflexion. Et c'est dommage de s'en passer.

15:35
Locuteur 2

Toujours avec Agnès Firmin-Le Baudot, ministre déléguée en charge des professions de santé, vous nous avez parlé tout à l'heure dans les problèmes liés à l'attractivité du métier de soignant, de la question de la sécurité. Il y a de plus en plus de soignants qui signalent des agressions, des actes de violence dont ils sont les victimes dans le cadre de leur travail. Est-ce que vous connaissez l'ampleur du phénomène ?

15:51
Locuteur 4

Oui, on connaît tellement l'ampleur du phénomène que d'abord, moi, en tant que professionnelle de santé, j'ai subi, moi aussi, ces menaces de mort, notamment au sujet de la vaccination, de se dire que, de trop nombreux professionnels, 65 par jour, subissent des violences et donc, il nous a fallu travailler sur ce sujet. Une mission a été lancée, j'ai présenté un plan avec 42 mesures au mois de septembre et la semaine prochaine, le 19 décembre, je lancerai une grande campagne de sensibilisation et d'information sur ce qu'il n'est pas acceptable, j'allais dire, d'agresser des professionnels de santé.

Il nous faut protéger ceux qui nous soignent comme il nous faut protéger ceux qui nous protègent.

16:33
Locuteur 2

Ce sera à la télé, à la radio, dans les hôpitaux, j'imagine ?

16:35
Locuteur 4

Ce sera dans les hôpitaux, dans tous les cabinets aussi de ville, je le dis, les sujets que nous travaillons, nous les travaillons à la fois pour les établissements mais aussi pour la santé en ville, donc avec des campagnes de sensibilisation dans les pharmacies, dans les cabinets de ville, dans les hôpitaux et aussi des affiches à mettre sur ce que nous ne devons plus accepter.

16:56
Locuteur 2

Et la violence, elle commence par des petites incivilités souvent ?

16:58
Locuteur 4

La violence, elle commence souvent par les infidélités, notamment dans un hôpital à l'agent d'accueil, au cabinet médical par la secrétaire médicale.

17:05
Locuteur 2

Mais c'est le signe de quoi ces violences ?

17:07
Locuteur 4

Alors c'est le signe sans aucun doute d'une violence dans notre société, d'une radicalité dans notre société. C'est aussi le signe, et c'est légitime, et il faut parfois le comprendre, de certains de nos concitoyens qui n'ont pas accès à un médecin et qui s'énerve et qui s'agace. Et d'une angoisse aussi par rapport au manque de soins. C'est aussi dans une salle d'attente, parfois le temps long, et donc quand on a mal on peut comprendre, mais aussi il faut expliquer à nos concitoyens qu'on doit protéger ceux qui nous soignent et on ne doit pas exprimer aucun geste de violence et il faut repartir de la tolérance zéro.

On ne doit pas insulter une secrétaire médicale qui ne peut pas vous redonner un rendez-vous comme vous le souhaitez. Agnès Firmin-Lobaudot,

17:46
Locuteur 3

chaque année, 28 millions de créneaux chez le médecin sont gâchés par les rendez-vous non honorés. Le Sénat, à majorité de droite, a voté le mois dernier à une taxe dite lapin qui créait une somme forfaitaire versée par les assurés qui n'honorent pas donc leur rendez-vous médical. Est-ce que le gouvernement soutient cette proposition ?

18:04
Locuteur 4

Sur le fond, on est d'accord, je veux dire, qu'on ne peut pas dire et se donner tous les moyens de dégager du temps médical. C'est ce que nous faisons parce que dégager du temps médical c'est important. Décharger les médecins d'une partie de leur charge administrative, les assistants médicaux, c'est deux consultations en moyenne gagnées par jour. Les rendez-vous lapins, on sait que c'est une consultation par médecin par jour. Le bénéfice NEST ne serait que de un. Ça n'a pas de sens donc c'est un enjeu collectif et la responsabilisation du temps médical elle est aussi à mettre sur la part de nos concitoyens qui prennent des rendez-vous et qui ne les honorent pas.

Les rendez-vous lapins, on sait que c'est une bonne idée, on sait aussi que techniquement ça n'est pas si facile. Comment on met en œuvre cette mesure ? Comment on fait payer ? Comment on fait payer ? La seule personne qui est capable de dire que le rendez-vous n'est pas honoré c'est bien le médecin qui ne voit pas le patient en face de lui. Après ça pose d'autres questions de la relation entre le médecin et son patient donc ce travail-là il doit être mené aussi dans le cadre des négociations conventionnelles qui sont en ce moment et qui se déroulent en ce moment avec les médecins. C'est un enjeu important.

