PRIVATISATIONS : «VOTRE MODÈLE EST FINI»
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« Nous avons présenté en première lecture 49 propositions et compte tenu des conditions dans lesquelles s'organise le débat pour la seconde lecture, nous avons fait le choix d'être concis en commission et de déposer en séance les amendements essentiels qui permettent de reprendre le débat sans le rendre inutilement long. »
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« Sous monsieur Chirak, premier ministre, monsieur Édouard Baladur était alors ministre de l'économie. Il butait sur la difficulté que comme on faisait valoir que tout de même l'économie la part de l'économie nationalisée poursuivait des objectif qui se discutait ici comment allait-on garantir la souveraineté l'indépendance de la France et le reste ? »
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« On inventa alors la thèse des fameux noyaux durs qui supposaient qu'une série de capitalistes ayant des intérêts visissés au corps et un amour de la patrie qu'on ne l'aura jamais connu sauf pour quelques-uns d'entre eux dont certains siégé sur ses bancs. »
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« 13 milliards d'euros de privatisation pour monsieur Baladur puis pour monsieur Baladur et Jupé 26 autres milliards d'euros de privatisation. »
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« Sous monsieur Josepa, on a vendu pour 31 milliards d'actions publiques et l'année d'après, les gouvernements suivants ont en privatisé pour 38 milliards. »
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« La compagnie générale d'électricité privatisée en 1986. Elle était présente dans les domaines ferroviaires, maritimes, elle avait le chantier de Saint-Aner, énergétique, des câbles électriques, des télécommunications et de l'électronique. »
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« Alcatel a été racheté par Nokia et avec Alcatel, la boîte pour poser les câbles internet dans les mers qui est une activité stratégique. »
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« Stom a été racheté par général électrique à la faveur d'une torsion des bras et de menaces de toutes sortes qui ont été fait contre les dirigeants d'Alstom si nos renseignements sont bons. »
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« Les dividendes versées par NJ sont équivalents à 15 fois ces bénéfices tendance que l'on observe dans le monde entier. »
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« On voit donc bien que la financiarisation de l'économie fonctionne à plein, y compris lorsqu'on aide les banques pour qu'elles interviennent dans l'économie réelle. »
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« Autrefois la durée de possession moyenne d'une action ça avait d'abord été 6 ans puis après ça a été 6 mois et aujourd'hui avec le trade à haute fréquence c'est 6 secondes. »
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« La part de l'industrie est tombée de 21 % à à peine 11 % du total de la richesse produit dans notre pays. »
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Nous avons présenté en première lecture 49 propositions et compte tenu des conditions dans lesquelles s'organise le débat pour la seconde lecture, nous avons fait le choix d'être concis en commission et de déposer en séance les amendements essentiels qui permettent de reprendre le débat sans le rendre inutilement long. Mais le sujet a été important. Je crois qu'il l' pour le pays.
Ce débat a un sens et il a été pour nous parce que il s'est présenté comme une sorte de défi nous obligeant à aller plus loin dans notre propre réflexion sur ce qui était en cause et que vous mettiez sur la table. Dans ces conditions, je me doute que le texte va être adopté. Au passage, il s'est considérablement boursoufflé, on va dire allongé, enrichi.
On dispose de toute une palette de mot pour dire la même chose, mais avouer que c'est tout de même extrêmement rare de voir un texte exploser dans son contenu comme ce fut le cas là. Nous n'avons pas eu beaucoup de nos propositions retenues et je vais vous dire, c'est normal et on ne vous en veut pas. Il est normal que vous n'acceptiez pas ce qui procède d'une toute autre logique politique et économique que la vôtre.
Cependant, il est important que soit représenté et entendus les arguments de ceux qui sont porteurs d'une autre vision de l'économie. Aujourd'hui, il y a une plus grande tolérance à écouter cette différence qu'il y a encore quelques années où après l'effondrement de l'Union soviétique et par conséquent pensait-on de tout ce qui s'y rattachait de près ou de loin, on imaginait qu'il y avait un caractère quasi naturel à l'économie libérale telle que l'avait auparavant professé et défendu jusque dans ses ultimes conséquences madame comme Fatcher, monsieur Rigan et d'autres personnalités de cette époque. Doren avant, le doute est entré dans tous les compartiments de ce qui pensent les questions qui nous occupent aujourd'hui.
Qu'est-ce qu'une entreprise, avez-vous dit, monsieur le rapporteur ? Et comment peut-on imaginer une économie suffisamment stable pour que chacun des pays et chacun des peuples y trouve son compte ? Et s'il en est ainsi, c'est parce que tous nous avons observé qu'au fil des années, le nombre des crises augmentait et se rapprocher les unes des autres.
Nous savons à l'heure à laquelle nous parlons que selon un certain nombre d'observateurs depuis les superstitieux qui repèdent des cycles, là où des fois il n'y en a pas et puis ceux qui regardent les tendances de fond, nous sommes de nouveau devant une forme d'explosion de la bulle financière qui met à l'ordre du jour une possibilité totalement aléatoire et c'est ce qui fait tout le risque de la situation d'explosion ici ou là combinant toutes sortes de facteurs la récession ici, les facilités bancaires de là qui ont été données et données et données et données encore jusqu'au point qu'aujourd'hui on se demande si une quelconque économie productive dans le monde est capable de fonctionner sans recevoir ces ces injections massives de fonds que les banques centrales injectent, que ce soit aux États-Unis ou en Europe où on avait dit que le procédé trouverait bientôt son terme et où on apprend que non, on va continuer et j'en félicite le banquier central européen car sinon ce serait la catastrophe compte tenue du point déjà dans lequel nous sommes de quasi asphyxie. Nos voisins allemands étant eux-mêmes arrivés à la limite d'un modèle économique dont on avait dit 100 fois que s'il continuait ça tournerait mal. Que voulez-vous 20 % d'une économie occupée à fabriquer des voitures bon et aller vendre aux autres.
