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Conférence de presseMarion Maréchal· 20 mars 2023 179 minAutoproduitActualité / polémiqueSantéInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Convention des droites contre la légalisation de l'euthanasie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 33 %Attaque 50 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Quels sont les éléments qui montrent que cette euthanasie n'était pas conforme à la loi belge ?

  • 5:20RelanceRéponse directe

    Pourquoi la Commission de contrôle belge n'a-t-elle pas dénoncé ce cas ?

  • 8:20OuverteRéponse directe

    Quel rôle joue l'argent dans la légalisation de l'euthanasie ?

  • 11:20OuverteRéponse directe

    Pourquoi les soins palliatifs sont-ils la seule alternative ?

  • 14:20OuverteRéponse directe

    Dans quel contexte se trouvent les demandes d'euthanasie ?

  • 17:20OuverteRéponse directe

    La demande d'euthanasie est-elle liée à la solitude et à l'isolement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Marion MaréchalFait
    « la convention dite citoyenne rendra son avis officiel au gouvernement et on a vu ces derniers temps notamment parce que la presse la relayée à quel point cette convention citoyenne s'était déroulée dans des conditions qui lui font perdre toute crédibilité et toute fiabilité puisque les participants donc les citoyens désignés pour pour former un des avis on dénoncé des faits qui ne peuvent que nous interpeller et je les cite manipulation question biaisée débat orienté ou encore instrument instrumentalisation et erreur de vote »
  • 6:00Marion MaréchalPromesse
    « il nous a paru une nécessaire de proposer un espace de discussion apaisé réfléchi pour aborder ce délicat sujet de la fin de vie et exposer pourquoi nous nous opposons franchement à l'euthanasie sous toutes ses formes »
  • 9:00Marion MaréchalFait
    « une personne humaine c'est pas un objet qu'on achète c'est pas non plus une chose qu'on bricole pas plus que ça n'est un produit périmé que on pourrait jeter »
  • 0:10InconnuFait
    « cette personne d'après de la vie du psychiatre ne rentrait pas dans les conditions pour être euthanasié »
  • 3:00Fait
    « on a les moyens en France de soulager les douleurs d'accompagner toutes les souffrances et jamais je me suis dit voilà là il faudrait peut-être que le tennis soit légalisé »
  • 6:00Chiffre
    « 27 départements qui n'ont pas d'unité de soins palliatifs »
  • 8:00Chiffre
    « 30% des postes hospitaliers sont pas pourvus »
  • 11:00Chiffre
    « 60% des soignants sont en burn out »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

bien mesdames et messieurs merci beaucoup de votre présence cet après-midi sur ce sujet de très grande actualité vous êtes tous certainement vous avez la la réforme des retraites en tête et avec son cortège d'événements politiques mais il y a d'autres événements d'actualité qui aujourd'hui nous occupent qui sont peut-être moins moins bruyants qui occupe moins le devant de la scène médiatique et je vous demande dès maintenant d'accueillir Laurence Trochu qui va prononcer le discours d'ouverture de cette convention des droites sur et contre la légalisation de l'euthanasie merci chers amis d'être nombreux aujourd'hui et vous savez la date de cette convention n'est pas un hasard demain une autre convention la convention dite citoyenne rendra son avis officiel au gouvernement et on a vu ces derniers temps notamment parce que la presse la relayée à quel point cette convention citoyenne s'était déroulée dans des conditions qui lui font perdre toute crédibilité et toute fiabilité puisque les participants donc les citoyens désignés pour pour former un des avis on dénoncé des faits qui ne peuvent que nous interpeller et je les cite manipulation question biaisée débat orienté ou encore instrument instrumentalisation et erreur de vote et je pense qu'ils ont compris eux-mêmes ils se sont rendus compte finalement que les dés étaient pipés alors il nous a paru une nécessaire de proposer un espace de discussion apaisé réfléchi pour aborder ce délicat sujet de la fin de vie et exposer pourquoi nous nous opposons franchement à l'euthanasie sous toutes ses formes reconquête via le mouvement conservateur sont les trois seules partis politiques qui développe une ligne claire et une ligne unique tandis que dans d'autres parties ce seront peut-être simplement des oppositions à titre individuels sans qu'une ligne soit pour autant adoptée je voudrais remercier ce grâce auquel cette réunion est possible je pense à tous ceux qui ne seront pas à la tribune aujourd'hui mais qui ont passé du temps ces dernières semaines pour que nous ayons une salle pour que nous ayons la logistique qui nous permettent de vous accueillir dans les meilleures conditions donc qu'il soit chaleureusement remercier ils ont fait la preuve que travailler en équipe même quand on est dans des structures différentes et faisable et à leur manière ils ont incarné cette union que nous appelons de nos vœux alors souvenez souvenons-nous pour rentrer dans le vif du sujet il y a deux ans un peu plus maintenant cet épisode du covid qui a signé le retour du tragique dans nos vies qui nous a rappelé cruellement parfois à quel point nos vies étaient fragiles et bien la réalité de la mort elle s'est imposée comme faisant partie intégrante de la vie nous avons applaudi les soignants qui ont été au premier lignes dans ce combat pour sauver des vies et demain ce sont ces mêmes soignants à qui on pourrait demander de donner la mort et le projet de fois tels que nous avons pu le consulter étant ce sens d'un cynisme effrayant puisque on pourrait même dire d'ailleurs qu'il est honteusement mensonger puisque il y a cette phrase absolument terrible et réputée décédé de mort naturelle la personne dont la mort résulte d'une assistance médicalisée active à mourir donc ça veut dire quoi ça veut dire que une mort qui serait provoquée par un médecin serait déclaré mort naturelle alors dans ces tiraillements où se révèle l'envie d'en finir et puis peut-être là la peur viscérale de la solitude l'euthanasie elle dévoile là son visage elle est une volonté d'évacuer la mort et le caractère mystérieux qui l'entoure et c'est la raison pour laquelle nous marions maréchal Jean-Frédéric Poisson et moi-même nous nous devons de porter la voix de la droite civilisationnelle nous ne pouvons pas nous taire devant ces mots devant ces mots qui traduisent une volonté de déformer le réel alors la droite civilisationnelle je m'y arrête quelques instants parce que elle marche en réalité sur ces deux jambes nous avons entendu depuis longtemps le cri du coeur des Français qui se disent attachés à leur identité à leur mode de vie à leur culture et on pourrait presque parler d'un instinct de conservation qui est d'autant plus d'ailleurs que les menaces sont sérieuses des menaces qui nous viennent du hoquisme mais qui nous viennent ici nous le voyons bien d'une conception finalement de la mort bien loin de l'identité collective que nous que nous défendons et c'est cette identité collective dans ce rapport à la mort qui est visée alors nous ne devons pas oublier dans ce débat là que la droite civilisationnelle c'est justement elle veut être cohérente et bien elle doit rappeler que cette conception que nous allons défendre de la personne et de la société elle est inspirée par notre culture commune parce que nous sommes cohérents en fait nous devons c'est vraiment notre rôle de répéter à temps et à contretemps que une personne humaine c'est pas un objet qu'on achète c'est pas non plus une chose qu'on bricole pas plus que ça n'est un produit périmé que on pourrait jeter donc ça veut dire que il est impossible il est impossible de déserter ce combat pour la dignité qu'on dit inconditionnel de la personne humaine dignité inconditionnelle c'est quoi c'est le fait que la dignité ne se mesure pas au degré d'autonomie d'une personne forcément dans une société de la performance où il faut être le plus beau le plus fort le plus intelligent et bien la question posée par l'euthanasie et précisément celle de la vulnérabilité et de la dépendance alors l'euthanasie apporte une réponse à cette question là mais une réponse inhumaine puisque ça consiste à dire que certaines vies qui seraient privées d'autonomie qui serait privée d'indépendance et bien ne vaudrait pas la peine d'être vécue cette loi voyez elle va désigner les coûteux les inutiles et les inciter à mourir alors forcément on délivrant des permis de tuer en miroir ce sont simplement des tolérances à vivre que nous allons cautionner des permis de vivre quand on est vieux quand on est dégradé et qu'on a perdu cette fameuse autonomie et nous nous sommes là pour réaffirmer que donner la mort au nom de la souffrance est en fait une défaite une défaite de la solidarité à l'inverse prendre soin des plus fragiles des plus faibles des plus vulnérables en leur manifestant ce respect sans condition c'est faire preuve d'humanité ne nous faisons pas piéger par ces mots que nous adversaires ont détourné je les dis tout à l'heure avec la mort naturelle avec la dignité et avec l'humanité alors pour éclairer nos réflexions de la journée de l'après-midi et puis pour formuler au final des propositions politiques cohérentes puisque ce sera notre rôle nous avons l'honneur d'accueillir parmi nous des juristes un philosophe et de croiser ensuite le regard dans une deuxième table ronde avec ceux des professionnels de santé c'est un bonheur mais je dirais que c'est aussi une chance parce que nous pouvons ainsi bénéficier de leurs expertises qui nous raccrochent à la réalité de la fin de vie ils viennent nourrir notre réflexion bien sûr et ils le font en toute indépendance de leur part sans parti pris politique contribuant de cette manière à faire vivre librement le débat démocratique alors cet après-midi nous avons choisi de regarder d'abord le basculement anthropologique absolument inédit que représente le tanasis ce sera l'objet de la première table ronde qui visera en fait à nous dire un petit peu aussi en creux ben finalement ce qu'est l'homme l'être humain on peut dire que c'est le seul animal qui doit vivre avec la conscience de sa mort de sa propre mort et accepter pleinement ça son incertitude la fin naturelle de la vie le fait que justement nous ne sachions pas quand ça va arriver et bien c'est aussi ça qui est gage de notre humanité il renonçait en revanche en programmant sa mort c'est donc renier une composante de la vie humaine il y a bien quelque chose là qui nous fait comprendre que le sens même de notre vie c'est clair à la lumière de cette inévitable mort qui nous qui nous attend parce que la mort elle fait bien de la vie c'est une étape de la vie c'est la dernière mais ça fait partie de la vie et donc ce dont les professionnels de santé vont témoigner justement notamment en développant les les soins palliatifs et le regard sur les soins palliatifs et bien c'est que il y a une véritable alternative à l'euthanasie ce sera l'objet de ce que nous dira Jean-Frédéric Poisson auteur d'un livre récemment sorti et voilà et je le laisserai développer ce point mais voyez contrairement à ce que la tyrannie des bons sentiments veut nous faire croire et bien l'euthanasie n'est pas un son parce que faire mourir délibérément une personne c'est pas la même chose évidemment qu'en prendre soin jusqu'à son terme et le devoir du médecin je pense qu'on peut le résumer en trois mots soigner soulager accompagner évidemment n'est absolument pas compatible avec le fait de donner la mort en fait on se rend compte quand on creuse un petit peu que ce cette question d'euthanasie apparaît davantage comme un problème sociétal que comme un problème médical et un problème sociétal c'est bien de cela dont il s'agit Thibault a rappelé tout à l'heure le contexte dans lequel avait lieu ses débats autour de l'Etat nazie un contexte social pour le coup qui est très chargé et on ne peut s'empêcher de se dire que finalement les problèmes sociétaux ils sont bien commodes ils sont bien pratiques quand un gouvernement est aux abois et qu'il prend l'eau parce que en faisant des choses dans le domaine sociétal il donne l'impression de faire quelque chose de n'avoir pas servi à rien alors même que sur les autres sujets il est incapable de porter les réformes structurelles dont on aurait pourtant besoin donc ça se fait sur le dos des plus faibles c'est finalement là qui est le quel est le scandale donc ça ne peut pas être considéré comme un progrès sociétal ou social parce que faire mourir plutôt qu'accompagner sur le pas de la porte celui qui de fait va mourir celui qui s'apprête à quitter le monde et bien c'est en réalité une régression humaine quand il n'y a plus de place et c'est ce que les médecins nous diront quand il n'y a plus de place pour le soin qui guérit et bien loin du plateau technique et dans la solitude de la chambre il y a place pour la qualité de la relation dans ce silence de la chambre qui nous rappelle que la médecine elle a commencé comme ça d'ailleurs elle a commencé avec les hôtels d'yeux c'est à dire ces endroits où on n'avait pas que le souci de la guérison mais où on avait la sollicitude pour tous les blessés et où l'Hôtel-Dieu était ben le lieu de la fraternité dont nous parlerons Frédéric et la réponse elle est là elle est là dans la chaleur de la fraternité face à des détresse qui sont pas seulement physiques mais qui sont aussi psychologiques la détresse de celui qui se penserait condamner à la froideur de la mort pour faire face aux souffrances de tous ordres et à l'angoisse et il est pas interdit d'ailleurs de penser que ce mot de la fraternité qui est pourtant dans notre devise disparaît à mesure que ce qui nous est présenté comme un progrès se renforce pour envisager des solutions qui sont pourtant contraire à la fraternité et vous savez qu'en 1792 notre devise elle n'était pas liberté égalité fraternité elle était liberté égalité fraternité ou la mort et ben en fait on en est là c'est à dire fraternité ou la mort et je pense qu'à ce funeste projet et bien il est de notre responsabilité de proposer justement les formidables progrès des soins palliatifs moi je suis quand même atterrée de voir tous ceux qui au nom du progrès vont proposer l'euthanasie faisant finalement comme si on en était encore au Moyen-Âge avec une médecine incapable de soulager un capable d'apaiser alors bien sûr il reste il reste cette terrible détresse psychologique qui n'est sans doute pas quantifiable de la même manière que la souffrance physique cette détresse psychologique de ce savoir et de se voir diminuer et dépendant mais c'est précisément là que finalement va se révéler l'humanité l'humanité qui qui est mise à mal de ce patient affaibli de ce patient dépendant qui va croiser l'humanité en bon état en bonne santé des soignants et des proches et c'est pour ça que la question de la fin de vie n'est pas que celle du patient elle est aussi de son entourage et c'est dans leur regard dans dans ses gestes de la douceur que le malade va pouvoir percevoir cette dignité inconditionnelle dans cette rencontre l'un et les autres se découvrent finalement plus homme que jamais et je pense que ce dont pourront témoigner les professionnels de santé c'est que finalement paradoxalement ces moments de la fin de vie vécu ainsi se révèle non seulement d'une grande humanité mais peuvent aussi dégager une une paix profonde et ce sont ces dernières étapes de la vie que les soins palliatifs permettent de vivre pour que la mort ne nous soit pas volée alors je vous souhaite à travers tout ce que vous allez entendre par la suite une bonne après-midi qu'au milieu de ces situations souvent douloureuses et qui font peut-être d'ailleurs écho à ce que vous-même vous vivez et bien nous puissions ouvrir ensemble cette troisième voie qui est celle des soins palliatifs et de l'accompagnement auquel je le rappelle la loi de 1999 disait dont la loi disait toute personne malade dont l'état le requiert a le droit d'accéder aux soins palliatifs donc il s'agit de de mieux saisir ce qu'ils sont et de voir que finalement ces lieux entre pesanteur et grâce seront certainement lieu seront certainement des lieux où il y aura une forme de résistance politique parce que ce projet d'euthanasie il dit quelque chose de l'homme et de la société de ce qu'on veut en faire et donc il est éminemment politique bon après-midi bonne réflexion et merci d'être là mobilisé à nos côtés [Applaudissements] merci beaucoup Charles Laurence donc j'appelle les participants à la première table ronde à venir se joindre à moi voilà et donc nous réunissons une première table ronde sur l'euthanasik vu comme un basculement anthropologique et nous allons demander à chacun de nos invités pourquoi pourquoi est-ce qu'il voit le ténazi comme un basculement anthropologique tout d'abord cher Louis André Richard vous venez de Québec vous êtes je rappelle que le Québec a été la première province du Canada à légaliser le tanazi c'était en 2014 vous êtes philosophe vous êtes enseignant dans le secondaire ainsi qu'à à l'Université Laval à Québec et vous avez consacré une thèse de doctorat sur les métamorphoses de la relation politique à la mort en 2016 vous êtes par ailleurs l'auteur d'un plaidoyer pour une mort digne les raisons de notre choix publiées en mai 2011 déjà à l'époque si je puis oser cette première question qui va nous ramener sans doute à votre plaidoyer qu'est-ce qu'une mordille est-ce que il n'y a rien de plus légitime finalement que de réclamer le droit de mourir dans la dignité alors merci de m'avoir invité pour avoir l'occasion de prendre la parole madame Trochu fête les distinctions que je m'apprête à faire c'était pas nécessaire de me faire venir de si loin mais effectivement la question de la dignité chez nous au Québec c'est poser de manière assez dramatique si je puis dire avec l'évolution du vocabulaire d'abord j'ai participé à l'exercice de l'équivalent de votre convention citoyenne chez nous on appelait la commission parlementaire sur mourir dans la dignité et si je commence de la sorte c'est que quand nous nous sommes réunis autour des parlementaires la proposition des parlementaires était d'offrir à la population une commission parlementaire sous l'égide du droit de mourir dans la dignité et tous les participants experts dont j'étais peu importe les allégeances il y en avait qui étaient déjà pro euthanasie d'autres non et tous de façon une année mon a dit mais non on peut pas appeler ça une commission sur le droit de mourir dans la dignité parce que ce n'est pas un droit c'est un fait on ne peut pas faire d'un fait c'est-à-dire la privation de la vie quelque chose comme un droit je le raconte parce que ça s'est réglé comme ça on a changé le titre et je le raconte parce que aujourd'hui c'est devenu dans l'opinion populaire une chose acquise est redevenu un droit alors c'est intéressant de noter qu'au point de départ on excluait la possibilité de voir ça comme un droit puisqu'on a fini par le réintroduire à cause des effets de la loi chez nous alors donc qu'est-ce qui est de la question de la dignité par rapport à ça bien je reprends un peu encore une fois ce que Madame Trochu suggérait c'est que dans le fond on a bien vu dans les débats apparaître cette double notion de dignité la dignité qu'on appelle anthologie la dignité naturelle la dignité essentielle qui se distingue de la dignité qu'on va dire subjective celle que l'on acquiert par la somme de nos choix et de nos actes mais qui d'une certaine façon au départ des valeurs que nous allons avons décidé d'y mettre et la question de la dignité objective elle s'est vite posée en fait tout le monde est un peu d'accord pour reconnaître les deux types de dignité mais là où ça varié c'était sur l'importance qu'on accorde à l'une par rapport à l'autre alors celui qui était très proeuthanasie suggéré que c'est la dignité subjective la représentation que je m'en fais que autorité sur les choses tout en concédant que bien oui doit bien y avoir quelque part une valeur intrinsèque inhérente à la condition humaine elle-même mais considérait cette chose comme étant plutôt négligeable alors je soumets à votre je soumets pardon à votre réflexion parce que moi c'est un peu mon travail de faire poser des questions la réflexion suivante c'est que dans le fond assez rapidement on s'est rendu compte que la construction d'une dignité subjective autour de la question de la fin de vie privilégiait l'idée que on se faisait une représentation ation de la qualité de vie autour d'à peu près 30 ans c'est à dire au moment où on arrive un certain climax de nos capacités nos possibilités intellectuelles il y a un petit déclin physique mais à peine et puis on dit voici la figure de la femme et de l'homme digne cet âge de la vie et après ça bien entendu plus on vieillit plus on perd de la dignité jusqu'à ne plus en avoir quand on devient effectivement très dépendant très vulnérable alors moi j'avais fait la remarque que je soumets ça votre réflexion aussi j'avais dit au parlementaire oui mais si on suit cette logique on doit considérer que le nouveau-né est moins digne que le citoyen à 30 ans puisque nous entrons dans ce monde éminemment vulnérable et fragile nous en sortons de la même façon il y a quelque chose de très très artificiel de décréter que dans le continuum de l'origine jusqu'à la fin il y aurait