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Podcast / conversationBLAST (sur YouTube)· 29 octobre 2022 28 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSolidarités & familleEurope & internationalInstitutions & élections

"ON NE PEUT PAS ACCUEILLIR TOUTE LA MISÈRE DU MONDE" DÉBUNKAGE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Pourquoi cette phrase est-elle devenue un cliché politique ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quels pays accueillent le plus de réfugiés proportionnellement ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Le verbe "accueillir" est-il utilisé à bon escient ?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi parle-t-on de "misère du monde" plutôt que de "richesse du monde" ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Les migrants sont-ils une charge ou une ressource ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Fait
    « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

comprends pas héberger toute la misère du monde on ne peut pas accueillir toute la misère du monde des médias on les retrouve après à toutes les échelles et elles arrivent tout en bas donc elles arrivent dans les bistrots comme elles arrivent dans les machines à café au boulot et partout mais d'accord là-dessus que c'est un effet voulu c'est un effet escompté de deux produits effectivement un sentiment de baptisé un sentiment de submersion et donc de terreur c'est là où on en vient souvent le caractère xénophobe de cette phrase aussi c'est qu'en fait c'est une phrase qui ne parle pas que de la question migratoire c'est une phase qui parle aussi de la question du vivre ensemble tout d'un coup si on avait une politique d'hospitalité digne de ce nom et humaine l'entièreté des gens qui vivent dans des situations plus défavorables qui se retrouvent dans d'autres pays de la planète viendrait s'installer dans notre contrée alors que c'est pas vrai on sait bien que ça ne fonctionne pas comme ça rien d'autre pays qui sont bien moins riches que nous peuvent accueillir plus ou moins bien mais en tout cas dans des quantités autrement supérieures à ce qu'on fait ici ladite militaire du monde la dite misère du monde amis de la police a mis de la Justice a mis des phrases toutes faites à midi bien faits bonjour bonjour nous sommes au poste nous sommes avec deux auteurs du petit best-seller gauchiste qui est en train de monter dans les librairies françaises on ne peut pas accueillir toute la misère du monde en finir avec une sentence de mort de Pierre tévagnant et Jean-Charles Stevens c'est une déclaration de Michel Rocard devenu un dépassable depuis la phrase claque comme un coup près elle tranche tout débat pierre Tevanian qui donc à droite le dylanien celui qui va aller au concert de Bob Dylan tout à l'heure également philosophe comme Bob Dylan co-animateur du site les mots sont importants c'est pas rien quand même et Jean-Charles Stevens Stevens comme on dit Stevens Stevens juriste expert juriste qui a travaillé pour différentes associations pour les pour les migrants vous êtes tous les deux auteur de on ne peut pas accueillir toute la misère du monde chez anazo et vous démontez notamment ce coup de force rhétorique c'est comme ça que vous appelez cette phrase coup de force rhétorique argument chiffre et référencer l'appui il s'agit de défaire une xénophobie autorisée mais aussi de réaffirmer la nécessité de l'hospitalité ça c'est votre dernier chapitre vous êtes évidemment convoqué au poste bon pas héberger toute la misère du monde que la France doit rester ce qu'elle est une terre d'asile politique nous sommes signataires de la Convention de Genève qui prévoit de donner accueil à tous ceux dont les libertés d'expression ou dont les opinions sont réprimées sur place mais pas plus nous soutenons pour notre part que cette phrase est profondément xénophobe nous soutenons également qu'elle repose sur de nombreuses sophisme que nous entendons déconstruire ici l'enjeu d'une telle déconstruction et ni plus ni moins que la levée d'un tabou un interdit de parler et même de penser et de sentir et de quelle manière elle est prononcée elle est prononcée souvent pour clore des discussions donc pour stopper net toutes velléité de questionnements des politiques du consensus migratoire si on peut l'appeler comme ça des politiques qui sont menées depuis quelques décennies maintenant et qui se durcissent toujours plus plutôt que de se voir entendre cette phrase et de se dire ok le sujet est clos de pouvoir démarrer là-dessus de se dire ah oui mais tu sais en fait tu me dis ça moi quand je l'entends j'entends j'entends en fait ce que toi tu me dis qui est que toi tu