Évidemment, il y a un moment où tout le monde en a assez de voiture d'une part et d'autre part, en particulier de celle-là parce que le diesel, parce que parce que bref, toutes sortes de conditions viennent rajouter. Donc nous sommes en train de de marcher sur le bord du toit du point de vue économique. Mais ce n'est pas pour me livrer à des spéculations sur le futur possible.
J'ai la certitude que la crise aura lieu. On dit crise parce qu'il faut bien donner un nom à ce genre d'événement. En réalité, chaque fois c'est une bifurcation de l'économie qui se présente.
On a cru en 2008 que on prendrait les dispositions qui empêcheraient que se forme de nouveau une bulle. C'est le contraire qui s'est passé. Les choses sont pires aujourd'hui qu'elles étaient à l'époque.
Et donc on peut dire que l'économie mondiale a encore connu une bifurcation. C'est encore plus financiarisée et encore plus dépendante de circuits qui n'ont pas de rapport avec la production réelle. Alors c'est une circonstance un peu exceptionnelle.
Pardon madame, si je mentionne le fait que dans ce dans cette discussion, monsieur le maire lui n'a jamais fait mystère de sa conviction, j'allais dire idéologique mais au sens le plus noble du terme, c'està dire de l'idée qu'on se fait d'un système. D'une part, moi non plus et vous madame non plus et vous monsieur le rapporteur, vous avez été de l'autre côté de la barrière que je vois moi. C'est-à-dire que vous avez été vous-même un acteur de la dynamique de notre temps.
Vous avez géré le plus grand fond de pension canadien. Donc vous avez été, je le dis euh vous l'avez fait du mieux que vous pouviez, j'en suis certain, vous avez vous incarnez en quelque sorte le mythe du capital qui s'alloue de la meilleure des manières possibles en partant euh de l'intérêt de l'investisseur. Non mais je le dis parce que ça se trouve comme ça qu'on est en présence et qu'on peut comparer des visions où chacun d'entre nous a des choses à dire concrètes et précises sur le modèle économique.
Alors pour en finir avec la loi elle-même parce que mes amis vont dire tout au long du débat ce qu'il y a à dire sur le sujet, néanmoins, je déplore pour pour m'entenir qu'à un seul point que la question des tribunaux de commerce sur lequel nous avons fait des propositions euh est été si peu et si maltraité. Euh il y a un grand problème avec les tribunaux de commerce qui sont conduits à prendre des décisions économiques dont souvent on s'interroge sur le sens de ce qu'ils font. Les cas sont innombrables.
Ils ont occupé de nombreux travaux de notre assemblée, pas seulement maintenant, mais surtout dans le passé. Je voudrais rappeler ici ce que disait François Colcombé, président socialiste de la commission qui s'en occupait ou bien monsieur Monteobour ou monsieur Payon qui ont fait des rapports sur le sujet et plus récemment encore madame Unter Mailleer. Tout le monde sait qu'il y a un problème et que il va falloir le régler dans des conditions de modernité qui ne peuvent pas être la reproduction éternel du vieux modèle d'après lequel il faut en effet que celui qui juge en matière de boulangerie connaisse quelque chose à la boulangerie mais dont on sait tous qu'il vaut mieux qu'il ne connaissent pas de trop près le boulanger.
J'en viens au fond. Nous allons parler de privatisation et celle-ci occupe le devant de la scène de l'actualité. À juste titre, à mon avis, il y a dans la privatisation quelque chose d'idéologique.
J'entends souvent dire ce n'est pas à l'État d'organiser ceci ou cela, de produire des voitures, de gérer un aéroport, que sais-je encore ? Ah bon ? Pourquoi ?
Qu'est-ce que l'État aurait vocation à faire plutôt d'une façon que d'une autre ? Pourquoi n'aurait-il pas à gérer une frontière comme c'est le cas avec un aéroport avec des aéroports internationaux comme ceux qui sont dans la balance ? Mais allons un peu plus même sur le fond. des nationalisations, il y en a eu après 1981, une vague considérable préparée idéologiquement et justifié idéologiquement par une vague qu'on avait connue auparavant, bien moindre, à la libération où c'est vrai se mélangait les actes du conseil national de la résistance qui affirmaient que les monopoles devaient être propriétés publiques et puis des mesures de rétorsion contre les collaborateurs comme Renault qui avait collaboré avec l'ennemi et qui a été réquisitionné et nationalisé à la sortie.
On n pas réquisitionné tous ceux qui avaient collaboré car il aurait fallu tout réquisitionner ou à peu près. Mais enfin, c'était encore des décisions extrêmement mêlées. En 1981, l'intention politique et je le redis idéologique était complète.
Il y a eu de longs débats sur le sujet qui ont confronté à la fois l'état du pays à ce moment-là. Et si vous en avez le temps, je vous invite à lire les rapports de l'époque parce que vous serez frappé de voir que les préoccupations sont à peu près les mêmes et à peu près dans les mêmes mots qu'aujourd'hui. Retard de la France, nécessité de s'adapter à l'innovation, de trouver des innovations, de s'adapter dans les domaines qui avant.
On cite même les biotechniques dans le rapport où on estime que la France n'est pas haut niveau. Mais la bataille a portée sur le fond et c'est encore à ce niveau-là que nous nous la voyons. Quand vous parlez de privatisation, on fait comme si le statut normal d'une entreprise était d'être privé.
Mais pour qu'il y ait une privatisation, il faut une dénationalisation. Or la nationalisation est l'appropriation collective d'un bien, souvent en situation de monopole. C'est donc une privation de propriété pour le très grand nombre qui est faite par une privatisation au profit d'un très petit nombre les actionnaires.