quand même un moment précis on arriverait on atteindrait cette qualité d'être qui nous donne le plus de valeur il y a quelque chose d'un peu absurde là dedans une fois qu'on le dit ben c'est pas nécessairement entendu mais je pense que vous êtes en mesure d'apprécier du moins vous avez ce qu'il faut pour y réfléchir alors une fois qu'on a fixé ça les gens qui sont qui étaient plutôt pour l'euthan on gardait un peu cette idée d'une qualité de la vie où c'est l'autonomie et l'indépendance qui sont les valeurs cruciales qui nous définissent comme être humain de telle sorte qu'au Québec à l'heure actuelle et bien on a créé vraiment une fiction dans les médias c'est moi c'est une chose qui m'étonne dans les médias on véhicule un nombre impressionnant de cas de gens qui veulent témoigner de leur fin de vie par euthanasie et qui vont créer un scénario une mise en scène où on dit ben voilà on s'est réuni champagne petit four à leur dites et puis de telle sorte que et dans les journaux et à la télévision il n'y en a que pour ces représentations d'une fin de vie en guide qui ne correspond pas à cette idée fondamentale de la dignité ontologique d'ailleurs un philo politique la dignité dit philosophe américain qui suggérait que en politique puis chez les acteurs de la vie publique le mot dignité et le mot un des mots qui revient le plus souvent mais qui est le moins bien compris parce que c'est très commode c'est très commode de dire qu'on meurt dans la dignité on offre des services qui sont dignes alors vous faites vous-même l'inventaire vous allez voir que il y a mieux l'occasion de voir la chose dernier mot dans les temps je vous en prie oui c'est bien alors l'autre association je pense qu'il faut garder en mémoire et madame truchuler c'est l'indissociabilité entre dignité vulnérabilité l'être humain est une la seule bibite qui coincée entre les bêtes et les dieux c'est à dire que nous avons la conscience de notre mortalité mais nous aspirons tous à l'immortalité et ce n'est pas du tout une question religieuse nous avons dans notre expérience des moments qu'on appelle des moments magiques on voudrait que le temps s'arrête parce que dans le fond c'est mon moment là nous rappelle ce besoin de vivre des épisodes de nos vies qu'on voudrait éterniser alors la situation anthropologique de l'être humain c'est de toujours être conscient de cette double nature qui nous qui est à la fois merveilleuse et angoissante de devoir composer avec ces deux réalités la dignité c'est celle qui implique que nous acceptions notre fragilité que nous acceptions notre vulnérabilité et que dans le lien social les liens sociaux que nous créons nous ne devenons jamais si humains que quand nous avons l'occasion d'être au service de la vulnérabilité d'autrui la pire mort et j'ai 20 ans d'expérience en soins palliatifs la pire mort c'est de mourir seul quand on meurt accompagné ça va très bien et c'est une des choses qui vous guette parce que chez nous c'est quelque chose qui est en train de on perd petit à petit la culture paliative au profit de l'aide médicale à mourir encore là c'est pas que les gens sont méchants mais aussi très concrètement c'est une question de budget on nous promettait avec la loi plus d'argent pour les soins palliatifs en même temps que ça prenait de l'argent pour l'euthanasie mais comme on avait déjà pas d'argent mais il faut payer ceux qui ont subi la pierre perte merci beaucoup pour cet éclairage vraiment très complet en 10 minutes vous avez brossé un tableau qui je pense épouse toutes les questions qu'on peut se poser sur sur la dignité il faudrait presque réécouter ce que vous nous avez dit plusieurs fois pour s'imprégner de la richesse de votre témoignages merci beaucoup et j'en déduis que finalement les personnes qui sont elles même limitées handicapés on se rappelle de la phrase de Toto di Borgo vous avez parlé de stars qui mettent en scène leur volonté de mourir dans la dignité par un acte décidé de thanazi on a aussi chez nous donc l'acteur du film intouchable enfin le celui qui a inspiré ce film qui nous dit mais est-ce que aurais-je manqué de dignité de courage et de liberté en restant en vie moi qui intouchables 100% dépendant de l'aide d'autrui pour vivre merci beaucoup cher Jean-Paul Vandewalle vous venez Bruxelles vous êtes conseiller juridique pour l'association de protection des libertés ADF international et l'euthanasie a été légalisé aussi en Belgique il y a 20 ans par la loi du 28 mai 2002 la loi a entendu poser certaines conditions qu'elles ont été ces conditions et est-ce que finalement le modèle belge est un modèle à suivre pour la France d'accord merci beaucoup pour cette question et effectivement je suis ici en tant que juriste mais on y réfléchissant si je suis belge je suis aussi ici parce que je suis témoin depuis 20 ans de cette légalisation de l'euthanasie à l'époque j'avais 15 ans vous connaissez tous mon âge maintenant d'ailleurs voilà à l'époque j'avais 15 ans et c'est un débat que j'ai suivi depuis lors avec intérêt et en particulier aussi pendant mes études de droit après mes études de droit dans ma pratique d'avocat et encore maintenant en tant que conseiller juridique j'interviens donc juriste mais en fait également en tant que citoyen belge pour vous parler de ce fameux modèle dont a fait état monsieur Macron et pour répondre à la question est-ce que c'est un modèle à suivre peut-être il est intéressant de faire un petit exercice d'abstraction de se projeter dans le temps ici en France et de se dire si vous souhaitez que dans 20 ans votre pays soit un pays ou des mineurs non pas la capacité d'acheter un pain ni d'acheter du tabac ni d'acheter de l'alcool mais au contraire peuvent demander l'euthanasie si vous souhaitez que le débat sur la fin de vie dans 20 ans soit monopolisé par la seule catégorie sociale et intellectuelle qui aura pu se retrouver dans une loi qui aura légalisé l'euthanasie si vous souhaitez que dans 20 ans plus aucune frontière claire n'existe entre d'une part les soins palliatifs et d'autre part l'euthanasie si vous souhaitez que dans 20 ans des personnes jeunes soient euthanasies en raison de dépression et des personnes âgées sentent l'obligation de mourir alors oui alors oui le modèle belge est celui que vous devez suivre mais si au contraire ce que je viens de vous dire c'est ce petit exercice vous fait froid dans le dos si au contraire vous avez confiance dans le savoir et la capacité de la médecine si au contraire vous croyez encore en l'existence de l'État de droit il a nécessité de servir une vertu supérieure qui s'appelle la justice si vous croyez en la véritable solidarité solidarité entre les générations et en la nécessité de protéger les personnes les plus vulnérables alors oui intéressez-vous au modèle belge mais pour y voir l'exemple à ne pas suivre je m'explique brièvement dans le temps qui met un parti le modèle belge est celui qui est fondé sur les fausses idées et les promesses non tenue et je peux le dire 20 ans d'expérience à la pluie ce qui est intéressant c'est pour ça qu'il est intéressant de se tourner vers la Belgique [Musique] les fausses idées c'est celle qui était à la base de la légalisation de l'euthanasie parmi celles-ci avait l'idée qui consistait à dire qu'il existent qu'il existait une nécessité absolue de légaliser le tenazie parce qu'il y aurait une énorme demande que les médecins et il est patients apparemment roulaient sous les demandes de tenazie en 2002 lorsque la loi a été légalisée alors qu'est-ce que l'on constate c'est qu'effectivement nous sommes passés de 235 euthanasies déclarés en 2003 après de 3000 euthanasies déclarés en 2022 en 20 ans c'est donc une multiplication par un facteur 13 14 [Musique] mais est-ce pour autant qu'il y a véritablement une besoin de légaliser l'euthanasie ce n'est pas parce que la demande d'euthanasie et puis émerger peut-être sporadiquement ou plus fréquemment il y a 20 ans que l'euthanasie et légalisé le tanasie étaient la réponse à y apporter imaginez-vous si on avait multiplié il y a 2000 il y a 20 ans si on avait multiplié par un facteur 13 ou 14 les investissements en soins palliatifs et le nombre de lits et le nombre de personnel en Belgique y aura-t-il encore une demande d'euthanasie peut-être il y aurait certainement une demande de mourir oui puisque comme on a pu le dire déjà mourir et vivre fait partie de la vie et personne ne veut la souffrance cela étant si on avait fait cet investissement il y a 20 ans en Belgique est-ce qu'aujourd'hui on en serait encore à une situation où 3% près de 3% des décès par an s'expliquent par euthanasie aujourd'hui 8 personnes sont euthanasie en moyenne en Belgique chaque jour alors si on avait si on s'était pas égaré sur cette fausse idée est-ce qu'aujourd'hui on aurait un besoin de ta nazi et donc la leçon qu'on peut en tirer c'est qu'en réalité en matière d'euthanasie ce n'est pas il ne faut pas légiférer pour rencontrer une demande c'est au contraire l'offre en Belgique qui a créé la demande et les soins palliatifs qui qui ont été mis à l'arrière-plan alors imaginez aussi le signal que cela a pu envoyer à tous ceux qui quotidiennement œuvrent en Belgique pour lutter contre le suicide qui milite qui sont sur le terrain pour empêcher que des personnes mettent volontairement fin à leurs jours et bien en 2019 si personne par jour en Belgique ont mis fin à leurs jours et en fait depuis la légalisation de l'euthanasie ce nombre n'a pas diminué ce nombre n'a fait qu'augmenter l'euthanasie n'est donc pas non plus une solution pour eux mais quel signal envoie-t-on à tous ceux qui luttent encore aujourd'hui pour prévenir le suicide alors ça c'est les fausses idées les premiers sont tenues il y en a beaucoup mais je vais en souligner une qui à mon avis est un peu l'aspect phare qui justifie qu'on s'intéresse au modèle belge pour pour ne pas lui ressembler et je fais une petite parenthèse ici parce que je parle du modèle belge mais ce que je dis en changeant ce qui doit être changé est en fait valable pour toutes les juridictions ou le tennis et le suicide assisté ont été légalisés on peut aller regarder au Canada on peut aller regarder au Pays-Bas pour ne prendre que deux exemples on peut aller regarder ce qui se passe en Espagne on pourra aller voir ce qui se passe aux États-Unis mais j'en viens juste au modèle belge parce que partout le même discours est tenu c'est celui de dire bien on va légaliser pour des cas exceptionnels d'une part et d'autre part c'est qu'à exceptionnel vont rester l'exception et donc nous législateur nous sommes particulièrement talentueux parce que nous vous pendrons une loi qui aura des conditions et des garanties tellement strictes j'en viens aux conditions que le thanazi va très certainement rester quelque chose d'exception tant pour les citoyens que pour la médecine et bien que nous apprennent vingt années d'expérience en Belgique je me pose d'abord sur le terrain du droit le tanasie a été légalisé comme une exception à l'interdit de mourir en principe un médecin qui met fin au jour de ses patients et passible de meurtre en Belgique par exception en 2002 il a été décidé que s'il remplissait certaines conditions et bien il ne serait pas poursuivi pour pour meurtre et il était évidemment pas question d'un droit à l'euthanasie il s'agissait juste de consacrer une liberté fondamentale alors on fait un saut de 20 ans en avant depuis 2002 on se retrouve aujourd'hui avec une loi qui explicitement a été modifiée qui explicitement maintenant consacre l'existence d'un droit à l'euthanasie nous sommes donc passés d'une exception aux conditionnée à la loi pénale qui était censée de manière exceptionnelle permettre qu'une faculté s'exerce à l'existence d'un véritable droit un droit qui devient de plus en plus difficile à opposer et d'ailleurs je l'ai déjà cité en 2002 noir sur blanc ne législateur nos hommes politiques avaient promis que jamais l'euthanasie ne serait accessible aux mineurs d'âge c'était inconcevable et bien 12 ans plus tard la loi se retrouve modifiée et des mineurs d'âge peuvent maintenant demander l'euthanasie et on pourrait même imaginer qu'il bénéficie puisque c'est l'expression qui est utilisée qu'il bénéficie d'une euthanasie sans le consentement de leurs parents dans certains cas pareillement une clause de conscience existait une clause de conscience suivant laquelle nul personne est nulle médecin n'est tenu de pratiquer une euthanasie la loi a été modifiée en 2018 dans une indifférence il faut le dire remarquable désormais les médecins qui refusent de pratiquer une euthanasie pour quelques raisons que ce soit que ce soit pour une raison médicale une raison de convenance personnelle que ce soit pour une raison de conscience et bien ces médecins là sont néanmoins obligés dans un délai fixe de renvoyer leur patient vers une association spécialisée je cite dans le droit de mourir dans le droit à l'euthanasie pardon et en pratique ces associations et bien c'est l'Association pour le droit de mourir dans la dignité voilà ce que notre législateur a décidé en 2018 ce qui était censé être exceptionnel et tout doucement en train de devenir une norme juridique et ce n'est pas que sur le terrain du droit en mai 2022 il y a quelques mois donc la loi a été modifiée pour permettre que les la pratique de l'euthanasie on se compris les consultations que des conditions qui doivent être rencontrées que tout cela puisse se faire dans un cadre qui bénéficie de subsides de la part de notre institut national d'assurance maladie nos mutuelle sur le terrain du droit et puis brièvement un exemple sur le terrain des conditions donc le terrain du droit le message on est passé de l'exception à la norme et donc ceux qui vous disent que sur le terrain du droit des conditions strictes ne vont pas mener à un endroit sur le tennis un droit à l'euthanasie ce qui vous dit cela ne vous raconte pas la vérité et en tout cas nos manifestement pas connaissance de l'expérience belge maintenant au niveau de l'assouplissement des conditions je vais juste en citer une également et d'ailleurs quand on pense à l'euthanasie on pense à des personnes en situation de grave souffrance et bien une des conditions de la loi belge je cite c'est de se trouver dans une situation médicale sans issue caractérisée par une souffrance grave résultante d'une pathologie particulièrement grave et incurable alors qu'est-ce que nous avons vu des premières années de la pratique de c'est que des médecins étaient confrontés à des demandes d'euthanasie ou en tout cas des souffrances qui ne parvenaient pas à prendre en charge mais qui ne rencontraient pas dont la pathologie ne rencontrait pas le critère de gravité par exemple d'un cancer en phase terminale le cancer en phase terminale était souvent l'exemple cité dans les travaux préparatoires en 2002 et bien très rapidement les partisans de l'euthanasie parce qu'il faut bien le dire ceux qui pratiquent l'euthanasie en Belgique sont les partisans de l'euthanasie et j'ose encore croire que ça même une minorité des médecins néanmoins ceux qui pratiquent l'euthanasie en sont venus activement à développer une figure totalement inconnue jusque là de la médecine et des sciences quelle est la notion de polypathologie alors la notion de palipathologie d'après le président même de la commission de contrôle en fait elle sert à pallier la situation ou une personne demande l'euthanasie mais malheureusement c'est un peu cynique de le dire malheureusement son affection médicale n'est pas assez grave alors ce médecin a inventé la figure suivant laquelle lorsque une pathologie n'est pas suffisamment grave et bien un ensemble de symptômes pris ou additionner les uns aux autres peuvent être suffisants que pour justifier une demande d'euthanasie quelles sont ces symptômes et ça a été dit à la télévision publique et bien le fait par exemple de ne plus pouvoir parler de devenir aveugle perte de Louis la nécessité de se déplacer avec une tribune l'incontinence en gros un ensemble de symptômes vous l'aurez compris qui sont souvent liés au grand âge il y a effectivement impunément il est mis fin depuis 20 ans à la vie de personnes pour ce type des raisons-là en Belgique donc impunément alors qu'en 2002 on nous avait promis un cadre légal absolument strict dont l'application serait bien contrôlée et non vous avez dit que l'euthanasie resterait dans le domaine de l'exception rien de cela 20 ans après c'est avéré merci beaucoup mais je pense [Applaudissements] dans ce tableau et ce tableau est à la fois remarquable et très inquiétant si j'ai bien compris c'est aussi ce qui amène des jeunes filles de 26 ans a demandé le tamazi exactement je pourrais vous raconter beaucoup de malheureusement beaucoup d'histoires mais une dont vous avez entendu parler dans les médias français également c'est l'histoire de Chantilly de Corse en demandant une fille de 26 ans qui devait avoir 21-22 ans et qui avait le malheur de se trouver à l'aéroport de Zaventem lorsque le 22 mars 2016 donc il y a 7 ans de cela des bombes ont explosé alors cette fille manifestement souffrait déjà de problèmes de type psychologique disons qu'ils n'ont fait qui n'ont été aggravés par le syndrome post-traumatique dont elle souffrait suite aux attentats de Zaventem bien on a pu on en a dû apprendre de la part des médias que cette que cette fille avait été euthanasié en mai 2022 à l'âge de 26 ans pour dépression chronique alors même que il est magnifique ce sont des soignants qui qui ont pris la parole sur les exceptionnelle puisque il y a un peu omerta en Belgique c'est les soignants qui ont pris la parole pour dire que cette fille en fait pouvait encore être traitée pouvait encore être suivi médicalement suivi psychologiquement des médecins ont même dénoncé la procédure d'euthanasie alors qu'elle était en cours de manière non publique néanmoins cette fille a été euthanasié et notre commission de contrôle qui est censée être la gardienne rôle qu'elle ne peut pas exercer et qu'elle n'exerce pas mais la gardienne de l'application de la loi notre commission de contrôle n'y a vu aucun problème effectivement c'est un cas tragique mais qui illustre assez bien ce qui se passe actuellement en Belgique à nouveau en toute impunité merci beaucoup pour ce témoignage on sent aussi que c'est vécu et que vous avez en suivant au quotidien ces affaires ressentis profondément la le drame qu'elles peuvent représenter cher Nicolas Bauer vous êtes expert pour le centre européen pour le droit et la justice qui est basé à Strasbourg qui est une association elle aussi de défense des libertés fondamentales avec un regard chrétien vous avez récemment affirmé dans le Figaro que l'euthanasie et le suicide assisté sont contraires au droit de l'homme pourquoi quel principe juridique sont violés par ces pratiques alors d'abord merci beaucoup pour votre invitation je me suis réjoui de voir que que trois partis politiques étaient prêts à organiser un événement sur l'euthanasie alors que c'est pas un thème forcément très porteur électoralement mais je pense que c'est à ce type d'initiative qu'on qu'on peut distinguer aussi en tant que citoyen les hommes politiques qui ont des convictions et à qui on peut faire confiance pour redresser la France merci beaucoup et du coup ça va devenir une véritable vague électorale on va réussir à convaincre nos concitoyens et on compte sur chacun d'entre vous pour faire ce travail en tout cas on est en avance sur la convention citoyenne sur la fin de vie alors concernant les droits de l'homme c'est sûr que dans la droite on va dire civilisationnel il est rare d'utiliser le référentiel des droits de l'homme qui est plutôt à la base un référentiel de gauche et la gauche l'utilise souvent pour créer des nouveaux droits à chaque débat sociétaux mais à mon avis il ne faut pas laisser à la gauche ce monopole puisque les droits de l'homme aujourd'hui ne sont plus qu'une incantation révolutionnaire ils sont reconnus juridiquement en droit international notamment les États se sont engagés à les respecter et donc on ne peut plus faire dire aux droits de l'homme n'importe quoi et inventer des nouveaux droits et bien souvent les nouveaux droits qu'on invente sont en fait contraire aux droits de l'homme et c'est le cas de l'euthanasie et du suicide assisté ces deux droites contredisent des principes juridiques qui ont été rappelés par les États après la Seconde Guerre mondiale qui ont voulu leur conférer une force juridique internationale et c'est principe sont d'abord la dignité de la personne humaine qui est le fondement des droits de l'homme c'est le droit à la vie aussi qui est considéré toujours aujourd'hui comme le premier des droits de l'homme et il y a aussi le principe de l'interdiction de l'eugénisme et tous ces principes les États ont tenu à les rappeler spécifiquement en particulier en réaction aux euthanasies forcés qui ont eu lieu sous le régime nazi en Allemagne alors je mets pas d'équivalence avec le thanazi volontaire je pense qu'il y a des différences nets mais l'euthanasie en tout cas a eu une grande importance dans les travaux préparatoires de tous les textes qui protègent les droits de l'homme aujourd'hui donc de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de tous les traités qui ont suivi alors d'abord la dignité et le droit à la vie donc deux principes qui vont qui vont souvent ensemble la dignité dans les traités qui protégeaient