n'as pas envie d'accueillir toute la misère du monde ou que toi tu n'as pas envie que les étrangers rentrent en France ou en Belgique etc et du coup l'idée aussi était de fournir un début de débat vous démarrez par par le premier mot de la phrase on ne peut pas accueillir toute la misère du monde donc le premier mot c'est on se on est vraiment à tour de passe-passe par lequel l'interlocuteur celui qui prononce la phrase inclut son auditeur dans tout ce qui va suivre sous le couvert d'une certitude d'une espèce de loi naturelle du on ne peut pas et donc on nous ne pouvons pas toi et moi qui discutons ensemble on est bien d'accord sur ce qui va suivre sur le on c'est uniquement une bataille de mots si je puis dire une bataille philosophique une bataille d'idées il y a pas encore les chiffres dont vous allez nous parler tout à l'heure parce que moi qui m'ont mais je suis sur le cul la deuxième partie c'est ne peut pas on ne peut pas ne peut pas donc c'est le pour pouvoir le verbe pouvoir envoie de notions écrivez-vous la possibilité et l'autorisation ne pas pouvoir c'est faire face à une impossibilité ou à un interdit ce qui renvoie à un choix restreint voire forcé ou à une absence de choix et c'est là où vous dites c'est un coup de force rhétorique c'est là où la phrase se présente comme comme une loi une loi physique en fait le locuteur fait semblant qu'il a envie de discuter mais toute sa phrase est construite avec une sémantique qui démontre le contraire c'est vraiment je veux discuter mais en fait je vais dire quelque chose qui c'est mais enfin tu es toi à on ne peut pas il y a pas il y a pas il y a pas de réponse et en fait c'est dès le départ c'est une volonté en fait de non communication moi j'avais quand même l'impression que vous adressiez plus aux politiques aux conversations de bistrot on s'adresse à tout le monde en vérité c'est une phrase qui a été produite par en haut même si effectivement dans son style elle mime elle mime comme font souvent les gens d'en haut elle mime un par les populaires simple de par dicton que tout le monde peut comprendre donc il y a ce côté populiste très condescendant vis-à-vis du peuple mais des facto ce genre de phrases produite par en haut encore une fois est diffusé ensuite par des médias comme leur nom l'indique qui diffuse on les retrouve après à toutes les échelles et elles arrivent tout en bas donc elles arrivent dans les bistrots comme elles arrivent dans les machines à café au boulot et partout ou dans les taxis ou absolument partout dans les salles des profs enfin on peut l'entendre malheureusement cette phrase est jusqu'à la gauche elle a fait c'est elle a fait ses ravages donc on s'adresse à qui en fait en termes de responsabilité on cible évidemment un peu plus ceux qui ont produit ce discours et qui n'ont produit parce qu'il en avait besoin pour justifier et pour faire passer une politique dans ce chapitre là ne peut pas vous expliquer cette cet artifice rhétorique consistant à simuler l'impuissance l'incapacité on aimerait bien mais on ne peut pas et d'autant plus odieux écrivez-vous qu'il est utilisé par des dirigeants qui sont en généralement arrivés au pouvoir en faisant campagne sur le refus de l'immobilisme et du fatalisme et en nous expliquant qu'avec de la volonté politique tout est entre guillemets tout est possible entre guillemets Macron c'est Macron c'est le clone de Sarkozy y compris sur le tout est possible volontarisme et y compris sur le fait que tout d'un coup quand il s'agit d'accueillir là plus rien n'est possible vous commencez de manière subtile à d'ici dans ce deuxième chapitre des premiers chiffres alors qui sont qui sont géniaux vous prenez le rapport du Haut comité au réfugiés des Nations Unies paru en 2021 donc d'affre-bouchiste et vous nous expliquer que justement à l'échelle du de la planète concernant l'année 2020 voilà c'est ça 10 pays qui ne sont pas nous donc le nous le onde de la phrase accueille sur leur territoire un sixième des réfugiés du monde il s'agit dans l'ordre de la Turquie de la Colombie du Pakistan de l'Ouganda de l'Allemagne du Soudan du Liban du Bangladesh de l'Éthiopie de l'Iran un peu plus bas nous donnez ce chiffre-là en comparant le nombre de réfugiés par rapport à la population totale de ces pays la même manière 2020 c'est le Liban plus la Turquie la Colombie Ouganda et le Soudan qui accueille la plus lourde charge entre guillemets on reviendra sur le mot charges tout à l'heure et c'est là où vous donner la proportion des réfugiés seulement respectivement alors pour la France en fait à 0,7%, là où pour l'Allemagne c'est 1,4 % là où pour le Liban c'est 12, donc déjà au deuxième chapitre vous