On sait désormais qui va exploiter le lithium ukrainien
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Vous vous rappelez sans doute du deal que Donald Trump avait imposé à Volodimir Zelenski sur l'exploitation des terres et des métacritiques d'Ukraine. Vous vous rappelez peut-être aussi que les Ukrainiens avaient finalement réussi à négocier assez habilement pour se sortir d'un accord initial qui visait à la spoliation totale des ressources minérales du pays. Mais malgré tout, un accord avait été signé et les États-Unis s'étaient placés dans une position particulièrement avantageuse.
Et ça, on le voit aujourd'hui avec l'annonce du résultat du premier appel d'offre pour une licence d'exploration et d'exploitation d'une mine qui a été remporté par un proche de Donald Trump. Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien.
Bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on constate les effets de cette diplomatie transactionnelle mise en place par Trump vis-à-vis de l'Ukraine, mais pas seulement, et où l'on voit comment est-ce que l'Ukraine s'inscrit dans ce cadre. puisque le tout est aussi à remettre en perspective avec des rumeurs d'une signature imminente d'un accord d'investissement américain pour la reconstruction et le développement de l'Ukraine et qui pourrait concerner une enveloppe d'environ 800 milliards de dollars, ce qui serait colossal. Mais ça, je vais revenir à la fin de cette vidéo.
Commençons donc par l'effet de ce deal sur les terres rares et sur les métacritiques. Il faut faire la différence, hein, parce que en l'occurrence ce premier appel d'off, il porte sur le lithium et le lithium n'est pas une terre rare mais c'est un métal critique qui est, comme chacun sait, indispensable pour nos batteries de téléphone ou de véhicules électriques. Donc je vous fais un rappel très court.
Ce deal sur les minerais, c'était une marotte de Donald Trump dès son retour à la Maison Blanche. Il a voulu s'en servir pour se faire rembourser de l'aide que les États-Unis auraient apporté à l'Ukraine. Lui, il était parti sur le chiffre de 500 milliards de dollars.
Ensuite, il est redescendu à 350 milliards de dollars. Même si on sait très bien, grâce au suivi très rigoureux de l'institut de Kill, que ça porte plutôt sur 115 milliards d'euros, donc 134 milliards de dollars. On voit ce graphique, il va jusqu'en octobre 2025.
Mais toujours est-il que cette estimation sortie de nulle part de 350 milliards de dollars, Donald Trump l'a assé et il la martelle encore aujourd'hui. Ça avait été au cœur de la dispute avec Vladimir Zelenski dans le bureau oval, donc fin février 2025. Ça nous paraît déjà à des années lumières tellement il y a de choses qui se sont passées depuis.
Ensuite, il y avait eu des tractations assez intenses avec plusieurs versions du deal et les Ukrainiens donc comme j'ai dit avaient réussi à négocié assez habilement pour s'extirper d'un accord initial qui prévoyait là pour le coup la spoliation totale des ressources minérales d'Ukraine et ils étaient revenus à une version plus équilibrée qui avait été signée au mois de mai 2025. à l'automne un conseil d'administration avait été établi et à la fin de l'année, le premier rappel d'offre donc pour une licence d'exploration et d'exploitation d'une mine de lithium avait été lancé et donc on a les résultats maintenant. C'est sorti jeudi dernier, donc le 8 janvier et ça a été révélé par le New York Times.
C'est un appel d'offre qui concerne la mine de lithium de Dobra, une des principales mines de lithium d'Ukraine qui se trouve dans l'Oblaste de Kyrovograde, donc dans le centre du pays. Et il est très révélateur que le gagnant de l'appel d'offre n'est pas été révélé par une communication officielle, mais plutôt par le New York Times qui a lui établi que c'est un consortium proche de Donald Trump qui a remporté donc cette appel d'offre. En l'occurrence, un des membres du consortium, c'est Ronald Laoder qui est un milliardaire américain, l'héritier de la société de cosmétique Est Laoder.
C'est un ami de Donald Trump depuis l'époque de leurs études universitaires et selon les informations du New York Times, il aurait fait partie des gens qui auraient implanté dans l'esprit de Donald Trump l'idée d'annexer ou d'acheter le Groenland. Et le second membre du consortium, c'est la société Techmec qui est enregistrée en Irlande. Donc c'est une société de droits européen mais qui est en partie détenue par une agence américaine d'investissement étranger qui avait été établie lors du premier mandat de Donald Trump et qui est donc possédé en partie par le gouvernement américain.
Comme j'ai dit, la décision n'est pas encore publique et elle doit encore être avalisée par le gouvernement ukrainien qui a le dernier mot, donc en vertu de l'accord qui a été signé au printemps dernier. Mais selon les informations du New York Times, tout porte à croire que c'est déjà bien ficelé. Selon les sources du journal, tout s'est déroulé selon les normes et d'ailleurs le consortium a remporté cet appel d'offre puisque il a promis d'investir bien plus que les 179 millions de dollars qui était le seuil minimum imposé par l'appel d'offre.