Il ne faudrait pas en perdre de vue le sens. Pour quelle raison cette opération s'opère-t-elle ? Parce qu'on suppose que ce très petit nombre sera plus efficace pour régler les problèmes de la production que le très grand nombre représenté par les gestionnaires eux-mêmes placés sous le contrôle de l'intérêt général par l'État.
C'est une vision totalement idéologique. En effet, ce petit nombre peut prendre des décisions performantes, mais le même petit nombre nommé par l'État est tout aussi capable de prendre des décisions performantes. Ce n'est donc pas à ce niveau que la question se joue et c'est donc une vision idéologique que de privatiser.
À l'inverse, la nationalisation suppose que dans le mécanisme général d'orientation de l'économie, c'est l'intérêt général dont on pense qu'il est incarné par l'État et par le très grand nombre du peuple qui devient propriétaire, qui est le bon guide pour choisir les bonnes décisions et la manière d'orienter la production et l'échange. Voilà où se confrontent deux visions des choses. Les gens pensent que la loi de l'offre et de la demande, le mécanisme spontané du marché est en état de produire les meilleures décisions possible pour la collectivité.
Naturellement, ils ne vont pas dire les meilleures dispositions possibles pour les personnes qui possèdent l'entreprise, mais ils le pensent très fort. C'était d'ailleurs le paradigme de base de madame Satcher. Elle disait "La société n'existe pas.
Il n'existe que des individus pris dans des liens d'interdépendance. S'ils optimisent ces liens d'interdépendance, alors tout ira pour le mieux dans la société tout entière. Et d'autres qui pensent comme nous que l'intérêt général ne peut pas être édicté autrement que par la volonté générale et celle-ci c'est le vote et les institutions républicaines.
Voilà les deux principes qui se confrontent. Et dans le moment, voter cette loi, c'est faire le choix idéologique de penser que le très grand nombre, la volonté générale et l'intérêt général ne peuvent pas être porté par ce très grand nombre et qui ne peuvent l'être que par des individus. Donc, admettons la noblesse de l'opposition que nous avons à cet instant.
Nous ne mettons pas en cause simplement de la technique. On peut le faire, on peut en discuter dans tel ou tel amendement. Mais pour nous, nous parlons de ça.
Nous croyons que le 21e siècle doit être celui du collectivisme. J'ai dit collectivisme. J'espère que le mot ne vous choque pas trop.
Le collectivisme, ça veut dire la prise en compte prioritaire de l'intérêt collectif par le collectif. Et il y a une raison à cela, c'est que la vieille querelle, la vieille querelle idéologique entre nous, après tout, on pouvait dire tout se vaut. Une opinion est une opinion.
Et par exemple, on a dit depuis 1789, écoutez monsieur Mélenchon et mes prédécesseurs dans la carrière, qu'est-ce que vous nous racontez ? L'égalité n'existe nulle part dans la nature. Il y a des petits, des grands, des gros, des maigres et toutes sortes de différences.
Par conséquent, si vous voulez baser un système politique sur l'égalité, vous le ferez forcément en violant la loi de la nature parce que cette égalité n'existe pas dans la nature. Fort bien. Pendant de siècles, on s'est affronté de manière plus ou moins raide sur cette question.
Mais à présent, la question est tranchée. La question est tranchée. Tout le monde sait qu'il n'y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine.
Donc nous sommes tous semblables. Donc il y a un intérêt général humain. Et l'intérêt général humain n'est pas la somme des intérêts particuliers. [grognement] Et quand on arrive à cet instant de l'histoire où on dit que le changement climatique est commencé, que la catastrophe écologique s'avance devant nous sous la forme d'une destruction du système général dans lequel nous vivons, de l'écosystème, c'est nous qui avons la raison et le bon sens de notre côté. tandis que ceux qui prétendent que les intérêts particuliers vont réussir à trouver tout seul l'harmonie permettant d'atteindre à la fois les intérêts d'ob deintérêt général et les objectifs particuliers sont dans une situation d'hallucination.
Ce n'est pas vrai et l'air moderne et c'est du collectif. J'ajoute reprenant à mon compte la thèse de Paolo Servigne que si on entre dans la période de la catastrophe avec la mentalité de la période de la compétition, nous allons aggraver la catastrophe plutôt que nous serons capables d'y faire face. Voilà à mon avis ce qui se joue et que nous voulons qu'il se joue.
Alors, il y a aussi un bilan plus concret qui pourrait être fait si cela vous paraît trop étéré que ce que je viens de dire. On a beaucoup privatisé puisqu'on avait beaucoup nationalisé et que on a pensé que c'était une bonne chose que de revenir à l'état de nature. Faisons le bilan de cet état de nature économique.
Sous monsieur Chirak, premier ministre, monsieur Édouard Baladur était alors ministre de l'économie. Il butait sur la difficulté que comme on faisait valoir que tout de même l'économie la part de l'économie nationalisée poursuivait des objectif qui se discutait ici comment allait-on garantir la souveraineté l'indépendance de la France et le reste ? On inventa alors la thèse des fameux noyaux durs qui supposaient qu'une série de capitalistes ayant des intérêts visissés au corps et un amour de la patrie qu'on ne l'aura jamais connu sauf pour quelques-uns d'entre eux dont certains siégé sur ses bancs.
Bref et bien ils allaient rester unis et conserver la propriété dans le cadre français. 13 milliards d'euros de privatisation pour monsieur Baladur puis pour monsieur Baladur et Jupé 26 autres milliards d'euros de privatisation. d'heureuse mémoire Saint-Gobin CGE Suèze Paribas société générale TF1 bien monsieur le ministre Avas Elf Ron Poulin Péchiné Usinor usinor Sassilor Renault et puis ensuite les socialistes qui s'étaient laissés contaminés par l'illusion majoritaire ont commencé mais mais c'est la vérité mais j'y étais donc j'ai pu voir ça de près.