nous expliquer que la réalité de l'immigration n'est absolument pas celle qui est racontée qui est servie avec cette phrase ou que cette phrase sert parce qu'il y a toujours ce va-et-vient alors les chiffres effectivement ils sont imposés parce que parce que on nous assomme de chiffres effectivement mais de chiffres bien choisis ou de chiffres parfois faux ou de suivre pas pas mis en contexte comme on dit toute la misère du monde il y a quand même implicitement une idée que de quantité et une idée de quantitative qui est évoquée les chiffres ils ont cette vertu c'est des réalités c'est pas du c'est pas c'est pas de l'idéal c'est la réalité telle qu'elle est imparfaite mais telle qu'elle est telle qu'elle est elle nous montre déjà que bien d'autres pays qui sont bien moins riches que nous peuvent accueillir plus ou moins bien mais en tout cas dans des quantités autrement supérieur à ce qu'on fait ici ladite mitter du monde la dite misère du monde le verbe accueillir il possède aussi le verbe il possède aussi un sens actif en désignant une politique publique consistant à accorder à ses immigrants un statut et des droits afférents il est enfin utilisé dans la langue courante avec une charge affective plus forte et une connotation plus positive pour exprimer une conception bien plus exigeante et engageante de l'hospitalité bon pas héberger toute la misère du monde regarde lui emploie pas le terme accueillir mais hébergé c'est-à-dire en fait si je vous comprends bien c'est un joli verbe pour dire ça on fera pas on aimerait bien être gentiment on va pas le faire c'est ça ce que ça veut dire effectivement le verbe accueillir il a il a cette étendue sémantique très très vaste qui fait que on l'emploie vraiment pour dire dans tel pays il y a tant de personnes présentes qui viennent de l'étranger qui sont migrants qui sont réfugiés etc donc ça c'est accueillir veut simplement dire compter sur son territoire et puis il y a les sens que tu as que tu as donné qui sont plus plus actifs et qui correspondent plus on va vers le positif la conception exigeante de hospitalité hébergé chez soi recevoir comme il faut accueillir vous êtes vous êtes les bienvenus et bien évidemment plus ça correspond au sens le plus courant et le plus populaire du mot le premier sens auquel on pense quand on dit accueil c'est ça or c'est une manière de travestir les enjeux du débat parce que déjà ce qu'on cherche à justifier comme politique c'est même pas seulement de ne pas accueillir c'est de chasser des gens c'est des choses qui vont beaucoup plus loin que ne pas ouvrir sa porte c'est des donner sa pièce principale préparer un repas etc tout ce qu'on pourrait mettre dans le ralent courante autour d'accueillir donc si déjà nos États se contentaient de ne pas de [ __ ] la paix de ne pas traquer de ne pas pourchasser de ne pas expulser des gens qui arrivent et se font leur vie et se font un chez eux puisqu'il évidemment accueillir ça va être ce qu'on va pointer dans ce chapitre ça renvoie à un chez soi un chez nous qui serait pas chez eux alors qu'on a affaire à des gens qui très rapidement une fois qu'ils sont arrivés mais ce sont des brouillés comme ils peuvent pour se faire un chez eux et ils ont un chez eux un nouveau chez eux ils ont quitté un chez eux qui étaient devenus invivable et ils ont ils sont en train de se faire un chez eux et on les en chasse or évidemment quand on se met à parler en termes d'accueil on gomme tout à fait cette dimension là et avec cette métaphore terrible qui consiste à traiter le pays comme une maison et donc le simple fait de laisser vivre des gens dans ce pays devient le fait d'accueillir chez soi dans sa maison et là évidemment l'imaginaire que ça développe c'est c'est tout de suite l'idée de l'impossible parce que évidemment tout le monde aime avoir sa chambre à soi sont son univers un petit peu protégé on peut être seul tranquille peinard et pas tout le temps visiter par par X ou Y déjà ses amis on les reçoit pas tous les jours donc des inconnus l'usage de cette métaphore domestique qui est encore plus nette quand on dit hébergeait évidemment il est il est il est particulièrement vicieux voilà on développe un certain nombre de pages là-dessus sur l'idée qu'un pays c'est pas une maison un pays ce n'est pas une maison donc accueillir au sens où une politique publique de la sixième puissance économique mondiale accueillerait c'est-à-dire laisserait arriver sans les pourchasser des gens sur son territoire ça ne peut pas être pensé dans les mêmes termes que une personne qui a ses petits moyens limités son petit nombre de pièces chez elle ses propres impératifs sont ses propres emplois du temps à qui