Nicolas Forissier, ministre chargé du Commerce extérieur était l'invité de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Nicolas Forisier. Bonjour. La colère gronde chez les agriculteurs qui tentent de bloquer Paris ce matin.
Parmi leurs inquiétudes, la possible signature du projet d'accord du Mercosur lundi. Le feu vert des 27 pourrait avoir lieu demain. Que va faire Emmanuel Macron ?
Est-ce qu'il va voter pour ce traiter de libre échange entre l'Union européenne et certains pays d'Amérique du Sud ? Est-ce qu'il va voter contre ? Est-ce qu'il va s'abstenir ?
Alors, deux choses. D'abord, c'est pas la fin de l'histoire. Vendredi, vendredi, vous avez les représentants permanents des pays de l'Union européenne qui vont décider si ils acceptent la mise en route de la signature.
Mais quelle sera la position de la France demain ? Ce que je veux dire simplement, c'est que nous avons ensuite un long processus qui passa, j'y reviendrai peut-être, par le vote au Parlement qui a un certain nombre de possibilités, y compris de suspendre par la saisine de la Cour de justice européenne la mise en œuvre de cet accord. Donc nous sommes pas au bout du chemin.
Ça n'est pas la fin de l'histoire, c'est une étape. Je veux insister là-dessus parce qu'il faut pas qu'on croit que vendredi l'accord du Mercour est définitivement signé. Mais néanmoins que sera quelle sera la position dirau nous avons toujours dit que la France est un grand pays agricole que notre identité c'est l'agriculture et le monde rural plus globalement notre modèle gastronomique alimentaire.
Et donc c'est pour nous un problème d'identité essentiel et il est hors de question même s'il y a des avantages à cet accord pour beaucoup de filières en France y compris d'ailleurs dans le domaine agronomique, il est hors de question de sacrifier ou de mettre en danger en risque un certain nombre de filières agricoles. Je pense notamment à l'élevage beauvin à la vola et cetera. Donc nous avons toujours ne votera pas pour.
Nous avons toujours eu pour l'instant il est hors de question de voter pour et nous l'avons dit et redit. c'est la position constante de la France parce que nous avons posé des des conditions, des exigences qui sont une clause de sauvegarde, c'est dire un frein d'urgence. Si jamais il y a une déstabilisation d'une filière parce qu'il y a trop de baisse de prix ou trop d'augmentation de volume par rapport à ce qui est prévu et normal, là on peut arrêter.
Ça c'était une exigence absolue. On l'a obtenu et d'ailleurs sans doute le Parlement européen va-t-il après l'avoir lui-même renforcé voter cette mesure. Deuxièmement, on a exigé des ce qu'on appelle des mesures miroires, c'est-à-dire il y a pas de raison que les importations voilà de de produits agricoles agroalimentaires qui viennent d'autres pays du monde, c'est pas seulement d'ailleurs le mercour soit trop facile et ne respecte pas les normes que nous on impose à nos agriculteurs.
Là, on a une avancée qu'on aurait pas imaginé il y a encore quelques années et qui dans le cas de la négociation avec le Mercour, c'est la France qui l'obtient. Vous revendiquer des victoires. Est-ce que ça veut dire que vous pourriez demain la France, Emmanuel Macron pourrait s'abstenir ?
Je suis en train de vous dire que pour l'instant nous avons un certain nombre d'avancées. C'est le travail de la France. C'est grâce aux efforts et aux bras de fer que nous avons engagés, y compris avec certains alliés, je pense à la Pologne, l'Italie qui nous a aidé, mais nous ne sommes pas là aussi au bout du chemin.
Le compte n'y est pas. Et donc pour l'instant, je vous réponds, je vous réponds mais il faut être précis. Euh pour l'instant, il est hors de question euh la position de la France est constante de voter ou de donner un accord euh à cet accord.
Excusez-moi de répéter les mots, mais c'est c'est ça le sujet. Et nous attendons que la Commission européenne, y compris avec l'appui de nos partenaires, ailleent jusqu'au bout de nos exigences. Pour l'instant, le compte n'y est pas.
