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interviewRTL — L'invité de 7h40· 14 avril 2026 10 min

Le coup de gueule de Yaël Braun-Pivet sur RTL après le renoncement du gouvernement sur le travail le 1er-Mai qui restera chômé

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Yaël Braun-Pivet

Thomas Soto, RTL Matin.

0:03
Présentateur

Et c'est donc la présidente de l'Assemblée Nationale, Iael Brown-Pivet, qui est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Iael Brown-Pivet.

0:08
Yaël Braun-Pivet

Bonjour, merci de m'avoir invitée.

0:10
Présentateur

Tout ça pour ça. Après avoir mis le feu et mobilisé un front syndical uni contre lui, Sébastien Lecornu a donc décidé hier soir de reculer sur le 1er mai. On oublie la proposition de loi qui devait changer les règles dès le 1er mai prochain, qui va rester donc solidement férié et chômé pour les salariés. Ce matin, est-ce que vous êtes déçu, puisque vous étiez favorable à ce texte, ou soulagé ?

0:30
Yaël Braun-Pivet

Je suis évidemment déçue, parce que c'est un échec, un échec en fait de la concertation. Et je trouve que c'est symptomatique de ce qui se passe dans notre pays. On ne discute pas, on ne dialogue pas, et on arrive à ce résultat-là. Et c'est ça qui est dommage. Cette question du 1er mai, de faire travailler, de permettre à nos boulangers, nos fleuristes de travailler notamment, elle est sur la table depuis plus d'un an. Depuis plus d'un an, ce texte a été voté au Sénat. Et il était dans l'atmosphère, et les gouvernements précédents avaient pris des engagements de négociation et de discussion. Et il ne s'est rien passé. Le texte est revenu à l'Assemblée nationale en janvier 2026.

Donc ce n'est pas comme si ça arrivait aujourd'hui.

1:13
Présentateur

Donc c'est la responsabilité du gouvernement, cet échec ?

1:14
Yaël Braun-Pivet

C'est la responsabilité du gouvernement qui n'a pas négocié avec les organisations syndicales alors qu'il avait plus d'un an pour le faire. Le résultat, c'est quand ça arrive dans l'hémicycle, patatras, ça ne se passe pas bien, et on se met à négocier le vendredi soir. Mais c'est trop tard. Il faut négocier. Avant, il faut écouter le Parlement, et il faut écouter les organisations syndicales. Moi, je n'en peux plus de ce pays où les gens ne se parlent pas. On ne peut pas réformer si on ne se parle pas.

1:42
Présentateur

Gabriel Attal, qui était à l'origine de ce texte, cette proposition de loi, parle d'une absurdité politique. Ce sont des mots forts pour quelqu'un qui appartient à la majorité. Vos mots aussi ce matin sont forts. Est-ce que le gouvernement de Sébastien Lecornu a encore un poids politique ?

1:56
Yaël Braun-Pivet

Mais évidemment, c'est une question de méthode, ce n'est pas une question de poids politique. La méthode qui est suivie actuellement n'est pas la bonne. Je pense que c'est indispensable de remettre les choses à l'endroit. Vous l'avez dit au Premier ministre, ça ? Je le dis continuellement à tous ceux qui veulent bien m'entendre. Il faut écouter cette Assemblée nationale et il faut écouter les organisations syndicales et il faut accessoirement écouter les Français.

2:18
Présentateur

Bon, ça c'est dit et c'est envoyé. Yael Brown-Pivet, les prix à la pompe restent ruineux pour beaucoup d'automobilistes. La plupart des spécialistes s'accordent pour dire que ça va encore augmenter avec le blocus décrété par Donald Trump. Ce matin, le patron de l'Agence internationale de l'énergie dit que le mois d'avril sera pire que mars. Pouvez-vous continuer à faire comme si ce problème des prix à la pompe n'existait pas ?

2:42
Yaël Braun-Pivet

Mais il est pris en charge. Personne ne fait comme si ça n'existait pas. Nous entendons nos compatriotes qui ont du mal à faire le plein et la plupart d'entre eux pour aller travailler, pour aller bosser. Et donc, il faut prendre des mesures. Il faut prendre des mesures ciblées. Le gouvernement en a annoncé un certain nombre et il faut aussi que chacun fasse des efforts. Et donc, c'est le gouvernement qui a annoncé un certain nombre de mesures. Et il y en a une que j'ai appelée de mes voeux, c'est l'augmentation du leasing social. Permettre à tous ceux qui peuvent en bénéficier d'acquérir des véhicules électriques. Parce qu'il faut penser long terme.

3:18
Présentateur

Pardon, Madame la Présidente, mais ce n'est pas ça qui va mettre des pattes dans l'assiette à la fin de la semaine pour ceux qui ne peuvent pas payer.