Et donc ça fondamentalement c'est une bonne nouvelle pour l'Ukraine puisque tout investissement étranger en période de guerre est une bonne nouvelle. En plus de ça, il faut rappeler que selon les termes de l'accord qui a été signé au printemps dernier, et bien les revenus tirés de l'exploitation de ces terres rares et de ces métocritiques doit être réinvesti dans des projets de développement en Ukraine même et ça pendant la première décennie d'application de l'accord. En tout cas, on parle de la majeure partie de ces revenus, hein.
Il y a quelques nuances et on verra comment est-ce que ça se traduira dans les faits. Et puis de manière plus globale, il faut voir que l'Ukraine a vraiment besoin de ces investissements étrangers pour exploiter ses terres rares et ses métacritiques puisque en 35 ans d'indépendance, l'Ukraine n'a pas réussi à en faire une industrie qui soit rentable et qui permette de placer le pays sur la carte mondiale des terrars et des métacritiques. Ce qui s'explique évidemment à travers toutes les difficultés économiques que l'Ukraine indépendante a pu connaître.
Ce qui s'explique aussi à cause de la structure oligarchique de l'économie. Les oligarques ukrainiens ont privilégié des revenus rapides et facile grâce à des industries qui étaient préexistantes au lieu d'investir sur une dizaine une quinzaine d'années pour obtenir un retour d'investissement assez incertain. Mais tout ça est évidemment un paradoxe puisque si on regarde les estimations qui datent de l'époque soviétique, l'Ukraine est une superpuissance des terres rares et des métacritiques puisque pour ne donner que deux exemples, elle concentrerait les plus importantes réserves de titane du continent européen et les trois réserves de lithium donc d'Europe.
Donc le fait qu'il y ait un gagnant à cet appel d'offre et le fait qu'il y ait une promesse d'investissement, c'est une bonne nouvelle pour l'Ukraine. Mais malgré tout ça, on voit le conflit d'intérêt, il est vraiment gros comme le nez au milieu de la figure. Et même si l'appel d'offre s'est déroulé dans les règles, on devine très clairement qu'il y a eu une préférence donnée à ce consortium qui concentre des proches du gouvernement américain et de Donald Trump.
Et c'est d'autant plus vrai que ce premier appel d'offre a été présenté dès le départ comme un projet pilote, c'est-à-dire vraiment un projet qui permettrait aux Ukrainiens de montrer qu'ils étaient sérieux dans l'application de ce deal sur les ressources minérales et donc il a une dimension extrêmement politique. Alors, il faudra voir comment les prochains appels d'offre se déroulent et comment les Ukrainiens se positionnent par rapport aux pression émanents de Washington et aussi comment il se positionne par rapport au respect des règles de la concurrence du marché unique de l'Union européenne qu'ils entendent toujours rejoindre à marche forcé. Mais dans l'instant présent, le résultat de ce premier appel d'offre, ça s'inscrit clairement dans une stratégie pour amadouer Donald Trump afin de s'assurer de son implication continue dans le dossier ukrainien, donc au sens large et évidemment dans ses efforts pour arriver à une résolution de la guerre.
Puisque le calcul à Kief, il est très simple. On ne fait plus confiance aux Américains, mais par contre on préfère les avoir plutôt de son côté, même si c'est de manière très passive et indirecte, que contre les Ukrainiens et en faveur de la Russie. Et ça, on le voit dans les efforts que Volodimir Zelenski déploie pour trouver et retrouver langue commune avec Donald Trump.
On le voit dans toutes les concessions auxquelles il a dû consentir dans le cadre des négociations. Donc pour l'instant des concessions qui ne sont que sur le papier hein puisque ces négociations ne débouchent sur rien étant donné que la Russie n'a pas l'air très intéressée d'en finir avec sa guerre d'agression. Mais ça c'est une autre question hein, j'en ai parlé dans ma précédente vidéo et j'aurai évidemment l'occasion d'y revenir dans les prochaines.
On le voit aussi dans la nomination de l'ancien directeur général de Westing House qui est un géant américain du nucléaire. Il a été nommé le mois dernier au conseil d'administration de Energoatom qui est l'opérateur ukrainien des centrales nucléaire du pays. Et ça c'est une réponse au scandales de corruption qui concerne depuis le mois de novembre cette société en particulier.
Mais c'est aussi évidemment très important si l'on considère que la centrale nucléaire de Zaporgia qui est actuellement occupée par l'armée russe pourrait faire l'objet d'un deal dans le cadre d'un accord politique de résolution de la guerre. Et on voilà que les intérêts américains donc à travers Westing House sont d'ors et déjà représentés dans cette problématique du nucléaire en Ukraine. Sachant que Westing House fournissait déjà du combustible nucléaire à la centrale de Zaporigia et ça depuis 2015.
