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Discours / meetingSophia Chikirou· 28 janvier 2026 7 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprises

Trump piétine le droit international, défendons l'ONU

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Sophia ChikirouFait
    « Je n'ai pas besoin du droit international, a fait savoir la semaine dernière au New York Times, le président américain Donald Trump. »
  • 0:30Sophia ChikirouFait
    « Les États-Unis opèrent désormais un virage net vis à vis des États-Unis. Ils ont en effet choisi une approche plus transactionnelle. »
  • 1:00Sophia ChikirouChiffre
    « C'est une baisse de 15 % et près de 20 % des effectifs. »
  • 1:30Sophia ChikirouChiffre
    « 14 millions de vies qu'on risque de perdre faute d'intervention. »
  • 3:00Sophia ChikirouFait
    « Nous avons, avec le groupe la France Insoumise, déposé une PPL, une proposition de loi en ce sens, en commençant par son commandement intégré qui, je le rappelle, avait été décidé en 2008 par le président Sarkozy. »
  • 5:00Sophia ChikirouPromesse
    « Il faut tenir cette position et construire un refus collectif en rassemblant une coalition d'États attachés à la Charte des Nations Unies. »
  • 7:00Sophia ChikirouFait
    « La France doit cesser d'être complice de certains États qui commettent des crimes contre l'humanité, qui commettent des crimes de guerre. »
  • 9:00Sophia ChikirouFait
    « Nous n'aurions jamais dû couper tous les canaux de discussion et de négociation avec un certain nombre de pays, dont la Russie. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Sophia Chikirou

Je n'ai pas besoin du droit international, a fait savoir la semaine dernière au New York Times, le président américain Donald Trump. La formule est assez brutale. Elle résume ce que beaucoup de nos interlocuteurs à New York nous ont dit. l'Administration Trump pour l'administration Trump deux. Les États-Unis opèrent désormais un virage net vis à vis des États-Unis. Ils ont en effet choisi une approche plus transactionnelle. Mais que ce que signifie une approche transactionnelle, c'est en fait la doctrine de la loi du plus fort ou pourrait on dire en réalité de la loi de la brutalité qui traite en réalité le droit international comme un obstacle aux désirs de l'administration Trump.

Depuis le début de ce mandat, les signaux s'accumulent : examen des participations américaines, retrait d'instance, démantèlement de l'USAID et réduction ou suspension des paiements. Et ce n'est pas seulement un retrait, c'est l'affirmation en réalité d'un nouvel impérialisme. Et dans cette logique, le Conseil de sécurité risque d'être réduit à une simple chambre d'enregistrement des accords conclus ailleurs. Nous l'avons vu avec la résolution endossant un plan américain sur Gaza et autorisant la création du fameux « Conseil de la paix / Board of Peace ». Les événements postérieurs à notre déplacement confirment l'ampleur du basculement.

Opération américaine au Venezuela avec l'enlèvement du président Maduro, menaces sur l'Amérique latine au nom de la doctrine dite Monroe et menaces sur le Groenland qui est un territoire de l'Union européenne. C'est la perspective d'un monde où la paix serait marchandisée et soumise au bon vouloir des puissants. Et quels puissants ! Face à cela, trois réponses selon moi. La première, c'est le non-alignement. Cela ne veut pas dire ne pas choisir. Cela veut dire au contraire le droit contre la loi du plus fort.

Cela veut dire parler d'égal à égal, y compris aux Etats-Unis, et refuser que la politique française, la politique étrangère française, se réduise à la logique de blocs et à la course à l'armement. C'est dans cet esprit que je suis favorable à une sortie progressive de l'OTAN. Nous avons, avec le groupe la France Insoumise, déposé une PPL, une proposition de loi en ce sens, en commençant par son commandement intégré qui, je le rappelle, avait été décidé en 2008 par le président Sarkozy.

A quoi rimerait-il rester dans une alliance militaire conduite par une puissance dont le président revendique de se déplacer hors du cadre du droit international et dont d'ailleurs le président menace des membres de cette propre alliance ? Dans le même esprit, l'idée d'entrée au Conseil de la paix, parallèle à l'ONU, ou plutôt, disons le opposée à l'ONU, doit être rejetée sans ambiguïté. C'est ce que la France a fait à travers la voix du président Macron, et c'est une bonne chose. Il faut tenir cette position et construire un refus collectif en rassemblant une coalition d'États attachés à la Charte des Nations Unies.