Mais j'ai pu voir ça de près. Je vous garantis qu'ils avaient fini par se convaincre que ma fois il y avait du vrai là-dedans. Mais ça vous a conduit ensuite à vous débarrasser par une manie que je trouve assez étrange à dire c'est monsieur Josepain qui a le plus privatisé.
Non, ce n'est pas vrai. Sous monsieur Josepa, on a vendu pour 31 milliards d'actions publiques et l'année d'après, les gouvernements suivants ont en privatisé pour 38 milliards. La différence tient à ce que on a vendu des parts des actions nationales.
Je le désapprouve. Mais il faut lui rendre cette justice à Lionel Jospin. Il faut lui rendre cette justice.
Une part a été privatisée dans certain nombre d'entreprises et c'est la moindre part par rapport à tous les autres gouvernements. À mon avis, ça ne disculpe pas de l'erreur. Je ne veux pas en faire une affaire personnelle.
Il y avait des socialistes qui étaient contre. Il y avait des socialistes qui étaient pour. cette affaire a dure encore aujourd'hui si mes renseignements sont bons à supposer que cette discussion a lieu en ce moment entre les socialistes mais elle doit avoir lieu puisque ils vont voter contre la privatisation d'aéroport de Paris.
J'en déduis que ils sont revenus sur les thèses qui dominaient à l'époque le mouvement socialiste et le et le et le domine dans toute l'Europe parce que ceux de France étaient spéciaux par rapport à tous les autres qui étaient déjà passés de l'autre côté depuis un bon moment. Qu'est-il resté de tout ça ? Sous monsieur Fillon ? de privatisation pour la raison qu'on a connu la crise de 2008.
Donc ça n'était pas le moment de vendre des actions. Et sous le quinquena de monsieur Hollande, hop, c'est reparti. Il y avait dans cette équipe un personnage de Renavant mieux connu qui est monsieur Macron qui y mettait beaucoup d'énergie pour convaincre ses collègues qu'il y avait rien d'autre à faire que de vendre, vendre et vendre encore. 8 milliards d'euros de privatisation dedans l'aéroport de Toulouse, de Lyon, de Nice.
Je n'ai fait ce rappel que pour montrer que ce processus qui apparu naturel pendant si longtemps à tant de gens différent peut-être aujourd'hui commence à paraître moins naturel et c'est à juste titre au demeurant qui a fait le bilan tout de même si c'est si évident que ça on devrait avoir un bil nationalisation pour nous dire et bien écoutez ça n'était vraiment pas la bonne idée la preuve ça s'est passé abominable blement mal. On n pas ce bilan mais ce qu'on sait c'est que ça ne s'est pas passé abominablement mal. Au contraire, on dit "Ah bah tu parles, on a nationalisé pour recapitaliser des industries, les remettre d'apomb et ensuite les revendre parce que le capital privé était incapable de l'avoir fait à notre place." Voilà ce que j'ai entendu et il faut bien admettre que les faits vont dans ce sens.
Mais surtout, je voudrais vous poser la question du bilan des privatisations précédentes. Alors, regardons et bien sûr, on va dire ça n'a rien à voir. Mais comment se fait-il que les vagues de privatisation correspondent en même temps à la période de la désindustrialisation de la patrie ?
Est-ce qu'il n'y a pas un rapport entre les deux ? Est-ce que ceux qui s'étaient empressés d'acheter ne se sont pas empressés de vendre ? Je n'ai pas l'intention de faire la liste de toutes les entreprises, mais nous en avons un certain nombre, comment dire, en travers de la gorge.
Vous souvenez-vous de la compagnie générale d'électricité privatisée en 1986. Elle était présente dans les domaines ferroviaires, maritimes, elle avait le chantier de Saint-Aner, énergétique, des câbles électriques, des télécommunications et de l'électronique. Ça c'était une boîte industrielle.
Après sa privatisation, elle a été découpée en morceaux et plusieurs beaux et gros morceaux, les plus juteux, sont passés sous un contrôle étranger. Par exemple, Alcatel a été racheté par Nokia et avec Alcatel, la boîte pour poser les câbles internet dans les mers qui est une activité stratégique. Stom a été racheté par général électrique à la faveur d'une torsion des bras et de menaces de toutes sortes qui ont été fait contre les dirigeants d'Alstom si nos renseignements sont bons.
En attendant, direction générale électrique et général électrique direction la poubelle. Le résultat est que les entreprises générales électriques on connaissait dans notre pays qui étaiit auparavant d'autres activités sont partis avec mais auparavant général électrique les aura liquidé. Je voudrais évoquer l'usine de Grenoble où l'on faisait les roues et les pelles des machines qu'on installe dans les barrages et qui faisait que 25 % de ces machines mises dans le monde étaient des machines françaises et fabriquées dans notre pays.
Tout ceci a été rayé de la carte. les chantiers de l'Atlantique après avoir changé de main sans qu'on sache pourquoi, mais avec la certitude qu'un certain nombre d'arrangement bienvenu fait que sans qu'on sache pourquoi, ce ne sont pas les armateurs français qui ont racheté une boîte qui ne présente aucun risque puisqu'elle a un carnet de commande plein pour 10 ans. Et bien ça a été vendu à l'italien finanier, ficantieri pardon et non pas aux armateurs français.
J'ai posé la question les gourmandants, je leur ai dit mais pourquoi avez-vous fait ça après tout des sous vous en avez vous ? Et puis c'est chez vous et puis c'est vous savez très bien qu'il y a 10 ans de carnier de commande et puis vous savez très bien qu'il y a la plus grande forme pour construire un navire, elle se trouve à Saint- Nazer. Elle fait 90 m de long, vous ne risquez rien.