Et puis enfin, on le voit dans cette rumeur que les Ukrainiens et les Américains pourraient signer un énorme accord d'investissement américain dans la reconstruction et le développement de l'Ukraine pour un montant global d'environ 800 milliards d'euros. Et ça, ça pourrait être signé au sommet de Davos qui va se tenir cette année du 19 au 23 janvier en Suisse. Le nom officiel de cet accord, c'est un plan de prospérité économique.
C'est quelque chose que les Ukrainiens ont mis en avant depuis déjà le mois de décembre et qui selon eux pourrait s'inscrire dans un accord politique de résolution du conflit. 800 milliards de dollars, c'est 690 milliards d'euros. C'est absolument colossal euh quand on voit que depuis 2022, ni l'Union européenne ni les États-Unis n'ont soutenu l'Ukraine à cette hauteur.
Quand on voit que les Européens se sont écharpés à l'automne dernier pour savoir s'ils allaient utiliser 200 milliards d'actifs russes gelés pour en constituer un fond d'emprunt pour l'Ukraine. Donc là, on parle de 800 milliards de dollars, 690 milliards d'euros, c'est absolument colossal et franchement, on ne sait pas encore comment est-ce que ça pourrait se traduire dans les faits. Et à l'instar de ce deal sur les ressources minérales, on ne sait pas si ça voudrait dire que les entreprises américaines auraient un accès privilégié au marché et au projet en Ukraine.
Si pour le dire de manière très caricaturale, des proches de Donald Trump vont rafler tout le marché de la reconstruction et du développement de l'Ukraine pour les années qui viennent. Et dans ce cas-là, évidemment, se posera la question du respect des règles de la concurrence du marché unique de l'Union européenne, mais aussi tout bonnement de la place des Européens. Est-ce que eux qui ont le plus soutenu euh l'Ukraine depuis 2022 qui continuent aujourd'hui à la soutenir alors que les États-Unis ont tout bonnement arrêté, est-ce que ils vont se faire damer le pion ?
Est-ce qu'ils vont se retrouver sur la touche ? Et est-ce qu'ils vont se retrouver complètement écartés des immenses opportunités économiques qui sont promises par la reconstruction et le développement de l'Ukraine ? Ça, on imagine que les Ukrainiens ont plutôt intérêt à tempérer les appétits de Donald Trump et des milieux d'affaires qui gravitent autour de lui.
Parce que si Amadoué, la Maison Blanche et l'administration Trump pour garantir son implication dans le dossier ukrainien, ça se fait au prix de la capture de l'économie ukrainienne pendant de longues années et ça se fait au prix de l'intégration européenne de l'Ukraine. Non seulement ça va poser énormément de questions, mais en plus de ça, les Ukrainiens vont y perdre sur le moyen long terme. Et en plus de ça, ça sera tout l'héritage de Volodimir Zelenski qui sera remis en question.
Avoir lutté contre une invasion existentielle venue de la Russie pour mettre le pays complètement à la botte des intérêts américains, fondamentalement, ça n'est pas vraiment un bilan très positif. Bon, mais ça évidemment, on verra comment est-ce que ça va se matérialiser, hein. Il est aussi possible que à DAVOS, on signe un accord cadre qui n'aura aucune application concrète pendant euh des années et ces 800 milliards de dollars ne resteront euh qu'un chiffre sur le papier.
Et c'est d'ailleurs aussi ce qui peut se passer avec ce deal sur les ressources minérales et j'en termine par là puisque le consortium qui a remporté ce premier appel d'offre donc Techmet et Ronald Lauder ne peut pas décemment espérer obtenir des résultats et des profits rapides puisque d'une part il faut passer par une phase d'exploration puisque on se rappelle he ce sont les soviétiques qui avaient les premiers et les derniers estimé la valeur du sous-sol ukrainien et donc il faut maintenant procéder à des phases d'ex exploration pour voir si ces estimations sont réalistes et pour voir ce qu'il y a effectivement dans le sous-sol ukrainien. Et puis après l'exploration viendra l'exploitation et tout ça va s'étaler sur au minimum une décennie pendant lesquelles un opérateur économique ne peut pas espérer rentabiliser son investissement. 10 ans, 15 ans, ça veut dire quand même une période assez longue pendant laquelle il peut se passer énormément de choses, que ce soit évidemment du point de vue militaire, mais aussi du point de vue politique, que ce soit à Kiev, à Washington ou à Bruxelles.
Et donc, on est seulement au début d'un processus qui va être très long et par définition très incertain. Donc, il faut garder ça en tête. Mais la conclusion de ma vidéo, c'est que de toutes les manières là, on est au début d'un processus qui donne la par belle au délire complètement narcissique et mercantile de Donald Trump.
Et ça dans le contexte ukrainien comme dans d'autres dossiers géopolitiques à travers le monde. C'est tout à fait clair. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. le fil et je vous retrouve très vite.