Deuxièmement, il faut défendre l'ONU et ne pas applaudir la réforme d'austérité qui est en cours. Le rapport est explicite un ONU80 s'engage dans une contraction brutale du budget. C’est une baisse de 15 % et près de 20 % des effectifs. C'est une baisse drastique des moyens des opérations de paix. Et nous avons échangé avec plusieurs représentants d'agences qui nous ont dit que les conséquences sont directes ou ils procèdent d'ores et déjà à des tris et abandonnent malheureusement des populations entières à leur propre sort. Donc, je le dis clairement, on ne fera pas mieux avec moins.

L'austérité, c'est l'affaiblissement et que ce soit pour les opérations de maintien de la paix, les interventions humanitaires et à chaque fois, ce sont des vies qui sont perdues. Elles sont estimées à 14 millions de vies qu'on risque de perdre faute d'intervention. Donc, si nous voulons une ONU forte, nous ne pouvons pas accepter qu'elle dépende de contributions volontaires réversibles, ni qu'elle se tourne vers des partenaires privés. Et soyons francs là dessus, il y a bien sur le rôle des Etats-Unis, mais pas seulement les Etats-Unis. Il y a la Chine qui ne respecte pas ses engagements financiers aussi. Et il y a l'Europe et la France qui ont baissé drastiquement leur contribution.

Je pense qu'au delà de l'Etat, nous pourrions mobiliser aussi les régions ou les communes, voire des coopérations décentralisées pour soutenir l'ONU dans un moment comme celui là. Pour aller plus vite, je passe au troisième point : la France doit être à la pointe d'une vraie réforme des des Nations Unies (et pourquoi pas des Etats-Unis). Mais je suis convaincu que la France a un rôle particulier à jouer pour relancer l'ONU. Nous savons que le double standard aujourd'hui est nuisible au droit international et nuisible à la diplomatie internationale et au multilatéralisme. Il est temps d'en sortir.

Il est temps de passer à une stratégie de cohérence et qui doit nous impliquer, la France y compris. Je le dis très franchement dans des décisions où la France doit cesser d'être complice de certains États qui commettent des crimes contre l'humanité, qui commettent des crimes de guerre. Et la France doit être cohérente dans toutes ses prises de position. l’heure, collègues, n'est pas aux incantations, mais au choix. Soit nous acceptons un monde de deal imposé par les Etats-Unis qui est un monde brutal, soit nous défendons le monde du droit et de la cohérence. Pour ma part, vous l'aurez compris, je choisis la Charte des Nations Unies, le multilatéralisme et la paix.

Et donc j'appelle la France à tenir cette ligne claire, non alignement, refus de toute « ONU bis », refus de l'austérité budgétaire et engagement résolu pour une ONU plus forte et plus équilibrée. La leçon que je tire de tout cela, c'est que nous avons eu, nous avons commis des erreurs dans notre gestion de la politique étrangère ces dernières années notamment, nous n'aurions jamais dû couper tous les canaux de discussion et de négociation avec un certain nombre de pays, dont la Russie, qui a aussi été exclue du Conseil de l'Europe, par exemple. Or, il faut des espaces pour vous répondre.

Il faut toujours des espaces où la rencontre peut se faire, même si elle n'est pas officielle, même si elle est informelle. Et ça, il faut le maintenir. Ça, c'est une des leçons que l'on doit tirer de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Si Trump peut se présenter comme celui qui va mettre fin à la guerre en Ukraine et mettre fin à la guerre au détriment malheureusement des Ukrainiens, c'est quand même ça qui se dessine. C'est parce que nous avons mal géré cette guerre là et nous, nous aurions dû maintenir des canaux de négociation, de pression différents pour aboutir.

Donc, moi, je suis vraiment partisane à la fois de la diplomatie parlementaire parce que je sais qu'elle est utile de la diplomatie de notre gouvernement et de la présidence parce qu'il y a une vraie nécessité à ne jamais couper les canaux, y compris sauf quand on est en guerre frontale avec des pays pour parvenir à la paix, à des et éviter la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, où Trump a un boulevard devant lui pour faire ce qu'il entend.