Il vous suffirait qu'une fois ou l'autre, si jamais il y a un problème, l'État passe une commande et hop, c'est reparti. Ah mais oui, mais bien sûr, je vais vous je vais vous parler des commandes de l'État. Elles sont bienvenues, tant mieux.
Heureusement qu'il en fait parce que sinon il y en a peu qui vivraient. Bref, on m'a répondu on peut pas vous dire mais on s'est arrangé. Ce qui signifie qu'on leur aurait dit que mieux valait que ce soit l'italien qui est le chantier.
Et comment expliquez-vous que le premier actionnaire de Nexan qui est fait des câbles est un chilien charmant au demeurant qui a fait le tour de plusieurs d'entre nous président de groupe pour nous exposer sa présence en France et cetera. Mais enfin tout ça avant était à nous. Quant à Usinor Sassilor, tout le monde se souvient que c'était le grand fournisseur d'acier de ce pays et que fournir de l'acier, ce n'est pas rien pour un pays qui prétend avoir une industrie, notamment des aciers fins. nous a dit maintenant nous allons inventer l'Airbus de la Syerie.
Et voilà comment on a fait cette nouvelle grande entreprise, sachant très bien que des Airbus, plus personne ne pourrait en faire aujourd'hui parce que l'Europe interdirait que l'on paye d'avance comme on le faisait autrefois et ça serait vécu comme une subvention faussant la liberté de la concurrence. En attendant, Usinor Sassilor privatisant 1993 et Dorénavant la propriété de l'India Mital et les haut fourneaux français les uns après les autres ont fermé. Matra, transport vendu à Siemens, branche logicielle vendue à IBM, branche télécommunication vendue à une dizaine d'entreprises différentes.
C'était l'époque où certaines têtes d'œuf sorties des grandes écoles croyaient qu'ils avaient inventé le nouveau modèle de l'économie performante. À leur avis, la production industrielle n'avait aucune espèce d'intérêt. Ce qui comptait, c'était d'avoir une économie de service.
Et c'est comme ça que monsieur Serge Turuc, qui a ruiné plusieurs entreprises de notre pays avec la même arrogance et la même impunité avait inventé le concept d'après lequel il lui faudrait des entreprises sans usine. Son modèle était Nike. Nike disait "Nous, nous ne produisons pas de chaussures.
Nous avons un carnet de commande, des dollars et une licence." Et voilà comment fonctionne Nike avec 13 administrateurs comme une multinationale dont chacun connaît aujourd'hui à la fois la férocité sociale et les comptes en banque inoui qu'il cumule. Voilà quelle était leur vision du monde.
Et c'est avec tout ça que ces gens ont vendu vendu tout dépessé, tout mis en morceaux, tout laissé partir à bolo et que la part de l'industrie est tombée de 21 % à à peine 11 % du total de la richesse produit dans notre pays. En même temps, les actionnaires privés, notamment lorsque c'était des entreprises de monopole ou d'accès au réseau, c'est-à-dire l'eau, pillage incroyable, on perd la moitié de la flotte en route mais les prix ne cessent d'augmenter. Parlons du gaz puisque une nouvelle fois, il en sera question dans ce texte de loi.
Le gaz, on nous avait dit quand on privatise et bien c'est bien parce que ça stimule la concurrence et ça fait baisser les prix. Our ou les gens n'ont qu'à descendre dans la rue et sauter de joie parce que leur facture va baisser. Depuis la privatisation, les factures ont augmenté de 50 % mais pas seulement.
Les géniaux gestionnaires privés ont réussi à endetter cette entreprise de 25 milliards qui n'en avait pas tant sur le dos. La valeur de l'action s'est effondrée de 75 % en 10 ans et entre 2016 et 2018, NJ a supprimer 10000 emplois dont 2500 en France. Mais dans la même période, la même entreprise qui a perdu autant d'argent et qui s'est endetté autant a reversé 27,5 milliards d'euros à ses actionnaires.
C'est la deuxième entreprise du CAC 40 en terme de montant des dividendes. Les dividendes versées par NJ sont équivalents à 15 fois ces bénéfices tendance que l'on observe dans le monde entier. Et ce me servira ça me servira un peu de d'introduction, comment dire pour montrer de quoi il est question dans l'hyperfinanciarisation de l'économie mondiale.
Il est de plus en plus fréquent aujourd'hui que les entreprises empreuntent parce que les taux sont bas et les taux sont bas parce que les banques centrales les baissent pour permettre aux banques de favoriser la production réelle et donc de prendre les risques dont puisque c'est leur métier d'évaluer ces risques et de les évaluer le plus finement possible pour relancer la production. Or, ce n'est pas ce qui se passe. Les milliards qui sont distribués notamment par la Banque centrale européenne ne se retrouvent pas dans l'économie réelle de l'Union européenne.
Elle s'y retrouve même si peu et si pas qu'alors même qu'ils ont déversé 85 milliards par mois, 2800 milliards au total, c'est-à-dire l'équivalent de la production annuelle de la France. Si cet argent était parti dans l'économie réelle, si les lois auxquelles vous continuez à croire fonctionn, alors on aurait dû voir de l'inflation, ce dont pour ma part je me réjouira. Car mieux vaut l'inflation qui fait baisser les stocks de dettes sans qu'il y ait de guerre ni de destruction.
Mieux vaut l'inflation qui effondre progressivement ce que l'on doit et donc permet de dépenser autrement ce que l'on a réellement que ce que nous sommes en train de vivre. Or, pas de souci, ne vous inquiétez pas. Rien, même pas 2 % d'inflation dans toute la zone européenne après une injection pareille de signe monétaire.