droits de l'homme et toujours qualifiés de d'intrinsèques et donc c'est à dire que on ne peut pas la perdre et c'est pareil pour le droit à la vie le droit à la vie il est dit inhérent à la personne humaine et donc cela veut dire que une personne qui dit qu'elle n'est plus digne en fait le juridiquement on doit quand même la reconnaître comme digne voilà donc c'est un fondement civilisationnel dont Louis André Richard a parlé qui a aussi une reconnaissance juridique et de ses droits la Cour européenne des droits de l'homme a depuis longtemps reconnu que donc je cite le droit à la vie impose aux autorités le devoir de protéger les personnes vulnérables même contre des agissements par lesquels elle menace leur propre vie voilà et donc c'est ce droit à la vie a une liste d'exceptions limitatives donc plusieurs sont cités comme la légitime défense par exemple mais le Tanesie elle suicide assister n'en font pas partie ensuite il y a l'interdiction de l'eugénisme qui découle aussi de plusieurs traités notamment la Convention relative au droit des personnes handicapées cette convention elle est récente elle est de 2006 quasiment tous les États du monde leur ratifié et elle a une définition très large du handicap et elle protège les personnes handicapées face à l'euthanasie et avec cette définition très large du handicap on se rend compte en fait que le handicap selon cette convention correspond souvent aux pathologies qui sont ciblées par législation sur l'euthanasie c'est législations évidemment en fait elle n'ouvre pas l'euthanasie à tous mais seulement à une catégorie de personnes avec des critères médicaux et donc pour la plupart des personnes on continue de reconnaître leur dignité comme intrinsèque dans un pays qui légifère sur l'euthanasie mais pour les autres on se dit c'est à vous de vous interroger pour savoir si votre vie est digne ou non la réponse n'est plus évidente et c'est la personne elle-même qui doit se poser la question de provoquer sa propre mort ses principes beaucoup militent pour les inverser au niveau international et de fait depuis un peu près 20 ans à la Cour européenne des droits de l'homme on observe un mouvement qui les renverse peu à peu donc bien sûr ce mouvement je pense ne doit pas engager les États les États doivent résister comme comme la Hongrie la Pologne et l'Italie la Suède tous ces états au niveau international vont dire ces nouveaux droits ne sont pas compatibles avec les traités que nous avons signé et ces nouvelles interprétations ne sont pas compatibles avec les traités que nous avons signé avec la lettre des traités et pour vous donner quelques exemples donc le principe de dignité il a de moins en moins d'importance dans la jurisprudence de la Cour européenne et il a été remplacé par un principe que qu'elle a inventé qui n'est pas dans la Convention européenne qui est le principe d'autonomie personnelle et cette autonomie elle dit depuis 2002 2000-2002 c'était justement une affaire de suicide assisté en Angleterre ou une femme demandait à ce que son mari l'assiste dans son suicide la Cour européenne des droits de l'homme a refusé cela elle a donné raison au Royaume-Uni qui refusait se suicide assister mais elle a consacré dans cette même affaire une notion d'autonomie personnelle qui sous tendrait les droits de l'homme sans parler de dignité le droit à la vie aussi de prendre de moins en moins d'importance au profit d'un autre droit qui est le droit au respect duel à la vie privée et de ce droit on tire la cour européen de la matière un droit à la qualité de vie un droit à une vie de qualité et elle a elle a tiré elle a tiré elle a inventé ce droit dans une affaire aussi de suicide assister et 10 ans après en 2011 et la considéré que ce droit à la vie privée incluait je cite un droit d'un individu le droit d'un individu de décider de quelle manière et à quel moment sa vie doit prendre fin à condition qu'il soit en mesure de former librement sa volonté à ce propos et d'agir en conséquence donc voilà c'est là qu'il y a le le réel basculement anthropologique dont on parle donc on peut on peut voir que c'est législation sur le tanaisi ou le suicide assisté ont été un peu préparés au niveau international mais elle n'engage pas les États et je pense que que les États doivent continuer en tout cas ceux qui ont de bons gouvernements de dénoncer ces jurisprudences nouvelles et de dire que elle ne les engage pas du tout puisqu'en fait ils ont signé des traités qui disent explicitement l'inverse la Convention européenne des droits de l'homme dit pardon j'ai pas la phrase en tête mais quiconque en tout cas en tout cas c'est vraiment une phrase très claire et qui a aucune exception donc nul ne peut tuer quelqu'un intentionnellement voilà et donc du coup ce sont ces phrases qui engagent les états elles ont été rappelés après 1945 pour pour des raisons qui ont été débattues et qu'il est intéressant de regarder donc voilà je pense que l'euthanasie reste au contraire au Droit de l'Homme merci beaucoup merci beaucoup effectivement une très belle démonstration on retrouve ces mêmes principes d'ailleurs dans notre code de déontologie médicale en France qui qui dispose que la médecine ne peut jamais donner délibérément la mort et c'est l'état du droit aujourd'hui dans le Code civil aussi article 16 et suivant vous avez le respect de la vie de la dignité et aussi l'interdiction de l'eugénisme merci beaucoup cher Louis André pour revenir à vous on vient de préciser un petit peu cette espèce d'évolution jurisprudentielle qu'on connaît en Europe à travers les la Cour européenne des droits de l'homme qui petit à petit amène à transformer la conception que nous pouvons avoir de la de la dignité de la vie et on sait aussi que d'ailleurs c'est comme ça qu'au Canada au niveau fédéral la loi a changé si je ne me trompe pas c'est à travers des décisions de jurisprudence qui ensuite ont été imposées à l'ensemble des provinces cette pratique qui finalement peut s'avérer contraire au droit de l'homme elle est portée au nu par une société qui se revendique libérale mais alors une société libérale peut-elle redevenir attentatoire aux libertés non par obligation légale mais donc par une forme de total de totalitarisme mais par une forme d'obligation sociale morale voir financière donc dit autrement est plus précisément le droit de mourir revendiqué par les plus libertaires ne risque-t-il pas de devenir le devoir de mourir imposer à ceux qui ne se sentent plus utiles à la société oui alors juste un petit peu avant je vais rebondir sur les interventions précédentes je suis fier de vous dire que nous faisons mieux que les Belges nouveau Québec notre nous sommes pas assez de 6 cas en 2015 l'année où la loi a été en train en vigueur et nous au dernier recensement 2000 3700 pour 2022 cette triste statistique c'est que nous avons fait de l'euthanasie un soin le modèle belge est certainement pas à imiter le nôtre encore moins puisque pour revenir aussi au médecin ils ont changé le code déontologie des médecins faisant de l'acte euthanasique un soin donc ça fait partie désormais ça remet en cause le pain le principe d'Hippocrate chez nous ça va très très loin et nous faisons école dans le monde que je vous en préviens faites attention à ça de pas tomber là-dedans mais nous sommes choses à la mode pour répondre plus directement à votre question je commencerai par citer Raymond Aron que vous connaissez le grand sociologue qui disait dans le fond en observant l'évolution de la vie démocratique ils ont on passe de de la répression du principe de réalité pour une espèce de libération du principe de plaisir la libération des roses et si on s'attarde un petit peu à ça je pense que ça donne bien le la raison de tout ce qui se passe à l'heure actuelle c'est à dire qu'on sombre ou on tombe dans une vision très virtuelle des liens humains du monde humain de telle sorte que c'est je réécoutais la question mais je me disais c'est pas tellement des gens qui sont très libertaires c'est un peu ce qui transparaît dans la manière globale de voir l'évolution de la démocratie j'ai le goût comme je suis prof de philo tout demander élever la main celles et ceux qui espèrent mourir dans des souffrances atroces ok vous êtes comme les Québécois vous laissez la main mais quand on regarde le processus d'élaboration de la loi dans le fond on interprète le fait qu'une majorité de citoyens se montre d'accord avec la possibilité d'une loi qui l'égalise l'euthanasie parce que quand on leur demande s'ils sont pour la réponse est sensiblement la même que celle à la question que je viens de vous poser mon interprète pas comme ça de telle sorte que les parlementaires disent ben là on veut satisfaire la majorité des gens et quand on a fait le débat au Québec bien nous on s'est rendu compte que 95% de tous ceux qui ont présenté des mémoires à la commission parlementaire 95% des gens qui étaient impliqués dans l'accompagnement périodique était contre un projet de loi comme celui-là et on a fait remarquer au parlementaire que juste discernement politique ici ce serait de dire il faudrait tendre une oreille attentive à l'égard de celles et ceux qui sont autour je suivais des soignants depuis toujours depuis 50 ans et plus et tout de telle sorte qu'il devrait aider à discerner qu'est-ce qui serait la meilleure attitude à adopter et autre fait surpreneur c'est que les la population générale la langue ça a été une opération la commission parlementaire c'était une opération qui a donné lieu à une grande participation du public et de tous les mémoires qui ont été présentés 59% étaient défavorables la loi qu'on a connu et parlementaire ils en ont pas tenu compte et pourquoi ils en ont pas tenu compte parce qu'ils ont dit ben non mais 59% c'est overhold pour tout le monde mais on doit modérer ça par une écoute attentive des experts alors qui étaient les experts excusez messieurs les médecins et les avocats j'utilise avocats n'ont aucune expertise en fin de vie ils ont comme nos collègues nous l'ont bien dit l'expertise pour fabriquer la loi qu'on leur dit compliqué le médecin qui est rhumatologue n'a aucune expertise sur l'accompagnement de la fin de vie il répare des genoux donc son opinion est une opinion citoyenne de même niveau que bref dans l'opération donc on a vu cette chose-là ce préciser puis la loi a fini par passer parce qu'on a reçu écouter les personnes les mieux placées pour prendre une décision et ben comme je le disais précédemment des soins palliatifs payent la facture à l'heure actuelle donc un mouvement pour revenir à la question initiale de d'évolution de la vie citoyenne dans un espèce de rapport à la loi qui je pense qui dépasse le simple cadre des situations de fin de vie mais dont les situations de fin de vie sont un paradigme étonnant c'est l'idée de dire que dans nos sociétés les lois passent d'institutions qui sont là pour nous régir qui ne font pas toujours notre affaire mais qui règle le cadre social à une forme de loi que les citoyens demandent comme étant une loi qui obéit à l'individu on parle de la loi qui régit la loi qui obéit ce qui favorise l'idée de l'individualisme et de l'autonomie je pense que ça c'est le ressort qui est derrière toute notre rapport à la démocratie actuelle il faut en prendre actes parce que la fin de vie c'est la situation limite c'est vraiment le lieu dans lequel on a le plus de raison de voir cette évolution à l'oeuvre mais il faut en prendre acte aussi à l'intérieur de toutes les domaines où la démocratie nous sollicite et là il y a une vraie question sur la manière dont nous voulons voir nos institutions démocratiques se renouveler et pour le pour pour favoriser le maximum de ce qu'on appelle le bien humain dans les débats où je participe au Québec à l'heure actuelle les choses comme je suis un prof de philo les profs de philo pas vraiment la cote pour ces choses-là en tout cas au Québec je me fais dire souvent rabrouillé par par les médecins bah écoute au Québec on a terminé de penser on a terminé philosopher c'est comme ça qu'il parle c'est terminé la période on réfléchit à ces choses-là c'est terminé maintenant on agit on agit en soignant responsable puis en permettant aux gens de satisfaire leur volonté en fin de vie alors vous comprenez qu'un piège énorme là-dedans nous sommes des roseaux pensants pour reprendre la formule de Blaise Pascal et ce qui nous permet de d'assumer notre fragilité de roseaux c'est encore notre faculté réflexive qu'on a intérêt à mettre en pratique le plus souvent possible les Grecs avaient cette formule formidable dans le fond la figure de la mort s'était celle de Gorgone que vous connaissez peut-être la méduse qui nous fait peur c'est la mort qui est frais mais il y avait la figure de Thanatos qui est le guerrier combattant l'enfant pour les Grecs la vie est un combat pas seulement la toute fin mais au fur et à mesure de notre devenir et ça fait partie je dirais du travail de l'être humain de d'assumer cette réflexion je me permets de dernière réflexion par rapport à ça je viens en France depuis une vingtaine d'années presque à chaque année et je de mon point de vue du Québec je vous regarde puis vous mettez les pieds exactement dans les mêmes traces que nous par rapport à la loi je le dis ça me déchire le coeur mais c'est presque à la virgule près dans les dans les médias partout mais je nourris toujours un espoir qui fait que j'aime bien venir en France c'est que vous avez une culture du débat que nous n'avons pas parce que nous sommes américains en partie chez nous et peut-être cette culture du débat aura peut-être permettra peut-être d'éviter moi j'aimerais bien que la France soit un état le premier État qui va stopper la vague de cette évolution de la démocratie de la loi qui obéit ça serait bien qu'un état proche industriel parce que le palme de la nazi caractérise les états post-industriels ils sont appelés ils sont pas confrontés à ceux qui trouvent ça drôle d'ailleurs de se demander comment ça se fait que nous on sait tellement de mourant avec ces choses-là mais peut-être la France pourrait être cette étonnante que c'est ce que j'appelle de mes vœux merci beaucoup de ce message d'espoir et c'est effectivement notre rôle à tous d'y contribuer merci beaucoup de nous y appeler cher Jean-Paul dans on a évoqué tout à l'heure les glissements jurisprudentiel qui se passe mais il y a aussi des bonnes nouvelles sur le plan de la jurisprudence puisque je crois que la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Belgique l'État belge dans une affaire de thanazi qui a défrayé la chronique il y a peu vous avez défendu ce cas en justice et donc est-ce que vous pouvez nous en dire quelques mots oui tout à fait d'abord dire que à ce niveau là on va toujours encore le Canada puisque le Canada n'a ce jour jamais été condamné par la Cour européenne des droits de l'homme et probablement ne le sera jamais voilà plus plus sérieusement oui donc le cas auquel vous vous faites allusion c'est le cas mortier contre Belgique et avant de vous parler des quelques leçons qu'on pourrait en tirer elles sont nombreuses peut-être à nouveau se restituer dans le temps et ici je vous invite à retourner 10 ans en arrière nous sommes en avril 2012 lorsque Tom un jeune homme d'une quarantaine d'années reçoit un matin un coup de téléphone lui annonçant que sa mère est hospitalisée et non seulement qu'elle est hospitalisé mais en fait qu'elle est décédée à l'hôpital et lui demandant de venir récupérer les effets personnels de sa mère alors Tom s'interroge évidemment vous on essaye un peu d'imaginer quels doivent être son état d'esprit il demande ce qui s'est passé et là on lui apprend qu'en réalité sa mère a été euthanasié à son insu la veille voilà ça c'est ce qui s'est passé en 2012 alors qui était cette personne qui a été euthanasié godlyphe s'appelait-elle c'est une dame qui depuis 20 30 en souffrait de dépression chronique et était en traitement pour dépression chronique alors comme toute dépression je ne suis pas médecin mais je pense qu'on peut se l'imaginer comme toute dépression et bien il y a des moments de haut et de bas il se fait que dans l'été 2011 suite à une rupture amoureuse et il y a plusieurs conflits familiaux et bien malheureusement cette dame n'allait pas bien elle s'en est donc ouvert à son psychiatre traitant en disant qu'elle n'en pouvait plus qu'elle voulait mourir est-ce que c'est une demande d'euthanasie explicite ou est-ce que c'est en fait juste une demande de mort on le sait pas toujours est-il que ce psychiatre apparemment aurait tout de même mis en garde en disant oui mais je ne crois pas que vous rentrez dans des conditions légales on ne sait pas le détail de ces conversations puisqu'elles sont couvertes par le secret professionnel toujours est-il que cette dame a donc senti que son psychiatre ne voudrait pas accéder à sa demande d'euthanasie et donc vers qui s'était dirigée elle s'est dirigée vers le docteur distelmans qui qui est un oncologue qui en fait n'a aucune spécialisation il n'en n'aura jamais en matière psychiatrique et psychologique et bien cet homme là a accepté d'euthanasier cette dame quelques mois plus tard après avoir à peine entendu et vu cette personne quelquefois sans connaître tout l'historique des vins ou trentaine de traitement et puis surtout ce docteur dit seulement s'il n'est pas que médecin il est président de l'association flamande pour le droit de mourir dans la dignité association qu'il a lui-même fondée alors il se fait que dans ce dossier deux mois avant le thanazing alors que la décision semblerait-il de l'euthanasienne n'avait pas encore été formellement invisé cette association a bénéficié d'un don de 2500 euros provenant provenant de cette dame qui qui a été euthanasié de moins plus tard donc déjà on peut se poser la question ici plusieurs éléments tout d'abord cette personne d'après de la vie du psychiatre ne rentrait pas dans les conditions pour être euthanasié c'est-à-dire que ce psychiatre et d'autres enfin moi j'ai vu l'entièreté du dossier je ne peux pas tout révéler ici non plus et d'autres étaient convaincus qu'au moins une forme de traitement était encore possible voire le fait de passer un certain temps dans une institution de soins spécialisés pour des personnes à troubles psychologique ou psychiatrique cette option là a été écartée par la patient alors même si l'option a été écartée par la patiente c'était une option qui était possible et donc suivant la loi belge toutes les alternatives thérapeutiques n'avaient pas été exploitées et donc explorer et donc cette personne ne pouvait pas bénéficier de l'euthanasie mais tout ça a été mis sur le tapis par un médecin on colloque par ailleurs donc cette dame ne trouvait pas de médecin qui voulait accéder à sa demande de thanazi il lui a suffi d'aller sur internet pour trouver celui qu'on appelle probablement le plus grand promoteur de l'euthanasie en Belgique pour trouver son numéro avoir plusieurs rendez-vous avec lui puis être renvoyé vers d'autres médecins pour une opinion pour une seconde opinion c'est la loi qui exige une seconde opinion ces autres médecins étaient membres de cette même association où travaillait en proximité avec ce premier médecin autant dire qu'il n'avait nullement l'indépendance requise que pourrait mettre un avis avis qui d'ailleurs des termes de la loi ne lis pas alors autre question évidemment c'est l'indépendance de ce médecin alors que son association a bénéficié d'une bénéficier d'un don de 2500 euros alors s'il est vrai qu'il y avait des conflits familiaux il est tout aussi vrai que la loi belge et ça a été dit par les intervenants précédents la loi belge en fait permet que tout se passe dans le colloque singulier entre le médecin et le patient comme si le patient vivait sur une île et ne s'inscrivait pas dans des liens familiaux ou de société et donc si Tom le fils n'a pas été averti de la demande d'euthanasie de sa mère et de la volonté du médecin de l'exécuter c'est en fait parce que la loi belge n'oblige pas le médecin d'avertir la famille et au contraire les médecins est tenu par le secret professionnel donc n'a pas le droit de contacter la famille en disant monsieur votre épouse a demandé l'euthanasie votre fils a demandé l'euthanasie compensez-vous ce n'est que si le patient ce n'est que si le patient explicitement mandatte le médecin pour ce faire que cela se fera mais on comprend évidemment que en l'espèce le conflit familial était un facteur aggravant qui a pu qui a pu contribuer à épisode dépressif aigu qui a mené à la demande d'euthanasie et bien là également la piste n'a pas été explorée alors cette euthanasie a lieu Tom évidemment est dévasté commence à chercher la vérité problème c'est que tout est couvert par le secret professionnel et que même lorsqu'ils dépose plainte en justice la plainte elle-même mais la procédure pénale est couverte par le secret de l'instruction finalement on lui répondit tout d'abord qu'on a perdu son dossier après un mois je sais pas si la Belgique fait mieux que le Canada mais en tout cas ne système judiciaire je n'en suis pas très fier au bout de trois ans et j'ai vu le dossier pénal en fait pratiquement aucun devoir d'enquête n'avait été exécuté et la seule conclusion c'était une ligne d'une lettre pendant une lettre d'une ligne qui consiste à dire nous estimons qu'il n'y a pas eu d'infraction et donc Tom n'avait aucun recours en droit belge