3:23
Yaël Braun-Pivet

Évidemment. Mais c'est quelque chose qu'il faut faire et c'est indispensable. Il faut penser court, moyen et long terme. On ne peut pas faire que court terme.

3:29
Présentateur

Les carburants ont baissé en moyenne d'un centime depuis la conclusion du cessez-le-feu. Il paraît que le Premier ministre n'est pas satisfait des baisses. So what ? Enfin, il n'est pas satisfait des baisses, c'est lui qui le manette.

3:39
Yaël Braun-Pivet

Oui, mais ce n'est pas lui qui fixe le prix de l'essence. On est dans un pays avec une économie de marché. Et c'était mon deuxième point. Chacun doit faire un effort. Ça veut dire que le gouvernement doit aider ceux qui en ont le plus besoin. Mais les distributeurs doivent faire un effort. Et les raffineurs doivent faire un effort. C'est à chaque maillon de la chaîne qu'il doit y avoir un effort. On entend souvent que quand il y a une hausse, les distributeurs et les raffineurs la répercutent immédiatement. Alors que quand il y a une baisse, en fait, ils ne répercutent pas parce qu'on ne sait jamais ce qui va se passer demain. Il faut que ça, ça s'arrête aussi.

Et quand il y a une baisse potentielle et possible, il faut qu'elle soit réalisée immédiatement. Chacun doit prendre sa part du fardeau pour pouvoir passer cette étape compliquée pour tout le monde.

4:21
Présentateur

Il y a de nombreux gouvernements de nos voisins européens qui ont pris leur part du fardeau. L'Allemagne, qui n'a pas la réputation de flamber son argent, va réduire la taxe sur le sang-plomb et sur le gazole. Moins de 17 centimes pendant deux mois. Même type de mesure en Italie, en Espagne, au Portugal, en Hongrie, en Suède, en Croatie et nous.

4:40
Yaël Braun-Pivet

Ça, c'est des mesures qui vont toucher tout le monde, qui vont toucher toute une population qu'elle en ait besoin ou qu'elle n'en ait pas besoin parce qu'il y a des gens dans notre pays qui peuvent supporter la hausse et il y a des gens dans notre pays qui ne peuvent pas. Et donc moi, je suis plutôt favorable à faire des mesures beaucoup plus ciblées. On sait les faire. On a fait des chèques carburants. Donc en fait, c'est ça qu'il faut faire parce que c'est beaucoup moins coûteux et c'est beaucoup plus efficace parce que c'est à destination, mais on l'a déjà fait, un chèque carburant à destination de ceux qui en ont le plus besoin. On sait faire. Ça a été fait dans le passé.

Les ordinateurs sont en état de fonctionnement.

5:15
Présentateur

Mais pourquoi vous ne faites pas alors ?

5:16
Yaël Braun-Pivet

Ce n'est pas à moi de le faire. Moi, je suis présidente de l'Assemblée nationale. Ça ne vous aura pas échappé. Je n'ai pas les manettes. Je ne suis pas au gouvernement. Et le gouvernement devrait le faire vite alors ? Je dis ce que je pense. Bien souvent, parfois, à contre-courant. Et je suis indépendante. Et donc, j'essaye d'avoir du bon sens dans cette crise-là. Parce qu'une aide totale, comme celle dont vous parlez sur les autres pays européens, c'est quelque chose de très coûteux. Les dernières aides, lors de la dernière crise énergétique, c'est 36 milliards d'euros.

5:45
Présentateur

Mais à force de dire qu'on ne veut pas aider ceux qui n'en ont pas besoin, on n'aide pas ceux qui en ont vraiment besoin.

5:49
Yaël Braun-Pivet

C'est ça qui ne va pas. Il faut aider ceux qui en ont besoin. Et j'apporte quelques pistes de solutions.

5:53
Présentateur

Autre sujet potentiellement brûlant, le gouvernement travaille sur un projet d'allocation sociale unique. Une remise à plat avec un double objectif. Un, que personne ne gagne plus par les aides qu'en travaillant. Deux, s'assurer que tous les bénéficiaires touchent bien ce à quoi ils ont droit. Est-ce que vous y êtes favorable ? Et est-ce que c'est le moment de se lancer dans cette bataille-là ?

6:12
Yaël Braun-Pivet

Alors, sur le fond, je suis très favorable parce que c'est un projet qui a été annoncé par le président de la République en 2017. Moi, j'étais à l'époque bénévole au Resto du Coeur et je peux vous dire qu'on passait notre temps à aider des personnes qui ne bénéficiaient pas de tous les droits auxquels, normalement, elles devraient prétendre. Donc, avoir une aide unique, ça permet justement de supprimer le non-accès aux droits, le non-recours. Donc, ça, c'est quelque chose d'important. Et après, poser de façon principielle qu'il vaut mieux et qu'on gagne plus d'argent quand on travaille que quand on ne travaille pas, ça, c'est du simple bon sens. Donc, ça me paraît juste.