Nous avons toujours été très clairs et donc la position de la France, elle est extrêmement négative aujourd'hui. Plutô plutôt une abstention si je vous entends de Il ne me revient pas de vous donner euh moi-même euh la position, mais vous avez bien compris que nous ne sommes pas satisfaits aujourd'hui parce que nous n'avons pas les réponses à toutes nos demandes. Néanmoins, la France milite, on le sait depuis des années, pour bloquer le processus, mais elle a pas réussi à à dégager une minorité de blocage.
He je rappelle, c'est au moins quatre pays Étatsmembres qui représentent 35 % de la population. Est-ce que c'est pas l'échec de la stratégie française ? Non.
D'abord, d'abord nous sommes le grand pays européen en matière agricole. C'est pas le cas de tous les autres pays. Ils ont d'autres intérêts.
Deuxièmement, je ne peux pas vous laisser dire qu'on n pas réussi à mobiliser. C'est d'ailleurs pourquoi est-ce que le Ah ben vous êtes la France la France est avec la Hongrie et la Pologne. Point bar. l'Italie à qui on a Non, mais je suis en train de vous expliquer justement que l'Italie au contraire nous a donné euh son son accord et son soutien pour reporter et pour elle s'apprête à pour reporter et pour obtenir dans l'intervalle un certain nombre de choses de la commission.
D'ailleurs, je vous signale que nous avons nous-mêmes demandé, comme l'Italie l'a rappelé pour elle-même, l'augmentation du budget de la PAC parce qu'il y a des négociations parallèles. Il y a pas seulement le mercour, il y a la PAC, il y a le problème du coût des engrais pour les agriculteurs français et sur le coût des engrais hier, nous avons obtenu satisfaction. euh il y aura pas d'augmentation de même que sur la PAC nous avons obtenu 45 milliards supplémentaires.
Ce qui va nous permettre et et les Italiens disent la même chose parce que on était deux concerts là-dessus, ce qui va nous permettre de donner euh les soutiens pâqu euh à un niveau équivalent à ces dernières années jusqu'en 2034. Donc il y a des victoires, il y a des coalitions mais nous nous sommes finalement le le pays agricole qui est le plus exigeant, ça n'est pas exactement ce qu'attendent d'autres partenaires et donc pour l'instant il n'y a plus de minorité de blocage sur le mercour. C'est très clair mais nous on se bat, on essaie d'obtenir un maximum, on tient bon et pour l'instant on n'est pas satisfait et dans ces condition on ira jusqu'au bout.
Vous irez jusqu'au bout. Vous êtes issu des républicains. Hier Bruno Rotaillot a brandi la menace d'une motion de censure si Emmanuel Macron votait pour.
Donc ce matin, vous êtes tranquille, vous dites il y aura pas de motion de censure déclenchée par le tribunal. Mais moi je regarde pas la motion de censure et c'est pas le sujet du gouvernement. J'ai participé au côté du premier ministre et Dani, ministre de l'agriculture à toutes les réunions à Matignon avant Noël et et c'est et en ce début de semaine avec les différentes organisations agricoles.
Parce que ce qui nous importe dans ce gouvernement, c'est la demande et c'est la volonté de de Sébastien le Cornu, le Premier ministre, c'est d'apporter des réponses concrètes et de se battre pour ce qui est constitutif de l'identité française, c'est-à-dire l'agriculture, le modèle alimentaire français, l'exigence française, y compris sur le plan sanitaire, pas seulement sur le plan gastronomique. Ça c'est la réalité. Et on peut pas continuer à avoir des situations où vous avez au fond des des concurrences pas normales, pas équitables alors qu'on demande beaucoup d'efforts à nos agriculteurs qui nous nourrissent et qui sont aujourd'hui c'est bien naturel dans l'expression de leur inquiétude et de leur colère.
Donc un petit mot très rapide aussi sur le budget qui fait mo sa je suis fils d'agriculteur, je suis élu depuis 40 ans dans une zone d'élevage charolaise, limousine, dans le Berry, dans l'Indre et je connais ça par cœur. J'ai moi-même été au gouvernement sur ces sujets. Donc c'est un vrai enfin je vous dis ça avec conviction, on se bat et sur le Mercosour, nous n'avons pas de satisfaction aujourd'hui.
Donc la position, elle sera officiellement donnée par le président et par le Premier ministre. Mais clairement, vous voyez bien que nous ne sommes pas satisfaits, qu'on n'est pas au bout du chemin aussi. Un petit mot très rapide sur le budget qui fait son retour à l'Assemblée nationale en commission euh des finances ce matin.