pour contre ce cas mais normalement je vous l'ai dit en Belgique une euthanasie lorsqu'elle a lieu doit être contrôlé par la commission de contrôle en déhan les quatre jours le médecin qui qui pratique une euthanasie doit envoyer un formulaire où il déclare pourquoi et la communauté nazie quel moyen il employé la volonté de la patiente etc bon d'abord obtenir ce formulaire problème parce que ces couvert par le secret professionnel et que personne ne veut lui donner mais puis deuxième grande découverte tenez-vous bien le docteur distelmann non seulement à pratiquer le tenazing et à celui qui a autorité autorisé le tamazin dans ce cas le docteur dit seulement non seulement est le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité le docteur dit seulement c'est aussi depuis 20 ans le président de la commission contrôle des euthanasies alors évidemment je suis désolé donc je ne suis pas très fier de mon pays comprenez pourquoi la Belgique n'est pas un modèle à suivre mais illustre au contraire avec le Canada les dérives auxquelles la légalisation de l'euthanasie donne lieu mais donc évidemment Tom comprend alors pourquoi la Commission de contrôle n'a pas non plus dénoncé ce cas là non seulement la commission ce contrôle n'a accès qu'à des données très limitées puisque ce n'est que ce que le médecin veut bien montrer à la commission que la Commission verra finalement d'une part mais d'autre part en l'espèce le médecin qui a qui a contrôlé cette euthanasie finalement était à la fois juge et parti et même législateur parce que la Commission de contrôle est celle qui interprète librement et impunément la loi en Belgique alors face à cette situation là les recours belges n'étant pas suffisants nous avons porté le cas et je faisais partie de l'équipe juridique déjà même avant évidemment de enfin je faisais partie de l'équipe juridique en fait depuis assez longtemps nous avons porté ce cadre avant la Cour européenne des droits de l'homme dans l'espoir que cette Cour européenne des droits de l'homme dans une certaine mesure rend de tout de même justice à Tom chose intéressante le thanazi on dit souvent que c'est une question purement individuelle ce cas-ci illustre tout l'inverse en fait c'est pas le droit de disposer de sa propre vie c'est le droit qui est donné au médecin de disposer de la vie d'autrui et si la personne elle-même en vient un décéder ce sont d'autres qui survivent l'euthanasie parce que la mère de Tom cela fait 10 ans qu'elle est décédée Tom que j'ai encore vu il y a un mois j'ai passé un peu de temps avec lui Tom ça fait 10 ans que lui a blessé détruit qu'on lui a fait violence et que lui doit vivre avec le l'euthanasie d'autrui alors qu'on ne vienne pas nous dire que l'euthanasie est purement une question individuelle c'est encore un mensonge alors et je termine ici en faisant voilà bref procès puisque puisqu'on pourrait parler de la procédure pendant longtemps mais donc la procédure est introduite en 2017 et finalement en octobre 2022 donc c'est assez récent la Cour européenne des droits de l'homme a rendu sa décision qui est une décision historique et c'est là la bonne nouvelle la décision historique parce que pour la première fois en 20 ans la Belgique a été condamnée en raison de sa loi sur l'euthanasie alors c'est peut-être une victoire en demi-tente on aurait aimé de la Cour européenne des droits de l'homme qu'elle soit plus explicite en condamnant la loi belge c'est qu'en fait elle ne fait pas ce que les raisons de la condamnation c'est de dire que la Belgique que la Commission de contrôle ne fonctionnait pas de manière impartiale bon vous l'avez compris et deuxièmement c'est de dire que que les autorités penal belges n'ont pas n'ont pas bien fait leurs devoirs c'est les raisons de la condamnation maintenant la Cour a également dit et c'est un peu la victoire en demi-teinte parce que la Cour également dit que finalement indépendamment de ce que nous a judicieusement dit Nicolas indépendant du droit à la vie les étapes pouvaient tout de même légaliser le tanazi et on dit qu'il y avait aucun problème avec la loi belge alors je ne suis qu'un simple juriste je suis pas juge à la Cour européenne des droits de l'homme et je pense même qu'il ne faut pas être juriste il faut pas être faut pas être juriste que pour comprendre qu'il y a des problèmes avec la loi belge alors le point positif c'est que la Cour européenne des droits de l'homme a dit qu'il y avait pas de problème avec la loi belge mais en fait elle ne l'a pas regardé elle ne l'a pas analysé est-ce qu'elle n'a pas osé est-ce que pour des raisons idéologiques elle ne l'a pas fait c'est une autre question mais pour pour conclure là où je pense qu'il peut avoir une note d'espoir c'est dans ceci donc cela fait 20 ans que en Belgique je vois que le débat relatif à la fin de vie on se comprit le débat judiciaire et monopoliser par ceux qui sont en faveur d'une fausse conception de la dignité et d'un prétendu droit du droit à mourir et à choisir sa mort et il est extrêmement difficile en Belgique d'ailleurs vous voyez pour moi c'est plus facile d'être prophète dans un pays qui n'est pas le mien il est extrêmement difficile en Belgique dans les médias au sein de l'opinion publique de s'opposer à l'euthanasie et d'ailleurs plus les euthanasies ont lieu plus cela rentre indirectement dans la mentalité parce que tôt ou tard tout le monde aura quelqu'un qui aura été euthanasié et donc on aurait du mal à remettre en cause la loi parce qu'on mettra en cause la décision qu'on a pris son grand-père d'accord mais dans ce contexte là il est très difficile en Belgique de s'opposer de s'opposer à l'euthanasie et ce que je vois moi comme une grande victoire et un grand signe d'espoir mais c'est qu'il faut pas baisser les bras ça dit le signal au Canada ça donne le signal à l'Espagne ça donnera peut-être le signal demain à la France que si le ténazi devait être légalisé demain et bien il faut pas baisser les bras et la raison pour laquelle il faut pas bosser les bras c'est parce que nous sommes du côté je j'en suis j'en suis modestement convaincu de la vérité de l'homme et de la véritable justice et bien c'est là va finir par prévaloir et vous vous avez tous une connaissance de cet arrêt en juin qui a renversé un grand principe juridique aux États-Unis en matière d'avortement c'est hors sujet ici simplement il a fallu peut-être aux États-Unis que pendant 30 ou 40 ans des personnes dénoncent cette erreur juridique pour finalement en venir à une décision historique mais je pense que cette décision en ce qui concerne la Belgique est proprement historique et si elle est en 2015 il convient vraiment de se rattacher de s'attacher au fait que une certaine justice a pu être rendue pour la société et puis également pour pour Tom voilà merci beaucoup chers Jean-Paul [Applaudissements] voilà qui remet en perspective peut-être les mots de notre président de la République lors d'une remise célèbre désormais de médailles de la Légion d'honneur où il a dit après tous les l'euthanasiste un devoir de bonté cher Nicolas peut-être un mot de conclusion il nous reste peu de temps peut-être en deux minutes est-ce que vous pourriez nous dire si tant que ce soit possible en deux minutes bien entendu mais s'il n'est pas un peu frustrant finalement de rencontrer des limites des barrières à la volonté individuelle et quel est le rôle de la loi le vrai rôle de la loi dans une société civilisée alors bien sûr la loi peut quand même contredire la volonté individuelle heureusement c'est frustrant mais ce n'est pas son but son but c'est de protéger je pense le bien commun mais sur la question de l'euthanasie c'est important d'abord de questionner la volonté individuelle puisque on le voit bien dans le cas de de la mère de Tom mortier pour tous les cas de souffrance psychique comme pareil je ne suis pas médecin mais pour une dépression on peut imaginer que la demande d'euthanasie soit plutôt un symptôme de l'indé pression que un acte de volonté libre et réfléchie il y a un autre cas belge d'une jeune femme qui s'appelle Laura Émilie je crois qui justement devait être euthanasié aussi pour dépression et en fait son état c'est amélioré et le jour même le matin même elle s'est dit en fait je peux tout à fait être soigné c'est une dépression je peux te soigner beaucoup de gens sont soignés de la dépression et elle a renoncé à son état nazie ensuite il y a tous les cas de qui ont des causes sociales donc on a parlé de cette femme traumatisée par les attentats il y a une euthanasie aussi récente d'une femme traumatisée d'une mère de famille traumatisée par un viol qui a demandé l'euthanasie au Canada il y a aussi eu très récemment le cas d'une femme qui n'arrivait pas à trouver de logement et du coup a invoquer sa maladie pour être euthanasié pour être pour avoir bénéficié du suicide assisté le site d'assister a été accepté et juste avant elle a envoyé à tous les médias une vidéo pour pour expliquer qu'en fait la réelle raison c'était sa détresse sociale et le fait qu'elle trouvait pas de logement et donc pourtant elle est elle est morte et le rôle du politique c'est d'abord de venir je pense regarder ces causes sociales réelles avant de suivre les désirs individuels et de se poser ces questions sociales avant de renverser un principe qui est quand même fondateur de la société qui est qu'on ne tue pas une personne vulnérable et on en prend soin merci beaucoup un très grand merci à vous trois pour la très haute qualité des débats que vous nous avez offerts et les points de vue que vous nous avez réflexions peut-être que vous avez ouvert dans l'esprit de chacun d'entre nous nous allons avoir 10 minutes de pause maintenant et puis nous entendrons ensuite Jean-Frédéric Poisson président du parti via la voix du peuple pour un discours nous avons le plaisir d'accueillir Jean-Frédéric Poisson président du parti via la voix du peuple merci Thibault merci cher Marion cher Laurence de cette initiative partagée Mesdames et Messieurs chers amis un grand journaliste du début du 20e siècle la vie de dire la majorité des gens parlent pendant leur sommeil c'est le privilège des conférenciers de pouvoir parler pendant le sommeil des autres j'espère ne pas devoir vérifier les véracité de cette adage dans les minutes qui viennent pour ça qu'on vous a donné du café j'espère que vous en avez bien profité pour mais à la vérité il y a pas vraiment de quoi s'endormir depuis le début de ce moment que nous avons partagé et merci beaucoup à tous les intervenants précédents pour leur propos pourquoi le sujet que nous traitons aujourd'hui est-il actuel de quelle rupture s'agit-il lorsqu'on évoque la question de l'euthanasie en quoi est-ce que ce projet est emblématique de la domination de l'argent sur le reste de la civilisation et pourquoi les soins palliatifs ont la seule alternative possible à l'euthanasie ces quatre questions on constitue le corps de mon intervention et je les ai répondre brièvement avant une brève conclusion d'abord c'est un con c'est un combat qui est actuel ça a été rappelé par Laurence tout à l'heure puisque l'actualité politique nous ramène en face de cette question essentielle mais nous nous trompons pas c'est bien le même agenda qui se déroule depuis maintenant des décennies qui veut que de manière régulière le Parlement français mais d'autres Parlement se voient solliciter sur des tentatives de légaliser l'euthanasie la dernière en date où l'avant-dernière en date plutôt nous l'avons connu Marion et moi l'initiative de dîner d'un Arabe jean-Louis Touraine qui de spécialiste des vessies ces proclamé spécialistes de la fin de vie c'est un neurologue Jean-Louis torrent ça répond à la question de notre ami philosophe tout à l'heure il doit être en train de parler à la presse et donc monsieur Touraine avait il y a maintenant 7 ou 8 ans déposer un amendement à la loi classique visant à légaliser l'euthanasie et ce soir là nous avions l'intégralité des députés du groupe des Républicains présents en séance dont j'étais avec le soutien de Marion de Gilbert Collard et de Jacques Bompard fait échouer c'est amendement du professeur Cohen qui sont l'appui des conservateurs de l'époque aurait inscrit la légalisation de l'euthanasie dans la loi classe Leonetti je passe sur les tentatives précédentes Manuel Valls avait pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy également déposer une proposition de loi bref c'est un sujet qui revient de manière régulière parce que à la fin du compte la domination de l'homme sur l'homme la volonté de l'homme de maîtriser la vie humaine la volonté de quelques-uns de prendre de pouvoir sur les autres est une affaire qui n'est pas vieille comme le projet d'Emmanuel Macron mais vieille comme le monde et c'est en cela que c'est un sujet de civilisation c'est parce qu'il y a que deux façons de considérer finalement les rapports sociaux et l'humanité soit nous sommes tous égaux en dignité nous en tirons toutes les conséquences soit quelques-uns ne méritent pas d'être considérés comme des new au contraire d'autres s'arrange une dignité sur imminente que les autres n'ont pas et nous ne sommes plus dans des rapports d'égalité si un parfait soit elle mais dans des rapports de domination de quelques-uns sur le reste c'est exactement le monde qui nous est proposé par Emmanuel Macron c'est d'ailleurs celui qui est en train de mettre en place sous nos yeux ou auquel il contribue en tout cas ainsi ce n'est pas du tout d'abord un problème sanitaire cette question même si on verra tout à l'heure les professionnels de santé sont évidemment en première ligne sur le sujet c'est un problème politique mais c'est bien plus en réalité un problème spirituel plutôt que simplement un problème de gestion de la cité j'ai pas dit religieux j'ai dit un problème spirituel il en est la question de savoir ce qu'on fait de l'égal dignité entre les êtres humains et merci à nos juriste tout à l'heure et aux philosophes d'avoir rappelé que effectivement soit nous sommes tous également dignes soit nous ne le sommes pas mais il faut le dire et à ce moment-là il faut en tirer les conséquences de quelle rupture donc s'agit-il c'est ma deuxième question d'abord à l'évidence inscrire dans la loi le droit de tuer représente la rupture la plus fondamentale qu'on puisse imaginer lorsqu'on met en regard de la loi la construction de la société on réfléchit souvent en termes de conditions de possibilités il y a quelques philosophes dans la salle qui sont familiers de ce genre de considération ou alors à défaut des constitutions de possibilités si nous n'y sommes pas familiers sous ce vocable en tout cas le fameux argument de nos grands-parents qui dit mais rends-toi compte que tu ne peux pas faire ça car si tout le monde faisait comme toi alors on comprend pas ça quand on est petit parce que c'est un argument qui n'a pas beaucoup de sens il le renseigne pas sur le bien à faire en revanche il est très clair que il renseigne sur ce qu'il faut maintenir si jamais nous voulons continuer à pouvoir vivre assez tranquillement les uns avec les autres à partir du moment où le droit de tuer est inscrit dans la loi je ne vois pas comment au moins sur le plan symbolique on peut continuer tranquillement de vivre les uns avec les autres car dans un premier temps ça a été très bien expliqué par nos amis belges canadiens tout à l'heure ce droit de tuer ne s'adresse que à des personnes atteintes atteintes d'affection atteinte pardon d'affection particulièrement grave tout à fait incurable insupportable etc etc puis ce droit n'est donné qu'à une petite partie de la population mais comme dit le logiciel il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée et quand elle est entrebâillée elle est ouverte c'est une rupture aussi extrêmement brutale de passer selon la belle expression de notre collègue jean-lyonetti auteur de la loi de 2016 et de la loi 2005 aussi d'une loi qui est faite pour ceux qui vont mourir à une loi qui est faite pour ceux qui veulent mourir et vous comprenez bien que c'est simple formulation suffit à dire que nous sommes évidemment pas dans les mêmes types de circonstances je ne détaille pas ce point parce que ça a été très bien rappelé tout à l'heure par les intervenants de la première table ronde ceux qui vont mourir nécessitent notre attention notre accompagnement et le service que la médecine et la santé publique doivent leur apporter ceux qui veulent mourir ont besoin de beaucoup plus et en particulier c'est la troisième rupture d'une insupportable torsion de tout ce qui constitue jusqu'ici nos textes fondamentaux que ça soit les lois chez les évoqué ou les codes de déontologie des personnels soignants et je parle bien sûr du code de déontologie du personnel médical mais d'un autre texte qu'on oublie souvent qui est la charte des personnels infirmiers qui n'a pas la même valeur légale que le code de déontologie médicale mais qui de toute façon malgré tout s'impose comme le principal la principale source d'inspiration pour les personnels soignants comment fait-on pour former les soignants le matin à la pratique de la théasie active et l'après-midi à l'accompagnement en 100 palliatifs comment fait-on pour dans les mêmes services organiser les choses de telle façon que dans une chambre on pratique le tenazie dans la chambre d'à côté l'accompagnement jusqu'à ce que la vie s'en aille comment fait-on pour écrire les textes les modules de formation de quel conception de la vie et de la personne humaine par le ton dans ces différentes pratiques et comment les fait-on coexister sinon de manière parfaitement schizophrène et j'ajoute que en termes de politique publique de santé c'est la même chose ça a été évoqué rapidement tout à l'heure la France est un des pays dans lesquels on se suicide le plus on regarde de la proportion de la population comment justifier que on continue et à bon droit d'organiser des préventions contre le suicide d'un côté et d'un autre côté on favorise le suicide de ceux qui veulent en finir où est la cohérence des politiques publiques que l'on peut mettre en œuvre ici la quatrième rupture violente celle-ci aussi est pratique au sens où on comprend bien que dans l'approche de l'euthanasie il y a cette volonté d'en finir vite d'une certaine manière le plus tôt possible alors que la pratique des soins palliatifs au contraire prend son temps ou du moins elle ne prend pas son temps elle laisse le temps de l'autre se dérouler comme il doit et évidemment vous comprenez bien que rompre d'un côté purement et simplement et une fois pour toutes et se donner la peine justement de ne pas rompre tant que quelque chose est à préserver ou accompagné nous ne sommes évidemment pas là non plus dans autre chose qu'une opposition de terme à terme absolument incompatible la cinquième et dernière rupture que je vous signale il y en aurait d'autres mais le temps est compté elle consiste à considérer que nous considérons que la vie n'a pas de prix la pratique de l'euthanasie considère que la vie a un coût et évidemment on ne peut pas évacuer de notre réflexion cette pression constante qui pèse désormais sur tous les établissements de santé et en particulier sur des hôpitaux sur le fait que évidemment administrer un produit quel qu'il soit ou une pratique quelle qu'elle soit ou un protocole de fin de vie de manière brutale coûte beaucoup moins cher que l'accompagnement jusqu'à la dernière minute de personnes qui mérite d'être accompagné et dans le monde où nous sommes où vous le voyez bien on prend des décisions y compris de santé publique très grave pas que de santé publique d'ailleurs sur la base de critères uniquement économiques ou financiers très probablement l'euthanasie a vocation à s'imposer comme la pratique privilégiée des établissements sanitaires au nom de l'équilibre économique ce qui m'amène à ma troisième question en quoi la pratique de l'euthanasie est-elle un signe de la pardon de la domination de l'argent sur le monde c'est une vieille affaire là aussi une lutte de tous les instants dans la gestion de la cité mais si vous me permettez cette coquetterie très actuelle celle-ci je vais concentrer mes efforts sur le premier quinquennat d'Emmanuel Macron et par malheur pour nous le début du second mais même un peu avant le premier quinquennat de ce Macron dans la loi qui porte son nom la loi de 2015 qui s'appelait modernisation de l'économie il y a un article qui est passé inaperçu à l'époque il est passé derrière les bus Macron les auto-écoles le tarif des notaires ou des avocats etc c'est cette article par lequel la loi Macron a fait entrer des capitaux privés dans le tour de table de l'Établissement français du sang c'est à dire que pour la première fois dans l'histoire de notre pays on a accrédité l'idée qu'il pouvait y avoir une vision capitaliste dans la délivrance des produits et parties du corps humain ce qui jusqu'ici l'avait été le cas nulle part sous le quinquennat d'Emmanuel Macron on fleurit et nous avons avec Laurence et d'autres nos mouvements largement participé à ce combat au moment de la PMA sans père on a bien compris qu'il y avait pour un certain nombre de laboratoires des enjeux économiques formidables de collecte et de vente de gamètes et petit à petit on marchandise la vie humaine on en fait un produit de commerce à peu près comme les autres je reviens sur cet épisode qui était spectaculaire aussi pendant le quinquennat de