La première, j'allais dire, des briques à ramener c'est la responsabilisation de nos concitoyens et leur faire comprendre qu'on peut avoir un aléa, ne pas venir mais dans ce cas-là on prévient. C'est la moindre des choses.

19:12
Locuteur 2

Agnès Fermin-Lebaudon, on a 600 000 Français qui sont atteints de maladies chroniques qui n'ont pas de médecin traitant et la promesse du début de l'année c'était qu'ils en aient tous un en fin d'année. Est-ce qu'on y est ?

19:21
Locuteur 4

On n'y sera pas, bien sûr. C'est compliqué. D'abord, il y a des problèmes du président de la République. Il y a des problèmes des flux et des problèmes de stock. C'est-à-dire qu'au moment où on parle, il y a des patients qui sont de nouveau sous ALD et donc le travail a été fait, il a été mené à la fois par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie, il a été fait aussi avec la volonté des médecins qui ont accepté de prendre en plus des patients comme médecin traitant. Il a été mené aussi par les communautés professionnelles territoriales de santé, les CPTS.

19:49
Locuteur 3

Mais sur les 600 000, on a pu en donner

19:51
Locuteur 4

à plus près 180 000 de mémoire qui ont trouvé un médecin traitant. On continue le travail mais je tiens à redire que ces patients qui n'ont... D'ailleurs, sur les 600 000, certains n'en voulaient pas non plus de médecin traitant. Pour quelle raison ? Parce qu'ils ne voulaient pas. Mais tous ont reçu un courrier de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie donc ils sont tous identifiés donc le travail continue à se faire. Mais il est important de dire à nos concitoyens que ce n'est pas parce que ces patients n'ont pas de médecin traitant qu'ils n'ont pas vu de médecin. En moyenne, ils ont vu un médecin au moins trois fois dans l'année. Je crois qu'il est important de le signaler.

20:22
Locuteur 2

À propos du manque de médecins, du manque de soins dans les territoires, les sages-femmes, on l'a appris hier soir, on en a eu la confirmation, vont être autorisées à pratiquer des IVG. C'était une expérimentation pour le moment mais ça va être généralisé. Est-ce que c'est de nature à résoudre complètement les difficultés d'accès à l'avortement dans certains territoires ?

20:41
Locuteur 4

Alors, elles vont être des IVG médicamenteuses parce que les IVG médicales, vous pouvez déjà le faire, médicales et médicales dans les établissements. Donc l'expérimentation va être élargie. C'est un moyen supplémentaire de rendre accessible l'IVG dans tous les territoires et ça vient compléter l'annonce par le gouvernement de la constitutionisation de l'IVG.

21:02
Locuteur 2

Mais ça veut dire qu'il y aura moins de départements par exemple où les femmes ne pourront pas avorter faute de praticiens ?

21:08
Locuteur 4

Faute de gynécologues disponibles, oui bien sûr. C'est aussi donner, j'allais dire, la possibilité à plus de femmes d'accéder à l'IVG là où ça n'était pas possible.

21:16
Locuteur 2

C'est une responsabilité supplémentaire sur les épaules des sages-femmes ?

21:20
Locuteur 4

C'était aussi une de leurs demandes dans le cadre des évolutions des métiers. Le métier de sages-femmes est sans doute ces dernières années le métier qui a le plus évolué. C'est aussi répondre à un besoin de santé de nos concitoyennes en l'occurrence pour avoir accès à l'IVG. Il était important de pouvoir élargir les professionnels qui peuvent faire ce geste.

21:39
Locuteur 2

Tout cela alors qu'on discute en ce moment même de l'inscription dans la constitution de la liberté d'avorter. Est-ce que vous êtes confiante sur l'adoption de ce texte en début d'année prochaine ?

21:48
Locuteur 4

Je crois qu'il est important que nous puissions avancer sur ce sujet. C'est d'abord, je crois, on le doit à Simone Veil qui s'est battue on peut le dire comme ça. Mais compte tenu, pardon, on revient au début de notre entretien

22:00
Locuteur 2

compte tenu du climat politique est-ce que vous êtes confiante ?

22:03
Locuteur 4

Je crois que là aussi il faudra construire comme on l'a fait sur tous les textes. Travailler sur une majorité possible pour ce texte. Je crois que c'est aussi un devoir de vigilance que nous devons aux générations futures. Il suffit de regarder ce qui se passe dans certains pays. Je crois que c'est important de le faire.

22:17
Locuteur 2

Merci beaucoup Agnès Firmin-Le Baudot, ministre déléguée chargée de l'Organisation Territoriale et des Professions de Santé. Vous étiez invité du 830 France Info.

Manque de médecins traitants pour les patients en ALD, projet de loi sur la fin de vie... le 8h30 franceinfo d'Agnès Firmin Le Bodo — Agnès Firmin Le Bodo · Pourquijevote