on demanderait de d'accueillir au sens fort de bien recevoir a fortiori toute la misère du monde héberger au sens le plus fort du terme accueillir chez soi préparer un repas si la personne en a besoin il y a des gens qui le font et il y a quelque chose qui a de très important qu'on par contre dans le livre c'est les lois qui persécutent la solidarité qui punissent et qui interdisent et qui répriment l'aide au séjour irréguliers un démenti plus au fait qu'on ne peut pas parce que si il est nécessaire de la punir et de l'interdire la solidarité c'est précisément parce qu'elle est possible si elle n'était pas possible on n'aurait pas besoin d'interdire et d'envoyer la police chez Cédric et roux et ses semblable toutes dans cette phrase on ne peut pas accueillir toute la misère du monde là vous dites la ficelle rhétorique est grosse il s'agit une fois de plus d'intimider d'impressionner de terrifier d'attiser les phobies en produisant un sentiment de submersion d'invasion entre guillemets évidemment tout ça de grand remplacement au prix bien entendu d'un brouillage des enjeux et d'une caricature du point de vue adverse c'est-à-dire qu'avec ce mot toutes toute la misère du monde on intimide on vient nourrir cette idée mais vraiment c'est une c'est une idée imaginaire que tout d'un coup si on avait une politique d'hospitalité digne de ce nom et humaine l'entièreté des gens qui vivent dans des situations plus défavorables qui se retrouvent dans d'autres pays de la planète viendraient s'installer dans notre contrée derrière ce tout c'est vraiment ça c'est de dire oui mais attendez si on était gentil agréable et humains et avec une vraie politique d'accueil et qui prend en compte les gens pour ceux qui le sont et qu'ils sont et ben vous savez ils vont tous venir alors que c'est pas vrai on sait bien que ça ne fonctionne pas comme ça la plupart des gens souhaitent avoir des chouettes conditions de vie dans le pays où ils sont et donc c'est vraiment ça qui a derrière le derrière le mot tout et c'est ça qui génère une angoisse c'est pour moi derrière ce mot tout j'ai vraiment une image de quand la phrase est prononcée et qu'elle mot toute je vois ça comme s'il y avait un énorme camion poubelle qui venait déverser la misère du monde à l'entrée de nos frontières toutes la misère du monde donc qui tout de suite ce chiffre familial c'est clair effectivement on voit un milliard de personnes arriver même pas dans mon pays où mon quartier dans mon salon il y a aussi toute la dimension qui est un peu une dimension cachée mais qui se trouve là derrière c'est la figure de l'étranger assisté ces personnes sont incapables de se loger de travailler de subvenir à leur propre besoin etc etc et donc on va devoir tout faire pour or la réalité des mondes bien le contraire là-dessus que c'est un effet voulu c'est un effet voulu c'est un effet escompté de deux produire effectivement un sentiment de et d'attisé un sentiment de submersion et donc de terreur dans ce chapitre là sur le le vocable tout vous parlez d'une enquête réalisée en 2015 dans 33 pays qui a montré que les la proportion de migrants visant vivant pardon sur les territoires nationaux concernés étaient systématiquement surévalué par les sondés de plus 14% en Norvège à plus de 500% en Argentine et au Brésil 8233% de plus c'est à dire que les gens pensaient qu'il y avait 25% de migrants alors qu'en fait il y en a 0,3 sur le sol brésilien etc et ça vaut évidemment pour pour la France et là dans ce chapitre il y a cette phrase j'aimerais bien une petite explication de texte le PATHE donc on ne peut pas accueillir toute la misère du monde le Patou se décline soit en 1 pas la petite taille soit en 1 pas la racaille soit les deux qu'est-ce que vous voulez dire exactement qui est l'étranger qui est le E qui est cette misère qu'on ne peut pas accueillir au fil des évolutions géopolitiques et bien ce e devient devient proche ou pas proche ici la crise ukrainienne hier l'Italien qui vient travailler dans les mines aujourd'hui la racaille qui est en fait habite est française ou belge etc donc c'est vraiment toute cette toute cette notion aussi en fait qu'il y a là derrière et c'est là où on en vient ils sont vraiment le caractère xénophobe de cette phrase aussi c'est qu'en fait c'est une phrase qui ne parle pas que de la question migratoire c'est une phrase qui parle aussi de la question du vivre ensemble du vivre ensemble dans une société cosmopolite avec des principes d'hospitalité ou pas toutes c'est le moment justement Jean-Charles où vous évoquez que de temps en temps il y a ce que vous appelez un moment ukrainien il y a une espèce de de tentation du tri on accepte enfin