Monsieur Hollande celui des salles de shoot qu'est-ce que c'est qu'une selle de shoot sinon que l'organisation légale d'un trafic de drogue dans un lieu public et bien de la même façon ne doutez pas qu'avec l'euthanasie probablement une pression importante et je la comprends des personnels de santé fera en sorte que on ne pratique pas ça dans tous les établissements dans tous les hôpitaux dans tous les EHPAD mais que petit à petit nous verrons comme c'est le cas d'ailleurs en Suisse en Belgique et ailleurs des lieux dédiés ou effectivement vous viendrez après avoir obtenu soit l'autorisation soit le protocole soit simplement manifesté votre propre volonté vous viendrez entre guillemets bénéficier de ce service évidemment contre rémunération ou à titre néreux parce que vous pouvez pas imaginer ou alors là ce serait une fin du monde supplémentaire que tout ça soit remboursé par la sécurité sociale dans notre côté comme le rappelait Laurence tout à l'heure quand on en est à considérer que les décès survenus par suicide assister relève de la mort naturelle après tout si c'est la mort naturelle pourquoi la protection sociale ne s'en occuperait-elle pas il vous échappe pas que ce sont deux sordides problèmes d'assurance vie qui sont derrière tout ça vous avez bien compris quel est l'enjeu celui qui se suicide fait perdre de bénéfices des assurances vie à ces bénéficiaires alors que celui qui est mort de mort de mort naturelle mais ma foi peut permettre à ses ayants droits de bénéficier à plein des contrats donc nous sommes dans le sordide en définitif dans l'argent et encore une fois ce n'est qu'un instrument de la domination c'est au fond encore une fois une très vieille affaire en dernier point c'est que face à tout cela il n'y a qu'une possibilité plutôt une possibilité de posture de principe et puis une pratique à opposer je le disais tout à l'heure il n'y a pas de tiers donnés comme disait logiciens il y a pas de troisième solution c'est soit l'euthanasie soit non mais ça peut pas être non à tout ce que nous rappelle ces malades en fin de vie c'est écrit qui sont prononcés pour faire en sorte que leur souffrance s'abrège c'est que nous avons le devoir de soigner ces souffrances et devoir de les soulager et malheureusement j'espère que les praticiens que nous entendons dans la table ronde dans quelques instants pour nous le confirmer la culture du soulagement de la douleur dans la médecine occidentale est une affaire extrêmement récente elle ne sait jamais imposée d'elle-même il a fallu que Camille de l'hélice au 16e siècle de la Renaissance italienne invente les soins infirmiers écrits de la première charge des sons infirmiers pour qu'on ait davantage d'attention à ceux qui dans les hôpitaux de l'époque étaient considérés comme des mourants dans la première moitié du 20e siècle en France il y a une guerre de cancérologue entre Paris et Toulouse les uns considérant que les atteints atteints du cancer étaient vous à la mort donc faut pas s'en occuper les autres ici il faut quand même leur consacrer des efforts médiatiques financières terribles il y a à peine un siècle dans notre pays et dans le début des années 90 il y avait encore dans les académies de médecine ou dans un certain nombre d'endroits des Colocs pour former les soignants au soulagement et à la prise en compte de la douleur ce qui visiblement n'était pas suffisamment fait dans les études de médecine c'est pour vous dire que nous venons de loin et que c'est un combat constant de se préoccuper comme disait notre collègue et Amy canadien tout à l'heure de la fragilité et de considérer qu'elle nous oblige et donc je ne détaille pas parce que d'abord c'est ce que vous évoquez ceux qui vont nous suivre à ce micro mais il n'y a pas d'autres possibilités que de déployer la pratique des soins palliatifs partout où c'est possible refuser le Tani purement et simplement sans aucune concession c'est la seule position politique possible déployer les soins palliatifs et tout ce qui y est attaché c'est-à-dire les budgets les crédits les lits la formation des personnels mais aussi l'aide des associations qui déploient aujourd'hui des soins palliatifs à domicile ce qui est une révolution culturelle et sanitaire et qui mérite d'être accompagné voilà les positions sur lesquelles notre formation politique est engagée comme le son ou ne vont pas tarder à l'être enfin nous pouvons conservateur je le sais et reconquête évidemment Marion nous le confirmera tout à l'heure voilà quelle est la seule position politique possible alors évidemment on va nous faire la promesse comme à chaque fois comme à tous les budgets de sécurité sociale à chaque fois que vient la question des budgets hospitaliers à chaque fois il y a des amendements pour accroître des crédits des soins politiques à choix d'ici à regarder ce qu'on fait c'est formidable il se trouve qu'il y a encore un quart des départements français aujourd'hui au moment où nous parlons dans lequel il n'y a pas d'unité de soins palliatifs un quart des départements français et une proportion considérable de patients qui en aurait besoin et qui n'y ont pas accès donc le combat est permanent le sujet est permanent il est authentiquement politique et peut-être même spirituel et c'est la raison pour laquelle évidemment il faut le conduire évidemment je suis heureux de pouvoir échanger tout ça avec vous aujourd'hui et que je ne doute pas qu'à votre tour vous propagez cette magnifique cause et vous voyez bien que bien plus que une alternative simple à formuler entre les soins palliatifs et l'euthanasie c'est de toute une conception de la société qu'il s'agit pour ne pas dire une conception de l'être humain et des relations entre nous tous et donc de la fraternité je vous remercie [Applaudissements] bonjour à tous alors nous allons maintenant commencer notre seconde table ronde il nous a paru intéressant de croiser et de compléter les regards et les réflexions d'intellectuels des juristes en philosophe avec l'expérience de professionnels de la fin de vie et donc sur cette table ronde nous allons pouvoir écouter Jeanne Amouroux je t'invite à me rejoindre qui infirmière dans une unité de soins palliatifs Francis Jubert qui est coordonnateur d'équipe de soins palliatifs à domicile Stéphane Pinard qui est médecin à Belle-Île-en-Mer où il veut propose deux lits de soins palliatifs et puis également brio le roi qui est lui directeur d'un EHPAD et qui intervient également dans le documentaire de la Fondation Lejeune mourir n'est pas tué qui a été réalisé par Bernard de la Villardière et que je vous invite évidemment à visionner pour vous préparer au débats qui vont se tenir très prochainement voilà alors je voudrais qu'on rentre assez vite dans le dans le vif du sujet en vous demandant et je vais vous poser la question à vous Francis Jubert dans quel disposition d'esprit dans quel contexte dans quelle situation se trouve t-on trouve-t-on derrière les demandes de thanazi qu'est-ce qui pousse quelqu'un finalement à demander un état nazi on rentre directement dans le vif du sujet alors je vais vous parler de j'aurais pu vous parler de Norbert Coulanges qui était ce malade de Charcot qui est décédé il y a trois ans qui était suivi par les centres d'étudiants externes de Laennec et qui se sont dévoués à son chevet pendant des années pour faire en sorte qu'ils puissent vivre aussi bien que possible et ça a duré pendant 10 ans donc c'est quand même assez rare c'est une performance c'est un homme lumineux et il est parti entouré de tous ses étudiants en médecine qui ont fait un travail absolument formidable je tiens à saluer je tiens saluer le rôle des médecins qui qui l'ont accompagné et de sa famille mais je vais vous parler aujourd'hui d'un autre d'une autre personne nous sommes touche tout particulièrement j'ai pas de gros j'ai pas encore fait de groupe de parole pour pour finalement laisser déborder mon émotivité sur ce sujet là donc cette personne s'appelle Gérald Gérald et comme Norbert il était atteint d'une maladie de Charcot une maladie dégénérative grave il était emprisonné dans son corps ça fait trois ans qu'on l'assistait à domicile il avait refusé d'être trachéotomisé il ne voulait pas aller à l'hôpital il a refusé de bénéficier du réseau et c'est là ce qu'il aurait pu faire mais être suivi par le réseau et c'est là ça veut dire passer à l'hôpital quand vous avez un Coffe à 6 quand vous commencez à avoir des problèmes de d'encombrement il faut vous poser une appareil qui suppose effectivement vous passiez à l'hôpital même ça il n'en voulait pas donc il avait une ventilation non invasive à domicile il a été accompagné pendant trois ans par une équipe d'achad c'est l'hôpital hors les murs faut voir que la société est quand même très organisée on a une chance formidable en France l'hôpital vous avez des infirmières qui viennent à domicile vous avez des médecins qui se déplacent pour faire régulièrement l'évaluation la révélation de ce malade il a défini de ça pendant des années alors par contre je vais vous dire la réalité parce qu'effectivement là on assure le niveau de sécurité médicale qu'on est tous en droit d'attendre et qu'on souhaite parce que s'il y a domicile on ne peut pas bénéficier de ce niveau de sécurité médicale au secours je vais à l'hôpital je vais ailleurs mais surtout j'ai besoin d'avoir cette l'assurance qu'on ne laissera pas tomber au moment ça devient difficile le problème c'est que il avait comme le font maintenant c'est la le droit des citoyens c'est la démocratie sanitaire on peut déclarer ces intentions et qu'est-ce qu'il avait déclaré bah écoutez c'est très simple pas de trachéo et puis le jour où je perdrai ma voix et bien je demanderai puisque c'est la loi classe inanetti a bénéficié d'une sédation profonde et continue jusqu'au décès top ça c'est très bien quand on fait la philosophie je me situe pas du tout en tant que philosophe clinicien mais vraiment le temps de praticien et en tant que praticien je peux vous dire que c'est très simple dans le principe pratiquement au fur et à mesure qu'on s'est rapproché du moment où son diaphragme commencé à être de plus en plus encombré les vêtements les muscles se étaient de moins en moins mobiles et cet homme parlait de moins en moins et je voyais arriver le moment où les équipes qui étaient présentes à son côté allait avoir à faire face à un risque d'asphyxie qu'est-ce qu'on fait dans ces conditions là les médecins sont pas toujours là les infirmières viennent le matin on lui avait au bout comme on voyait cette venait compliqué qu'il y avait des crises d'angoisse qu'est-ce qu'on faisait pendant la nuit le bénéficier d'une sédation intermittente donc on passe de la veille au sommeil et il avait un très bon sommeil il se réveillait le matin la vie commençait c'est à la vie relationnelle quand on commence à voir la voix qui s'éteint il nous a appelé il me dit Francis j'aimerais qu'on ait une discussion de fond et cette discussion de fond je l'ai eu plusieurs fois six derniers mois Francis je voudrais qu'on me fasse partie parce que c'est plus possible il avait une seule fille il avait divorcé deux fois c'est la vie d'aujourd'hui mais il en quoi il était seul sa fille ne venait jamais parce que c'est très difficile de vivre des situations pareilles qu'est-ce qui prenait le relais de la fille la société civile on se retrouve tout seul en face de très grand malade le médecin de la guérissable les paliatologues ils sont très peu nombreux ils viennent quand ils peuvent mais ils viennent on n'est jamais seul mais finalement ce qui assure le relais qui assure la permanence des soins la permanence de la présence c'est vous et moi c'est ceux qui sont comme été formés aux soins palliatifs mais un moment on se retrouve confronté à cette demande de Tunisie alors on vous dit en fait sur tous les manettes qu'on suit j'en ai suivi pas mal depuis trois ans c'était la seule vraie demande que j'ai eu mais je l'ai eu et pas une seule fois elle était héritérée c'était pas des souffrances réfractaires dont souffrait cet homme quand j'ai parlé au CESU quand on dans la table ronde sur souffrance réfractaire et douleurs réfractaires j'étais pas dans ce cas là il avait peur de mourir à se fixer il avait peur de mourir seul donc pour nous la vraie sédation qu'on lui a donné au-delà des sédations intermittentes c'était une sélection naturelle c'est la garantie qu'on le laisserait pas tomber qu'on serait présent jusqu'au bout donc en fait ce qui s'est passé c'est qu'à un moment après une demande de demande j'étais de plus en plus embêtée je me disais il va finir par qu'est-ce que je peux faire pour essayer de faire diminuer le niveau d'angoisse je demande à son médecin traitant qui est un jeune médecin d'une quarantaine d'années un des rames médecins palliatologues formés et qui fait un travail absolument merveilleux je dis que l'ami il faudrait qu'on soit qu'on aille voir ce ce n'est Géral dont on peut pas le laisser comme ça il a il la forme il m'avait demandé en plus de réécrire dans sa fiche Palia je demande maintenant que ma voix est en train de disparaître je sais qu'à un moment maglotte va être aussi paralysée donc ça va devenir quelque chose venez je vous supplie de me faire partie dire de me sédater de manière profonde et continue avec le médecin on lui a pendant on a passé une heure et demie avec lui j'ai l'impression d'y être c'était il y a deux mois je vous partage ça parce que c'est très important parce que c'est comme ça que ça se passe de fait on parle de la on veut on veut pas je suis je veux partir je veux pas partir si on lui explique ce qui allait se passer ce qui pouvait se passer j'écoute de fait on te laissera pas tomber il y a tout ici pour mettre en place cette sédation profonde et continue la ChAD est là il y a les Mureaux d'urgence palliatifs il y a d'hommes se peut se déplacer les commandos de soins palliatifs qui sont qui sont les équipes assez géniales qui se déplacent le 15 le 15 de la de l'urgence palliative donc on a plein d'outils à notre disposition donc on te laissera pas tomber mais continuez il n'était pas convaincu on revient vers lui et puis il nous dit de toute façon je pense que tu m'auras aussi d'autres choses une infection tu m'auras peut-être dans ton sommeil tu me ras certainement pas de ta maladie pas certainement pas il est il est probable que tu éviteras finalement ce que tu crains le plus c'est pas comme ça que ça se passera lundi dernier il s'est passé ce qu'on lui avait dit il avait accepté finalement de je dis pas renoncé à tout jamais à cette est-ce qu'on lui demande est-ce qu'on lui pose une sélection profonde et continue qui aurait supposé que une concertation entre les médecins son médecin traitant le médecin de had pour effectivement qu'on mette ça en place mais perdre sa voix écoutez bien ça perdre sa voix c'est pas une fin de vie si on respecte la loi et on se doit de respecter la loi c'est effectivement même si il arrivait ça faisait 5 ans qu'il avait été atteint de cette maladie là même si ça devenait terrible et que je voyais cet homme désespéré parce que il se dit c'est les gens je t'occupe parler et bien à ce moment-là il était il était il n'était pas dans les bons critères pour partir ce qu'on lui avait dit c'est aussi que la sédation profonde et continue ça je parle pour ceux qui font un peu de neurosciences quand vous êtes sédatif complètement c'est un coma profond vous ne pouvez plus revenir de votre sommeil si vous avez eu des idées noires ce qu'il avait ces idées noires c'est ce que c'est eux saisis des Noirs vous continuez à les avoir donc il faut tout éviter pour que les personnes et les sélations profondes sauf quand ils vraiment les toutes dernières heures les tous derniers jours je parle ça sous contrôle du médecin qui est là mais je pense que c'est très important d'éviter cela et on pense qu'il avait intégré dans son esprit que c'était un service que nous lui rendions que de ne pas le plonger dans cette sédation de ne pas accéder à se demande non seulement parce que une répondit pas tous les critères parce que c'est pas la toute fin de vie ils s'en approchait alors je veux dire le mourir c'est un processus qui prend du temps nous on pensait qu'il partirait au bout de d'un an ça durait deux ans de plus a-t-elle enseigne que vous avez parlé à l'instant mais je crois que c'est c'était un table ronde précédente de la dimension sociale de qui est la nôtre figurez-vous que les dispositifs ce qu'on appelle le fond Fnac le fond je peux commencer à faire qu'on donne effectivement pour que les personnes puissent disposer des moyens financiers en fin de vie il a été longtemps se font ce fin de vie il était de 6 mois il était d'un an puis on a dit tu fais moins un an c'est trop ça coûte trop cher donc on est passé d'un an à 6 mois au bout de 6 mois c'était le c'était le un des éléments d'angoisse de mon brave Gérald il a fallu il a d'abord obtenu qu'il passe qu'il soit renouvelé une fois puis après c'est terminé un département plus question qu'on vous donne qu'on est de cet homme c'est pas possible il allait voir le révo et c'est là qui passe à l'hôpital et qu'il a une qui nous fiche la paix il a fallu que je vois le président du Département de son lieu de résidence pour lui dire c'est pas possible que la société laisse tomber un homme comme cela j'en fais mon affaire nous sommes là auprès de lui mais votre devoir c'est notre devoir en tant que en tant que citoyen vous devez faire quelque chose et le président du Département a donné son accord donc le pôle de solidarité du département a pris le relais comprenant que la situation est exceptionnelle cette question d'angoisse était mise à part mais ce que je peux vous dire c'est qu'il est mort lundi dernier dans son sommeil c'est à dire pendant qu'il bénéficiait d'une suite d'une sédation intermittente le médecin qui est venu constater son décès a constaté effectivement qu'il était mort de manière apaisée je peux vous dire que c'est ça démontre une chose c'est qu'on n'a pas besoin de faire évoluer la loi classe Leonetti nous avons tous les moyens à notre disposition à condition de payer notre personne et que tous les acteurs de la chaîne médicale médico-sociale veille bien s'impliquer on peut et on doit aujourd'hui se battre pour rester dans les limites c'est le modèle français des soins pallitifs qui est absolument extraordinaire alors c'est peut-être un peu trop de dire que c'est un trésor national mais je pense que la limite je suis pas loin de le penser c'est assez extraordinaire que d'avoir notre disposition cet outil là et quand on voit que ces cas à la limite mes magnets Buzyn c'est là où on se demande pourquoi est-ce que c'est d'ailleurs sur les malades de Charcot qui parle tout le temps des mains de Sharko il faut vous savez ces gens peuvent se suicider ils sont paralysés nous sommes leur main nous sommes leurs pensées on pense on fait tout à leur place me dit que finalement la soie les soins palliatifs c'est pas mal l'euthanasie c'est limite mais il faut au moins qu'on puisse dépanner de connaître il a fait évoluer pour permettre à ces malades là ben finalement de passer de vie à très pas plus rapidement parce que leur vie était épouvantable je vous ai démontré le contraire leur vie effectivement est terrible mais en même temps il passe leur temps ils sont très ambivalents ils passent du des ténèbres à la lumière et ils seront d'autant plus dans la lumière qui sont accompagnés alors merci beaucoup pour ce témoignage qui est clairant et touchant à la fois je rebondis sur un terme que vous avez utilisé c'est souffrance réfractaires et en fait on a l'impression que la seule alternative se trouve entre la souffrance et la mort alors je voulais vous demander si vous pouvez nous répondre rapidement s'il est possible de soulager la souffrance physique psychique et morale et d'aider un patient à supporter la peur de mourir qui est inhérente à chaque fin de vie est-ce que les dispositifs médicaux en tout cas existent très honnêtement là je pensais que vous ayez que je vous ai donné la parole un médecin ou une infirmière ce que ce que je vois c'est que on dispose à peu près toute la batterie qui permet qui permet effectivement de faire face aux souffrances aux douleurs physiques la souffrance morale la souffrance spirituelle elle est inéluctable sa souffrance de l'homme on peut pas changer l'homme de façon on est on est confronté à cette souffrance là par contre le service qu'on peut rendre à ces personnes là c'est d'être présent d'accéder et d'entendre ces souffrances et d'y répondre non pas en tuant ces personnes mais en les faisant progresser c'est pour ça que dans nos équipes on a toujours des psychologues les les bénévoles on les appelle les bénévoles d'accompagnement qui sont là pour écouter et puis je pense que il y a une à côté des anxiolises de toutes les drogues qui existent et qui sont qui sont avec toutes les titres que maîtrise parfaitement bien le monde médical il y a effectivement le cette forme de l'hypnose ce que j'appelle l'hypnose conversationnelle le fait de parler avec les personnes de les écouter de les de leur montrer qu'il y a dans le cas de Gérald c'était vous avez pu votre voix mais on a le visage vous avez les yeux on peut il y a d'autres manières de communiquer et il y a toujours une espérance et je pense que ça ça fait partie de la de cette batterie de de moyens qui sont à notre disposition qu'on peut user dont