Et quand on regarde, c'est même pas 2 %, on trouve qu'il y a à peine 1 % qui soit réellement de l'inflation au sens structurel du terme. Le reste est une inflation par les coûts et notamment ceux de l'énergie. On voit donc bien que la financiarisation de l'économie fonctionne à plein, y compris lorsqu'on aide les banques pour qu'elles interviennent dans l'économie réelle.
Et c'est ce phénomène de la financiarisation que je vous reproche de ne pas prendre en compte. Car tout à l'heure quand vous avez posé la question, monsieur le rapporteur, vous avez dit euh qu'est-ce qu'une entreprise ? Bon et vous avez donné votre réponse dans ce que vous avez dit.
Il y a sans doute une part que je reprends mais je voudrais vous dire que notre point de vue est complètement différent en sur ce point. Pour nous, une une entreprise est d'abord un collectif humain et une addition de qualification en vue de produire des valeurs d'usage. Or, ce qui se produit dans l'économie contemporaine, c'est que l'économie toute entière est tournée vers la production de valeur d'échange et seulement de valeur d'échange.
C'est la raison pour laquelle nous croyons qu'il faut définciariser l'économie et en particulier les entreprises. Nous vous avons fait des propositions. Nous avons proposé de changer les pouvoirs de vote des actionnaires en fonction de la durée de leur investissement.
C'est un système qui a été appliqué par plusieurs pays et qui oblige en effet à investir dans la durée si on veut avoir un pouvoir de décision parce qu'il est immoral et quelques décisions que vous preniez, il est immoral que quelqu'un qui ne fait que passer par exemple un gestionnaire de fonds de pension ou bien un tradeer électronique, je je souviens plus comment on appelle ça, vous le savez vous ? Et voilà le trade à haute fréquence. Non mais ça vaut la peine d'être mentionnées amis.
Autrefois la durée de possession moyenne d'une action ça avait d'abord été 6 ans puis après ça a été 6 mois et aujourd'hui avec le trade à haute fréquence c'est 6 secondes. Ça vaut quand même la peine qu'on y réfléchisse. Oui.
Oui. Non mais admettez mon chiffre 6 secondes c'est pour au moins les effrayer. C'est quand même eux qui portent ça sur leur dos. 6 secondes.
C'est-à-dire que nous sommes entrés dans un moment où la spéculation sur la valeur qui réduit toute une entreprise à sa seule valeur d'échange atteint des sommets et c'est cette fonction là qui occupe le dessus de la hiérarchie des normes dans la vie des entreprises. C'est la raison pour à quoi nous n'adhérerons jamais et nous ferons tout chaque fois que nous en aurons la possibilité pour que il en aille autrement. De la même manière, dans votre loi, vous auriez pu mettre le droit de préomption pour les salariés lorsqu'une entreprise est vendue et que pourquoi ne pas demander d'abord aux salariés s'ils veulent en être les gestionnaires et pourquoi les pas les prévenir de ça ?
Un temps les socialistes avaient imaginé ça puis ils ont renoncé. Je ne sais pas pourquoi, mais moi je trouve que c'est une bonne idée parce que les cas sont très fréquents où l'on voit des travailleurs, des salariés sont les meilleurs connaisseurs de leur entreprise et dans certains cas, les bras vous en tombent quand on voit qu'on le refuse. Par exemple, le tribunal de commerce qui a refusé à EOPL une entreprise qui produisait la seule entreprise française qui produisait des emballages aluminium alimentaires.
Il y avait le carnet de commande, les clients étaient d'accord pour continuer, les travailleurs pour devenir les propriétaires. Le tribunal de commerce a décidé de vendre les machines à un Italien et ensuite sur la base du fait qu'il y ait plus de machine, on a vendu l'entreprise à qui ? Mais à personne.
Donc elle a coulé. Les salariés sont souvent bien placés. Salarié directement productif, cadre organisateur, ingénieur, architecte.
Pourquoi ne pas leur donner cette possibilité ? Ça m'amène à notre vision des choses. La forme pour nous la meilleure de l'entreprise, c'est la coopérative.
C'est-à-dire celle où tous ceux qui participent à la production participent à la conception et participent à la distribution des bénéfices. En cela, évidemment, nous nous séparons et rien dans ce que vous proposez ne nous rapproche dans nos visions de l'entreprise. De la même manière que nous croyons que la clé de la production et de la production de valeur d'usage innovante, c'est la formation des salariés.
Donc un système de formation professionnelle sérieux qui maille tout le territoire et n'abandonne pas à l' peu près ou au myth généralisation de l'apprentissage la formation des cadres intermédiaires du pays et de la production. Aucune production moderne ne peut fonctionner sans ces cadres intermédiaires. Il ne suffit pas même et il faut produire de nombreux ingénieurs chaque année.
Il ne suffit pas de produire de nombreux architectes chaque année. Mais je reste sur les ingénieurs. Il faut aussi qu'il y ait les contemettes, les cadres intermédiaires, sinon il y a pas de production moderne.
Et bien c'est tout cela qu'il faudrait trouver dans une loi sur l'entreprise. À notre avis, cette option préférentielle pour la coopérative, pour la coopération des salariés. Je vais donc me diriger sur l'impératif du moment.
Pardon, je vous donne Non, voyez-vous, quand c'est un débat organisé de cette manière, je peux parler pendant une heure et si vous insistez, j'ai l'intention de le faire comme vous insistez. Je vois que nous avons 20 minutes ce sera déjà pris chère madame mais je pense que peut-être quelques-uns parmi vous s'intéressent à la confrontation des visions du monde et que par conséquent mais oui ça a disons de l'intérêt. Merci.