voilà les clichés on accepte le migrant asiatique parce que il est travailleur élaborieux et qu'il ouvre pas et on refuse le migrants africain parce qu'il est paresseux et je m'en foutiste et donc on est toujours avec ces stéréotypes là qui qui qui trimballe la question migratoire et le migrant ukrainien aujourd'hui vu comme victime selon la figure de la victime que nous on va venir sauver alors ça nous place dans une position absolument honorable et donc là on a une victime qu'on va sauver et qui nous ressemble et tout d'un coup on trouve que oui ok qui parle pas la même langue que nous c'est pas très grave ils ont vaguement la même origine religieuse culturelle que la nôtre donc en fait ça va aller en fait on a tout à fait la possibilité de régler ces situations là et on le voit pour la crise ukrainienne mais aussi on le voit parce qu'il existe des dispositifs dans les législations en cas par exemple de catastrophes naturelles de grosses catastrophe tout d'un coup on va mettre en place des dispositifs ou dans les 24 ou 48 heures des centaines ou des milliers de personnes vont être accueillies vont être hébergées et ça me pose aucun problème les dispositifs existent simplement ils ne sont pas activés et à la fois conjoncturel sur les résultats et structurer la sur la cause c'est que c'est le c'est un racisme très profond et très structurel qui produit effectivement au fil de la conjoncture des incohérences ou ce qui apparaît comme des incohérences c'est tiens pourquoi un système d'accueil d'urgence qui n'était pas activé pour les Syriens pour les Afghans malgré les 1000 alarmes qui étaient actionnées il l'est pour les ukrainiens et ben ça nous renvoie ou pas la piétaille qu'elle a pas la racaille c'est ça qu'on veut dire c'est que les deux grands systèmes de tri et ça nous renvoie aussi à Michel Rocard parce que justement quand il dit on doit en prendre sa part la question qui est tu sais quelle part alors et comment on entrace les contours et effectivement les traces de deux manières et ça depuis les décennies c'est d'une part les critères utilitariste de quelle profession notre patronat a besoin en ce moment donc ça aussi c'est conjoncturels donc on va dire les diplômés alors on va dire souvent c'est des mots qui ont été employés sur les sur les Ukrainiens c'est une immigration de qualité et alors de qualité ça peut vouloir dire diplômé avec donc tout un préjugé comme ça scolastique et puis qui renvoie en fait en dernière instance aux besoins du patronat donc les métiers en tension comme on dit etc et puis l'autre critère de la qualité bah c'est des mots qui ont été employés c'est la proximité alors soit on va dire des ophémisme la proximité ils ont les mêmes voitures ils nous ressemblent la proximité culturelle etc refrain qu'on nous ressort effectivement parfois pour au sujet des Arméniens mais je rappelle effectivement que les Arméniens ont subi dans le passé exactement le même coup près du pathout sauf qu'ils étaient de l'autre côté ils étaient perçus comme du mauvais côté du pathout c'est à dire du côté de la Pieta et de la racaille qui apporte des maladies qui a des mauvaises manières orientales qui est trop des votes qui est trop communautariste qui reste entre eux qui sont pas des bons travailleurs qui ont pas notre finesse française etc donc je cite des sénateurs socialistes des savants de lunettes ou autres qui tenaient ces discours là sur les Arméniens pour revenir au présent il se trouve qu'en Ukraine il y a une très très importante diaspora arménienne et qu'en France parmi les Ukrainiens pas accueillis les réfugiés venant du crève et renvoyé pas accueilli ne bénéficiant pas de la petite ouverture que qu'on a connu il y a en fait les africains ou aussi des Arméniens c'est à dire des non-nucréiens de nationalité des immigrants des résidents étrangers mais qui vivaient en Ukraine et qui eux aussi comme les autres ont eu besoin de fuir mais comme ils sont pas Ukrainiens blancs et de nationalité ukrainienne on estime que qui se sont des usurpateurs qu'ils ont pas et là qui qui abusent de notre générosité qui ne doit cibler que des Ukrainiens Ukrainiens on arrive à la à la fin c'est la misère du monde c'est-à-dire c'est le côté Bourdieu de du bouquin alors évidemment la cheville un petit passage qui montre quand même que vous avez du plaisir à écrire cet appellation misère du monde exerce donc une extrême violence en premier lieu à l'égard des arrivants et des arrivantes dont l'humanité est née ou en tout cas silencier et invisibilisé et dont la route est barrée d'une implacable assignation au malheur et à la pauvreté ce malheur dont il et elles veulent s'extraire leur est renvoyé