on peut user merci beaucoup alors la demande de tanalyser n'est-elle pas en fait guidée par le désespoir et la peur qui sont liés à la solitude je voudrais brieueu vous qui êtes directeur des pattes que vous nous parlez un petit peu de la dépendance et de la fin de vie on est dans une société où les gens sont extrêmement isolés on est obligé d'organiser des fêtes de voisins pour que les gens se rencontrent et est-ce que c'est pas finalement en fait le ces demandes de légalisation de l'euthanasie le signe de la faillite du lien social en fait moi je travaille comme directeur d'un EHPAD et donc c'est une situation qui est tout à fait différente de la citation dont on parle beaucoup cet après-midi c'est la situation des personnes qui sont éligibles à un suivi en soins palliatifs et les personnes au départ qui bénéficient d'équipe mobile de soins palliatifs mais c'est loin d'être la majorité et pourtant effectivement la question se pose de la faillite du lien social le lien social il est très fragilisé en EHPAD donc les EHPAD c'est des maisons de retraite médicalisées pour des personnes qui ont besoin d'accompagnement d'aide pour les gestes de la vie quotidienne s'habiller manger avoir une toilette etc et donc les personnes qui rentrent sont dans souvent dans un état de grandes dépendances voilà c'est une dépendance souvent cognitive ils ont des troupes ce qu'on appelle on entend beaucoup parler autour de nous de la maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentés donc ils ont du mal à se repérer dans le temps dans l'espace à garder une mémoire des personnes et des situations et donc évidemment ça fragilise pour eux le lien social fortement il y a évidemment une dépendance motrice parce que ils ont du mal à se déplacer parce qu'ils ont du mal à parler à entendre à voir ça aussi ça fragilise le lien le lien social et puis avec le la société actuelle il y a il y a aussi un éclatement géographique parce qu'aujourd'hui nos parents habitent à Brest et puis il se trouve qu'on a une opportunité professionnelle intéressante à Strasbourg et donc on déménage à Strasbourg la vie sociale fait que on s'installe à Strasbourg et puis et puis c'est difficile d'aller voir ses parents deux fois par semaine à Brest quand on habite à Strasbourg donc pour toutes ces raisons le lien social et est fortement fragilisé moi je retiens j'étais profondément marqué moi ce par ces trois dernières années de crise qu'on appelle en France et en Europe peut-être un peu dans le monde la crise covid qui a qui a mis en lumière la fragilité de ce lien social mais qui qu'il a qu'il a très très fortement dégradé plus de visites plus de plus de plus d'animation plus de liens social puisque les gens sont en chambre je suis désolé je le dis avec beaucoup d'émotions plus d'assistance en fin de vie puisqu'on dit aux familles bah non faut pas venir il a le covid ou alors il pourrait l'avoir peut-être que la personne dans la chambre d'à côté pourrait l'avoir peut-être que vous votre voisin peut l'avoir plus d'assistance même en fin de vie voilà donc évidemment la fin totale du lien social pour des personnes qui ont une durée de vie moyenne c'est le thème un peu brutal mais la durée moyenne de séjour en EHPAD c'est deux ans et demi et quand il y a une visite il y a plus de contact puisqu'on a on a inventé la distanciation sociale et jusqu'à jusqu'au mois de juillet le port du masque était obligatoire on n'avait pas le droit de se poser la question du port du masque ça veut dire que si je viens visiter ma grand-mère on y a tous été confronté j'ai un masque je n'ai pas le droit de toucher ma grand-mère je n'ai pas évidemment pas le droit de l'embrasser sinon je les mets en danger voilà le covid commence fin 2019 premier confinement mars 2020 statistiquement aujourd'hui on en mars 2023 les personnes qui étaient en EHPAD sont décédés depuis et donc quid du lien social qu'on leur a qu'on leur a permis de vivre et donc oui évidemment il y a une faillite du lien social je je voudrais revenir sur la sur la notion de santé pardon je prends mes notes et une déclaration de l'OMS sur sur le droit fondamental à la santé qui exprime que la possession du meilleur état de santé qui est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain et en préambule il définisse la santé qu'est-ce que c'est que la santé c'est un état complet de bien-être physique mental et social et qu'il ne consiste pas seulement une absence de maladie ou d'infirmité donc oui il y a une faillite mais la faillite du lien social ça doit pas être une excuse à ce projet d'euthanasie au contraire il y a une hypocrisie qui est absolument scandaleuse à mon sens [Musique] à coordonner à contribuer ou à laisser faire la faillite par la faillite du lien social par la dégradation du setup du système de santé donc soit à contribué soit à organiser la dégradation des des moyens qui permettent d'atteindre [Musique] les moyens de rester en santé et en même temps de dire mais en fait nous on n'est pas responsable et je parle pas seulement de l'État c'est une responsabilité collective je rejoins ce que vous dire en disant en fait c'est c'est nous c'est la société civile il y a une hypocrisie à dire tout ça se dégrade mais on en est pas responsable c'est pas grave la réponse qu'on va faire c'est on va on va supprimer cette voie des personnes qui sont fragiles en leur proposant de mourir plus rapidement merci Brieuc je voudrais maintenant demander à Jeanne à Mouroux qui donc est infirmière en unité de centre palliatif ce qui se passe quand une famille et enfin un patient et sa famille accède à un service de soins palliatifs qu'est-ce qui change dans leur confrontation à la souffrance et à la mort et plus largement est-ce que vous pouvez nous parler du trésor que sont les soins palliatifs et même du Trésor qui est la fin de vie je trouve que une des choses en tout cas une des premières choses qui changent c'est le fait de se décentrer de la maladie souvent l'hôpital vous êtes hospitalisé dans un service spécialisé dans une pathologie pour traiter cette pathologie là en soins palliatifs on cherche plus à guérir la maladie mais elle soulager les symptômes et améliorer le confort de vie donc on va se décentrer de cette maladie pour se recentrer et tout recentrer sur le malade et tout ce qu'il est en pouvant offrir une prise en charge globale l'idée c'est de pouvoir s'attacher évidemment au symptôme physique qui est parce que la maladie grave on se rend pénétif on accueille les situations de fin de vie les plus complexes en tout cas dans les unités dans lesquelles je travaille donc c'est 80% de nos patients qui sont atteints de cancer très évolué donc ils sont gravement malade avec de lourds symptômes physiques donc on va évidemment cet échange urgence à pouvoir soulager ces symptômes là mais aussi pouvoir regarder ce qu'il y a autour c'est-à-dire le psychique et toute la souffrance psychique et évidemment hyper présente en fin de vie tout le côté social l'entourage les amis enfin voilà tout ce qui constitue le lien social et puis aussi le spirituel et on a vraiment à cœur de pouvoir regarder la personne en toute sa globalité cette prise en charge elle peut être faite que en équipe pluridisciplinaire parce que moi je serai incapable de travailler sur les questions sociales je pense que une psychologue serait pas capable de soulager la douleur donc on a besoin de tous ces professionnels hyper compétents et de pouvoir voir combien chaque personnel chaque professionnel de santé a une compétence particulière et qui nous permettent ensemble de pouvoir être au plus juste de ce que vit le malais dans l'instant T et donc ce qui change pour les mails c'est de se dire en fait tiens on me regarde plus comme une maladie dans un lit mais comme une personne enfin on s'occupe de ma famille enfin on s'occupe de mes proches parce qu'il y a aussi souvent ça on se sent quand on est gravement malade c'était patients qui ont eu des parcours de soins hyper compliqués qui sont duré plusieurs années qui savent très bien que leur famille souvent sont épuisés en France c'est difficile d'accompagner quelqu'un qui grève mon malaise encore plus quelqu'un qui va mourir et souvent c'est un soulagement aussi de se dire enfin on s'occupe de mes proches on va les tenir au courant on va les voir on va les accompagner donc il y a déjà tout ça qui change il y a aussi le fait qu'on accepte l'incertitude en fin de vie enfin palliatifs et en fin de vie encore plus c'est le temps de l'incertitude on rentre dans ce temps tout particulier qui est le temps du temps prison on sait pas vraiment comment la maladie va évoluer on va pas aller faire de bilan biologique de scanner pour voir où en est le concert ou alors la maladie neurologique mais on va s'attacher à cliniquement aujourd'hui comment vous vous sentez elle s'est attaché sur les symptômes et donc on accepte le fait qu'on sait pas demain comment ça ira est-ce que vous allez mourir dans quelques jours peut-être quelques semaines ou alors quelques mois voilà entre quelques jours et quelques mois on arrive à le dire mais en tout cas on sait pas vraiment ce qui va se passer on va essayer de s'attacher au temps prison et c'est un ciel situe dont l'accepte on le dit aux malades et souvent c'est important pour eux et je trouve que dans les demandes d'euthanasie il y a vraiment cette incertitude là qui est présente et je repense à une patiente qu'on accueille à quelques temps qui est toujours en vie qui Madame B qui a 46 ans qui a une maladie de Sherco aussi on prend souvent cet exemple là parce qu'il est tellement pris dans les médias en disant c'est l'insupportable c'est exactement ce que vous disiez Francis nous on était moins tous les jours que de fait c'est une maladie extrêmement difficile mais qui peut se vivre le plus paisiblement le plus confortablement possible et cette passioneb on lui annonce le diagnostic à 46 ans en plus elle est déjà veuve elle est dans une situation qui de base et dramatique une maladie qui évolue hyper rapidement et elle a plus me témoigner que quand on lui a dit ça elle a dit moi je voudrais une euthanasie c'est pas possible je veux pas me voir paralysé un moment ne plus pouvoir respirer etc et elle me disait alors elle me disait ça elle est d'un ordinateur parce qu'elle était déjà complètement paralysée elle pouvait plus parler elle avait plus la parole mais l'arrivait à communiquer avec ses yeux et on avait des grandes discussions ça peut paraître dingue mon avis les discussions parfois plus de 40 minutes enfin c'était extraordinaire et elle m'a dit ce qui a changé c'est le jour où j'étais prise en charge en soins palliatifs et que j'ai des aides-soignantes qui se sont occupées de moi et qui ont posé un regard d'une beauté incroyable sur moi et je me suis dit en fait j'ai peut-être de la valeur pour certains et ma vie vaut la peine d'être vécue et je vais essayer de vivre au jour le jour et c'est vraiment accepter cette incertitude de dire je sais pas peut-être qu'à un moment j'arriverai plus à déglutier je pourrais plus manger en tout cas aujourd'hui je peux le faire et ben je vais le faire et on va essayer de vivre comme ça et les soins bénéfiques on essaie justement d'apporter ça et d'essayer de jouer en tout cas de vivre avec cette incertitude je trouve que ce qui change aussi c'est de pouvoir dire aux patients ils savent en disant ben là je peux plus faire ça je peux plus manger correctement ou tout seul je peux plus me lever j'ai mal il y a beaucoup de choses qui rentrent en compte ce qu'on va essayer de faire c'est d'ouvrir toute la créativité qu'on a en équipe pluridisciplinaire et de se dire que les soins c'est le chant du possible en fait on le va leur dire on va essayer de vivre au jour le jour et on va essayer de déployer tout ce qu'on peut pour que la vie se glisse à chaque instant et on le voit bien la vie elle se glisse dans toutes les chambres à chaque moment même quand c'est difficile et peut-être encore plus quand c'est difficile c'est ce monsieur qu'on a accompagné à quelques mois qui avait 30 ans qui a eu des traitements jusqu'au bout et qui vraiment arrivé chez nous en face terminale qui est resté une semaine et demie chez nous il est décédé voilà au bout d'une semaine et demi et ben il s'est marié chez nous parce que la maladie est allée à toute vitesse enfin voilà il était super jeune 30 ans on est encore très jeune ils vont lui dire peut-être enfin voilà il avait ce désir de ce Marion il a dit bon bah tout mettre en place pour que vous puissions mon mari ici et ben ça a été un moment de vie extraordinaire et c'était vraiment ça le champ des possibles qui a pu être ouvert j'ai essayé de faire vite sur les qu'est-ce qui est le trésor des soins palliatifs je crois que le trésor est ce qui fait sens de notre métier c'est de pouvoir promettre aux passions qu'on les abandonnerait pas c'est vraiment cette promesse du non-abandon et c'est ce que vous disiez tout à l'heure Francis c'est de dire on se relève avec vous jusqu'au bout et on ne vous abandonnerait pas même quand c'est difficile et je vous assure que de temps c'est très difficile et c'est important je rappelle juste en ce qu'on a un petit peu dit aujourd'hui on a les moyens en France de soulager les douleurs d'accompagner toutes les souffrances et jamais je me suis dit voilà là il faudrait peut-être que le tennis soit légalisé et pourtant de temps en temps c'est vraiment difficile et je crois que cette promesse là qui est hyper importante et qui fait sens pour nous mais qui fait sens aussi pour les malades dimanche dernier je m'occupais d'une passionte avec un cancer qui le crée des douleurs très difficiles ou la prise en charge de la douleur il comme on le disait tout rappelé tout à l'heure c'est hyper récent en France et encore dans les services bah c'est pas forcément une priorité donc nous souvent on arrive avec des patients hyper douloureux parce que la prise de la douleur n'a pas été bien faite et du coup on est vraiment hors terre sur la douleur et donc on met souvent plusieurs jours à trouver l'équilibre juste pour pouvoir les soulager et cette patiente là on faisait cette toilette elle était dans mes bras donc vraiment complètement dans mes bras elle a eu un moment de douleur hyper fort donc c'était vraiment corps contre quoi corps et elle m'a dit j'aime fait trop une piqûre il faut que ça s'arrête j'en peux plus de souffrir comme ça on a tenu bon on était en équipe on était quête dans la chambre on la soulagé hyper rapidement 10 minutes elle a été soulagée on l'a rien installé elle a eu il était beaucoup plus apaisée à pied et elle m'a regardé en me disant j'ai l'impression d'avoir publicité et c'est vraiment ça qui se passe dans les sérieux et en fin de vie c'est cette pulsion de mort et cette pulsion de vie il y a des moments qui sont très difficiles ou c'est normal d'avoir presque envie de mourir parce que ça nous semble insurmontable et nous on tient bon avec eux on leur dit on est là on va y arriver on va vous soulager et ce qui se passe après c'est évidemment de repartir dans la vie il a vie se glisse partout et c'est vraiment ça que je trouve qu'il qui fait corps dans notre métier et cette dame j'ai pu dire après avoir une grande discussion avec elle lui refaire cette promesse de on ne vous abandonnerait pas elle m'a dit j'ai peur de mourir j'ai peur de souffrir et poser à côté d'elle main dans la main je lui ai dit en la regardant des yeux mais je vous promets qu'on ne vous abandonnerait pas cette promesse je la tiens pas tout seul mais on la tient en équipe et aujourd'hui à mes collègues qui sont dans le service pour pouvoir être avec elle et lui dire mais je ne vous promets qu'on vous abandonnerait pas qu'on serait là jusqu'au bout et que quoi qu'il se passe on mettra tout en oeuvre pour vous soulager et on n'a pas peur d'augmenter les traitements on n'a pas peur s'il faut de faire plus dormir les patients parce que de temps en temps la douleur est très forte je parle évidemment de cas particulier c'est pas la généralité de la fin de vie mais c'est ce qui peut se passer et on n'aura pas peur de peut-être faire plus dormir pour pouvoir mieux soulager voilà un petit peu je pense que c'est aussi et peut-être pardon pour revenir aussi on accorde aussi beaucoup d'importance aux familles et à l'entourage et je crois que les soins politiques c'est une phrase très belle que j'avais entendu d'un médecin qui disait les soins palliatifs c'est aussi la paix des survivants c'est la paix de ceux qui meurent mais aussi la paix des survivants et ça si je crois c'est hyper important de se dire et c'est on les entend pas du tout dans le débat actuel on n'entend pas la place des familles de ceux qui disent c'est ceux qui restent après c'est ceux qui seront marqués par tout le parcours de soins qui a eu et c'est ce dont aussi il faut s'occuper et c'est la fraise très belle que le fils d'une de mes patiente m'a dit hier il m'a dit mais pendant des années j'ai pas dormi de savoir ma maman malade à l'hôpital pas bien etc depuis qu'elle arrivait chez vous je dors la nuit pour autant la situation est toujours difficile mais il me dit maintenant je dors la nuit parce que mais en fait ils sont en paix il sait qu'elle a accompagné qu'elle est soulagée qu'elle est pas toute seule qu'on est là avec elle on est là nous équipe soignante mais aussi bénévole on vous en a eu un petit peu parlé les bénévoles qui sont le reflet de la société qui disent aux malaides la société je suis représentée vous comptez pour nous vous avez du prix à nos yeux et nous aussi on est là pour vous montrer que vous avez de l'importance et je trouve que c'est aussi un message très fort des soins d'avoir ces bénévoles là qui peuvent donner ce message de la société on est une société aujourd'hui des lois qui ont vraiment un message de solidarité et de fraternité qui disent quoi qu'il en coûte on serait là avec vous on mettra tout pour vous accompagner jusqu'au bout voilà on est là pour ajouter de vraiment de la vie au jour et la vie elle est partout ouais je pense que c'est celle le trésor des soins palliatifs vous voulez faire un petit oui je crois qu'on a juste aussi un petit témoignage enfin c'était très beau et je crois qu'on a besoin d'entendre des choses c'est formidable je voulais simplement ajouter quelque chose c'est que on voit bien toute la créativité qu'il y a dans les unités de soins palliatifs à l'hôpital c'est les lits identifiés soins palliatifs qui existent il existe des équipes mobiles introspitalières qu'il faut un travail dans les différents services de l'hôpital il y a quelque chose qui est et on voit que les souvent dans l'institution c'est-à-dire dans les dans les unités de soins palliatifs ce sont surtout les derniers jours que l'on prend en charge les gens restent trois semaines en moyenne ce je voulais vous parler deux secondes de de l'autre versant de la vie alors qu'il faut en sort en plus c'est unité ça arrive il faut le savoir et puis il y a le temps long parce qu'effectivement je vous parlais que je disais tout à l'heure que le mourir c'est un processus qui est long en moyenne les nos équipes se cumulent des personnes six mois donc c'est 6 mois de prise en soin c'est relativement long ça peut être plus un peu moins mais c'est souvent de cet ordre là et quelque chose qui est en train de se développer aujourd'hui ce sont les unités mobiles les équipes mobiles ne sont palliatifs ville si on se je vous ai parlé de l'hôpital hors les murs et bien il y a une manière aussi de se retourner vers la ville et de se dire aujourd'hui il faut qu'on s'organise différemment l'hôpital il faut il faut pas avoir une vision qui soit médico-centrée de la fin de vie il faut au contraire reprendre tout ça au sein même de la de la de votre lieu de résidence c'est à nous de prendre en charge de nous organiser pour rendre possible les ce que j'appelle l'effectivité de ce que ne peut pas faire l'hôpital et là je vais parler de Jacques Antoine une seconde une seconde chaque Antoine une BPCO sévère stade 4 c'est-à-dire des 13 respiratoires fortes le sommet de Sein dans un grand centre hospitalier lui dit maintenant vous revenez chez vous consommez vous ça veut dire la maladie est incurable je peux plus rien faire pour vous vous aurez vous serez ventilé à ce moment-là d'abord il y avait pas demandé il y avait pas de médecin traitant il a fallu qu'on lui trouve un médecin traitant il a fallu qu'on dise on va pas vous laisser tomber il faut faire quelque chose mais c'est pas l'institution c'est pas l'hôpital c'est pas lui mais c'est le domicile qui devient la petite unité où toutes les équipes plurisciplinaires vont se retrouver pour donner l'effectivité que l'on pouvait trouver dans un institution et je pense que c'est une manière quand on a un défaut de ressources parce que on aura peut-être pas autant d'unités de soin palliatifs requises que ce qu'on peut demander mais au moins si dans chaque chaque personne qui souhaite pouvoir finir ses jours à domicile c'est qu'elle peut-être prise en charge de manière efficace en sachant qu'elle peut compter sur l'hôpital compter sur tous les réseaux qui existent mais il faut s'organiser pour se faire avec un espèce de superviseur de ce qu'on appelle le 15 management aux États-Unis et bien ça c'est quelque chose qui est assez extraordinaire et Jacques Antoine a pu être prise en charge pendant ici il est mort chez lui et dans de très bonne