Roland l'escur qui est le euh ministre de l'économie espère que la France va vite se doter d'un budget. Vous partagez son optimisme. Ah je pense que c'est très important parce que tant qu'on n'a pas de budget, on perd de l'argent.
Il y a beaucoup de choses qu'on peut pas mettre en œuvre. On parlait d'agriculture, il y a beaucoup de mesures en matière agricole qui répondent aux attentes d'agriculture qui peuvent pas être mises en œuvre parce que le budget n'est pas voté. Donc là, il faut régler le problème.
Régler le problème, c'est quoi ? d'avoir un accord de non censure avec les socialistes aussi pas un accord de non censur Sébastien le cornu puisse mais c'est pas au sens politicien moi j'en ai marre qu'on dise c'est pour survivre c'est pour que les ministres gardent leur poste c'est pour que les députés enf ça veut rien dire l'intérêt du pays prim il est normal dans un pays où il y a pas de majorité politique à l'assemblée qu'il y ait une discussion des compromis dans l'intérêt du pays c'est ça que demande le premier ministre doit avoir est-ce qu'il doit avoir recours au 493 justement pour faire avancer le dossier. Ça c'est ça c'est encore une fois un outil technique si moi je je je peux pas vous répondre là-dessus aujourd'hui.
S'il devait y avoir une procédure x ou y au Parlement pour débloquer la situation ça ne pourrait se faire et c'est ce qu'a toujours dit le premier ministre que sur la base d'un compromis dans l'intérêt du pays. Après chacun effectivement souhaite pouvoir respecter son positionnement politique mais ce qui compte c'est qu'on puisse répondre avec un budget donner de la visibilité aux entreprises et à nos concitoyens. Lundi, vous vous rendez normalement au Danemark pour y aborder la souveraineté des approvisionnements.
Donald Trump semble vouloir s'en prendre désormais au Groenland qui est un territoire autonome danois, y compris par une action militaire. Est-ce qu'il faut le prendre au sérieux ? Je pense que les Américains ont toujours été évidemment très attentifs à leur influence sur l'ensemble du continent américain sud et nord.
Euh, il y a des déclarations, il y a des signes qui sont donnés. C'est une forme de pression. Je rappelle simplement que l'organisation du traité de l'Atlantique Nord qui dit "Les États-Unis et la plupart des pays de l'Union européenne mais aussi d'autres pays d'Europe, c'est destiné à assurer la sécurité de l'Atlantique Nord." Et qu'est-ce qui est au milieu de l'Atlantique Nord ?
Le Groenland. Donc il y a quand même une contradiction à imaginer que les Américains viendraient d'une manière ou d'une autre s'emparer du Groenland. Ça se ferait contre le temps, ça se ferait donc contre leurs partenaire alors même qu'ils en sont membres.
Donc il y a je crois une part de de pas dire de cinéma mais de pression politique. Je rappelle aussi de toute façon que mais imaginons euh monsieur le ministre si jamais le GR était annexé par Donald Trump est-ce que la France devrait actionner l'article 5 de l'OTAN qui stipule que tout allié euh menacé on lunett des autres membres de l'OTAN. Président Macron a eu raison de dire que c'est une situation, je sais plus quel est le terme, inimaginable parce que ça veut dire que les Américains qui sont eux-mêmes membres et cfondateur de l'OTAN, c'estàdire la protection de l'Atlantique Nord, donc du Groenland, ferait exploser les choses.
Mais c'est que dit Donald Trump en disant l'action militaire, pourquoi pas ? Je pense qu'il bon évidemment ça ça choque mais je pense qu'il faut bien voir qu'il y a là une forme de bras de fer de négociation. On connaît monsieur Trump, c'est sa façon de faire.
Il faut rester serein, solide, il faut trouver des solutions. Mais je rappelle juste que le Groenland est déjà aujourd'hui euh en situation d'être protégé par les Américains qui ont tous les droits dans le casre d'un traité de qui date de 1951 si je me rappelle bien et qui permet aux Américains d'installer toutes les bases qu'ils veulent donc et et de et de faire de l'extraction minière. Donc voilà, on entend ce que vous dites ce matin.
Nicolas Forissier