En tout cas, pour nous, ça en a parce que nous sommes certains que nous sommes regardés et que beaucoup apprennent. Et c'est aussi à ça que servent les tribunes de l'Assemblée nationale. L'économie, dis-je, n'existe pas comme un produit spontané de l'activité humaine.
Toutes les économies de tous les âges et de toutes les époques ont été orientées. Elles l'ont été d'après le principe dont les sociétés pensaient qu'ils étaient cap qu'ils étaient capables d'apporter le mieux pour tous. Dans la question de l'orientation de l'économie, la question posée est qui pilote ?
Dans un échange avec monsieur le maire dont je garde un souvenir excellent, je lui dis "Mais monsieur le maire, qu'est-ce qui vous fait croire que l'argent de l'ISF que vous leur avez rendu va retourner dans l'économie ?" Et monsieur le maire, dans une totale bonne foi, me regardant avec stupeur, répond et me dit "Mais monsieur Mélenchon, le bon sens Le ministre de l'économie pense que le capitalisme est animé par le bon sens. Je n'en crois pas un mot.
Je n'en crois pas un mot. Je pense le contraire. Je pense que l'économie capitaliste n'a aucun bon sens qu'elle est ératique.
Et d'ailleurs, c'est la raison pour laquelle les crises se multiplient. Qui donc doit piloter ? ni la simple règle de l'offre et de la demande pour la raison que dans une économie à saturation, la loi de l'offre et de la demande s'est transformé en une priorité pour l'offre qui ne se contente pas de proposer de bons produits mais de proposer le besoin de ces bons produits.
Et c'est ainsi qu'on arrive à ce monstre que nous avons sous les yeux qui produit toutes sortes de choses qui ne servent à rien, que personne n'a demandé, qui sont surallés pour être séduisantes et qui sont la catastrophe écologique elle-même sous forme de produit. Qui doit piloter ? Nous pensons que ce ne peut pas être la combinaison des intérêts particuliers.
Nous pensons que c'est l'intérêt général. Nous pensons donc que c'est la raison. Je ne dis pas qu'elle arriverait à tout régler, mais elle aurait un niveau de performance plus grand que celui qui résulte du mécanisme aveuglé de l'offre et de la demande.
Non seulement elle serait meilleure, mais surtout elle serait en état de faire ce qu'il faut faire maintenant, c'est-à-dire imposer l'intérêt général. Car il est temps que certaines productions cessent, il est temps que certains matériaux ne soient plus utilisés. Il est temps que certaines formes d'échange disparaissent.
Il est temps que la sobriété apparaisse dans les consommations d'une série de choses à commencer par l'énergie sans lesquelles il n'y a aucune production. Ça c'est l'introduction de la règle verte dont nous nous proposons qu'elle soit inscrite dans la constitution. On cesse de prendre à la nature davantage que ce qu'elle est capable de reconstituer et par conséquent l'humanité doit apprendre à se contenter de ce qu'elle peut reconstituer et de ce qui peut dans ces conditions-là lui être offert, c'est-à-dire d'abord ce qui est indispensable et qui doit être distribué à tous.
Ne croyez pas que ce soit une vision si abstraite que ça. Dès lors que vous serez confronté aux conséquences du changement climatique, vous serez obligé de prendre les dispositions que cela fasse plaisir ou pas à ceux qui auront assis plié. Quand le pays entre en guerre, en général, en quelques mois, toute son économie tourne.
Elle est mis entièrement au service de l'activité en question parce que l'intérêt général est en cause. Vous le savez aussi bien que moi, parce que vous avez tous lues d'histoire comme moi et que vous en avez eu les échos dans vos propres familles. Face à la catastrophe climatique, la gestion de l'économie nécessite qu'on en vienne à des principes qui s'imposent à tout et à des instruments qui en organisent le déploiement, c'est-à-dire en particulier la planification écologique.
Oui, la planification. Alors, il arrive Oui, il arrive que on dise la planification. Le premier mot qui vient à l'esprit de beaucoup de mes détracteurs, c'est "Ah ben vous voulez le gosse plan Bon ben d'abord, on gagnerait à s'interroger sur les performances du ghostplan parce qu'elle en avait quand même quelques-unes.
Mais en attendant, oui. Non mais bon, celle d'avoir industrialisé au moins trois grands pays à toute vitesse dans des conditions que certainement je vais discuter autant que vous mais ils l'ont fait et pas que dans quelques pays. Mais j'ajoute que le général de Gaulle planifiait, il appelait ça l'ente obligation.
Monsieur Roosevelt planifiait, ce n'était pas des bolcheviques cela. La planification était répandue dans toutes les économies, notamment pendant toute la période où on a fait du kinésianisme. Parce que si on voulait injecter des moyens pour que l'économie se déploie, il fallait quand même prévoir dans quelle direction on voulait avancer.
La planification est une nécessité. Alors vous, vous appelez ça autrement dans vos entreprises gestion prévisionnelle. Va pour la gestion prévisionnelle si ça vous paraît moins douloureux au tyman.
Mais la vérité c'est la planification. Et la planification qu'est-ce que c'est ? C'est la réappropriation par la société du droit au temps long.
Dans une société où toute l'économie est gérée par le temps court, la collectivité réintroduit le temps long et se l'approprie en en faisant une obligation pour tout le monde. Voilà ce qu'est la planification et elle est écologique. Pourquoi ?
Parce que si nous ne faisons pas la règle verte, nous mourrons tous. Voilà. Et parce que si nous ne faisons pas la règle verte, nous ne pourrons pas gérer convenablement les énormes moyens dont nous disposons pour faire la transition écologique.
La planification écologique est une nécessité absolue. J'ajoute que comme notre intention n'a jamais été de tout nationaliser ou de [grognement] tout collectiviser, voyez ce que la planification apporte dans une économie mixte où il y a à la fois le travail collectif, le capital national et le capital privé. Qu'est-ce que ça apporte ?