condition également ça c'est la bonne nouvelle merci oui alors du coup vous m'assurez la transition je vois que il y a des innovations il faut être aussi innovant donc effectivement les soins palliatifs à domicile ça me permet de rebondir et de poser la question au docteur Stéphane Pinard sur les pour qu'ils nous fasse un état des lieux des services de soins palliatifs en France et avec derrière cette question est-ce que la légalisation l'euthanasie va pas mettre en danger les services de soins palliatifs qui sont déjà a priori assez désossés en fait Jeanne travaille dans une unité de soins palliatif donc une unité c'est un service qui ne gère que des patients palliatifs et comme vous l'évoquiez il y a des leads soins palliatifs qui sont d'autres services par exemple moi j'ai un service de médecine de 19 lits qui peut accueillir deux patients en lice en palatif pour vous donner un ordre d'idée 1200 lits d'unités et 5700 lits de litres en palliatifs en France c'est clairement insuffisant la première unité elle a été créée en 1986 à Paris tous les trois ans il y a un plan triennal qui prévoit d'augmenter les lits de son palliatif et en fait on court après le train je vous cache pas que tout le monde sait que la population vieillit quand on vieillit malheureusement on a des maladies et que il faudrait vraiment mettre un coup de booster dans l'ouverture des lignes soit palliatifs j'ai été un peu spolié tout à l'heure pour le les départements c'est quand même aberrant de constater qu'il y a 27h26 ou 27 départements qui n'ont pas d'unité de soins palliatifs c'est scandaleux donc il y a des équipes mobiles qui peuvent se déplacer à domicile pour vous donner une idée on raisonne on lit son palliatifs pour cent mille habitants l'écart est énorme le département qui a moins de litres soins palliatifs il est à 0,4 lit pour 100000 habitants et à Paris c'est 9,4 la moyenne c'est à peu près 3 donc 3 litres soit palliatifs pour 100000 habitants l'objectif du dernier plan trianal 2015-2018 c'était de garantir un litre soit palliatifs pour 100.000 habitants pour tous les départements donc on est même pas la Vienne la Réunion l'Isère la Vendée n'ont toujours pas atteint le quota de un lit donc il y a réellement un effort à faire le problème c'est que un service de lit ou impératif ou des litres empalatifs ou les équipes mobiles c'est très consommateur en ce qu'on appelle en ETP équivalent pas d'acronyme équivalent de temps plein c'est à dire ça représente une personne qui travaille à temps plein pour vous donner un exemple dans un service de médecine où on soigne des pneumonies des infection urinaires il faut 3,25 TP 3 on va dire une équipe un service d'unité de soins c'est 8 médecins pardon cette infirmière 8 infirmières je crois cette aide-soignante deux ash c'est des auxiliaires un kiné un psychologue un et TP kiné un EP psychologue etc aujourd'hui tout le monde sait qu'on a des difficultés de ce qu'on dit des difficultés RH de recrutement de personnels à l'hôpital 30% des postes hospitaliers sont pas pourvus il y a une majoritaire majorité une majorité des hôpitaux qui vont à peine à l'intérimaire donc c'est l'intérimaire c'est c'est au coup par coup et il y a pas de continuité dans les prises en charge on peut pas utiliser tellement intérimaire dans les soins palliatifs et le plus grave pour moi c'est que aujourd'hui vous avez 10% des Français ont plus de médecins traitants donc ça c'est un chiffre qui vous fait peur et c'est le médecin traitant qui permet de suivre à domicile de faire le lien avec l'achat des de faire le lien avec l'hôpital et des fois d'intervenir s'il y a quelque chose d'aigu quand les gens veulent rester à domicile dans 4 ans 27 millions de français n'auront plus de médecin traitant c'est les projections 27 millions ça veut dire un Français sur deux en fait donc ça c'est c'est un gros problème parce que si on peut plus appuyer sur un médecin traitant du coup s'il y a un problème aigu on va aux urgences non aux urgences c'est plus possible la BU aussi les services explosent dans ce cas là on se met dans un hôpital non on a supprimé 17 millions cinq ans et en fait la question que je me pose moi en tant que médecin c'est qu'est-ce qui reste comme solution au patient et cette loi sur l'euthanasie paraît un peu facile c'est à dire on vous crée un déficit on vous crée un problème et on va vous apporter une solution et je trouve ça hyper scandaleux quoi ça vous voyez bien enfin tous les intervenants vous montrent bien que les soins palliatifs c'est c'est génial des témoignages comme vous en avez donné c'est on en a plein et ça fait réchauffe le coeur c'est hyper humain mais j'ai peur que dans les trois quatre ans qui arrivent on puisse plus réellement le faire et on puisse plus le garantir à chaque Français et il est temps de changer tout ça de bien sûr de créer davantage de place des pâtes de peut-être de il le propose de mettre des infirmières un peu plus dans les EHPAD de former les médecins à la douleur d'ouvrir des lits soins palliatifs il suffit pas d'en ouvrir il faut former les gens à la douleur c'est c'est spécial il faut écouter les gens faut prendre du temps faut faire les choses avec discernement faut créer une relation de confiance il faut écouter et aujourd'hui alors on le fait de moins en moins parce qu'on peut le faire de faire de moins en moins en fait on a plus tout à fait le temps de soigner les gens et de les écouter de les prendre en considération donc il y a véritablement un gros chantier devant nous si on veut prendre en charge les gens en fin de vie correctement avec dignité et j'espère que ce qu'on va annoncer dans le programme santé dans les années dans les années qui arrivent pourra changer de cap parce que le cap qui est donné aujourd'hui les réellement dangereux et très inquiétant merci docteur une précision par rapport au tableau où vous faites il y a simplement mille palliatologues en France il y a un déficit formidable de médecins de soins palliatifs et ça ça veut dire que il faut vraiment que que les jeunes médecins effectivement il peut choisir ça gériatrie en fin de carrière il y en a beaucoup qui c'est dommage parce que c'était une médecine formidable et il faudrait arriver à susciter des vocations de jeunes médecins qui acceptent effectivement de s'occuper de cette de prendre en charge cette aventure de formidable des soins palliatifs moi j'ai l'exemple d'un confrère qui est médecin de la douleur et ses consultations durent une heure et il facture 25 euros peut pas faire autrement donc c'est des pratiques qui sont pas viables financièrement et donc là clairement il a un poste à 0,2 TP il aimerait bien travailler plus pour aider sur la douleur dans l'hôpital et en fait il y a pas de budget pour ça les hôpitaux sont tellement contraints aujourd'hui qu'on peut même pas développer la prise en charge de la douleur dans notre établissement et en ce qui concerne si vous prenez un médecin et que vous voulez le former la douleur c'est pas qu'on n'est pas formé pendant nos études on nous en parle un peu mais pour après travailler dans des unités ou dans des listes il faut avoir un du ça dure 2 ans j'ai une collègue qui le fait à Brest elle assise enfant et elle part régulièrement à Brest dormir à Brest étudier donc c'est c'est quand elle a 40 ans donc quand vous avez déjà des enfants que vous travaillez et que vous devez faire en plus un du c'est qui dure deux ans c'est c'est pas très encourageant pour pour créer des vocations c'est pas c'est pas ce qui a pu facile donc faudrait qu'il y ait quelque chose de beaucoup plus aisé et puis simplement pour ajouter aussi les soins Betty c'est vraiment une culture palliative qui aujourd'hui est vraiment méconnue et c'est aussi pour ça qu'il y a autant de problèmes autour de gens peuformis autour de lui pas ouverts il y a une volonté qui qui est pas mis en droit le droit est pas respecté mais il y a aussi le fait que dans la pensée générale les soins c'est quand il y a plus rien à faire au contraire c'est quand il y a encore tout à fait et c'est vraiment une culture dans laquelle il faut rentrer cette culture palettitive qui est de fait moi je vous parle beaucoup de la fin de vie parce que c'est mon quotidien mais la culture palative c'est bien avant et c'est justement quand il y a encore tout à fait voilà et on a tendance à avoir des médecins qui nous envoient des patients sans voix d'abord si on peut pas leur administrer des traitements par voie intraveineuse pour que ce soit rapide parce qu'ils disent bon ben c'est front pénétif il y a plus rien à faire mais au contraire il y a encore tout à fait merci Jeanne [Applaudissements] du coup docteur vous nous avez bien rappelé que le projet de loi il s'inscrit dans un dans le contexte d'un système hospitalier qui est en plein naufrage du coup en fait votre profession souffre le monde des soignants souffrent est-ce que ce projet de loi va répondre à leur préoccupation est-ce que je crois que l'Ordre des médecins a pris position il y a une tribune qui a fait un peu de bruit avec 850 soignants qui se qui ont pris position contre la légalisation de l'euthanasie voilà qu'elle pourrait être l'impact de l'adoption de l'euthanasie ou du suicide assisté sur votre profession sur tous les difficultés du monde de la santé ça serait très traumatisant aujourd'hui donc vous l'avez dit 60% des soignants sont en burn out en syndrome d'épuisement professionnel on fait pas un métier sans dénigrer les autres professions mais on n'est pas derrière un guichet ou on a la main d'un patient qui va partir qui va s'éteindre c'est émotionnellement c'est ça peut parfois ravager surtout quand ça a duré quatre ans et quand il y a eu ce climat de confiance qui s'est instauré on a l'impression de perdre un être cher parfois on doit être empathique pas de pas ressentir de souffrance mais il y a des moments donnés on peut pas s'en empêcher et donc les soignants eux-mêmes aujourd'hui ils sont en souffrance et moi j'ai essayé de sonder un petit peu mes collègues ils se projette même pas dans ce projet de loi parce que eux-mêmes sont un peu en instinct de survie en ce moment ils sont en grève on les écoute pas on demande sans arrêt des simplifications administratives là la nouvelle convention qui a été écrite je vais aller rapidement mais elle fait 350 pages écrites c'est une usine à gaz interminable on a l'impression de pas être écouté de pas être considéré il y a sans arrêt la CNAM qui fait des contrôles sur les médecins et les médecins sont sans arrêt enquiquiner 30% du temps des médecins est passé à faire des papiers c'est juste une réalité donc aujourd'hui en fait quand j'essaye d'en discuter avec eux c'est il concerne même pas le sujet en fait ils sont ils sont déjà eux dans l'idée d'essayer de survivre alors pratique et puis quand on est sur le versant libéral on est entreprises on a des recettes on a des dépenses et aujourd'hui à 25 euros excusez moi mais très basique mais à 25 euros la consultation avec 60% de charge quand vous faites un métier avec dignité c'est à dire vous prenez au moins 30% 30 minutes avec impatient pour l'écouter et l'accompagner clairement votre entreprise est pas viable vous pouvez pas investir dans un appareil décoratif etc vous pouvez pas payer vos charges tout simplement vous pouvez même pas avoir de secrétaire en Allemagne il y a deux secrétaires par médecin en moyenne en France c'est 03 secrétaire par médecin pour vous donner une idée c'est on n'arrive même pas à se payer une secrétaire quand on est toubib conventionné donc réellement il y a tout à fait et les médecins c'est comme je vous l'ai dit je me répète mais ils sont en instinct de survie un peu en ce moment et une autre difficulté qui qui se pose au médecin c'est leur objection de conscience si jamais cette loi venait être adoptée je voulais faire intervenir brilleux là-dessus qui a cette particularité d'être dans un domaine le monde des ehpads qui va forcément toucher au monde de l'euthanasie mais pour autant la l'objection de conscience n'existera peut-être pas pour ce genre de profession donc voilà un petit bilan de l'objection de conscience et de ce qui pourrait se passer l'objection de conscience est touchera forcément le personnel médical espérons normalement le personnel soignant d'abord il y a un autre sujet qui [Musique] qui est peu ou peu ou peut-être un peu lié voilà qui concerne l'objection de de conscience et qui est qui est très attaqué en ce moment donc on a toutes les raisons de penser que même s'il y avait une objection de conscience elle serait fortement fragilisée surtout ce qui a très à l'IVG avec la demande d'institutionnalisation de l'IVG on parle très clairement de l'objection de conscience pour les personnes qui se refusent à le faire le personnel médical et soignant en EHPAD il y a évidemment une majorité de personnels qui est pas médical soignant et puis aussi beaucoup de personnes qui sont qui sont paramédicaux voilà des rééducateurs des psychologues des kinés on a aussi des auxiliaires de vie le personnel administratif voilà très égoïstement je pense aussi au directeur au directeur d'établissement qui devront mettre en place coordonnées rendre compte de l'organisation ou de l'accessibilité à l'acte de tanaisie et donc effectivement nous on sera évidemment pas concerné donc la question se pose très clairement [Musique] de difficultés de recrutement dans les hôpitaux dans les EHPAD on fait évidemment pas pas exception avec cette petite particularité qu'aujourd'hui les EHPAD on a une image qui est très très fortement dégradée et donc quand on est personnel soignant infirmière aide-soignante on va d'abord sur des services techniques parce que c'est intéressant techniquement parce que c'est valorisé voilà très très bêtement dire je suis je suis aide-soignante en réanimation ou aux urgences le soir dans les dîner en ville c'est plus sympathique à raconter que je suis aide-soignante dans un EHPAD je pense que c'est très faux de la réalité parce que parce que le sanity est très riche mais c'est le cas aussi et pour ce qui concerne la possible objet objection de conscience j'ai déjà été confronté c'est très récent mais je suis déjà confronté à des personnes qui lors des entretiens me disent et ici l'euthanasie vous allez faire quoi c'est encore très rare mais j'ai déjà eu des cadres non soignants qui m'ont dit parce que je vous le dis si vous n'êtes pas très clair sur le sujet moi je ne viens pas chez vous donc et on est déjà confronté à une difficulté intense de vacances de poste donc évidemment c'est une c'est une c'est une grande frayeur supplémentaire sur notre capacité à prendre en charge les personnes âgées qui ne sont confiées moi je suis médecin pompier aussi en parallèle et donc on intervient sur des choses pas marrantes il est commun de considérer que quand il y a un suicide quand on est en intervient suicide et un suicide touche 30 personnes autour de la du suicider entre le pompier le médecin qui constate celui qui va venir chercher le corps la famille les gens qui ont assisté parfois à la scène et en fait tu l'évoquais pour la clause de conscience on parle toujours de la clause de conscience du médecin en fait qui va délivrer le traitement signé faire le certificat mais il faut pas oublier que l'infirmière prépare la poche l'aide-soignante fera la toilette et le petit-fils qui n'était pas pour que sa maman sa mamie s'en aille donc on peut considérer que 30 personnes autour de ce suicide assisté vont être touchés et peut-être mal le vivre et on en parlant avec des médecins de la douleur il me disait bien sûr il faut considérer la clause de conscience des médecins mais pensez aux aides-soignants aux infirmiers elle entourage peut-être pour rebondir du coup ce que tu viens de dire Stéphane cette semaine on a organisé dans l'endroit où je travaille une convention soignante pour justement réunir les équipes de soinster organisé par un autre organisme en tout cas on l'a fait chez nous pour poser la question aux soignants en équipe sur ce qu'ils pensent de l'euthanasie ou du stacister qu'est-ce qui serait important pour pour eux qu'est-ce qui refuserait de faire qu'est-ce qui leur pose question etc et c'était intéressant justement d'arriver sur le sujet de la clause de conscience ou en fait les soignants ce qui nous disaient c'est pas qui voulait se protéger eux mais c'est juste qu'il ne pourrait pas en tout cas ça n'aurait plus de sens que leur passion même si c'est pas eux qui le font soit euthanasier ou un suicidé dans la chambre d'à côté quand on parlait du système c'est que c'est des une association qui vient à l'hôpital pour pratiquer le succès en tout cas le mettre en place donc les soignants sont pas impliqués de la même manière que dans l'euthanasie pour autant c'est quand même notre malade dont on s'est occupé pendant x semaines qui va avoir se suicider il est soignant ce qu'il disait c'est non on sait plus de sens en fait si quand je vous parlais tout à l'heure du non-abandon et de cette promesse là la notions si cette promesse là les rompue et ben ça a plus de sens donc en fait les soignants ils sont bien au-delà de ça juste de se protéger eux mais c'est protéger les passions aussi merci beaucoup alors je vois le temps qui file malheureusement il y a quand même une question que j'aimerais enfin deux questions que j'aimerais qu'on aborde très rapidement parce qu'on a très peu de temps pour tout vous dire on a 6 minutes deux questions c'est le volet économique est-ce qu'il y a pas un argument économique derrière la légalisation de l'euthanasie je vais vous poser la question à vous monsieur Jubert et puis ensuite on verra voilà ce que ça veut dire sur le sur le vieillissement des populations alors il se trouve que je vous disais tout à l'heure que j'ai participé à la quatrième session des conventionnelles sur la fin de vie donc la table ronde portait sur la souffrance et les douleurs réfractaires ça a duré trois quarts d'heure c'était très bien par contre après j'ai eu une série de questions qui m'ont été posées par les conventionnelles j'ai été comme toujours mais il en fait une petite vidéo et première question qui m'est posée sur une quinzaine de questions alors je vous la donne les moyens mis en oeuvre dans les soins palliatifs apparaissent comme dérisoire par rapport au coût des pathologies qui sont traitées ce constat est en fait la dépénalisation ou la légalisation l'euthanasie ne vous apparaît-elle pas comme un gain pour les finances publiques au vu de la situation catastrophique de l'hôpital question posée alors que je suis intervenu sur les souffrances réfractaires vous voyez le lien c'était la première question j'avoue que vous imaginez comme j'ai pu répondre à cette question mais je développe un tout petit peu parce que j'ai donné le deuxième argumentaire après avoir dit que j'étais très étonné sur ce point là j'aurais dit attendez il y a quand même un argument de fond sur le plan économique et certaine manière de réduire sensiblement les les coûts de l'assurance maladie en c'est d'abord d'éviter multiplier les actes inutiles c'est la pertinence des actes et on voit particulièrement dans les soins palliatifs qu'on essaie de pratiquer le juste soin on s'interdit de faire des gestes invasifs autant que possible ça sert à rien on est là pour faire que la personne partent de manière sereine dans le temps qui sera le sien sans violence et on n'a pas besoin de faire une énième chimiothérapie chimio paliative comme on le dit alors ça coûte très cher je vous passe sur le coup de la chimiothérapeutique c'est très très cher il se trouve que je suis au conseil de surveillance de curry je sais combien coûte ces choses là donc c'est c'est complètement dément de voir des médecins qui continuent à prescrire des chimiots alors que ça ne sert plus à rien donc la véritable réponse à apporter faisons les choses normalement faisons des actes de soins juste et à ce moment-là on règle une partie du problème des économiques et du coup Brieuc question si la fragilité la vulnérabilité la maladie la dépendance le handicap sont conçus collectivement comme une charge dont on se passerait bien qui coûte cher qui isole les familles nous courtons pas le risque que les personnes fragiles elles-mêmes se perçoivent exclusivement comme un fardeau et se résine finalement elle-même a demandé leur propre mort et du coup est-ce qu'il pourrait pas y avoir une incitation à l'euthanasie pour des raisons économiques pour des raisons lucratives et aussi pour des raisons de résignation des personnes fragiles sur la sur la partie de la dépendance et de la vulnérabilité évidemment les personnes qui sont accueillies en EHPAD [Musique] sont très majoritairement fragiles moi je me rappelle cette semaine une petite dame qui sort de sa chambre qui était un peu plus bougon que d'habitude qui qui était encore un peu plus voûtée je pense qu'elle était en dessous des 90 degrés et donc je dis bonjour madame comment ça va aujourd'hui ça va pas bien ah bon qu'est-ce qui se passe et me dit bah qu'est-ce qui se passe vous savez très bien ce qui se passe je mon fils est loin je me vois vieillir mais qu'est-ce que je fais là en fait ma vie de ma vie de ma vie sert à quoi et c'est la question en fait qui qui est posée très souvent les personnes ne nous disent pas on n'est pas de je veux le tennis mais nous disent vivement que ça se termine parce que je ne sers à rien et elle quand il nous voit nous