comme une seconde nature un destin une identité un sobriquet misère tu fuis misère tué misère tu resteras c'est ça que veut dire la misère du monde c'est-à-dire en fait c'est la double peine on place des gens dans une dénomination qui n'est pas une dénomination qui désigne des gens qui désignent un état qui désigne une situation et donc ça c'est un côté la déshumanisation complète dans le discours de ce dont on parle en fait on parle de personnes rappelons-le et puis d'un autre côté ça nous place nous enfin le locuteur ça le place dans une position de celui qui ah oui mais moi je suis quand même bien je suis celui qui va résoudre la misère éventuellement qui va la prendre en charge qui va l'assister qui va à ce nouveau la figure du Sauveur donc on est un peu dans cette dans cette gymnastique là mais avec le côté insidieux du comme on évacue le fait qu'on parle de deux personnes ça permet en fait tout et n'importe quoi ça permet de dire n'importe quoi et ça permet de d'avoir des politiques qui sont des politiques inhumaines vu qu'en fait on ne parle pas d'humain on parle de misère toute dimension concrète tout épaisseur effectivement [Musique] économique etc je vais éviter à cette misère qu'elle rentre chez nous parce que c'est bien connu la misère s'est contagieuse et effectivement il y a cette assignation là du qu'est-ce qu'on fait rentrer chez nous on va faire rentrer la misère au secours au secours il faut absolument agir alors que dites-vous pas je 60 pages 53 c'est une autre facette de la politique d'immigration qui se fait jour derrière la désolation de ne pas pouvoir donc on ne peut pas ne pas pouvoir secourir la misère du monde on ne peut pas accueillir toute la misère du monde semble se profiler l'exact opposé écrivez-vous la volonté express de misérer misérer misérer oui une jeunesse pleine de ressources qui arrive sur le territoire national et de l'enfoncer dans la misère ça implique plusieurs choses ça implique d'abord premièrement une chose qu'on aurait qu'on évoque aussi dans le chapitre d'avant qui est que c'est pas toute la misère et que qui émigre et qui a et qui entre guillemets frappent nos portes pour garder toujours cette métaphore pourrie c'est une petite partie et une toute petite partie donc ça dans la partie pas tout on le rappelle que déjà l'écrasante majorité et on donne tous les chiffres édifiants qui le confirme l'écrasante majorité des gens qui sont dans la misère et tellement dans la misère qu'elle ne peut pas bouger et qu'elle crève sur place ou qu'elle survitent sur place quand elle bouge ensuite la grosse majorité bouge dans ses propres frontières vers une autre région une autre ville et quand elle sort de ses frontières la majorité aussi va dans des pays voisins et donc à la fin la partie de la misère qui demande à entrer sur notre territoire je sais plus je sais plus quel est le chiffre mais il est infime aux portes de l'Europe comme on dit donc ça c'est un premier point et par ailleurs on revient dans le dernier chapitre sur effectivement cette question de du nom la misère du monde et pourquoi pas la richesse du monde les ressources du monde ou les forces vives du monde tout simplement on rappelle que cette petite partie par ailleurs elle est sélectionnée et là aussi on cite toutes les études qui le documentent et qui le chiffre c'est en général des gens qui viennent des pays qui sont pas les plus pauvres qui dans ces pays viennent pas des classes les plus pauvres qui sont en général qui arrivent à un âge où ils sont effectivement plus en meilleure santé que la moyenne de notre population déjà formé donc pas à charge pour notre société puisque leur formation leur éducation ils arrivent en âge de travailler tout frais est dispo pour le marché du travail et bref a beaucoup d'égards c'est une ressource économique pour toute une série de personnes migrantes l'idée de recevoir une aide sociale n'est même pas une conception qui revient à l'esprit donc ils arrivent ici ce qu'ils demandent c'est travailler avoir accès au marché du logement avoir accès au marché du travail ils demandent des accès ils demandent pas de l'assistance les processus migratoires sont tellement complexes et compliquées qui produit une sélection que quelque part il n'y a que les battant qui arrive que ceux qui ont le plus de ressources ceux qui sont capables de se mouvoir dans un monde où à toutes les étapes des barrières leur sont posées que ce soit les barrières financières des barrières matériels des barrières militaires et donc les gens qui traversent cela ont toute une série de mérites rien que d'avoir réussi ce parcours à bientôt merci beaucoup à bientôt merci à bientôt au revoir [Musique]