Est-ce que c'est le bon moment ? Je crois, là, pour le coup, que si on arrive à trouver une majorité, c'est important de pouvoir passer ce texte. Maintenant, à l'Assemblée nationale, ce que je voudrais, c'est qu'on puisse aborder des sujets qui intéressent effectivement le quotidien des Français et qui nous permettent d'avoir des majorités. Comme vous le savez, l'Assemblée nationale est un peu compliquée à manœuvrer en ce moment. Donc, autant y mettre des textes dont on sait qu'on peut les faire naviguer correctement jusqu'à bon port.

7:14
Présentateur

Donc, sujet intéressant mais pas forcément la priorité si j'ai bien compris ce que vous nous dites. La présidentielle, voilà un sujet sur lequel vous n'êtes pas très claire. Vous qui êtes plutôt tranché, vous le disiez, sur beaucoup de sujets quitte à vous faire des ennemis, y compris dans votre famille politique. Sur ce sujet-là, dès qu'on vous parle de vos ambitions, vous tournez autour du pot. Pourquoi ?

7:30
Yaël Braun-Pivet

Moi, je n'ai pas l'impression de tourner autour du pot. Je pense que le moment venu, je n'hésiterai vraiment pas à dire que ça m'intéresse ou que ça ne m'intéresse pas. Maintenant, je crois que ce moment n'est pas venu. Et le spectacle que je vois et finalement ce club des machos qui se déclarent quasiment quotidiennement. On a un de ces messieurs qui se déclarent candidats. Je trouve que ce n'est pas la bonne façon de faire.

7:57
Présentateur

C'est Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Gabriel Attal.

7:59
Yaël Braun-Pivet

J'ai entendu David Lissnard aussi se présenter. Ils sont légions. Et je pense que ce n'est pas la bonne idée. Ils sont hors sujet ? La bonne façon de faire. Hors tempo ? La bonne façon de faire, c'est déjà de parler de ce que l'on veut faire, ce que l'on peut proposer aux Français. En fait, et profondément, moi, je ne crois pas, c'est un scoop au Père Noël. Et donc, je ne crois pas au Sauveur suprême qui, parce qu'il sera élu président de la République, réglera d'un coup d'un seul tous les problèmes de notre pays. Je pense au contraire qu'il faut qu'on travaille en équipe à plusieurs. Il ne vous aura pas échappé que les équipes aujourd'hui sont exclusivement masculines.

Or, notre pays, ça ne vous aura pas échappé non plus. C'est composé de 50% de femmes. Et donc, il faut qu'il y ait des femmes qui soient autour de la table. Et il y en a de grands talents. Et donc, moi, ce que je voudrais, c'est qu'on puisse se réunir ensemble, en mixité, qu'on travaille à un projet pour la France et qu'on pense d'abord aux Français avant de penser aux ambitions personnelles et aux égaux.

8:57
Présentateur

Est-ce que vous répondez clairement ? Est-ce que vous excluez oui ou non d'être candidate à la présidentielle ?

9:01
Yaël Braun-Pivet

Moi, je n'exclus aujourd'hui rien. Mais aujourd'hui, à nouveau, je ne veux parler que d'une chose, du fond, et je ne veux m'adresser qu'à une personne, les Français.

9:12
Présentateur

J'ai une dernière question. Je ne sais pas si vous avez vu la une du Parisien ce matin. Mais l'opposition de droite au Conseil de Paris veut installer des caméras de surveillance dans les écoles pour surveiller les dérives de certains animateurs périscolaires. Bonne ou mauvaise idée ?

9:24
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, en tout cas, c'est une idée qui vise à assurer la sécurité de nos enfants et ça, c'est prioritaire. On ne peut pas trembler quand on confie nos enfants dans le système scolaire ou périscolaire. Il faut des solutions. Je ne suis pas convaincue que mettre des caméras partout, ce soit la bonne solution. Il faudrait recruter des personnes de qualité et s'assurer après qu'elles sont formées et qu'elles exécutent correctement leur mission. D'abord, le recrutement et la formation avant les caméras. Mais c'est un gros sujet et je pense qu'il n'est pas suffisamment traité et c'est national. Ce n'est pas que Paris. Je pense que là, on a un vrai questionnement.

10:01
Présentateur

Merci beaucoup, Yaël Braun-Pivet, d'être venu sur RTL ce matin. Dans un instant, c'est votre...

Le coup de gueule de Yaël Braun-Pivet sur RTL après le renoncement du gouvernement sur le travail le 1er-Mai qui restera chômé — Yaël Braun-Pivet · Pourquijevote