occuper d'eux oh là là mais pourquoi vous venez vous occuper de nous quand les quand les petits-enfants viennent à vous êtes quand même bien gentil de venir voir mamie parce que quand même je sers à rien etc etc et en fait la je lui ai répondu un peu du tac au tac c'est pas très sympa parce que moi à votre avis je me suis levé pour qui ce matin je me suis levé pour vous si vous mourrez je me lève pour qui demain matin et le personnel qui vous a vu qui s'est occupé de vous ce matin vous allez leur piquer leur job et en fait c'est pas sympa [Musique] et toute la question en fait est là en fait de redonner à ces personnes là le le l'intérêt de leur fragilité en lui disant on a continué la conversation parce qu'elle était assez sympathique pour continuer pour discuter avec moi et et je lui ai dit mais alors du coup en fait ça vous embête de de dépendre de nous bah oui bien sûr que ça m'embête qu'est-ce que vous pensez et moi vous croyez que je les vends pas de vous si je m'occupe pas de vous je vais m'ennuyer mais vous croyez que je me dépens pas de ma femme vous croyez que mes enfants ils dépendent pas de moi et en fait la vraie question culte elle est culturelle en fait on en parle un peu on en parle depuis le début la vraie question est culturelle elle est de savoir si la dépendance c'est une charge ou si c'est un service en fait c'est d'abord si on est si on peut être dépendant enfin si on peut être pardon indépendant vieux fantasme vieux fantasmadolescent et s'il faut pas dire aux gens en fait je en fait je retrouve ma dignité et l'intérêt de ma vie c'est de m'occuper de vous et c'est des choses qu'en fait ils arrivent rapidement à comprendre pour peu qu'on veuille bien le formuler et pour peu que ça se voit dans les dans les actes je sais pas si j'ai beaucoup répondu merci beaucoup on va maintenant conclure cette table ronde je crois que nos échanges et vos témoignages ont bien montré que l'objectif des soins palliatifs que nous rempliront jamais le tanasier le suicide assisté c'est une manifester que la vie d'une personne malade fragile a toujours de la valeur je voulais quand même vous remercier je pense au nom de tous pour le travail que vous faites parce que vous êtes des sentinelles de la ville vulnérabilité et de la vie tout simplement donc merci voilà de vous occuper de toutes les souffrances de notre société là c'est à Marion maréchal vice-présidente de reconquête bon mesdames et messieurs nous arrivons au terme de cette journée passionnante éclairante émouvante même j'ai envie de dire sur cette question de la fin de vie convention donc que contre la légalisation de l'euthanasie organisée par mes collègues et confrères du mouvement conservateur et devient la voix du peuple que je remercie ainsi que tous ceux qui ont participé à l'organisation une journée dont je vous remercie pour votre présence et votre soutien qui n'est que la première étape d'une bataille qui sera longue difficile mais que nous mènerons nous serons peut-être d'ailleurs les seuls à la mener dans le paysage politique français mais je crois que l'ensemble des témoignages et des éclairages que nous avons eu aujourd'hui ont montré l'absolu nécessité de défendre cette cause qui recoupe beaucoup beaucoup de dimensions à la fois morale éthique sociale philosophique juridique médicale bien sûr et donc je tiens à remercier particulièrement ces intervenants parfois venus de loin pour leur compétences leur analyse leur témoignages et nous avoir permis aussi de réfléchir au delà de l'opinion ambiante dans laquelle nous baignons d'aller au-delà des arguments qui semblent si évident simples si dominant dans l'espace public et nous les avons tous entendus ces arguments ils sont ultra majoritaires ils font œuvre de propagande partout tout le temps en politique dans les médias sur les réseaux sociaux d'arguments souvent d'ailleurs émotionnel et ils vont dire que finalement c'est une personne choisie de mourir au nom de quoi remettre en cause sa volonté chacun n'a-t-il pas le droit de mourir dans cette fameuse dignité finalement ce droit donne une possibilité mais n'enlève de droit à personne alors pourquoi vous y opposez-vous on veut pouvoir tuer par amour par compassion par peur aussi je crois que il y a eu beaucoup de témoignages en ce sens peur de souffrir peur de dépendre des autres peur de ne pouvoir choisir dans une société où la liberté individuelle est devenue la valeur absolue et ne peut et ne doit souffrir aucune limite même les chiffres sont contre nous puisque un sondage notamment mais bien d'autres également révèlent c'était le journal La Croix qu'il avait organisé que 75% des Français seraient pour la légalisation de l'euthanasie et pourtant quand on se penche un peu plus précisément sur ce sondage et qu'on lit entre les LIGNES on découvre aussi que dans les unités de soins palliatifs donc les fameuses unités d'accompagnement de ces personnes en fin de vie et bien 97% des malades et 85% des soignants sont opposés à la légalisation de l'euthanasie alors que faut-il comprendre derrière ces chiffres et bien tout simplement que ce sont les biens portants et que ce sont ceux qui ne sont pas concernés qui sont favorables à l'euthanasie et il faut comprendre que les partisans d'une cause ne sont pas les acteurs de terrain et je dois dire que il y a une forme de paradoxe qui a été largement relevée d'ailleurs aujourd'hui dans nos débats avoir une société qui met tout en oeuvre légitimement pour et bien porter secours à une personne qui veut sauter du haut d'un pont ou qui veut se jeter sur les rails d'un train cette société qui va immédiatement alerter ses pompiers qui va envoyer ses ambulances qui va même peut-être encenser le citoyen qui aura dans un geste héroïque rattrapé dans un élan de vie cette personne qui a revu mettre fin à sa vie dans un geste de désespoir et pourtant c'est cette même société qui veut tendre la piqûre mortelle à une personne qui veut mourir cette fois dans un lit d'hôpital alors que s'est-il passé pour que nous aboutissions à un tel paradoxe et bien la plupart des gens imaginent que cette loi ne concernera que les personnes âgées malades incurables et condamné à mourir à court terme c'est ainsi d'ailleurs que on essaye la plupart du temps de nous faire passer la fameuse pilule mais ce n'est pas la réalité des expériences qui sont aujourd'hui celles qui s'appliquent dans les pays qui ont d'ores et déjà légalisé l'euthanasie vous en avez entendu parler auprès de nos intervenants à la fois belge et canadiens notamment mais pour une raison très simple la dérive est inéluctable pour une raison très simple parce que la légalisation de l'euthanasie n'est pas une simple évolution législative parmi d'autres elle est et ça a été très largement expliquée par notre intervenant philosophe elle est une véritable rupture anthropologique une fois que l'interdit de tuer et remise en cause une fois que le principe est renversé on sait où ça commence mais on ne sait pas où ça s'arrête et on l'a bien vu par une fois de plus ces expériences étrangères qui ont parfois plus de 20 ans que bien souvent on part d'un cadre légal initial qui est très restrictif qui pose un certain nombre de conditions et puis petit à petit on voit la dérive inexorable entraîner l'ouverture de plus en plus large de ce principe euthanasique et c'est en Belgique maintenant qu'on peut demander la mort en cas de maladie psychiatrique stock au Canada que la loi de 2016 au départ la fin de vie l'euthanasie à des personnes condamnées à brèves échéance pour finir en 2021 par être élargi aux personnes physiquement handicapées ou atteint d'une maladie chronique et même désormais au Pays-Bas des personnes comme mineur donc des enfants qui peuvent réclamer cet accès à l'euthanasie et les conséquences elles sont dramatiquement concrètes on a eu quelques exemples horrifiants qui ont été aujourd'hui évidemment cette jeune femme de 23 ans en Belgique traumatisé par les attentats islamistes et qui a été euthanasié à la suite et bien de ce syndrome post-traumatique cette également mère de famille elle a été cité elle aussi qui a demandé la mort quelques années après avoir subi un terrible viol mais également pour une actualité récente une une jeune française cette fois de 23 ans qui s'appelle Olympe et qui souffrent de troubles dissociatifs de l'entité et qui a annoncé sur les réseaux sociaux et bien qu'elle souhaitait mourir et qu'elle irait en Belgique pour pouvoir être euthanasié à seulement 23 ans alors ça c'est le résultat très concret d'une société qui a fait le choix de la mort plutôt que des soins et qui a fait le choix de la pseudo autonomie plutôt que de la solidarité et spire encore derrière les cas que je viens de vous énoncer c'est que ce qu'on nous a présenté comme une pratique marginale en réalité dans l'ensemble dans ces pays est en progression constante en Belgique la part des euthanasies chez les personnes qui étaient qui ne sont pas condamnés pardon à brève échéant c'est passé de 9% des cas en 2010 à 16% en 2021 elles ont littéralement décuplées depuis que la loi a été adoptée au Pays-Bas de la même manière le nombre de tanaisie a été multiplié par 4 depuis que la loi a été mise en place et cette trajectoire elle était prévisible en réalité pour une raison une fois de plus très simple c'est que l'argument originel est vicié l'argument de la volonté on nous dit qu'on autorise l'homicide pour respecter la volonté du patient en souffrance mais finalement pourquoi la volonté d'un mourant aurait plus de valeur que la volonté d'un handicapé que la volonté d'une personne tout simplement malade sans être mourante ou même que la volonté d'un enfant à quel moment on accorde du crédit ou pas à cette volonté à quel moment on considère qu'elle peut être posé l'acte déterminant pour choisir sa mort ou non on voit bien évidemment que dès l'origine cet argument de la volonté individuelle nous entraîne vers une porte glissante vers laquelle il est extrêmement difficile à laquelle pardon il est extrêmement difficile de mettre des limites et l'autre question qui a été aussi soulevée aujourd'hui de manière extrêmement concrète c'est de savoir véritablement dans quel cadre s'exerce la liberté de cette volonté parce que la vérité c'est que cette cette proposition de loi qui fait petit à petit son chemin en France et qui la première étape étant évidemment la vie positive de cette pseudo convention citoyenne bien la vérité c'est que sous couvert de bons sentiments elle est d'une monstrueuse perversité parce qu'elle envoie un douloureux message à tous ceux qui vivent dans une grande fragilité et qui parfois sont dandés de démissionner de la vie ces mots ne sont pas de moi ils sont d'une personne handicapée qui a souhaité alerter justement sur ces dérives on en voit à ces personnes le signal de leur inutilité en leur disant qu'ils entrent dans les cases des personnes dont la dignité est jugée suffisamment dégradée pour qu'ils aient le droit de mourir mourir dans la dignité qui est selon moi un slogan sous forme d'insultes pour tous ceux qui au contraire aurions besoin auraient besoin pardon que nous les convaincions de la valeur de leur vie ce message les enferment dans une situation où il est difficile parfois de refuser la mort il faut imaginer que ces personnes fragiles notamment ces fameuses personnes âgées en EHPAD ont bien souvent le sentiment d'être un fardeau psychologique d'être un poids économique pour leurs proches alors en leur offrant la possibilité de mourir on risque de faire peser sur elle la culpabilité de rester en vie en fait on inverse la charge de la responsabilité c'était la société normalement de se sentir coupable de ne pas accompagner de ne pas soulager de ne pas soigner correctement ces personnes mais avec la légalisation de l'euthanasie ce sera le malade le vieux l'handicapé qui pourra à l'inverse se sentir coupable de s'imposer à la société et d'imposer sa fragilité et sa dépendance à la société alors je le répète c'est d'une monstrueuse perversité et évidemment et je crois que nous avons tous des expériences personnelles autour de nous il n'y a souvent qu'un pas à vouloir quitter ce monde par amour des siens et c'est nous c'est la société qui allons pousser ces personnes à faire ce pas par la légalisation de l'euthanasie dans un documentaire qui a été cité également aujourd'hui qui était produit par Bernard de la Villardière en 2023 des soignants expliquent qu'ils observent justement cette pression sociale sur les passions vulnérables dont la vie ne vaudrait plus la peine d'être vécue le premier rapport annuel du Canada sur l'euthanasie souligne qu'un nombre sans cesse croissant des candidats à l'euthanasie mentionnent je cite le fait d'être une charge pour sa famille ou ses proches comme motif de la demande on propose la mort mais cette proposition glissera bien souvent vers une incitation à consentir à la mort et oui et là on va recouper ce qui a très bien développé notamment le docteur Pinard mais comment ne pas être incité quand vous vivez en souffrance dans des déserts médicaux où vous n'avez pas accès pas même à un médecin généraliste pour vous suivre et vous soulager lorsque vous n'avez pas les moyens de vous payer une belle maison de retraite ni les soins d'une bonne clinique privée que votre retraite ridicule ne vous permet pas de subvenir à vos besoins et que vous ne pouvez pas vous appuyer sur vos proches qui d'ores et déjà ont des difficultés pour boucler les fins de mois je crois que vous allez me voir venir en fait cette incitation elle sera d'abord pour les pauvres et pour les plus vulnérables une fois plus d'entre nous y compris sur le plan financier et le délabrement de la santé publique est de fait une incitation à l'euthanasie il y a en France je rappelle ces chiffres bien qu'ils aient été aussi dit car ils sont essentiels et ça c'est d'après l'Inspection générale des affaires sociales 311 000 personnes qui auraient besoin de s'y impalatifs pour seulement 7500 lits et il y a 26% des départements français c'est à dire un hôpital sur Castres qui n'en sont même pas pourvus je pourrais vous parler longtemps également d'autres unités et notamment les unités de service psychiatrique qui ne sont pas en meilleure état et qui évidemment du fait de leur délabrement seront aussi une incitation pour des personnes psychiatriquement malades à recourir à l'Etat nazie à défaut d'avoir accès à des soins et à des unités spécialisées donc en gros pour 75% des Français la fin de vie et la suivante ou en tout cas la perspective et celle-ci d'abord être prise en charge dans des établissements pardon qui sont sous dotés et que l'État laisse bien souvent à l'abandon la souffrance et la mort dans un hôpital inadapté qui n'aura pas été en capacité bien de leur fournir cet accès aux soins palliatifs et dans un environnement où très souvent ça a été rappelé les soignants eux-mêmes sont en souffrance professionnelle et donc pas toujours en capacité de consacrer du temps c'est une phrase qui résume parfaitement cette situation d'un docteur néerlandais donc pays également où l'euthanasie et l'égalisé qui s'appelle Théo Bauer qu'elle a particularité initialement d'être favorable l'euthanasie et qui après en avoir vu les conséquences très pratiques dans son pays et l'ensemble des dérives a finalement décidé de s'y opposer et qui dit je cite au début les gens demandaient l'euthanasie par peur d'une mort atroce aujourd'hui beaucoup la réclament par peur d'une vie atroce il craignent moins la douleur et l'agonie qu'une existence pénible ou douloureuse et c'est en cela que le gouvernement est profondément irresponsable immoral de choisir la facilité de la mort de choisir la facilité de la légalisation de l'euthanasie plutôt que l'exigence du soin de la solidarité et de services publics dignes de ce nombre et donc le rôle du politique c'est d'abord celui-ci c'est d'abord de mettre en place les politiques publiques qui aideront à faire face au déclin des capacités physiques de nos aînés par un accompagnement adapté c'est aux politiques de faire en sorte de facilité financièrement fiscalement humainement l'accompagnement des familles pour les personnes vulnérables c'est aux politiques de prévoir des établissements adaptés c'est aux politiques évidemment d'investir dans les fameux soins palliatifs c'est aux politiques de prévoir des établissements également spécialisés pour les handicaps plutôt que de délocaliser un certain nombre de pathologies en Belgique comme nous le faisons aujourd'hui notamment vis-à-vis de l'autisme alors plutôt que l'annonce d'une loi sur l'euthanasie nous aurions plutôt attendu une grande loi sur l'hôpital ou encore une grande loi sur la dépendance plutôt que d'envisager un droit opposable à l'euthanasie nous aurions préféré un droit opposable réel à l'accès aux soins palliatifs mais comme le répète le rappel d'ailleurs et ça a été aussi brillamment relevé par nos intervenants un professeur qui s'appelle Timothy Devos qui est lui aussi un médecin belge donc qui vit ça au quotidien et les soins palliatifs ne sont pas compatibles car ce sont deux approches et deux cultures contradictoires et tout simplement parce que l'interdiction du meurtre va au-delà de la morale l'interdiction du meurtre de l'autre nous pousse à trouver des solutions alternatives elle nous pousse à être inventif et c'est exactement d'ailleurs ce qu'a révélé le témoignage de Jeanne qui travaille en soins palliatifs c'est justement parce que l'euthanasie est interdite et que cette issue est inacceptable humainement moralement que l'on a développé aussi les soins palliatifs et qu'on a cherché par tous les moyens au quotidien à soulager physiquement moralement psychologiquement spirituellement même qu'on a proposé des médecines complémentaires qu'on a proposé des distractions qu'on a regardé la personne dans toutes ces dimensions et ça a été dit pas seulement comme un malade et finalement si on légalise l'euthanasie pourquoi une telle énergie pourquoi une telle créativité pourquoi une telle compassion s'il existe finalement la facilité de donner la mort pourquoi mettre autant d'argent de la part de la société plutôt finalement que la facilité pardon de choisir la mort et c'est en cela d'ailleurs que ces deux modèles infinés ne peuvent véritablement cohabiter et ces temps-là et c'est pour cela pardon que on constate d'ailleurs dans les pays où l'euthanasie a été légalisé que la promesse systématiquement faite lorsque la loi a été adoptée du développement des soins palliatifs en réalité n'a jamais été véritablement tenu et donc en conclusion je vais m'effacer derrière les mots de Philippe Pozzo di Borgo qui est un homme tetraplégique de 30 ans et qui a fait un texte magnifique dans lequel il nous interpelle et qui nous dit nous sommes nous sommes incontinents souffrant paralysé ou désorienté porteur de handicap ou de maladies invalidantes victimes de séquelles d'accidents traumatisés crânien ou malade psychiques tous nous nous sentons encore plus fragilisés par ce débat il parle bien sûr du débat sur la légalisation de l'euthanasie il continue en disant regardons les choses en face beaucoup de bien portant nous décrètent malheureux sans même nous connaître il préférerait ne plus vivre que de vivre avec nos incapacités mais quand savent-ils que savent-ils du chemin que nous avons fait pour consentir à notre situation que savent-ils des ressources vitales que nos épreuves ont révélé malgré nos souffrances il faut nous approcher pour nous connaître il faut prendre du temps renoncer à la peur et à une certaine pitié qui ne nous aide pas ont-ils conscience du message d'exclusion qu'il nous envoie alors que nous nous battons au quotidien faudrait-il renoncer au courage de vivre chers concitoyens qui réfléchissaient à la fin de vie avec la force de notre fragilité nous vont demander pour le bien de tous ne poussez pas les plus fragiles et ceux qui les entourent à la désespérance à l'auto-exclusion au suicide ou à l'euthanasie protéger-les d'une prétendue liberté de mourir qu'il est presserait de quitter notre société réaffirmer le droit de chacun d'être aidé à vivre et jamais à mourir alors la société que nous construisons ensemble sera plus humaine aidez-nous à vivre pas à mourir [Applaudissements] sur cette conclusion bouleversante mais qui n'est pas de moi comme vous l'avez noté je tiens à vous remercier pour votre présence ici une fois de plus je remercie tous ceux qui ont participé à cette journée nous ferons en sorte que ces échanges aient un maximum d'écho pour que les Français et l'opportunité d'entendre d'autres voix d'autres discours et notamment la voix de ses acteurs de terrain qui comme on l'a vu durant cette journée et particulièrement dissonante avec la voix de militants idéologues très souvent enfermé dans leur certitude et bien loin finalement du devoir d'humanité qui devrait être le nôtre en tout cas sachez que vous pourrez compter sur nous c'est trois mouvements pour nous battre sur ce sujet et faire en sorte que ce qui semble aujourd'hui écrit ne le soit pas pour défendre ce qui relève et merci Laurence de l'avoir éclairé d'un véritable devoir de civilisation parce que notre par rapport aux autres notre rapport à la dignité humaine notre rapport à la solidarité c'est aussi notre identité et ça n'est pas la moins importante et donc à ce titre nous nous battrons pour cela merci beaucoup pour votre écoute [Applaudissements]