Et bien, ça apporte de la stabilité, ça apporte de la visibilité. Demain, quand nous aurons à décider que les 59 réacteurs nucléaires du pays seront stoppés, il faudra faire la même production avec d'autres moyens. Si nous voulons le faire dans les délais records auxquels je pense, il faudra que toute la nation se mobilise.
Mais une fois qu'on aura affiché le nombre d'hydroliennes, d'éoliennes en mer, de centrales géothermiques, de centrales et cetera et cetera et cetera, et bien nous donnerons une perspective à toutes les activités, petites et moyennes. Petites et moyennes entreprises comme les grandes sauront que l'État est engagé pour 5 ans, pour 10 ans à atteindre ses objectifs et alors elles y gagneront. en stabilité et en visibilité.
Tandis que l'économie des fous furieux actuelles qui bondit d'un côté à l'autre, une année semble soudain faire percer telle activité et puis telle autre s'effondre et on ne sait pas pourquoi. Et où des nations semblent être des locomotives dont vous vous gargarisez tous comme le modèle allemand avant de vous apercevoir qu'il ne marche plus et que vous vous demandez bien ce que ça va devenir quand la première puissance économique de du continent européen atteint lamentablement à peine 1 % de croissance. même si je ne suis pas un partisan de la croissance aveuglé et que j'interroge les richesses que contiennent la prétendue croissance et le prétendu PIB.
Donc alors si non pas le Venezuela, c'est une économie pétrolière, nous n'en avons pas les moyens. Mon cher collègue, réfléchissez. Même si nous voulions faire le Venezuela, nous ne le pourrions pas.
Et c'est la raison pour laquelle nous n'avons jamais proposé de le faire. Alors, c'est sans doute par une mauvaise information parce que vous avez trop regardé le journal de France 2 ou trop écouté les leaders de la majorité la République en marche que vous croyez que nous avons proposé le modèle vénézuelen. J'ajoute une chose, c'est que nous avons proposé à nos amis vénézuéliens un certain nombre d'idées que d'ailleurs nous vous proposons aussi comme la planification écologique.
Donc, j'avoue que c'est plus difficile à faire dans un pays dont la principale richesse est le pétrole que dans un pays où nous n'avons aucune espèce de ressources naturelles et où nous pouvons et devons compter exclusivement sur la matière grise. J'aimerais que les débats sur l'économie, collègues soient débarrassé des caricatures, mais qu'on se contente d'observer ce qui est et quelle réponse on peut apporter à ceux qui se présentent devant nous. Êtes-vous si content que cela de l'économie dans laquelle vous vivez ?
Je ne vous parle même pas du niveau de sous-emploi, je ne vous parle pas du chômage qu'elle a généré, je vous parle des dégâts qu'elle a généré, dégâts humains, privation de toutes sortes, sacage de la nature. Êtes-vous si heureux de cela ? qu'à la seule idée d'imaginer un autre système, vous n'avez qu'une réponse, le Venezuela.
Franchement, est-ce que nous ne méritons pas mieux ? Est-ce que la France n'est pas capable de faire mieux que d'anonner et répéter des recettes qui ne marchent nulle part ? car le modèle économique dominant ne marche nulle part, même pas aux États-Unis d'Amérique, où l'économie nationale a été détruite par la financiarisation et qui ne fonctionne exclusivement que sur le volant d'entraînement que représente son économie d'armement gigantesque.
Tandis que nous français, nous pouvons avoir comme volant d'entraînement la planification écologique. Je suis certain que en dépit des postures qu'il vous faut bien prendre pour satisfaire ce qui vous mande ici, beaucoup d'entre vous sont ébranlés par mon raisonnement et nombreux auront envie d'en connaître plus de détails. Je ne vais pas aller plus loin à cet instant, mais dites-vous bien que votre système est condamné.
Oui. condamné à mort par ce qu'il produit, parce que il va tout détruire et notamment le cadre dans lequel l'activité se déroule. Alors ça vous plaît, ça vous plaît pas, mais la fin du monde comme la fin du mois est une difficulté qui s'annonce pour tout le monde.
Votre système est fini, terminé. La seule chose qui apporte maintenant, c'est de savoir combien de temps il va falloir pour en changer et bifurquer. Il faudra vous convaincre et parfois vous forcer.
Oui, la force de la loi, bien sûr, rien d'autre. Ce système est moribon. Ce système ne produit rien et il repose.
Il repose sur une illusion que les êtres humains n'auraient d'autres soucis, d'autres volontés, d'autres aspirations que de s'enrichir. Ce système est arrivé à ses limites, notamment dans la jeune génération qui mieux que d'autres peut-être parce qu'elle a moins connu pour une part d'entre elles, les privatisation les les privations, a compris que d'autres moteurs existent dans l'existence et qui la justifie et peuvent la remplir beaucoup plus pleinement. que la seule idée de la compétition de chacun contre tout le monde, de la cupidité, de l'accumulation.
Vous avez compris que je suis en désaccord complet avec le chef de l'État quand il dit qu'il souhaite que les jeunes rêvent d'être milliardaires. Être milliardaire est une activité obsène parce que elle suppose une surexploitation des êtres humains qui vous entourent. Ce qui compte, c'est de vouloir son bonheur, de vouloir celui des autres.
Et la règle du bonheur, c'est le partage. Toutes les espèces qui ont survécu, Toutes les espèces qui ont survécu n'ont pas survécu grâce au précept de madame Sacher, mais les précepts exactement inverses. C'est la coopération, c'est l'entraide, c'est le partage qui rend possible et heureuse la vie humaine.
Merci chers collègues. Yeah.
Jean-Luc Mélenchon